- il y a 3 heures
Lundi 11 mai 2026, retrouvez Louis de Fels (Directeur Général - Responsable de la gestion collective, Gay-Lussac Gestion), Vincent Juvyns (Chief Investment Strategist Belgium, ING), Matthieu Barrière (Co-responsable de l'allocation d'actifs, ODDO BHF AM) et Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change.
00:11Pour rester à l'écoute des marchés, chaque jour vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via
00:16vos box
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, soit en replay vidéo sur bsmart.fr,
00:21soit en podcast audio sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, un point de situation sur les marchés globaux
00:29qui sont toujours tiraillés entre deux forces.
00:31Une force positive, voire très positive, qui est l'enthousiasme du thème de l'intelligence artificielle
00:38qui continue de porter les actifs risqués, les marchés actions et en premier lieu le marché américain
00:44qui vole toujours de record en record et l'autre force un peu plus négative bien sûr
00:49avec la dimension géopolitique, géostratégique et cette situation à Hormuz
00:55qui est encore loin d'être résolue aujourd'hui.
00:58Ainsi on voit une dispersion entre les grands marchés mondiaux avec, je le disais,
01:03des marchés d'actions, des marchés d'actifs risqués qui sont portés de record en record
01:08et à l'inverse des marchés obligataires qui restent en souffrance
01:11et des marchés pétroliers qui sont attentifs au moindre développement minute par minute de la situation d'Hormuz.
01:18Voilà pour l'état des lieux, discussion à suivre bien sûr avec nos invités de Planète Marché
01:22au démarrage d'une semaine qui verra quelques données macro intéressantes, des chiffres d'inflation aux États-Unis pour le
01:29mois d'avril,
01:30les deuxièmes estimations d'inflation en Europe également
01:33et puis les ventes aux détails américaines également qui permettront de prendre la mesure de la résistance de la consommation
01:40et du consommateur américain.
01:42Et puis sur le front géopolitique, un événement, la rencontre confirmée entre Donald Trump et Xi Jinping.
01:48Donald Trump qui va retourner en Chine, son dernier voyage en tant que président date de 2017.
01:55Joe Biden n'a jamais été en Chine à l'occasion de son mandat de président américain.
02:00C'est donc le grand retour d'un président américain à Pékin du 13 au 15 mai.
02:05Une visite qui a été confirmée par les autorités chinoises aujourd'hui.
02:09Et entre temps, autre visite d'importance, loin d'être anecdotique, c'est Scott Bessent
02:14qui avant de rejoindre Donald Trump à Pékin va s'arrêter pour deux jours au Japon
02:19pour rencontrer la première ministre et les autorités japonaises.
02:23Scott Bessent qui va ainsi mener sa troisième visite en à peine un an au Japon.
02:30Le premier allié des américains dans cette zone asiatique.
02:34Et sans doute un rendez-vous là aussi d'importance pour les investisseurs
02:38avec les questions monétaires et les questions budgétaires
02:42qui sont sans doute au centre des discussions.
02:45Voilà pour les événements attendus cette semaine.
02:48Nous y reviendrons également dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
02:51Notre quart d'heure américain chaque lundi avec cette rencontre entre les Etats-Unis et la Chine.
02:57Est-ce que peuvent en attendre les investisseurs ?
03:00Ce sera avec Pierre-Yves Dugas à partir de 17h45 en direct dans Smart Bourse.
03:15Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
03:18Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:21Bonsoir Pauline.
03:22C'est le driver, le driver fondamental non,
03:25mais en tout cas le driver du sentiment des marchés depuis des semaines et des mois maintenant.
03:29Le conflit au Moyen-Orient qui reste à la une.
03:31Oui, l'optimisme des marchés quant à une désescalade entre Téhéran et Washington aura été de courte durée.
03:37Malgré les espoirs d'un compromis né la semaine dernière, les négociations semblent dans l'impasse.
03:42Selon les informations du Wall Street Journal et de médias iraniens,
03:46l'Iran a soumis hier une contre-proposition visant une fin globale du conflit
03:51en échange d'un assouplissement des sanctions et d'un contrôle accru sur le détroit d'Hormuz.
03:56Une offre rejetée en bloc par Donald Trump qui a dit
03:59« Je ne l'aime pas, c'est totalement inacceptable ».
04:02Bon, après le faux espoir de la semaine dernière,
04:04donc il est logique de voir les prix du pétrole remonter aujourd'hui.
04:07Oui, le baril de Brent et le WTI remontent de 3% au cours de la séance.
04:12Le Brent pour juillet évolue autour de 105 dollars et le WTI américain autour de 100 dollars.
04:18Les rendements obligataires remontent légèrement avec un 10 ans américain autour de 4,40%
04:24et un 10 ans allemand au-delà de 3%.
04:26Le dollar est stable avec un euro dollar sous 1,18.
04:29Du côté des actions, en Europe, le stocks 600 et l'euro stocks 50 évoluent sans tendance marquée.
04:35Le CAC 40 en France cède 1% environ, autour de 8 000 points.
04:39Les valeurs du luxe sont en net repli à Paris.
04:42LVMH, Hermès et Kering cèdent entre 3 et 4%.
04:45Enfin, aux Etats-Unis, les indices ont ouvert sans tendance marquée.
04:49C'est la photo qui fera le tour du monde cette semaine.
04:52Sans doute la poignée de main, la collade entre Xi Jinping et Donald Trump
04:56puisque le sommet Chine-États-Unis a été confirmé.
04:58Oui, les 14 et 15 mai, Pékin accueillera la première visite présidentielle américaine en 9 ans.
05:03Ce déplacement, très attendu après son report en mars, place les enjeux de sécurité globale et de commerce au centre
05:10de l'agenda.
05:11Les deux leaders, Xi Jinping et Donald Trump, devront discuter de l'impact de la crise au Moyen-Orient sur
05:17les marchés mondiaux
05:17et de la pérennité de la trêve commerciale signée l'automne dernier.
05:22Un rendez-vous crucial pour la stabilité économique mondiale que les investisseurs suivront de très près.
05:27À propos de commerce mondial, l'heure du grand remboursement a sonné aux Etats-Unis.
05:31Oui, les Etats-Unis commencent aujourd'hui à rembourser les droits de douane indûment perçus auprès de milliers d'entreprises.
05:37Après des mois de bataille juridique, l'administration doit rendre l'argent.
05:41Mais si les entreprises retrouvent un peu d'oxygène, le dossier lui reste un véritable casse-tête.
05:47L'administration Trump avait dégainé de nouveaux droits de douane censés remplacer les anciens.
05:53Un problème, la justice vient de retoquer cette manœuvre, les invalidant au motif qu'ils étaient tout aussi fragiles juridiquement
06:00que les originaux.
06:01On est en fin de saison de publication d'entreprises, Pauline, mais quelques sociétés vont encore publier tout au long
06:08de la semaine.
06:08Vous avez notamment regardé les derniers chiffres de Circle.
06:10Oui, la société spécialisée dans les cryptos fait état d'une hausse de son chiffre d'affaires au premier trimestre,
06:16grâce à une hausse de la demande pour les stable coins notamment.
06:20Les tensions géopolitiques ont poussé les investisseurs à aller vers la stabilité, mais les chiffres sont inférieurs aux attentes.
06:26Le titre cédait plus de 4% à l'ouverture des marchés avant de revenir autour de l'équilibre.
06:30Et puis la virologie revient également sur le devant de la scène ces derniers jours, avec certains producteurs de vaccins
06:36qui en profitent aujourd'hui, Pauline.
06:38Oui, notamment Moderna qui est en hausse de 4%.
06:41La semaine dernière, Moderna a annoncé avoir travaillé avec l'armée américaine sur des recherches contre les antivirus.
06:47En 2023, l'entreprise avait aussi signé un accord avec une université pour développer un vaccin contre ces virus.
06:54Dans son sillage, Pfizer gagne 1,5%.
06:56Quels seront les événements prévus à l'agenda des investisseurs demain, Pauline ?
06:59La journée de demain sera rythmée par la publication de l'inflation américaine du mois d'avril.
07:03En Allemagne, on prendra connaissance de l'inflation d'avril en seconde lecture et de l'indice ZOO pour le
07:09mois de mai.
07:10Du côté des résultats, on attend ceux de Eiffage en France notamment.
07:13Tendance mon ami.
07:14Chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est à nos côtés et vous apporte les infos clés du
07:18jour sur les marchés.
07:29Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:33Louis Defels est à nos côtés, directeur général et directeur de la gestion collective de Gaël-Ussac.
07:37Gestion, bonsoir Louis.
07:38Bonsoir Grégoire.
07:38Vincent Juvins avec nous également, stratégiste chez ING.
07:41Bonsoir Vincent.
07:43Bonsoir Grégoire.
07:43Moi j'ai entendu antivirus et je vais tout.
07:45C'est vrai effectivement.
07:48Bon, on n'en est pas encore à reporter des masques, mais le marché semble quand même considérer qu'il
07:53y a matière à faire progresser des producteurs de vaccins.
07:55Comme nous le rappelait Pauline, il y a un instant.
07:58Et notre troisième invité ce soir, Mathieu Barrière, co-responsable de l'allocation d'actifs d'Odo BHF Asset Management.
08:03Bonsoir et bienvenue Mathieu.
08:04Merci d'avoir.
