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  • il y a 23 heures
Avec Jean-Marc Sylvestre (journaliste spécialiste en économie) et Cyril Chabanier, Président de la CFTC

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-04-14##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquilly.
00:05Prix de l'énergie, coup de la vie, les choix politiques autour, vous avez vu les débats qui nous rattrapent,
00:11du 1er mai, des ZFE et autres sujets, les Français dans cette séquence de guerre en Iran et ses conséquences
00:20et un pays qui n'avance toujours pas. Deux invités ce matin pour l'évoquer, Cyril Sabanier, bonjour.
00:25Bonjour. Vous présidez la CFTC, la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.
00:31Vous étiez de la négociation chez M. Farandou concernant ce 1er mai qui a fait reculer Sébastien Lecornu.
00:39Et bonjour à vous et bienvenue Jean-Marc Syvestre, figure du journalisme d'économie.
00:44Vous êtes là aussi pour porter un regard très libre. Exprimez-vous comme vous le souhaitez.
00:49Première question, Cyril Sabanier. On va parler de cette conséquence du blocage du détroit d'Ormous,
00:54surtout en termes économiques dans ce pays, avec des prix des carburants qui ne descendent pas,
01:00qui ne bougent pas. On va essayer de comprendre pourquoi et ce que cela signifie
01:04en termes d'impact économique et social. Mais tout d'abord, ce 1er mai, vous étiez de la négociation.
01:10Est-ce qu'il faut se satisfaire de ce recul du gouvernement, en clair, Sébastien Lecornu,
01:16qui ne convoque pas de commission mixte paritaire ? Le texte est enterré, remis à 2027.
01:23Vous y étiez, hein ? Oui, j'y étais. Et évidemment qu'on peut se satisfaire.
01:27On avait d'ailleurs écrit à l'intersyndical notre opposition à cette ouverture très large sur le 1er mai.
01:32Je vous rappelle qu'au départ, on ne parlait que des boulangers et des fleuristes.
01:35Et ensuite, dans le texte, ça a été élargi à tous les métiers de bouche, mais aussi au spectacle.
01:39En fait, on était à plus d'un million de salariés concernés.
01:42Et là, en fait, le texte est enterré pour 2026.
01:47Il sera effectif pour 2027.
01:50Ça, c'est une certitude.
01:52Ça veut dire une entrée en vigueur ?
01:53Entrée en vigueur.
01:54On va négocier.
01:56Les négociations sont renvoyées au niveau de la branche.
01:58Et sur quelques branches concernées,
02:00en fait, il y a 3-4 branches qui sont vraiment demandeuses.
02:03La branche de la boulangerie, celle des fleuristes.
02:06Et puis, on a une question aussi sur les boucheries, poissonneries,
02:10qui sont de la matière première fraîche.
02:11Mais ça, vous seriez favorable pour l'ouverture de ces 3 secteurs-là, en fait ?
02:16Ça va dépendre de ce qu'il y a dans la négociation.
02:18Ça va dépendre du contrepartie qui est donné aux salariés par les organisations patronales.
02:24Mais en tout cas, la négociation va se limiter à ces 3-4 secteurs-là
02:29par des négociations de branches, en espérant trouver un accord
02:33pour une application au 1er mai 2027.
02:36Mais en tout cas, on a retiré toutes les aberrations de ce texte.
02:39Et il faut noter quand même, et je le mets au crédit du Premier ministre
02:43et du ministre du Travail, qu'ils ont fait le débat.
02:46Ils ont convoqué cette réunion hier.
02:48On a pu discuter.
02:49Et on a trouvé une solution qui, je pense,
02:52pourra sûrement convenir à tout le monde pour 2027.
02:55Jean-Marc Sylvestre, vous pensez que c'est une bonne chose
02:58d'avoir suspendu à 2027, repoussé à 2027 ?
03:02Ou il fallait avancer là-dessus ?
03:03Je ne vais pas juger ce que font les politiques.
03:05J'ai écrit ce matin dans l'Atlantico que c'était une tempête dans un verre d'eau
03:10pour s'empêcher de parler des vrais problèmes.
