- il y a 2 jours
Dans son témoignage bouleversant, Brahim nous raconte une histoire qui dépasse l’entendement : celle d’un enfant échangé à la naissance contre un bébé décédé. Né dans un contexte de trafic de bébés entre les années 70 et 80, il grandit avec une identité volée et un passé construit sur un mensonge.
Entre adoption, déracinement et quête de vérité, son récit met en lumière une réalité choquante encore méconnue aujourd’hui . Cet entretien retrace son combat pour comprendre ses origines et dénoncer un système qui a brisé des vies.
Son enfance est marquée par l’abandon, la maltraitance et un profond manque d’amour. Ballotté entre une famille adoptive instable, la rue et les institutions, il traverse des épreuves extrêmes dès son plus jeune âge. Malgré la violence, les abus et la solitude, il trouve la force de survivre et de se reconstruire. Ce parcours difficile l’amène à sombrer avant de réussir à se relever grâce à la foi, la résilience et une volonté de fer .
Aujourd’hui, il poursuit une quête essentielle : retrouver ses parents biologiques et faire éclater la vérité. À travers un périple incroyable et des démarches auprès des autorités, il refuse d’abandonner son identité et son histoire.
Ce témoignage poignant est un message d’espoir et de courage destiné à sensibiliser sur les enfants volés et à redonner une voix à ceux qui cherchent encore leurs origines.
Suivez O-Rigines le nouveau média qui s’intéresse à l’histoire des histoires.
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UC33B...
Instagram : https://www.instagram.com/origines.me...
Twitter : https://twitter.com/Originesmedia
Entre adoption, déracinement et quête de vérité, son récit met en lumière une réalité choquante encore méconnue aujourd’hui . Cet entretien retrace son combat pour comprendre ses origines et dénoncer un système qui a brisé des vies.
Son enfance est marquée par l’abandon, la maltraitance et un profond manque d’amour. Ballotté entre une famille adoptive instable, la rue et les institutions, il traverse des épreuves extrêmes dès son plus jeune âge. Malgré la violence, les abus et la solitude, il trouve la force de survivre et de se reconstruire. Ce parcours difficile l’amène à sombrer avant de réussir à se relever grâce à la foi, la résilience et une volonté de fer .
Aujourd’hui, il poursuit une quête essentielle : retrouver ses parents biologiques et faire éclater la vérité. À travers un périple incroyable et des démarches auprès des autorités, il refuse d’abandonner son identité et son histoire.
Ce témoignage poignant est un message d’espoir et de courage destiné à sensibiliser sur les enfants volés et à redonner une voix à ceux qui cherchent encore leurs origines.
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00:00Quand j'ai su qu'on m'a échangé contre un bébé mort, j'étais bouche bée.
00:02Tous les jours j'y pense.
00:03Je me suis dit, c'est pas possible ça, c'est que dans les films qu'on voit des trucs
00:07comme ça.
00:07Les gens, ils n'ont pas de pitié.
00:09J'ai été adopté par des parents adoptifs marocains.
00:12Le 22 août 1978, ils ont adopté un bébé prématuré.
00:16Un jour après, il est mort.
00:17Ils sont repartis au l'hôpital et ils m'ont échangé contre ce bébé mort.
00:20Ça veut dire que je porte l'identité d'un bébé mort jusqu'à maintenant.
00:24Il y a une estimation, ils ont dit qu'il y a eu plus de 30 000 bébés volés dans
00:27les années 70 jusqu'à 85.
00:29Mais c'est une fausse estimation, il n'y en avait plus, bien plus.
00:32Quand une maman a couché, les infirmières, ils allaient la voir, ils prenaient le bébé.
00:36Ils partaient pour le laver et ils revenaient et disaient comme quoi le bébé était mort.
00:40Parfois aussi, ils ramenaient un bébé congelé qui était mort.
00:43Ils le montraient à distance comme quoi le bébé était mort.
00:46Après ce que j'ai entendu, les bébés s'étaient revendus entre 2 000 à 5 000, 6 000 euros.
00:50Ils m'ont pris, ils m'ont ramené directement en France.
00:52Mon père adoptif, je ressentais qu'il ne me donnait pas beaucoup d'amour.
00:55Ils nous ont abandonnés et moi je suis resté avec ma mère adoptif.
00:57Mais ma mère adoptif, elle était atteinte psychologiquement.
01:00En tant qu'enfant, on veut l'amour d'une maman, c'est ça le problème.
01:03Et après c'est tout le contraire.
01:04Quand j'allais vers elle, j'ai essayé d'avoir des intentions, tout ça.
