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En retrait sur la scène nationale et contraint au silence, Emmanuel Macron vit une séquence politique inédite. Ceux qui le soutenaient hier prennent leurs distances et se disputent déjà sa succession en vue de l’élection de 2027. Analyse dans Code Source avec les journalistes Pauline Théveniaud et Thomas Soulié, chargés de suivre l’exécutif au service politique du Parisien.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : AFP, France 24
#emmanuelmacron #cohabitation #gouvernement
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00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Arrivé à la moitié de son deuxième mandat, Emmanuel Macron se retrouve empêtré dans une situation difficile et qu'il
00:18a lui-même provoqué.
00:19Depuis qu'il a dissous l'Assemblée nationale au mois de juin et la défaite de son parti aux élections
00:24législatives dans la foulée,
00:26le président de la République ne peut plus appliquer sa politique comme il le souhaite.
00:31Plus impopulaire que jamais, il est contraint de se mettre en retrait de la politique intérieure et son autorité sur
00:37son propre camp s'étiole.
00:39Ceux qui le soutenaient hier prennent leur distance avec le président et se disputent déjà sa succession en vue de
00:452027.
00:47Codesources fait le point aujourd'hui avec Pauline Théveniot et Thomas Soulier.
00:51Ils sont tous les deux journalistes au service politique du Parisien, chargés de suivre l'exécutif.
01:02Pauline Théveniot, avant de raconter dans cet épisode comment Emmanuel Macron exerce le pouvoir depuis qu'il a dissous l
01:08'Assemblée nationale le 9 juin,
01:09il faut d'abord expliquer quel président il a été jusqu'à cette date.
01:13Alors faisons un rapide saut en arrière, avant d'arriver à l'Elysée en automne 2016,
01:18quand il est encore ministre de l'économie de François Hollande et sur le point de se présenter à la
01:24présidentielle,
01:25Emmanuel Macron commence à convoquer dans la presse la figure d'un dieu romain, Jupiter,
01:30et à employer l'expression président jupitérien.
01:34Qu'est-ce que ça signifie selon lui ? Qu'est-ce qu'il entend par là ?
01:37C'est un concept qui dépeint une présidence très verticale.
01:41Cela vise avant tout à se démarquer de François Hollande,
01:44et François Hollande qui avait théorisé le concept du président normal.
01:49Cela vise aussi pour Emmanuel Macron à se solaniser, à se crédibiliser.
01:53Il faut se souvenir qu'à l'époque il n'a pas 40 ans, il n'a jamais été élu.
01:57Ses équipes expliquent que président jupitérien, ça veut dire être dans une posture d'autorité,
02:03d'exercer le pouvoir exécutif suprême,
02:06mais ça ne veut pas dire se mêler de tout.
02:08Ça veut dire être au-dessus de la mêlée.
02:11Et alors comment il applique cette philosophie une fois qu'il est élu en 2017,
02:15puis réélu en 2022 jusqu'à cette année ?
02:18À partir de 2017, Emmanuel Macron applique effectivement une présidence très verticale.
02:25Il vient très vite un omni-président qui s'occupe de tout, se mêle de tout.
02:29Il cherche un contact direct avec les Français, sans intermédiaire.
02:33Le pouvoir est extrêmement centralisé par lui, par le très puissant secrétaire général de l'Elysée, Alexis Collaire,
02:41qui est vraiment dépeint, c'est plus que le bras droit du président, c'est son jumeau, son deuxième cerveau.
02:47Et ces deux hommes-là concentrent énormément, énormément de décisions.
02:53On en vient donc aux événements récents.
02:55Le dimanche 9 juin, au soir des élections européennes,
02:58où la liste conduite par le président du Rassemblement National arrive en tête,
03:02le chef de l'État décide de dissoudre l'Assemblée Nationale.
03:06Les nouvelles élections législatives n'ont pas donné par la suite les résultats qu'il espérait.
03:10Le camp présidentiel perd la majorité relative dont il disposait dans l'hémicycle.
