Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Dans ce témoignage bouleversant, Léa nous raconte avec courage l’emprise psychologique et les violences conjugales qu’elle a subies dès l’adolescence. Elle décrit la montée progressive de la jalousie, de l’isolement et de la manipulation, jusqu’à des actes de violence extrême, incluant menaces de mort, agressions physiques et tentative de féminic*de.

Son histoire met en lumière les mécanismes invisibles de l’emprise et la difficulté de reconnaître et de fuir une relation toxique, surtout lorsque les sentiments et la peur s’entremêlent.

Elle aborde également les défaillances institutionnelles auxquelles elle a été confrontée : manque d’écoute, minimisation des faits et sentiment d’abandon face aux autorités. Malgré ces obstacles, elle parvient à se reconstruire progressivement, notamment grâce à son engagement dans le militantisme féministe et à la solidarité d’autres victimes.

Son parcours illustre la résilience, mais aussi l’importance de briser le silence autour des violences se*istes et se*uelles.

Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC33B...​
Instagram : https://www.instagram.com/origines.me...​
Twitter : https://twitter.com/Originesmedia

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Et là, il disjoncte complètement, prends un couteau,
00:03il me dit qu'il va me tuer ou qu'il va se tuer.
00:05Moi, j'ai peur, mais j'ai peur.
00:06Mais là, ce jour-là, je crois que c'est le jour où j'ai eu plus peur.
00:09Et il se plante.
00:09Moi, là, il se passe quelque chose, je cherche l'air.
00:12J'avais jamais vécu ça, une crise d'angoisse, mais vraiment forte.
00:16Moi, mon père, il est tombé malade en 2008, la première fois.
00:19J'avais 9 ans à peu près.
00:21La dépression s'est venue quelques années après, à son deuxième cancer.
00:25Ça a été une déchirure pour moi, sa perte.
00:28Donc, ça a été plus facile pour démarrer un système d'emprise, clairement.
00:34J'ai rencontré cette personne en février 2015.
00:38Et moi, j'ai 15 ans et demi, il a 18 ans.
00:40Toute notre relation, jusqu'à ce qu'elle se termine,
00:43elle a été basée sur du manque de confiance, de la jalousie.
00:47Il a commencé à me mettre à l'écart de mes propres amis
00:49parce qu'il me poussait à ce qu'on se voit constamment.
00:51Moi, en fait, aussi, à ce moment-là, j'étais très amoureuse,
00:53donc je ne voyais pas le mal, en fait.
00:54Sur nos premières relations sexuelles, je me suis souvenu.
00:57J'avais des endroits où j'avais des griffures, j'étais rouge,
01:00j'avais des suçons et j'avais des bleus, parfois, aussi.
01:03Moi, en fait, dans ma tête, c'était ça, l'image que j'avais de la sexualité.
01:06Pour moi, on s'aimait et c'était une violence qui était saine et je savais, voilà.
01:10À ce moment-là, ce n'est pas moi qui en parle à ma mère,
01:13c'est ma mère qui me questionne.
01:14Elle me dit, mais enfin, j'entends que tu es amoureuse,
01:16mais tu n'es jamais là.
01:18Je ne te vois même plus.
01:19Je ne te vois même plus après le boulot.
01:20Je ne te vois même plus après l'école.
01:21Je ne te vois pas le week-end.
01:22Ouais, qu'est-ce qui se passe ?
01:23Et moi, je ne me rends pas compte.
01:25Moi, je leur dis clairement, je suis avec lui, je suis bien,
01:28j'ai besoin de le voir tout le temps.
01:29Parce que je ne veux pas qu'il se doute que mon ex peut être plus ou moins violent.
01:33Et c'est ça aussi, quand tu traverses des violences conjugales,
01:36c'est qu'auprès de ceux qui doutent,
01:38tu lisses l'image de celui avec qui tu es en couple
01:41et qui te fait subir les violences.
01:42Du coup, il commençait à me dire,
01:45tu sais très bien que je merde, mais je ne veux pas que tu en parles.
01:47Tu n'as pas à en parler à nos amis, tu n'en parles pas.
01:49J'en parlais avec une amie qui avait vécu des violences,
01:52qui en étaient sorties,
01:52et je voulais la questionner pour savoir si ce que je vivais, c'était bizarre
01:56ou si c'était normal qu'il soit jaloux à ce point-là, en fait.
01:58Et du coup, elle était au courant.
