- il y a 6 heures
Alors que dans un an, les Français voteront pour leur nouveau président, l’élection présidentielle de 2027 commence à occuper le paysage médiatique. Il reste beaucoup d’inconnus mais on a de premiers indices sur ce à quoi ressemblera cette élection. Code source fait le point sur ce que l’on sait.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : LP / Fred Dugit.
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Qui va diriger la France dans un peu plus d'un an ? Seule certitude ce ne sera pas
00:16Emmanuel Macron, il n'a pas le droit de se représenter. Le mandat présidentiel est
00:21renouvelable une seule fois de façon consécutive. Dans l'actualité on parle de plus en plus
00:26souvent depuis quelques semaines de la présidentielle 2027. Chez Codesources, nous avons eu envie
00:32de faire le point aujourd'hui sur l'état des forces en présence. Qui sera candidat dans
00:38chaque parti ou famille politique ? On fait le point dans Codesources avec Marcelo Vestfred,
00:43chef adjoint du service politique du Parisien. Les dates de l'élection présidentielle 2027
00:52ne sont pas encore arrêtées mais elle aura lieu entre le 11 avril et le 2 mai. On est
00:58donc pile un an avant l'échéance. Marcelo Vestfred, au service politique du Parisien,
01:03est-ce qu'on sent que ça approche, qu'on en parle de plus en plus de cette élection ?
01:07Oui, ça y est, ça frétille puisqu'on a quasiment tous les jours un prétendant qui
01:12se dévoile un petit peu. On est dans une sorte de tour de chauffe où pas mal de prétendants
01:18se disent, ben pourquoi pas moi, font des phrases ambiguës dans la presse ou commencent
01:22à se préparer. Pour l'anecdote, je discutais hier avec un sondeur qui me disait qu'il en
01:28avait comptabilisé plus de 70. Alors il comptabilisait à la fois des gens issus de la classe politique
01:34et puis des personnalités de la société civile, que ce soit un Mathieu Pigasse ou un
01:39Michel-Édouard Leclerc qui ont eu des phrases qui étaient un peu ambiguës et qui pouvaient
01:44laisser entendre que ça les intéressait.
01:46Alors soyons clairs, on ne parlera pas de tout le monde dans ce podcast. Actuellement,
01:50Marcelo, l'une des questions qui occupe beaucoup les partis, déjà, c'est de trouver de l'argent
01:55pour faire campagne.
01:56Il faut trouver de l'argent. Un premier tour, c'est à peu près, allez, disons 12 millions
02:01d'euros qu'il faut trouver. Donc il faut solliciter des banques pour des prêts. Or
02:05les banques sont de plus en plus frileuses à prêter. Et il faut aussi faire ce qu'on appelle
02:09des levées de fonds, aller chercher de l'argent de particulier. Mais ce petit matelas financier
02:15est aussi celui dont vous allez avoir besoin pour aller voir une banque et lui dire, voilà,
02:19j'ai déjà 2-3 millions d'euros, prêtez-moi le reste.
02:22Et une précision importante pour que les fonds avancés pour une campagne soient remboursés
02:26par l'État, il faut atteindre le seuil de 5%, ce qui, bien sûr, n'est pas évident.
02:31Qui sera candidat en 2027 ? Avec quel positionnement ? Quel grand thème de campagne ? Avant de nous
02:37lancer dans ce tour d'horizon, Marcelo, rappelez-nous l'histoire politique très récente
02:41du pays. D'abord, qui est sorti vainqueur des dernières élections ? Donc les municipales.
02:46Alors aux municipales, quasiment tous les partis politiques ont expliqué qu'ils avaient
02:50gagné. On regarde dans le détail, il y a une réalité assez fragmentée. Le Rassemblement
02:56National a quasiment conservé toutes les villes qu'il avait et en a gagné quelques-unes,
03:01notamment dans le sud-est de la France. A l'inverse, la France insoumise a fait une
03:06percée dans les villes de banlieue, à commencer par la ville de Saint-Denis, avec un maire,
03:12Bali Bagayoko, qui est devenu une sorte de figure de la France insoumise. Le Parti socialiste
03:18et la droite, les LR, ont eux conservé tout un tapis de villes moyennes. Ils ont gardé
03:25ce réseau-là. Quant à Renaissance, le parti présidentiel, que ce soit à Bordeaux ou à Annecy,
03:32c'est un parti qui a réussi à conquérir deux grosses villes. Je termine par les écologistes
03:37qui avaient réussi en 2020 à conquérir un paquet de très grandes villes. Ils ont perdu
03:42ces verres, beaucoup de grandes villes, mais en ont quand même conservé quelques-unes,
03:46à commencer par la ville de Lyon. Donc vous le voyez, on a un paysage fragmenté à l'image
03:51de ce qu'on peut voir à l'Assemblée Nationale.