03:15Thomas Soulier, après ses élections, Emmanuel Macron met près de deux mois à nommer quelqu'un à Matignon,
03:21au poste de Premier ministre. Pourquoi c'est si long ?
03:23Il y a deux raisons à cela.
03:25D'abord parce que souvent chez Emmanuel Macron, il aime bien prendre du temps.
03:28Et là, il veut plutôt en gagner du temps.
03:31Il veut que l'été soit consacré, monopolisé par les Jeux Olympiques,
03:34et non pas par la politique.
03:37Et donc il considère que cet été, peut-être l'été des fiertés françaises,
03:41où il peut gagner des points après une dissolution, il faut le dire, assez cauchemar pour lui.
03:47Et donc voilà la première raison de gagner du temps.
03:49La deuxième, c'est qu'il n'a pas le casting.
03:52Il ne sait pas qui nommer à Matignon, c'est assez clair comme ça.
03:54Il y a un seul nom qui surgit, celui à gauche de Lucie Casté,
03:58proposé par le nouveau Front populaire.
04:00Et là, Emmanuel Macron, il ne veut pas d'elle,
04:02car il considère que ce sera une cohabitation qui sera radicale.
04:05Il considère aussi que s'il la nomme, certes, elle se fera censurer.
04:09Mais il dit, en attendant, il y aura des mesures fortes qui seront prises,
04:14et ça, il n'en veut pas.
04:17Le jeudi 5 septembre, Michel Barnier, 73 ans, ancien député européen,
04:22ex-négociateur du Brexit, membre du parti Les Républicains,
04:26est nommé Premier ministre.
04:28C'est un peu une surprise, il est appelé à former un gouvernement.
04:31Et le soir même, lors d'un dîner à l'Elysée,
04:34des témoins racontent que le chef de l'État semble détendu.
04:37Il est donc rassuré à ce moment-là d'avoir trouvé ce profil pour Matignon ?
04:42Oui, en nommant Michel Barnier, il sait très bien que ce ne sera pas une cohabitation radicale,
04:46contrairement avec Lucie Casté.
04:49Il sait très bien qu'il ne touchera pas à la réforme des retraites,
04:53et ça, les deux hommes en ont discuté.
04:55C'est un vrai soulagement, parce que le président s'est dit,
04:57enfin, j'ai un nom, enfin, on va passer à autre chose,
05:01et enfin, je vais mettre le singe sur l'épaule de Michel Barnier.
05:06Ça, c'est une expression en Macronie, pour dire, refulez le mistigri.
05:09C'est maintenant Michel Barnier qui va prendre tous les coups, et plus simplement moi.
05:14Alors, quelle est la nouvelle forme de pouvoir qui se dessine à ce moment-là au sein de l'exécutif
05:18?
05:18Est-ce qu'on se dirige vers une cohabitation,
05:21comme le pays en a déjà connu sous François Mitterrand et Jacques Chirac,
05:24puisque les deux hommes ne sont pas du même camp politique ?
05:27Ou est-ce qu'il s'agit encore d'autre chose ?
05:29C'est quelque chose d'inédit, et quand on l'interroge à ce moment-là à l'Élysée pour dire
05:33« ça ressemble à quoi la relation Macron-Barnier ? »,
05:37on nous dit « c'est une coexistence exigeante ».
05:40Certains utilisent même le terme de « coalitation »,
05:44un mélange de coalition et de cohabitation,
05:47encore des termes inventés par la Macronie.
05:51Pauline Théveniot, le mardi 12 septembre,
05:54devant les élus parlementaires de son camp, les Républicains,
05:56réunis à Annecy, le nouveau Premier ministre déclare
05:59qu'il n'y a pas de domaines réservés entre lui et le Président de la République,
06:03mais plutôt des domaines partagés.
06:06Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
06:07Et est-ce que ça suscite des réactions à l'Élysée ?
