Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Jeudi 7 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Benoît Chevalier, président Afrique de BusinessEurope et enseignant à l'Essec, Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, fondateur du cabinet Asterès, ainsi que Sylvain Catherine. professeur de finances à la Wharton School, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans ce 18-19.
00:13On parlera tout au long de ce 18-19 du choc mondial de ce blocage du étroit d'Hormuz
00:20avec notamment Benoît Chervalier, il est le président afrique du Business Europe.
00:24Là on verra le côté africain puisque s'ouvre un sommet très important
00:28qui va peut-être sonner le retour des relations franco-africaines,
00:33c'est le Africa Forward, il y a Emmanuel Macron qui sera, ça sera le 11 et le 12 mai.
00:38Avec lui, lui qui est un grand expert de l'Europe et de l'Afrique
00:41puisqu'il dirige pour Business Europe, il dirige la partie africaine
00:48et puis il a publié un livre très intéressant, ce qu'attend l'Afrique.
00:52On verra pour lui quels sont les gros enjeux de ce continent quand même oublié.
00:56Et puis ensuite, deux excellents économistes seront avec nous pour décrypter tout ça.
00:59Nicolas Bouzou qui est président du cabinet à Serres et avec lui en direct de Warton, de Washington.
01:05Ça sera Sylvain Catherine, économiste, il est professeur, assistant de finance justement à la Warton School.
01:11Mais tout de suite, le journal avec Stéphanie Collot.
01:17Retour en France avec vous. Bonsoir Stéphanie.
01:19On commence par le gouvernement qui va élargir les aides destinées à certains secteurs face à la flambée des prix
01:25du carburant.
01:26Oui, même si le prix du baril de Brent ou de WTI baisse nettement sous les 100 dollars,
01:33les prix à la pompe restent élevés en France.
01:35Aujourd'hui, les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP ou encore les grands rouleurs bénéficient d'aides à l'achat de
01:40carburant.
01:40Mais le Premier ministre assure que d'autres professions pourraient rejoindre cette liste.
01:45Sébastien Lecornu promet de n'abandonner personne.
01:49Une prise de parole est attendue en début de semaine prochaine.
01:52Autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient, le déficit commercial de la France se creuse encore.
01:56Un peu plus au premier trimestre, près de 3 milliards d'euros supplémentaires alors qu'ils s'étaient redressés l
02:02'année dernière.
02:03Ils dépassent désormais les 14 milliards d'euros en cause de la facture énergétique.
02:07Les importations d'énergie du pays ont bondi de plus de 11% en valeur.
02:11Aux Etats-Unis, McDonald's publie un chiffre d'affaires en hausse de 3,9% sur son marché domestique.
02:17C'est nettement inférieur aux attentes.
02:19La chaîne de restauration rapide a lancé des formules à bas prix et des offres à durée limitée.
02:23Mais la hausse des prix du carburant, là aussi, pèse sur le budget des ménages américains.
02:29Dans l'aérien, Emirates résiste malgré la guerre.
02:32La compagnie Emirati publie un bénéfice annuel net en hausse de 3% à 5,7 milliards de dollars porté
02:38par les 11 premiers mois de l'exercice fiscal
02:43avant que le trafic de l'aéroport de Dubaï ne soit fortement perturbé par le conflit.
02:49Dans le fret maritime, le numéro 2 mondial, Mersk, maintient ses prévisions pour cette année.
02:55Malgré un large recul de son bénéfice net, il atteint 100 millions de dollars au premier trimestre.
03:01C'est 12 fois moins qu'il y a un an.
03:03Mais la demande est en hausse de 2 à 4%.
03:06Et puis en France, Engie confirme ses perspectives 2026 malgré une baisse de son chiffre d'affaires au premier trimestre.
03:13Il recule de 11,6% à 20,6 milliards d'euros.
03:16Le groupe fait état d'un impact limité à date de la crise au Moyen-Orient.
03:23Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:25Bonsoir Antoine.
03:25Bonsoir Stéphanie.
03:26Bonsoir Antoine.
03:27Et le CAC termine en baisse ce soir.
03:29Oui, une baisse marquée.
03:30Ça s'est joué au fixing d'ailleurs.
03:32Moins 1,17.
03:338 202 points.
03:35Moins 0,6% pour l'Euronext Tech Leaders qui a fait un peu meilleure figure.
03:38Et du côté de l'Eurostock 50, on perd 0,9%.
03:41Mais globalement, on a perdu pas mal de terrain sur un certain nombre de compartiments de la cote.
03:45Et notamment ce qu'on appelle nos valeurs ennuyeuses.
03:48Les valeurs d'infrastructure, les valeurs de rendement.
03:52On a eu Engie qui a perdu 2,6%.
03:5426,86 euros.
03:55Oui, Gossi, moins 3,7% à 51,06 euros.
03:59Et Pernod Ricard qui perd 3% à 64,02 euros.
04:03Entraîné à la baisse par les mauvais résultats de Campari à la Bourse de Milan.
04:06Qui ont fait plonger le titre de 13% en clôture.
04:10En revanche, l'escadrille du luxe au grand complet a retrouvé du lustre.
04:14Hermès, plus 1,8%, 1,702.
04:17On a Kering qui a gagné 1,5% à 246,80 euros.
04:21Et LVMH, plus 0,9%.
04:24478,30 euros.
04:25Le CAC 40, donc moins 1,17.
04:278,202 points.
04:28Les volumes d'échange copieux, 4,8 milliards.
04:30Une bonne grosse séance.
04:32Et puis, ça s'arrange aussi sur le fond de l'obligataire.
04:343,62 pour le disant français.
04:373% pour le disant allemand.
04:39Attention, ça se retend un petit peu sur le disant américain à 4,37.
04:43Merci beaucoup.
04:44Merci Antoine.
04:45Merci Stéphanie.
04:46Rendez-vous à 19h, 19h30 pour le journal de l'écho.
04:49Tout de suite, c'est Benoît Chervalier.
04:51Il est président Afrique de Business Europe.
04:54Il enseigne aussi à l'ESSEC.
04:55Il est manquier d'affaires.
04:56On va voir ce qui se passe sur le continent africain.
04:58Avec ce choc pour l'économie mondiale.
05:01Et puis, il y a l'ouverture de ce sommet très important à Emmanuel Macron.
05:04Qui sera le 11 et 12 mai à Nairobi.
05:07A tout de suite.
05:08BFM Business et la Tribune présentent...
05:13Le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
05:18Vous êtes bien dans le 18-19.
05:20On va parler d'Afrique, le continent un peu oublié.
05:23Et pourtant, il se passe des choses quand même très intéressantes sur nous.
05:27Surtout pour nous, pour l'économie européenne et la France.
05:30On va en parler avec Benoît Chervalier.
05:32Il est président Afrique de Business Europe.
05:33Bonsoir, Benoît Chervalier.
05:35Merci d'être là.
05:35Vous revenez du Côte d'Ivoire.
05:37Vous repartez à Nairobi.
05:38Où justement, et c'est l'actualité du jour, s'ouvre ce sommet africain forward.
05:44Dans une manière de réchauffer peut-être les relations entre la France et l'Afrique.
05:50Emmanuel Macron va débuter sa tournée africaine ce week-end.
05:53Et puis, c'est intéressant de voir que pour la première fois, ce sommet se tiendra à Nairobi.
05:59C'est-à-dire au Kenya, un pays qui est non francophone.
06:03Vous nous direz qu'est-ce que ça veut dire ou pas.
06:06Vous avez passé 25 ans en Afrique.
06:10Vous avez été aussi en Allemagne, un peu partout dans le monde.
06:12Ma première question avant d'aborder ce sommet qui est quand même un point important.
06:18J'ai envie de dire la preuve.
06:19Le président de la République française y va.
06:21On sait que les relations sont très tendues avec de nombreux pays, entre la France et ses pays.
06:26Quel est l'impact pour le continent africain de ce blocage du détroit d'Hormuz et de la guerre en
06:35Iran ?
06:35On sait que le continent africain est très dépendant de ce qui sort du détroit d'Hormuz.
06:41L'impact, il est massif.
06:43Mais comme il est massif au niveau mondial, en ce qui concerne les pays africains plus particulièrement,
06:48tout d'abord, la production pétrolière représente à peu près 10% de la production mondiale.
06:55Donc, ça veut dire qu'il y a des pays qui sont producteurs.
06:58Donc, ça veut dire qu'on peut dire qu'il y a des gagnants et des perdants.
07:00Donc, le Nigeria, l'Algérie, le Tchad, le Gabon, l'Angola, etc.
07:07Mais c'est beaucoup plus compliqué que ça.
07:09Parce qu'on pourrait se dire que ces pays qui sont exportateurs de pétrole sont nécessairement gagnants.
07:14Pourquoi ? Parce qu'il y a un effet domino.
07:15Alors, l'effet domino, c'est l'effet sur l'économie réelle,
07:18puisque ça touche évidemment le transport, ça touche la production d'électricité,
07:22donc ça touche le fonctionnement des usines, des mines, de l'exploitation minière.
07:27Donc, en réalité, c'est un impact.
07:29Le premier élément, c'est que ça touche tous les pays,
07:31y compris les pays producteurs de pétrole, sur tous les secteurs de l'économie.
07:35Donc, ça, c'est la première chose.
07:36La deuxième chose, c'est que l'impact sur le prix et le blocage des prix au quotidien.
07:49C'est-à-dire qu'il y a des pays qui ont décidé d'effectuer une forme de blocage des
07:53prix,
07:53c'est-à-dire, indépendamment de l'évolution, les prix sont bloqués.
07:56C'est le cas, par exemple, du Kenya.
07:59D'autres ont décidé de subventionner, donc c'est un coût pour les finances publiques,
08:03l'exemple de la Côte d'Ivoire.
08:04Le prix, par exemple, du litre de la Côte d'Ivoire, c'est à peu près 1,10 euro.
08:10D'accord, donc c'est quasiment deux fois moins cher que chez nous.
