00:00Mon fils n'est pas un miracle, mon fils est décédé une, deux, dû à des coups portés,
00:06de remontre par l'homme qui était censé l'aimer.
00:10Je suis une ancienne victime de violences conjugales, physiques et psychologiques.
00:14Alors oui, je suis la première personne à dire qu'il faut partir à la première clé gifle,
00:18à la première claque, à la première insulte, mais en théorie,
00:22parce qu'en pratique c'est beaucoup plus compliqué.
00:24Nous ne sommes plus rien, voilà ce que nos bourgs nous répètent,
00:27nous ne sommes rien sans eux, fatalement.
00:30On va nous prendre nos enfants, donc on reste parce qu'on a peur et parce qu'on a honte,
00:33on a peur de vos jugements, peur d'avoir les services sociaux sur le dos.
00:38Pour ma part, l'emprise était déjà bien installée.
00:41La phase d'une demi-année est arrivée à son terme.
00:43J'étais enceinte du jumeau, je suis prise de douleur et je dois aller à la maternité.
00:49Alors que les médecins nous annonçaient qu'on ne savait pas si nos enfants seraient viables,
00:54s'ils auraient des séquelles et quelles séquelles ils pourraient avoir,
00:57puisqu'ils sont à 30 semaines de grossesse.
01:00Mon ex s'acharnait sur moi en violence psychologique.
01:04Moi, la femme parfaite, la femme la plus merveilleuse au monde,
01:07la meilleure cuisinière, la meilleure en tout,
01:10son plus bel amour, son grand amour de sa vie,
01:12je suis devenue une sous-merde ce jour-là,
01:15parce que j'ai osé accoucher à 30 semaines de grossesse.
01:19Aujourd'hui, ils m'ont bien heureuse.
01:20Et je me félicite d'avoir sauvé leur vie.
01:24Au bout d'une semaine, j'ai libéré ma chambre
01:25alors que les jumeaux étaient toujours en hématologie.
01:28Ce jour-là, j'ai signé ma descente aux enfers.
01:31De la violence psychologique, on est passé à la violence physique.
01:34Monsieur était même jaloux de ses propres enfants.
01:37Pendant deux mois, j'ai dû dormir dans ma voiture
01:39lorsqu'elle était ouverte, ou sur la terrasse.
01:41Des bleus, des aigles m'attendus.
01:42Je ne traînais pas, je suis allée me balancer dans les meubles, dans les murs.
01:45Il m'est tremblé, il m'est étouffé, pour ne pas qu'on m'entende.
01:47Tout le monde se rendait compte que j'avais mal.
01:49Tout le monde disait ça, surtout d'une dépression postpartale,
01:52mais personne ne s'est rendu compte.
01:53On doit cacher.
01:54On a peur du jumeau.
01:57Peur tout le temps.
01:58La veille de la sortie des jumeaux,
01:59ils m'interdisaient d'aller les chercher, avec lui.
02:02Ça devait être une grande fête, deux mois de bataille.
02:05Ils sortaient, ils allaient bien, tout allait bien.
02:07Mais il était en pleine crise, donc j'ai dû le supplier pendant toute l'année.
02:11Dans la salle de bain, la déronate,
02:12dans la chambre de la déronate de nos jumeaux,
02:15le monsieur a été violent, une énième fois.
02:17Le 1er janvier 2018,
02:20monsieur Marc Lechon, je suis en voiture.
02:21Je suis partie, je t'ai posé ma courante.
02:23Puis je suis revenue.
02:24Une femme tente de quitter son bureau au moyen, cette fois.
02:29J'ai doublé le record, voire triplé ce record-là.
02:33Un jour, il y a un déclic qui se fait dans la tête,
02:35on me dit qu'on ne peut pas supporter ça, on ne peut plus.
02:37J'ai vu une association,
02:39ça s'appelle l'association parmentaise,
02:41j'ai vu une super assistante sociale,
02:43madame Julie Huel.
02:44Je suis arrivée avec le visage tuméfié,
02:46à se rendre compte qu'il y a une urgence.