03:12On a une fois de plus repoussé au calanque grec,
03:15c'est-à-dire au calanque après les présidentielles,
03:17la question du travail dans la société française.
03:21Moi, je crois qu'il faut qu'on revienne à une situation de liberté.
03:25Il y a des gens qui ont envie de travailler le dimanche
03:28ou qui ont besoin de travailler le dimanche.
03:30Je pense à tous les étudiants, à tous les jeunes,
03:33à tous les gens qui sont seuls, ils veulent travailler
03:35dans des conditions qui sont évidemment, qui doivent être réglementées.
03:39D'ailleurs, la réglementation actuelle donne un certain nombre de différences
03:42entre le travail le dimanche et le travail férié ou le travail ordinaire.
03:48Mais il faut tenir compte des évolutions de mentalité.
03:52Et puis, vous avez des entreprises qui ont besoin de travailler.
03:55Les boulangers, c'est aberrant qu'ils ne puissent pas travailler le dimanche.
04:00Les restaurants, les cinémas, tout le commerce des biens culturels,
04:04vous allez me dire qu'on se place sur le terrain du marché,
04:07mais le commerce du bien culturel, ça existe.
04:09Et ça marche bien.
04:10Merci Yves Sabanier.
04:11Justement, pour poursuivre et prolonger,
04:13et faire rebondir à ce que dit Jean-Marc Syvestre à l'instant,
04:15quand vous allez, c'est le 1er mai, je vous parle de mon village voisin,
04:19peu importe où ça se trouve, c'est sympa,
04:22vous allez chez le boulanger, c'est fermé,
04:24ils voulaient ouvrir, ils sont plusieurs là-dedans à travailler, c'est fermé,
04:27et la supérette du pas de porte d'à côté,
04:29ou le McDo, est grande ouverte,
04:32avec des rangées de pain industriel à la vente, c'est absurde.
04:36On connaissait que c'est absurde.
04:37Non mais il y a des choses qui sont absurdes,
04:40il y a des choses qui sont ouvertes et qui ne devraient pas l'être,
04:42mais la grosse différence, c'est que vous avez parlé des jours fériés
04:45ou du dimanche, le 1er mai,
04:47n'est pas le même jour férié que les autres,
04:50c'est le seul jour dans notre pays
04:52qui est férié et chômé,
04:54ce qui est la grande différence.
04:55Donc, on ne peut pas le comparer aux autres jours fériés,
04:58on ne peut pas le comparer au travail du dimanche.
05:01Fêter le travail, j'entends les soutenakis,
05:03une conquête sociale, fêter le travail,
05:05est-ce que ça ne pourrait pas s'imaginer sur la base du volontariat pur,
05:08avec un doublement du salaire,
05:09c'est qui le cas ?
05:10C'est une façon de fêter, d'honorer le travail.
05:16D'abord, le volontariat, on sait comment ça marche,
05:19on a l'expérience du travail du dimanche,
05:21rappelez-vous, au départ, c'était quelques secteurs d'activité,
05:24aujourd'hui, la plupart sont rentrés.
05:25C'est une aussi globale, le travail du dimanche,
05:29la plupart sont rentrés là-dedans.
05:29Tous les gens sont contents que les magasins soient ouverts le dimanche.
05:32Oui, ceux qui ne travaillent pas sont très contents,
05:35qu'ils soient ouverts le dimanche.
05:37Il y a un petit problème de solidarité.
05:38Ceux qui travaillent le dimanche sont beaucoup moins contents.
05:41Ils s'organisent.
05:42Attendez, et quand on vient dire qu'il y a une nécessité de travailler le dimanche
05:47ou les jours fériés, pour certaines personnes,
05:50oui, c'est vrai, malheureusement,
05:51mais moi, je suis absolument abasourdi par cette question de,
05:55pour augmenter le pouvoir d'achat,
05:56il faut aller travailler le 1er mai ou aller travailler le dimanche.