08:13Voilà, mais parce que c'est un coût budgétaire, parce que le gouvernement estime que c'est absolument vital pour
08:18le fonctionnement
08:20et des circonstances où ce qui est gagné de manière journalière est dépensé à la fin de la journée.
08:27Donc, l'élément du transport, il est fondamental.
08:30Donc, c'est un coût, évidemment, important pour les finances publiques.
08:34D'autres, par exemple, un pays comme l'Éthiopie, aujourd'hui, on ne trouve plus de diesel en Éthiopie.
08:39Donc, c'est aussi un élément, cette fois, d'acheminement.
08:44Enfin, vous avez, par exemple, des pays qui sont, certes, producteurs de pétrole,
08:48mais qui exportent du pétrole brut.
08:52Donc, ce qui veut dire qu'il doit être raffiné.
08:53Et s'il est raffiné, ça veut dire qu'il doit revenir.
08:56Et donc, là, se trouve une mécanique qui est un petit peu complexe,
09:00qui fait que ça pose la question, pas simplement de l'extraction et de la production en tant que telle,
09:07de la matière brute, mais du raffinage.
09:10Donc, là, on parlait du Kenya et on va en parler dans quelques instants avec le sommet.
09:17Un pays qui, jusqu'à présent, disait, c'est pas forcément le coût, l'avantage-bénéfice,
09:23le coût-bénéfice de rentrer dans une logique de raffinage et de raffinerie est trop important.
09:30Et donc, là, se repose la question de savoir, oui, il faudrait raffiner.
09:35Donc, un des grands gagnants, par exemple, c'est Dangote et le Nigeria avec son usine récente de raffinage.
09:42Mais est-ce qu'il y a une vraie, un peu comme on le ressent, nous,
09:46mais évidemment pas dans les mêmes proportions,
09:48mais est-ce qu'il y a un impact très fort autre que pétrolier ?
09:52Est-ce que ça a vraiment, sur le pouvoir d'achat qui est déjà très faible,
09:55est-ce que ça a vraiment un impact fort ?
09:58Est-ce qu'il y a urgence, quelque part, à soutenir le continent africain
10:02avec cette guerre en Iran et ce blocage blocus du détroit d'Hormuz ?
10:07Bien sûr qu'il y a une urgence.
10:08Alors, comme je vous disais, c'est du cas par cas.
10:10Tous les pays ne sont pas du tout, si vous êtes exportateur net
10:13ou si vous n'avez rien du tout, au contraire, vous en avez,
10:16évidemment, ce n'est pas la même situation.
10:18Donc, c'est du cas par cas.
10:19Justement, ce n'est pas l'Afrique.
10:20Ce que je dis, d'ailleurs, dans mon livre, c'est les Afriques.
10:23C'est du cas par cas.
10:24Maintenant, là où tout le monde est touché,
10:26c'est le coût sur l'économie réelle.
10:29On en a parlé un instant, sur le fonctionnement des usines,
10:32sur le coût de l'électricité.
10:33Donc là, ça impacte tout le monde, mais aussi sur l'inflation.
10:38En avril dernier, juste quelques jours après le déclenchement,
10:42enfin quelques semaines après le déclenchement du conflit,
10:44il y a eu les assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI
10:47qui ont révisé à la hausse l'inflation attendue pour 2026
10:51et à la baisse la croissance attendue.
10:53Donc, plus d'inflation, ça veut dire quoi ?
10:55Ça veut dire un coût d'emprunt qui est plus fort.
10:58Donc, si on a un coût d'emprunt qui est plus fort, comme pour la France.
11:01Comme pour la France, on connaît en France, oui.
11:03Voilà, donc ça veut dire un montant d'intérêt,
11:06un montant du service de la dette qui va être plus important.
11:09Donc, ça, évidemment, c'est négatif pour les finances publiques.
11:12Donc, la hausse de l'inflation n'est clairement pas une bonne nouvelle.
11:14Vous avez une phrase que j'ai bien aimée,
11:18où vous dites que l'Afrique ne veut plus être au menu,
11:20mais elle veut être à la table.
11:21Oui.
11:23Est-ce qu'elle a, pardonnez-moi cette question un peu directe, un peu cash,
11:27est-ce qu'elle a les moyens d'être à la table aujourd'hui ou pas ?
11:32Bien sûr, parce qu'on parlait justement des richesses du continent africain,
11:38c'est des richesses de matières premières, déjà.
11:42Donc, ça, on en entend beaucoup.
11:44Alors, il faut rentrer beaucoup plus dans le détail,
11:46mais quand on parle du manganèse, quand on parle du nickel,
11:48quand on parle du cobalt, on parlait même de présence pétrolière,
11:52j'ai dit à peu près 10%, gazière.
11:54Là, ces toutes dernières années, il y a eu aussi des découvertes,
11:57par exemple, dans des pays comme la Côte d'Ivoire, le Ghana ou le Sénégal,
12:00très récemment en Namibie.
12:03Donc, le sous-sol, j'allais dire, du continent, dans sa diversité,
12:09fait que l'Afrique, les pays africains,
12:13deviennent et redeviennent un pays d'attention,
12:15à la fois géopolitique et économique.
12:17Oui, en même temps, avec une instabilité politique,
12:19parfois très difficile.
12:22C'est vrai, mais ça aussi, ça dépend dans quel pays on se situe.
12:26Je vais prendre juste un exemple.
12:27Il y a eu une visite récemment du chef d'État du Botswana.
12:33Je pense que le Botswana n'est pas nécessairement beaucoup évoqué
12:37dans les différentes antennes en Europe ou en France en particulier.
12:40Le Botswana, c'est un pays qui est grand comme la France,
12:44en termes de sphère physique,
12:45qui a une population qui est plutôt petite,
12:46puisque c'est en gros Paris intra-muros,
12:48c'est un peu plus de 2,5 millions d'habitants.
12:50Mais c'est un pays qui a connu une alternance politique
12:52pour la première fois depuis 360 ans l'année dernière,
12:55qui s'est très très bien passé, et personne n'en a parlé.
12:58Donc, ce que je veux simplement dire...
12:59On a parlé du Mali et un peu du Soudan, malheureusement, pas suffisamment.
13:02Voilà, et sur 54 pays, sur un continent qui fait 30 millions de kilomètres carrés,
13:07qui est l'équivalent de l'Europe, de la Chine, des États-Unis et de l'Inde,
13:10nécessairement, vous avez un effet loupe
13:12qui fait que vous regardez là où sont les difficultés,
13:15ça ne veut pas dire qu'il faut les nier,
13:16c'est pour ça que moi j'appelle à être évidemment très lucide,
13:20parce que sinon on n'est pas crédible,
13:21mais en revanche, à prendre en compte justement
13:23cette différenciation pour, in fine,
13:26comprendre aussi les dynamiques en cours.
13:28Alors, je vais reprendre le titre de votre livre
13:30aux éditions de l'Aube,
13:31« Ce qu'attend l'Afrique ? »
13:33Là, il y a ce sommet,
13:35Africa Forward,
13:36c'est un sommet franco-africain,
13:39avec le président Macron
13:41qui va faire une tournée,
13:42mais donc il sera à Nairobi pour l'ouverture
13:45lundi prochain.
13:47Qu'est-ce qu'attend l'Afrique, justement ?
13:49Qu'est-ce qu'elle attend de la France ?
13:51Parce que, vu de chez nous,
13:52on a toujours l'impression qu'aujourd'hui,
13:54on est toujours le grand méchant loup,
13:56le colonisateur.
13:58Lorsqu'on voit ce qui se passe au Mali,
13:59c'est vrai qu'on ne se dit pas qu'on est vraiment
14:01la bienvenue,
14:02que ce soit au Sénégal ou en Côte d'Ivoire.
14:05Alors, d'abord, pour répondre à la question,
14:07ce qu'attend l'Afrique, je dirais,
14:08c'est la liberté de ses choix,
14:10comme d'ailleurs tous les pays
14:11qui entendent être et rester souverains
14:13et être sous la tutelle de personnes.
14:15La France, comme les pays européens,
14:17sont exactement dans la même situation.
14:18Donc, en réalité...
14:19La Russie et les Chinois,
14:20ils m'ont un petit peu différemment.
14:23Donc, ce qu'attend,
14:24c'est justement cette liberté des choix.
14:25Alors ensuite,
14:27sur le sommet,
14:28plus particulièrement,
14:29ce qui est intéressant de noter,
14:30d'abord, c'est le focus qui est fait,
14:32l'attention particulière qui est faite
14:33sur les questions économiques
14:35et sur le secteur privé.
14:36Je vous disais, en effet,
14:39je pars demain,
14:40il y aura à peu près 2000 entreprises
14:41qui sont attendues.
14:42Donc, ça montre bien
14:43ce changement de paradigme
14:45dont on parle.
14:46Deuxièmement...
14:47Et on va rappeler que vous êtes le patron
14:48pour l'Afrique du Business Europe.
14:50Donc, ça veut dire que vous êtes
14:51en première ligne.
14:52C'est ça.
14:53Alors, on a eu d'ailleurs,
14:54au niveau européen,
14:56en novembre dernier,
14:58à Luanda, en Angola,
14:59le septième sommet
15:00Union européenne,
15:01Union africaine,
15:03et là,
15:04qui avait mis, justement,
15:05pour la première fois,
15:06également,
15:06le secteur privé
15:07et les entreprises
15:09comme l'un des éléments clés
15:11du sommet.
15:11Donc, on voit bien
15:12qu'il y a une prise de conscience
15:13de ce changement de paradigme.
15:15Ensuite,
15:16sur le côté français,
15:18si vous voulez,
15:20le biais aussi
15:22qu'on peut avoir,
15:24en tout cas vu de Paris,
15:25c'est que
15:25Afrique égale
15:26Afrique subsaharienne francophone.
15:28Et ce n'est pas la même chose.
15:30L'Afrique subsaharienne francophone,
15:32c'est 14 pays.
15:33L'Afrique,
15:34c'est 54 pays.