08:05Merci d'être avec nous en attendant de remettre la virologie à la une.
08:09Parlons quand même de ce qui guide essentiellement les marchés aujourd'hui ou le sentiment des marchés.
08:13Peut-être plus précisément Mathieu, je le disais en introduction, ça fait des semaines et des mois même peut-être
08:19maintenant que le marché est tiraillé entre ces deux forces.
08:22Une force positive liée au développement continu et aux espoirs continu apportés par l'intelligence artificielle et ceux qui la
08:30produisent.
08:30Et de l'autre, une force un peu plus négative bien sûr qui est celle de la situation de blocage
08:35à Hormuz qui perdure au moment où on se parle.
08:39Au final, les marchés semblent s'y retrouver dans cet équilibre puisque les marchés d'action notamment battent toujours des
08:46records plus élevés aux Etats-Unis en l'occurrence.
08:49Alors au niveau global, oui, tiré par les Etats-Unis, il y a effectivement ces deux tendances.
08:53Alors si on prend un peu de recul, qu'on revient quelques mois en arrière, c'est vrai qu'il
08:58y avait eu une petite pause à la fin du premier trimestre 2026 sur l'IA
09:02avec finalement un peu, mais de manière très temporaire, une prime aux entreprises qui justement mettaient un petit bémol sur
09:09le CAPEX.
09:10Et puis ça a vite, vite disparu et de nouveau le CAPEX s'est bien récompensé boursièrement.
09:17De l'autre côté, il y a ce stress toujours sur la logistique et Hormuz.
09:23Et là aussi, il y a des petits changements de dynamique, c'est-à-dire qu'on a observé un
09:27très fort démarrage des valeurs pétrolières
09:31qui finalement ont monté plus vite peut-être que ce que anticipaient les marchés pétroliers eux-mêmes.
09:36Quand on regardait le prix du pétrole, alors acheter pour demain, on ne connaissait pas exactement le prix.
09:40La livraison dans quelques semaines, on a ces chiffres qu'on évoque, 95, 115 dollars.
09:45Mais quand on regardait des contrats de livraison à plus long terme, qui sont un peu tordus avec des effets
09:49structurels offre-demande,
09:51là, ils n'avaient pas vraiment monté.
09:52Finalement, le marché nous disait il y a un mois que le pétrole, en 2031, il serait à 60 dollars.
09:59Là, finalement, sur ce dernier mois, on a observé des valeurs pétrolières qui stagenaient dans un climat très volatile,
10:05un peu en fonction de l'actualité du jour.
10:06Et puis, par contre, le marché pétrolier lui-même, qui commence à intégrer que ça peut effectivement avoir des effets
10:14durables sur la production pétrolière.
10:16Et puis, par exemple, le pétrole, on le retrouve à 60 dollars, mais ce n'est plus en 2031, c
10:20'est en 2033, un mois plus tard.
10:22Oui, c'est ça. Donc la partie future de la courbe du pétrole a quand même bougé.
10:25A fini par mieux marcher que les valeurs pétrolières qui, elles, avaient démarré un peu plus vite.
10:31Et comment il faut lire ce réajustement de la courbe du pétrole au regard des événements et des développements ?
10:36Le marché commence à considérer une situation qui s'enlise, c'est vrai que ça fait deux mois et demi
10:41que ça dure,
10:42donc est-ce qu'on peut déjà parler d'enlisement ?
10:44Ou en tout cas, une situation qui n'est pas prête de revenir à la normale avant un certain temps,
10:48là ?
10:49Il y a peut-être un peu de ça. Il y a peut-être aussi un effet très micro avec,
10:54finalement, des producteurs et vendeurs de matières premières
10:58qui voient leur coffre se gonfler et se disent que leur politique de couverture,
11:02ils n'ont peut-être pas besoin de les faire aussi systématiquement et de vendre du pétrole aussi peu cher
11:06dans un futur lointain.
11:08Et puis peut-être aussi quelques acteurs de marché qui ont pris ce positionnement,
11:12se disant que les pétrolières étaient montées un peu vite par rapport aux sous-jacents,
11:15donc autant alléger et puis prendre un peu de sous-jacents sur des marchés pas forcément ultra-liquides.
11:20Ça peut expliquer des variations de quelques dollars.
11:22On est toujours à chaque jour qui passe de blocage d'hormouze, j'entends,
11:28on est toujours face à une situation où on voit augmenter des risques extrêmes,
11:31alors qu'ils ne sont pas des risques centraux de scénario central,
11:35mais des risques extrêmes qui augmentent chaque jour qui passe.
11:39On voit des risques extrêmes et ce qui est intéressant, c'est que le marché les digère bien,
11:42voire se met à les aimer du côté equity.
11:44Alors c'est assez logique, finalement, en tant que porteur equity, on aime bien la volatilité,
11:48porteur crédit, on n'aime pas la volatilité.
11:50On a évoqué cette modification de la tendance sur le CAPEX.
11:57Ce qui est intéressant, c'est sur le Nasdaq, qui tracte effectivement les marchés depuis 3-4 semaines,
12:02on observe dans un marché qui monte, le prix de la volatilité qui non seulement ne déconfle plus,
12:08mais même la semaine dernière remonte.
12:10C'est-à-dire que les journées où le Nasdaq manque, les options sur le Nasdaq remontent,
12:14ce qui est un peu un scénario de short squeeze, on ne sait pas sur quoi ça va tomber.
12:18Voilà, un marché qui semble quand même très tendu avec des valorisations extrêmes
12:25quand on rentre dans les détails techniques.
12:27Donc à la question, cet équilibre, il est confortable ou instable ou inconfortable ?
12:31Vous êtes plutôt dans l'idée que...
12:33Alors, il a l'air de s'auto-entretenir à court terme.
12:35D'accord.
12:36Il y aura un moment de démonclage, comme toutes les stratégies de carry trade ou de momentum.
12:40Ce n'est peut-être pas encore le moment d'en sortir.
12:42Bon, difficile d'ignorer le momentum des marchés, des marchés d'actifs risqués, des marchés d'action,
12:47j'imagine quand même, Vincent, même si la discussion géopolitique peut vite nous amener
12:52à considérer quand même des risques et un horizon un peu compliqué, potentiellement économiquement compliqué également.
12:59Oui, mais enfin, ce qui drive le marché, on vient de l'évoquer, c'est le secteur technologique
13:03qui finalement est relativement peu sensible au cycle pour l'instant.
13:05Il vit son propre cycle.
13:06C'est un super cycle.
13:07Il n'y a plus de cycle dans la tech, là.
13:09Super cycle, on le verra.
13:11En tous les cas, il est moins tributaire, en tout cas de l'environnement conjoncturel.
13:14Et le secteur spécifiquement des softwares, d'ailleurs, finalement,
13:17qui avait été fort massacré en bourse au mois de février,
13:20qui est un peu renu de ses centres actuellement,
13:24et qui offre des caractéristiques intéressantes dans le contexte d'un conflit de longue durée.
13:29On est vraiment dans cette crise stagflationniste actuellement.
13:31Je pense que les investisseurs, ou en tout cas, nous,
13:33on aime bien dans le secteur technologique et le secteur des softwares spécifiquement,
13:37le fait que c'est un bon edge pour la stagflation.
13:39Vous avez finalement un marché où vous avez un nombre d'opérateurs limité,
13:43donc on est en pleine oligopole.
13:44La capacité de fixation des prix, elle est tout à fait avérée.
13:48Et par ailleurs, vous avez une demande inélastique pour les biens et services qu'ils commercialisent.
13:51Donc, vraiment, vos abonnements en clove,
13:53faisablement, peu importe,
13:5470% des revenus de Microsoft et autres sont des revenus récurrents.
13:59Donc, vous avez vraiment un secteur qui, dans le contexte actuel,
14:02offre une bonne protection aux investisseurs.
14:04Le secteur des softwares ou de la tech est défensif à certains égards,
14:07plus que d'autres d'ailleurs.
14:09Les soins de santé sont plutôt à la peine.
14:10Non, mais à très simple, le secteur des logiciels,
14:12parce qu'on a parlé ici, je pense, depuis l'été dernier,
14:15de ce phénomène que certains analystes ont baptisé le Sasspocalypse,
14:19le Sassmageddon, le Sassbashing.
14:22Là, on est en train de revenir vers un truc un peu plus Sassloving.
14:27Oui, et tech est vraiment...
14:28On redécouvre les vertus quand même de cette industrie, de ce secteur du logiciel,
14:32malgré la menace de l'intelligence artificielle.
14:34Il y aurait même presque finalement un secteur qui devient un peu un secteur utilities à certains égards,
14:39où on a une relativement bonne visibilité sur les revenus récurrents du secteur,
14:42avec une capacité de se protéger contre l'inflation.
14:45On a un secteur qui, du fait du CAPEX, est plus intensif en capital,
14:48mais enfin, qui est objectivement moins endetté qu'un secteur comme les utilities.
14:52Donc, c'est vrai que ce secteur continue à le privilégier.
14:55Et en tout cas, à l'heure où on s'interroge, cette concentration autour de l'IA et ainsi de
15:00suite,
15:00en tout cas, d'un point de vue financier, il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
15:04Enfin, on peut se poser des questions sur le futur de l'IA et d'un point de vue technologique
15:09et d'un point de vue impact sociétal et économique.