03:54Ces derniers temps, l'actualité politique a pu paraître un peu plus calme que juste
03:58après la dissolution de l'Assemblée, dissolution décidée par Emmanuel Macron
04:02en juin 2024, après les premiers ministres Gabriel Attal, Michel Barnier,
04:07puis François Bayrou, Sébastien Lecornu a été nommé en septembre 2025.
04:12L'ancien ministre des Armées est maintenant à Matignon depuis sept mois.
04:16Le gouvernement n'a toujours pas la majorité au Parlement, évidemment.
04:20Le gouvernement qui a eu recours à l'article 49.3 de la Constitution
04:24pour faire passer le budget en janvier 2026. Marcel Ovest-Fred,
04:28aujourd'hui, est-ce que la situation est un peu moins tendue à l'Assemblée ?
04:32Alors si vous regardez, elle reste chaotique, mais il y a moins, on va dire,
04:36de conséquences sur la vie politique nationale dans la mesure où la perspective
04:41de motion de censure qui ferait tomber le gouvernement et, à terme,
04:45d'une dissolution s'éloigne. Aujourd'hui, tout le monde dans les États-majors
04:49a la tête maintenant tournée vers l'échéance suprême, la présidentielle.
04:53Plus personne n'a en réalité intérêt dans les oppositions à provoquer,
04:57par exemple, des motions de censure qui feraient tomber les gouvernements
05:00à répétition pour obtenir derrière une dissolution. Pourquoi ?
05:02Parce que la Constitution est claire, vous ne pouvez pas redissoudre
05:06un an après une dissolution. Si demain, il y a une dissolution,
05:10le prochain président de la République, au mois d'avril-mai, ne peut plus dissoudre.
05:14Et il devrait attendre des mois et des mois avant de pouvoir rebattre
05:18les cartes à l'Assemblée nationale. C'est ce qui assure une sorte de stabilité
05:22un peu artificielle.
05:24Alors, on va voir maintenant, partie par partie, comment se prépare
05:27la présidentielle 2027. On va balayer l'hémicycle de la gauche vers la droite.
05:32D'abord, chez LFI, on connaît le nom du candidat.
05:35Sauf coup de théâtre, ce sera l'ancien sénateur socialiste,
05:38Jean-Luc Mélenchon, âgé de 74 ans.
05:41Alors, Jean-Luc Mélenchon, ce sera sa quatrième élection présidentielle.
05:45Il est arrivé troisième à la dernière. Il est arrivé quatrième
05:48dans l'édition précédente.
05:50À chaque élection, il gagne du terrain.
05:53Donc, il se dit, cette fois, c'est la bonne,
05:55avec une stratégie bien réfléchie, délibérée,
05:58d'aller chercher un nouveau public.
06:00Il lui avait manqué plusieurs centaines de milliers de voix en 2022.
06:04Il se dit, je vais les chercher dans un public
06:07qui est éloigné de la politique, celui des quartiers,
06:09d'où des prises d'opposition extrêmement offensives
06:14sur notamment la question de la diversité
06:17ou de Gaza sur la guerre en Palestine
06:20et qui font qu'il est allé chercher ce public-là.
06:23C'est par ailleurs un parti très organisé
06:27avec des effectifs qui sont vraiment en ordre de marche,
06:31un travail sur le programme qui est avancé.
06:33Et beaucoup de ses adversaires dans la classe politique
06:36regardent la France Insoumise en se disant,
06:38eux, savent faire, eux, ils sont en avance
06:41sur nous dans la préparation.
06:43C'est le point fort.
06:45Et évidemment, le point faible de la France Insoumise,
06:48c'est que son discours est très clivant.
06:50Donc, si la France Insoumise peut faire un bon score au premier tour,
06:53ça semble en tout cas pour Jean-Luc Mélenchon
06:55un candidat qui, au second tour,
06:58risque d'être rejeté par une grande partie de l'électorat.