15:35Donc,
15:36quand on dit
15:36les relations
15:37entre l'Afrique
15:39et la France
15:39sont mauvaises,
15:41c'est factuellement inexact,
15:42puisque il y a
15:43dans énormément de pays,
15:44je peux vous le dire
15:45pour le sillonner
15:46et y aller
15:48extrêmement régulièrement,
15:49quand vous êtes au Kenya,
15:51ce n'est même pas un sujet,
15:52en réalité.
15:52Quand vous êtes au Nigeria,
15:53c'est pareil.
15:54Quand vous êtes en Éthiopie,
15:54c'est pareil.
15:55Quand vous êtes en Afrique du Sud,
15:56c'est pareil.
15:57Donc,
15:57c'est cette distinction
15:58entre l'Afrique subsaharienne francophone
16:00et le reste du continent africain.
16:02On peut prendre des chiffres.
16:04Par exemple,
16:05la France
16:05est le deuxième exportateur
16:07et le deuxième investisseur
16:08en Angola.
16:10Grand pays,
16:10plus grand pays d'Afrique
16:11lusophone,
16:12de langue portugaise.
16:13Quand on regarde
16:14les quatre premiers
16:16partenaires commerciaux
16:17entre la France
16:17et des pays africains,
16:19les trois premiers
16:20sont d'Afrique anglophone
16:21et lusophone.
16:22Mais c'est intéressant,
16:22ça veut dire quelque chose,
16:23politiquement.
16:24Non,
16:25justement,
16:25il ne faut pas avoir
16:26une lecture politique
16:27parce que ça dépend
16:28tout simplement
16:28de la taille des économies.
16:29Est-ce que c'est la taille
16:30des économies
16:31ou c'est simplement
16:31parce que là,
16:32il n'y a pas un passé
16:34colonial ?
16:36C'est plutôt les Belchis
16:37qui ont un problème
16:37avec le Kenya
16:38que nous.
16:39Je ne pense pas
16:39qu'il faille avoir
16:41une lecture politique
16:42de ça.
16:43Tout simplement
16:43parce que quand vous avez...
16:44Est-ce qu'eux,
16:45ils l'ont ?
16:46Non.
16:46Parce que quand vous êtes...
16:47Le Nigeria,
16:48le Nigeria,
16:49c'est 240 millions d'habitants.
16:51C'est dingue.
16:52C'est un PIB
16:53qui est à peu près
16:54de 400 milliards.
16:55Vous n'avez pas
16:56le comparé
16:56avec un pays
16:58comme le Gabon,
17:00comme le Bénin,
17:01comme le Togo,
17:01pour prendre des exemples
17:02différents,
17:03qui ont entre 2,
17:043, 4 millions d'habitants
17:06et puis un PIB
17:07qui est inférieur
17:08à 10 milliards.
17:09Donc,
17:09en fait,
17:09c'est une question
17:10de volume.
17:10Il ne faut pas le voir
17:11justement avec une lunette
17:12politique,
17:13mais avec une lunette
17:14qui dépend de la taille
17:15des économies,
17:16des dynamiques.
17:17Ça ne veut pas dire
17:17encore une fois
17:18qu'il n'y a pas
17:18des difficultés
17:19et on les connaît tous.
17:21Mais c'est juste
17:22ne pas avoir,
17:23si vous voulez,
17:23ce biais déformant,
17:26cette lunette déformante
17:27pour mettre le zoom
17:28finalement sur
17:29des chiffres
17:30qui sont modestes
17:31et des difficultés
17:32qui sont élevées
17:33et à l'inverse,
17:34des chiffres
17:34qui sont importants
17:35en valeur
17:36comme en volume
17:37et pour lesquels
17:38il y a beaucoup
17:38moins de difficultés.
17:39Quand on regarde
17:40les principaux investisseurs,
17:41on vient de voir
17:42passer la carte,
17:43peut-être qu'on peut
17:43la remettre
17:44pour ceux qui nous regardent
17:45à la télévision.
17:46Les principaux investisseurs,
17:47c'est évidemment
17:48les Etats-Unis,
17:49de loin,
17:49j'imagine ?
17:50Non ?
17:51Non.
17:51C'est les Etats-Unis ?
17:53Non plus.
17:54Justement,
17:54là aussi,
17:55vous voyez,
17:55c'est intéressant.
17:56C'est ce que montre la carte,
17:57c'est pour ça que je m'appuie dessus,
17:58mais à tort visiblement.
18:00Les Etats-Unis,
18:02en réalité,
18:03sont un acteur
18:04qui sont
18:06clairement
18:06beaucoup moins importants
18:08que les
18:10comment dire,
18:12les autres acteurs
18:13à taille économique comparable.
18:15c'est-à-dire qu'on voit
18:15la taille,
18:16évidemment,
18:17de l'économie américaine,
18:19on pourrait s'attendre
18:20à ce qu'elle ait
18:20des flux commerciaux
18:21beaucoup plus importants.
18:22Pour donner juste un exemple
18:24pour nos...
18:25Et donc,
18:26quel est le premier ?
18:27Voilà.
18:27Quel est le premier,
18:28alors ?
18:28Donc, voilà.
18:29Donc, le premier,
18:30ça va être l'Union européenne,
18:30de très très loin,
18:31avec à peu près 450 milliards,
18:35pour parler en dollars,
18:36juste pour parler
18:37de la même unité
18:39de monnaie comparable.
18:41C'est à peu près,
18:42l'année dernière,
18:42c'est 450 milliards de dollars.
18:43Le deuxième,
18:44c'est la Chine,
18:45avec un peu moins
18:46de 350 milliards.
18:47Donc, il y a un différentiel
18:48de près de 100 milliards
18:48au bénéfice
18:49de l'Union européenne,
18:51avec par ailleurs
18:51des échanges
18:52qui sont beaucoup plus équilibrés
18:53que ceux qui existent
18:55avec la Chine.
18:58Le troisième,
18:59ça va être l'Inde,
19:01qui est en augmentation
19:03aussi sur les dernières années.
19:06Et les États-Unis,
19:07en réalité,
19:07sont à peu près
19:08au niveau de la France,
19:10très légèrement supérieurs.
19:12la France,
19:12c'est 65 milliards d'euros
19:15d'échanges commerciaux
19:16l'année dernière
19:17entre la France et...
19:20Et quels sont les secteurs,
19:23justement,
19:24où les Européens,
19:25les Français,
19:27sont bien placés ?
19:29Alors,
19:30si c'est les Français
19:31et les Européens,
19:32c'est pas tout à fait pareil.
19:33Oui, oui,
19:33c'est pour ça que j'ai pris
19:34une respiration
19:34entre les deux.
19:36Benoît Chervallier,
19:37c'était pour indiquer
19:38que c'est les deux
19:38qui nous intéressent.
19:40Oui.
19:41Alors,
19:42une des caractéristiques françaises,
19:44c'est justement
19:45sa assez grande diversité sectorielle.
19:48C'est-à-dire qu'on va trouver
19:49des opérateurs télécoms,
19:51comme Orange.
19:51Orange,
19:52très présents là-bas,
19:53évidemment.
19:54Très présents sur le continent.
19:55Et d'ailleurs,
19:55je fais une petite aparté
19:57qui est aussi présente
19:58sur le volet bancaire
20:00et monétaire.
20:01C'est-à-dire qu'on parle souvent
20:02de dire
20:02qu'il y a un retrait
20:04des banques françaises.
20:06En réalité,
20:06il faut beaucoup nuancer
20:07cet élément-là
20:08qui peut être très trompeur.
20:10C'est-à-dire que oui,
20:11c'est vrai qu'il y a eu
20:11des cessions de filiales
20:12dans un certain nombre de pays,
20:14mais qui n'est pas du tout
20:15un élément français,
20:16qui est en réalité
20:17toutes les banques internationales.
20:18Et toutes ces filiales
20:19ont été rachetées,
20:21non pas par d'autres banques
20:22internationales,
20:23pas plus qu'elles n'ont été
20:24rachetées par des banques chinoises,
20:26des banques indiennes,
20:27des banques turques.
20:27Elles ont uniquement été rachetées
20:29par des acteurs africains.
20:31Donc, c'est pas la même chose.
20:33Et deuxièmement,
20:34si on prend l'exemple d'Orange,
20:36Orange-Monnaie marche très très bien.
20:38Donc, là aussi,
20:39il faut une distinction.
20:41Oui, parce qu'en fait,
20:42je fais juste une petite...
20:43Je continue sur votre petite incise.
20:45Ce qui est intéressant,
20:46c'est de voir,
20:47j'en parlais justement
20:47avec un chef d'entreprise marocain,
20:52c'est qu'en fait,
20:53c'est des économies qui sont...
20:55C'est tellement grand.
20:56C'est des économies
20:57qui sont très basées
20:58sur le mobile,
20:59sur l'intelligence artificielle.
21:01À la limite,
21:02ils sont presque en train
21:02de nous devancer
21:03parce qu'ils ne sont pas passés
21:04par le cuivre et tout ça.
21:07C'est le fameux leapfrog.
21:08Oui, voilà.
21:09C'est-à-dire le saut
21:10qui fait qu'on ne passe pas
21:11par le téléphone fixe.
21:12Mais c'est vrai.
21:13Bien sûr.
21:14Je donne une petite anecdote
21:15d'ailleurs dans mon livre
21:17puisque ça fait à peu près
21:1815 ans que j'encède.
21:19J'ai eu un peu plus de 1000 étudiants.
21:20Oui, vous êtes enseignant
21:21à l'ESSEC.
21:22À l'ESSEC, voilà.
21:23J'ai créé une chaire,
21:24je dirige une chaire
21:25qui est business et industrie
21:27en Afrique
21:27qui est ciblée
21:28sur l'industrialisation
21:29et la transformation locale
21:31des économies.
21:32Et donc, ce qui est entré
21:34dans l'exemple que je donne
21:35avec ces étudiants
21:36d'origine et de nationalité
21:38très différentes.