05:58S'il y a des personnes qui sont obligées d'aller travailler des jours
06:01qui sont payés double,
06:03c'est parce que les salaires dans ce pays ne sont pas à la hauteur
06:05du montant auquel ils devraient être.
06:07Donc, c'est ça la véritable difficulté.
06:09Un jour dans l'année qui est chômé.
06:12Honnêtement, on ne peut pas aller acheter son pain la veille.
06:14Non mais, enfin, voilà, donc c'était...
06:16Mais encore une fois, on a trouvé,
06:20entendez-moi, on a trouvé, je pense, une solution de compromis
06:22qui doit permettre d'ouvrir des négociations.
06:25Et ce n'est pas remis au calanque grecque.
06:27Ça sera négocié dès le mois de mai-juin
06:30et ça sera fini pour septembre-octobre.
06:32On a trouvé, je crois, une voie de passage
06:35pour discuter dans les quatre secteurs principaux
06:38qui font la demande.
06:39Les autres secteurs, d'ailleurs, y compris le patronat,
06:41n'en fait pas la demande.
06:42Les quatre secteurs principaux sont la boulangerie,
06:44les fleuristes, boucherie et poissonnerie.
06:46Je pense qu'avec ça, on pourra répondre à la demande
06:49à la fois des salariés et du patronat.
06:51Je ne suis pas convaincu, Jean-Marc St-Pastres.
06:53Non, je ne suis pas convaincu du tout.
06:54Je comprends très bien que cette affaire du 1er mai
06:57soit un symbole et un mythe
06:59auquel le monde syndical tient
07:01parce que ça a été le jour à Chicago il y a un siècle
07:04où il y a eu une première conquête sociale
07:07qui s'est d'ailleurs terminée dans le sang.
07:09Ça a été dur, ça a été violent
07:11et Chicago continue de le fêter.
07:14Mais il ne faut pas considérer
07:16que les mœurs n'ont pas changé,
07:19que l'organisation de la société n'a pas changé
07:21et il faut en tenir compte.
07:22Il y a un besoin de liberté dans ce pays.
07:24Ce n'est pas au Premier ministre ou au chef de l'État
07:26de fixer le moment où on veut travailler ou pas.
07:29C'est au marché de le faire.
07:31C'est qu'il y a des envies, il y a des besoins
07:33qu'il faut satisfaire
07:34et il y a des commerçants qui ont envie de travailler,
07:37d'autres qui n'ont pas envie de travailler.
07:38C'est leur responsabilité.
07:53Vous parlez comme si le volontariat était véritable dans toutes les entreprises.
07:58On a des tas d'exemples où le volontariat est largement forcé.
08:01Et dans une petite boîte, ce n'est pas évident de dire non à son patron.
08:05Et encore une fois, le monde a évolué.
08:07Oui, mais tout a changé.
08:09Encore une fois, vous prenez le 1er mai en référence avec les autres jours.
08:14Vous pouvez travailler dans ce pays les autres jours fériés.
08:17Il y a des entreprises qui ouvrent le 25 ou le 31.
08:21Vous pouvez travailler le dimanche.
08:23On peut garder une journée dans l'année fériée et chômée.
08:27On parle d'une journée, qui est quand même aussi un symbole fort.
08:31Et encore, tous les métiers essentiels qui ont besoin d'une continuité de service
08:35ont l'autorisation légale pour ouvrir.
08:37Donc c'est bien que les autres n'ont pas cette obligation de continuité de service.
08:41D'un mot, et après la pause, dans la deuxième partie,
08:42nous évoquerons la situation aujourd'hui avec cette guerre qui perdure
08:45et cet impact sur les prix des carburants et sur l'activité économique du pays.
08:49D'un mot, Guillaume Casbarian, je vous fais réagir rapidement avant la pause.
08:52C'est Guillaume Casbarian qui a dit ce matin, notre invité,
08:56qui est ancien ministre du logement, de la fonction publique,
08:59qui a fondé le parti de la liberté,
09:01liberté qui a été évoquée à l'instant par Jean-Marc Sylvestre,
09:03qui a dit, texto, je le cite,
09:05que les syndicats et la gauche tenaient le gouvernement,
09:09je le cite en vieux français, par les couilles.
