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  • il y a 2 jours
Avec Rodrigo Arenas (député LFI de Paris, ancien président de la FCPE) et Augustin Yvan (directeur du développement de la Fondation pour l’école et ancien directeur d'établissement)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-05-06##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:04Les français, quelque peu, critiquent avec l'école publique.
00:09Auriez-vous envie de mettre vos enfants dans une école privée, si vous en aviez financièrement la possibilité ?
00:17D'après un sondage IFOP réalisé pour la fondation de l'école, c'est l'un des résultats.
00:2282% des français pensent que les familles n'ont pas la possibilité de choisir l'école qui convient le
00:28mieux à leurs enfants
00:29si elles ne sont pas financièrement, on va dire, aisées.
00:32La fondation propose donc d'aider ses parents à le faire via un bon scolaire.
00:37Nous le verrons, un ticket scolaire, un chèque éducation, un crédit d'impôt.
00:40Est-ce que tout cela est la bonne solution ?
00:42Est-ce que ce n'est pas un affaiblissement, au fond, de l'école publique qui déjà connaît des difficultés
00:47?
00:49Faut-il donc placer vos enfants dans le privé ?
00:51Faut-il réserver l'argent public à l'école publique uniquement ?
00:56Non, si ce sont des vraies questions sur la table, pour en parler ce matin à nos deux invités.
01:00Bonjour à vous, Augustin Yvan.
01:01Bonjour, Monsieur Akili.
01:02Vous êtes directeur du développement de la fondation pour l'école.
01:05Vous mettez ce sujet sur la table.
01:07Vous êtes ancien directeur d'établissement.
01:10Et bonjour à vous et bienvenue également, Rodrigo Arenas.
01:13Bonjour.
01:14Député de la France Insoumise de Paris et ancien président de la FCPE.
01:19C'est ça.
01:19Nous évoquions hors micro votre vie d'avant.
01:22C'est vrai que vous étiez un parent d'élèves illustres qui a signé pas mal de...
01:26Je suis toujours.
01:27Oui, c'est toujours en cours.
01:29Oui, des enfants jeunes.
01:30D'ouvrage là-dessus.
01:32Première question à vous, Augustin Yvan.
01:35Quand on regarde le sondage en question, vous diriez que les Français ne croient plus en l'école publique ?
01:42Je dirais qu'ils sont sceptiques, en tout cas qu'ils sont insatisfaits.
01:45Pour plusieurs raisons.
01:46D'une part, vous l'avez dit, parce qu'il y a un sentiment d'injustice, d'inéquité sociale très
01:50fort.
01:5082% disent qu'ils n'ont pas le choix, en réalité, s'ils n'ont pas assez d'argent.
01:54D'autre part, il y a d'autres chiffres rapidement.
01:56Il y a un Français sur trois qui est satisfait seulement de la relation parent-école.
02:00Il y a beaucoup de gens qui souhaitent une agence d'évaluation indépendante des établissements.
02:0546%.
02:06Qui n'existe pas.
02:07Qui n'existe pas encore.
02:08Contre 43% qui font confiance à l'éducation nationale pour ça.
02:11Un chiffre intéressant.
02:1240% des parents du public font confiance à l'éducation nationale pour juger les résultats.
02:17On ne peut pas être à la fois le juge, l'arbitre, le goal, le joueur.
02:21Donc il y a une forte insatisfaction sur l'école telle qu'elle est aujourd'hui.
02:25C'est pour ça qu'on a commandité ce sondage.
02:27On voulait savoir comment se positionner les Français à un an de la présidentielle.
02:31On sent quand même des aspirations pour sortir de ça.
02:34Je pense par exemple au pouvoir du chef d'établissement.
02:36Il y a une vraie reconnaissance des opérationnels tels que le directeur d'établissement.
02:4084% des Français veulent le voir renforcé dans ses prérogatives.
02:44Donc plus de pouvoir pour les chefs d'établissement.
02:47Exactement.
02:47Il a un résultat assez massif.
02:498 Français sur 10, ça fait beaucoup.
02:51Ça fait beaucoup, oui.
02:52Et parmi les autres résultats qui vous semblent significatifs ce matin ?
02:56Alors significativement, il y a 64% des Français qui veulent une diversification pédagogique.
03:00Ils veulent sortir du modèle unique.
03:02Ils veulent quelque chose qui permette de répondre à tous les besoins.
03:04Vous voulez dire quoi ? Que dans les écoles les unes différentes des autres, il y aurait des enseignements différenciés
03:10?
