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  • il y a 2 jours
Découvrez l’histoire très touchante de Marion, une jeune femme qui attendait des jumeaux après plusieurs années d’attente. Au début, tout allait bien, mais pendant la grossesse, les médecins ont découvert des problèmes de santé chez les deux bébés. Les examens se sont enchaînés et l’inquiétude n'a cessé de grandir, car personne ne savait vraiment ce qu’ils avaient. Finalement, ils ont appris que Marion et ses bébés étaient atteints d’une maladie génétique rare appelée syndrome de Di George.

Face à cette situation, le couple a dû prendre une décision très difficile : arrêter la grossesse pour éviter que leurs enfants souffrent. Ce fut un moment extrêmement douloureux, rempli de tristesse, de peur et de culpabilité. Malgré tout, ils ont vécu un moment très fort en rencontrant leurs bébés après l’accouchement. Ce souvenir, plein d’amour, les a aidé à commencer leur deuil.

Petit à petit, Marion a tenté de se reconstruire. Elle a écrit un livre pour mettre des mots sur ce qu’elle a vécu et pour aider d’autres parents dans la même situation. Elle veut aussi briser le silence autour du deuil périnatal, un sujet encore trop peu abordé. Aujourd’hui, le couple garde espoir et se lance dans un parcours de FIV pour essayer d’avoir un autre enfant.

