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  • il y a 5 minutes
Ce mercredi 25 mars, l’impact du plan de paix en quinze points proposé par Donald Trump sur les marchés, a été abordé par Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Pour nous éclairer ce matin, c'est Maxime Darmé qui nous attend depuis Allianz Trade, économiste senior.
00:06Bonjour Maxime Darmé. En effet, Donald Trump propose un plan de paix en 15 points.
00:11Les médias israéliens évoquent également un éventuel cessez-le-feu d'un mois.
00:15À court terme, c'est une bonne nouvelle pour les marchés.
00:18Les matières premières se détendent.
00:20Néanmoins, l'obligataire a du mal à se détendre.
00:24On est toujours sur les 3,7% pour le disant français.
00:26Du côté de Londres, on est toujours proche des 5% sur le disant.
00:31C'est quand même un point important à souligner à l'heure où on a une volatilité extrême sur les
00:37principaux indices et les principaux sous-jacents.
00:40Oui, ce n'est pas étonnant.
00:42De fait, le choc énergétique, il est là.
00:44Quoi qu'il advienne dans les prochains jours, dans les prochaines semaines,
00:47il faut effectivement espérer que le conflit cesse ou en tout cas baisse en intensité.
00:52On a plutôt des bonnes nouvelles ce matin.
00:55Mais le choc énergétique, il est là en avril, en mai.
00:59Donc on a une inflation qui va progresser de façon importante dans la plupart des économies.
01:04On s'attend par exemple, en zone euro, une inflation qui va être aux alentours des 3,5% au
01:09deuxième trimestre, en moyenne.
01:11Elle pourrait flirter avec les 4% aux Etats-Unis.
01:14Donc effectivement, dans ce contexte, les marchés obligataires comprennent bien que les banques centrales sont dans une situation un peu
01:20compliquée.
01:21Et nous, on s'attend à ce que la BCE et la Banque d'Angleterre, notamment au mois d'avril,
01:27dans leur prochaine réunion de politique monétaire, augmente leur taux d'intérêt.
01:30Donc les marchés ont bien intégré des petites hausses de taux d'intérêt des banques centrales et ont bien intégré
01:36la vague d'inflation.
01:38Et donc tout cela est pricé.
01:39Et ça explique pourquoi finalement, il faut s'attendre à des taux d'intérêt sur les marchés obligataires qui vont
01:45rester assez élevés pendant au moins quelques mois.
01:49Tout dépend bien sûr de la durée de ce conflit, la durée pendant laquelle le baril de pétrole va rester
01:54à 100 dollars ou presque.
01:56Aujourd'hui, quels sont les principaux scénarios que vous avez pu tirer chez Allianz Trade, Maxime Darmé ?
02:00Alors nous, notre scénario principal, on a une probabilité de 45%.
02:04C'est qu'effectivement, on a un accord de paix qui est finalisé d'ici la fin avril.
02:10Et qu'on a en fait une réouverture progressive du détroit d'Hormuz, très progressive sur plusieurs semaines d'ici
02:16juin.
02:18Entre-temps, et c'est vrai que c'est très important dans les hypothèses que vous faites sur les prix
02:21d'énergie,
02:22nous pensons que le manque de pétrole et de gaz du détroit d'Hormuz sera compensé à environ 50%, on
02:31peut prendre la moitié, par trois éléments.
02:34Premier élément, une production additionnelle des producteurs américains et russes de pétrole et de gaz.
02:40Deuxième élément qui a déjà commencé également, c'est les réserves stratégiques de plusieurs pays, notamment du G7.
02:47Et le troisième élément, ce sont des routes alternatives pour le pétrole et le gaz de la région du Moyen
02:52-Orient,
02:52qui passent par, au lieu de passer par le détroit d'Hormuz, passent notamment par les pipelines saoudiens.
02:57Donc ça, on estime que ça peut compenser dans les deux mois, un mois et demi, deux mois qui arrivent,
03:03à peu près 50% du déficit d'offres du détroit d'Hormuz.
03:09Donc ça, selon nous, ça va mener à un prix du baril du pétrole qui devrait se stabiliser aux alentours
03:16de 90 dollars le baril,
03:17en moyenne au deuxième trimestre, avant de refluer progressivement vers les 78 dollars le baril à la fin de l
03:24'année.
03:25Donc c'est vraiment notre scénario de base.
03:27Et au regard de ce scénario, on aurait donc une bague d'inflation, comme on l'évoquait,
03:33un pic d'inflation au deuxième trimestre ou troisième trimestre suivant les économies,
03:38se situant entre 3 et demi, 4%, un peu plus peut-être pour la Grande-Bretagne.
03:43Donc une inflation forte, mais qui ensuite commencerait graduellement à baisser à nouveau
03:50et revenir doucement proche des 2% d'ici 2027.
03:55Ce matin, les cours du gaz en Europe, c'est d'un peu plus de 6%.
03:58On revient sur le fil des 50 euros le mégawatt-heure.
04:00C'est quand même une bonne nouvelle.
04:01La semaine dernière, on était proche des 70 euros.
04:03Néanmoins, on est toujours au-delà des 30 euros et des niveaux du mois de février.
04:08Voilà ce qui concerne l'Europe.
04:10Du côté des États-Unis, par contre, encore ce matin, on a des cours du gaz qui se détendent
04:13et qui, là, sont des plus bas de 3 semaines.
04:16Donc on voit bien que sur le pôle énergétique, les États-Unis sont mieux placés aujourd'hui dans cette situation.
04:26Alors effectivement, les Européens ont un double choc assez similaire,
04:31mais d'une moindre ampleur qu'en 2022, prix du pétrole plus prix du gaz.