15:11Mais à court terme, on a un secteur qui est devenu meilleur marché depuis le début de l'année
15:15et qui se négocie à quoi ? 19,5 fois les bénéfices attendus au global,
15:19qui est au S&P 500 ou le Nasdaq en effet vole de record en record,
15:22mais qui est un secteur qui est un des rares, qui est devenu moins cher depuis le début de l
15:25'année.
15:25Mais vous êtes prêt, effectivement, parce qu'on parle beaucoup des vendeurs de pelles et de pioches
15:28et donc les fabricants d'équipements durs de semi-conducteurs ou d'équipements de semi-conducteurs,
15:34vous êtes prêt quand même à faire crédit au secteur du logiciel.
15:38Il faut avoir les deux. Il faut avoir des fabricants de puces, du semi-conducteur,
15:42mais aussi face à ça du logiciel.
15:44Oui, alors face à l'intertitude qui est la nôtre vis-à-vis de l'IA
15:47et qui est l'incertitude que tout le monde a aujourd'hui,
15:49on peut interroger des experts sur l'IA, il n'y en a pas un qui vous dira la même
15:52chose,
15:53si on est très optimiste, d'être très négatif.
15:55Et donc nous, en tant que financier, on a des ratios de valorisation,
15:57des perspectives croissance bénéficiaires.
15:59Et finalement, c'est sur cela qu'il faut se reposer dans tout temps.
16:02Alors, face à l'IA où c'est difficile de ne pas être exposé,
16:05je pense qu'il faut diversifier son exposition.
16:07Et on peut le faire en direct, software, les valeurs tech qu'on connaît,
16:11diversifier de manière régionale.
16:12On va parler de la Chine dans un instant.
16:14On l'a fait, on peut le faire de différentes manières.
16:16On en parlait off-plateau, on peut le faire via Hong Kong, via Shenzhen, peu importe.
16:19Mais enfin, on peut le faire de manière verticale, en effet,
16:22les fournisseurs d'énergie, les data centers, les bâtiments.
16:25Moi, je vois qu'il y a une classe d'actifs qui, cette année,
16:27il y en a pour tous les profils de risque, en fait.
16:28Excellente performance, l'immobilier qui n'avait pas fonctionné en 2022.
16:32Cette année, l'immobilier fait le job.
16:33Alors, le segment particulier de l'immobilier qui est attaché au data center.
16:36Mais évidemment.
16:37J'entends.
16:38Et qui pousse le secteur dans son ensemble.
16:40Et par contre, c'est le risque, c'est qu'en diversifiant notre exposition à l'IA,
16:45on est quand même toujours concentré autour de cette même thématique
16:48en portefeuille à l'heure actuelle.
16:50Et donc là, évidemment, l'avenir nous dira, évidemment, si c'était pertinent.
16:53Louis, vos commentaires, votre sentiment de marché, là, entre Hormuz et l'IA.
16:57Et puis, à l'issue aussi de la saison de publication d'entreprise,
17:00qui est votre matière première pour une maison de stock picker comme vous.
17:03Ah, mais c'est juste hallucinant.
17:05C'est vrai que c'est complètement normal qu'on ait remondi aussi fort.
17:07Est-ce que vous avez vu quand même les résultats des entreprises du S&P ?
17:10C'est du jamais vu.
17:11C'est sorti à plus de 26%.
17:12Des meilleurs trimestres.
17:13Oui, c'est deux fois supérieur à ce que l'on en a en est.
17:16Après, attention, il y a les mark-to-market.
17:17Vous savez ce que l'Amazon et tout ont investi dans Anthropik et dans OpenIA.
17:21Donc, ça a revalorisé.
17:22Donc, ça a expliqué quasiment 10% de bénéfices supplémentaires.
17:25Mais quand même...
17:25Les investissements financiers se retrouvent effectivement magnisés.
17:27Qui se sont eux-mêmes remis, donc valorisés à la nouvelle valorisation,
17:31ce qui a amplifié la croissance des bénéfices par action.
17:34Mais quand même, 26%.
17:35On attend 22% de croissance des bénéfices par action cette année au S&P.
17:39Encore 14 l'année prochaine.
17:40Tout ça, voilà, par les fameux hyperscalers et les investissements.
17:44Il faut savoir qu'aujourd'hui, le S&P, c'est 1 800 milliards d'investissements de CAPEX sur le
17:50S&P global.
17:50Ça a encore augmenté à la faveur des publications des parfums.
17:53Chacun a annoncé un petit supplément, une enveloppe supplémentaire.
17:57Voilà, dont 680 milliards, en effet, pour les hyperscalers.
18:00Donc, tout ça, c'est en force hausse de 84%.
18:02C'est énorme.
18:03Parce que quand vous mettez ce chiffre par rapport au PIB, c'est 5,7% du PIB.
18:08Dans les années passées, c'était plutôt à 3%.
18:09Donc, vous avez vu l'inflexion positive qu'il y a dessus.
18:13C'est normal que les valorisations soient fortes.
18:15Et en 2027, l'année prochaine, on part encore de 840 milliards pour les hyperscalers.
18:19Donc, OK, certes, l'effet de base est de plus en plus élevé.
18:21Donc, l'impact additionnel sur la croissance sera plus faible.
18:25Mais c'est quand même impressionnant.
18:28Donc, c'est vrai qu'après, voilà, c'est surtout les semi-conducteurs qui en ont bénéficié énormément.
18:31Donc, voilà, après, ce qui est assez intéressant, c'est qu'il y a toujours le débat.
18:34Est-ce qu'il faut investir aux États-Unis ou en Europe ?
18:36Nous, qui sommes plus une maison de small and mid-cap européenne.
18:40Voilà, évidemment, on n'a pas nos NVIDIA, on n'a pas tout ça.
18:43Mais ça commence à arriver.
18:45On commence à arriver.
18:46Il y a SoftBank, aujourd'hui, qui a commencé à dire qu'il voulait investir en datacenter en France.
18:50Donc, voilà.
18:50Et donc, ce qui est bien, c'est qu'il y a quand même les dérivés secondes.
18:53Les projets vont et viennent.
18:54C'est-à-dire que des annonces de projets, il y en a eu.
18:56Puis, les projets ne se font pas.
18:58Et donc, d'autres projets arrivent.
18:59Il y en a.
19:00On a une société italienne qu'on aime beaucoup qui s'appelle Louvay.
19:02Là, ça y est, il vient de signer un contrat de 100 millions de dollars avec un hyperscaler.
19:06Et ça, c'était juste pour les prochaines années, qui pourraient être nettement plus élevées.
19:10Quand vous fassiez une société qui fait à peine 400-500 millions de chiffres d'affaires,
19:13vous voyez le boost additionnel.
19:15Parce que tous ces chiffres-là, aujourd'hui, on les voit dans les semi-conducteurs aux États-Unis.
19:18Mais ils s'entraînent de couler tranquillement et que ça arrive en Europe.
19:22Et c'est pour ça que nous, la thématique de l'électrification,
19:25il y a des très belles sociétés en Italie, en Grèce,
19:27où tout le monde connaît Prismian ou Nexan, par exemple.
19:29Nous, on adore Synergy, qui fait la même chose en câble.
19:31En Grèce, personne ne la connaît.
19:33C'est vraiment, ça marche très, très bien.
19:34Et du coup, c'est moins cher ?
19:35C'est moins cher, c'est moins cher, surtout.
19:36C'est moins cher qu'un Prismian ou qu'un Nexan ?
19:38Et surtout qu'il y a plus de croissance.
19:39Parce que le problème de Prismian, c'est surtout une capacité.
19:41Il y a un moment, leurs usines, elles sont à fond.
19:43Ils doivent avoir les bateaux pour pouvoir mettre les câbles au fond de la mer.
19:46À un moment, il y a des problèmes de capacité.
19:48Et c'est pour ça que peut-être que la France,
19:49qui elle aussi a un réseau électrique, pourra bénéficier.
19:53Parce qu'en effet, les CAPEX, on ne les a toujours pas vus en Europe.
19:56Donc c'est vrai qu'en Europe, demain, avec le réseau EDF et le nucléaire,
19:58vous pouvez brancher les réseaux beaucoup plus vite.
20:00Parce qu'aujourd'hui, aux États-Unis,
20:01il faut le temps d'auto-refaire, ça prend beaucoup de temps.
20:05Donc c'est pour ça, dans le débat toujours US-Europe,
20:07évidemment, les États-Unis, c'est le marché phare.
20:10J'en parlais encore avec la gestion privée en interne,
20:12en disant, mais qu'est-ce que je fais de mes AMD du Nasdaq
20:15qui a plus de 16% de plus de l'année,
20:17sachant que c'était plus 20 et plus 20 les autres années.
20:20Donc c'est vrai que, nous, quand on travaille avec Jean-Pierre Petit,
20:23des Calimère Économie, nous a toujours dit,
20:24quand le Nasdaq ou S&P fait 20% deux années de suite,
20:27pour que ça soit de nouveau double digit de croissance,
20:29c'est que ça en bulle.
20:30Voilà, on a la question, on dirait, est-ce que ça en bulle ou pas ?
20:33Évidemment, un jour, ça éclatera,
20:34le jour où les perscalers abaisseront,
20:36on verra le problème de rentabilité.
20:38Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui,
20:39tous les CAPEX sont faits avec les free cash flow passés.
