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  • il y a 2 jours
Ce lundi 19 janvier, Erick Muller, responsable des stratégies obligataires corporate chez Muzinich & Co, et Hervé Amourda, économiste chez Pro BTP Finance et membre du comité stratégique de BSI Economics, ont débattu des menaces de Donald Trump d'imposer de nouveaux droits de douane aux pays s'opposant à une annexion du Groenland par les États-Unis, des tensions autour de l'indépendance de la Fed, ainsi que de l'importance de l'intelligence artificielle en termes de productivité, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec un petit peu d'avance et le face-à-face ce matin, deux invités, Hervé Amourda, économiste chez ProBTP Finance et membre du comité stratégique de BSI Economics.
00:08Bonjour Hervé, merci d'être avec nous ce matin en compagnie de Eric Müller qui est responsable des stratégies obligataires corporate chez Musini Canco.
00:16Bonjour Eric, merci à tous les deux de nous accompagner ce matin.
00:20Alors bon, on avait prévu de parler de plein de sujets et puis une nouvelle fois, Donald Trump chamboule un petit peu tout.
00:24Ça se voit sur les marchés qui sont un petit peu pris de coût par rapport à ses tarifs douaniers.
00:29Donald Trump qui met la pression sur les membres de l'OTAN afin d'avoir le Groenland.
00:35Potentiellement 10% de droits de douane à partir du 1er février, 25% à partir du mois de juin.
00:40Bon, ça rappelle un petit peu des souvenirs, ces tweets comme ça de Donald Trump en plein milieu d'un week-end, Eric.
00:48Oui, ça ressemble à ce qu'on avait connu un peu en début d'année 2025.
00:53Bon, cela dit, aujourd'hui la situation est différente.
00:56D'abord, on a appris que ces annonces pouvaient bouger.
01:01Et puis, je voudrais rappeler que la mise en place de ce genre de tarifs, aujourd'hui, c'est compliqué.
01:07Parce que quel est le pouvoir qu'il va utiliser pour ça ?
01:10Probablement le pouvoir qu'il a déjà utilisé pour les tarifs en avril.
01:13Mais vous savez que la Cour suprême aux États-Unis est en train d'étudier la capacité,
01:18et effectivement, pour le président, d'utiliser comme ça ce genre de pouvoir.
01:24Donc, ce n'est pas si facile à implémenter pour les États-Unis.
01:29Ce n'est pas si facile parce que les pays qui sont visés, il y en a six,
01:33et on en est dans une union douanière.
01:36Donc, c'est un peu compliqué aussi.
01:38Donc, la règle, ça va être le pays d'origine pour les exportations.
01:41Et ça, ça va être un peu plus compliqué à mettre en place d'ici le 1er février,
01:47si ça, c'est la menace en question.
01:50Donc, c'est assez complexe dans sa mise en place.
01:53Il est possible qu'à Davos, puisqu'il sera à Davos mercredi et jeudi,
01:57il est possible que tout le monde discute et qu'on voit qu'on essaye de faire une désescalade de la tension.
02:02Parce que, concrètement, c'est très compliqué.
02:05Et vous voyez que l'Europe a déjà préparé des mesures de rétorsion.
02:09Ces mesures de rétorsion, on les connaît.
02:11Elles avaient été travaillées l'été dernier,
02:14lorsqu'il y a eu cette discussion sur les accords tarifaires avec l'Europe.
02:18Il y a donc un paquet sur 93 milliards de biens venant des États-Unis
02:24qui pourraient être concernés par des taxes supplémentaires.
02:27Et puis, il y a l'outil ultime, qui est l'outil d'anticoercition,
02:31qui est un peu plus compliqué à mettre en place, un peu plus long, mais beaucoup plus puissant.
02:37En tout cas, une chose est sûre.
02:38Ça vient rajouter de l'incertitude pour les acteurs économiques.
02:40Hervé Amourda.
02:42On l'a vu l'an passé, on a des acteurs qui ont quand même réussi à s'adapter
02:45par rapport à cette droite douane, que ce soit en changeant la chaîne logistique,
02:50en faisant des stocks.
02:51On voit quand même la capacité pour les entreprises à s'adapter.
02:56Mais aujourd'hui, vous êtes chez l'entreprise.
02:57Est-ce que vous allez lancer un projet d'investissement ? Est-ce que vous allez recruter, etc. ?
03:01Ça, quand même, ça coûte à l'économie ?
