00:01Et le focus du jour concerne bien évidemment le détroit d'Hormuz, mais pas que, on va également parler d
00:06'indicateurs économiques aux Etats-Unis.
00:09Pour en parler et pour décrypter l'actualité économique et boursière, nous avons le plaisir d'être à distance avec
00:15Florian Yelpo. Bonjour Florian.
00:17Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
00:19Merci d'être avec nous, vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
00:22Un point sur la tendance à Paris tout d'abord, un CAC 40 qui recule, moins 0,19% à
00:278 099 points.
00:28On a un DAX qui lui est repassé dans le vert, plus 0,17% à 24 333 points.
00:33On a suivi depuis 6h du matin l'attente de l'ouverture des marchés européens en réaction aux annonces et
00:42à l'actualité de ce week-end,
00:44notamment en ce qui concerne le détroit d'Hormuz, Florian Yelpo, on a d'un côté une incertitude qui demeure
00:49entre les Etats-Unis et l'Iran qui se renvoie la balle régulièrement.
00:54Et puis on a quand même cette annonce du président américain qui nous dit que les navires marchands seront désormais
01:01escortés par l'armée américaine.
01:04Que comprendre, comment analyser en ce début de semaine ce qui se joue au niveau du détroit d'Hormuz, Florian
01:10Yelpo ?
01:11Et pas que. En plus de ça, on a également de la communication en provenance de l'Iran
01:15qui annonce déjà avoir entretenu des négociations avec les Etats-Unis.
01:19Donc pour le moment, comme depuis le début de cette situation, dans l'ensemble c'est l'incertitude qui domine.
01:25On a la peine à différencier ce qui est le signal de ce qui est le bruit.
01:29La preuve en est, c'est qu'à ce matin, le prix du Brent reste aux alentours de 108 dollars
01:34le baril.
01:35C'est-à-dire qu'on n'a pas retiré, on n'a pas éliminé la prime géopolitique.
01:40Loin s'en faut.
01:41Pour le moment, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le marché traite globalement cette situation comme une
01:45crise pétrolière.
01:46C'est-à-dire qu'on a une progression des prix marqués.
01:48Cette progression va amener un peu d'inflation et peut-être un peu plus d'amener les taux à atteindre
01:54des niveaux un peu plus élevés.
01:56Le vrai problème, c'est une constriction de l'offre.
01:59On a une atrophie de l'offre de l'ordre de 10% de l'offre manquante.
02:03Et ce, depuis le début du conflit.
02:05Il n'y a plus d'échanges de missiles.
02:07La partie guerre, pour l'instant, a atteint une forme de statu quo.
02:11Par contre, le détroit est toujours fermé.
02:13La circulation des produits énergétiques et des fertilisants est toujours congestionnée.
02:19L'urgence de la solution, l'urgence à résoudre aujourd'hui, c'est justement de rétablir un passage.
02:27Alors, le marché, pour le moment, reste prudent pour répondre à votre question.
02:30Avec l'information, on imagine mal comment la Navy American va réussir justement à décongestionner le détroit.
02:37Pourtant, c'est ce dont le monde, l'économie mondiale, aujourd'hui a besoin.
02:42Alors, effectivement, le baril de Brent reste aux alentours des 108 dollars.
02:46Avec toujours cette double question, il y a ceux qui nous disent que le prix du pétrole monte.
02:52Et ceux qui nous disent qu'il reste quand même à un niveau qui laisse entendre que la crise va
02:57se résoudre.
02:58Et ça reste le scénario principal.
02:59Une question qu'on peut se poser quand on est investisseur, Faurien Yelpo, c'est à partir de quel moment,
03:04de quelle durée du conflit, du blocage du détroit d'Ormousse,
03:07ça devient vraiment problématique durablement pour l'économie et donc les performances boursières ?
03:15Il y a deux effets.
03:16Le premier effet, c'est l'effet de l'inflation.
03:18Là, passé trois mois, normalement, statistiquement, on commence à générer, à transformer l'inflation en énergétique en inflation-inflation.
03:26L'inflation, c'est l'élévation globale du niveau des prix.
03:29Ce n'est pas juste la progression du prix du baril.
03:31Donc, l'inflation énergétique se mute en inflation-inflation à partir du moment où elle reste soutenue pendant une période
03:37de trois mois.
03:37Six mois, évidemment, les effets sont encore plus visibles.
03:40Pourquoi c'est important ?
03:41Parce que qui dit inflation-inflation dit réaction des banques centrales.
03:44Donc, taux d'intérêt marginalement, voire un peu plus élevé que marginalement.
03:48Ça, c'est le premier élément.
03:49Le deuxième élément, c'est l'effet réel.
03:52Qu'est-ce que ça peut conduire à produire comme effet sur l'économie réelle ?
03:57Là, les simulations sont assez claires.
03:59Il faut environ six mois pour voir un effet réel.