07:00En froid avec Jean-Luc Mélenchon,
07:02certains anciens cadres de LFI se sont émancipés.
07:05Parmi eux, le député de la Somme, François Ruffin.
07:08Lui aussi, il veut être candidat en 2027.
07:10Il veut être candidat avec des propositions fortes symboliquement.
07:15Par exemple, il dit que s'il est élu à l'Elysée,
07:17il s'appliquera le SMIC pour montrer
07:20qu'il veut être un président proche du peuple
07:24et non pas dans sa tour d'ivoire.
07:27Sa stratégie passait jusqu'à présent par une candidature
07:30à une primaire de la gauche hors LFI.
07:33Or, cette primaire de la gauche, pour l'instant,
07:36elle a du plomb dans l'aile.
07:37Donc, il maintient, il assure qu'il fera campagne
07:41jusqu'au bout pour une présidentielle primaire ou pas primaire.
07:44Mais il fait partie de cette série de candidats
07:47en dehors de LFI qui cherchent un espace.
07:49Chez Europe Écologie Les Verts, depuis octobre 2025,
07:53Marine Tondelier est officiellement candidate
07:55à, justement, une éventuelle primaire de la gauche hors LFI.
08:00Marine Tondelier, elle fait partie de ceux qui ont été les artisans
08:04de ce projet d'une primaire hors la France insoumise
08:07avec Olivier Faure, le patron des socialistes.
08:10Le problème, c'est que ces municipales ont été plutôt mauvaises.
08:14Elle a perdu beaucoup de bastions,
08:17que ce soit Bordeaux, par exemple, ou Strasbourg,
08:19tout en conservant certaines villes, comme Grenoble ou Lyon.
08:23Mais globalement, elle est un peu contestée dans son parti.
08:26Son idée était de rassembler la gauche
08:28en dehors de la France insoumise.
08:30Or, cette gauche, elle est hyper fragmentée.
08:33Et, par ailleurs, au sein même des écologistes,
08:36une frange qui n'est pas négligeable,
08:38préférait travailler avec la France insoumise.
08:41Je citerai une seule figure, Sandrine Rousseau,
08:43la députée plus proche de Mélenchon aujourd'hui
08:46que du Parti Socialiste.
08:48On en arrive justement au Parti Socialiste
08:50qui a signé son pire score à une présidentielle en 2022
08:54avec Anne Hidalgo, moins de 2%.
08:56Au PS, il y a beaucoup de candidats potentiels.
08:59Alors, il y a Olivier Faure, patron du Parti Socialiste,
09:02qui veut participer à cette primaire
09:05pour être lui-même candidat.
09:07Mais il a maintenant, face à lui, des candidats,
09:10y compris le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud,
09:14qui, manifestement, a des ambitions.
09:16Le député socialiste Jérôme Gage,
09:19qui s'est présenté comme étant candidat à la présidentielle.
09:22Il y a François Hollande, l'ancien chef de l'État,
09:25qui ne fait pas mystère.
09:26Il l'a dit d'ailleurs à la une du magazine Marianne,
09:28« Je me prépare »,
09:29et qui, en ce moment, se dit que,
09:32sur fond de crise internationale,
09:33il y a une gauche qui n'a pas trouvé de leader
09:36depuis quelques années.
09:37Pourquoi pas ?
09:38Ça peut être son moment.
09:39Et puis, vous avez Raphaël Glucksmann,
09:41qui n'est pas socialiste,
09:43mais qui avait été le candidat, on va dire,
09:46soutenu par le Parti Socialiste
09:47lors des campagnes européennes,
09:49qui se dit qu'il y a un espace
09:51dans la social-démocratie à aller récupérer,
09:54et qui organise en ce moment des levées de fonds,
09:57qui va sortir un livre prochainement,
10:00qui organise un grand meeting en juin,
10:02et qui espère pouvoir y aller.
10:04Son problème, c'est qu'il n'a pas d'appareil
10:06et pas d'argent.
10:07Il a donc besoin d'un accord avec le Parti Socialiste.
10:10Vous le voyez, tout le monde a besoin des autres,
10:13mais personne en soi n'a suffisamment de force
10:16pour s'émanciper.
10:18Et le mercredi 22 avril,
10:20le Parti Socialiste a dévoilé son programme.
10:22Pourquoi avoir fait ça ?
10:23Et en résumé, que prévoit ce programme ?