03:10En fait, l'autonomie des directeurs et des établissements permet une chose.
03:13Elle permet de faire développer des modèles différents.
03:17Que ce soit pour les enfants 10, pour les enfants bilingues, au potentiel, handicapés.
03:21Notamment, c'est le dernier chiffre que je voulais citer.
03:22Il y a 84% des familles qui trouvent scandaleux que les enfants handicapés n'aient pas les mêmes droits
03:27dans les différents systèmes, qu'ils soient publics, privés, hors contrat.
03:30Parce qu'aujourd'hui, seuls les enfants handicapés du public sont subventionnés.
03:35Ce qui est une injustice sociale.
03:37Alors, Augustin, Yvan, nous avons bien compris qu'à la Fondation pour l'école,
03:41vous défendez une forme de liberté scolaire, de diversification.
03:44J'imagine peut-être d'aide aux familles aussi.
03:47Rodrigo Arenas, vous nous appelez.
03:480826 300 300.
03:50Si vous voulez témoigner, c'est un sujet majeur qui concerne tous nos enfants.
03:53Et nous y sommes tous confrontés quotidiennement.
03:550826 300 300 pour témoigner dans la vérité.
03:57En face, Rodrigo Arenas, vous êtes plutôt, vous, un défenseur ardent de l'école publique, j'imagine.
04:04Comment est-ce que vous réagissez à tous les résultats de cette enquête édictée par Augustin Yvan à l'instant
04:10?
04:10C'est une enquête que j'ai lue, évidemment,
04:15qui reprend un sondage qu'avait fait la FCPE quand j'en étais le coprésident,
04:19dans lequel, d'une façon générale, culturellement,
04:23les parents d'élèves sont plus dans un parcours individuel pour leurs enfants
04:27plutôt que dans des engagements collectifs.
04:30Et là, on a un problème parce qu'on ne fait plus république quand on est dans ces dynamiques-là.
04:35Et force est de constater qu'aujourd'hui, les écoles privées en France,
04:37qui sont à 98% confessionnelles catholiques, c'est ça la réalité,
04:41ne sont pas dans un rapport républicain qui, moi, me satisfait,
04:44et qui satisfait très peu de parents, en réalité.
04:48C'est-à-dire qu'elles ont des droits, notamment le droit d'être financées,
04:50par rapport au fait que les enseignants sont financés par l'argent public,
04:53mais elles s'affranchissent de leurs devoirs républicains.
04:56En cela, qu'elles ne pratiquent pas un accueil universel des élèves.
04:59Moi, je suis député parisien, vous l'avez annoncé tout à l'heure.
05:02À Paris, ce sont 10% des élèves à besoins particuliers que vous avez convoqués,
05:07qui sont accueillis dans le privé,
05:08alors que 90% des élèves le sont dans le public.
05:11Et d'ailleurs, je dis ce chiffre-là parce que j'entends beaucoup de défenseurs de l'école privée,
05:15puisqu'aujourd'hui, la guerre scolaire est déclarée.
05:17On a vu un monsieur Chudeau, par exemple, député du Rassemblement National,
05:20qui expliquait qu'il fallait mettre un milliard d'euros dans les écoles privées confessionnelles.
05:24Bon, je pense que la priorité dans le public,
05:26au regard des arguments que je vous avance,
05:28puisque l'école publique coûte plus cher,
05:30parce qu'elle accueille justement tous les enfants qui ont ces besoins particuliers,
05:34et pas seulement les enfants à besoins particuliers qui sont porteurs d'handicap.
05:38Je pense aussi à tous ces élèves, notamment au niveau du collège,
05:41qui se font éjecter des écoles privées,
05:43parce que finalement, elles n'ont pas le niveau,
05:44et que ça fait baisser leur image et leurs résultats scolaires,
05:47et donc le public les accueille.
05:48Et c'est son honneur et c'est son devoir d'être universel.
05:51Ce qui n'est pas aujourd'hui le cas du public.
05:52Augustin, Yvan, je vous vois sourire.
05:54Vous êtes forcément en désaccord avec ce que dit Rodrigo Arenas.
05:58Bien sûr, mais il a le mérite de l'expliquer très clairement.
06:01Mais ce qui est sûr, c'est qu'en tant qu'ancien directeur d'établissement,
06:04dans une zone socialement défavorisée,
06:07j'ai bien vu la réalité des écoles privées,
06:08qu'elles soient sous contrat ou hors contrat.