21:39Donc, des Afriques
21:40mais également des Indiens,
21:42des Chinois, etc.
21:43Et donc, ce que je relate,
21:44c'est qu'il y a 15 ans,
21:45je ne parle pas de...
21:46Il y a 15 ans,
21:47la totalité ou la quasi-totalité
21:50de mes étudiants subsahariens
21:53à l'exception des Sud-Africains
21:56et des, on va dire,
21:58de l'Afrique du Nord
21:58qui ont un élément bancaire
22:00plus sophistiqué
22:02avait tous, payé tous
22:03par téléphonie mobile
22:05il y a 10 ans.
22:06Et j'en avais quasiment
22:07aucun de mes étudiants
22:08qui étaient européens,
22:10américains,
22:10qui payaient.
22:11Et les autres,
22:12c'était les Chinois
22:12qui étaient comme
22:13les subsahariens.
22:14Donc, c'est une bonne...
22:15Comment dire ?
22:15Un bon exemple
22:16que justement,
22:18quand vous n'avez pas
22:19un élément de sophistication,
22:21mais je préfère parler
22:21de sophistication,
22:23vous vous adaptez,
22:24vous innovez
22:25et c'est aussi deux caractéristiques
22:27que beaucoup d'économies
22:29du continent.
22:29Autre enjeu très important,
22:30c'est la question des terras.
22:32Vous l'avez mentionné
22:32en introduction.
22:35Là, ils ont une carte
22:36à jouer formidable.
22:39Est-ce qu'ils la jouent
22:40suffisamment ?
22:41Parce qu'on a vu
22:41les difficultés,
22:42parfois,
22:43toujours encore une fois,
22:43avec la France.
22:45Mais c'est...
22:47Comment est-ce que
22:48vous analysez,
22:49vous décrivez
22:51ce qui se passe là ?
22:53Oui.
22:53Alors, vous voyez,
22:54la loupe est un bon élément
22:56pour dire justement,
22:57ça dépend,
22:58l'effet loupe,
22:59donc l'effet agrandissant
23:01ou, au contraire,
23:01rétrécissant qu'on peut avoir.
23:03Donc, sur l'enjeu
23:05des terres rares
23:06et de manière plus globale
23:07des minerais,
23:08il est fondamental,
23:10je mentionnais la chaire
23:12à l'ESSEC à l'instant,
23:13il est fondamental
23:15parce qu'il permet en réalité
23:16d'atteindre deux choses.
23:17La première,
23:17c'est de sortir
23:18d'une économie,
23:20on va dire,
23:20d'extraction,
23:21une économie uniquement
23:23d'échange
23:24pour aller,
23:25de matière brute,
23:26pour aller vers
23:27une économie
23:28de transformation
23:29sur place.
23:30Alors, ça permet
23:31de générer de la richesse,
23:32bien sûr,
23:33ça permet de créer
23:34des emplois,
23:35directs et indirects,
23:36ça permet aussi
23:37de limiter l'empreinte,
23:40comment dire,
23:41carbone,
23:41puisque au lieu
23:42d'être envoyé
23:43à l'autre bout du monde,
23:44d'être transformé
23:45et de revenir
23:46et d'être transformé localement,
23:47c'est aussi un bénéfice
23:50environnemental.
23:51Et enfin,
23:51ça a aussi un impact
23:52géopolitique.
23:52Alors,
23:53je vais vous donner
23:53un exemple.
23:54Il y a quelques semaines,
23:55je me suis rendu
23:56dans la zone
23:57de Kenitra.
23:58Alors,
23:58Kenitra,
23:58c'est à peu près
23:59une heure de rabat.
24:01Il y a à peu près
24:015-6 ans,
24:02Kenitra,
24:03c'était
24:05des friches.
24:07Aujourd'hui,
24:08Stellantis
24:08a son usine là-bas
24:10qui produit
24:11535 000 véhicules,
24:12c'est la quatrième
24:13usine du groupe.
24:14Il y a 55 000 emplois
24:16directs et indirects
24:16qui ont été créés
24:17en l'espace de 5 ans.
24:18Et là,
24:19on voit bien
24:19qu'il y a cette transformation
24:20avec un écosystème.
24:21Premier producteur
24:22de jantes mondiales
24:23aussi qui est là-bas.
24:24Donc,
24:24c'est pour vous montrer
24:25que cette transformation locale,
24:27en réalité,
24:28c'est l'avenir
24:29et qui permet évidemment
24:30d'atteindre
24:31tous les objectifs
24:32que j'ai mentionnés.
24:33maintenant que lorsqu'on regarde
24:35les besoins
24:35à la transition écologique,
24:36je crois que c'était
24:37un chiffre de la Cobb 29
24:39qui disait
24:40que le coût annuel
24:41était de 1300 milliards de dollars
24:44pour cette transition écologique.
24:46Est-ce que là aussi,
24:47elle est passée un peu à l'as
24:48aujourd'hui
24:48avec le développement,
24:52la guerre en Iran,
24:53les détruits d'Hormoz ?
24:55Non, mais...
24:56On a un peu oublié,
24:57on l'a laissé de côté ?
24:58Je veux dire,
24:58ce qu'il faut comprendre,
25:00c'est que c'est à la fois
25:02une flexibilité
25:03et surtout
25:04de ne pas faire
25:04un copier-coller
25:05avec ce qui a fonctionné
25:07ou ce qui est réalisé
25:08dans d'autres économies,
25:09évidemment matures,
25:10mais même émergentes.
25:12C'est-à-dire que la solution
25:14des pays du continent africain,
25:16ce n'est pas la solution
25:17évidemment des pays européens,
25:18mais ce n'est pas non plus
25:19exactement la solution
25:20de, par exemple,
25:21du modèle
25:21que la Chine,
25:22le Vietnam
25:22ou l'Indonésie
25:23ont pu réaliser.
25:25Parce qu'il y a
25:27une singularité
25:28qui est propre
25:29et donc qui explique
25:30justement cette adaptation.
25:31Donc concrètement,
25:33quand je parle
25:33de transformation,
25:34il faut beaucoup d'énergie.
25:35Donc si vous voulez
25:36créer un barrage,
25:38ça ne se fait pas
25:38du jour au lendemain.
25:39Donc vous avez besoin,
25:40par exemple,
25:40de gaz liquéfié
25:41et donc vous assurez
25:42cette transition.
25:45Donc c'est cette agilité,
25:46cette flexibilité
25:47qu'il faut comprendre,
25:48nous partenaires,
25:49nous européens,
25:50pour dire que ce n'est pas
25:50nos modèles,
25:51entre guillemets,
25:52qui peuvent fonctionner
25:54chez nous,
25:55qui doivent être
25:55nécessairement
25:56totalement appliqués.
25:58Ça c'est sûr,
25:59c'est le moins
26:00qu'on puisse dire.
26:01En conclusion,
26:02Benoît Chavali,
26:02si vous aviez,
26:03je ne sais pas moi,
26:04deux conseils,
26:05un conseil à donner,
26:06vous avez dit,
26:07il y a 2000 chefs d'entreprise
26:08qui vont à ce sommet-là,
26:09ce week-end
26:10et lundi-mardi,
26:12c'est quoi pour faire
26:13du business en Afrique,
26:14vous qui êtes banquier d'affaires,
26:15c'est quoi ?
26:16C'est justement
26:17de prendre des lunettes différentes,
26:19le potentiel est énorme,
26:21on passe de 1,5 milliard
26:21à 2,5 milliards,
26:22donc il y a juste
26:231,5 milliard
26:23de consommateurs supplémentaires
26:26dans les 20 prochaines années,
26:27donc ça c'est un élément
26:28qui est juste factuel.
26:29On a parlé des terres
26:32des minerais,
26:33donc c'est un deuxième
26:33élément fondamental
26:34et donc ma conviction
26:35qui est,
26:36ma conviction aussi,
26:37c'est que ce que je sais,
26:39c'est que personne ne sait dire
26:40ce qui se passera
26:42dans 20 ans,
26:43mais c'est que les décisions
26:44qui sont prises aujourd'hui,
26:46dans 6 mois,
26:46dans 1 an,
26:47dans 2 ans,
26:47dans 3 ans,
26:48vont déterminer la trajectoire
26:49des 15 à 20 prochaines années
26:50et donc c'est pour ça
26:51qu'il faut comprendre
26:54et en fait,
26:56comprendre cette évolution
26:58extraordinairement rapide
27:00et cet enthousiasme
27:02puisque finalement,
27:03c'est de ça dont il s'agit.
27:04En tout cas,
27:04voilà,
27:05c'est le sommet Africa Forward,
27:08Africa,
27:09le sommet France et Afrique
27:10avec Emmanuel Macron
27:11qui sera là-bas
27:12et vous,
27:12puisque vous avez retardé
27:14votre avion
27:15pour être avec nous.
27:16Merci beaucoup Benoît Chirvalier.
27:18Je rappelle que vous publiez
27:19ce qu'attend l'Afrique,
27:21ressources locales,
27:22tension mondiale
27:23dans ces formidables éditions
27:24de l'eau.
27:25Merci d'avoir été avec nous
27:26dans un instant
27:27pour nous aider encore
27:28à décrypter ce qui se passe
27:29aux deux excellents économistes.
27:31Nicolas Bouzou,
27:32président du cabinet
27:33du conseil Asterès
27:34et puis Sylvain Catherine
27:35qui était en direct
27:36de New York.
27:37Il est professeur assistant
27:38de finance
27:39à la Wharton School
27:40mais ce qu'il écrit
27:41et ce qu'il publie en France
27:42fait toujours le buzz
27:44comme on dit.
27:44A tout de suite.
27:46BFM Business
27:47et la Tribune
27:47présente
27:50le 18-19
27:52d'Edwish Chevrillon.
27:56Retour dans le 18-19
27:58allez, je vais me lancer
27:59deux des meilleurs économistes
28:01bien sûr
28:01qui sont avec nous.
28:02On a cette chance.