10:25Qu'est-ce que vous en retenez ?
10:26Alors, ce programme, il est plutôt décrit
10:28par les observateurs comme étant assez à gauche.
10:30Il faut faire toujours attention,
10:31parce que je l'ai vu dans le passé,
10:33ces programmes faits par le Parti Socialiste,
10:35et ensuite, non, jamais rien à voir
10:37avec le programme qui sera ensuite conçu et porté
10:41par le candidat socialiste.
10:43Ça donne une indication.
10:44Ce programme, il est compatible
10:46avec une certaine alliance
10:48avec la gauche non-mélenchoniste,
10:51mais on va dire la gauche du Parti Socialiste.
10:53Et c'est ça que ça raconte.
10:55Donc, on pense que c'est un instrument
10:56pour Olivier Faure pour pouvoir avancer
10:59dans cette primaire,
11:00mais ça ne sert à rien de s'y référer.
11:03Ce ne sera pas le programme du candidat socialiste.
11:05Et soyons très clairs,
11:06on n'est pas du tout sûr
11:07qu'il y ait une primaire à gauche hors LFI.
11:09Une première date avait été avancée
11:12pour qu'on y ait un vote au 11 octobre,
11:14puis reportée de quelques jours.
11:15On n'est pas sûr du tout,
11:17puisqu'en effet,
11:18les deux artisans de ce projet,
11:20que ce soit Marine Tondelier
11:21ou Olivier Faure,
11:22sont sortis des municipales
11:24extrêmement affaiblies,
11:26contestées dans leurs propres appareils respectifs.
11:28On est à ce stade,
11:29si on devait faire une photographie aujourd'hui,
11:31plus proche d'une absence de primaire
11:34que d'une primaire de la gauche non-insoumise.
11:37Marcel Ovest-Fred,
11:39à la dernière présidentielle,
11:40c'est le président sortant,
11:41Emmanuel Macron,
11:42qui avait fait le meilleur score
11:44au soir du premier tour,
11:45le 10 avril 2022.
11:47Près de 28% des suffrages.
11:49On était dans un contexte d'invasion
11:51de l'Ukraine par la Russie,
11:53lancé quelques mois plus tôt.
11:54Emmanuel Macron,
11:55aujourd'hui,
11:56ne peut pas se représenter.
11:57Dans son camp,
11:58il y a deux candidats
11:59qui se préparent,
12:00notamment d'abord son ancien premier ministre
12:03avec qui il est en froid,
12:04aujourd'hui,
12:05Gabriel Attal,
12:0537 ans.
12:07C'est peu dire
12:07que les relations aujourd'hui
12:08entre Gabriel Attal
12:09et Emmanuel Macron
12:11sont glaciales.
12:13Ils ne se parlent plus.
12:14Il y a une défiance absolue.
12:17Le dernier livre de Gabriel Attal
12:18raconte d'ailleurs dans le détail
12:20l'épisode de la dissolution
12:22où le premier ministre d'alors,
12:25Gabriel Attal,
12:26est mis devant le fait accompli.
12:27Il n'est pas informé
12:29que le chef de l'État
12:31s'apprête à rebattre
12:32toutes les cartes.
12:33Donc, il y a vraiment
12:34une défiance entre eux.
12:35Entre-temps, Gabriel Attal
12:36a mis la main
12:37sur le parti Renaissance,
12:38parti fondé
12:40par les amis
12:41d'Emmanuel Macron.
12:43Donc, il y a
12:43chez eux
12:44une vraie défiance
12:45et Gabriel Attal
12:46fait ce que Sarkozy
12:47avait fait avec Chirac.
12:49Il instaure
12:50une sorte de thématique
12:51de la rupture.
12:53Oui, je lui dois beaucoup.
12:54Oui, il a fait des choses importantes,
12:56le chef de l'État.
12:57Mais il faut maintenant
12:58une nouvelle façon
12:59de gouverner,
13:00une nouvelle République.
13:02Et d'un mot,
13:03il va viser plutôt
13:04les électeurs socialistes
13:06proches du centre
13:07ou bien plutôt
13:07les électeurs de droite ?