06:10Toutes ne sont pas confessionnelles.
06:12Je prends l'exemple dans le hors contrat,
06:1377% d'entre elles sont à confessionnel,
06:15et accueillent des enfants à difficulté.
06:17Mais ça représente combien d'écoles sont la masse des écoles privées ?
06:19Bien sûr, c'est 130 000 élèves et 1%.
06:21Donc c'est la petite aiguille qui se veut l'aiguillon pour stimuler.
06:26Justement, c'est ça qu'on cherche à faire.
06:28Trop catholiques ces écoles, à vos yeux ?
06:31Dans le sous contrat, vous savez, nous, on est vraiment là pour parler d'école.
06:35On n'est pas là pour parler de religion,
06:36on n'est pas là pour opposer entre elles le public, le privé, les catholiques et les catholiques professionnels.
06:40Je ne reformule pas assez républicaines,
06:42pas assez conformes aux règles de la République.
06:47Alors il y a quelque chose qui est très pratique,
06:48qui s'appelle le socle commun.
06:49Connaissance, de compétences et de culture qui évaluent tout ça.
06:52Par ailleurs, il y a des inspections, beaucoup, nombreuses,
06:55assez parfois agressives, qui évaluent les valeurs de la République.
06:58Donc en réalité, tout ça est parfaitement conforme à ce qu'attend la République française.
07:03Et au contraire, les écoles privées apportent un supplément,
07:06une offre scolaire enrichie, parfois là où il n'y a pas de possibilité pour certaines familles.
07:10Vous savez, j'ai connu beaucoup de familles qui inscrivaient leurs enfants dans mon école,
07:13qui au début venaient du public,
07:16mais simplement voulaient le meilleur pour leurs enfants.
07:18et avaient constaté que dans l'école que je proposais,
07:21le niveau était meilleur.
07:22Donc qu'est-ce qu'elles faisaient ?
07:23Elles essaient d'éviter la carte scolaire.
07:25C'est ça la réalité.
07:26C'est qu'aujourd'hui, les familles les plus défavorisées
07:28se retrouvent astreintes à une carte scolaire qui les enferme
07:31et qui les empêche de vouloir le meilleur pour leurs enfants.
07:33Donc je suis en désaccord avec le fait que les parents seraient d'infâmes égoïstes, individualistes.
07:38C'est ce que nous avions fait qui a autant de valeur que l'autre pour l'assurance.
07:40Tout à fait, mais je pense que les parents veulent le bien pour leurs enfants
07:43et je pense que ce bien n'est pas inconciliable avec un bien commun général et organisé.
07:47Rodrigo Arrhena, c'est la bonne réponse aux problèmes que pose parfois souvent la carte scolaire ?
07:52Alors c'est une réalité, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:54les écoles privées s'affranchissent de la carte scolaire.
07:56Il n'y a que les parents qui vont dans les écoles publiques doivent respecter une carte scolaire.
08:00C'est le cas à Paris, mais partout en France.
08:02Et les écoles privées ne le font pas, pourquoi ?
08:03Parce qu'elles choisissent les élèves.
08:05Et d'ailleurs, je m'insurge un peu en fou à ce que vous dites,
08:07parce que ce que vous revendiquez comme liberté pédagogique,
08:10c'est justement l'ADN de l'école publique.
08:12Les enseignants, quel que soit l'enseignant,
08:14ils ont, parce qu'ils ont des études pour cela,
08:16la liberté pédagogique pour permettre de transmettre les connaissances,
08:19les savoirs, les savoirs, les savoir-faire aux élèves.
08:22Et c'est ce qu'on appelle la liberté pédagogique.
08:23Sur ce que vous dites sur la hiérarchie,
08:25il ne vous a pas échappé qu'il y a une loi qui a été portée par une députée
08:27qui s'appelait Cécile Rilac,
08:28qui mettait justement un ordre hiérarchique dans les écoles.
08:31Mais ce sont les équipes elles-mêmes qui aujourd'hui remettent en question cela,
08:34parce que ce n'est pas forcément la bonne décision, la bonne méthode,
08:37pour faire en sorte qu'on fasse société dans l'école.
08:40Puisqu'à l'école, on apprend à fabriquer des citoyens.
08:42On disait à l'époque qu'on fabrique des républicains.
08:45Et c'est aujourd'hui cela que je questionne.
08:46C'est-à-dire que les écoles privées aujourd'hui revendiquent leurs droits,
08:50c'est leur légitimité, la loi le respecte,
08:51mais elle n'applique pas les devoirs.