03:03Bien sûr, bien sûr.
03:05L'incertitude, là, que vous mentionnez, la Commission européenne l'avait estimée.
03:10Si ça dure trois à six mois au minimum, parce qu'en dessous de trois mois,
03:13les acteurs ne le prennent pas en compte,
03:15si ça dure trois à six mois, c'est à peu près 0,4 à 0,5 points de PIB sur l'année.
03:19Donc, c'est beaucoup.
03:20C'est majeur.
03:20C'est vraiment quelque chose qu'il faut prendre en compte.
03:23Maintenant, ce qu'on a vu l'année dernière,
03:25effectivement, on a pas mal d'éléments qui nous permettent d'anticiper aussi
03:30ce qui peut se passer aujourd'hui.
03:31C'est l'anticipation, donc le stockage, d'abord,
03:34avant l'annonce des droits de douane d'avril.
03:36La plupart des industriels avaient restocké massivement
03:39pour ne pas faire face à ces droits de douane.
03:43Et on l'a vu à un deuxième moment l'année dernière,
03:44c'est en octobre, sur les produits pharmaceutiques,
03:47lorsque Donald Trump avait à nouveau menacé les produits pharmaceutiques.
03:49Eh bien, on a, et d'ailleurs, ça a fait gonfler les chiffres aujourd'hui
03:52de PIB américains, puisqu'on a eu une contraction très forte
03:56des importations de produits pharmaceutiques.
03:58Donc, on sent bien que la première réaction presque épidermique
04:01à ces annonces-là, c'est de stocker.
04:04C'est de ne pas manquer d'approvisionnement,
04:06c'est d'assurer la chaîne de valeur,
04:07d'assurer la possibilité de pouvoir ensuite servir la demande.
04:10Donc ça, ce premier impact, je pense qu'on le verra.
04:13Ensuite, effectivement, il y a des acteurs plus ciblés que d'autres
04:15de par notre commerce bilatéral avec les États-Unis,
04:19le secteur automobile, bien évidemment.
04:22Mais on a des moyens aujourd'hui de rétorquer,
04:25et vous l'avez très bien dit,
04:26la réponse de l'Union européenne,
04:28elle a déjà été travaillée, elle est déjà en place.
04:31C'est vrai qu'on a été un peu déçus de l'accord,
04:33parce qu'on s'est dit qu'on pouvait aller chercher un peu mieux.
04:36Mais quand on regarde, au final,
04:37les droits de douane effectifs que nous payons aujourd'hui
04:41à fin 2025, ils sont extrêmement faibles.
04:43Ils sont de l'ordre de 2 à 6 %, selon comment on calcule,
04:47si on prend le poids du commerce de l'année passée ou en temps réel.
04:52Mais donc, finalement, on ne s'en est pas si mal sorti
04:54dans la première négociation.
04:56Je pense que ça pourrait être le cas à nouveau,
04:58à une différence près,
04:59c'est que lors de la première implémentation des droits de douane,
05:02on essayait de corriger un déficit commercial.
05:05Cette fois-ci, c'est un sujet politique et géopolitique
05:08qui est le Groenland.
05:08Est-ce qu'on va réussir à donner raison à Donald Trump sur le Groenland ?
05:12Aujourd'hui, la position européenne est assez claire.
05:14Mais est-ce qu'elle peut évoluer ?
05:15Est-ce qu'elle va évoluer ?
05:17C'est là que, finalement, tout est l'enjeu.
05:19En tout cas, ce matin, les marchés ne paniquent pas.
05:20Loin de là, certes, les indices perdent près de 1 %,
05:23mais il n'y a pas de grande réaction sur le marché obligataire,
05:25Eric, ce matin.
05:27Non.
05:27Et l'euro tient plutôt bien.
05:29On a même un euro-dollar qui progresse très légèrement.
05:31Au-delà des 1,16, on est à 1,16, 24.
05:33Preuve, peut-être, qu'ils se sont un petit peu habitués à tout cela.
05:37Oui, il faut voir aussi que cette annonce arrive à un moment donné
05:40où les anticipations sur 2026 étaient relativement positives.
05:44On avait une sorte de rebond cyclique poussé par les déficits en Allemagne,
05:49poussé par la politique budgétaire aux États-Unis,
05:52et toutes les anticipations de croissance
05:54étaient en train d'être revues à la hausse pour l'économie mondiale.