13:08La problématique
13:09de Gabriel Attal,
13:10c'est d'aller chercher
13:11des voies
13:11sur sa droite
13:13où la bataille fait rage
13:14dans le bloc central,
13:16le favori étant
13:17Édouard Philippe,
13:18mais aussi,
13:19il a des voies
13:19à les récupérer
13:20sur sa gauche
13:21puisque l'espace
13:22social-démocrate,
13:23en gros,
13:24toute cette gauche
13:25qui a voté
13:26pour Emmanuel Macron
13:27en 2017,
13:28elle est assez orpheline.
13:29Raphaël Glucksmann
13:30n'arrive pas
13:30à transformer l'essai.
13:32François Hollande,
13:33pour l'instant,
13:34ça frétille un peu,
13:35mais on n'est pas encore
13:36dans quelque chose
13:37d'installé.
13:37Il y a donc
13:38un électorat à les chercher
13:40et vous verrez
13:40qu'à un moment,
13:42l'ancien Premier ministre,
13:42Gabriel Attal,
13:43ira aller chercher
13:44sur des thématiques
13:44et d'ailleurs théorisées déjà
13:46à la fois de l'écologie
13:47mais surtout
13:48d'aller chercher
13:48sur une autre façon
13:49de faire de la politique
13:50beaucoup moins verticale,
13:52beaucoup moins jupitérienne,
13:53beaucoup moins macroniste.
13:54Vous l'avez cité
13:55au centre,
13:56l'autre prétendant
13:57qui lui s'est déjà
13:58officiellement déclaré,
13:59c'est Édouard Philippe,
14:00l'ancien Premier ministre
14:02d'Emmanuel Macron
14:02pendant trois ans
14:03et maire du Havre.
14:04On pensait
14:05qu'après les municipales,
14:06il allait enclencher
14:07un sprint,
14:08c'était un peu
14:08ce qu'il avait laissé entendre,
14:10vous verrez,
14:11mon programme sera massif
14:13disait-il
14:13et le Parisien
14:15l'avait d'ailleurs dévoilé,
14:16préparé
14:17un grand meeting
14:18le 12 avril
14:19pour pouvoir
14:20tout de suite enchaîner
14:21et après
14:22des semaines
14:23et des mois
14:24de campagne municipale
14:24où il n'avait plus dit un mot
14:26au plan national,
14:28pouvoir revenir
14:29dans l'atmosphère
14:30et profiter
14:31de son élan
14:32des municipales
14:32en étant réélu
14:33pour faire campagne.
14:34Or,
14:35il a décidé
14:36de changer de stratégie.
14:37Après tout,
14:38il reste très haut
14:39dans les sondages.
14:40C'est un peu
14:40comme s'il avait décidé
14:41d'attendre.
14:41Pourquoi ?
14:42Peut-être parce qu'il se dit
14:43que les Français
14:44n'ont pas la tête à ça.
14:46Vous savez qu'entre
14:47l'essence internationale,
14:48le détroit d'Ormouz,
14:50la bande passante
14:51pour parler de politique
14:52est plus faible
14:53et puis peut-être
14:54est-il dans une stratégie
14:55un peu attentiste
14:55qui consiste à regarder
14:56d'abord ce que les autres
14:58vont dire
14:59pour pouvoir ensuite
14:59se positionner.
15:00Vous savez que
15:01quand vous dévoilez
15:02un peu tôt votre programme,
15:03vous faites critiquer
15:04tout de suite,
15:04on peut vous piquer
15:05les bonnes idées.
15:06Il a donc décidé
15:06d'être plutôt
15:07sur la réserve.
15:08Et d'un mot,
15:09j'imagine que les deux
15:10centristes,
15:10Edouard Philippe
15:11et Gabriel Attal
15:12n'iront pas jusqu'au bout
15:13alors qu'ils sont
15:14exactement sur le même
15:15positionnement politique ?
15:16L'un comme l'autre
15:17savent que ce serait
15:18la mort assurée
15:19pour eux
15:20et pour leur espace politique.
15:22Alors ils ont passé
15:23un pacte de non-agression
15:25qui s'est traduit
15:26par le fait
15:26que régulièrement
15:27se réunissent
15:28ce qu'on appelle
15:28un comité de liaison
15:29où les représentants
15:31de ces deux écuries
15:31se voient
15:32parce que chacun sait
15:34qu'au final,
15:35il faudra qu'il n'y ait
15:36qu'un seul candidat.