06:09Très concrètement, ce que ça veut dire, c'est que Michel Barnier ne s'interdit rien.
06:14Comprendre que Michel Barnier ne sera pas un Premier ministre
06:17qui se contentera de gérer les affaires courantes sur la scène intérieure,
06:21en laissant l'Europe, les grandes affaires du monde
06:24et les questions de défense au Président de la République.
06:26Ça se manifeste très rapidement,
06:28puisqu'il y a dans la foulée, quelques semaines plus tard,
06:32un déplacement à Bruxelles du Premier ministre,
06:35alors même que le Président de la République y est déjà.
06:38Il faut savoir que c'est rarissime.
06:40Normalement, un usage tacite veut que le chef de l'État,
06:44le chef du gouvernement ne soit pas absent du territoire national en même temps.
06:47C'est encore plus baroque qu'il se retrouve dans la même ville
06:51à se disputer, sans le dire, un même terrain de prédilection, les affaires européennes.
06:57Il suffit de voir les lieutenants du Président grogner, grincer des dents en coulisses
07:04pour dire « Mais Michel Barnier, qu'est-ce qu'il a à aller s'occuper d'Europe ? »
07:09Alors qu'il y a déjà le Président qui s'en charge,
07:11il ferait mieux de faire fonctionner son gouvernement,
07:13il ferait mieux de passer l'épreuve du budget.
07:15À l'Élysée, on campe toujours sur ses positions,
07:19en continuant de parler de domaines réservés.
07:26Sur la proposition du Premier ministre, le Président de la République a nommé...
07:30Le samedi 21 septembre, le gouvernement de Michel Barnier est annoncé,
07:3441 ministres et secrétaires d'État,
07:36dont 13 issus de LR contre 12 pour le parti présidentiel.
07:40Plus de la moitié des ministres sont de droite ou viennent de la droite.
07:44Est-ce qu'Emmanuel Macron a pu peser autant qu'il le voulait
07:47pendant les discussions en coulisses ?
07:49Alors il avait dit qu'il se mêlait pas de ça, Emmanuel Macron,
07:52mais il avait tout de même quelques points qui lui tenaient à cœur.
07:54C'est-à-dire de décider conjointement avec Michel Barnier
07:57de qui serait nommé au poste du fameux domaine réservé.
08:01Et notamment Emmanuel Macron, il voulait nommer Gérald Darmanin au Quai d'Orsay.
08:05Mais ça, Michel Barnier lui a dit niette.
08:07Monsieur Jean-Noël Barraud, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
08:12Et puis, pudiquement, l'Élysée a parlé de points d'alerte sur certains noms.
08:17C'était notamment celui de Laurence Garnier,
08:20qui était initialement fléchée vers la famille.
08:23Laurence Garnier, c'est une sénatrice Les Républicains,
08:26qui a fait partie du mouvement de la Manif pour tous,
08:30très conservatrice.
08:31La nommée à la famille, c'était aux antipodes de la vision
08:35qu'ont toujours portées les macronistes sur les questions sociétales.
08:39Il obtient qu'elle ne soit pas nommée à la famille dans la liste finale.
08:43Elle figure bien au poste de secrétaire d'État à la consommation.
08:48Ce qui veut tout dire.
08:50C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, les quelques points pour lesquels il est intervenu,
08:55il n'a pas obtenu gain de cause.
08:57L'autre signe que son pouvoir s'étiole,
09:00c'est que même les négociations pour les postes
09:03où sont nommés les ministres de son camp
09:06ne sont pas passés par lui, mais sont passés par Gabriel Attal.
09:09Le mardi 1er octobre, devant les députés,
09:12Michel Barnier prononce son discours de politique générale,
09:15sa feuille de route.
09:16Et par la suite, le gouvernement multiplie les annonces
09:19avec des mesures fiscales, notamment dans le futur budget 2025,
09:23pour tenter de réduire la dette et le déficit public.
09:27Ces mesures, est-ce qu'elles remettent en cause
09:28la politique économique d'Emmanuel Macron ?