05:59Et cette annonce tarifaire vient à un moment donné
06:01où il y avait une sorte de momentum un peu positif,
06:04à part pour la Chine.
06:07Et donc, ça peut éventuellement atténuer la réaction des marchés
06:10dans un premier temps.
06:12Mais effectivement, on finit par s'habituer.
06:15Et je crois qu'il y a encore une quinzaine de jours pour discuter.
06:18Vous l'avez souligné, l'utilisation du tarif ici,
06:20ce n'est pas du tout à début de réduire le déficit commercial.
06:24Et cette utilisation, un peu à tout va, des tarifs
06:28peut poser un problème, même aux États-Unis,
06:30où on voit déjà certaines voix qui commencent clairement,
06:33dans le camp républicain, à s'opposer à cette utilisation
06:36un peu désordonnée et cafoyante des tarifs.
06:39– Avec notamment la politique,
06:41il y a également un impact sur la politique monétaire.
06:44La liaison est toute trouvée.
06:45On aura ce mercredi la Cour suprême
06:47qui va entendre un petit peu les plaidoiries au sujet de Lisa Cook.
06:50Il y a également beaucoup d'incertitudes
06:52sur la succession de Jerome Powell.
06:54Et là aussi, on voit que dans le cas de Donald Trump,
06:56tout le monde ne le soutient pas, Éric Muller.
06:58– C'est compliqué.
07:00L'attaque de Trump vers la Fed n'est pas nouvelle.
07:04Elle a pris plusieurs formes.
07:06Pour l'instant, aucune de ces formes n'a été efficace, véritablement.
07:11Et la dernière en date,
07:12sur le programme de rénovation du siège de la Fed,
07:18pour l'instant, n'aboutit pas aux effets escomptés.
07:21Mais l'idée, c'est de mettre une pression
07:23non pas sur le FOMC tel qu'il existe aujourd'hui,
07:26mais peut-être le FOMC de demain.
07:29C'est-à-dire, une fois que Powell sera parti,
07:30il y aura un nouveau gouverneur.
07:32Et là, on a, je pense, une pression dans le temps
07:36sur la politique monétaire américaine.
07:39Et c'est ça qui commence à agiter aux États-Unis,
07:43parce que la politique monétaire doit être absolument indépendante,
07:46souveraine.
07:46Et ça, c'est une valeur qui est assez acquise aux États-Unis.
07:49Même si elle est remise en question aujourd'hui,
07:52la plupart de la population, aujourd'hui, valide cette idée
07:55que la réserve fédérale, la politique monétaire,
07:57doit être indépendante du pouvoir politique.
07:59Jérôme Powell, partira-t-il au mois de mai ou non ?
08:01La question peut se poser aujourd'hui, Hervé Amourda,
08:05dans le sens où vous avez notamment un sénateur républicain
08:07qui dit que tant que cette histoire n'est pas résolue,
08:09il ne faut pas passer à autre chose.
08:11Absolument.
08:12Alors, il y a deux sujets.
08:13Il y a le sujet des Républicains qui pourraient ne pas voter la nomination
08:16d'un remplaçant de Jérôme Powell.
08:18Et donc, à ce moment-là, ils pourraient assurer l'intérim.
08:20Donc ça, c'est un premier risque.
08:22Pour moi, ce que vient de faire Donald Trump,
08:24c'est aussi soulever le risque que Jérôme Powell reste au board,
08:29parce qu'il a un mandat jusqu'à 2028 en tant que membre du board,
08:32pas en tant que chairman.
08:33Jusqu'à présent, c'était plutôt acquis que Jérôme Powell
08:35ne pouvait pas descendre de son poste de chairman
08:38et rester au board comme la majorité des gouverneurs avant lui,
08:42à une exception près, qui était Eccles,
08:44mais ça date d'un autre temps.
08:46Et aujourd'hui, moi, je pense qu'avec la fameuse vidéo,
08:49la fameuse réponse de Jérôme Powell,
08:51c'est aussi sa manière d'affirmer et de dire
08:52« nous serons là ».
08:53Parce que le sujet, vous avez entièrement raison,
08:56le sujet, ce n'est pas un sujet de court terme.
08:58Donald Trump, il essaye d'avoir la réserve fédérale américaine
09:01à son compte.