02:00Et un jour, alors qu'ils étaient là,
02:01il me prend à part dans la chambre
02:03et il me dit, je sais que tu lui as parlé.
02:05Et ça ne va pas se passer comme ça, il me gifle.
02:07Il me gifle et il me dit qu'en gros,
02:09maintenant, je vais fermer ma gueule
02:10et que je n'ai plus intérêt à rien dire, à plus rien raconter,
02:12que c'est des dérapages
02:13et que je n'ai pas à le raconter à nos proches.
02:15Et puis, il se passe un truc.
02:16Dans les violences aussi, c'est la décidérée.
02:19Tu ne dis rien.
02:20Et juillet 2017, ça a été la tentative de féminicide.
02:25Et on avait prévu de partir à Paris.
02:27Et la veille, on se dispute pendant des heures,
02:29il commence à me dire que je le rends fou, que je mens.
02:32Et il me dit, de toute façon, tu me rends tellement fou,
02:34c'est soit je me bute, soit je te bute.
02:36Vraiment, ça a duré jusqu'au petit matin, l'angoisse.
02:38Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'il a pris un couteau.
02:41Et moi, j'ai eu peur.
02:42Et je suis allée m'enfermer dans les toilettes.
02:44Et il donnait des coups de couteau sur la porte.
02:46Je suis sortie et j'ai couru vers la fenêtre.
02:49Et en fait, je voulais me jeter.
02:50En fait, je voulais me jeter.
02:51J'avais peur.
02:52Sauf qu'au rebord de la fenêtre, je n'arrivais pas.
02:56Je n'arrivais pas à sauter.
02:57On était au troisième étage.
02:58Je n'arrivais pas.
02:59Et lui, il m'a attrapée par la veste.
03:01Et il a fait genre mime de me pousser.
03:02Tout en me tenant, en fait.
03:04Mais genre, il me secouait au bord de la fenêtre.
03:06Je me suis dit, je vais mourir, en fait.
03:08Je ne sais pas comment on a fait pour...
03:10Enfin, comment on a fait.
03:12Comment ça s'est calmé ?
03:14J'ai reçu à Paris le lendemain.
03:15Parce qu'en fait, je n'ai pas réussi à m'enfuir.
03:17Voilà, on va dire la vérité.
03:18Et une fois, dans le métro, je me mets à pleurer.
03:20J'étais avec lui.
03:21Je me mets à pleurer.
03:22Et il me dit, qu'est-ce qu'il y a ?
03:23Je lui dis, je vois les marques.
03:24C'est horrible.
03:25Il ne me lâche jamais.
03:26Il ne me lâche jamais.
03:27On est tout le temps ensemble.
03:28Moi, il me dit qu'il s'en veut.
03:29Évidemment, je passe tout ça.
03:31Il a pleuré plusieurs fois.
03:32Il me dit qu'il s'en veut.
03:33Il ne recommencera pas que vraiment là, c'était trop.
03:35Il me dit même qu'il va aller consulter.
03:37Je comprends qu'il ne faut pas que je sois avec lui.
03:38Mais oui, je l'aime encore.
03:40La veille de la rentrée, de septembre, en pleine rue, on se dispute et il m'étrangle.
03:45Et là, je hurle.
03:46Et moi, je comprends que si je veux m'en sortir, il va falloir que je fasse calmer le jeu.
03:51Donc, je lui dis que j'ai soif, que je veux aller boire un verre.
03:55J'ai envoyé un texto écrit en espagnol à ma mère, à ma tante, à des proches.
03:59Et je leur dis, je suis en danger là, il faut m'aider.
04:02Je leur dis, je vais rentrer et il faut m'attendre à l'arrêt de bus.
04:05Genre, faites quelque chose.
04:06J'arrive à rentrer, je prends le car.
04:08Lui, il prend le car avec moi parce qu'il va me raccompagner jusqu'à chez moi.
04:11Ouais, ça allait loin.
04:12Toute ma famille m'attend.
04:14Ils sont moins 20.
04:16Et moi, ça me rassure.
04:18Ils ne savaient rien, mais ils ont compris de suite en fait.
04:20Et je suis allée porter plainte.
04:21Et là, je suis confrontée à une autre violence.
04:23C'est la violence de la police.
04:25C'est une brigadière qui me reçoit.
04:27Et en gros, elle commence à me dire, alors par contre, ok,
04:30mais ce n'est pas des violences conjugales parce que vous ne vivez pas ensemble.