09:12Il a dit ça ce matin sur Sud Radio.
09:14Est-ce que vous estimez qu'il y a quand même une espèce de bras de fer aujourd'hui,
09:20qui perdure sur des questions de principe,
09:23alors peut-être que le pays, dans la réalité, aimerait que ça avance un peu plus ?
09:28Je vous pose la question, c'est une question de bon sens, Cyril Sabanier.
09:31Oui, mais moi je trouve que c'est l'inverse.
09:32Est-ce qu'il y avait besoin, par une manœuvre politique vendredi dernier,
09:36avec une motion de rejet sur un texte d'ailleurs,
09:41qui a été proposée par le même parti qui a voté la motion de rejet ?
09:44Est-ce que c'était bien nécessaire de mettre le feu dans ce pays pour un 1er mai,
09:48alors qu'il y a d'autres questions ?
09:49Moi je n'entends pas les politiques parler de la transparence financière,
09:54dont il y a un texte qu'on doit aujourd'hui transposer au niveau national,
09:57qui est essentiel, y compris aujourd'hui pour le salaire des femmes.
10:01Personne n'en parle, et on va faire un buzz sur le 1er mai,
10:03qui honnêtement, et là je peux être d'accord avec Jean-Marc Silvestre sur sa première remarque,
10:08il y a d'autres sujets à parler, sur le côté...
10:11Moi je crois, François, que c'est effectivement une affaire politique-politicienne.
10:15Les syndicats ont sauté sur l'occasion, on veut rentrer dans la lumière,
10:19ça fait quand même deux mois que Sophie Bonnet n'avait pas fait un 20 heures,
10:24vous comprenez, ça commençait à lui manquer,
10:27complètement submergé par le reste de la politique.
10:29Je m'en serais passé, François, vous en seriez passé.
10:31La classe politique, et notamment le Blanc central,
10:33en a profité pour montrer qu'il n'était pas d'accord sur une politique.
10:36Il va y avoir un sacré boulot à faire pour se présenter et unifier.
10:40Mais Sylvain Attal a utilisé ça, c'est très clair,
10:44pour embêter son concurrent et ami, Edouard Philippe.
10:47Allez, on marque la pause là, tous les deux,
10:50et dans un instant nous évoquons ces prix des carburants.
10:52Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que doit faire le gouvernement
10:53pour soulager l'activité économique dans ce pays ?
10:56La suite de La Vérité en Face sur Sud de Radio.
10:59Jean-François Akili.
11:01Notre journaliste spécialiste des questions économiques,
11:04Jean-Marc Sylvestre et Cyril Sabanier,
11:06le président de la CFTC, la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.
11:09Deux invités ce matin.
11:11Nous avons au téléphone Rachid, qui nous appelle de Toulouse.
11:14Rachid, vous voulez intervenir dans ce débat ?
11:17Bonjour Rachid.
11:19Oui, bonjour.
11:20Allez, qu'est-ce que vous dites ce matin ?
11:21Vous voulez parler du 1er mai, j'imagine ?
11:23Oui, c'est ça, tout à fait.
11:24Je ne comprends pas, en France, c'est quand même un pays de liberté,
11:29on peut se permettre beaucoup de choses, mais je ne comprends pas.
11:32Pouvoir travailler le 1er mai, vouloir travailler, ça fait partie des libertés.
11:36Pouvoir travailler, je ne comprends pas pourquoi on fait tout ce cirque autour du 1er mai.
11:40A savoir aussi une petite chose qui me chagrine.
11:42On peut nous imposer une journée de solidarité qui n'est pas payée,
11:46mais on peut nous empêcher de vouloir travailler une journée où on a envie de travailler.
11:49Et payer double, oui.
11:51Et payer double.
11:52Je ne comprends pas en fait ce principe.
11:53On peut nous forcer à bosser gratuitement,
11:55mais on ne peut pas nous autoriser à vouloir bosser en étant payé double.