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Transcription
00:00Le 1er septembre 2017, à 7 mois de grossesse, j'ai accouché de mes jumeaux naissants-dits.
00:05Au début de la grossesse, tout se passait bien et nous étions très heureux.
00:09Arrive le quatrième mois et c'est là que les problèmes commencent.
00:12Lors de l'échographie, notre gynécologue nous annonce que nous attendons un garçon et une fille.
00:17Alors après 4 ans d'essai, nous sommes vraiment sur notre petit nuage.
00:21Mais très vite, elle nous dit que notre garçon a un rein multikystique non fonctionnel
00:26et donc qu'il ne vivra qu'avec un seul rein.
00:28et que notre fille présente un retard de croissance.
00:31On commence vraiment à s'inquiéter et je rentre dans le cadre d'une grossesse gémélaire à risque.
00:36Les échographies se multiplient et avec à chaque fois de nouvelles découvertes d'anomaillies chez nos deux bébés.
00:41Notre gynécologue suspecte alors une maladie génétique rare peu connue,
00:45le syndrome de Dijorge, qui peut concerner toutes les spécialités médicales
00:49et dont les symptômes sont très variables d'un patient à l'autre,
00:52ce qui rend le diagnostic difficile à réaliser.
00:56Elle nous explique aussi que si malheureusement nos bébés étaient trop atteints par cet éventuel syndrome,
01:01on pourrait nous proposer une interruption médicale de grossesse.
01:05Là, je suis sous le choc de ces mots car on n'est vraiment pas préparé à recevoir ce genre
01:10d'annonce.
01:11Ensuite, elle m'envoie chez de nombreux spécialistes pour confirmer ses doutes.
01:16On passe donc d'un moment qui devait être merveilleux à une interminable descente aux enfers.
01:21Pendant deux mois, je passe tout un tas d'examens et à environ 5 mois et demi de grossesse,
01:26le diagnostic n'est toujours pas fixé car les différents spécialistes ont du mal à le réaliser.
01:31Avec mon homme, on est alors plongé dans une angoisse permanente.
01:35Notre vie est rythmée par les examens et les attentes de résultats.
01:39On se pose 10 000 questions, on ne dort plus,
01:42on passe nos nuits à se renseigner sur cette maladie peu connue
01:45et même si ça fait mal, on est obligé de réfléchir à cette éventuelle interruption médicale de grossesse.
01:51On vit alors un immense ascenseur émotionnel.
01:55Nous sommes réalistes et pas très optimistes puisque notre garçon présente de nombreuses malformations.
02:01Il a un rein dysplasique, une malformation cardiaque, trop de liquide amniotique
02:05et un timus hypoplasique, ce qui induit un système immunitaire défaillant.
02:10Et notre petite fille n'a pas réussi à rattraper son retard de croissance qui s'est même dégradé.
02:16A ce stade, on se raccroche quand même au moindre espoir qu'il nous reste
02:20et on se dit que tant que le diagnostic n'est pas définitif, on peut encore y croire.
02:26On arrive à 6 mois de grossesse et on nous propose une aniosynthèse.
02:30Le diagnostic est alors très tardif mais il est enfin fixé.
02:35Mes bébés et moi-même sommes tous les trois atteints du syndrome de Dijorge.
02:39Nous sommes donc tous sous le choc de cette triple annonce, aussi bien les médecins que notre entourage,
02:44puisque je ne savais pas du tout que j'étais malade.
02:47On vit alors un nouveau choc émotionnel et en quelques secondes, c'est toute notre vie qui bascule.
02:52Je prends conscience qu'il va falloir prendre rapidement une décision pour nos deux bébés.
02:57Donc après de nombreux rendez-vous et de longues nuits blanches,
03:00nous avons dû, avec le Centre pluridisciplinaire de diagnostic anténatal,
03:04prendre cette terrible décision d'interrompre ma grossesse pour nos deux bébés,
03:09car ils étaient malheureusement trop atteints par ce syndrome génétique.
03:12C'est la pire prise de décision qu'un parent puisse faire, mais c'est également une très grande preuve
03:17d'amour.
03:18Nous sommes anéantis, on passe par des sentiments très forts, avec énormément de culpabilité.
03:23La culpabilité d'avoir transmis ma maladie à mes bébés,
03:26mais celle aussi d'avoir pris cette décision, même si on sait que c'est la meilleure pour eux.
03:31J'ai eu également beaucoup de colère d'avoir appris ce diagnostic très tardivement,
03:34beaucoup de tristesse et on est aussi dans une immense détresse psychologique.
03:38Malgré tout cela, je me dis qu'il faut que je reste forte pour pouvoir affronter la terrible épreuve qui
03:43nous attend.
03:44On me programme alors une date pour l'interruption médicale de grossesse.
03:47Évidemment, j'ai envie de la réaliser au plus vite,
03:50car j'ai cette angoisse permanente de sentir mon ventre se développer,
03:53alors que la mort de nos bébés est programmée.
03:56Mais il y a un protocole et des délais de réflexion à respecter.
03:59Arrive le jour de l'intervention, on me pose la péridurale et on me descend au bloc.
04:04Malheureusement, mon homme n'a pas le droit de m'accompagner et il doit rester seul en chambre.
04:09C'est un moment très difficile car depuis le début, il est là pour moi
04:12et on s'était construit une petite pull d'amour tous les deux pour se protéger.
04:16Et là, c'est un petit peu comme si on nous l'a brisé.
04:19C'est terrible pour moi car je sais que je vais devoir affronter cette intervention toute seule
04:24et que lui va devoir rester seul également de son côté.
04:27Mes gynécologues m'installent donc au bloc et avant d'injecter le féticide,
04:32elles endorment nos bébés in utero en injectant un produit via le cordon ombilical.
04:38Après un long moment, elles me disent que le cœur de ma fille s'est arrêté.
04:42Je me souviens avoir eu envie de partir avec elle parce que plus rien n'avait d'importance à ce
04:47moment-là.
04:48Et puis, il a fallu recommencer pour notre garçon.
04:51Après de longues heures d'intervention interminables, les gynécologues me remontent enfin en chambre
04:57où je retrouve mon conjoint.
04:59Et là, il faut que j'accouche de nos deux bébés inanimés.
05:03J'étais terrorisée parce que je n'avais jamais pris de cours à l'accouchement.
05:06Mais heureusement, la sage-femme et la gynécologue sont superbes, donc cela m'apaise beaucoup.
05:11Après l'accouchement, nous avions fait le choix de voir et de rencontrer nos bébés.
05:16C'était un moment magique et le plus beau de toute ma vie.
05:18Je ne pensais pas qu'on pouvait ressentir autant d'amour et de bonheur dans un moment aussi douloureux.
05:24Ils étaient lavés et habillés et les découvrir nous a permis de nous raccrocher à quelque chose
05:29comme par exemple leurs traits de visage.
05:31Et je pense que cela nous a beaucoup aidés à traverser ce deuil et à nous reconstruire.
05:37Quelques temps après, pour nous reconstruire, nous avons également entamé de nouveaux projets.
05:41On venait d'avoir une maison, donc on s'est lancé dans de nouveaux travaux.
05:46Mais ma véritable thérapie a été l'écriture de mon livre « Né sans vie ».
05:50Il m'a apaisée et le fait d'avoir posé des mots sur mes émotions m'a énormément aidée.
05:56Je pense même qu'il m'a sauvée.
05:58J'ai pu auto-publier ce livre grâce à une canote lancée sur Internet
06:03auquel de nombreuses personnes que je ne connaissais pas et même mon entourage y ont participé.
06:08Donc tout cela m'a extrêmement fait chaud au cœur et je pense que cela m'a beaucoup aidée également
06:14à me reconstruire.
06:16Avec mon livre, je voulais aussi aider d'autres parents endeuillés,
06:20mais également que mon histoire puisse servir aux équipes médicales.
06:23Et surtout, ils ont le tabou autour du deuil périnatal qui est trop peu soutenu dans notre société.
06:30Alors que malheureusement, nous sommes vraiment nombreux à traverser cette terrible épreuve.
06:34Avec mon conjoint, nous avons aussi le projet d'avoir un autre enfant.
06:40Mais comme je suis malheureusement atteinte du syndrome de Dijorge,
06:45j'ai 50% de chances de transmettre ma maladie à nos futurs enfants.
06:49Donc pour éviter de retraverser cette terrible épreuve,
06:52nous sommes rentrés dans un parcours très difficile qui est la FIV avec un diagnostic préimplantatoire
06:57qui permet de sélectionner des embryons sains grâce à une biopsie embryonnaire.
07:02Alors oui, c'est un parcours très difficile, mais il nous donne également une deuxième chance.
07:07Et c'est un combat qui nous donne beaucoup d'espoir pour la suite.
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