09:31Fondamentalement, non.
09:32Barnier reste quand même sur la même ligne
09:35qu'Emmanuel Macron.
09:36Mais je pense qu'Emmanuel Macron
09:39rencontre quand même une petite déconvenue.
09:42Il s'imaginait que ce serait la continuité
09:45pure et dure de sa politique
09:47avec ce Premier ministre-là.
09:48Et il tombe sur un chef du gouvernement
09:51qui veut clairement imprimer sa marque.
09:54La mesure la plus emblématique
09:56de ces divergences de vues,
09:58c'est la hausse des cotisations patronales
10:00que Michel Barnier met sur la table
10:01avec le budget 2025.
10:03Ça, c'est une ligne rouge absolue
10:06pour Emmanuel Macron et les siens.
10:08En privé, il dit
10:09l'allègement du coût du travail,
10:11c'est important de ne pas revenir dessus.
10:13Il le répète sans arrêt,
10:14notamment à ses députés,
10:16auxquels il demande de se battre
10:18contre cette mesure.
10:21Thomas Soulier, le président,
10:23a tout de même intérêt à ce que
10:24Michel Barnier reste en poste
10:26le plus longtemps possible.
10:27Expliquez-nous pourquoi.
10:28Si demain, Michel Barnier saute
10:31et est censuré,
10:32ça sera une défaite aussi
10:34pour Emmanuel Macron
10:36qui l'a nommé.
10:37Imaginez que demain,
10:39Michel Barnier ne soit plus Premier ministre.
10:40La question dans la seconde sera
10:42qui pourra remplacer Michel Barnier ?
10:44Il y a des noms qui circulent,
10:45Bernard Cazeneuve de la gauche,
10:47mais vous avez entendu,
10:48le RN qui est en position de force
10:49à l'Assemblée,
10:50a dit que c'est Bernard Cazeneuve
10:52en censure.
10:53Xavier Bertrand,
10:54Marine Le Pen le déteste.
10:55Et donc elle dit,
10:57s'il est nommé,
10:57je le censure.
10:58Et la gauche censurera aussi.
11:00Et donc l'addition des voix
11:01créera une censure
11:02pour Xavier Bertrand.
11:03Donc vous le voyez,
11:04il n'y a pas de bonne solution.
11:06Et ça, Emmanuel Macron
11:07en a bel et bien conscience.
11:09D'où son idée
11:10de garder Michel Barnier
11:11très longtemps.
11:13À cette même période,
11:14Pauline Théveniot,
11:14le président et l'Elysée
11:16se mettent de plus en plus
11:17en retrait
11:18des questions de politique intérieure.
11:20Pourquoi ça ?
11:21Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron,
11:22il a perdu deux élections de suite.
11:24D'une certaine façon,
11:25dans les urnes,
11:26les Français ont dit
11:27on ne veut plus de vous.
11:28Il y a un moment finalement
11:30qui condense cette bascule.
11:32C'est une soirée
11:33qu'Emmanuel Macron organise
11:34à l'Elysée.
11:34C'est juste après la nomination
11:36de Michel Barnier
11:37début septembre.
11:38Selon l'expression
11:39d'un convive,
11:40c'est une soirée
11:40pour marquer la fin d'un cycle.
11:43D'ailleurs,
11:43dans un petit mot
11:44à tout le monde,
11:45Emmanuel Macron dit
11:45que là va s'ouvrir
11:46une nouvelle phase.
11:48Et il a cette phrase
11:49qui est absolument édifiante.
11:51ce soir-là,
11:53il dit
11:53je vais laisser
11:54le gouvernement
11:56gouverner.
11:57Ça en dit long
11:58sur sa pratique du pouvoir.
12:00Et ça en dit long
12:01sur le retrait
12:03auquel il est contraint
12:04désormais.
12:05Et comment il se manifeste
12:06ce retrait
12:07médiatiquement ?