28:03Bonsoir Nicolas Bouzou.
28:04Bonsoir Édwish.
28:04Merci d'être là.
28:06Avec plaisir.
28:06Vous êtes le directeur,
28:07fondateur, président
28:08du cabinet de conseil Asterès.
28:10Vous avez publié
28:11dans de nombreuses publications
28:13et puis avec vous
28:14il est aussi
28:15en tous les cas
28:15presque on va dire
28:16un des plus redoutés
28:17parce qu'il a une plume
28:18très acérée.
28:19Sylvain Catherine
28:20qui est économiste,
28:21professeur assistant
28:21de finance
28:22à la Wharton School
28:23en direct de Philadelphie.
28:25Merci Sylvain Catherine
28:26d'être avec nous.
28:28Beaucoup de questions
28:28parce que nous
28:29on connaît le côté européen
28:31français.
28:32Même si vous écrivez
28:33sur la France
28:34vous avez forcément
28:35une vision
28:36de ce qui se passe
28:37aux Etats-Unis.
28:39Moi la première question
28:41après il y a plein
28:41d'autres questions
28:42on dit qu'il y a
28:43peut-être un accord temporaire.
28:45Qu'est-ce qui se passe ?
28:45Immédiatement
28:46on voit que le baril
28:49plonge
28:49et puis il va remonter
28:50une fois que ce soir
28:51Donald Trump
28:52sera réveillé
28:52et dira
28:53maintenant finalement
28:54ce n'est pas suffisant.
28:55Est-ce qu'on n'est pas devenu
28:56un peu une économie
28:56de yo-yo ?
28:57Je commence par vous
28:57Nicolas Bouzou
28:58après on partira
29:00à Villadilphi.
29:01L'économie non
29:02mais les marchés oui.
29:03C'est très frappant
29:04quand même de voir
29:04à quel point je trouve
29:05les marchés
29:06qu'il s'agisse
29:07de marchés de matière
29:07première
29:08des marchés actions
29:09des marchés obligataires
29:10aussi dans une moindre mesure
29:11en fait prennent
29:13les déclarations
29:14du président Trump
29:15et de l'administration Trump
29:16vraiment au premier degré.
29:18C'est-à-dire que
29:18s'il annonce
29:19en effet
29:20un accord
29:21merveilleux
29:22fantastique
29:22comme il sait le faire
29:23dans son vocabulaire
29:24même si on sait bien
29:25que la crédibilité
29:25est quand même très faible
29:27ça va faire exploser
29:28les marchés actions
29:29qui vont prendre 3%
29:30le prix du baril
29:31va diminuer
29:32de 8%
29:33et puis l'inverse
29:34les choses vont se passer
29:36dans l'autre sens.
29:37C'est la raison
29:37pour laquelle
29:37je pense qu'il faut
29:39vraiment
29:39prendre beaucoup de recul
29:41par rapport
29:41au mouvement de marché
29:42il faut prendre
29:43beaucoup de recul
29:43par rapport
29:45aux annonces
29:46du président Trump
29:47et de son administration
29:48et pour les dirigeants
29:50d'entreprises
29:51qui peuvent être
29:51un peu perdus
29:52essayer vraiment
29:53de voir
29:53les grandes tendances
29:55et les grandes tendances
29:56on les connaît
29:56c'est une géopolitisation
29:58de l'économie
29:58c'est le fait que
29:59le coût de la mondialisation
30:01le coût de la logistique
30:02dans le monde
30:02y compris les coûts
30:04d'assurance
30:04augmentent
30:05c'est le fait que
30:06on a aujourd'hui
30:07des changements
30:08très importants
30:08qui sont liés aux technologies
30:09avec des changements
30:10sur la productivité
30:11vous voyez ce que je veux dire
30:12l'idée c'est vraiment
30:13d'arriver à déceler
30:14les grandes tendances
30:15en se déconnectant un peu
30:16des annonces au jour le jour
30:18Sylvain Catherine
30:18vous quel est votre
30:19j'imagine que vous n'êtes pas
30:20très très éloigné
30:21de ce que vient de dire
30:21Nicolas Bouzou
30:22en même temps
30:23on se demande
30:24et peut-être la question
30:25se pose aux Etats-Unis
30:26c'est que
30:27plus que chez nous
30:28est-ce que Donald Trump
30:29ne joue pas
30:30et ne fait pas fortune
30:31avec les évolutions
30:32des marchés
30:33des marchés d'action
30:34et des marchés pétroliers
30:36oui évidemment
30:37c'est une question
30:37qui se pose ici
30:40j'allais dire
30:40qu'en fait la dynamique
30:41elle est compliquée
30:42parce qu'à la fois
30:43les marchés sont très réactifs
30:45aux discours politiques
30:46et en particulier
30:47de Donald Trump
30:48et en même temps
30:49Donald Trump
30:50est très réactif
30:51à l'évolution des marchés
30:53pour lui
30:54c'est un vrai problème
30:56si les marchés tombent
30:57en termes d'élections
31:00à la fin de l'année
31:03Quel est le climat
31:04là-bas
31:04puisque vous êtes
31:06à la Western School
31:07quel est un peu
31:08le climat
31:08est-ce que c'est
31:09aussi négatif
31:10vis-à-vis de Trump
31:11que nous
31:12ce qu'on estime ici
31:13je ne sais pas
31:14quel est votre
31:15point de vue
31:19Mon point de vue
31:20il est probablement
31:21assez biaisé
31:22parce que les Etats-Unis
31:23sont une nation
31:24assez divisée
31:27après c'est vrai
31:27que Donald Trump
31:28a été élu
31:31en partie
31:31sur le pouvoir d'achat
31:33et en particulier
31:34sur l'inflation
31:36et donc là
31:37effectivement
31:37avec l'augmentation
31:38du prix du baril
31:39ça a une implication
31:40aussi sur
31:41les prix
31:43les prix du fuel
31:45et donc
31:46les Américains
31:47ils ont leur gros
31:48pick-up
31:48il faut que
31:50le prix de l'essence
31:51soit relativement faible
31:52Mais il y a une colère
31:53qui gronde
31:53justement
31:54sur la question
31:54du pouvoir d'achat
31:55nous on sent bien
31:56en France
31:56n'est-ce pas Nicolas
31:57en France
31:58que c'est en train
31:59encore de monter
32:01malgré les déclarations
32:02du Premier ministre
32:03Sébastien Lecornu
32:04est-ce que
32:04chez vous
32:05est-ce qu'aux Etats-Unis
32:06est-ce qu'il y a
32:07un peu cette colère
32:08de ceux qui ont élu
32:10Donald Trump
32:12Oui alors
32:13il y a deux facteurs
32:13en fait
32:14d'inflation ici
32:15l'un c'est effectivement
32:17de façon plus
32:18conjoncturelle
32:19la guerre en Iran
32:20et il y a aussi
32:21depuis l'an dernier
32:23les tarifs douaniers
32:24qui sont répercutés
32:25en partie sur
32:26les consommateurs
32:27comme la théorie économique
32:29le prédirait
32:30et donc effectivement
32:31c'est un problème
32:32c'est un problème électoral
32:34après je pense que
32:35politiquement
32:35ce que l'administration
32:37Trump essaie de faire
32:38c'est de créer
32:39une légacy
32:40comme on dirait
32:41ici
32:42c'est-à-dire de trouver
32:42quelque chose
32:43qui restera dans
32:44les manuels d'histoire
32:45et que Trump aurait fait
32:47Est-ce qu'on va vers
32:49une vraie crise mondiale
32:51vous estimez
32:51Nicolas Bouzou ?
32:53Alors en fait
32:54Alors on parle ce soir
32:55Bien sûr
32:56comme je vous disais
32:57la grande nouveauté
32:57en fait de ces quatre
32:58dernières années
32:59depuis l'invasion
33:00de l'Ukraine par la Russie
33:01c'est le fait que l'économie
33:02est soumise
33:03à la géopolitique
33:04c'était pas le cas avant
33:05moi la première grande crise
33:06que j'ai connue
33:07depuis que je suis dans
33:08le débat public
33:08c'était la crise de 2008
33:09c'était une crise
33:10complètement endogène
33:11à l'économie
33:11là c'est pas le cas
33:13du tout
33:13donc on est entré
33:15dans une économie
33:16soumise à cette géopolitique
33:17et donc par nature
33:19radicalement imprévisible
33:20alors qu'est-ce que ça veut dire
33:21de façon concrète
33:22ça veut dire que
33:22si je me projette
33:23à octobre ou novembre
33:24le prix du baril de pétrole
33:26il peut être à 160 dollars
33:27il peut être à 60 dollars
33:28parce qu'en réalité
33:29on l'oublie
33:30mais avant la guerre en Iran
33:33il y avait énormément
33:33de pétrole
33:34enfin il y a toujours
33:35d'ailleurs beaucoup de pétrole
33:36sauf qu'il est bloqué
33:36il ne circule pas
33:37mais la production de pétrole
33:38elle est potentiellement
33:39très élevée
33:40alors cela dit
33:41pour quand même
33:42vous donner une réponse
33:44qui soit plus satisfaisante
33:45que tout peut arriver
33:46je ne sais pas
33:47moi je suis quand même
33:49et c'est assez rare
33:51on se connaît depuis longtemps
33:52là je suis quand même
33:53un peu inquiet
33:53parce que je ne vois pas
33:54au fond
33:55le chemin
33:56le process de réouverture
33:58du détroit d'Hormuz
33:58si vous voulez
33:59c'est pas clair
34:00et tant que ça reste bloqué
34:01on va faire face
34:02non seulement
34:03à des augmentations de prix
34:04mais qui vont se propager
34:06de proche en proche
34:08dans l'économie
34:09je vous donne un exemple
34:10très concret
34:10parce que les gens aussi
34:11ont besoin de choses
34:12très concrètes
34:12prenez les sacs poubelle
34:14par exemple
34:14les sacs poubelle
34:15non mais les sacs poubelle
34:16c'est fait avec du pétrole
34:17qui transite en théorie
34:18par le détroit d'Hormuz
34:19tout le monde en achète
34:21les billets d'avion
34:22tout le monde n'en achète pas
34:22ça augmente beaucoup
34:23mais tout le monde
34:23et donc voilà
34:24ça typiquement
34:25c'est un prix qui risque
34:26de beaucoup augmenter
34:27ces prochaines semaines
34:28donc je suis inquiet
34:30quant à l'inflation
34:31mais surtout inquiet
34:32quant à la croissance
34:33bien évidemment
34:34parce que je ne vois pas
34:35le chemin
34:36et parce que l'administration
34:37Trump
34:37au fond a perdu
34:39toute crédibilité
34:40dans les annonces
34:40qu'elle peut faire
34:42Sylvain Catherine
34:42est-ce que vous
34:43on voit derrière vous
34:44on voit des petits schémas
34:46ça monte
34:46il y a une bosse
34:47et tout
34:47j'ai l'impression
34:48de me retrouver
34:48dans les cours d'économie
34:50est-ce que vous partagez
34:51l'inquiétude
34:52de Nicolas Bouzou ?
