00:00J'ai passé une enfance horrible.
00:04Heureusement que j'avais ma maman, que j'aime très fort et qui est toujours là.
00:09Mais sans ça, je ne sais pas où j'en serai aujourd'hui.
00:12Bonjour, alors moi c'est Amandine, j'ai 28 ans et aujourd'hui je vais vous raconter mon histoire.
00:18J'ai mon géniteur qui m'a agressée sexuellement de mes 6 à mes 15 ans.
00:24La première chose qui s'est passée, ça m'a fait peur, ça m'a tétanisé.
00:31Je n'ai pas de suite compris que ce n'était pas normal, mais je sentais que ça me faisait
00:35mal à l'intérieur de moi.
00:36Je ne savais pas comment interpréter la chose.
00:41Du coup, je me suis créée une petite boîte où je rangeais au fur et à mesure tout ce qui
00:46se passait.
00:47La première fois, il m'a demandé de lui laver son sexe avec du savon.
00:55Avec des gestes précis qu'aujourd'hui je pourrais qualifier de masturbation.
01:00Quand j'étais jeune, je n'avais pas notion de ça.
01:03Je n'avais pas notion que c'était sexuel en fait, je ne savais pas.
01:08Ensuite, il a commencé que ma mère travaillait et qu'il devait me réveiller le matin.
01:13Il me regardait me changer sans que je me rende compte, en laissant la porte entreverte, en se cachant d
01:17'air à la porte.
01:18Et quand je me rendais compte, forcément, je me cachais parce que j'avais honte.
01:22Lui, il faisait comme si de rien n'était en fait.
01:26Comme s'il venait d'arriver et qu'il repartait alors que ce n'était pas vrai.
01:30Je le savais, j'avais vu qu'il me regardait vraiment me changer.
01:35Ensuite, il a commencé à passer derrière moi et à se coller très fort, jusqu'à ce que je sente
01:44son sexe contre moi.
01:46Après, il voulait m'obliger à la salle de bain.
01:48Quand je me lavais, en trouvant des faux prétextes, en tapant des coups de poing, des coups de pied, en
01:55criant de toutes ces forces pour que j'ouvre, j'ai jamais ouvert.
01:59À ce moment, à ces moments, dans ces moments-là, je me retrouvais en position de force parce que c
02:06'était ferme à clé.
02:07Et que là, je pouvais dire non, non, non, je suis stop, c'est trop, c'est trop.
02:14Et du coup, à partir de là, je me sentais un petit peu protégée parce que j'avais cette porte
02:20qui me protégeait.
02:22Il y a eu aussi des violences psychologiques où, des fois, j'essayais de comprendre pourquoi il faisait ça.
02:29Donc, je lui disais, mais pourquoi tu fais ça ? Je ne comprends pas.
02:34Il niait les choses et donc, j'essayais de lui faire dire les choses.
02:38Et en fait, il partait en disant, ouais, mais de toute façon, je sais que tu m'enregistres.
02:45Pourquoi tu ne me feras jamais dire ça ? Alors, comment ? Je voulais juste savoir pourquoi il faisait ça
02:52et peut-être avoir un pardon de sa part.
02:55Chose que je n'ai jamais eu parce qu'il n'a jamais accepté d'avouer.
02:59Une fois que j'ai voulu en parler avec lui, il m'a clairement dit, arrête.
03:05Arrête parce que si tu continues, si je commence à te frapper, je te tue.
03:09J'ai vu sa veine au niveau de son front, la veine qui ressortait, elle avait vraiment été tout rouge.
03:16Quand il m'a dit ça, je dis, mais le pire, c'est que j'en suis sûre qu'il
03:19en aurait été capable à ce moment-là.
03:22Il en aurait été capable.
03:24Moi, de mon côté, du coup, j'avais des troubles alimentaires.
03:27Je me scarifiais, j'allais mal.
03:29J'étais très, très renfermée sur moi-même, j'allais très mal.
03:32J'ai commencé à en parler au collège parce que je n'en pouvais plus.
03:36Je n'en pouvais plus de cette situation.
03:39Donc, j'ai commencé à en parler à mon prof d'SJT qui m'a renvoyée vers l'infirmerie.
03:45Et à l'infirmerie, elle m'a fait écrire parce que je ne voulais pas parler, donc elle m'a
03:49fait écrire.
03:50Et elle a envoyé tout ça à la gendarmerie.
03:54Gendarmerie qui ne croira pas, qui ne me fera pas confiance.
03:58Et qui va me laisser dans cet environnement hostile où ma mère ne sait pas comment réagir.
04:06Et puis, elle ne me prenait pas au sérieux.
04:07Il ne me prenait pas au sérieux.
04:08Il y avait une affaire similaire.
04:10Et il pensait que les deux affaires, ce n'étaient pas des vrais cas d'inceste, si je puis dire.
04:17Même si je n'ai pas été violée.
04:19Et du coup, la dernière fois que j'ai parlé, j'avais 15 ans.
04:22J'étais en train de devenir agoraphobe.
04:25Mon médecin ne comprenait pas pourquoi je faisais autant de crise.
04:29Elle est venue à domicile.
04:31Elle m'a posé plein de questions.
04:32Et là, j'ai craqué.
04:33Je lui ai expliqué.
04:36Sauf qu'une fois que je lui ai expliqué que le cinéma est reparti, la gendarmerie m'a croisée dans
04:41la rue.
04:41Ils sont descendus de leur voiture.
04:42Et en fait, ils m'ont dit, oui, c'est quoi ce bordel ?
04:45On a encore un cinéma de votre part.
04:47Ce n'est pas normal.
04:48C'était, ils ne croyaient pas.