11:58Que faites-vous d'un avis, Rachid, sans indiscrétion ?
12:01Je suis artisan, je suis artisan dans le bâtiment.
12:03Oui, d'accord. Et vous, le 1er mai, donc vous ne travaillez pas ?
12:07Bien sûr que si.
12:08Ah, oui.
12:10C'est les salariés qui ne travaillent pas.
12:12Oui, c'est les salariés qui ne travaillent pas.
12:13Les patrons, les artisans peuvent travailler.
12:15Mais vos salariés travaillent ou pas ?
12:16Non. Vous êtes indépendant ?
12:18Non, non, moi je suis indépendant.
12:19Je travaille tout seul.
12:20Ma femme aussi travaille avec moi.
12:22Mais oui, je travaille le 1er mai,
12:24ainsi que la plupart des samedis et dimanches.
12:27Voilà, enfin, il faut remplir le frigo, comme on dit.
12:30Et votre message, globalement, Rachid, depuis Toulouse,
12:33c'est laissez-nous libre de choisir, c'est ce que vous dites ce matin ?
12:37C'est ça.
12:38Enfin, on nous impose certaines choses, mais on ne nous laisse pas décider d'autres.
12:42Enfin, je trouve que c'est un petit peu un double discours, en fait.
12:45Vous entendez, je dirais, il s'est banné.
12:47On va venir au prix de l'essence, mais quand même une réaction à ce qui est dit par notre
12:51auditeur Rachid.
12:53D'abord, je peux être d'accord avec lui sur un fait, c'est qu'on nous a imposé de
12:56travailler gratuitement sur la journée de solidarité,
12:59mais on s'était battu contre ça, donc là, je peux partager avec lui.
13:02Et ensuite, il est dans un cas spécifique, c'est un indépendant.
13:06Donc, il peut, lui, travailler.
13:08Après, il faut aussi accorder le fait que, je crois, une journée, encore une fois, chômé, non travaillé,
13:16dans lequel on peut se retrouver aussi en famille, profiter.
13:19On parle beaucoup aussi dans ce pays de cohésion sociale,
13:22d'avoir une journée où on peut se retrouver avec sa famille, ses amis, où on ne travaille pas,
13:26où on peut tous partager.
13:27Ça fait du bien, une journée dans l'année.
13:29On ne parle que de une journée, encore une fois.
13:30Allez, merci à vous, Rachid, depuis Toulouse, pour ce bonus autour du sujet 1er mai.
13:36Il y a une autre grande préoccupation.
13:39Elle est la conséquence directe de cette guerre qui se poursuit sous une autre forme,
13:43celle du blocus du détroit d'Hormuz en Iran.
13:48L'explosion durable, un des prix des carburants.
13:51Jean-Marc Sylvestre, un centime de baisse depuis le cessez-le-feu.
13:56Sébastien Lecornu avait promis 5 centimes.
13:59L'Allemagne suspend l'une de ses taxes.
14:01Elle est à 18 centimes moins chère.
14:04L'essence, on va dire le carburant, en Allemagne, pour deux mois environ provisoire.
14:09Qu'est-ce qu'il faut faire en France ?
14:10Alors que le discours officiel, c'est qu'il n'y a plus d'argent, on ne peut rien faire.
14:13Débrouillez-vous.
14:14C'est vrai que le discours officiel tient compte de la réalité.
14:16C'est-à-dire qu'on a des contraintes budgétaires qui nous empêchent de faire quelques libertés,
14:21que ce soit sur les tarifs et notamment sur les taxes.
14:24On a absolument besoin du revenu de ces taxes.
14:26Ce que je voudrais dire, c'est quand même tempérer un tout petit peu
14:31cette ambiance de commerce de la peur qui est en train de s'installer dans ce pays.
14:37Pour l'instant, il n'y a pas le feu.
14:38Pour l'instant, il n'y a pas le feu.
14:39Il y a une situation qui est tendue, qui est grave, qui est menaçante.