34:54L'inquiétude
34:55oui
34:56c'est-à-dire qu'effectivement
34:57il y a beaucoup
34:58d'incertitudes
34:58en fait
34:59sur les prochaines années
35:01après il se passe
35:02deux choses en même temps
35:03donc effectivement
35:04Nicolas a évoqué
35:05l'instabilité géopolitique
35:08mais s'il y a
35:09une crise mondiale
35:10les marchés financiers
35:11ne sont pas du tout
35:11au courant en tout cas
35:12parce qu'on est à des niveaux
35:13de valorisation
35:13qui sont très élevés
35:16et donc en fait
35:16il se passe autre chose
35:17et l'autre chose
35:18évidemment c'est
35:19la révolution
35:21réelle ou hypothétique
35:22de l'intelligence artificielle
35:24la croissance américaine
35:25est largement tirée
35:26par des investissements
35:27qui se comptent
35:30en centaines
35:30de milliards de dollars
35:31juste pour les plus grandes boîtes
35:33qui annoncent
35:34effectivement
35:35leur investissement annuel
35:36et donc la vraie question
35:38au-delà
35:39de la question géopolitique
35:40est est-ce que
35:41en fait
35:41toutes les promesses
35:43de l'intelligence artificielle
35:45vont se matérialiser
35:46et l'avenir
35:48à la fois
35:48des marchés boursiers
35:49mais aussi
35:49de la dette américaine
35:50par exemple
35:53dépend structurellement
35:54de la réponse
35:55à cette question
35:56d'accord
35:56donc finalement
35:57moins de la guerre
35:58de l'Iran
35:58donc il y a
35:59des tendances structurelles
36:01qui sont tellement fortes
36:03en ce moment
36:03que du coup
36:04c'est ça qui porte
36:05les marchés
36:06absolument
36:07alors je vais essayer
36:07de prendre un risque
36:10pour le coup
36:11en matière de prévision
36:12en fait je pense
36:14que les deux sont
36:15moi je fais partie
36:15de ceux
36:16qui pensent
36:16mais au regard
36:17de l'histoire
36:17parce que
36:20la révolution industrielle
36:21de l'IA
36:22de la robotique
36:24des biotech
36:25demain
36:26ou après demain
36:27du quantique
36:27elle va tenir
36:28ses promesses
36:29et qu'elle va générer
36:30des gains de productivité
36:31et de la croissance
36:32de façon vraiment
36:33très très importante
36:34et complètement sous-estimée
36:36par les observateurs
36:37en revanche
36:38je pense que
36:39le timing
36:39de la crise géopolitique
36:41et des effets positifs
36:42de cette révolution industrielle
36:43c'est pas le même
36:45c'est là où les marchés
36:46peut-être se trompent un peu
36:47ou sont exagérément optimistes
36:48c'est-à-dire que
36:49la crise géopolitique
36:50c'est maintenant
36:51et on n'en voit pas la sortie
36:53les gains de productivité
36:55l'accélération
36:55des gains de productivité
36:57même si on commence
36:58à les voir un tout petit peu
36:58dans les statistiques
36:59notamment aux Etats-Unis
37:00mais le gros
37:01de ces gains de productivité
37:02et donc
37:03la croissance
37:04et l'impact
37:05sur les profits
37:05etc
37:06ça reste quand même
37:08à l'horizon
37:08de quelques années
37:09donc il me semble
37:11quand même
37:11y compris du point de vue
37:12des marchés
37:13qu'on peut craindre
37:14un ajustement
37:15à la baisse
37:16ce qui n'est pas grave
37:17d'ailleurs
37:17je veux dire
37:18dans toutes les grandes
37:20révolutions technologiques
37:22Sylvain connaît ça
37:23par cœur aussi
37:23mais enfin
37:24les chemins de fer
37:24l'électricité
37:25il y a toujours
37:26des montagnes russes
37:28sur les marchés
37:29qui ne remettent pas
37:29en cause
37:30le fait
37:30qu'il s'agit bien
37:30de révolutions
37:32industrielles
37:33mais je pense
37:33que les effets
37:34positifs
37:35massifs
37:35sur l'économie réelle
37:36c'est pas
37:38pour le deuxième
37:39semestre
37:402026
37:40d'accord
37:41Sylvain Catherine
37:42qu'est-ce qu'il s'en pense
37:43il a raison
37:44il a tort
37:45ce qui pousse
37:45l'économie
37:46en ce moment
37:46c'est pas directement
37:47les gains de productivité
37:48qui en sont attendus
37:49mais c'est l'investissement
37:50qui est réalisé immédiatement
37:52oui
37:52mais en même temps
37:53lorsqu'on voit
37:54tout ce qui est
37:55l'argent
37:55le flot
37:56c'est même plus un flot
37:57je ne sais plus ce que ça
37:57mais d'argent
37:58qui est déversé
37:59à Wall Street
38:00sur les boîtes de tech
38:01certains disent
38:02que c'est devenu
38:03c'est devenu
38:05enfin c'est-à-dire
38:05ça va craquer
38:06ça va exploser
38:06c'est pas possible
38:07vous savez
38:11il y a une règle
38:11pour les économistes
38:12c'est de jamais
38:13prédire
38:14si une bulle
38:14va éclater ou pas
38:15je vais m'en tenir là
38:17non ça c'est un joker
38:18c'est pas honnête
38:19Sylvain Catherine
38:20Nicolas Mouzou
38:21vous allez pas me faire le coup
38:22vous aussi
38:22non
38:25moi je pense que
38:27chaque révolution technologique
38:28génère sa bulle
38:30pour une raison simple
38:31c'est qu'en fait
38:32on a beaucoup de mal
38:33à évaluer
38:33la valorisation
38:35des entreprises
38:35aujourd'hui
38:36vous regardez
38:36les boîtes de l'IA
38:37en réalité
38:38elles perdent toutes
38:38de l'argent
38:38c'est ça la vérité
38:40donc c'est très difficile
38:41de savoir
38:41qui va en gagner demain
38:42comment vont évoluer
38:43les parts de marché
38:44quels seront les business
38:45d'elle
38:45et donc les marchés
38:46commettent forcément
38:47plein d'erreurs
38:48donc après on peut discuter
38:49du terme de bulle
38:50mais enfin bon
38:50si on fait des raccourcis
38:52oui il y a une bulle
38:53oui elle va éclater
38:54et j'ajouterais
38:55ça n'est pas du tout
38:55un problème
38:56c'est même d'ailleurs
38:57plutôt une bonne nouvelle
38:58parce que vous avez
38:58plein d'entreprises
39:00qui sont super
39:01qui en fait vont voir
39:02leur valorisation
39:03s'écrouler
39:04et que des entreprises
39:05plus grosses
39:06extrêmement riches
39:07etc
39:07vont pouvoir racheter
39:09donc ça je dirais
39:11que ça fait partie
39:11de l'histoire
39:12que c'est devant nous
39:13et que vous allez voir
39:15que quand la bulle
39:16aura éclaté
39:17il y a plein d'observateurs
39:18qui vont dire
39:18ah vous l'avez bien dit
39:19en fait la révolution
39:20de l'IA
39:21c'était de la poudre aux yeux
39:22c'est pas vrai
39:22non c'est parfaitement vrai
39:24Sylvain, Catherine
39:25on va commencer
39:26après Nicolas
39:28récession ou pas
39:29à court ou moyen terme
39:31ou stagflation
39:33ou croissance ?
39:36dans le monde
39:36ou en Europe ?
