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  • il y a 1 jour
Il y a quinze ans, Valérie a dû prendre une décision radicale pour sauver sa vie : demander l’amp*tation de sa jambe gauche après une grave infection au staphylocoque doré qui détruisait progressivement sa santé. Après des mois de souffrance et une septicémie, l’opération marque pour elle le début d’une nouvelle vie. Malgré une longue reconstruction physique, la perte de muscles et l’apprentissage d’un nouvel équilibre, elle retrouve peu à peu la force de se relever et d’avancer.

Avec détermination, elle transforme cette épreuve en moteur. Grâce à une prothèse adaptée, Valérie se lance dans des défis sportifs impressionnants : courses de paddle sur des centaines de kilomètres, marches de longue distance, tennis fauteuil, planche à voile ou encore courses d’escaliers, notamment à Marseille, à la Tour Montparnasse et même à la Tour Eiffel. À travers ces exploits, elle soutient aussi des causes importantes, comme la recherche contre les cancers pédiatriques.

Au-delà de la performance sportive, son message est clair : chacun a le droit d’exister tel qu’il est. Face aux regards et aux préjugés sur le handicap, elle défend l’acceptation des différences et encourage chacun à assumer ce qui le rend unique. Son parcours est une véritable leçon de courage, de résilience et d’espoir.

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Transcription
00:00J'ai fait tellement de belles choses dans ma vie depuis que je suis amputée
00:05que demain on me rendrait ma jambe mais je ne l'avais pas.
00:08Je suis amputée de ma jambe gauche depuis maintenant 15 ans.
00:12Suite à une opération, j'ai attrapé un staphylococque doré.
00:15Je vivais avec une jambe qui était en train de gangréner tout le temps.
00:18Je sentais que ma vie, petit à petit, elle était en train de disparaître sous mes yeux.
00:23Et donc j'ai décidé de demander l'amputation pour pouvoir reprendre ma vie.
00:29Après l'amputation, je me suis sentie honnête.
00:31Je n'étais plus en septicémie, je n'avais plus l'infection qui était en train de m'empoisonner.
00:36Je n'avais plus ces mauvaises odeurs parce que j'avais ma jambe qui était en train de pourrir.
00:41Il a fallu que je me refasse une santé.
00:43J'avais perdu, je crois que c'était 18 kg.
00:47Je n'avais plus de muscles, je n'avais plus rien en fait.
00:51J'étais vraiment squelettique, on va dire.
00:54Je me suis déplacée à l'aide de béquilles tout simplement et sur une jambe.
00:58À la maison, j'avais un fauteuil pour me faciliter, pour avoir les deux mains libres.
01:02J'avais vu une course de paddle au Pays-Bas.
01:04J'ai appris sur une jambe mais je n'allais pas très très loin.
01:06Et je ne restais pas très longtemps debout sur ma planche.
01:09Donc je me suis rapprochée d'un orthoprothésiste.
01:13Et avec cette prothèse, j'ai pu faire du paddle sur deux appuis sur mes deux jambes.
01:18Donc je suis partie au Pays-Bas, c'était en 2015, pour faire ma course de paddle.
01:23J'en ai fait une partie assise sur ma planche et une partie debout.
01:26J'ai fait 180 km quand même.
01:28En septembre 2016, je suis repartie et là j'ai pu compléter toute ma course,
01:34mes 220 km dans les 8h, 8, 9h sur une planche tous les jours pendant 5 jours.
01:40Ça, ça a été mes deux premiers grands défis.
01:43Et puis après ça, j'ai fait une marche de la Seine-sur-Mer où je vis jusqu'à Marseille.
01:47Il y a environ 63 km.
01:49Je faisais du tennis fauteuil également, un peu de natation.
01:53J'ai fait du flyboard également.
01:55Ça, ça a été peut-être le truc le plus fou, on va dire.
01:59J'ai pu aussi apprendre la planche à voile.
02:00Je me suis découverte les courses d'escalier.
02:02Ma première course, elle était sur Marseille.
02:04C'était pour l'association ELA.
02:06C'était une tour de 25 étages.
02:08Du coup, je me suis dit, au mois de septembre, on pourrait aller faire la tour de Montparnasse à Paris.
02:13On est monté à Paris juste pour la journée.
02:15C'était pour aider la recherche des cancers pédiatriques avec la fondation Gustave Roussy.
02:20J'ai pu faire la verticale de la tour Eiffel aussi qui était super.
02:24Je me suis dit, ce n'est pas possible, il faut que je bouge.
02:28J'ai trouvé un pont que nous avons à la Seine.
02:30Il y a 231 marches.
02:32Je voulais aller au-delà de mon plus grand défi d'escalier qui était de 2000 marches.
02:37Donc, j'ai dit, bon, on va le faire 10 fois.
02:39Ça fait 2310 marches.
02:42Je le fais pour la fondation Gustave Roussy.
02:44Ce défi va se dérouler le 19 mai.
02:47Après, c'est vrai qu'il y a toujours le regard des gens.
02:49Il y a les gens bienveillants qui me posent des questions, qui me félicitent sur ce que je fais, etc.
02:55J'ai rencontré pas mal de gens qui m'ont dit, mais vous m'avez donné un espoir fou.
02:59Parce que je leur ai montré que quand même, tout était possible.
03:02Et puis après, il y a les autres.
03:03Il y a des gens qui me demandent comment j'ose sortir avec ma prothèse ou sans ma prothèse, mais
03:08en short.
03:08D'après eux, je devrais m'habiller avec une robe longue ou un pantalon long.
03:12Voilà, vraiment cacher le handicap.
03:15Ce que je refuse de faire parce que j'ai le droit d'exister comme tout le monde.
03:18Ce qui est un petit peu choquant, c'est quand j'entends des mères et des pères de famille dire
03:24à leurs enfants,
03:24parce que leurs enfants m'ont pointé du doigt en me disant, oh regarde maman, papa, la dame, elle n
03:30'a pas de jambe.
03:31Ou regarde, la dame, elle n'a qu'une jambe.
03:33Ou voilà, peu importe.
03:34Et là, j'entends les gens qui disent, les parents qui répondent, ne regardent surtout pas.
03:39C'est pas ce qu'il faut dire aux enfants, il faut les éduquer.
03:41Ne regardent surtout pas, ça veut dire que c'est pas beau à voir, c'est pas beau, la personne
03:45n'existe pas.
03:46Il ne faut juste pas regarder cette personne parce qu'elle est différente.
03:50Moi, je dis qu'il faut l'éduquer.
03:52Au moins, cet enfant va grandir et ne sera pas comme les personnes mal élevées, les adultes mal élevés que
04:00je rencontre aujourd'hui.
04:01Donc, j'existe, nous existons, on est tous différents dans la vie.
04:06Certains ont des grandes oreilles, des gros nez.
04:09On est tous différents et on a tous le droit d'exister comme on est pour ceux qu'on est.
04:15J'ai fait tellement de belles choses dans ma vie, depuis que je suis amputée, que demain, on me rendrait
04:22ma jambe, mais je ne l'avais pas.
04:23Si vous, vous avez une différence, peu importe la différence, vous avez le droit d'exister.
04:28Et montrez-vous tel que vous êtes.
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