08:53Et moi je considère qu'une école privée ou publique
08:55a des devoirs envers la République,
08:56c'est-à-dire par exemple de faire appliquer la laïcité.
08:59Ce n'est pas le cas.
09:00Vous savez très bien que la loi oblige dans les écoles publiques
09:02la loi de 2004 sur les élèves par exemple,
09:04mais les écoles privées ne le font pas.
09:05Et d'ailleurs ça pose un vrai problème
09:07quand une école privée est un centre d'examen par exemple,
09:09et qu'on doit dans l'âtre retirer les crucifix aux hautes signes ostensibles,
09:12parce qu'évidemment les enfants des écoles publiques
09:15n'ont pas à être soumis à un signe ostensible.
09:16Donc je pense que les devoirs doivent être dans les deux cas.
09:18Et si on doit parler, parce que derrière l'offensive actuelle,
09:22il faut le dire à vos auditeurs,
09:24c'est qu'il y a une offensive du privé
09:26de demander de l'argent à l'État
09:28parce qu'ils n'ont pas assez d'argent,
09:29par exemple faire des rénovations de bâtis ou autres,
09:31et bien ne correspond pas aujourd'hui à un système
09:34dans lequel elles s'affranchissent des devoirs
09:36qui sont les leurs d'accueil universel des élèves
09:38et pas de virer ceux qui ne vont pas bien.
09:39Juste avant la pause, Augustin,
09:42ils vont ré-préponder aux arguments de Rodrigo Arenas là-dessus.
09:45Avec plaisir.
09:46Il faut savoir que,
09:48l'école privée, dans son ensemble,
09:51fait économiser 10 milliards d'euros à l'État.
09:53C'est important de le dire
09:54parce que le coût d'un enfant d'autre public
09:55sur les chiffres de la DEPP est de 10 000 euros
09:58et il coûte zéro à la famille.
10:00Dans le privé, c'est 7 000 euros
10:02et il coûte 2 000 euros à la famille.
10:03Dans leur contrat, c'est encore mieux.
10:04L'État paye zéro.
10:06Donc cette plus-value des écoles privées,
10:08elle permet à l'école
10:09de faire des économies substantielles.
10:11Et en plus de ça,
10:12je pense à des expérimentations
10:13qui a réalisé dans le public.
10:14Je vous en prie, excusez-moi.
10:16Pour finir rapidement,
10:17Céline Alvarez, que vous connaissez sans doute,
10:18c'est les lois naturelles de l'enfant,
10:20a fait une expérimentation dans le public
10:21à Argenteuil il y a quelques années
10:22très intéressante
10:23qui lui a permis notamment d'écrire son livre.
10:25Cette expérimentation-là
10:26était passionnante pédagogiquement.
10:28Elle n'a pas pu être dupliquée.
10:29Pourquoi ?
10:29Parce que le public,
10:30et c'est comme ça,
10:31est une plus grosse machine
10:32et a plus de mal
10:33à développer certaines initiatives pédagogiques.
10:35Nous ne sommes pas pour l'opposition
10:36publique-privée.
10:37Je ne rentrerai pas sur ce terrain.
10:38J'ai beaucoup de respect
10:39pour le public par ailleurs.
10:40Simplement, nous sommes pour
10:41l'organisation des acteurs entre eux.
10:43Nous pensons que le privé
10:44a une place,
10:45qu'il fait du bon travail,
10:46qu'il soit hors ou sous contrat.
10:47Et nous essayons d'organiser
10:48tout ça autour du bien de l'enfant.
10:49C'est juste ça qu'on fait.
10:50Rodrigo Arenas,
10:50vous répondrez juste après la pause.
10:52Gardez vos arguments en mémoire.
10:54La question qui va se poser
10:55dans la deuxième partie
10:55de cet échange,
10:57c'est au fond,
10:58qu'est-ce que l'on reproche
10:59aujourd'hui à l'école publique ?
11:06Est-ce que les Français
11:07veulent une école plus autonome ?
11:10Est-ce que le modèle
11:11très centralisé,
11:12très français,
11:14atteint sa limite ?
11:15C'est la question qui est posée
11:15à travers aussi cette enquête.
11:17Vous nous appelez.
11:17N'hésitez pas.
11:18Je sais que le débat est passionnant
11:19au 0826 300 300
11:20si vous voulez intervenir.