01:07Elle me repoussait un petit peu.
01:09Je traînais tout seul dehors.
01:10À l'âge de 6 ans, 7 ans, des fois je parle au ciel.
01:13Je dis pourquoi ça m'arrive.
01:15Je n'ai pas demandé tout ça.
01:16Moi j'ai demandé à avoir des parents, être épanoui, avoir de l'amour, de l'affection.
01:19Surtout quand mon père adoptif est parti, on nous achetait dehors.
01:22On nous achetait dehors.
01:24Après ma mère a été écoulée par terre, a pleuré, la police est venue.
01:28Après on a zoné dans le quartier, je me rappelle toute ma vie.
01:31En tant qu'enfant on est là, on cherche un hôtel, tout était complet.
01:34Ma mère a pleuré.
01:35Et après on a dormi chez des gens dans un quartier.
01:38Comme des voisins, ils nous ont hébergés pendant 15 jours chez eux.
01:40Et après avec le temps, comme j'étais redevable, le grand il profitait de ça.
01:44Au début c'était des attouchements, c'était des frottages.
01:47Après une fois il a essayé de me pénétrer.
01:50Je n'en parlais pas, je l'ai gardé en moi.
01:52C'était pudique, c'était la honte.
01:54Après j'ai eu de la maltraitance à l'école aussi, par des maîtres et des maîtresses.
01:57Il me frappait, il s'était violent.
01:59Il n'y avait pas de protection de mes parents.
02:01Des fois je pleurais parce que je disais pourquoi je n'ai pas un grand frère,
02:03pourquoi je n'ai pas mes frères et soeurs pour me faire entendre.
02:07C'était dur.
02:08Je ne voulais pas vivre ça.
02:10C'est comme ça.
02:13Des fois ça fait du mal de parler.
02:15On en a besoin.
02:18Quand tu es enfant, tu as besoin d'un adulte qui t'écoutait.
02:21Mais à l'époque il n'y avait pas d'adulte qui t'écoutait.
02:23Tu essaies de voir un maître ou une maîtresse au contraire.
02:26Tu vois qu'il te frappe, qu'il t'insulte, qu'il te milite devant l'autre enfant.
02:29Tu disais aller chez ma mère adoptive, c'était pareil.
02:31Quand tu vas à l'école, c'était pareil.
02:32Tu n'avais plus personne.
02:34J'avais une colère aussi.
02:35Je dis en fin de compte ils ont gâché ma vie, ils ont volé ma vie.
02:37Après ça m'a forgé dans ma vie.
02:39Les épreuves ça nous forge.
02:39Après quand j'étais placé à la DAS, j'ai été soulagé.
02:43Le geste des mineurs m'a placé à la DAS parce que ma mère adoptive n'arrivait plus à me
02:47nourrir
02:47parce qu'elle ne payait plus l'électricité, elle s'est fait licenciée.
02:50Et à la DAS j'étais à la foyer d'accueil d'urgence.
02:52Je suis resté 8-9 mois.
02:54Après on m'a tremblé de famille d'accueil.
02:56Ça veut dire que je n'y allais plus à l'école.
02:57Tous les week-ends j'allais chez ma mère adoptive.
02:59Et son frère, moi il était toujours alcoolique.
03:01Et j'ai vu rentrer mon nom qu'à 1h du matin.
03:03Il arrivait à temps devant la porte, il m'a attendu, il m'a dit qu'est-ce que tu
03:06fais dehors ?
03:06Après elle a commencé à me frapper.
03:07Il me frappait, il me frappait.
03:08Et j'ai réussi à me détacher, à me sauver.
03:10Et j'ai couru vers les grands, je lui ai demandé de l'aide.
03:12Et après les grands, ils ont eu peur parce que j'avais une tête qui faisait peur.
03:15On a couru, je voyais mon nom qui me courait, qui me courait derrière moi.
03:18Pour essayer de m'attraper, pour...
03:19Ouais, il voulait me tuer.
03:20Et après on est parti au commissaire de Saint-Ouen.
03:22Et le coup-ci, quand ils m'ont vu, tout de suite ils m'ont mené à l'hôpital.
03:24Comme j'étais mineur, c'est vrai qu'ils ont porté plainte contre mon oncle.
03:26Quelques temps après, à la rentrée, le directeur de la DAS a demandé une réunion d'urgence avec ma mère
03:31adoptive.
03:32Et ma mère adoptive l'a dit, ouais, Brahim Karanoui, c'est pas mon fils.
03:36Je l'ai adopté avec Ali, avec son père.