09:02Donc, c'est pour ça qu'il continue avec Lisa Cook,
09:04c'est pour ça qu'il fait pression sur Jérôme Powell,
09:06c'est aussi pour mettre en garde, finalement, les prochains
09:09et leur dire « écoutez, si vous ne suivez pas
09:11mes revendications de baisse de taux,
09:13je viendrai vers vous par tous les moyens possibles ».
09:16Et le risque que l'on peut avoir, c'est
09:18imaginons qu'on ait Kevin Assett ou Kevin Warch
09:20qui soit nommé à la tête de la Fed
09:23et lors du meeting de juin,
09:25on ait les 50 BP de baisse
09:26parce qu'il arrive à trouver un consensus,
09:29eh bien, on pourrait avoir des démissions.
09:30Des démissions des personnes qui, au contraire,
09:32souhaitent, et ça semble effectivement acquis
09:34au sein de la Fed, ça semble acquis au sein du Congrès également,
09:37de maintenir, finalement, cette indépendance de la Fed.
09:41Donc, le sujet, il est pour moi
09:42beaucoup plus structurant et beaucoup plus long terme.
09:45Et comment vous faites des prévisions aujourd'hui
09:46chez ProBTP, mais même
09:48chez BSI Economics,
09:49dans l'ensemble, aujourd'hui,
09:51des entités, pour faire des prévisions
09:54dans un contexte qui est si compliqué,
09:56si imprévisible ?
09:57Alors, moi, j'ai tendance
09:59à me réfugier, j'ai envie de dire,
10:01dans la macroéconomie.
10:03La macroéconomie, aujourd'hui,
10:04nous dit que, globalement,
10:07à la fois, le taux réel va augmenter
10:09avec la baisse de l'inflation en 2026.
10:11Est-ce que l'économie américaine, aujourd'hui,
10:13a besoin d'avoir une hausse du taux réel ?
10:15Non, probablement pas.
10:17Et ensuite, le taux neutre,
10:18eh bien, on se rend compte qu'on a encore
10:19à, on va dire, 50, 75 BP,
10:21selon les estimations de ce taux neutre.
10:24Est-ce que l'économie américaine a besoin
10:25d'avoir un taux directeur supérieur
10:26à son taux neutre ?
10:27Probablement pas.
10:28Donc, qu'est-ce qu'on dit ?
10:29Eh bien, on dit que la Réserve fédérale
10:31doit baisser les taux
10:32au moins à deux reprises cette année.
10:34Et, j'irais, en dehors de tout bruit politique,
10:38c'est le niveau d'atterrissage
10:40des taux d'intérêt court terme
10:42que l'on vise là.
10:43Ensuite, effectivement,
10:44il peut y avoir un peu de volatilité.
10:46Mais, voilà, macroéconomiquement,
10:47c'est un peu ce que l'on devrait avoir.
10:49En tout cas, ça ne donne envie
10:50que d'une seule chose, Eric Moller,
10:52c'est de se diversifier.
10:53La diversification, ça reste encore et toujours
10:55une priorité aujourd'hui
10:57face à ces risques géopolitiques, monétaires.
11:01Bon, on n'a pas parlé de la politique française,
11:02c'était un risque, bon,
11:04il semble aujourd'hui s'écarter.
11:05Et la cherté des valorisations,
11:08quand on a des spreads de crédit,
11:10par exemple, qui sont très serrés
11:11ou des valorisations actions
11:13qui sont très serrés,
11:14il faut être diversifié
11:16parce que, sinon,
11:18le moindre incident aura une conséquence
11:21assez lourde sur votre portefeuille
11:22et compte tenu que la marée
11:25emmène tous les bateaux, comme on dit,
11:27eh bien, à ce moment-là,
11:28dans les valorisations,
11:29aujourd'hui, c'est assez difficile
11:31de trouver d'une valeur relative
11:32dans tout ce qui est cher,
11:33puisque tout est cher.
11:34Donc, il faut vraiment être diversifié
11:36pour se prémunir contre l'incident.
11:39Ce qui compte aujourd'hui
11:40dans une gestion de portefeuille,
11:41à mon sens,
11:42c'est de faire attention en 2026
11:44à ne pas perdre.
11:45On ne sait pas exactement
11:46ce que l'on va gagner.
11:48Ce que l'on peut essayer de faire,
11:49c'est de travailler à ne pas perdre
11:50et de faire des sélections,
11:52des choix et une diversification
11:53qui évitent de perdre
11:55sur des valorisations qui sont très élevées.