20:41Même aujourd'hui, ils sont en train de dépasser.
20:43Donc le problème du crédit qu'on a eu sur les softwares,
20:45on reviendra un peu, on l'a vu sur Oracle.
20:47Donc pour l'instant, c'est l'euphorie, tout le monde est content.
20:49C'est quoi les signaux qu'il faut surveiller
20:50dans ce genre de schéma de marché ?
20:52Jean-Pierre Petit, qu'on adore ici,
20:53je crois qu'il vient bientôt d'ailleurs,
20:54nous parle d'économie de bulles depuis au moins 30,
20:57voire peut-être 40 ans maintenant.
20:59C'est un vrai schéma de marché depuis des dizaines d'années maintenant.
21:02Pour le moment, tant qu'on voit les investissements sont là,
21:07et tant que les bénéfices par action sont là,
21:10il n'y a pas de raison.
21:10Et surtout que les premiers CAPEX commencent à faire des psys.
21:13On l'a vu dans les publications du premier trimestre,
21:15les Amazon, etc., les Microsoft & Co.
21:18ont commencé à faire des petits.
21:20Disons que ça a bien marché pour Alphabet, Google et Amazon.
21:22Surtout Alphabet.
21:23Alphabet qui est en train de rattraper d'ailleurs,
21:25en termes de capi boursière Nvidia.
21:28Chez Meta, le marché a...
21:30Justement, ça montre un marché aussi un peu plus sélectif
21:32sur la manière dont ces CAPEX sont monétisés,
21:34dont ces CAPEX sont employés, etc.
21:36C'est pour ça que Meta était le seul qui a été le plus sanctionné.
21:39Parce qu'en effet, les autres sont des vrais bénéficiaires.
21:41Amazon, Microsoft et Google sont des vrais bénéficiaires.
21:45C'est eux qui ont bénéficié.
21:46En plus, ils sont directement investis chez OpenAI et Anthropic.
21:50Alors que Meta, c'est plus, eux, ils utilisent pour être à la page.
21:53Donc c'est un peu différent.
21:54Est-ce que ça veut dire que l'économie américaine n'a plus besoin du consommateur américain, Mathieu ?
21:58Dans les chiffres du Q1, donc ces 2% de croissance en rythme trimestriel annualisé aux Etats-Unis,
22:05une énorme partie de cette croissance est générée désormais par l'investissement dans l'IT,
22:10dans les logiciels,
22:12plus peut-être même que la consommation génère comme croissance supplémentaire.
22:18L'économie américaine et la politique, l'administration américaine a besoin quand même que le consommateur aille bien.
22:27Ensuite, c'est vrai que la croisée des chemins était assez favorable pour l'administration républicaine,
22:36avec un effet richesse qui repart.
22:41Finalement, une courbe de beverage qui aurait pu faire peur, et ça s'est bien passé.
22:46On a eu, certes, une diminution du volume d'emplois non pourvu,
22:51mais on a un taux de chômage qui se stabilise assez merveilleusement bien,
22:56autour de 4-3, au même niveau qu'il y a 6-7 mois.
23:00On recommence à créer des emplois, d'ailleurs, dans des secteurs hors public et hors santé et éducation,
23:05qui étaient à peu près les seuls pourvoyeurs d'emploi ces derniers mois, les trimestres.
23:08On voit de nouveau, effectivement, des regains de croissance du marché du travail
23:15dans des choses apparentées aux manufacturiers.
23:18Finalement, l'économie américaine s'en est bien sortie, tourne bien.
23:23Ce qui est aussi normal, si on reprend un peu de perspective historique,
23:27avec, quand même, 5-6 années de déficit budgétaire,
23:33même si le multiplicateur keynésien commence éventuellement à être un peu faible,
23:39quand on a des inputs fiscaux de cet ordre de grandeur,
23:44forcément, ça aide l'économie à ne pas tomber.
23:46Ce qui nous ramène à cette problématique de comment est-ce qu'on continue de financer ce déficit américain
23:51et comment on fait pour que les marchés ne s'en inquiètent pas.
23:54C'est peut-être l'objet, en partie, de la visite de Scott Bessent au Japon.
23:58Non mais, avant de parler de Xi Jinping et de Donald Trump,
24:01j'aimerais bien qu'on s'arrête, c'est la troisième visite en un moment de Scott Bessent au Japon.
24:05Petite parenthèse, dans sa carrière successful de gérant de hedge fund,
24:09il a gagné beaucoup d'argent avec le Japon.
24:11Ce qui n'est pas facile, je veux dire, beaucoup se sont brûlés les ailes.
24:14Lui, visiblement, il a réussi de temps en temps, en tout cas, à gagner de l'argent avec le Japon.
24:17C'est un marché qu'il connaît très bien, c'est des mécanismes monétaires fiscaux, évidemment, qu'il connaît par
24:21cœur,
24:22mais spécifiquement sur ce marché japonais.
24:24Alors, Bessent semble beaucoup aimer le Japon, il y va régulièrement,
24:28et puis c'est aussi dans la foulée d'un accrochage, le mot est peut-être fort,
24:31mais une petite incompréhension aux alentours de Davos avec Katayama, le ministre des Finances japonais,
24:35où il a été trouvé que le ton de Bessent allait un peu au-delà du langage diplomatique usuel.
24:42Forme de transgression, enfin, une immixion dans les affaires japonaises qui est allée un peu trop loin.
24:47Exactement, à venir un peu pousser pour une hausse, une reprise, une continuation des hausses de taux au Japon,
24:55pousser un peu Ueda, donc la banque centrale, contre le ministère des Finances.
25:00Finalement, on a un peu l'impression que ce que demande Bessent dans cette excursion au Japon,
25:06c'est à Ueda d'appliquer la politique dans laquelle croit Kevin Warsh à la Fed,
25:12et qu'il implémentera peut-être dans quelques trimestres.
25:15Bon, alors sur cette grande semaine géopolitique,
25:20si Jinping et Donald Trump, bien sûr, mais le Japon, ça reste quand même, je trouve, un objet, un animal
25:27très intéressant,
25:27ça fait une paire d'années quand même que le Japon est redevenu un pays investissable,
25:32on gagne beaucoup d'argent au Japon pour ceux qui y sont investis ces dernières années,
25:36modulo évidemment la faiblesse du Yen, qui reste quand même très très faible contre dollars,
25:40et encore plus peut-être contre euros, Vincent,
25:44et c'est surtout un changement de régime,
25:46on sort d'une déflation ou des inflations historiques dont on pensait que le pays était englué à jamais,
25:52on sort de cette situation, que ces changements se fassent de changements,
25:57de régime macro, de transition,
25:59pour des marchés globaux, c'est jamais facile, j'imagine, à appréhender.
26:03Il y a déjà eu des épisodes de volatilité, de stress importants autour de la question japonaise,
26:07à l'été 2024, en début de l'année 2026, sur les taux japonais, sur le Yen,
26:14est-ce qu'effectivement le changement de régime du Japon,
26:16c'est une source de perturbation pour les marchés mondiaux,
26:20pour l'économie mondiale, potentiellement ?
26:22Mais je dirais pas tellement, franchement, je me rappelle encore l'été passé,
26:25où on s'inquiétait justement de cette nouvelle direction en termes de politique budgétaire,
26:29nouvelle direction en termes de politique monétaire,
26:30on avait peur du reflux du caritrate,
26:33on se demande d'ailleurs si le caritrate existe encore,
26:36objectivement on n'a pas vu ces mouvements de manière assez importante,
26:38on l'avait vu l'année d'avant.
26:40En 2024, je crois que ça déboucle pas mal, ça a été 2024.
26:42Mais ces derniers mois, on n'a rien vu,
26:44donc 2024, ça a été difficile,
26:46on a tous tenté d'évaluer ce qui avait été débouclé,
26:49et ce qui potentiellement restait encore.
26:51Et conclusion de ça ?
26:52Force d'être constaté après l'été 2025 qu'il ne doit plus rester grand-chose.
26:56Donc, puisque l'impact de la hausse des taux japonais,
26:59qui atteint des niveaux records,
27:01a eu relativement peu d'impact chez nous.
27:03Alors Scott Bessen va peut-être évidemment aussi trouver des acheteurs pour les US Treasuries,
27:07mais enfin, il ferait mieux de venir à Bruxelles ces dernières années,
27:10ce qu'on a acheté, enfin, à Bruxelles j'entends en Europe.
27:14Et pour parler à qui ?
27:16Non, non, l'Europe a été la zone géographique qui a le plus augmenté sa détention entre les juristes américaines.
27:22On fait un peu les fins de mois des Etats-Unis depuis quelques temps maintenant.
27:25Ces dernières années, il faut quand même le signaler.
27:28Mais donc, je dirais, l'impact de ce genre de direction par le carité a été relativement faible ces derniers
27:33mois.
27:33On n'a pas vu de contagion importante aux marchés obligataires internationaux.
27:37Par contre, le Japon, évidemment, se cale bien dans un nombre de thématiques dont on a parlé.
27:42L'IA pour partie, les terres rares, c'est également un gros fournisseur de terres rares.
27:46Leurs fonds marins en regorge.
27:48C'est un acteur très important en tout ce qui touche la climate tech, la robotique.
27:52Donc, il est quelque part au carrefour de pas mal de thématiques qui sont aujourd'hui intéressantes pour les investisseurs.