15:38Marcel Ovest-Fred,
15:39on en arrive au Républicain,
15:41LR,
15:41qui comme le PS
15:42a connu un score
15:43historiquement faible
15:44à la présidentielle de 2022,
15:46moins de 5%
15:47pour Valérie Pécresse,
15:49LR a déjà
15:50un candidat
15:51officiellement désigné
15:52par un vote
15:53de ses militants,
15:54c'est l'ancien ministre
15:55de l'Intérieur
15:56Bruno Retailleau
15:57âgé de 65 ans.
15:58Alors Bruno Retailleau
15:59a gagné le vote interne
16:01puisque les adhérents
16:01ont été appelés
16:03à voter le 18 avril
16:04pour savoir
16:05quelle était
16:05la meilleure stratégie.
16:06Ils ont décidé
16:06d'envoyer à la présidentielle
16:08leur patron de parti,
16:10ce n'était pas
16:10une grande surprise.
16:11Seulement voilà,
16:13quand on fait 8-9%,
16:14il est crédité
16:15de ça Bruno Retailleau
16:15aujourd'hui,
16:16il ne peut pas
16:17aller très loin
16:18et surtout,
16:18il risque
16:19au final
16:21d'être distancé
16:23par un Édouard Philippe,
16:24peut-être par un Gabriel Attal,
16:26en tout cas,
16:26il n'y a pas de place
16:27pour tout le monde.
16:28Participera-t-il
16:28dans un second temps
16:29à une primaire
16:30comme certains
16:30l'appellent de ses voeux
16:31entre le centre
16:32et la droite ?
16:33On n'en sait rien,
16:34c'est peu probable.
16:35Fera-t-il un ticket
16:37avec Édouard Philippe ?
16:38C'est une hypothèse
16:39tout à fait possible.
16:41L'un peut viser
16:42l'Élysée
16:42et l'autre avoir une promesse
16:44d'aller à Matignon.
16:45En tout cas,
16:46pour le leader de la droite
16:48qui était quand même
16:48une star
16:49il y a quelques mois
16:50mais qui depuis
16:51a vu sa cote chuter
16:52quand il a quitté
16:53le gouvernement,
16:54c'est un moment difficile
16:55et sur le plan
16:56de la stratégie
16:57parce qu'il faut savoir
16:58s'il va faire
16:58une campagne
16:58plutôt à destination
17:00de ses électeurs
17:01de centre droit
17:03ou plutôt sur sa droite
17:05à destination
17:05de tous ses anciens électeurs
17:08de droite
17:08qui sont partis
17:09à l'extrême droite.
17:10Au RN,
17:10la situation est particulière
17:12en raison de l'actualité judiciaire.
17:13La candidate naturelle
17:15du RN,
17:16Marine Le Pen,
17:16sera fixée
17:17sur son sort
17:18le 7 juillet.
17:19On parle du procès
17:20en appel
17:20de l'affaire
17:21des assistants parlementaires
17:22européens du RN.
17:24Marine Le Pen
17:24a déjà fait savoir
17:26qu'en cas de nouvelle condamnation
17:27à une peine
17:28d'inéligibilité,
17:30elle se retirera
17:31de la course.
17:32Elle fera un pourvoi
17:33en cassation
17:34mais sans attendre,
17:35elle jettera donc l'éponge
17:36pour ne pas risquer
17:37d'handicaper son camp.
17:38Une candidature
17:39de Jordan Bardella
17:40semble de plus en plus
17:42probable aujourd'hui.
17:43En 2022,
17:44Marine Le Pen
17:45avait réuni au second tour
17:46près de 41,5%
17:48des suffrages.
17:49Marcel Ovest-Fred,
17:50est-ce que Jordan Bardella
17:51peut lui aussi
17:53séduire beaucoup
17:54des lecteurs ?
17:55Que disent les sondages
17:56aujourd'hui
17:56et qu'est-ce qui le différencie
17:58de Marine Le Pen ?
17:58Il est pour l'instant
17:59crédité d'un score
18:00supérieur à celui
18:02de Marine Le Pen.
18:03En réalité,
18:04leurs positionnements
18:05sont un peu différents.
18:06Marine Le Pen
18:06est sur une ligne
18:07qui est un peu plus
18:08social-étatiste.
18:09Lui développe
18:10un discours
18:11qui est un peu plus
18:12libéral
18:13avec des mains tendues
18:14de plus en plus
18:16répétées
18:17en direction
18:17du patronat,
18:19du petit patronat
18:19comme des grands patrons.
18:21Par exemple,
18:22il souhaite lancer
18:22un grand chantier
18:23contre les normes
18:24de simplification.