11:57Et comment vous arbitrez
11:58les portefeuilles aujourd'hui
11:59dans ce contexte ?
12:00Parce que si on ne veut pas perdre,
12:01alors c'est sûr qu'aujourd'hui,
12:03ce n'est pas très intéressant,
12:04mais il y a du monétaire.
12:06Non, parce que le monétaire en Europe,
12:08aujourd'hui, ne rend pas assez.
12:09Donc, heureusement,
12:10sur les marchés du crédit...
12:11C'est 2%.
12:122%.
12:12Et vous pouvez trouver
12:13sur le marché du crédit
12:14des rendements de l'ordre de 4.
12:16Donc, vous pouvez doubler...
12:17Ça se trouve encore du 4% aujourd'hui ?
12:18Avant le taxe.
12:19Oui, oui, ça se trouve.
12:20Ça se trouve.
12:20Un certain nombre de portefeuilles
12:22qui mélangent ce qu'on appelle
12:23de l'investment grade
12:24dans des entreprises de haute qualité
12:25avec quelques entreprises
12:27que l'on appelle high yield,
12:29donc haut rendement.
12:30quand on fait des portefeuilles mixtes comme ça,
12:33on arrive à sortir du 4%
12:35avec un risque relativement limité.
12:37Donc, on peut doubler le monétaire
12:39avec le marché du crédit
12:41sans prendre un risque
12:42tout à fait important.
12:45C'est possible.
12:45Et c'est ce que nous recommandons
12:47aujourd'hui à nos clients,
12:48et de rester sur la partie
12:50intermédiaire de la courbe,
12:52celle qui sera moins sensible
12:53aux éventuels dérapages budgétaires
12:56selon les pays,
12:56mais qui continue d'offrir une pente.
12:59Vous savez, dans le temps,
13:01les taux ne sont pas les mêmes.
13:02Donc, quand on est aux alentours
13:03de 5-7 ans,
13:04c'est un peu la zone privilégiée
13:06pour nous pour investir aujourd'hui
13:08sur le marché obligataire
13:09de manière diversifiée,
13:11équilibrée entre les États-Unis
13:13et l'Europe et le sterlin,
13:15avec probablement un joker
13:18qui sont les marchés émergents
13:20dont on a peu parlé en 2025
13:22parce qu'on avait très peur des tarifs
13:24et qu'à tout moment,
13:25ça pouvait décaler.
13:28Et les marchés émergents en 2026
13:29ont un certain nombre de points
13:31qui sont assez positifs,
13:33comme ce rebond cyclique
13:34et un dollar
13:35qui sera relativement mou dans l'année.
13:37À condition, bien sûr,
13:38de se courir des taux de change,
13:39parce que sinon,
13:40on peut quand même avoir
13:41des retours de bâton
13:42assez importants.
13:43En obligataire,
13:44nous recommandons, nous,
13:45plutôt de rester sur
13:46ce qu'on appelle
13:46les devises dures,
13:47c'est-à-dire dollars et euros
13:48et pas dans les devises locales,
13:49parce que là,
13:50on intègre une volatilité
13:51qui peut être effectivement
13:52très élevée.
13:52Le mot de la fin,
13:54avec notamment
13:55l'intelligence artificielle,
13:56on en parlait
13:57en début d'émission,
13:58qui est encore, bien sûr,
13:59au cœur de l'actualité
14:00avec TSMC
14:01qui a publié ses résultats
14:02la semaine dernière.
14:03Bien sûr,
14:03les droits de douane,
14:04ça a un impact
14:05sur l'ensemble
14:06de ces valeurs.
14:08Quel est l'impact
14:08de l'intelligence artificielle
14:09dans la productivité ?
14:10Ça sera le mot de la fin
14:11avec vous,
14:12Hervé Amourda,
14:13économiste chez ProBTP.
14:14Est-ce que ça y est,
14:15vous commencez
14:15à mesurer un petit peu
14:16ce que Tchadipiti,
14:19ce que c'est un métier,
14:21solutions métiers,
14:22ont un impact
14:23en termes de productivité ?
14:25Alors,
14:25ce qu'on mesure
14:26véritablement aujourd'hui,
14:28c'est l'investissement
14:28en CAPEX
14:29de ces entreprises-là.