28:00Alors, en toute transparence, malheureusement, nous avons décidé de surpondérer le Japon,
28:04lui préférant les pays émergents.
28:06Donc, le pay trade fonctionne bien, mais c'est vrai que c'est quelque chose qu'on est en train
28:09de revoir
28:10parce que le Japon continue, malgré, en tout cas, les interrogations qu'on peut avoir sur le Yen,
28:14à performer excessivement bien sur différentes thématiques actuelles.
28:17Et ce schéma où le Yen baisse, ou en tout cas subit des pressions baissières importantes,
28:23modulo les interventions possibles, où les marchés obligataires baissent,
28:28et les marchés actions s'envolent, c'est un schéma qui peut durer là aussi.
28:31C'est un schéma sur lequel on peut s'appuyer.
28:33Bon, c'est vrai qu'on intègre ici les marchés obligataires dans votre analyse,
28:36mais Yen, marché d'action, ça a été une corrélation qui a été très lâche, je dirais, ces dernières années.
28:42Tantôt positif, tantôt négatif.
28:44C'est moins systématique, moins automatique.
28:46En tout cas, ces 20-30 dernières années, je ne l'ai pas observé de manière systématique.
28:50Il y a eu plein de phases où on avait des corrélations positives ou négatives.
28:53Et on peut revoir les courbes ensemble.
28:56Non, c'est vrai que ce n'est pas un indicateur très fiable en la matière.
29:00Par contre, vraiment, l'avantage du Japon, c'est que c'est en effet au carrefour de pas mal de
29:06pistes technologiques importantes.
29:09Je pense notamment à la robotique, où le Japon est clairement les acteurs majeurs.
29:13Encore une fois, malheureusement, on a fait le choix, nous, de ne pas être exposés à ce marché,
29:17lui préférant d'autres marchés, notamment dans les émergents.
29:20Et là, on va reparler dans un instant avec la visite, évidemment, de Donald Trump chez Xi Jinping,
29:24qui est là, la Chine et peut-être d'ailleurs le Japon des années 70, je le pense, à parler,
29:28en tout cas évoquer dans le prochain sujet.
29:31Oui, donc la grande phase, effectivement, de domination du Japon, enfin, qui nous amène jusqu'aux années 90, quoi.
29:38L'environnement actuel fait penser à cette phase que le Japon a connue dans les années 70 et que la
29:42Chine pourrait potentiellement connaître.
29:44Sur l'investissement au Japon, Mathieu, qu'est-ce que vous en dites chez Odo BHFM ?
29:47Alors, on est en positionnement plutôt neutre sur l'Equiti, en considérant que les valorisations sont assez élevées.
29:56Le Yen, à chaque fois qu'il reprend une petite trajectoire baissière,
30:01d'un moment, on se dit que ça peut être un de ses actifs, pas forcément sans risque, mais un
30:07actif refuge.
30:08Voilà, quand il y a une crise, actuellement, c'est ce qu'on observe, les actifs refuge ne fonctionnent plus
30:13comme avant.
30:15On n'a plus le Yen qui monte, le Bund qui monte et l'or qui monte.
30:19Mais en général, on a toujours, par exemple, sur ces trois-là, un, voire deux qui fonctionnent.
30:24Ça fait partie des...
30:26Il faut avoir une variété d'actifs refuge.
30:28Je dirais que quand la volatilité sur les marchés est chère, bon, à ce moment-là, pourquoi pas revenir acheter
30:36un peu d'actifs potentiellement de protection dans les portefeuilles,
30:39en achetant des choses un peu plus simples, comme typiquement le Yen.
30:45Oui.
30:46Bon, je ne sais pas si le Japon, ça vous parle.
30:48Dans notre fond, on a un fond Micro Cap Monde, on a quasiment 25% investi sur le Japon.
30:53Il y a une belle cote Micro Cap.
30:54Il y a une très belle cote, avec des très belles valeurs, notamment dans la logistique, dans les robotiques.
30:58Il y a des très belles valeurs.
30:58Et souvent, c'est des sociétés qui sont assez locales.
31:00Donc, c'est vrai qu'elles ont peut-être moins bénéficié de la faiblesse du Yen.
31:04Mais clairement, nous, à 160 dollars, on devient extrêmement close.
31:08Long Yen.
31:09Très long Yen.
31:18Et on voit qu'à 160...
31:19Je suis d'accord.
31:21Combien de milliards ils ont mis pour...
31:22Non, là, pour l'instant, je vous le dis.
31:23C'est juste la parole pour l'instant.
31:25C'est pour ça qu'en étant avec des sociétés locales, normalement, quand on ne les exporte pas,
31:29on devrait bénéficier et de l'amélioration des fondamentaux, et surtout si le Yen revient.
31:34Et là-bas, surtout, notamment dans les small caps japonaises, qui est jeunesse, qu'on appelle les net-nets.
31:38Vous savez, c'est des sociétés qui se payent quasiment sous le cash net.
31:40Ça, c'est une spécificité très japonaise et sud-coréenne.
31:43Et la beauté de ceux-là, c'est qu'il y avait Warren Buffett qui avait commencé à dépoussiérer.
31:47Il y a eu beaucoup de nouvelles normes comptables qui ont fait que maintenant, on pouvait racheter des rachats d
31:51'actions.
31:51Contrairement en Europe, où vous ne pouvez avoir que 10% d'autocontrôle, là, vous pouvez monter jusqu'à 20,
31:5530, 40% d'autocontrôle.
31:56Donc, c'est des règles comptables un peu différentes.
31:58Et là, il y en a beaucoup qui réallouent, qui font des meilleures allocations du capital, qui annulent, etc.
32:02Et donc, de temps en temps, quand ça arrive, c'est tout de suite 10, 20, 30% assez rapide.
32:06On en parle beaucoup depuis quelques années.
32:07Il y a un changement profond dans la manière d'allouer le cash de la part de ces entreprises japonaises.
32:12Il y a vraies nouvelles allocations de capital.
32:15Donc, avant, de temps en temps, il y avait des dividendes, des rachats d'actions qu'il n'y avait
32:18pas du tout.
32:19Donc, voilà, c'est vrai que quand on regarde, ça a fortement monté, notamment les large cap qui est exportatrice.
32:24Mais c'est vrai que les smalls ont fait beaucoup moins, bien moins.
32:27Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a un vivier de valeurs assez intéressant.
32:29À la fois, sur les belles valeurs, dans toutes les thématiques, on a parlé d'électrification, logistique, robotique, qui marche
32:34très bien.
32:35Et sinon, en plus, nous, on fait, en supplément, les petites net-nets, voilà, pour bénéficier soit du Yen.
32:40Parce qu'on pense que le Yen, voilà, on en parlait tout à l'heure, à 160 dollars, ça sera
32:44difficile d'aller plus bas.
32:46Enfin, on espère.
32:46Visiblement, c'est un seuil, oui.
32:47Oui, c'est un bon seuil.
32:49Et si M. Bestand est là-bas, ce n'est pas pour rien non plus.
32:51Non, trois fois en un an, quand même, qui va au Japon, ce n'est pas pour rien.
32:54Bah, gardez la parole, oui, si vous voulez.
32:56Donc, dans la foulée, Donald Trump, Xi Jinping, je ne sais pas, alors évidemment, c'est la photo qui fera
33:00le tour du monde, etc.,
33:02qui va focaliser beaucoup d'attention pendant 48 heures, de manière assez immédiate.
33:08Est-ce que les marchés auront quelque chose à retenir de cette rencontre, dans un affrontement,
33:13qui est déjà un affrontement annoncé comme séculaire ?
33:16De toute façon, nous, on pense depuis le début que des étroits d'Hormuz, la fin, s'arrêtera quand la
33:23Chine le dira.
33:23De toute façon, c'est la Chine qui a commencé à dire à l'Iran, t'es gentil, tu es
33:29au Pakistan, tu commences à négocier.
33:31Pour l'instant, de toute façon, le président Trump...
33:32L'Iran, selon le Wall Street Journal, a dit qu'ils accepteraient, quoi qu'il en soit, la proposition chinoise
33:37éventuelle sur la résolution d'Hormuz.
33:40Pour l'instant, ils n'ont pas le choix.
33:41Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est plus les petits pays qui gravitent autour de la Chine,
33:44qui souffrent, qui, eux, sont plutôt importateurs, qui souffrent.
33:47Mais comme la Chine, elle est très exportatrice, pour l'instant, elle ne souffre pas trop, elle a des réserves
33:50de pétrole,
33:51elle n'a pas encore trop souffert.
33:52Donc, le jour où ça commencera à atteindre un peu, quand on a vu les derniers chiffres macroéconomiques en Chine,
33:57bon, ils sont peut-être un peu faux, c'est toujours difficile de voir la véracité des chiffres,
34:00mais ils sont plutôt assez bons.
34:02Donc, pour le moment, c'est pour ça que c'est un peu la bataille entre les deux.
34:06Mais je pense que le président Trump, pareil, c'est quelqu'un qui aime faire les deals.
34:09Je pense qu'il y a une grande chance, et enfin, je l'espère peut-être,
34:12qu'à l'issue de ce contrat, ils annoncent Great Guy, Good Deal, et puis...
34:17Et on passe à autre chose.
34:18Et puis, on passe à autre chose.