12:08Tout simplement,
12:09on ne le voit plus
12:11sur le terrain
12:12de la politique intérieure.
12:13Il fait très très très peu
12:14de déplacements,
12:16quasi pas.
12:16Ou alors,
12:17pour des commémorations
12:18ou des événements
12:19très institutionnels,
12:20on ne le voit plus
12:21au milieu des Français.
12:22Et il n'a plus
12:23d'intervention
12:25sur les grands débats
12:27de politique nationale.
12:30Au même moment,
12:31des figures
12:32de l'ex-majorité présidentielle
12:33se disputent
12:34la tête du groupe
12:35macroniste
12:36à l'Assemblée nationale,
12:37mais aussi
12:38la présidence
12:39du parti Renaissance.
12:40Il y a deux,
12:41Gabriel Attal
12:42et Elisabeth Borne,
12:43qui en font comment ?
12:44Les deux sont anciens
12:45Premier ministre
12:45d'Emmanuel Macron.
12:47Les deux veulent d'abord
12:49le groupe
12:50et ensuite
12:50le parti.
12:52À l'Assemblée,
12:53il y a près de 100 députés
12:55macronistes.
12:56C'est le deuxième groupe
12:57à l'Assemblée
12:58et on sait que
12:59quand on devient
13:00président de ce groupe-là,
13:01on a du pouvoir
13:02dans la galaxie
13:04macroniste.
13:05Gabriel Attal
13:06est candidat.
13:07Elisabeth Borne
13:08a envie d'être candidate.
13:10Elle tâte le terrain,
13:11elle met un orteil
13:12dans l'eau,
13:13elle voit que l'eau est glaciale,
13:14elle n'y va pas.
13:15Et donc,
13:15il reste seulement
13:16Gabriel Attal
13:17alors qu'Emmanuel Macron
13:18en coulisses
13:18ne veut pas
13:19que ce soit Gabriel Attal.
13:21Il préférerait
13:22un Gérald Darmanin
13:23ou une Elisabeth Borne.
13:24Vous l'avez dit,
13:25Elisabeth Borne
13:26et Gabriel Attal
13:26se disputent
13:27la tête du parti.
13:28Début octobre,
13:29une soixantaine
13:30de représentants locaux
13:31de Renaissance
13:32signent même
13:33une tribune
13:34dans le journal
13:34L'Opinion
13:35pour soutenir
13:36la candidature
13:37de ce dernier.
13:37Le texte
13:38ne fait pas
13:39une seule fois
13:40mention
13:40du président de la République.
13:42Ce qui est frappant,
13:43c'est que
13:43cette bataille politique,
13:44semble donc se dérouler
13:46sans lui,
13:47en tout cas,
13:48le plus loin possible
13:49de lui.
13:50La Macronie
13:50veut tourner la page
13:51Macron
13:51tout en restant
13:52macroniste.
13:53Donc,
13:54d'un côté,
13:54vous avez les mêmes
13:55Attal,
13:56Borne,
13:56Darmanin,
13:57Le Maire,
13:57etc.,
13:58qui veulent prendre
13:59leur distance
14:00avec Emmanuel Macron
14:01pour,
14:02en quelque sorte,
14:03surfer sur la vague
14:04anti-Macron
14:04qu'il y a dans ce pays
14:05et de l'autre,
14:06ils veulent surfer
14:07sur une forme
14:07de vague d'hérédité
14:10d'Emmanuel Macron
14:11pour plaire aux militants.
14:12Donc,
14:12il y a une forme
14:12de schizophrénie
14:13chez eux aussi.
14:14On voit,
14:14en discutant avec eux,
14:15qu'ils ont du mal
14:16à choisir encore
14:17la stratégie politique.
14:20Ils ont tous
14:21les yeux rivés
14:21sur une date
14:222027,
14:23la future élection
14:25présidentielle.