39:37dans le monde
39:38et en Europe
39:39et en France
39:42dans le monde
39:43en général
39:43et en particulier
39:44aux Etats-Unis
39:44ça dépend vraiment
39:45de ce dont on vient de parler
39:46d'accord
39:47donc effectivement
39:48si
39:48en ce moment
39:50la croissance
39:50elle est vraiment portée
39:51par l'investissement
39:52dans l'intelligence artificielle
39:54et donc
39:54s'il y a une bulle
39:55et qu'elle éclate
39:56la situation
39:57va très rapidement
39:58se retourner
39:58et la question
40:00des finances publiques américaines
40:01va se poser
40:01très sérieusement
40:03en Europe
40:04je pense qu'on est
40:05et en particulier
40:06en France
40:07on est devant
40:07une période
40:08de stagnation
40:08tant qu'on n'a pas
40:11résolu
40:12la question budgétaire
40:14les agents
40:15vont être attentifs
40:16et ne vont pas
40:17prendre l'initiative
40:18l'investissement
40:19va rester bas
40:20et donc
40:21on va
40:21stagner
40:22on va revenir
40:23sur ce point là
40:24parce que vous avez
40:24publié une tribune
40:26très intéressante
40:27je crois que c'était
40:27fin avril
40:28sur l'irresponsabilité
40:30budgétaire
40:31qui expose la France
40:32aux turbulences mondiales
40:33un peu plus
40:34que les autres pays
40:35notamment
40:36européens
40:37juste pour répondre
40:37à la question
40:38vous êtes quoi
40:39vous êtes récessif
40:41vous êtes
40:42stagflaship
40:43vous êtes
40:43stagflation non
40:44parce que stagflation
40:45pour qu'il y ait
40:46vraiment de l'inflation
40:47il faudrait qu'il y ait
40:47un processus
40:48auto-entretenu
40:49c'est à dire
40:49que les hausses de prix
40:50entraînent des hausses de salaire
40:51qui entraînent des hausses de prix
40:52etc
40:52là on va se prendre
40:53on s'est déjà pris
40:54vers 17
40:54on va passer à 2
40:55je parle pour la France
40:57cette fois-ci
40:57Sylvain Catherine
40:58il y a une hausse des prix
40:58qui est extrêmement
41:00pénible
41:01évidemment
41:02pour nos concitoyens
41:03mais je ne pense pas
41:04qu'il y ait de l'inflation
41:04au sens où
41:05c'est pas le grand retour
41:06de l'inflation
41:07ça je ne crois absolument pas
41:08en revanche
41:09qui est donc
41:10cette hausse des prix
41:11et un ralentissement
41:12de la croissance
41:12oui
41:13pour faire le lien
41:14avec peut-être
41:14ce dont on va parler
41:15et l'article de Sylvain
41:17quand même
41:17l'un des grands sujets
41:18auquel on devrait réfléchir
41:19c'est que
41:21le Covid
41:21on avait encore
41:22des moyens budgétaires
41:23pour absorber la crise
41:26le choc
41:27la crise énergétique
41:28liée à l'invasion de l'Ukraine
41:29on avait encore
41:30ou en tout cas
41:30on a pensé
41:31qu'on avait encore
41:31des moyens budgétaires
41:32qui nous permettaient
41:33d'aider les uns et les autres
41:34les ménages et les entreprises
41:35pendant la crise
41:36là le gouvernement
41:37et à mon avis
41:38il a mille fois raison
41:39considère qu'on n'a pas d'argent
41:40il n'y a pas d'argent magique
41:42vient de déclarer
41:42et donc cette énorme pilule
41:43de la hausse des prix
41:43et de la baisse de l'activité
41:44on doit l'avaler tout rond
41:46comme un gros cachet
41:47qu'on doit avaler tout rond
41:48je considère que le gouvernement
41:50au fond
41:50que fait le gouvernement
41:51il radine
41:52donne le moins possible
41:53aux agriculteurs
41:54le moins possible
41:56aux routiers
41:56le moins possible
41:57aux poussières
41:57mais je soutiens à fond
41:59il a raison
42:00surtout que quoi qu'il en coûte
42:02aujourd'hui
42:02il est payé par Total
42:03Total Energy
42:04en fait c'est ça
42:05et finalement l'arrangement
42:06tout le monde critique
42:07Total Energy
42:08en disant
42:09ils font des super profits
42:10etc
42:10bon moi
42:11au-delà du fait que je suis ravi
42:12qu'une entreprise
42:12fasse des super profits
42:13je trouve que c'est une super nouvelle
42:14mais je trouve que finalement
42:15le deal qui a été trouvé
42:16avec Total
42:17c'est-à-dire
42:18tu fais tes profits
42:20et en revanche
42:21tu limites les prix à la pompe
42:22je pense que c'est très bien
42:23en fait
42:24Sylvain Catherine
42:25on a fait allusion
42:26à cette tribune
42:26que vous avez publiée
42:27où vous parlez
42:28de cette irresponsabilité
42:29budgétaire française
42:30et en fait
42:31ce qui est intéressant derrière
42:32c'est que vous dites
42:33que finalement
42:34on est plus exposé
42:35si jamais il y a
42:37les taux d'intérêt
42:38qui sont de plus en plus tendus
42:42la France sera plus pénalisée
42:45que les autres
42:45parce que justement
42:46il y a toujours
42:47cette épée de Damoclès
42:48sur notre capacité
42:49à rembourser
42:50expliquez-nous
42:52en fait le stock de dette
42:54actuellement
42:54il est assez élevé
42:55mais la charge de la dette
42:56une fois qu'on retranche
42:58en fait
42:58le fait qu'elle se déprécie
42:59avec l'inflation
43:01elle est assez
43:04modeste
43:04dans le sens
43:05où en fait
43:05on a emprunté
43:06il y a quelques années
43:07quand les taux étaient faibles
43:10aujourd'hui
43:11les taux sont nettement
43:11plus élevés
43:13mais on n'en ressent pas
43:14encore le coût
43:15intégralement
43:16parce qu'en fait
43:18le taux va se mettre à jour
43:19au fur et à mesure
43:20qu'on refinance cette dette
43:21qu'elle arrive à échéance
43:23et donc
43:23on est déjà
43:24sur une trajectoire
43:25qui
43:25juste du fait
43:26du roulement de la dette
43:27va augmenter
43:28la charge de ses intérêts
43:29et va compliquer
43:30encore davantage
43:32la situation budgétaire
43:34et donc
43:36Et donc
43:37il va falloir faire
43:38des coupes
43:38assez dures
43:41dans les 5-10 prochaines années
43:43et je ne crois pas vraiment
43:44que le débat politique
43:45en fait
43:45il soit préparé
43:46Non ça
43:47on vous le confirme
43:47On parle de retraite
43:48à 62 ans
43:49ce genre de choses
43:50ça n'a pas vraiment de sens
43:51Oui
43:51mais en même temps
43:52j'en profite pour dire
43:53tiens je recevrai
43:54le chief économiste
43:56du FMI
43:57il viendra
43:58le 8 juin
43:59juste avant
43:59le sommet
44:00du G7
44:01ça serait intéressant
44:02de voir quelle est la position
44:03et les préconisations
44:05du FMI
44:07Nicolas Bouzou
44:07est-ce que pour vous
44:09le fait
44:10on a l'impression
44:11en écoutant Sylvain et Catherine
44:12que la charge de la dette
44:15n'est pas si élevée que ça
44:15mais en fait
44:16elle est très très élevée
44:17Ce que dit Sylvain
44:18il a complètement raison
44:19c'est qu'en fait
44:20on est passé d'un contexte
44:21où les taux d'intérêt
44:22étaient nuls
44:23il y a 4 à 5 ans
44:24à un contexte
44:25où les taux d'intérêt
44:26vont doucement
44:27pour la dette à 10 ans
44:27on va doucement
44:28tranquillement vers les 4%
44:29et ça évidemment
44:31c'est quelque chose
44:32qu'on va payer
44:32ces prochaines années
44:33en réalité
44:34puisque aujourd'hui
44:35on s'endette à 4%
44:36les taux ne vont pas diminuer
44:38et donc
44:38au fur et à mesure
44:40année après année
44:41on va considérablement
44:43augmenter
44:43la charge de la dette
44:44et là aussi
44:45je suis tout
44:46désolé
44:47c'est pas très télévisuel
44:48d'être complètement d'accord
44:48mais je suis
44:50ou radiophonique
44:51mais complètement
44:52Sylvain
44:52quand il explique
44:53que cette question
44:54aujourd'hui
44:55n'est pas du tout
44:56prise au sérieux
44:56on n'en parle pas
44:57je vous donne un exemple
44:58très concret
44:58qui aujourd'hui
45:00s'émeut du fait
45:01que le déficit
45:01de l'assurance maladie
45:02je parle même pas
45:03de la protection sociale
45:04de la simple assurance maladie
45:06sera compris cette année
45:07entre 15 et 20 milliards d'euros
45:09et pareil
45:09l'année prochaine
45:11pour quelle raison ?
45:14Oui bien sûr
45:15Thomas Fatou
45:16qui a parfaitement raison
45:17mais il n'y a aucune raison
45:18il n'y a pas eu de Covid
45:19il n'y a pas eu d'épidémie
45:20il n'y a pas eu de récession
45:21il n'y a pas eu d'augmentation
45:22du chômage
45:23il ne s'est absolument
45:24rien passé cette année
45:25qui justifie le fait
45:27que l'assurance maladie
45:28qui n'a aucune raison
45:29intellectuellement
45:30il n'y a aucune raison
45:30que cette branche
45:31soit en déficit
45:32elle est en déficit
45:33de 15 ou 20 milliards
45:33mais ça n'est absolument pas
45:37un sujet
45:37personne n'en parle
45:38et là
45:39on prend de très gros risques
45:41pour l'avenir de notre pays
45:42D'accord
45:44Sylvain Catherine
45:45pour vous
45:47quand vous dites
45:48il faut des réformes
45:49vous voyez bien
45:50c'est déjà parti
45:52la campagne présidentielle
45:53vous voyez bien
45:54qu'on n'est pas parti
45:55pour faire des grandes économies
45:57si vous aviez
45:57des grandes réformes
45:58si vous aviez
45:59une réforme
46:00qui permettrait
46:01à la France
46:01de mieux s'en sortir
46:02ça serait quoi ?