34:19Bon, le sort d'or mousse se joue cette semaine à Pékin, entre Xi Jinping et Donald Trump, j'entends
34:24?
34:24Oui, il se joue potentiellement au mois de mai.
34:25Enfin, il ne faut pas oublier que, finalement, Donald Trump qui joue la montre,
34:28il a un pétrole à 4 dollars le galon aux Etats-Unis,
34:31et que c'est le début de la driving season.
34:33Donc, les Américains partent sur les routes pour deux mois.
34:36Et évidemment, ça va faire mal.
34:38Donc, on parlait de la consommation il y a un instant.
34:40C'est là, maintenant, qu'on va commencer à mesurer l'impact sur la consommation de ces prix élevés du
34:44pétrole.
34:45Donc, ça, c'est vrai que c'est certainement une force de rappel.
34:47Est-ce que Xi Jinping sera une force de rappel ? Je ne sais pas.
34:50Mais en tout cas, il est certain que les cartes ne sont pas dans les mains des Américains.
34:53Et potentiellement, c'est clair, les Russes ou les Chinois pourraient avoir plus de pression, évidemment, sur les Iraniens.
34:59Mais enfin, on imagine mal comment les Américains pourront se sortir à court terme de ce bourbier.
35:02On en revient à un no pricing futur du prix du pétrole.
35:05Je pense qu'il faut de plus en plus admettre l'idée.
35:07Et les opérateurs logistiques locaux saoudiens s'exprimaient encore pas plus tard que cette semaine.
35:12Donc, sur le fait que, même si on a un accord de paix demain, c'est plusieurs mois de prix
35:17du pétrole.
35:18Les perturbations vont durer encore au-delà de la réouverture.
35:21Je pense qu'il faudra évidemment s'habituer à cela.
35:23Heureusement, notre économie, et a fortiori l'économie française, soit beaucoup moins énergée,
35:28vore ou intensive en énergie qu'elle ne le furent durant les années 70 ou autres.
35:33Donc, je dirais, le choc est plus limité.
35:36J'ai beaucoup aimé, en effet, votre parallèle sur l'économie française.
35:39Je pense que c'est peut-être, en tout cas, un des points à mettre en avant.
35:42C'est vrai que dans une Europe qui se cherche un futur énergétique,
35:45la France, en tout cas, montre quand même la direction.
35:48Et on peut imaginer qu'en tout cas, certainement, dans le développement de data center,
35:52la France puisse potentiellement capter l'essentiel des investissements.
35:55Ce qui, vous n'êtes peut-être pas conscient, mais hors de l'hexagone,
35:58c'est vrai que, en Belgique, Pays-Bas, des data centers, il faut des années d'attente pour en installer.
36:04Je sais qu'il y avait un énorme projet de data center dans le nord de la France
36:07qui était prévu et annoncé à l'occasion d'un dernier sommet Choose France, etc.
36:13Ce projet, l'opérateur a décidé qu'il ne se ferait pas en France
36:17et qu'il le ferait plutôt aux Etats-Unis,
36:19parce que ses intérêts étaient plutôt de le faire aux Etats-Unis.
36:21Non, mais, pour dire que les projets sont annoncés, vont et viennent,
36:25tous ne se font pas.
36:27Mais par contre, partout ailleurs, en Europe, et spécifiquement en Europe du Nord,
36:30je peux vous dire qu'en Belgique, aux Pays-Bas, il faut 5 ans d'attente
36:32pour connecter un nouveau data center sur le réseau.
36:34Donc, là, je veux dire, ce n'est même plus des négociations.
36:37Enfin, je veux dire, 5 ans, c'est rédhibitoire pour le plupart des investisseurs.
36:40Oui, bon. Je reviens à mon petit sommet Xi Jinping-Donald Trump,
36:45qui est dans le contexte actuel.
36:47Je souscris bien volontiers aux analyses qui ont été faites.
36:49Et puis, effectivement, c'est intéressant de se dire que d'un côté,
36:52Trump a la problématique de l'essence qui est à 4 dollars le galon,
36:56parce que l'impact en Chine, le dernier, c'est que l'inflation est remontée,
37:01ce qui est plutôt une bonne chose, de 1,1 ou 1,2 à 1,3 sur une année glissante.
37:06Donc, finalement, il n'y a vraiment pas le feu au lac.
37:09En Chine, voire même, on pourrait imaginer que ça les éloigne un peu de la trappe à liquidité.
37:13La Banque Centrale Chinoise n'a pas les mêmes crip de lecture.
37:15Ils n'ont pas forcément besoin de 2% d'inflation.
37:18Et ils nous exportent un peu d'inflation.
37:19J'ai vu les prix de la production en Chine qui ont bondi, effectivement,
37:22pour se rapprocher de 3%, ce qu'on n'a pas vu depuis peut-être des années.
37:24Ils ont de l'inventaire, ils sont plus sereins pour gérer la production.
37:28Ils arrivent à gérer, ils retrouvent un peu de pricing power.
37:30Enfin, il n'y a vraiment pas d'urgence côté chinois à la résolution de la crise.
37:36Ensuite, on n'a pas l'impression qu'ils soient non plus sur un positionnement très hostile.
37:40Donc, on se dit que ça pourrait bien se passer.
37:41C'est un vrai levier de négociation.
37:42C'est un levier de négociation où, effectivement, on devrait avoir peut-être un accord assez favorable,
37:50globalement, aux entreprises chinoises.
37:53Un peu de baisse de pression, de la part de l'administration Trump,
37:57sur les investissements en Chine, sur les entreprises qui sont mises au banc.
38:04Et puis, forcément, Trump qui aura quelque chose à mettre en avant d'un point de vue médiatique.
38:10Peut-être des choses plus simples, plus immédiates, plus visibles et moins profondes.
38:14Il y a déjà deux pandas.
38:16Il y a déjà deux pandas ?
38:17Je t'ai envoyé avant la visite.
38:20Et le yuan a flotturé, je crois, au plus haut depuis trois ans ce matin.
38:23Une forme de tolérance des autorités sur l'appréciation de la devise.
38:27Mais je pense que le président, quand même, s'il écoute son électorat,
38:30parce qu'en effet, là, on voit que les PIB, tout est magique.
38:32Mais c'est vrai que ça masque une grande disparité aux États-Unis.
38:36Quand on regarde le taux d'approbation de Trump dans les sondages,
38:39je ne suis pas sûr que les Américains pensent que tout est magique aujourd'hui.
38:42Non, mais quand je parle sur les marchés financiers, quand on voit les BPA,
38:44mais c'est vrai que là, il y a encore Kraft Heinz qui a publié ce matin
38:47en disant que de plus en plus de ses clients avaient du mal à faire les fins de mois.
38:51Quand on voit l'indicateur du Unir-Cité-Michigan, pareil, au plus bas historique.
38:56Donc c'est vrai qu'on voit qu'il y a une grande portion de la population,
39:00américaine, qui souffre énormément.
39:02Donc c'est vrai qu'on dit que le baril, c'est vrai que c'est toujours pareil.
39:05C'est que comme maintenant les Américains sont exportateurs de barils,
39:09un baril fort, c'est bon pour le pays.
39:11Mais c'est vrai que pour le consommateur en trait de gamme, c'est très difficile pour lui.
39:14On voit d'ailleurs les puits, le nombre de forages qui commence à remonter légèrement,
39:18paraît-il, depuis une ou deux semaines.
39:19Pour les puits, il faut que le baril soit structurellement souvent au-dessus des 80 dollars,
39:24qui n'était pas le cas avant la guerre.
39:25Donc voilà, quand on parlait des forwards, c'est vrai que si demain la guerre s'arrête
39:28et qu'on redescend très vite, le temps de remettre tout ça, ça ne sera pas rentable.
39:32Donc c'est pour ça que ça va très très doucement.
39:34Le marché chinois en matière d'investissement, Mathieu, je vous repasse la balle.
39:39Alors il avait démarré très vite, il y a environ un an.
39:44Ensuite, il y a eu pas mal de D-rating, y compris au sein de la tech chinoise,
39:52qui avait un peu accompagné le D-rating sur le Nasdaq.
39:55C'est très disparate, mais on a l'impression qu'il y a certains dossiers,
40:03notamment sur l'écosystème plutôt domestique.
40:06C'est-à-dire que les entreprises chinoises qui sont exportatrices,
40:12fournisseurs pour la tech mondiale, ont une trajectoire boursière très très forte ces dernières semaines.
40:17Mais par contre, sur des choses un peu plus domestiques, ça allait moins vite.
40:20On se dit que c'est peut-être le genre de choses sur lequel se repositionner.
40:24L'aspect consommation domestique peut être un relais sur ce marché chinois.
40:28Voilà, on a eu, on pense probablement que 2026, 2027, ça va continuer à coup de le broadening,
40:35pas le broadening.
40:36On a eu, c'était la diversification entre la tech et les US de juillet jusqu'à février.
40:42Là, c'est l'inverse un peu extrême.
40:44Ça commencera probablement à refaire un réélèvement des tendances,
40:48pas uniquement sur de la tech US et leurs fournisseurs directs,
40:52mais au sein de la tech, d'où l'idée d'ailleurs de rester positionné, se repositionner, remonter sur le
40:58secteur.
40:58Il faut arriver à capter des vagues d'élargissement et des vagues de concentration, de reconcentration du marché.