14:43Mais on n'a pas senti une réaction violente des marchés.
14:50Wall Street était plutôt en hausse hier soir.
14:52Et on regarde tout ça avec beaucoup d'attention.
14:55Quant au prix du pétrole, ils ont un peu bougé, c'est vrai.
14:58Mais là, ils ne se sont pas non plus enflammés à l'annonce des blocus.
15:03L'idée des marchés, c'est qu'il va y avoir une solution.
15:06L'idée des marchés, c'est que la crise rend intelligent en général des gens qui ont des responsabilités.
15:10et qu'au dernier moment, ils trouvent une réaction.
15:13Alors, ce qui va se passer, en revanche, c'est que si ça ne se règle pas maintenant,
15:17ça risque d'avoir des répercussions relativement graves sur l'économie mondiale, à ce moment-là,
15:22mais dans deux mois ou dans trois mois.
15:24Pourquoi ? Parce que vous avez une inflation qui est d'abord importée.
15:29Ce n'est pas une inflation que l'on fabrique nous-mêmes.
15:31On l'importe et on ne peut rien contre cette importation d'inflation.
15:34On ne peut pas se battre. Il n'y a qu'un seul outil.
15:36Je vous en parlerai tout à l'heure.
15:37Et puis, d'autre part, que cette inflation importée se diffuse.
15:39Elle contamine un certain nombre d'autres produits,
15:42comme les engrais, qui vont poser un problème sur les semailles,
15:46puis sur les récoltes, mais l'année prochaine.
15:48Comme un certain nombre d'objets plastiques, on est obligé de...
15:51Et puis, ça met en faillite, entre guillemets,
15:54toute cette zone du Golfe qui est très consommatrice.
15:57Très consommatrice.
16:00Dubaï, Arabes Unis, tout ça.
16:02Bon, ils n'ont plus de fermes.
16:03Alors, comment ça va se terminer ?
16:05Je n'en sais rien.
16:06J'espère qu'au dernier moment, il y aura quand même...
16:08Tout le monde, tout le monde, et surtout les pays du Golfe,
16:11ont intérêt à ce que ça se tasse.
16:13Oui, Cyril Chabagné, pour poursuivre ce que dit Jean-Marc Sylvestre.
16:15La position de la CFTC là-dessus, sur...
16:18Que doit faire le gouvernement ?
16:20Est-il raison de dire, écoutez, non, on ne fait rien,
16:22parce qu'au fond, ça se paiera à la sortie ?
16:26Non, je crois que le gouvernement doit agir,
16:28parce qu'aujourd'hui, le prix des carburants est monté de façon très très importante,
16:32et ça n'a pas des impacts que sur le prix de l'essence.
16:36Il y a tous les produits dérivés.
16:38Jean-Marc Sylvestre en parlait, que ce soit l'engrais, que ce soit le plastique,
16:42enfin, le nombre d'entreprises qui utilisent du plastique de manière conséquente est juste dingue.
16:45Donc, on a une inflation aujourd'hui qui repart à la hausse,
16:49et on arrive encore à peu près à vivre sur les stocks pour le moment,
16:54mais si ça ne se résout pas, le plus dur est à venir,
16:57et les prix peuvent encore flamber avant l'été,
17:00y compris d'ailleurs les entreprises qui fabriquent leurs produits aujourd'hui dérivés de carburants,
17:05qui arrivent encore à travailler par rapport à leurs stocks,
17:08acheter à des prix corrects, mais qui de même vont devoir augmenter les prix.
17:11Donc, moi, je pense qu'il faut jouer sur les taxes.
17:16Je comprends que le gouvernement nous dit qu'on n'a pas beaucoup d'argent,
17:19ça sera encore très très discutable,
17:21mais il y a un effet mécanique que la grande partie du prix des carburants est faite de taxes.
17:2856% ?
17:29Oui.
17:29Au moment où, quand le prix augmente,
17:32les recettes de l'État liées à ces taxes augmentent fortement.