04:32Pourquoi ? Genre, juste, vous ne vivez pas avec votre mère.
04:34Genre, vous le quittez et c'est terminé.
04:36Et du coup, je commence à lui dire, mais en fait, quand je sors de l'école, il m'attend.
04:38Genre, il se planque derrière un muret.
04:40Il m'attend, il regarde ce que je fais.
04:42Je le bloque, il appelle sur mon fixe.
04:44Il passe par des intermédiaires pour avoir de mes nouvelles.
04:46Et là, le mépris complet de la police.
04:49Ouais, mais bon, je ne sais pas ce qu'on va pouvoir faire de ça
04:51parce que voilà, vous vous êtes séparés.
04:54Si vous vous êtes séparés, c'est bon.
04:56Du coup, je porte plainte et c'est violent.
04:58Je sors de là, je suis en larmes.
05:00Je suis mal.
05:01À ce stade-là, je suis un fantôme un peu.
05:04Je n'arrive pas à me concentrer.
05:06J'ai gros problèmes de sommeil.
05:07Je loupe beaucoup les cours.
05:09Et en fait, c'est tout l'enjeu de l'emprise.
05:11C'est qu'ensuite, je l'ai débloqué.
05:12On se revoit une fois.
05:14Il a radicalement changé.
05:15C'est ça, l'emprise.
05:16L'emprise, ce n'est pas tu reviens et tu es conscient de la violence.
05:19C'est le type, il te fait croire qu'il a changé
05:22et il te parle de lui comme si tu parlais d'une autre personne.
05:25Il me disait, mais je suis un monstre.
05:26Mais comment j'ai pu faire ça ?
05:28Et on se remet ensemble.
05:29Et c'est pire, on emménage ensemble.
05:32J'arrive à me séparer de lui en juillet 2019.
05:35Et en fait, un soir, je suis chez moi
05:37et ça sonne à 22h.
05:39Moi, j'ouvre.
05:40Ça fait trois mois qu'on n'est plus ensemble.
05:41Je ne me doute pas que je vais le voir.
05:42Il me dit, je sais que tu ne m'as pas oublié.
05:44Et je sais que tu m'aimes toujours.
05:46Et il est 22h, il s'impose chez moi.
05:47Il me dit, écoute, au pire, je dors là
05:49et demain, on trouve une solution et tout.
05:51Et en fait, je comprends que je n'en sortirai jamais.
05:52Et ce qui me faisait tenir, c'était la photo.
05:54C'était un truc qui n'avait rien à voir.
05:55Et en novembre 2019, nous toutes cherchaient des photographes
05:59pour la marche.
06:01Nous toutes, c'était un collectif féministe.
06:03Et ils me contactent et ils me demandent
06:04est-ce que vous seriez d'accord ?
06:06Et du coup, là, je suis en cours
06:07et je décide de partir 15 minutes avant la fin.
06:10Et je me dis, en fait, tu es chez toi.
06:12C'est ton appart.
06:13C'est toi qui payes le loyer, mais tu vas partir.
06:14Tu vas partir de l'appart.
06:15Il n'y a rien d'autre à faire.
06:16J'arrive chez moi, je fais mon sac.
06:18Et là, j'entends mon ex met la clé dans la porte.
06:22Et en fait, je me suis dit, c'est quand j'ouvre la porte
06:24avec le chat, mes affaires et tout.
06:26Je lui rentre dedans.
06:27Je vais avoir le temps de sortir.
06:29Bon, ben, pas du tout.
06:30Et là, il disjoncte complètement.
06:32Là, j'ai vraiment peur.
06:33Je prends un couteau et il me dit qu'il va me tuer
06:35ou qu'il va se tuer.
06:36Moi, j'ai peur.
06:37Mais j'ai peur.
06:37Mais là, ce jour-là, je crois que c'est le jour
06:39où j'ai eu le plus peur.
06:40Et il se plante.
06:40Moi, là, il se passe quelque chose.
06:42Je cherche l'air.
06:43J'avais jamais vécu ça.
06:45Une crise d'angoisse, mais vraiment forte.
06:47Mon appartement était au rez-de-chaussée
06:48et je m'avance vers la fenêtre.
06:50Je crie parce qu'il y a des voisins qui passent
06:52et ils tirent les rideaux.
06:53Et je vois un voisin qui passe et qui fait rien.
06:56Et ça, pour moi, aujourd'hui, c'est ça
06:57qui participe aux violences.