41:03C'est un peu cette idée-là.
41:04C'est finalement pas forcément, on n'est plus dans une logique value versus croissance,
41:10mais au sein de la croissance, des fois, il y a des élargissements.
41:14Dans ce spectre value versus croissance, un coup, c'est juste les extrêmes qui décollent.
41:18Et puis finalement, ils se font rattraper parce qu'un peu au milieu du spectre.
41:20On l'a illustré aussi, on a parlé très rapidement des utilities.
41:23C'est vrai que les utilities, ils ont bien tenu au tout début du choc et de l'envolée du
41:29prix du pétrole.
41:30Pourquoi ? Parce que défensive.
41:32Et puis là, depuis une semaine, deux semaines, elles le payent un peu.
41:37Et c'est un peu les défensives qui sous-performent le plus.
41:39C'est ce genre de positionnement qui demande de rester assez agile, assez réactif.
41:43et de minimiser les coûts de transaction, surtout.
41:46Bon.
41:47C'est que minimiser les coûts de transaction, ça veut dire quoi ?
41:50C'est bien ça.
41:54Ça veut dire quoi ?
41:55Je pense que c'est aussi quelque chose...
41:57Tout sur les ETF ?
41:57Non, non.
41:58Non, c'était pas ça ?
41:59Non, non, non.
42:00Les coûts de transaction et de rebalancement.
42:02Une gamme de ETF, et aujourd'hui, BHFM l'a fait.
42:05Non, justement, c'est peut-être un début de plaidoyer pour la gestion active, agile,
42:10et effectivement, investir dans les solutions d'investissement qui ont accès à des frais de transaction assez rémunérés.
42:18En gardant le côté actif.
42:19C'est vrai qu'il existe aussi une grande granularité sur les ETF.
42:22Je crois qu'aux Etats-Unis, il y a plus d'ETF actions qu'il y a d'actions listées.
42:26Mais c'est toujours difficile de trouver exactement celui qui permet de se positionner sur un segment qui était assez
42:33ignoré jusqu'ici.
42:34Bon, Vincent, en matière d'allocation, de stratégie ou tactique d'investissement, je ne sais pas s'il faut parler
42:39de tactique ou stratégie.
42:41D'ailleurs, pour éviter les frais de transaction, on est plutôt buy and hold sur la Chine.
42:45En tout cas, sur les émergents, on a l'air plus large et ça nous réussit bien.
42:47C'est le meilleur marché qui a début de l'année.
42:48Et il faut quand même être transparent.
42:49La Chine n'est pas le meilleur contributeur à cette performance.
42:52En tout cas, la Chine a plusieurs visages.
42:55Selon l'indice qu'on choisit, on a des préformes qui sont très disparates.
43:00La Corée aide beaucoup.
43:00Avec quand même des attraits un peu différents.
43:02On reste très dans cette dynamique qu'il y a.
43:05Mais n'empêche, les pays émergents, et je pense de plus en plus sur la Chine, devraient reprendre le fanbo.
43:10Encore une fois, moi je pense sincèrement que la Chine est le Japon des années 70.
43:14Et je pense qu'en effet, d'un point de vue valorisation...
43:16Le monde va se ruer pour investir en Chine, comme ça peut être le cas en Japon des années 80.
43:22En tout cas, le monde se ruera pour acheter des technologies chinoises.
43:23Alors, je ne sais pas ici à Paris, mais à Bruxelles et en Europe, des BYD, on en voit absolument
43:27partout.
43:28D'ailleurs, ils sont venus de Ligurie ici, vers Paris.
43:31On voit que les technologies chinoises de transition climatique ont essayé d'acheter une pompe à chaleur, un panneau solaire,
43:36qu'ils ne soient pas faits là-bas.
43:37Donc, on est... Enfin, la Chine se renforçait dans sa value proposition avec cette...
43:42Les voitures et les panneaux solaires, c'est une chose.
43:44Mais demain, est-ce qu'on ira acheter des vaccins chinois, des médicaments chinois, de la biotech chinoise ?
43:49Parce que c'est là que l'avenir se joue.
43:52Et c'est là qu'ils sont en train de rivaliser au moins d'égal à égal avec ce qui
43:56se fait de mieux aux États-Unis et en Europe.
44:00On découvre qu'ils savent faire des voitures, mais...
44:02On le fait déjà par ailleurs et on l'a vu pendant le Covid, qu'on avait déjà externalisé pas
44:06mal de pans de notre...
44:07Enfin, c'est un système de production de médicaments en Chine et c'est d'ailleurs ce qu'on a
44:10depuis lors essayé de rapatrier.
44:11Et donc, on y reviendra assez vite, je pense.
44:13Le vrai problème de l'Europe, c'est que c'est une passoire par rapport à la Chine.
44:16Non, on avait une société, Bonduelle, qui a publié, qui a fait un gros warning.
44:20Pourquoi ? Parce que les Chinois avaient produit trop de maïs.
44:22Et malgré la barrière commerciale, ils ont tout envoyé en Europe et ils ont détruit les prix à perte.
44:28Ils n'ont rien à faire, ils ont fait du dumping total.
44:31Donc là, c'était la semaine dernière à la conférence TPICAP.
44:34Donc on a vu une société qu'on aime beaucoup qui s'appelle LDC.
44:37Vous savez qu'ils font les poulets, donc la belle rouge, la marée, la volaille aussi, les traiteurs.
44:41Ils nous ont dit, il faut faire hyper attention parce que les Chinois, ils n'en ont rien à faire.
44:44Vous avez vu ce qui s'est passé sur le poulet, là, à Saint-Ouen, etc.
44:48Ça, c'est le poulet chinois qui arrive congelé.
44:50Ça, c'est le Pays de l'Est.
44:52Mais c'est vrai que les Chinois commencent le poulet, mais heureusement, c'est du surgelé.
44:55Alors qu'en France, on boit que c'est surtout du poulet frais.
44:58Mais voilà, quand on arrive, ils disent, les Chinois, ils n'en ont rien à faire.
45:00Même avec des tarifs douaniers, ça revient quand même un peu moins cher et ils y vont quand même.
45:04Donc après les voitures chinoises, le poulet est chinoise ?
45:06Non, le poulet, heureusement, on est un peu protégé.
45:09Mais rien n'est laissé au hasard avec les Chinois.
45:12Merci beaucoup, messieurs. On s'arrêtera là pour ce soir.
45:15Merci d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
45:16Louis De Fels, le directeur de la gestion et directeur de la gestion collective, même, de Gélusac Gestion.
45:21Vincent Juvin, stratégiste pour ING Belgique.
45:24Et Mathieu Barrière, co-responsable de l'allocation d'actifs d'Odo BHF Asset Management.
45:33Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
45:37Chaque lundi, le thème, c'est celui de l'actualité américaine, économique, politique, financière.
45:43Nous en parlons avec Pierre-Yves Dugas, bien sûr, notre correspondant américain à distance et en vidéo avec nous.
45:49Bonsoir et bienvenue, Pierre-Yves. Ravi de vous retrouver.
45:52Je reprends le mot de Pauline Grattel en début d'émission.
45:55C'est donc l'heure du grand remboursement aux Etats-Unis pour les entreprises, des milliers d'entre elles,
46:01qui ont été indûment taxées par l'administration Trump.
46:06Rendez-nous l'argent. Rendez-nous l'argent, disent-elles.
46:09Elles sont nombreuses. Il y en a 330 000 qui cherchent à récupérer des sommes qui ont été perçues illégalement
46:19par les douanes américaines
46:21à hauteur de 166 milliards de dollars.
46:25Et les premières qui commencent à en bénéficier avaient des indications que leur compte en banque était sur le point
46:32d'être crédité,
46:32était jeudi et vendredi.
46:34Il s'agit beaucoup de PME qui se sont acquittées directement de ces droits de douane.
46:42Elles sont, on appelle à Washington, Importer of Records.
46:47C'est elles qui ont le compte auprès des douanes américaines.
46:52Et donc, il est informatiquement facile pour les douanes américaines de renverser ces paiements.
47:00C'est 82% de ces 330 000, donc quelque chose comme 127 milliards de dollars, qui va leur revenir.
47:07Ça sera plus compliqué pour les sociétés qui font appel à des circuits d'importation complexes.
47:13Et c'est tout l'argument sur lequel reposait la logique, entre guillemets, de la taxation, de la surtaxation par
47:23la maison blanche,
47:23qui consistait à dire que ce ne sont pas des consommateurs américains, ce ne sont même pas des sociétés américaines
47:28qui payent ces droits de douane, mais ce sont les exportateurs chinois, par exemple,
47:37qui vont devoir manger une partie de leur marge salée, pas vrai.
47:41En tout cas, c'est en partie inexact et ces remboursements sont là pour le prouver.
47:46C'est une bonne nouvelle.
47:47Donald Trump a dit « Attention, je vais me souvenir des noms de ces sociétés qui vont venir récupérer des
47:57milliards de dollars du trésor américain ».
48:01Il avait prévu, dès l'invalidation par la Cour suprême, en février, de la loi de 77 qui a rendu
48:08ces surtaxes caduques,
48:09une solution instantanée de rechange en faisant appel à la loi de 74 et dans sa section 122.
48:17Eh bien, que se passe-t-il ?