11:21Et nous retrouvons
11:22nos deux invités
11:23juste après la pause
11:23pour la suite de La Vérité en Face.
11:26Le Grand Matin Sud Radio,
11:27La Vérité en Face,
11:30Jean-François Aquili.
11:31Allez avec Augustin Yvan,
11:32directeur du développement
11:33de la Fondation pour l'école,
11:34ancien directeur
11:35d'établissement
11:35qui défend
11:36Mordicus
11:38ces passerelles
11:38qu'il faudrait avoir
11:39avec l'école privée
11:40qu'il faudrait peut-être développer
11:41et peut-être aussi
11:42on va dire
11:43changer un peu
11:44l'école publique
11:45à ce moment de fonctionnement.
11:46Et vous, Rodrigo Arenas,
11:47député de la France Insoumise de Paris,
11:49ancien président de la FCPE,
11:50vous défendez quand même
11:51une forme plus classique
11:52de l'école publique.
11:54Qu'est-ce qu'il faudrait changer ?
11:56Alors je crois que vous vouliez
11:56quand même apporter
11:57un petit rectificatif
11:59sur le fait de
12:00l'argument
12:01selon lequel
12:02Augustin Yvan,
12:04l'élève
12:04du privé
12:05ne coûte rien,
12:07c'est ça en fait ?
12:08Moins cher.
12:08Moins cher.
12:09Vous êtes encore avec ça
12:10vous, Rodrigo Arenas ?
12:11Non, ce n'est pas une réalité
12:14globale
12:15parce que
12:15évidemment
12:16les moyens
12:16qui sont mis
12:17par l'État
12:18pour les enfants
12:19du public,
12:20notamment les enfants
12:20qui ont besoin
12:21de davantage de moyens,
12:22est bien plus important
12:23que dans le privé.
12:24Et ça, c'est une réalité.
12:25Donc derrière des chiffres
12:27agrégés,
12:28il convient
12:29de regarder un peu
12:29le détail.
12:30c'est comme quand on dit
12:31qu'il y a une liberté
12:32pédagogique, etc.
12:33Oui, c'est vrai,
12:34il y a une liberté pédagogique.
12:35D'ailleurs, la France
12:37fonctionne comme ça
12:37et que ce soit
12:38les libertés pédagogiques,
12:41notamment sur des pédagogies
12:42qui sont redevenues
12:43à la mode,
12:43qui datent des années 40,
12:44je pense à Freinet,
12:45Montessori et autres,
12:46qui sont d'ailleurs
12:47un argument de vente
12:48des écoles privées hors contrat,
12:49je pense à des villes
12:49comme Montreuil et autres,
12:51où tout à coup
12:51tout le monde s'est pris
12:51de passion pour ces écoles-là.
12:53Ce sont des méthodes
12:53qui sont appliquées
12:54dans le public.
12:55En revanche,
12:55là où vous avez raison,
12:57c'est qu'il y a une école publique
12:59qui a été abîmée,
13:00qui a été abîmée
13:01pendant des dizaines d'années
13:02et aujourd'hui,
13:02nous en payons le prix.
13:03Qu'est-ce qu'il faut changer
13:04aujourd'hui ?
13:05Est-ce qu'elle d'abord,
13:07pour rappeler le mammouth,
13:08est-ce que cette école-là publique,
13:10est-ce qu'elle accepte
13:12de se transformer ?
13:13Je ne suis pas sûr.
13:15C'est compliqué.
13:16Et qu'est-ce qu'il faudrait
13:17à vos yeux changer ?
13:18D'abord,
13:19la première crainte des parents
13:21dans le sondage
13:22que nous avions fait à l'époque,
13:23et je pense que le vôtre
13:24le confirme d'ailleurs,
13:25c'est que c'est la question
13:26des absences non remplacées.
13:28C'est-à-dire que
13:28quand vous avez un enseignant
13:29qui est absent
13:30dans l'école publique,
13:32il n'est pas remplacé
13:33et donc ça pose
13:33de la surcharge
13:34dans les autres classes.
13:35Donc il dit,
13:35met en péril l'enseignement
13:37des autres enseignants
13:38avec les autres élèves
13:39et ce fonctionnement-là
13:40n'est pas possible
13:41parce que là,
13:42vous avez effectivement...
13:43C'est un problème majeur
13:44et qui est lié
13:45notamment au recrutement,
13:46etc.