17:35Est-ce que c'est quand même très très moral qu'au moment où les salariés,
17:38où nos concitoyens ont du mal à faire le plein d'essence,
17:41où ça joue sur le pouvoir d'achat,
17:42on voit l'État récupérer de l'argent de manière artificielle,
17:47à une espèce d'effet d'aubaine important.
17:48C'est l'argument de certaines formations politiques,
17:50notamment le Rennes d'ailleurs au passage.
17:51Oui, donc il faut baisser les taxes.
17:54Il y a une solution qui a été faite en Allemagne.
17:56On a une taxe aujourd'hui temporaire de 17 centimes d'euros
17:58pour financer la transition écologique, c'est une bonne chose.
18:01Oui, le certificat d'énergie.
18:02Est-ce qu'on ne peut pas la suspendre pendant quelques mois ?
18:05Cette taxe-là, ça permettrait de faire baisser le prix de 17 centimes.
18:08Donc oui, il faut jouer sur les taxes.
18:10Et puis on peut aussi jouer,
18:11et ça avait été évoqué, ça a été mis en place par 5 ou 6 pays européens aujourd'hui,
18:15d'une taxe, ce qu'on appelle sur les effets d'aubaine,
18:19c'est-à-dire une surtaxe,
18:21pour des entreprises qui font beaucoup de bénéfices
18:25par un effet d'aubaine,
18:26pour lequel en fait elles ne sont pas responsables,
18:29sur le prix des carburants.
18:31Donc déjà avec ça, ça pourrait jouer de manière importante.
18:33Jean-Marc Sylvain, c'est une marge de manœuvre envisageable ?
18:37Parce qu'apparemment le gouvernement n'en veut pas non plus.
18:39On peut toujours l'envisager, mais non seulement le gouvernement n'en veut pas,
18:42mais surtout, il ne peut pas le faire compte tenu de notre situation budgétaire qui est catastrophique.
18:48Il faudrait trouver des revenus alternatifs,
18:51ou il faudrait trouver des économies de dépenses.
18:54Les revenus alternatifs compensatoires, on ne va pas les trouver,
18:57et taper dans des dépenses.
19:00Eh bien, vous avez tout le monde syndical et l'opposition politique qui le renoncera.
19:04Nous avons une des situations budgétaires les plus mauvaises de l'Europe.
19:08Plus mauvaises que l'Allemagne, évidemment.
19:09On peut avoir les mêmes rentrées d'argent,
19:11puisque mécaniquement, quand le prix augmente...
19:13Vous avez la consommation qui a baissé.
19:15Vous savez, la consommation ne baisse pas énormément pour le moment.
19:18On ne peut pas à la fois se plaindre sur le pouvoir d'achat,
19:19parce qu'on ne peut pas consommer,
19:20et dire de l'autre côté qu'on n'a pas de consommation.
19:22Jean-Marc Sylvain, ça baisse dans les grandes villes
19:24où il y a les transports adéquats,
19:26où on peut se passer de la voiture.
19:28Une grosse partie de notre pays, la voiture malheureusement,
19:31ne peut pas faire pour ça.
19:31Il devrait y avoir une prise de confiance.
19:33Et on retombe sur l'affaire du 1er mai,
19:35et votre choix d'avoir traité le 1er mai était très judicieux,
19:38c'est qu'on s'attache à des petits détails
19:41et on se cache l'essentiel de la crise.
19:45On nous a un problème structurel.
19:46Un problème structurel de fonctionnement du modèle social,
19:49qui est trop appuyé sur le commerce des hydrocarbures,
19:52comme sur le travail d'ailleurs,
19:53parce que vous avez le même problème sur les charges de travail.
19:56Et puis, il faut trouver des moyens structurels
19:59pour avoir plus d'indépendance.
20:00Sur les hydrocarbures, on n'est pas aussi dépendant
20:03que ce que l'on dit des hydrocarbures du Moyen-Orient.
20:05Ils représentent à peu près 25% de notre consommation globale.
20:09Donc, on peut trouver des solutions alternatives.