03:39En fin de compte, ouais, maintenant j'en veux plus, il me coûte trop cher, gardez-le.
03:43C'est là qu'on m'a dit, ouais, je l'ai adopté.
03:44En plus, surtout quand elle m'a dit, ouais, j'en veux plus, il me coûte trop cher.
03:47Je me suis effondré.
03:48Mon nom du cathart a titré, c'était Pierre.
03:50Et là, il s'est bouche bée, il n'arrivait pas à y croire.
03:52Je suis sorti avec lui, et après il m'a fait un câlin.
03:56Pierre m'a dit, ouais, on va essayer de retrouver ton père adoptif.
03:59S'ils veulent te récupérer, parce que déjà ma mère m'a abandonné, encore ma mère adoptif, et mon père.
04:03Et mon dictateur, il a fait une enquête, on l'a retrouvé au bout d'un an.
04:06Il est parti le voir, je suis attendu presque une heure, une heure et quart, il est revenu.
04:10Et j'ai vu dans son visage qu'il avait été triste.
04:13Il m'a dit, Brahim, en fin de compte, il ne veut plus te voir, il ne veut plus de
04:15toi.
04:15Ouais, c'est horrible quand tu entends ça.
04:17Et après, lui, il a essayé d'avoir le livret de famille, parce qu'il voulait que je devienne français.
04:20Et jusqu'à maintenant, je n'ai pas pu avoir l'unité française à cause de ça, à cause de
04:23mes parents adoptifs.
04:25En dirait que j'étais, je ne sais pas, un paquet qu'on m'a appris.
04:28On a essayé, après on m'a déposé.
04:30Moi, j'avais 14 ans et demi, tout s'écroule.
04:33C'est là que j'ai commencé à fumer, à boire.
04:35Des fois, je pensais au suicide.
04:37Quand tu arrives à 18 ans, ça y est, tu es majeur, tu dois retourner chez toi.
04:41Quand je suis rentré chez ma mère adoptif, c'est là que tu commences à vendre de la drogue.
04:44Mais je vendais déjà en tant que mineur.
04:46Après, j'ai fait comme j'étais dans l'alcool, tout ça.
04:49Je faisais la drogue, je volais dans les sociétés avec des potes.
04:52Après, je me suis fait attraper.
04:54Après, j'ai fait 8 ou 7 mois de prison, je ne vais pas me voler la face.
04:58C'est grâce à Dieu que j'ai pu m'accrocher.
05:00Peut-être que j'aurais tué, j'aurais fait des conneries.
05:01Je serais parti encore plus loin.
05:03C'est ça qui m'a sauvé.
05:04C'est ça que j'ai arrêté l'alcool, j'ai arrêté le shit.
05:07C'est ça qui m'a aidé le plus.
05:08La prière, jusqu'à maintenant.
05:11Et après, à la prison, je suis sorti, je vivais le jour le jour.
05:14C'est ça qui était dur.
05:15Parce qu'après, on n'est personne, on est tout seul.
05:16On a l'abandon, tu vois, ta mère de petit-fait, elle ne travaille pas.
05:19On faisait un studio, un salubre.
05:20Pas d'eau, j'allais apporter que mon cours pour me doucher.
05:23J'avais une douche municipale pour les SDF.
05:25Une fois, deux fois par semaine, j'allais là-bas.
05:27Mais je suis quelqu'un de protecteur.
05:29Je me disais, si je l'abandonne, elle va se retrouver dans la mer toute seule.
05:32Je ne pouvais pas la laisser toute seule.
05:34Je cherchais cet amour que je n'avais pas eu.
05:35Mais après, j'avais comme de la pitié.
05:40Son prénom, ça finit tout le temps.
05:41Quand j'avais 21 ans, 22 ans, je crois, j'avais posé des questions à ma mère de petit.
05:45Après, elle m'a raconté des histoires.
05:46Comme quoi, mes vrais parents biologiques sont dans un accident de voiture.
05:49Après, elle m'a raconté comme quoi.
05:50Elle travaillait pour nous dans la maison à Belkène.
05:52Fin de mes d'âge, tout ça.
05:53Elle est tombée enceinte.
05:54Et après, elle t'a donné.
05:56Tu sais quoi, une fois, elle m'a dit, on lui a donné 200 dirhams.
05:5920 euros, on t'a pris.
06:03Je vaux 20 euros.
06:04Quand j'ai su qu'on m'a échangé contre Abbé Bors, j'étais bouche bée.
06:07Tous les jours, j'y pense.