48:18Jeudi dernier, une décision de justice intervient qui invalide aussi, en tout cas en grande partie,
48:27cette solution de rechange qui invoquait la loi de 74 et qui permettait au titre du contrôle de la balance
48:36des paiements
48:38d'imposer jusqu'à 15% de droits de douane à tous les pays du monde.
48:43Donald Trump s'était limité à 10%.
48:45Eh bien non, il n'a pas le droit de le faire.
48:47Seulement, voilà, ceux qui ont saisi la Cour de droit commerciale internationale de New York
48:55pour traiter de la validité ou non de cette section 122, c'est l'État de l'Oregon et deux
49:01importateurs.
49:02Il n'y a que ceux-là qui vont bénéficier de cette décision.
49:05Pour l'instant, tout le reste est suspendu et cette section 122 ne permettait le recours à cette surtaxe
49:12que jusqu'à la mi-juillet parce que la véritable opération de substitution de droits de douane
49:17à laquelle Donald Trump voulait se livrer, c'est le recours à des procédures 301 selon la loi de 74
49:24qui visent en gros deux types de démarches qui ont été mises en branle mi-mars.
49:30Une soixantaine de pays couvrant 99% des importations américaines sont soumises à des enquêtes
49:38de la part du négociateur commercial américain pour voir si elles emploient de la main-d'œuvre forcée
49:42et procèdent à du dumping en utilisant des surcapacités délibérées de production pour inonder le marché américain.
49:51L'Europe est là-dedans et c'est sur cette section 301 qui est constitutionnellement plus solide
49:58que vont devoir essayer de faire des calculs les importateurs américains
50:03qui ne savent plus vraiment à quel sens se vouer.
50:06On va peut-être leur rendre de l'argent dans les prochains jours, mais que vont-ils faire de cet
50:10argent ?
50:11Ils ont le choix, ils peuvent, selon leur trésorerie, rembourser leurs clients, baisser leurs prix, payer leurs dettes.
50:18Ils ont le choix, mais surtout, ils voient arriver une troisième vague de surtaxes et là, ils croisent les doigts.
50:26Bon, on peut regarder, je le précise, Henri Play, écouter l'interview en podcast,
50:30parce qu'il y a quand même un détail de cette politique commerciale trumpienne
50:37à travers les différentes sections, les différentes bases juridiques, légales, etc.
50:41Bref, vous pouvez réécouter ces cinq minutes de Pierre-Yves Dugas
50:43pour bien avoir en tête, effectivement, une situation assez complexe.
50:49Autre situation complexe, quand même, cette relation et cet affrontement séculaire entre la Chine et les Etats-Unis.
50:54Et sans doute que Donald Trump, à l'occasion de ce nouveau rendez-vous avec Xi Jinping cette semaine,
50:59aurait aimé arriver dans une situation un peu plus forte, peut-être.
51:05Oui, vous vous souvenez, quand il était venu à Pékin en 2017,
51:10il était accompagné de 37 grands patrons américains.
51:15On n'avait pas la liste de ces patrons américains il y a encore quelques heures,
51:19et puis les dons commencent à tomber, et on va voir qu'il va venir très accompagné.
51:24Elon Musk fait partie du lot, le patron de Goldman Sachs, M. Salomon,
51:28le patron d'Apple, qui n'est pas encore parti, Tim Cook,
51:32le patron de Visa,
51:34et le patron de Nvidia,
51:36qui est tout de même un peu chinois sur les bords.
51:40Très accompagné pour essayer de doper l'aspect business de cette rencontre,
51:46qui, vous avez raison,
51:48d'un point de vue géopolitique,
51:49place Donald Trump en position de relative faiblesse
51:54par rapport à ce qu'il avait espéré.
51:56Souvenez-vous, cette visite officielle de Donald Trump à Pékin
52:00aurait dû se produire il y a un mois.
52:02Mais la Maison-Blanche a demandé à ce qu'elle soit repoussée,
52:05parce qu'il y a un mois,
52:06on pensait que, non seulement Donald Trump était très occupé
52:10à régler la question,
52:12cette petite broutille, ce petit détail,
52:14qui était le blocage du dédroit d'Hormuz,
52:17et il espérait arriver à Pékin mercredi soir
52:21avec ce conflit avec l'Iran largement réglé.
52:25Et ce n'est pas le cas, il est en position de faiblesse là-dessus,
52:27et il est même un peu demandeur à l'égard de la Chine,
52:30puisqu'il aimerait que la Chine intervienne
52:32pour convaincre Téhéran
52:35que si le régime des Mollahs est préservé,
52:38eh bien, il serait souhaitable
52:42que l'Iran rétablisse sa liberté de circulation
52:44dans le dédroit d'Hormuz.
52:46N'oublions pas que la Chine est le premier consommateur de pétrole iranien.
52:51Mais c'est plus compliqué.
52:52Alors, il y a un patron qui compte beaucoup dans ce voyage,
52:56c'est M. Kelly Ortberg, le patron de Boeing,
52:59qui n'ose pas le dire tout haut,
53:02mais tout bas, on chuchote que si les choses se passent bien,
53:06il y a à la clé une commande de quelques 500 modèles de Boeing 747 Max,
53:13ça n'est pas rien, et ce serait la première grosse commande chinoise
53:17depuis pratiquement 10 ans.
53:19On attend aussi des promesses,
53:22toujours des promesses de la part de la Chine,
53:24d'achats massifs de soja,
53:26ce qui ferait bien plaisir aux exploitants agricoles américains
53:30qui, quand même, ont perdu beaucoup de parts de marché en Chine,
53:34face à l'Argentine et au Brésil en particulier.
53:36Alors, dans l'intervalle, il y a une autre visite qui m'intéresse, Pierre-Yves.
53:41Donc, Donald Trump va en Chine de mercredi à vendredi
53:44et sur la route, Scott Bessent va aller rejoindre,
53:48évidemment, Donald Trump à Pékin,
53:50mais sur la route, Scott Bessent, le secrétaire du Trésor américain,
53:54va s'arrêter pour la troisième fois en un an à Tokyo
53:58pour rencontrer la première ministre japonaise,
54:00les autorités japonaises, le Japon,
54:03qui est bien sûr le premier allié stratégique principal
54:07des États-Unis dans cette zone stratégique de l'Asie, Pierre-Yves.
54:14Ce n'est pas anodin, j'imagine.
54:15Oui, oui, oui, Scott Bessent qui pense très bien connaître la politique japonaise
54:21et qui vient un petit peu, je ne dirais pas recoller les morceaux,
54:26mais rassurer la nouvelle première ministre japonaise
54:31suite aux propos assez maladroits qui avaient été tenus par Donald Trump il y a quelques jours.
54:37Et le Japon qui, avec discrétion, mais avec appui manifeste des États-Unis,
54:44renforce militairement les îles qui sont, regardez la carte,
54:48qui ne sont pas très loin de Taïwan
54:50et qui vont devenir des bases possibles d'opération et de défense du Japon
54:56en coopération avec les États-Unis parce que la situation,
55:01la posture très agressive du président Xi à l'égard de Taïwan,
55:05alarme Tokyo.
55:07Et compte tenu du caractère bouillonnant de Donald Trump,
55:11beaucoup de gens, non seulement à Tokyo, mais bien évidemment à Taipei,
55:16s'inquiètent de ce risque que représenterait, bien sûr,
55:22une décision soudaine, capricieuse de Donald Trump
55:26de lâcher du lest sur la position très ferme des États-Unis de défense de Taïwan
55:31en échange d'un geste du président chinois,
55:36par exemple sur l'Iran ou sur des questions commerciales.
55:39Une lettre vient d'être adressée par un groupe de sénateurs à la Maison Blanche
55:46pour rappeler l'urgence de leur point de vue que la Maison Blanche notifie Taïwan
55:56que le Congrès américain, depuis le mois de janvier déjà,
55:59a voté et autorisé 14 milliards de ventes d'armes
56:04pour renforcer la défense de Taïwan.
56:08Les sénateurs américains s'inquiètent de ce retard de la Maison Blanche,
56:11de mettre en œuvre cette décision politique et, bien évidemment,
56:16c'est hautement symbolique à quelques heures de l'arrivée de Donald Trump en Chine.
56:22Le président chinois voudrait, il rêve peut-être, on le verra,
56:26que les États-Unis nuancent leur position à l'égard de Taïwan.
56:30Aujourd'hui, la position américaine est de dire,
56:33nous, Washington, nous ne soutenons pas la position de Taïwan
56:40de chercher son indépendance formelle à l'égard de la Chine.
56:45Il voudrait que les États-Unis disent, nous nous opposons
56:50à ce que Taïwan déclare son indépendance.
56:54Petit changement qui, entre nous, ne changerait pas grand-chose
56:56pour les électeurs américains,
56:58mais qui aurait un retentissement considérable, bien entendu,
57:01sur tout l'équilibre des forces en Pacifique et même en Europe.
57:05Tournée asiatique stratégique pour les hommes forts de l'administration Trump,
57:09donc Scott Bessent au Japon,
57:11avant de rejoindre Donald Trump qui arrivera en Chine
57:14à partir de mercredi pour deux jours.
57:16Merci beaucoup Pierre-Yves, Pierre-Yves Duguay avec nous chaque lundi
57:19dans ce quart d'heure américain que vous retrouvez,
57:21comme le reste de nos émissions, en replay sur bsmart.fr.
57:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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