20:11On aura beaucoup plus de mal à trouver des solutions alternatives
20:14pour barrer la route à l'inflation importée par les engrais,
20:17par les plastiques, par l'hélium, par le digital,
20:21par tous les produits qui passent par le détroit d'Ormous.
20:24C'est là qu'il faut faire un certain nombre d'efforts,
20:26qu'il nécessiterait des réformes importantes,
20:29ce que ne fait pas le gouvernement.
20:30Le gouvernement s'accroche à son fauteuil
20:33de façon à durer et à attendre que ça se passe.
20:36C'est une conclusion, parce qu'il faut boucler cet échange là-dessus,
20:41Cyril Chabagné.
20:42Il faut que ça bouge un peu quand même, non ?
20:44Vous n'avez pas d'interlocuteur au gouvernement là-dessus ?
20:46Si, nous avons été reçus la semaine dernière par le ministre de l'économie,
20:50M. Roland Lescure.
20:51Qu'est-ce qu'il dit ?
20:52Il nous dit aujourd'hui qu'il faut, pour lui,
20:54il faut aider les entreprises dans des secteurs cibles.
21:00Mais il n'y a pas grand-chose qui est fait au niveau des salariés,
21:03hormis la possibilité de réactiver ce qui avait été fait
21:05durant la crise Covid, c'est-à-dire du chômage partiel, etc.,
21:09pour aider les salariés, pour éviter les licenciements,
21:13parce qu'on voit quand même beaucoup de licenciements qui commencent à arriver.
21:16Les sociétés de transport, par exemple, pour avoir de la trésorerie,
21:19vendent une partie de leur flotte de camions,
21:21donc c'est des emplois aussi qui se perdent, pour enflouer.
21:24Donc il faut absolument lutter contre l'inflation,
21:26donner des aides sur le carburant,
21:28et baisser un petit peu les taxes, quand même,
21:31parce qu'on ne peut pas avoir...
21:33Jean-Marc Cédérat, si on ne réussit pas,
21:36prendre conscience qu'il faut des réformes de structure
21:38pour régler ce problème durablement,
21:39ce sont les taux d'intérêt qui régleront le problème.
21:42Et les taux d'intérêt, aujourd'hui,
21:43les banques centrales européennes se tiennent dès demain
21:46pour s'empêcher de les monter,
21:48et ce sera pourtant pour eux la seule solution.
21:50Mais discuter de notre modèle social, nous on est pour.
21:53Et les taux d'intérêt, c'est quoi ?
21:54C'est la perspective d'une crise financière
21:56et d'une crise de la dette qui sera là-fois.
21:58Merci, il faut rediscuter du modèle social,
21:59et c'est une chose prioritaire.
22:00Merci Jean-Marc Sylvestre, oui, le vaste sujet.
22:02Merci Cyril Chabagné, et bonjour à vous Valérie Exper.
22:06Bonjour Jean-François qui...
22:07Mettez-vous d'accord.
22:08Les sujets, écoutez, c'est la semaine de la planète sur Sud Radio,
22:10vous le savez, toute la semaine,
22:12et aujourd'hui avec Félix Mathieu,
22:13on va parler voitures électriques.
22:15Est-ce que c'est un bon plan si on veut rouler plus ?
22:20Et puis on essaiera de comprendre un petit peu
22:22cet engouement pour les voitures électriques
22:23avec la hausse du prix de l'essence.
22:26C'est bon pour la planète ?
22:27Est-ce que c'est bon pour le porte-monnaie ?
22:29On va revenir sur cette enquête du Centre National du Livre.
22:32La lecture chez les jeunes s'effondre.
22:35C'est absolument dramatique dans tous les milieux,
22:37dans tous les secteurs, tout âge.
22:41Oui, c'est gigantesque.
22:42Oui, c'est gigantesque, donc on va en reparler.
22:44Et puis le 1er mai, travailler pour les boulangers
22:47et les fleuries, ça fait pchit.
22:50Là aussi, dites-nous ce que vous en pensez.
22:520826-300-300, à tout de suite.
22:54Bonne émission.
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