06:10C'est dans les films qu'on voit des trucs comme ça.
06:12Les gens, ils n'ont pas de pitié.
06:14J'ai fait un courrier, j'ai écrit au procureur.
06:16J'ai eu une réponse, ils m'ont dit qu'on ne pouvait rien faire pour moi.
06:18Après, j'ai dit, je vais faire comment ?
06:20Après, ils m'ont dit, je ne sais pas.
06:21Après, ils m'ont dit, essayez de voir en France
06:22s'il n'y a pas une association sur les droits
06:24ou d'essayer de porter plainte en France.
06:26Parfois, parce que je suis en fin de compte,
06:27pour le moment, je suis rentré illégalement en France.
06:28Après, je dis, ouais, c'est compliqué.
06:30Comme je n'ai pas l'esté français, je suis une carte de séjour.
06:32Ils ne vont pas m'écouter.
06:33Après, je dis, je veux faire le pire et pas vélo.
06:35Je voulais faire de Paris à Rabat.
06:37J'ai eu l'idée, parce que j'avais rencontré le roi plusieurs fois sur Paris.
06:40Je lui ai dit, voilà, ma majesté,
06:42j'ai écrit un livre qui s'appelle L'enfant éguerré.
06:44J'aimerais votre aide, parce que j'essaie de retrouver mes parents biologiques.
06:47Il m'a regardé, il ne m'a dit pas aujourd'hui, tout ça.
06:49Et plusieurs fois, il m'a dit la même réponse.
06:51Après, les gens me disent, ouais, le roi, il ne peut rien faire.
06:53Si, il n'y a que lui qui puisse donner l'ordre d'ouvrir une enquête.
06:56J'étais fier de moi, parce que je suis arrivé jusqu'au bout,
06:58parce qu'il y avait beaucoup de gens qui ne croyaient pas que j'allais le faire.
07:00Et ouais, franchement, j'étais un peu triste.
07:02J'étais super dégoûté.
07:03J'ai dit, putain, j'ai fait 2400 km.
07:06Après, je dis que ce n'est pas grave.
07:07Vraiment, j'ai fait, comment dire, on gagne une petite bataille.
07:09Après, c'est mon destin, il faut que j'accepte.
07:11Peut-être, voilà, il faut que je passe à autre chose.
07:13Je sais qu'il y aura peut-être une petite porte qui va s'ouvrir tout au tard.
07:15Il n'y a que l'ADN qui peut me sauver encore.
07:17C'est pour ça que j'avais fait le périph',
07:19je voulais demander qu'on fasse un bureau administratif et une banque d'ADN.
07:22Je ne suis pas là pour faire la guerre contre le Maroc.
07:23Le Maroc, c'est mon pays.
07:25Il y a la France et le Maroc.
07:26Mais au contraire, j'ai contacté M. Macron.
07:28J'ai écrit un courrier, puis qu'il puisse m'entendre,
07:30qui s'allie avec le Maroc,
07:31pour qu'on puisse aussi en France faire quelque chose,
07:33un bureau administratif, une banque d'ADN,
07:35qu'on puisse retrouver nos origines.
07:37Je trouve que c'est important.
07:38Je veux retrouver mes parents, parce que, tu vois,
07:40quand tu es né sous X, tu sais que c'est ta mère qui t'a abandonnée,
07:42elle l'a fait d'elle-même.
07:44Là, tu te dis, bon, c'est elle l'a fait d'elle-même,
07:45elle ne veut pas de moi, je ne vais pas faire de recherche.
07:48Mais là, tu sais qu'on t'a échangé contre un bébé mort.
07:51Je pense que ma mère, elle pense que je suis mort.
07:54Tant que je ne connais pas l'histoire,
07:55ce qui s'est vraiment passé, je ne peux pas abandonner.
07:57Je pense que si je les retrouve, ils seront heureux.
07:59Au fond de moi, je ne pense pas que je serai déçu.
08:01Après, peut-être qu'ils sont morts, je ne sais pas,
08:03mais je pense que non.
08:03J'ai un doute.
08:04Je pense que ma mère, elle est encore vivante.
08:05Je ressens, ouais.
08:06Pour retrouver des réponses,
08:07quand j'ai fini mon mari, je suis reparti en France.
08:09Et c'est mes enfants.
08:11C'est ça qui m'a reboosté le moral.
08:14J'en ai tout leur donné.
08:15Même mon rêve, c'est de faire le tour du monde avec eux.
08:17Tous les trucs que je n'ai pas faits,
08:18en tant qu'enfant, je viens de les faire avec eux.
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