04:04Un effet réel négatif sur les résultats, un croissement des coûts, générant des pertes,
04:10enfin des pertes en tout cas de moindre marge pour les grandes entreprises, premier élément.
04:16Et puis, deuxième élément, un effet, une taxe non votée, négative sur la consommation globale.
04:22Mais pour ça, encore une fois, il faut que l'on commence à intégrer,
04:26que l'élévation des prix commence à être ce qui pourrait sembler permanent.
04:31Il faut que la progression des prix nous donne l'impression d'être permanente
04:35pour qu'on puisse intégrer cet élément-là dans notre calcul au quotidien.
04:38Donc, trois mois sans l'inflation et six mois sans l'économie réelle.
04:41Un mot de cette semaine qui nous attend, notamment en matière de publication de résultats.
04:47Bien sûr, on y reviendra, mais surtout d'indicateurs économiques.
04:50Florian Yelpeau, on attend notamment l'ISM des services,
04:53le chiffre de la création des emplois aux États-Unis.
04:56C'est vrai qu'avec la thématique IA et le sujet du détroit d'Hormuz,
05:01les annonces de Banque centrale la semaine dernière sont presque un peu passées sous le radar.
05:05Mais il y a quand même ces sujets qui restent sur la table de performances économiques,
05:12notamment aux États-Unis.
05:13Et puis, ce chiffre économique illustre parfaitement ce qui préoccupe les marchés aujourd'hui,
05:17ce grand affrontement entre l'entonnoir du détroit d'Hormuz
05:23et puis, vous en parliez à l'instant,
05:26les fortes à fortes progressions des résultats du côté de la tech.
05:30Alors, d'abord, on va avoir l'ISM des services avancés de l'économie des services aux États-Unis.
05:39Pourquoi c'est important ?
05:40Parce qu'il y a une composante qui s'appelle prix payé à l'intérieur
05:43et qu'on va pouvoir mieux mesurer, entre mars et avril,
05:46comment évoluent les coûts de production des services.
05:48Parce qu'encore une fois, la première problématique, c'est l'inflation.
05:52Le deuxième élément, c'est l'emploi.
05:54Alors, on a pu lire, il y a des études qui sont menées très sérieuses à ce sujet,
05:57qui montrent que le marché de l'emploi pourrait être chahuté par l'IA.
06:02Chahuté dans le mauvais sens du terme,
06:03c'est-à-dire que l'IA pourrait conduire à des destructions d'emplois.
06:06Le dernier rapport sur les créations d'emplois aux États-Unis
06:09montrait précisément le contraire, précisément l'inverse,
06:12avec une très forte surprise positive.
06:15Cette fois-ci, on attend 65 000 créations d'emplois.
06:17Aujourd'hui, selon nos estimés, vous avez une vaste majorité
06:21des secteurs qui sont affectés négativement.
06:23Mais, on a environ 20% des secteurs qui constituent l'économie américaine
06:28qui ont connu une accélération des embauches.
06:31Et ce sont ces secteurs-là, notamment les services à la personne,
06:34qui expliquent la surprise positive du mois passé.
06:37Donc, on a vraiment Hormuz versus l'IA qui anime également les chiffres économiques.
06:42Les marchés, ils seront attentifs à n'en pas douter.
06:45Un mot rapide, Florian Yelpo, de cette saison des résultats qui se poursuit.
06:51Peut-on aller encore plus haut ?
06:53Et comment est-ce qu'on valorise des résultats encore plus élevés,
06:56notamment pour les GAFAM, en ce premier trimestre 2026 ?
07:01Je pense que la perspective de l'économiste sur cette saison des résultats
07:06est qu'on parle beaucoup de l'IA.
07:09On est impressionné par les performances économiques du secteur de l'IA
07:13et notamment le complexe des semi-conducteurs.
07:15C'est une évidence, mais on devrait peut-être détourner le regard du reste des secteurs,
07:21notamment par exemple le secteur des industries, le secteur industriel,
07:25le secteur de la consommation discrétionnaire,
07:27où on a aussi des surprises qui, lors de saisons précédentes,
07:31auraient été impressionnantes puisqu'elles dépassent les 10 %.
07:33C'est-à-dire que les bénéfices, la moyenne des bénéfices de ces deux secteurs
07:38dépassent les 10 % en surprise du consensus.
07:42Donc vous le voyez, oui, il y a la problématique de l'IA,
07:45oui, on a l'impression que c'est l'IA qui va tirer la côte,
07:48qui supporte les marchés aujourd'hui.
07:50Attention, parce que les performances économiques en dehors,
07:53stricto sensu, du marché de la tech,
07:56ces performances-là sont également très positives.
07:58Et ça, c'est très cohérent avec l'amélioration globale du momentum économique
08:02qu'on observe notamment aux États-Unis et dans certains pays émergents.
08:05Merci, Florian Yelpo d'avoir été avec nous.
08:07Je rappelle que vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard, Audier, IEM.
08:10Merci beaucoup.
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