14:26Et il y a une crainte
14:27en Macronie
14:28en ce moment,
14:29c'est comment
14:31distinguer
14:31toutes ces personnalités-là
14:32pour trouver un nom
14:34qui va arriver
14:35à faire consensus.
14:36Vous voyez que ça annonce
14:38dans les mois
14:38et années à suivre
14:40beaucoup de désaccords
14:42et un nouveau feuilleton
14:42en Macronie.
14:45Le soir du 24 octobre,
14:47Pauline Théveniot
14:48vous révélait
14:49dans Le Parisien
14:49que l'après-midi même,
14:51Emmanuel Macron
14:52a organisé
14:53une réunion
14:53hautement politique
14:54à l'Elysée
14:55avec des figures
14:56de l'ex-majorité présidentielle
14:58pour tenter
14:59de reprendre la main.
15:01C'est un déjeuner
15:02qui se tient
15:03dans le salon
15:03des portraits
15:04autour d'Emmanuel Macron.
15:05Il y a donc Gabriel Attal
15:06et Elisabeth Borne,
15:07les deux grands rivaux
15:07du moment.
15:08Il y a aussi
15:09l'ex-ministre
15:10de l'économie,
15:10Bruno Le Maire,
15:11parti enseigner
15:12à Lausanne
15:13et retirer
15:14des affaires.
15:15Et tous les anciens
15:16ministres du budget
15:18dont Gérald Darmanin.
15:20Il s'agit de parler
15:21de l'abyssal déficit
15:22des comptes publics
15:23alors que des commissions
15:24d'enquête
15:25se préparent au Parlement.
15:26Mais en fait,
15:27il s'agit surtout
15:28au fond
15:29de parler
15:29de la course
15:30pour la tête
15:31du parti
15:32et pour Emmanuel Macron
15:33de tenter
15:34de reprendre la main
15:35sur une histoire
15:36qui lui échappe.
15:38Il dit clairement
15:39ce jour-là,
15:39le président,
15:40je le cite,
15:40il faut que vous défendiez
15:42plus le bilan,
15:43l'avenir du bloc central
15:44et l'idée du dépassement.
15:46Il enjoint aussi
15:47ses troupes
15:47à préparer
15:47les prochaines élections
15:48municipales
15:49et il y a quand même
15:50un petit événement
15:51qui se produit ce jour-là,
15:52c'est qu'à l'heure du café,
15:54il garde Gabriel Attal
15:55et Elisabeth Borne
15:56avec lui
15:57pour un échange
15:57à trois.
15:58Il leur demande
15:59de cesser
16:00de se déchirer
16:00pour la tête du parti
16:01et au fond
16:02de s'accorder
16:03sur une candidature unique
16:04pour cesser
16:05ces guerres fratricides
16:07qu'il voit
16:07d'un très très mauvais oeil.
16:09Entre-temps,
16:10le mardi 15 octobre,
16:11le président déclenche
16:13une vive polémique
16:14après ses propos
16:15tenus en Conseil des ministres
16:16et rapportés
16:17par plusieurs témoins.
16:19Il aurait dit,
16:19je cite,
16:20qu'Israël
16:20doit sa création
16:22à une décision
16:23de l'ONU.
16:24Racontez-nous
16:24cette séquence.
16:25Emmanuel Macron,
16:26ce jour-là,
16:28autour de la table
16:29du Conseil des ministres,
16:30il dit,
16:30je cite,
16:31« Monsieur Netanyahou
16:32ne doit pas oublier
16:33que son pays
16:34a été créé
16:34par une décision
16:35de l'ONU.
16:35Par conséquent,
16:36il ne devrait pas
16:36s'affranchir
16:37des décisions
16:38de l'ONU. »
16:39Alors,
16:39il se trouve
16:39que ce propos
16:40est rapporté
16:41par plusieurs participants,
16:42qu'on révèle
16:44cette phrase
16:44et qu'on en fait
16:45un article
16:46sur notre site internet
16:48et que ça crée
16:49tout de suite
16:49une très très vive
16:50polémique
16:51et surtout
16:52une énorme poussée
16:54de tension
16:54avec Benyamin Netanyahou.