04:36Et donc ça, ça va affecter le prix du pétrole.
04:38Pour la faire vite, ça impacte les prix à la pompe très directement.
04:42Le prix du gaz impacte les factures de gaz et d'électricité avec retard entre 4-5 mois jusqu'à
04:4810 mois dans certains pays.
04:51Donc ça, c'est vraiment un coup très dur, effectivement, pour l'économie européenne.
04:55Les États-Unis, effectivement, comme vous l'évoquez, ont plutôt juste le choc de pétrole,
04:59donc le choc de prix à la pompe.
05:00En revanche, le prix du gaz américain, donc le benchmark qui s'appelle le Henry Hub,
05:05effectivement, est très contenu, puisque les Américains produisent largement de quoi subvenir à leurs besoins intérieurs et domestiques.
05:13Donc ça, effectivement, c'est une très bonne nouvelle relative pour les Américains par rapport aux Européens ou aux Asiatiques.
05:19Et ça permet notamment, je pense, de garder, devrait garder en tout cas la dynamique de l'investissement en IA
05:27et la production manufacturière de biens technologiques,
05:30plutôt préserver du choc énergétique,
05:33puisque ces productions-là sont très dépendantes, si vous voulez, du prix d'électricité aux USA,
05:40le prix d'électricité étant lui-même basé sur le prix du gaz.
05:43Donc peu de hausse du prix du gaz aux États-Unis, peu de hausse du prix de l'électricité.
05:47Et donc, finalement, on reste assez confiant, on va dire,
05:53sur la dynamique d'investissement de l'IA et la production manufacturière de haute technologie aux États-Unis en 2026,
05:59ce qui devrait soutenir la croissance de façon assez importante.
06:04Les prix de l'énergie restent bien sûr au cœur de tous ces scénarios et au cœur également de toutes
06:08les séances.
06:09Aujourd'hui est une nouvelle illustration, les prix du gaz et les prix du pétrole reculent,
06:14le marché actions progresse et, à l'inverse, le marché obligataire recule.
06:19Le 10 ans français perd ce matin 7 points de base, on est à 3,66.
06:23Du côté de l'Allemagne, vous avez un boon qui est toujours proche des 3% à 2,97,
06:27quand au Royaume-Uni, le 10 ans est stable à 4,95.
06:30On voit bien quand même que cette remontée du marché obligataire, Maxime Darmé,
06:34réduit considérablement les marges de manœuvre budgétaires des États.
06:38Alors les marges du manœuvre budgétaires des États sont déjà très contraintes avant la crise au Moyen-Orient.
06:43Il faut quand même le rappeler dans à peu près tous les pays sauf l'Allemagne.
06:47Donc effectivement, la hausse des taux d'intérêt, encore une fois,
06:50elle reflète les attentes du hausse des taux de directeur des banques centrales
06:53et elle reflète une prime d'inflation.
06:54Donc on l'explique assez aisément.
06:57Effectivement, quelques États ont mis en place des mesures de soutien pour adachat,
07:01notamment dans les pays du Sud et de l'Est de l'Europe.
07:03En France, au Royaume-Uni, il n'y a quasiment rien annoncé ou des mesures très symboliques,
07:08ce qui montre à quel point ces deux États sont perçus comme les plus faibles fiscalement du continent européen.
07:15Et effectivement, ce choc énergétique, il y aura très peu de marge de manœuvre pour en réduire l'impact.
07:27Et en tout cas, il faudra surveiller, et c'est un point important que je tiens à souligner,
07:31les impacts de déficit l'année prochaine.
07:33Puisque ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'une hausse de l'inflation à court terme,
07:37ce n'est pas nécessairement si négatif que ça pour le déficit.
07:41Ça booste les assiettes fiscales, donc l'inflation, ça booste les assiettes fiscales,
07:46et donc ça permet grosso modo de compenser le choc négatif, notamment sur la consommation des ménages.
07:52Par contre, l'année prochaine, il faudra faire attention, je pense que les gouvernements devront mettre sur la table
07:58de nouvelles mesures d'austérité, puisque l'année prochaine, dans la plupart des pays, notamment en France,
08:04il faudra compenser le choc inflationniste par une hausse des prestations sociales,
08:07et notamment de retraite, qui sont automatiquement indexées sur l'inflation, avec retard.
08:13Donc l'année prochaine, il y aura des hausses de dépenses, dans les pays européens et aux États-Unis,
08:18indexées sur l'inflation de 2026, qui sera élevée,
08:21et donc il faudra les financer.
08:22Je vous rappelle quand même qu'en 2023-2024,
08:25une des raisons du dérapage budgétaire des finances publiques françaises,
08:29qui avait surpris un peu tout le monde,
08:30c'était précisément le fait que les dépenses sociales s'étaient envolées,
08:34et notamment les dépenses sociales de prestations,
08:37en réponse au choc énergétique de 2022-2023.
08:40Il avait fallu compenser, avec une hausse importante,
08:42une revalorisation importante des dépenses sociales.
08:45L'élection présidentielle également qui aura lieu en 2027, Maxime Darmé,
08:49on aura largement l'occasion de reparler de tout cela,
08:51mais ce sera bien sûr un tournant pour les finances publiques
08:55et pour l'élaboration du budget de l'an prochain.
08:57Maxime Darmé, qui était donc ce matin avec nous en direct,
08:59économiste senior chez Allianz Trade,
09:01pour faire un point sur ce marché obligataire qui se détend,
09:04mais qui reste quand même sur des plus hauts de 15 ans,
09:06quand du côté du marché actions,
09:07on est sur une hausse de plus de 1,4%,
09:107 855 points.
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