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  • il y a 23 heures
Ce lundi 4 mai, l'opération "Project Freedom" lancée par Donald Trump, qui vise à débloquer le détroit d'Ormuz, la résistance de l'économie américaine face au conflit en Iran, et les performances économiques du secteur de la tech, ont été abordées par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Et le focus du jour concerne bien évidemment le détroit d'Hormuz, mais pas que, on va également parler d
00:06'indicateurs économiques aux Etats-Unis.
00:09Pour en parler et pour décrypter l'actualité économique et boursière, nous avons le plaisir d'être à distance avec
00:15Florian Yelpo. Bonjour Florian.
00:17Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
00:19Merci d'être avec nous, vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
00:22Un point sur la tendance à Paris tout d'abord, un CAC 40 qui recule, moins 0,19% à
00:278 099 points.
00:28On a un DAX qui lui est repassé dans le vert, plus 0,17% à 24 333 points.
00:33On a suivi depuis 6h du matin l'attente de l'ouverture des marchés européens en réaction aux annonces et
00:42à l'actualité de ce week-end,
00:44notamment en ce qui concerne le détroit d'Hormuz, Florian Yelpo, on a d'un côté une incertitude qui demeure
00:49entre les Etats-Unis et l'Iran qui se renvoie la balle régulièrement.
00:54Et puis on a quand même cette annonce du président américain qui nous dit que les navires marchands seront désormais
01:01escortés par l'armée américaine.
01:04Que comprendre, comment analyser en ce début de semaine ce qui se joue au niveau du détroit d'Hormuz, Florian
01:10Yelpo ?
01:11Et pas que. En plus de ça, on a également de la communication en provenance de l'Iran
01:15qui annonce déjà avoir entretenu des négociations avec les Etats-Unis.
01:19Donc pour le moment, comme depuis le début de cette situation, dans l'ensemble c'est l'incertitude qui domine.
01:25On a la peine à différencier ce qui est le signal de ce qui est le bruit.
01:29La preuve en est, c'est qu'à ce matin, le prix du Brent reste aux alentours de 108 dollars
01:34le baril.
01:35C'est-à-dire qu'on n'a pas retiré, on n'a pas éliminé la prime géopolitique.
01:40Loin s'en faut.
01:41Pour le moment, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le marché traite globalement cette situation comme une
01:45crise pétrolière.
01:46C'est-à-dire qu'on a une progression des prix marqués.
01:48Cette progression va amener un peu d'inflation et peut-être un peu plus d'amener les taux à atteindre
01:54des niveaux un peu plus élevés.
01:56Le vrai problème, c'est une constriction de l'offre.
01:59On a une atrophie de l'offre de l'ordre de 10% de l'offre manquante.
02:03Et ce, depuis le début du conflit.
02:05Il n'y a plus d'échanges de missiles.
02:07La partie guerre, pour l'instant, a atteint une forme de statu quo.
02:11Par contre, le détroit est toujours fermé.
02:13La circulation des produits énergétiques et des fertilisants est toujours congestionnée.
02:19L'urgence de la solution, l'urgence à résoudre aujourd'hui, c'est justement de rétablir un passage.
02:27Alors, le marché, pour le moment, reste prudent pour répondre à votre question.
02:30Avec l'information, on imagine mal comment la Navy American va réussir justement à décongestionner le détroit.
02:37Pourtant, c'est ce dont le monde, l'économie mondiale, aujourd'hui a besoin.
02:42Alors, effectivement, le baril de Brent reste aux alentours des 108 dollars.
02:46Avec toujours cette double question, il y a ceux qui nous disent que le prix du pétrole monte.
02:52Et ceux qui nous disent qu'il reste quand même à un niveau qui laisse entendre que la crise va
02:57se résoudre.
02:58Et ça reste le scénario principal.
02:59Une question qu'on peut se poser quand on est investisseur, Faurien Yelpo, c'est à partir de quel moment,
03:04de quelle durée du conflit, du blocage du détroit d'Ormousse,
03:07ça devient vraiment problématique durablement pour l'économie et donc les performances boursières ?
03:15Il y a deux effets.
03:16Le premier effet, c'est l'effet de l'inflation.
03:18Là, passé trois mois, normalement, statistiquement, on commence à générer, à transformer l'inflation en énergétique en inflation-inflation.
03:26L'inflation, c'est l'élévation globale du niveau des prix.
03:29Ce n'est pas juste la progression du prix du baril.
03:31Donc, l'inflation énergétique se mute en inflation-inflation à partir du moment où elle reste soutenue pendant une période
03:37de trois mois.
03:37Six mois, évidemment, les effets sont encore plus visibles.
03:40Pourquoi c'est important ?
03:41Parce que qui dit inflation-inflation dit réaction des banques centrales.
03:44Donc, taux d'intérêt marginalement, voire un peu plus élevé que marginalement.
03:48Ça, c'est le premier élément.
03:49Le deuxième élément, c'est l'effet réel.
03:52Qu'est-ce que ça peut conduire à produire comme effet sur l'économie réelle ?