16:56Les relations
16:57sont déjà tendues
16:57mais là,
16:58il y a une réaction
16:59encore plus virulente
17:00que d'habitude
17:00du Premier ministre
17:01Isa Elien.
17:03Et deux jours plus tard,
17:04alors qu'il est à Bruxelles
17:05pour le Conseil européen
17:07et qu'il donne
17:07une conférence de presse
17:08dans ce cadre,
17:09Emmanuel Macron
17:10fait entendre sa colère
17:11comme on ne l'a peut-être
17:12même jamais vue.
17:13« Je ne vais pas
17:13me mettre à faire
17:15des démentis
17:16sur des propos
17:17qui sont sortis
17:17de leur contexte
17:18et qui n'avaient pas
17:18vocation à être rendus publics. »
17:20Ce soir-là,
17:20il va très loin,
17:21Emmanuel Macron
17:21puisqu'il va jusqu'à estimer
17:23que rien ne doit s'écrire
17:24en dehors
17:25des communiqués officiels
17:27et des comptes rendus
17:28de la porte-parole
17:29du gouvernement.
17:30Ça provoque l'indignation
17:31de l'association
17:32de la presse présidentielle
17:33des journalistes
17:34qui sont chargés
17:35de le suivre
17:35qui fait un communiqué
17:36pour lui répondre
17:37et lui dire
17:37que ce n'est pas à lui
17:37d'énoncer
17:38comment doivent travailler
17:40les journalistes
17:40et est-ce qu'il est bon
17:41de publier ou pas.
17:43Pour autant,
17:43ce soir-là,
17:44Emmanuel Macron
17:44ne dément pas formellement
17:46ses propos
17:47et pour cause.
17:48Il a bien dit cela,
17:49c'est confirmé
17:50par plusieurs participants
17:51qui même après
17:51un coup de colère
17:52nous disent
17:52« bah oui,
17:53il avait dit ça ».
17:54Seulement,
17:54la phrase,
17:55la façon dont elle est reçue,
17:57les polémiques
17:57que ça crée
17:58lui échappent totalement
17:59et ça,
18:00ça l'insupporte.
18:05Pauline Théveniot,
18:06six mois après avoir
18:07dissous l'Assemblée nationale,
18:08le président doit encore
18:10tenter de calmer
18:10la crise de confiance
18:11qu'il a lui-même
18:13suscité au sein
18:14de son propre camp ?
18:14Oui,
18:15mais elle était
18:16extrêmement profonde
18:17cette crise
18:18au moment de la dissolution
18:20et de la campagne
18:20des législatives anticipées.
18:22Il faut savoir
18:23qu'on a quand même
18:23entendu des choses
18:24qu'on n'avait jamais entendues
18:26dans la bouche
18:26de députés macronistes
18:28contre le président.
18:29On entendait
18:30mais qu'ils se taisent,
18:31mais qu'ils disparaissent.
18:32Bref,
18:32c'était extrêmement violent.
18:33Et des mois après,
18:34vous avez raison,
18:35les députés
18:36et aussi ceux
18:37qui ont été battus
18:38lui en veulent encore
18:39énormément
18:40et le président,
18:41il a conscience
18:42qu'il doit à tout prix
18:44raccommoder ce lien.
18:45D'ailleurs,
18:46il fait depuis cet été
18:47quelque chose
18:48qu'il n'a jamais fait
18:49en 7 ans.
18:50C'est-à-dire qu'il reçoit
18:51par brassé,
18:52par petit groupe,
18:53les députés
18:54de son camp
18:55à déjeuner
18:56à l'Elysée.
18:58À chaque fois
18:59que se tient
18:59un repas de ce type,
19:01il justifie
19:02la dissolution de juin,
19:03il s'en réexplique.