02:47Je me trouve en appartement très vite.
02:49Je pars alors que je suis enceinte et que je suis presque à terme.
02:51Le 4 septembre 2018,
02:53je suis très mal au ventre.
02:54Cette douleur est abominable.
02:56J'arrive à l'hôpital et très vite,
02:57les médecins se rendent compte
02:58que les coups portés un mois auparavant
03:01ont endommagé ma rate
03:03et que je suis une hémorragie silencieuse
03:05tout doucement
03:07pendant un mois.
03:08Je ne comprends rien de ce qui se passe.
03:09Tout ce que je sais,
03:10c'est comme au moment donné.
03:11Un gilécologue,
03:14me fait l'échographie.
03:15Je comprends,
03:16mon fils est décédé à moi-même,
03:17comme ils disent.
03:17Je suis couchée,
03:18et pourtant,
03:19j'ai l'impression de tomber.
03:20C'est simple.
03:22Ils me disent que je suis miraculée,
03:23ils me demandent si je comprends
03:24que mon fils est décédé.
03:26Mais je ne comprends pas.
03:27Mon fils n'est pas un miraculeux.
03:28Mon fils est décédé une, deux,
03:31dû à des coups portés
03:33dans mon ventre
03:34par l'homme qui était censé
03:37l'aimer, le protéger,
03:38malgré que j'ai déposé plainte.
03:40Mi-août,
03:41que j'ai déposé une main courante.
03:43Le 1er janvier 2018,
03:46mon ex-compagnon a été interpellé
03:4914 jours après ce drame.
03:52J'ai été amputée d'un organe
03:54qui est vitale
03:55puisque je suis malade à vie.
03:57Je suis sous antibiotique à vie.
04:00J'ai un taux de plaquette élevé.
04:03Je risque d'avoir laissé.
04:04Je risque d'une embolie pilonnée.
04:05Je ne pourrai plus jamais porter la vie.
04:07Il m'a ôté le droit à ma féminité.
04:09Mais monsieur,
04:11pour tout ça,
04:12n'a fait que 24 heures de garde à vue
04:13et libre en attente d'instruction
04:15depuis 2 ans et 8 mois.
04:17Un rare moment donné,
04:18je me montre ce que fait la justice.
04:20Mon ex-compagnon vit sa détranchiement
04:22pendant que moi,
04:23mes enfants,
04:23nos enfants,
04:25on a pris perpètre.
04:26Je me dis,
04:27mon petit chien,
04:27j'ai pris perpètre,
04:28pas lui.
04:29Parce que nous,
04:30on est en prison de cette...
04:31Excusez-moi le terme.
04:32Putain d'instruction.
04:33On ne risque même pas
04:34l'enfant de Sicile.
04:36Parce qu'à savoir
04:36qu'en France,
04:37comme en Belgique,
04:38puisque c'est l'affaire franco-vergne,
04:40un enfant n'est sans vie,
04:41mais viable
04:41d'aucune valeur juridique,
04:44ni de nom,
04:45ni d'affiché à suivre.
04:46J'ai fait la promesse à mon fils
04:47de changer cette fois-là demain.
04:48Même si j'ai fait changer
04:49cette fois-là demain,
04:50mon fils n'en bénéficiera pas.
04:52Mon fils ne sera jamais considéré
04:54comme un enfant de Sicile.
04:55Monsieur Dupond-Moretti
04:56vous interpelle
04:57pour vous dire
04:58qu'un enfant n'est sans vie,
04:59mais viable,
05:00avec une valeur.
05:01Il serait grand temps
05:02de changer cette fois
05:03qui est archaïque,
05:05déshumanisante.
05:06Je vous en supplie
05:07pour tous les petits anges
05:10qui sont partis trop tôt,
05:11signez la pétition.
05:13C'est un enterrement
05:14que j'ai fait.
05:15Alors je veux...
05:17Je veux que mon fils
05:18ait un nom.
05:20Je vous remercie.
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