18:26Donc,
18:26ce n'est pas tout à fait
18:27la même ligne.
18:28La question,
18:28c'est si les candidats
18:30du Rassemblement National
18:31voudra-t-il porter aussi
18:33cette ligne populaire
18:34qu'a portée Marine Le Pen ?
18:36En gros,
18:36est-ce entre eux
18:37une répartition des rôles ?
18:39L'une visant
18:40l'électorat populaire
18:41et l'autre,
18:42on va dire,
18:42le milieu entrepreneurial
18:45ou est-ce deux lignes différentes ?
18:48C'est-à-dire deux sensibilités
18:49différentes ?
18:49On sera fixé
18:50à partir de 7 juillet.
18:54D'un mot,
18:54Marcel Ovest-Fred,
18:55par rapport à il y a 5 ans,
18:56le paysage médiatique
18:57a changé en France.
18:59On a plusieurs gros médias,
19:01une télévision,
19:02CNews,
19:02une radio européen,
19:04un hebdomadaire,
19:05le JDD,
19:05qui pousse pour des idées
19:07de la droite de la droite.
19:08En fait,
19:08le paysage médiatique,
19:10c'est un peu polarisé,
19:11à l'image d'ailleurs
19:11des forces politiques
19:13dans ce pays.
19:13Et donc,
19:14vous avez effectivement
19:15des médias
19:16qui aujourd'hui
19:17assument des médias
19:18d'opinion
19:19et de pousser
19:20un certain nombre
19:20de candidatures.
19:21Ajoutez un deuxième élément
19:23important sur la question médiatique,
19:24c'est que vous avez
19:25l'éclosion
19:26de tous les nouveaux médias
19:28en ligne.
19:29Ce sont des leviers
19:31qui sont pris très au sérieux
19:32par certains candidats.
19:33Jean-Luc Mélenchon,
19:35Gabriel Attal,
19:36Jordan Bardella.
19:37D'autres,
19:38à l'inverse,
19:38sont très en retard.
19:39Prenez Édouard Philippe,
19:40il n'est pas du tout présent
19:41sur ces médias.
19:42Or,
19:43ça fait partie des écritures
19:44qui ne vont pas remplacer
19:45les médias traditionnels
19:46mais qui vont toucher
19:48une partie du public
19:49qui aujourd'hui
19:51est moins présente
19:51sur les médias traditionnels.
19:53Ce sera donc une campagne
19:54qui sera polyphonique.
19:55Toujours à droite
19:56de l'hémicycle,
19:57du côté de Reconquête,
19:58le parti d'Éric Zemmour,
19:59est-ce qu'on sait
20:00s'il va se représenter
20:01ou bien si ce sera
20:01sa compagne,
20:02Sarah Knafot,
20:03qui a été candidate
20:04au municipal à Paris ?
20:05On rappelle
20:06qu'Éric Zemmour
20:07avait réussi
20:07à beaucoup faire parler
20:09de lui en 2022
20:10et il a terminé
20:11à 7%.
20:12Sarah Knafot a fait
20:13une campagne
20:14des municipales
20:15à Paris
20:15où elle a fait 10%,
20:17elle a fait une percée
20:18médiatique,
20:18même si au début
20:20elle jurait
20:20qu'elle ne s'intéressait
20:22qu'aux municipales,
20:23exclusivement aux municipales
20:24et pas à la présidentielle.
20:25En réalité,
20:26on ne sait pas
20:27lequel des deux figures
20:29de Reconquête,
20:30Éric Zemmour
20:31où Sarah Knafot
20:32représentera
20:33cette force politique
20:34en 2027.
20:35Marcel Ovest-Fred,
20:36un an avant
20:37cette présidentielle,
20:38ce qu'il faut aussi rappeler
20:40bien sûr,
20:40c'est que
20:41rien n'est écrit,
20:42si on regarde
20:43les présidentielles
20:44de ces dernières décennies,
20:45souvent,
20:46entre un an avant
20:47et le soir du premier tour,
20:48il y a eu
20:49des surprises importantes.
20:51C'est presque une constante
20:52en réalité,
20:52c'est-à-dire que
20:53si vraiment
20:54on voudrait extrapoler,
20:55on pourrait dire
20:56que les favoris d'aujourd'hui
20:57ne seront pas
20:57les favoris
20:58de l'an prochain.