14:30On ne mesure pas
14:31pour l'instant
14:32les bénéfices
14:33de l'intelligence artificielle
14:35au niveau des employés,
14:36au niveau des entreprises,
14:37et donc l'amélioration
14:38de productivité
14:39qui serait sous-jacente,
14:40qui pourrait venir
14:41à plus moyen terme,
14:43en tout cas,
14:44dans un peu plus longtemps.
14:45Ce qui est intéressant,
14:46c'est de voir
14:46que ces entreprises
14:47de la tech
14:47qui ont fortement investi
14:49en CAPEX,
14:50elles ont aussi
14:50fortement licencié.
14:51Donc,
14:51quand on voit
14:52le boom de productivité
14:53du T4,
14:54toute chose égale par ailleurs,
14:55ça vient en grande partie
14:56de ces entreprises-là
14:57de la tech.
14:59Est-ce qu'à partir de là,
15:01on peut tirer le trait
15:01et se dire
15:02ça y est,
15:03on a les gains de productivité
15:04que l'on souhaitait
15:04sur l'intelligence artificielle ?
15:06Probablement pas,
15:07parce que ces gains de productivité,
15:09ils vont venir
15:09des investissements
15:10en CAPEX
15:10des autres entreprises,
15:12donc des autres secteurs.
15:13Et c'est là
15:14qu'on pourra voir
15:14finalement
15:15l'effet de contagion
15:16et les bénéfices,
15:18je dirais,
15:18plus globaux
15:19sur le secteur
15:20de la tech et de l'IA.
15:21Est-ce que les Etats-Unis
15:22sont en avance
15:22par rapport à l'Europe
15:23quand vous regardez
15:24les chiffres
15:25ou pas forcément ?
15:26Alors,
15:27ils sont en avance
15:27parce qu'ils ont
15:28des acteurs
15:29plus importants
15:30et plus nombreux que nous,
15:31parce que le secteur
15:31de la tech
15:31est évidemment
15:32bien plus développé,
15:33c'est une lapadissette
15:34de le dire.
15:35Néanmoins,
15:36en taux d'utilisation,
15:37en taux d'absorption
15:38de l'IA,
15:39on se rend compte
15:39que l'Europe
15:40et même la France
15:41fait partie des pays
15:43qui utilisent le plus
15:44aujourd'hui
15:44l'intelligence artificielle.
15:46Et pour que finalement
15:47la magie opère,
15:48entre guillemets,
15:49il va falloir les deux.
15:50C'est-à-dire qu'il va falloir
15:50les investissements en CAPEX,
15:52il va falloir un taux
15:52d'utilisation très important.
15:54Je mets juste un bémol,
15:55là je fais référence
15:55à un article
15:56et une publication
15:57de Microsoft
15:58de la semaine dernière,
15:59mais il y a le taux
16:00d'utilisation
16:01du nombre d'entreprises,
16:02donc combien d'entreprises
16:03utilisent aujourd'hui l'IA,
16:05à peu près 40-44%
16:06pour la France.
16:07Néanmoins,
16:07si on regarde
16:08dans le détail
16:08et combien d'employés
16:10à l'intérieur
16:10de ces entreprises
16:11utilisent l'IA,
16:12on est sur des chiffres
16:13beaucoup plus faibles,
16:14inférieurs à 10%.
16:15Et pourquoi est-ce que
16:16c'est important de le regarder ?
16:17Parce que ça veut dire
16:18qu'il y a certains domaines,
16:19certains métiers
16:20où aujourd'hui
16:21on voit les bienfaits de l'IA
16:22et on les utilise
16:23et ce n'est pas encore répandu
16:25à tous les métiers.
16:26Or, la promesse finalement
16:27qui est faite sur l'IA,
16:28c'est d'améliorer
16:29la productivité générale
16:30de l'ensemble des employés.
16:32Peut-être parce que
16:32toutes les solutions
16:33ne sont pas encore matures aussi.
16:34Il faut le temps
16:35que ces solutions
16:36arrivent également
16:38à convaincre
16:39certains directeurs d'achat,
16:40certaines entreprises,
16:42on est un petit peu
16:42dans des phases de test parfois.
16:44On est en transition,
16:45c'est très clair.
16:45Merci beaucoup Hervé Amourda
16:47de nous avoir accompagné
16:47ce matin,
16:48économiste chez ProBTP
16:49et membre du comité stratégique
16:51de BSI Economics
16:52avec Eric Moller
16:53qui était donc avec nous
16:54également en plateau,
16:55responsable des stratégies
16:56obligataires corporate
16:57chez Musini Kenko.
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