13:46Par exemple,
13:47Édouard Jeffrey,
13:48le ministre de l'Éducation nationale
13:49actuelle,
13:49ancien des GESCO,
13:50est en train d'expliquer
13:51qu'il faut profiter
13:52de la baisse de la démographie
13:54pour réorganiser les choses
13:55de façon à ne pas investir
13:57dans le recrutement
13:58et dans le maintien
14:00du nombre d'enseignants.
14:02Moi, je considère au contraire
14:03que nous avons
14:03un tsunami d'opportunités
14:04puisque lui-même,
14:06d'ailleurs,
14:06avec Jean-Michel Blanquer,
14:07avait mis en place
14:08le dédoublement des classes,
14:09notamment dans les RFR et Plus.
14:10Je considère
14:11qu'il faut aujourd'hui
14:12le généraliser
14:12parce que nous avons
14:13un problème d'attention
14:14chez les enfants.
14:15Aujourd'hui,
14:15les enfants ont du mal
14:16à se concentrer
14:17ni notamment l'usage
14:18de téléphone portable,
14:19des tablettes,
14:19des outils numériques
14:20et qu'on ne fait pas
14:21la classe de la même façon
14:22et qu'à ce titre-là,
14:23avoir deux enseignants
14:24dans une classe
14:25quand c'est possible
14:26sous l'autorité
14:26d'achat de l'établissement,
14:27évidemment,
14:28c'est lui qui est maître
14:28dans son établissement,
14:30ou alors avoir
14:31un monde d'élèves,
14:32ça permet finalement
14:33de mieux prendre soin
14:34des enfants
14:34et c'est là aujourd'hui
14:35qu'il convient d'investir.
14:37Voyez,
14:37donc c'est ça.
14:38Il convient aujourd'hui
14:38que l'État
14:40mette en place
14:41un statut,
14:42par exemple,
14:42pour les AESH
14:44qui encadrent
14:44les enfants,
14:45un besoin particulier
14:46parce qu'aujourd'hui
14:47ce sont des métiers précaires,
14:48essentiellement féminins
14:49et donc à ce titre-là,
14:51il convient
14:51de prendre soin
14:52de ces enfants-là
14:53si on est pour l'inclusion.
14:54Vous voyez,
14:54il y a des marges de manœuvre
14:55qui on doit rendre
14:56l'école plus désirable.
14:57Ce sont des clés de résolution
14:58à vos yeux
14:58parce que le recrutement
15:00c'est fondamental,
15:01l'absence des profs
15:03c'est un problème.
15:04Ce sont les conditions
15:05d'enseignement
15:06qui sont fondamentales.
15:06Absolument avec les écrans,
15:07tout ce qui a changé.
15:08Absolument.
15:09Vous allez répondre à ça,
15:10Augustin Yvan.
15:10Juste, nous sommes avec vous,
15:11Jeanne,
15:12vous nous appelez de Toulouse.
15:13Jeanne, bonjour.
15:15Oui, bonjour.
15:15Alors, Jeanne,
15:16vous voulez témoigner ce matin,
15:17vous entendez l'échange
15:18entre Augustin Yvan
15:19et Rodrigo Arenas.
15:20Votre point de vue ?
15:21Oui, alors mon point de vue
15:23c'est que je voudrais
15:24quand même intervenir
15:24sur le fait que
15:25en ce qui concerne
15:26les pastorelles
15:27entre l'État
15:27et les écoles privées,
15:29il faut quand même
15:30que la population sache
15:31que les municipalités
15:33ont le devoir
15:34de verser aux enfants
15:36des écoles privées
15:37la même somme
15:37qu'ils versent
15:38aux enfants
15:39des écoles publiques
15:41quand ils sont habitants
15:42de la ville
15:44ou du village
15:45dont ils sont
15:45les contribuables.
15:47Alors, j'aimerais bien
15:48que ça se sache.
15:49Ensuite, je voudrais dire aussi
15:50que l'école publique
15:52n'a pas un problème
15:53d'enseignement,
15:54l'école publique
15:55a un problème
15:55d'éducation
15:56au niveau des enfants
15:57et des familles.
15:59Voilà.
15:59Il faudrait arrêter
16:00de penser.
16:01C'est-à-dire que
16:02les enseignants
16:03ne sont pas là
16:03pour éduquer les enfants
16:05mais pour enseigner.
16:06Je ne suis pas enseignante.
16:08Fille d'enseignante,
16:09soeur d'enseignante,
16:09c'est sûr.
16:10Je suis infirmière.
16:12Libérale.
16:12Vous avez vous posé la question.
