Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Amandine, 28 ans, nous livre un récit poignant sur les violences se*uelles et psychologiques qu'elle a subies de la part de son géniteur durant son enfance. De ses 6 ans à ses 15 ans, elle a vécu dans l'ombre d'un prédateur manipulateur capable de mener une double vie, se montrant bienveillant en apparence tout en exerçant une emprise terrifiante sur ses proches. Amandine décrit avec courage l'engrenage des agressions, la peur constante qui l'a poussée à s'enfermer à clé pour se protéger, et les menaces de mort proférées par son agresseur pour maintenir le silence.

Au-delà du traumatisme initial, ce récit met en lumière les défaillances systémiques de la protection de l'enfance et de la justice. Malgré ses appels à l'aide répétés auprès de l'infirmerie scolaire, du 119 et de la gendarmerie, Amandine s'est heurtée à l'incrédulité des autorités et au manque de reconnaissance de son statut de victime. Ce déni institutionnel a gravement impacté sa santé, entraînant des troubles alimentaires, des scarifications et des tentatives de suicide. Aujourd'hui, Amandine prend la parole pour que les institutions réagissent enfin et pour offrir une voix à ceux que l'on n'a pas voulu entendre.

Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC33B...​
Instagram : https://www.instagram.com/origines.me...​
Twitter : https://twitter.com/Originesmedia

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00J'ai passé une enfance horrible.
00:04Heureusement que j'avais ma maman, que j'aime très fort et qui est toujours là.
00:09Mais sans ça, je ne sais pas où j'en serai aujourd'hui.
00:12Bonjour, alors moi c'est Amandine, j'ai 28 ans et aujourd'hui je vais vous raconter mon histoire.
00:18J'ai mon géniteur qui m'a agressée sexuellement de mes 6 à mes 15 ans.
00:24La première chose qui s'est passée, ça m'a fait peur, ça m'a tétanisé.
00:31Je n'ai pas de suite compris que ce n'était pas normal, mais je sentais que ça me faisait
00:35mal à l'intérieur de moi.
00:36Je ne savais pas comment interpréter la chose.
00:41Du coup, je me suis créée une petite boîte où je rangeais au fur et à mesure tout ce qui
00:46se passait.
00:47La première fois, il m'a demandé de lui laver son sexe avec du savon.
00:55Avec des gestes précis qu'aujourd'hui je pourrais qualifier de masturbation.
01:00Quand j'étais jeune, je n'avais pas notion de ça.
01:03Je n'avais pas notion que c'était sexuel en fait, je ne savais pas.
01:08Ensuite, il a commencé que ma mère travaillait et qu'il devait me réveiller le matin.
01:13Il me regardait me changer sans que je me rende compte, en laissant la porte entreverte, en se cachant d
01:17'air à la porte.
01:18Et quand je me rendais compte, forcément, je me cachais parce que j'avais honte.
01:22Lui, il faisait comme si de rien n'était en fait.
01:26Comme s'il venait d'arriver et qu'il repartait alors que ce n'était pas vrai.
01:30Je le savais, j'avais vu qu'il me regardait vraiment me changer.
01:35Ensuite, il a commencé à passer derrière moi et à se coller très fort, jusqu'à ce que je sente
01:44son sexe contre moi.
01:46Après, il voulait m'obliger à la salle de bain.
01:48Quand je me lavais, en trouvant des faux prétextes, en tapant des coups de poing, des coups de pied, en
01:55criant de toutes ces forces pour que j'ouvre, j'ai jamais ouvert.
01:59À ce moment, à ces moments, dans ces moments-là, je me retrouvais en position de force parce que c
02:06'était ferme à clé.
02:07Et que là, je pouvais dire non, non, non, je suis stop, c'est trop, c'est trop.
02:14Et du coup, à partir de là, je me sentais un petit peu protégée parce que j'avais cette porte
02:20qui me protégeait.
02:22Il y a eu aussi des violences psychologiques où, des fois, j'essayais de comprendre pourquoi il faisait ça.
02:29Donc, je lui disais, mais pourquoi tu fais ça ? Je ne comprends pas.
02:34Il niait les choses et donc, j'essayais de lui faire dire les choses.
02:38Et en fait, il partait en disant, ouais, mais de toute façon, je sais que tu m'enregistres.