46:04Ce serait une grande réforme
46:06des retraites
46:06probablement
46:07basée sur des comptes notionnels
46:09peut-être un système
46:10un point
46:11c'est moins idéal
46:12mais essentiellement
46:14il faut résoudre
46:15ce problème là
46:16et ça a à la fois
46:18l'effet de résoudre
46:19la question du déficit
46:20dit caché
46:21illisible
46:22qu'importe
46:23de la question
46:24des retraites
46:26et en même temps
46:27d'admettre
46:28qu'il va falloir
46:29étendre
46:30la durée du travail
46:32au cours de la vie
46:33et ça
46:34ça représente
46:35le double
46:36de l'effet
46:37sur les retraites
46:38c'est-à-dire que
46:38quand vous ajoutez
46:39une, deux
46:40ou trois ans
46:41d'année de travail
46:42l'effet
46:43sur le budget
46:44de l'État
46:44il est deux fois
46:45plus gros
46:45que l'effet
46:46sur l'effet
46:47des retraites
46:47parce que vous avez
46:48des rentrées
46:49qui sont liées
46:50à la production
46:51des rentrées
46:52de TVA
46:53des rentrées
46:53d'impôts
46:54sur les sociétés
46:54des rentrées
46:55de cotisations
46:56maladie
46:57et donc en fait
46:58c'est là
46:59qu'à court terme
47:00on peut avoir
47:01un effet
47:01à long terme
47:02il faut relancer
47:03la croissance
47:03et sur le financement
47:06comme ça
47:07c'est une question
47:07que je vous poserai
47:07Nicolas bien sûr
47:08sur le financement
47:11justement
47:11des retraites
47:12de l'État-providence
47:13qu'est-ce que vous voyez
47:15parce que là
47:15on voit bien
47:16qu'il y a une poussée
47:17quand même
47:18des Français
47:19qui en ont marre
47:19d'être mal payés
47:20et qu'il faut
47:22un rapprochement
47:23de la feuille
47:24de paye brute
47:25de ce qu'on retire
47:27net sur son compte
47:28en banque
47:28comment est-ce que
47:29vous voyez
47:30ces cotisations sociales
47:32comment on peut
47:32financer
47:33comment on peut
47:34peut-être déplacer
47:35le coût
47:36de cet état-providence
47:43Sylvain Catherine
47:44vous m'entendez
47:45c'était pour vous
47:47la question
47:48je pense qu'il faut
47:49revenir un peu
47:49aux origines
47:50c'est-à-dire qu'à la fin
47:51de la seconde guerre mondiale
47:52on avait une population âgée
47:53qui était très pauvre
47:54on avait des bras
47:55en très grande quantité
47:56et donc on a fait porter
47:57tout ça sur le travail
47:59aujourd'hui
47:59la situation
48:00elle est très différente
48:01juste dans
48:02dans les 30 dernières années
48:04la cohorte
48:05la plus riche
48:06est passée
48:07de 54 ans
48:08à 73 ans
48:10actuellement
48:10on est une situation
48:11où en fait
48:12quand on part
48:13à la retraite
48:13on cesse
48:14de contribuer
48:15à l'état-providence
48:17mais par exemple
48:18dans le cas
48:18de l'assurance maladie
48:19il n'y a aucune
48:20raison idéologique
48:21que ce soit
48:23portée exclusivement
48:24par les travailleurs
48:25enfin pas exclusivement
48:26il y a la CSG
48:27mais que ce soit
48:27disproportionnellement
48:28portée par les travailleurs
48:30et pas par les retraités
48:32donc vous pourrez
48:33par exemple
48:33basculer
48:34les cotisations retraite
48:35vers une taxe
48:37sur le foncier
48:38vers la TVA
48:40vers une CSG
48:41histoire de rééquilibrer
48:43un peu
48:43ce déséquilibre
48:46entre la population
48:47retraite
48:47et la population active
48:48Nicolas Bouzou
48:49vous c'est quoi
48:50votre recette magique
48:52si vous en avez une ?
48:54Oui
48:54non j'ai certainement
48:55pas de recette magique
48:55mais je pense en tout cas
48:56que la question du financement
48:58qui est vraiment
48:58un serpent
48:59et ce sujet
49:00dont vous parlez
49:00du rapprochement
49:01du salaire brut
49:01du salaire net
49:02qui est une idée
49:03qui a toujours été
49:04très à la mode
49:04notamment à droite
49:05Oui mais on reconnaissait
49:05que maintenant
49:06ça monte
49:07Oui oui mais ça monte
49:08ça monte
49:08parce que
49:09ça monte aussi
49:10parce que c'est un peu
49:10un sujet facile
49:11mais en réalité
49:13je pense que
49:14le problème en France
49:15c'est fondamentalement
49:16aussi un problème
49:17d'insuffisance
49:18du salaire brut
49:19qui est lié au fait
49:20qu'on n'a pas assez
49:21de productivité
49:22qu'on n'a pas assez
49:22de croissance
49:23et là j'aurais peut-être
49:24une petite différence
49:25avec Sylvain
49:26c'est que je pense
49:26qu'il y a quand même
49:27des moyens
49:27d'aller plus vite
49:29en matière de croissance
49:29et des moyens
49:30assez simples
49:31tout ce qui est lié
49:32à la simplification
49:33administrative
49:33tout ce qui est lié
49:34moi par exemple
49:35je prône une réécriture
49:37d'un certain nombre
49:37de codes
49:38codes des marchés publics
49:39codes de l'urbanisme
49:40codes du travail
49:41codes du commerce
49:41je pense que tout ça
49:42est parfaitement facile
49:43il faudrait faire en gros
49:44ce que Napoléon a fait
49:45en 1804
49:46avec le code civil
49:47c'est-à-dire
49:48vraiment une oeuvre
49:49de simplification
49:50juridique majeure
49:51étant donné le nombre
49:53d'entreprises en France
49:54le fait qu'elles sont
49:54très présentes
49:55sur tout le territoire
49:56dans beaucoup de secteurs
49:57et que beaucoup
49:58ont du mal à grandir
49:59en raison de ces contraintes
50:00je peux vous dire
50:01que si vous libérez ça
50:02mais la croissance
50:03vous ne l'aurez pas
50:04dans 3 ans
50:04la croissance
50:05vous l'aurez 6 mois
50:06après cette libération
50:07et évidemment
50:09ça ne nous empêchera pas
50:10de devoir faire
50:11réforme des retraites
50:11réforme système de santé
50:14réorganisation de l'état
50:15simplification du millefeuille
50:16administratif etc
50:17mais je peux vous dire
50:17que la croissance
50:18sera plus élevée
50:19et ça va considérablement
50:20nous aider à porter
50:21notre dette
50:21voilà le problème
50:22c'est la pédagogie
50:23vous qui êtes professeur
50:24vous êtes professeur
50:26Sylvain Catherine
50:26à la Wharton School
50:28la question c'est
50:29comment on fait
50:30de la pédagogie
50:31comment on essaie
50:31de faire comprendre
50:32notamment aux français
50:33qu'on est dans une situation
50:35économique
50:35qui devient
50:36quand même
50:36de plus en plus tendue
50:39moi je pense
50:40qu'en fait
50:40les français
50:41ils sont au courant
50:42vous croyez ?
50:43évidemment je regarde
50:44ça de loin
50:45mais bon
50:46dans leur vote
50:46enfin ils ont élu
50:47un banquier centriste
50:48il y a de ça dix ans
50:50c'est juste qu'en fait
50:51ils ont été déçus
50:52mais je pense qu'en fait
50:53il y a une demande
50:55réformatrice en France
50:56et il faut juste
50:57qu'en fait
50:59que les responsables
51:00politiques
51:00en prennent la mesure
51:02et se décident
51:03à faire quelque chose
51:04l'assume
51:05juste pour conclure
51:06je finis avec vous
51:06Nicolas Abouzou
51:07cette phrase
51:08que j'ai trouvée
51:08pas mal du Premier ministre
51:10parce que je trouve
51:11que lui
51:11il essaie de faire
51:12de la pédagogie
51:12justement
51:13il fait pas
51:14de la démagogie
51:15il dit
51:16la géopolitique
51:17est entrée
51:17dans le réservoir
51:18des français
51:19ah c'est vrai ?
51:20il a parfaitement raison
51:21et c'est pour ça
51:22c'est une très belle phrase
51:23mais il a parfaitement raison
51:24c'est l'économie
51:25qui s'est géopolitisée
51:26comme je le disais tout à l'heure
51:27elle est en effet
51:28rentrée dans le portefeuille
51:29dans le réservoir
51:30des français
51:31et donc dans leur portefeuille
51:32c'est la raison
51:33pour laquelle
51:33tous ces débats
51:34un peu démagogiques
51:35sur les super profits
51:37sur les aides
51:41vous parliez de pédagogie
51:42il faut expliquer ça
51:43il faut expliquer
51:44qu'aujourd'hui
51:44c'est ce qu'on essaie de faire
51:45bien sûr
51:45qu'aujourd'hui
51:46notre économie
51:47elle est soumise
51:48à des désordres géopolitiques
51:49qui sont majeurs
51:51que vous pouvez réglementer
51:52les prix à la pompe
51:54mais ça ne débouchera pas
51:55le détroit d'Hormuz
51:56qui est la cause de nos problèmes
51:57ça n'aura aucun impact
51:58là-dessus
51:59et que même si je voulais
52:01aller un peu plus loin
52:01dans le raisonnement
52:02je dirais au fond
52:03cette crise géopolitique
52:04elle génère des problèmes
52:06d'offres
52:07plus que des problèmes
52:08de demande
52:08et donc
52:09en réalité
52:10c'est plutôt aujourd'hui
52:11un certain nombre d'entreprises
52:12dans certains secteurs
52:13qu'il faut aider
52:13c'est ce que c'est de faire
52:14d'ailleurs le gouvernement
52:15avec des moyens
52:16qui sont très limités
52:17plutôt que de faire
52:18de la démarche
52:18et prenez le télétravail
52:19pour les fonctionnaires
52:20qu'on va aider directement
52:22les gens
52:23à acheter
52:25un carburant
52:26qui risque de toute façon
52:27de manquer
52:28parce qu'il n'arrivera pas
52:30merci beaucoup
52:30messieurs
52:31merci Sylvain, Catherine
52:33merci
52:34on vous rend
52:34à vos élèves
52:35et à votre petite courbe
52:36qui était derrière vous
52:37merci beaucoup
52:38professeur à la Warton School
52:39et puis Nicolas Bouzou
52:40merci beaucoup
52:42à très vite tous les deux
52:43voilà c'est la fin
52:44de ce 18-19
52:45tout de suite
52:45vous retrouvez
52:46Stéphanie Collot
52:47pour son journal de l'écho
52:51le 18-19
52:53d'Edwish Chevrillon
52:54sur BFM Business
52:55Sous-titrage Société Radio-Canada
52:55Sous-titrage Société Radio-Canada
52:56Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations