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  • il y a 2 jours
Ce témoignage bouleversant est celui de Tiffanie, une femme courageuse, survivante de violences conjugales. Elle nous partage son parcours marqué par l’emprise psychologique, les coups et la peur. Derrière l’idée souvent répétée de "partir à la première claque", elle explique pourquoi quitter un conjoint violent est en réalité beaucoup plus complexe : la honte, la peur du jugement, la manipulation et la menace de perdre ses enfants enferment les victimes dans un cycle destructeur.

Alors qu’elle était enceinte de jumeaux, les violences se sont aggravées : humiliations, coups, strangulations et isolement. Après des mois de souffrance et plusieurs signalements, un drame survient : les coups reçus provoquent de graves blessures internes et la perte de son bébé.

Aujourd’hui, elle vit avec des séquelles physiques irréversibles et ne pourra plus avoir d’enfants. Pourtant, son agresseur n’a passé que 24 heures en garde à vue, une situation qui soulève des questions sur la justice et la reconnaissance des victimes.

À travers ce témoignage, elle lance aussi un appel pour faire évoluer la loi et reconnaître juridiquement les enfants décédés avant la naissance. Son combat est désormais de sensibiliser, briser le silence autour des violences conjugales et protéger les victimes.

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Transcription
00:00Mon fils n'est pas un miracle, mon fils est décédé une, deux, dû à des coups portés,
00:06de remontre par l'homme qui était censé l'aimer.
00:10Je suis une ancienne victime de violences conjugales, physiques et psychologiques.
00:14Alors oui, je suis la première personne à dire qu'il faut partir à la première clé gifle,
00:18à la première claque, à la première insulte, mais en théorie,
00:22parce qu'en pratique c'est beaucoup plus compliqué.
00:24Nous ne sommes plus rien, voilà ce que nos bourgs nous répètent,
00:27nous ne sommes rien sans eux, fatalement.
00:30On va nous prendre nos enfants, donc on reste parce qu'on a peur et parce qu'on a honte,
00:33on a peur de vos jugements, peur d'avoir les services sociaux sur le dos.
00:38Pour ma part, l'emprise était déjà bien installée.
00:41La phase d'une demi-année est arrivée à son terme.
00:43J'étais enceinte du jumeau, je suis prise de douleur et je dois aller à la maternité.
00:49Alors que les médecins nous annonçaient qu'on ne savait pas si nos enfants seraient viables,
00:54s'ils auraient des séquelles et quelles séquelles ils pourraient avoir,
00:57puisqu'ils sont à 30 semaines de grossesse.
01:00Mon ex s'acharnait sur moi en violence psychologique.
01:04Moi, la femme parfaite, la femme la plus merveilleuse au monde,
01:07la meilleure cuisinière, la meilleure en tout,
01:10son plus bel amour, son grand amour de sa vie,
01:12je suis devenue une sous-merde ce jour-là,
01:15parce que j'ai osé accoucher à 30 semaines de grossesse.
01:19Aujourd'hui, ils m'ont bien heureuse.
01:20Et je me félicite d'avoir sauvé leur vie.
01:24Au bout d'une semaine, j'ai libéré ma chambre
01:25alors que les jumeaux étaient toujours en hématologie.
01:28Ce jour-là, j'ai signé ma descente aux enfers.
01:31De la violence psychologique, on est passé à la violence physique.
01:34Monsieur était même jaloux de ses propres enfants.
01:37Pendant deux mois, j'ai dû dormir dans ma voiture
01:39lorsqu'elle était ouverte, ou sur la terrasse.
01:41Des bleus, des aigles m'attendus.
01:42Je ne traînais pas, je suis allée me balancer dans les meubles, dans les murs.
01:45Il m'est tremblé, il m'est étouffé, pour ne pas qu'on m'entende.
01:47Tout le monde se rendait compte que j'avais mal.
01:49Tout le monde disait ça, surtout d'une dépression postpartale,
01:52mais personne ne s'est rendu compte.
01:53On doit cacher.
01:54On a peur du jumeau.
01:57Peur tout le temps.
01:58La veille de la sortie des jumeaux,
01:59ils m'interdisaient d'aller les chercher, avec lui.
02:02Ça devait être une grande fête, deux mois de bataille.
02:05Ils sortaient, ils allaient bien, tout allait bien.
02:07Mais il était en pleine crise, donc j'ai dû le supplier pendant toute l'année.
02:11Dans la salle de bain, la déronate,
02:12dans la chambre de la déronate de nos jumeaux,
02:15le monsieur a été violent, une énième fois.
02:17Le 1er janvier 2018,
02:20monsieur Marc Lechon, je suis en voiture.
02:21Je suis partie, je t'ai posé ma courante.
02:23Puis je suis revenue.
02:24Une femme tente de quitter son bureau au moyen, cette fois.
02:29J'ai doublé le record, voire triplé ce record-là.
02:33Un jour, il y a un déclic qui se fait dans la tête,
02:35on me dit qu'on ne peut pas supporter ça, on ne peut plus.
02:37J'ai vu une association,
02:39ça s'appelle l'association parmentaise,
02:41j'ai vu une super assistante sociale,
02:43madame Julie Huel.
02:44Je suis arrivée avec le visage tuméfié,
02:46à se rendre compte qu'il y a une urgence.
02:47Je me trouve en appartement très vite.
02:49Je pars alors que je suis enceinte et que je suis presque à terme.
02:51Le 4 septembre 2018,
02:53je suis très mal au ventre.
02:54Cette douleur est abominable.
02:56J'arrive à l'hôpital et très vite,
02:57les médecins se rendent compte
02:58que les coups portés un mois auparavant
03:01ont endommagé ma rate
03:03et que je suis une hémorragie silencieuse
03:05tout doucement
03:07pendant un mois.
03:08Je ne comprends rien de ce qui se passe.
03:09Tout ce que je sais,
03:10c'est comme au moment donné.
03:11Un gilécologue,
03:14me fait l'échographie.
03:15Je comprends,
03:16mon fils est décédé à moi-même,
03:17comme ils disent.
03:17Je suis couchée,
03:18et pourtant,
03:19j'ai l'impression de tomber.
03:20C'est simple.
03:22Ils me disent que je suis miraculée,
03:23ils me demandent si je comprends
03:24que mon fils est décédé.
03:26Mais je ne comprends pas.
03:27Mon fils n'est pas un miraculeux.
03:28Mon fils est décédé une, deux,
03:31dû à des coups portés
03:33dans mon ventre
03:34par l'homme qui était censé
03:37l'aimer, le protéger,
03:38malgré que j'ai déposé plainte.
03:40Mi-août,
03:41que j'ai déposé une main courante.
03:43Le 1er janvier 2018,
03:46mon ex-compagnon a été interpellé
03:4914 jours après ce drame.
03:52J'ai été amputée d'un organe
03:54qui est vitale
03:55puisque je suis malade à vie.
03:57Je suis sous antibiotique à vie.
04:00J'ai un taux de plaquette élevé.
04:03Je risque d'avoir laissé.
04:04Je risque d'une embolie pilonnée.
04:05Je ne pourrai plus jamais porter la vie.
04:07Il m'a ôté le droit à ma féminité.
04:09Mais monsieur,
04:11pour tout ça,
04:12n'a fait que 24 heures de garde à vue
04:13et libre en attente d'instruction
04:15depuis 2 ans et 8 mois.
04:17Un rare moment donné,
04:18je me montre ce que fait la justice.
04:20Mon ex-compagnon vit sa détranchiement
04:22pendant que moi,
04:23mes enfants,
04:23nos enfants,
04:25on a pris perpètre.
04:26Je me dis,
04:27mon petit chien,
04:27j'ai pris perpètre,
04:28pas lui.
04:29Parce que nous,
04:30on est en prison de cette...
04:31Excusez-moi le terme.
04:32Putain d'instruction.
04:33On ne risque même pas
04:34l'enfant de Sicile.
04:36Parce qu'à savoir
04:36qu'en France,
04:37comme en Belgique,
04:38puisque c'est l'affaire franco-vergne,
04:40un enfant n'est sans vie,
04:41mais viable
04:41d'aucune valeur juridique,
04:44ni de nom,
04:45ni d'affiché à suivre.
04:46J'ai fait la promesse à mon fils
04:47de changer cette fois-là demain.
04:48Même si j'ai fait changer
04:49cette fois-là demain,
04:50mon fils n'en bénéficiera pas.
04:52Mon fils ne sera jamais considéré
04:54comme un enfant de Sicile.
04:55Monsieur Dupond-Moretti
04:56vous interpelle
04:57pour vous dire
04:58qu'un enfant n'est sans vie,
04:59mais viable,
05:00avec une valeur.
05:01Il serait grand temps
05:02de changer cette fois
05:03qui est archaïque,
05:05déshumanisante.
05:06Je vous en supplie
05:07pour tous les petits anges
05:10qui sont partis trop tôt,
05:11signez la pétition.
05:13C'est un enterrement
05:14que j'ai fait.
05:15Alors je veux...
05:17Je veux que mon fils
05:18ait un nom.
05:20Je vous remercie.
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