00:00VFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et demain la Fed, ça n'empêche pas les membres de la Fed de se réunir quand même,
00:07et demain de délivrer leur sacro-sainte décision.
00:10Samy Char est avec nous, chef économiste pour Lombard-Rodier et compagnie.
00:12Bonjour Samy, on verra si ça refroidit Donald Trump.
00:16La Fed devrait normalement annoncer demain un statut quo monétaire.
00:19Est-ce qu'il faudra le prendre comme un bon signe pour l'état de l'économie américaine ?
00:24Oui, plutôt, surtout il faut le prendre pour un bon signe
00:26parce que c'est une forme de consistance avec le discours qui a été prononcé par Jérôme Powell
00:31lors de la conférence de presse en décembre.
00:34C'était clair que dans la tête des membres du FOMC,
00:39la Réserve fédérale américaine est à son point neutre
00:42pour une économie qui est proche de l'équilibre.
00:45Et donc c'était le moment de faire une pause, c'est ce qu'ils nous ont dit en décembre.
00:49Et depuis, l'économie américaine a plutôt performé en ligne avec les attentes.
00:53Il n'y a pas eu de signal négatif, il n'y a pas eu de signal autrement
00:56positif de surchauffe et donc on est vraiment dans la continuité
01:00d'une économie proche de l'équilibre.
01:02Et très clairement, ce sera la dernière baisse de taux de la période Jérôme Powell.
01:08Sauf si, bien entendu, quelque chose de très significatif se passe.
01:12On a vraiment l'impression que pour que la FED se mette en mouvement
01:14à partir de maintenant, il va falloir avoir des preuves
01:18que la situation change.
01:19Ce n'est pas le cas, donc il faut s'attendre finalement
01:21à un meeting assez ennuyeux demain.
01:24Et pendant ce temps, l'Union Européenne, elle, varie ses partenaires.
01:26Elle a conclu un accord de libre-échange avec l'Inde.
01:29Narendra Modi parle de la mère des accords.
01:31Nous avons créé, dit Narendra Modi, le Premier ministre indien,
01:33nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards d'êtres humains.
01:37La plus grande zone de libre-échange jamais vue.
01:38Elle couvre 25% du PIB mondial et un tiers du commerce mondial.
01:42Et c'est juste.
01:43Et pourtant, beaucoup de médias n'en parlent pas beaucoup ici.
01:46Cet accord entre l'Union Européenne et l'Inde est-il aussi important pour nous,
01:49pour le potentiel de croissance, pour diversifier nos sources d'approvisionnement
01:52que le Mercosur, Samy ?
01:55Oui, il est très important cet accord.
01:57C'est vrai que le sentiment, c'est que l'impact économique de cet accord
02:00à court terme va être modéré.
02:01C'est un accord qui va être mis en place dans les 10 prochaines années.
02:05Il y a un peu de déception au niveau du secteur de l'automobile
02:07parce qu'on ne pourra vendre qu'un certain montant de véhicules aux Indiens
02:13qui en plus seront tarifés à 10%.
02:15Et tout ça va mettre un tout petit peu de temps à se mettre en place.
02:18Mais c'est quand même quelque chose de très significatif.
02:20Ça montre que l'Europe essaye d'avoir une place finalement intéressante
02:24dans cette espèce de combat titanesque entre les Chinois et les Américains.
02:28L'Europe finalement, elle se met un peu au milieu.
02:31Et puis elle dit aux partenaires commerciaux,
02:33écoutez, si vous voulez avoir des rapports d'égo à égo
02:36sans leçon de géopolitique,
02:40eh bien nous, on est là pour vous.
02:42Et finalement, ça marche avec le Mercosur, ça marche avec les Indiens.
02:44Ce n'est pas que de l'économie, c'est aussi une façon de faire de la géopolitique au XXIe siècle.
02:50Parallèlement, Samy, on a Keir Starmer, le premier ministre britannique,
02:54qui va se rendre en Chine, lui.
02:56C'est la première fois depuis huit ans d'ailleurs que ça arrive
02:58qu'un chef du gouvernement britannique part en Chine.
03:03On sent vraiment que la map-monde commerciale est en train de bouger dans tous les sens.
03:09Oui, c'est vrai.
03:11Bon, les Américains...
03:12Mon sentiment, c'est que les Britanniques, de toute façon,
03:14ne peuvent pas se désolidariser des Américains.
03:17Mais effectivement, c'est quand même un signal qui est donné,
03:20qui est de dire, écoutez, ne nous traitez pas trop mal,
03:23sinon, eh bien, on va être un peu plus ouverts
03:25et puis un peu moins vous aider dans votre compétition stratégique avec les Chinois.
03:29Et c'est vrai que l'Europe et les Britanniques ont été très, très mal traités quand même ces derniers temps.
03:34Et c'est une façon de dire, écoutez, si vous nous traitez aussi mal,
03:37on va quand même aller voir ailleurs.
03:38Je ne pense pas que ça aura des conséquences particulières.
03:41Les rapports commerciaux entre les Britanniques et les Chinois
03:44vont rester en forme de paralysie.
03:46Mais enfin, c'est un message qui est quand même envoyé outre-Atlantique.
03:50Il faut faire un tout petit peu attention avec les formes.
03:53Effectivement. Merci beaucoup.
03:54Samy Char avec nous, Lombard Odieyem.
03:56Et donc, cette première visite d'un Premier ministre britannique en 8 ans en Chine.
04:01Les aventures de Kerstamer à Pékin.
04:02On vous en parlera, bien sûr.
04:03C'est un autre virage géostratégique.
04:05Merci beaucoup, Samy.
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