03:57Là, les simulations sont assez claires.
03:59Il faut environ six mois pour voir un effet réel.
04:04Un effet réel négatif sur les résultats, un croissement des coûts, générant des pertes,
04:10enfin des pertes en tout cas de moindre marge pour les grandes entreprises, premier élément.
04:16Et puis, deuxième élément, un effet, une taxe non votée, négative sur la consommation globale.
04:22Mais pour ça, encore une fois, il faut que l'on commence à intégrer,
04:26que l'élévation des prix commence à être ce qui pourrait sembler permanent.
04:31Il faut que la progression des prix nous donne l'impression d'être permanente
04:35pour qu'on puisse intégrer cet élément-là dans notre calcul au quotidien.
04:38Donc, trois mois sans l'inflation et six mois sans l'économie réelle.
04:41Un mot de cette semaine qui nous attend, notamment en matière de publication de résultats.
04:47Bien sûr, on y reviendra, mais surtout d'indicateurs économiques.
04:50Florian Yelpeau, on attend notamment l'ISM des services,
04:53le chiffre de la création des emplois aux États-Unis.
04:56C'est vrai qu'avec la thématique IA et le sujet du détroit d'Hormuz,
05:01les annonces de Banque centrale la semaine dernière sont presque un peu passées sous le radar.
05:05Mais il y a quand même ces sujets qui restent sur la table de performances économiques,
05:12notamment aux États-Unis.
05:13Et puis, ce chiffre économique illustre parfaitement ce qui préoccupe les marchés aujourd'hui,
05:17ce grand affrontement entre l'entonnoir du détroit d'Hormuz
05:23et puis, vous en parliez à l'instant,
05:26les fortes à fortes progressions des résultats du côté de la tech.
05:30Alors, d'abord, on va avoir l'ISM des services avancés de l'économie des services aux États-Unis.
05:39Pourquoi c'est important ?
05:40Parce qu'il y a une composante qui s'appelle prix payé à l'intérieur
05:43et qu'on va pouvoir mieux mesurer, entre mars et avril,
05:46comment évoluent les coûts de production des services.
05:48Parce qu'encore une fois, la première problématique, c'est l'inflation.
05:52Le deuxième élément, c'est l'emploi.
05:54Alors, on a pu lire, il y a des études qui sont menées très sérieuses à ce sujet,
05:57qui montrent que le marché de l'emploi pourrait être chahuté par l'IA.
06:02Chahuté dans le mauvais sens du terme,
06:03c'est-à-dire que l'IA pourrait conduire à des destructions d'emplois.
06:06Le dernier rapport sur les créations d'emplois aux États-Unis
06:09montrait précisément le contraire, précisément l'inverse,
06:12avec une très forte surprise positive.
06:15Cette fois-ci, on attend 65 000 créations d'emplois.
06:17Aujourd'hui, selon nos estimés, vous avez une vaste majorité
06:21des secteurs qui sont affectés négativement.
06:23Mais, on a environ 20% des secteurs qui constituent l'économie américaine
06:28qui ont connu une accélération des embauches.
06:31Et ce sont ces secteurs-là, notamment les services à la personne,
06:34qui expliquent la surprise positive du mois passé.
06:37Donc, on a vraiment Hormuz versus l'IA qui anime également les chiffres économiques.
06:42Les marchés, ils seront attentifs à n'en pas douter.
06:45Un mot rapide, Florian Yelpo, de cette saison des résultats qui se poursuit.
06:51Peut-on aller encore plus haut ?
06:53Et comment est-ce qu'on valorise des résultats encore plus élevés,
06:56notamment pour les GAFAM, en ce premier trimestre 2026 ?
07:01Je pense que la perspective de l'économiste sur cette saison des résultats
07:06est qu'on parle beaucoup de l'IA.
07:09On est impressionné par les performances économiques du secteur de l'IA
07:13et notamment le complexe des semi-conducteurs.
07:15C'est une évidence, mais on devrait peut-être détourner le regard du reste des secteurs,
07:21notamment par exemple le secteur des industries, le secteur industriel,
07:25le secteur de la consommation discrétionnaire,
07:27où on a aussi des surprises qui, lors de saisons précédentes,
07:31auraient été impressionnantes puisqu'elles dépassent les 10 %.
07:33C'est-à-dire que les bénéfices, la moyenne des bénéfices de ces deux secteurs
07:38dépassent les 10 % en surprise du consensus.
07:42Donc vous le voyez, oui, il y a la problématique de l'IA,
07:45oui, on a l'impression que c'est l'IA qui va tirer la côte,
07:48qui supporte les marchés aujourd'hui.
07:50Attention, parce que les performances économiques en dehors,
07:53stricto sensu, du marché de la tech,
07:56ces performances-là sont également très positives.
07:58Et ça, c'est très cohérent avec l'amélioration globale du momentum économique
08:02qu'on observe notamment aux États-Unis et dans certains pays émergents.
08:05Merci, Florian Yelpo d'avoir été avec nous.
08:07Je rappelle que vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard, Audier, IEM.
08:10Merci beaucoup.
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