19:05Et lors d'un de ses déjeuners,
19:07il a eu cette phrase d'ailleurs,
19:09Emmanuel Macron,
19:10peut-être,
19:11aurais-je dû plus
19:12le faire avant
19:13d'entretenir ce lien
19:14avec ses troupes
19:15qu'au fond,
19:16comme s'il avait
19:16un regret
19:18de ne pas avoir
19:20assez travaillé
19:20sa relation
19:21avec les élus
19:22de son camp.
19:22Thomas Soulier,
19:23est-ce que le président
19:24et son entourage
19:25ont des pistes
19:26aujourd'hui
19:26pour sortir
19:27de cette situation
19:28délicate
19:28et relancer
19:29ce second quinquennat ?
19:30Non,
19:31au contraire,
19:32c'est là tout le paradoxe.
19:33Il n'a jamais été
19:34aussi bas
19:35dans les sondages.
19:36Si on le voit beaucoup
19:36ou si on ne le voit pas,
19:38ça ne change rien.
19:39Il perd des points
19:40dans les sondages.
19:42Le 18 novembre,
19:43vous signez un papier
19:44tous les deux,
19:45Pauline Théveniot,
19:46dans Le Parisien.
19:46Vous écrivez que le président
19:47est contraint au silence.
19:49Pour autant,
19:50c'est une situation
19:51qui n'a pas du tout
19:52l'air de lui convenir,
19:53c'est le moins qu'on puisse dire.
19:54Et en coulisses,
19:55il ne reste pas
19:56les bras croisés.
19:56Qu'est-ce qu'il fait ?
19:57Cette situation,
19:58évidemment,
19:58qu'elle ne peut pas lui convenir,
19:59ce n'est pas du tout
20:00dans son tempérament.
20:02Pour autant,
20:03celui qui imaginerait
20:05qu'Emmanuel Macron
20:05se désintéresse
20:06de la politique nationale,
20:08des réformes
20:09qui se jouent là,
20:10dans le pays
20:11ou de l'avenir
20:12de son parti politique,
20:13se berce d'illusion.
20:14Évidemment,
20:14qu'il regarde tout ça
20:15de très près.
20:16Et il y a tout à parier
20:17qu'Emmanuel Macron,
20:18il va tenter des coups
20:20pour revenir
20:21sur le devant de la scène,
20:23que ça passe
20:24par des initiatives
20:24internationales européennes.
20:26Il a aussi promis,
20:28juste après la nomination
20:29de Michel Barnier,
20:30qu'il ferait les choses
20:31autrement,
20:32mais qu'il retournerait
20:33au contact direct
20:35des Français.
20:36il ne l'a toujours pas fait.
20:38Il y aura forcément
20:39à ce moment-là
20:40des échanges
20:41et des prises de position
20:42du président,
20:43même si pour l'instant,
20:45du fait de sa grande
20:47grande impopularité,
20:49un retour sur le terrain
20:50est encore trop risqué.
20:51Thomas Soulier,
20:52est-ce que le président
20:53ou même ses conseillers
20:54ont des pistes
20:55pour relancer
20:56cette fin de quinquennat,
20:58les deux ans et demi
20:59de mandat qui lui restent,
21:00et sortir de sa situation
21:02très délicate ?
21:03Aucune.
21:04Je discutais récemment
21:05avec un ancien ministre,
21:06Emmanuel Macron,
21:07qui me disait
21:08il faut qu'on trouve
21:09un nouveau format
21:10pour lui.
21:11Alors je dis oui,
21:11c'est intéressant,
21:12lequel ?
21:13Ah, je ne sais rien.
21:14En fait,
21:15on a la sensation
21:16que le président
21:17vit une fin de règne
21:19alors qu'il lui reste
21:20encore deux ans
21:22et demi à l'Elysée.
21:32Merci à Pauline Théveniot
21:33et Thomas Soulier.
21:35Cet épisode a été produit
21:36par Clara Garnier-Amouroux
21:37et Clémentine Spiller,
21:39réalisation Pierre Chafanjon.
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