16:13C'est-à-dire que
16:14ce que je voulais dire
16:16c'est qu'il faut dire
16:17haut et fort
16:18que les municipalités
16:19même qui sont pauvres
16:21de 2000 habitants
16:22sont obligées,
16:23c'est la loi,
16:25de verser 1000 euros
16:26en tant qu'un petit village
16:27que vous connaissez
16:28à des enfants
16:29qui vont à une école privée
16:30par 100 habitants
16:31du village.
16:33Et les enseignants
16:34sont là pour enseigner
16:35vous dites ce matin.
16:36Oui,
16:37ils ne sont pas là
16:37pour éduquer
16:38d'une part.
16:39Or,
16:39un des messieurs a dit
16:41qu'en effet
16:42il y avait un problème
16:43d'enseignement
16:45au niveau des écoles publiques
16:47qu'aussi que ça
16:48mais il a dit aussi
16:49qu'eux ne faisaient pas
16:50la sélection des élèves
16:53et que donc forcément
16:55l'école privée
16:56même si elle a 4%
16:57ou 5% d'obligation
16:58de prendre les enfants
16:59de tout milieu social
17:02les résultats
17:02ne sont forcément pas les mêmes.
17:04Merci Jeanne.
17:04Nous allons vous répondre
17:05très précisément.
17:06Merci pour cette intervention
17:07depuis Toulouse.
17:08Merci à vous Jeanne.
17:10Augustin, Yvon,
17:10je rebondis sur l'argument ultime
17:13les enseignants
17:14sont là pour enseigner
17:14pas pour éduquer.
17:16Qu'est-ce que vous dites ?
17:16Je souscris tout à fait à ça.
17:19Il y a trop de choses
17:20aujourd'hui.
17:21On en demande trop
17:21aux enseignants ?
17:22On en demande trop
17:22ils sont à la fois
17:23enseignants, assistants sociaux
17:25éducateurs
17:25eux-mêmes ont une vie
17:26par ailleurs
17:27il faut qu'ils puissent
17:27ils ont des enfants
17:28on leur en demande trop
17:29ils ne peuvent pas avoir
17:30toutes ces casquettes
17:30la réalité c'est que l'école
17:31se perd dans ses priorités
17:33il faut se recentrer
17:34sur les fondamentaux
17:36le lire, écrire, compter
17:36vous parliez des écrans
17:37tout à l'heure
17:38c'est un enjeu que je partage
17:39d'ailleurs dans notre sondage
17:40il y a un chiffre
17:41qui est que 66% des français
17:42sont inquiets
17:43de l'arrivée de l'IA
17:44notamment dans les apprentissages
17:45en disant ça va fragmenter
17:47la concentration
17:48l'esprit critique
17:49enfin bref
17:49tout ce qui fait
17:50la personnalité
17:51donc clairement
17:51il y a un problème
17:52mais quand même
17:52je pense que c'est important
17:53de dire quelque chose
17:54par rapport à ce que vous dites
17:55c'est qu'on est d'accord
17:56sur le constat
17:57mais sur les réponses
17:57il y a peut-être
17:58quelque chose de différent
17:59c'est qu'on a posé
18:00la question aux français
18:01vous l'avez dit
18:01en début d'émission
18:02est-ce que vous seriez d'accord
18:03pour qu'on finance
18:04si vous souhaitiez aller ailleurs
18:06que dans le public
18:06parce que vous n'en avez pas
18:07les moyens
18:0866% d'entre eux
18:09sont pour un chèque éducation
18:10un bon scolaire
18:11une défiscalisation
18:12comme ça se pratique déjà
18:13dans certains pays
18:14et ce qui est intéressant
18:15c'est que vous savez
18:16l'IFOP précise
18:17les catégories socioprofessionnelles
18:19les sympathisants
18:19et bien notamment
18:20chez les sympathisants
18:22et les filles
18:2278%
18:24sont pour
18:25cette mesure là
18:25donc par ailleurs
18:27il y a d'autres choses
18:2772% qui sont pour
18:29sont issus des catégories populaires
18:30donc en fait
18:31il y a une vraie demande
18:32de ceux qui n'y ont pas accès
18:33on ne peut pas la balayer
18:34d'un revers de la main
18:35et si aujourd'hui
18:35le privé ne peut pas
18:36accueillir tous ses enfants
18:37c'est pas seulement qu'il ne veut pas
18:38je pense que c'est faux
18:39c'est qu'il ne peut pas
18:40parce qu'il a un quota
18:41aujourd'hui le privé