20:59J'ai un exemple en tête,
21:00c'était par exemple
21:01un an avant
21:02l'élection de 2017
21:03et le sacre
21:03d'Emmanuel Macron.
21:05Grosse enquête,
21:06très grosse enquête,
21:07un énorme panel,
21:0810 000 personnes,
21:09le sévipof
21:10pour le monde.
21:12Que dit cette enquête ?
21:13Cette enquête dit
21:13à l'époque
21:14qu'Alain Juppé
21:15caracole en tête
21:16des intentions de vote
21:17et qu'à l'époque
21:19le débat c'était
21:20est-ce que Sarkozy
21:21va pouvoir s'imposer,
21:23est-ce que François Hollande
21:24va se représenter ?
21:25Parenthèse,
21:26ni l'un ni l'autre
21:27ne seront au final
21:28de la course à 2017.
21:30Emmanuel Macron
21:31n'est même pas
21:32sondé
21:33dans la majorité
21:34des enquêtes
21:35et ce même sondage
21:37demandait aux électeurs
21:38de droite
21:39qui étaient leurs champions
21:40puisqu'à l'époque
21:41on s'apprêtait
21:42à avoir une primaire
21:42à droite
21:43et celui qui arrive
21:44en tête
21:44c'est Alain Juppé
21:45et celui
21:46qui l'a finalement
21:47emporté,
21:48François Fillon,
21:49se révèle extrêmement distancé.
21:51François Fillon
21:52qui est arrivé finalement
21:53troisième
21:54de cette présidentielle.
21:55Marcel Oves-Fred
21:56une chose
21:57semble certaine
21:58à l'heure qu'il est
21:59c'est que les partis
22:00LFI et RN
22:01vont probablement
22:03faire des scores
22:04importants
22:05aussi en 2027.
22:06Il y a dans le pays
22:07et ça on l'a vu
22:08dans toutes les élections
22:09une envie
22:10une soif
22:11de dégagisme
22:12qui est très forte
22:13sur laquelle d'ailleurs
22:14Emmanuel Macron lui-même
22:15avait surfé en 2017
22:16il promettait
22:17de changer la classe politique
22:18etc.
22:19Son impopularité
22:20fait qu'aujourd'hui
22:21cette colère
22:22elle peut évidemment
22:23se reporter sur les extrêmes
22:25à commencer
22:25par le Rassemblement National
22:27en mode
22:28on ne les a pas encore essayés.
22:30C'est ce levier-là
22:31qui peut assurer
22:32du carburant électoral
22:34pour le Rassemblement National
22:35quant à la France Insoumise.
22:37Pour l'instant
22:38Jean-Luc Mélenchon
22:38apparaît
22:39comme le candidat
22:40qui se détache
22:41très largement
22:42à gauche.
22:43Il est le mieux préparé
22:44ses troupes sont unies
22:45il a déjà
22:47des idées très claires
22:49de la campagne
22:50qu'il veut faire
22:51sur le plan programmatique
22:52ça c'est
22:54la tendance de fond.
22:55Ensuite
22:56il y a une campagne
22:57avec des soubresauts
22:58des choses inattendues
22:59du débat
23:00des propositions
23:01contre des propositions
23:02et ensuite
23:03des dynamiques
23:04de rassemblement
23:05ou de barrage.
23:06Je vous rappelle
23:06qu'au second tour
23:07des législatives
23:08les français ont majoritairement
23:09décidé de faire barrage
23:11au Rassemblement National
23:11c'est pourquoi
23:13les pronostics
23:13sont très difficiles à faire.
23:33Sous-titrage Société Radio-Canada
23:36par Barbara Gouy
23:37Clara Garnier-Amourou
23:38et Thibault Lambert
23:39réalisation
23:40Julien Moncouquiol
23:41Code Source
23:42c'est le podcast
23:43d'actualité du Parisien
23:44nous publions
23:45un nouvel épisode
23:46chaque soir de la semaine
23:47du lundi au vendredi
23:48et puis le samedi
23:50n'oubliez pas
23:50Crime Story
23:51notre podcast consacré
23:52aux affaires criminelles
23:53Crime Story
23:54présenté par Claudia Prolongeau
23:56avec Damien Delseny
23:57le chef du service
23:58police-justice
23:59du Parisien
24:00de Jonathan
24:03Sous-titrage Société Radio-Canada
24:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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