06:58C'est les souvenirs que j'ai
07:00où je réalise qu'il n'y a pas que lui
07:02qui a laissé faire ou qui m'a fait du mal.
07:04J'arrive à partir et j'envoie un message
07:07sur le groupe de ma classe à qui je dis
07:09qui pour m'héberger ce soir, s'il vous plaît,
07:11c'est urgent.
07:12Il y a une fille de ma classe qui m'a donné son adresse.
07:15Je sais qu'il ne faut pas que je prenne le métro
07:16parce qu'il va me suivre dans le métro.
07:17Donc, j'arrive à la place de Clichy et je me dis
07:19il y a des taxis de partout, je vais prendre un taxi.
07:22Je fais un signe, je rentre dans le taxi.
07:23Lui, il cherche à rentrer en même temps.
07:24Et j'explique qu'au chauffeur, il est violent,
07:26il faut qu'il sorte, il faut que j'aille en sécurité quelque part.
07:29Et il y a trois taxis qui m'ont dit
07:31ah ouais, non, pas rond de sortie, je veux pas d'histoire.
07:33Et là, je vois un taxi encore qui passe
07:34et je me dis, t'as pas le choix.
07:35Et je m'avance, j'ouvre la porte d'un taxi.
07:37En fait, il y avait quelqu'un dedans.
07:39Je lui dis au chauffeur, je suis en danger, mon ex, il me suit.
07:42Et le chauffeur, il dit à sa cliente, descendez s'il vous plaît.
07:45Et là, je me suis dit, putain, c'est chaud.
07:48Enfin, maintenant, quand j'y repense, c'est chaud.
07:49Je rentre dans le taxi.
07:51Mon ex, il cherche à rentrer devant.
07:52Le chauffeur, je lui dis, toute paniquée,
07:55ce que je suis en train de vivre,
07:56qu'il faut m'aider, que j'ai besoin qu'on m'aide.
07:59Le taxi me dit, là, je peux pas vous emmener quelque part.
08:02Il faut que je vous emmène au commissariat.
08:04Il y a deux flics devant et je leur explique.
08:06Ils me disent, rentrez chez vous, revenez demain.
08:10Et là, du coup, je leur dis, en fait, je peux pas rentrer chez moi.
08:13Il a les clés, il va me tuer.
08:15Ils me disent, si vous voulez vous déposer plainte, c'est demain.
08:17Donc là, le taxi, il me fait un signe de tête.
08:19Il me dit, madame, re-rentrez dans la voiture.
08:22On va voir ce qu'on va faire.
08:23Sur la conversation de classe, j'ai dit, en fait, mon ex, il me suit partout.
08:27Il me faut une autre adresse.
08:28Donnez-moi une autre adresse.
08:29Et il y a une fille de ma classe qui m'a envoyé une autre adresse.
08:31J'ai pu aller jusqu'à chez elle.
08:33Et cette fois-ci, il m'a pas suivi.
08:34Moi, entre-temps, à tous ceux de ma classe,
08:36j'avais fait tourner la photo de mon ex,
08:37parce qu'il avait dit que demain, il serait là devant l'école.
08:39Donc, c'est que demain, il est là devant l'école.
08:41Et en fait, il y a quelqu'un de ma classe qui le reconnaît.
08:44Je me dis, c'est lui, il est là.
08:45Et à ce moment-là, j'étais avec la police et ils sont sortis.
08:48Ils lui ont couru après.
08:49Lui, il a tenté de partir, mais il a emmené en garde à eux.
08:52Et après, le commissariat, il m'appelle.
08:54Ils me disent que mon ex, il va aller passer la nuit au tribunal
08:58et que le lendemain, il sera vu par le procureur.
09:00Et là, il y a une mesure d'injonction qui est formulée.
09:02Il n'a plus le droit de sa prochaine mois.
09:03Et il y aura une audience, pas une comparution immédiate.
09:06Donc, c'est-à-dire, il n'y aura pas une audience dans les prochains jours.
09:08Je devrais attendre plusieurs mois, mais il y aura une audience.
09:10Il sort de garde à vue le samedi matin.
09:13Et le samedi, en début d'après-midi, je suis en manif pour nous toutes.
09:17Donc, je suis en train de faire des photos
09:18avec des gens qui marchent contre les violences sexistes et sexuelles.
09:23À ce moment-là, j'ai peur.
09:24J'ai peur qu'ils reviennent.