02:45Pourquoi tu ne me feras jamais dire ça ? Alors, comment ? Je voulais juste savoir pourquoi il faisait ça
02:52et peut-être avoir un pardon de sa part.
02:55Chose que je n'ai jamais eu parce qu'il n'a jamais accepté d'avouer.
02:59Une fois que j'ai voulu en parler avec lui, il m'a clairement dit, arrête.
03:05Arrête parce que si tu continues, si je commence à te frapper, je te tue.
03:09J'ai vu sa veine au niveau de son front, la veine qui ressortait, elle avait vraiment été tout rouge.
03:16Quand il m'a dit ça, je dis, mais le pire, c'est que j'en suis sûre qu'il
03:19en aurait été capable à ce moment-là.
03:22Il en aurait été capable.
03:24Moi, de mon côté, du coup, j'avais des troubles alimentaires.
03:27Je me scarifiais, j'allais mal.
03:29J'étais très, très renfermée sur moi-même, j'allais très mal.
03:32J'ai commencé à en parler au collège parce que je n'en pouvais plus.
03:36Je n'en pouvais plus de cette situation.
03:39Donc, j'ai commencé à en parler à mon prof d'SJT qui m'a renvoyée vers l'infirmerie.
03:45Et à l'infirmerie, elle m'a fait écrire parce que je ne voulais pas parler, donc elle m'a
03:49fait écrire.
03:50Et elle a envoyé tout ça à la gendarmerie.
03:54Gendarmerie qui ne croira pas, qui ne me fera pas confiance.
03:58Et qui va me laisser dans cet environnement hostile où ma mère ne sait pas comment réagir.
04:06Et puis, elle ne me prenait pas au sérieux.
04:07Il ne me prenait pas au sérieux.
04:08Il y avait une affaire similaire.
04:10Et il pensait que les deux affaires, ce n'étaient pas des vrais cas d'inceste, si je puis dire.
04:17Même si je n'ai pas été violée.
04:19Et du coup, la dernière fois que j'ai parlé, j'avais 15 ans.
04:22J'étais en train de devenir agoraphobe.
04:25Mon médecin ne comprenait pas pourquoi je faisais autant de crise.
04:29Elle est venue à domicile.
04:31Elle m'a posé plein de questions.
04:32Et là, j'ai craqué.
04:33Je lui ai expliqué.
04:36Sauf qu'une fois que je lui ai expliqué que le cinéma est reparti, la gendarmerie m'a croisée dans
04:41la rue.
04:41Ils sont descendus de leur voiture.
04:42Et en fait, ils m'ont dit, oui, c'est quoi ce bordel ?
04:45On a encore un cinéma de votre part.
04:47Ce n'est pas normal.
04:48C'était, ils ne croyaient pas.
04:51Ils ne croyaient pas.
04:52Ils m'ont intimidée.
04:53Du coup, j'ai eu peur.
04:55C'est la dernière fois que j'en ai parlé pendant ma jeunesse.
04:58Quand j'ai eu 18 ans, 29 ans plutôt, j'avais toujours des troubles alimentaires, des troubles paniques.
05:06Et on m'a diagnostiqué borderline.
05:08Parce que j'essayais de mettre mes jours.
05:11Chaque fois que je sortais d'hospitalisation, je voulais mourir.
05:15Je ne voulais plus vivre.
05:16Je voulais mourir.
05:17C'était devenu un but parce que je n'arrivais plus à surmonter tout ce que j'ai vécu.
05:23En 2014, j'ai failli mourir à cause d'une taurotique de suicide.
05:28J'ai fait une insuffisance respiratoire.
05:31J'ai été deux jours dans le commun.
05:33Ce qui m'a sauvée, c'est que c'est ma mère qui est revenue dans mon appart alors qu
05:37'elle ne devait pas revenir.
05:39Et du coup, elle a compris de suite.
05:41Parce que je n'étais pas dans mon état normal et que je ne consomme pas de drogue.
05:45Et que je ne bois pas d'alcool.
05:46Du coup, elle a compris tout de suite.
05:48Elle m'a emmenée à l'hôpital et grâce à ça, ils ont pu me sauver.
05:51Ensuite, j'ai voulu arrêter mes bêtises.