04:51Ils ne croyaient pas.
04:52Ils m'ont intimidée.
04:53Du coup, j'ai eu peur.
04:55C'est la dernière fois que j'en ai parlé pendant ma jeunesse.
04:58Quand j'ai eu 18 ans, 29 ans plutôt, j'avais toujours des troubles alimentaires, des troubles paniques.
05:06Et on m'a diagnostiqué borderline.
05:08Parce que j'essayais de mettre mes jours.
05:11Chaque fois que je sortais d'hospitalisation, je voulais mourir.
05:15Je ne voulais plus vivre.
05:16Je voulais mourir.
05:17C'était devenu un but parce que je n'arrivais plus à surmonter tout ce que j'ai vécu.
05:23En 2014, j'ai failli mourir à cause d'une taurotique de suicide.
05:28J'ai fait une insuffisance respiratoire.
05:31J'ai été deux jours dans le commun.
05:33Ce qui m'a sauvée, c'est que c'est ma mère qui est revenue dans mon appart alors qu
05:37'elle ne devait pas revenir.
05:39Et du coup, elle a compris de suite.
05:41Parce que je n'étais pas dans mon état normal et que je ne consomme pas de drogue.
05:45Et que je ne bois pas d'alcool.
05:46Du coup, elle a compris tout de suite.
05:48Elle m'a emmenée à l'hôpital et grâce à ça, ils ont pu me sauver.
05:51Ensuite, j'ai voulu arrêter mes bêtises.
05:53Donc, j'ai fait un tatouage qui représente énormément pour moi.
05:57Et en 2019, j'ai eu un cancer du sein.
06:00Je m'en suis sortie des traitements et c'est pour ça que j'ai les cheveux courts.
06:05Aujourd'hui, je suis toujours dans un trouble panique.
06:09Je suis un peu désespérée parce que je n'ai pas eu mon côté.
06:13Je n'ai pas été reconnue victime.
06:16Et du coup, c'est très compliqué pour moi.
06:18Je fais beaucoup d'angoisse.
06:20Beaucoup de...
06:23Je ne sais pas expliquer les angoisses, mais c'est quotidien en fait.
06:27C'est toujours de la panique en fait.
06:30J'ai toujours des troubles alimentaires.
06:32C'est pour ça que je suis aussi ronde.
06:33Parce qu'un coup, je ne mange pas.
06:34Un coup, je mange trop.
06:35Un coup, je me fais vomir.
06:36Un coup, je ne me fais pas vomir.
06:37Je me suis permis cette année de contacter le président de la République
06:42qui n'a pas donné suite à ma demande d'être le connu victime
06:46et qui soit enfin puni.
06:48C'est quand je me suis constituée en partie civile.
06:51Forcément, on s'est rendu compte qu'il manquait des papiers dans le dossier
06:55qui étaient des papiers très importants.
06:59Il a encore réussi à manipuler tout le monde et ils ne m'ont pas cru.
07:03Ils ne m'ont pas cru parce que c'est un manipulateur.
07:07Quand ma maman voulait partir de chez moi,
07:10il me dit que c'était de ma faute,
07:11qu'elle allait être malheureuse à cause de moi,
07:15qu'elle ne voulait pas partir.
07:17Et comme moi, elle comptait plus que tout pour moi,
07:19je me sacrifiais pour elle.
07:21Je préférais subir plutôt que de la savoir malheureuse.
07:25Combien de fois il a tapé dans les meubles ?
07:29Combien de fois il a tapé dans les murs ?
07:33Une fois à trois heures du matin,
07:35il a essayé de défoncer ma porte de la chambre
07:38parce que c'était ferme à clé
07:39et que j'étais juste au téléphone et que ça ne lui plaisait pas.
07:43Donc il a essayé de défoncer la porte pour entrer.
07:50Pour quoi faire, je ne sais pas.
07:52Mais voilà, enfin, il était tout le temps comme ça,
07:55sauf quand ma mère était là.
07:56Quand ma mère était là, c'était une autre personne,
07:58c'était une autre facette.
08:00Mais clairement, je peux dire qu'il avait deux facettes.
08:05Des visages.
08:06Un visage gentil comme il avait ma mère.
08:10Bon, con aussi, excusez-moi de vous le dire, mais voilà.
08:14Une facette très mauvaise.
08:17Très, très mauvaise envers nous.
08:20Vers vers moi et ma soeur.
08:22Et vraiment, c'est quelque chose de très, très compliqué.
08:25Et ce que j'espère aujourd'hui,
08:28à partir de cette vidéo,
08:31c'est que la justice réagisse,
08:33la justice croive en nous,
08:36qu'elle fasse conscience en nous, enfin.
08:38Parce que même le 119, quand je l'ai appelée,
08:40au bout de plusieurs appels,
08:42parce que j'avais besoin de parler
08:43et que l'opératrice n'était pas forcément là,
08:45ils m'ont laissée toute seule.
08:48Ils m'ont laissée toute seule
08:49et ils m'ont envoyé bouler,
08:51ils m'ont dit, vous ne vous rappelez plus,
08:53vous partez.
08:54Enfin, vous nous laissez,
08:56vous ne nous rappelez plus,
08:56de toute façon, on a votre numéro.
08:58Mais c'est censé être un appel d'urgence
09:00pour des enfants en détresse.
09:03La gendarmerie ne croyait pas le 119,
09:06ils ne voulaient plus de moi.
09:08J'ai passé une enfance horrible.
09:12Heureusement que j'avais ma maman,
09:14que j'aime très fort et qui est toujours là.
09:18Et c'est censé, je sais,
09:19pour les gens qui ont joué.
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