09:25Je me dis, tu vas rentrer le soir chez toi, il sera là.
09:27Enfin, je flippe.
09:28Je flippe complètement.
09:29Et on prévient que l'audience sera en avril 2020.
09:33Entre-temps, malgré tous les traumatismes,
09:36je m'étais largement engagée dans la lutte féministe.
09:39Et je militais beaucoup.
09:40Ça me faisait beaucoup de bien.
09:41Parce qu'à la base, quand tu commences à militer,
09:43c'est un petit peu pour réparer des choses qu'il y a chez toi,
09:46des traumas personnels.
09:47Mais en fait, quand tu te rends compte que tu n'es pas la seule
09:50ou le seul à avoir vécu ça, ça te donne une force.
09:54Tu te dis, OK, moi, je suis brisée,
09:56mais peut-être que je pourrais aider à...
09:57Pas à réparer quelqu'un d'autre, mais à soutenir quelqu'un d'autre,
10:00à le comprendre, à l'accompagner.
10:02Moi, on n'a pas voulu entendre ma voix,
10:03mais peut-être que...
10:04En fait, tous ceux qui ont vécu des violences qu'on n'a pas écoutées,
10:07ils sont tous ensemble.
10:08Ils ne sont pas faibles tous ensemble.
10:10On est archi-forts, archi-forts.
10:12Et du coup, ça a été une bonne dynamique pour moi.
10:15Quand j'ai découvert ça, j'ai tout mis dans ça.
10:16Ça m'a permis de me reconstruire.
10:18Et après, j'ai commencé à beaucoup faire des photos.
10:20Du coup, j'ai allié vraiment la lutte.
10:22Et moi, ce que j'aime, l'image.
10:24Et à la fois, j'avais encore peur parce que l'audience n'était pas passée.
10:26Je ne sais pas pourquoi, mais moi, dans ma tête,
10:27je pensais que l'audience allait changer quelque chose.
10:30Donc là, on m'annonce qu'il est condamné à deux ans de prison avec sursis.
10:33Moi, je m'étais portée partie civile,
10:35donc on accepte qu'ils me doivent des dommages, intérêts, banalités.
10:40Un suivi psychique, le procureur veillera.
10:42Et évidemment, on prolonge la mesure d'injonction.
10:45Je suis révoltée parce qu'aujourd'hui, maintenant que je milite,
10:48que je passe des heures à militer par semaine,
10:49qu'on reçoit des messages sur les réseaux sociaux,
10:52quand on voit des histoires, que je vois des féminicides
10:54avec des femmes qui ont porté cinq fois plainte,
10:5721 fois même, le cas de Cécile,
11:00je me dis, ah ouais, on est vraiment crevés.
11:03Le militantisme, c'est ma justice à moi,
11:06mais c'est notre justice à tous, en fait.
11:07On nous a trop silenciés.
11:09Et ce n'est pas possible.
11:10Les réseaux sociaux, on peut dire ce qu'on veut.
11:12On peut dire que parfois, c'est de la communication,
11:14que c'est malhonnête et tout,
11:15mais les lancements de hashtags aussi,
11:17les MeToo, les balance ton porc,
11:19c'est notre justice à nous.
11:20Je pense que si on veut arriver à des choses concrètes,
11:23de vrais changements,
11:24je pense qu'il va falloir qu'on soit moins gentil.
11:26Moi, j'ai la sensation qu'on n'est pas écoutés.
11:28Parce que ce n'est pas juste nous où il faut que ça change.
11:30C'est aussi dans les relais médiatiques,
11:33dans l'opinion publique,
11:35et plus haut même.
11:36Je n'ai pas les solutions,
11:37mais je pense qu'il va falloir que les gens,
11:38ils arrêtent de croire que pour arriver à l'égalité,
11:40on va la demander gentiment.
11:41Au plus on sera nombreuses et nombreux à en parler,
11:45à parler de ces violences,
11:46au plus les gens vont se rendre compte
11:48qu'en fait, c'est courant,
11:49ce n'est pas des cas isolés.
11:51Il y a une véritable violence du système.
11:53Donc évidemment que c'est super important,
11:56même si c'est douloureux,
11:57d'en parler quand c'est le moment.
11:59Bien sûr, il ne faut pas forcer l'outing,
12:01mais c'est comme ça que les consciences,
12:03elles pourront un petit peu s'ouvrir.
Commentaires

Recommandations