18:42est contraint à 20%
18:43c'est la conclusion
18:44donc voilà
18:44vous lancez un appel
18:46auquel répond
18:46Rodrigo Arenas
18:47pour conclure
18:48d'abord c'est faux
18:49à Paris
18:50c'est beaucoup plus que 20%
18:51d'écoles privées
18:52qui sont là
18:53et vous avez des territoires
18:54en France
18:55dans lesquels
18:55vous n'avez même pas
18:55d'écoles publiques
18:56parce que c'est l'héritage
18:57malheureusement historique
18:58de notre ville
18:59d'une sécession
19:00d'une partie de ceux
19:01qui soutiennent l'école privée
19:02notamment confessionnelle
19:03en revanche
19:04ce qui est certain
19:05c'est que l'école publique
19:06a besoin de moyens
19:07pour fonctionner
19:08que ce n'est pas le cas
19:09et que les parents
19:09qui fuient vers le privé
19:11c'est parce que finalement
19:12ils ne trouvent pas
19:12dans l'école publique
19:13la promesse républicaine
19:14qui est la méritocratie républicaine
19:16pour atteindre l'élitisme
19:17et il s'avère que
19:18les écoles privées
19:19appliquent la méritocratie
19:20à fond la caisse
19:20mais comment ?
19:21En virant ceux
19:22qui ne sont pas méritants
19:23et ça je pense que
19:24ce n'est pas républicain
19:24ce n'est pas ce que nous attendons
19:26de l'école
19:26qu'elle soit privée au public
19:27et que dès lors
19:28que l'école privée
19:33vous prétendez
19:33d'ailleurs je m'inscris
19:34quand même sur une précision
19:35de ce que vous dites
19:36les écoles privées
19:37en contrat avec l'Etat
19:39bénéficient de grandes largesses
19:40de l'école publique
19:40et d'ailleurs parfois
19:41elles sont retoquées
19:42comme notamment
19:43la présidente de la région
19:43de France
19:44qui a dû revoir sa copie
19:45à la baisse
19:45puisqu'elle allait financer
19:46au-delà des compétences obligatoires
19:48une école privée dans le 77
19:49en tous les cas
19:50tout ça est un vrai business
19:51et moi je prends le business
19:52de la République
19:53parce que l'école
19:54n'instruit pas seulement
19:55elle éduque
19:55parce que le lyrique raconté
19:57c'est le B.A.B.A.
19:58mais quand on enseigne aussi
19:59les savoir-faire
20:00et les savoir-être
20:00ça s'appelle l'éducation
20:01et même la cantine éduque
20:02vous savez qu'en France
20:03on a interdit l'alcool à la cantine
20:05donc on éduque aussi
20:06à la cantine scolaire
20:06j'ai envie de les Français
20:06à aller voir le sondage
20:07Jérôme Fourquet
20:08pour la Fondation pour l'école
20:09ils se feront une idée
20:09comme ça
20:10c'est bien noté Augustin Yvan
20:11ce sondage IFOP
20:12donc pour la Fondation pour l'école
20:14merci à vous également
20:15Rodrigo Arenas
20:16merci pour cet échange
20:17et ses points de vue
20:19bonjour Valérie Exper
20:20bonjour Jean-François Kili
20:21il y a du lourd
20:22oui nous recevons
20:24le président
20:24de la commission
20:26d'enquête
20:27sur l'audiovisuel public
20:28Jérémy Patrier-Lettus
20:29vous avez reçu
20:30la semaine dernière
20:30Charles Aloncle
20:32le rapporteur
20:33astuce chez vous
20:34oui voilà
20:35et donc
20:36on va l'interroger
20:37sur ce rapport
20:38sur le climat
20:40délétère
20:41entre deux
20:43et puis
20:44sur les différentes propositions
20:46qui ont été faites
20:47donc là aussi
20:47vous pouvez nous appeler
20:490826 300 300
20:51est-ce que vous pensez
20:52que le service public
20:52a besoin d'être réformé
20:55est-ce qu'il y a
20:56des problèmes
20:57de financement
20:58d'opacité
20:59en tout cas
21:01sur la manière
21:03dont les fonds publics
21:03sont utilisés
21:04et puis sur
21:05également
21:06la diversité
21:07des opinions
21:08voilà
21:08on vous attend
21:09bonne émission
21:10avec Gilles Le Gorsman
21:10bonne émission
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