05:53Donc, j'ai fait un tatouage qui représente énormément pour moi.
05:57Et en 2019, j'ai eu un cancer du sein.
06:00Je m'en suis sortie des traitements et c'est pour ça que j'ai les cheveux courts.
06:05Aujourd'hui, je suis toujours dans un trouble panique.
06:09Je suis un peu désespérée parce que je n'ai pas eu mon côté.
06:13Je n'ai pas été reconnue victime.
06:16Et du coup, c'est très compliqué pour moi.
06:18Je fais beaucoup d'angoisse.
06:20Beaucoup de...
06:23Je ne sais pas expliquer les angoisses, mais c'est quotidien en fait.
06:27C'est toujours de la panique en fait.
06:30J'ai toujours des troubles alimentaires.
06:32C'est pour ça que je suis aussi ronde.
06:33Parce qu'un coup, je ne mange pas.
06:34Un coup, je mange trop.
06:35Un coup, je me fais vomir.
06:36Un coup, je ne me fais pas vomir.
06:37Je me suis permis cette année de contacter le président de la République
06:42qui n'a pas donné suite à ma demande d'être le connu victime
06:46et qui soit enfin puni.
06:48C'est quand je me suis constituée en partie civile.
06:51Forcément, on s'est rendu compte qu'il manquait des papiers dans le dossier
06:55qui étaient des papiers très importants.
06:59Il a encore réussi à manipuler tout le monde et ils ne m'ont pas cru.
07:03Ils ne m'ont pas cru parce que c'est un manipulateur.
07:07Quand ma maman voulait partir de chez moi,
07:10il me dit que c'était de ma faute,
07:11qu'elle allait être malheureuse à cause de moi,
07:15qu'elle ne voulait pas partir.
07:17Et comme moi, elle comptait plus que tout pour moi,
07:19je me sacrifiais pour elle.
07:21Je préférais subir plutôt que de la savoir malheureuse.
07:25Combien de fois il a tapé dans les meubles ?
07:29Combien de fois il a tapé dans les murs ?
07:33Une fois à trois heures du matin,
07:35il a essayé de défoncer ma porte de la chambre
07:38parce que c'était ferme à clé
07:39et que j'étais juste au téléphone et que ça ne lui plaisait pas.
07:43Donc il a essayé de défoncer la porte pour entrer.
07:50Pour quoi faire, je ne sais pas.
07:52Mais voilà, enfin, il était tout le temps comme ça,
07:55sauf quand ma mère était là.
07:56Quand ma mère était là, c'était une autre personne,
07:58c'était une autre facette.
08:00Mais clairement, je peux dire qu'il avait deux facettes.
08:05Des visages.
08:06Un visage gentil comme il avait ma mère.
08:10Bon, con aussi, excusez-moi de vous le dire, mais voilà.
08:14Une facette très mauvaise.
08:17Très, très mauvaise envers nous.
08:20Vers vers moi et ma soeur.
08:22Et vraiment, c'est quelque chose de très, très compliqué.
08:25Et ce que j'espère aujourd'hui,
08:28à partir de cette vidéo,
08:31c'est que la justice réagisse,
08:33la justice croive en nous,
08:36qu'elle fasse conscience en nous, enfin.
08:38Parce que même le 119, quand je l'ai appelée,
08:40au bout de plusieurs appels,
08:42parce que j'avais besoin de parler
08:43et que l'opératrice n'était pas forcément là,
08:45ils m'ont laissée toute seule.
08:48Ils m'ont laissée toute seule
08:49et ils m'ont envoyé bouler,
08:51ils m'ont dit, vous ne vous rappelez plus,
08:53vous partez.
08:54Enfin, vous nous laissez,
08:56vous ne nous rappelez plus,
08:56de toute façon, on a votre numéro.
08:58Mais c'est censé être un appel d'urgence
09:00pour des enfants en détresse.
09:03La gendarmerie ne croyait pas le 119,
09:06ils ne voulaient plus de moi.
09:08J'ai passé une enfance horrible.
09:12Heureusement que j'avais ma maman,
09:14que j'aime très fort et qui est toujours là.
09:18Et c'est censé, je sais,
09:19pour les gens qui ont joué.
Commentaires

Recommandations