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Créée il y a à peine deux mois, la Nupes de Jean-Luc Mélenchon est en passe de devenir la principale force d’opposition à l’Assemblée nationale, à défaut d’imposer un gouvernement de cohabitation au président Emmanuel Macron. Récit.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie – Présentation : Jules Lavie - Production : Sarah Hamny, Clara Garnier Amouroux, Thibault Lambert et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : TF1, BFM TV, LCP.
#nupes #mélenchon #election2022
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Plus de 25% des suffrages aux législatives du 12 avril au coude à coude avec la majorité présidentielle.
00:19L'ANUP devrait s'imposer comme la principale force d'opposition à l'Assemblée nationale après le second tour du
00:2619 avril.
00:27Pourtant, cette coalition, regroupant autour de Jean-Luc Mélenchon insoumis, verts, socialistes et communistes, a été créée moins de deux
00:35mois plus tôt.
00:36Cet épisode de Codesources est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien, en charge de la gauche, Jamy
00:42Kalimi et Julien Dufay.
00:50En 2021, le samedi 17 avril, plusieurs personnalités de gauche se réunissent à Paris, dans un hôtel.
00:57A l'invitation du verre Yannick Jadot, l'idée est de s'unir pour la présidentielle 2022.
01:02Il y a les socialistes Anne Hidalgo et Benoît Hamon.
01:05Jamy Kalimi, au-delà de cette photo, que va donner cette réunion ?
01:09Eh bien, pas grand-chose, justement.
01:10Très vite, les choses tournent court et on se rend compte d'abord que la France insoumise,
01:15qui n'avait pas été représentée par Jean-Luc Mélenchon,
01:18évidemment n'est pas du tout prête à signer un rapprochement et encore moins une union.
01:22Et même les socialistes, les communistes ainsi que les écologistes,
01:26qui étaient plutôt avec Jadot à la manœuvre dans cette réunion,
01:29en fait vont vite la jouer cavalier seule.
01:32Aucune des personnalités présentes, aucun parti rassemblé ne semble vouloir céder sa place,
01:38alors même qu'aucun d'entre eux ne dépasse la dizaine de pourcents d'intentions de vote aujourd'hui.
01:43Et puis il y a aussi des divergences idéologiques autour de l'Europe ou encore de la laïcité.
01:48Bref, vous l'aurez compris, ce rassemblement n'est que le début d'une première étape de ce qui s
01:54'apparente à un chemin de croix.
01:56Julien Dufay, au printemps 2022, la campagne présidentielle vire au cauchemar pour la candidate socialiste Anne Hidalgo,
02:03alors que Jean-Luc Mélenchon rassemble massivement dans ses meetings.
02:07Oui, c'est une campagne cauchemardesque pour la socialiste Anne Hidalgo,
02:10qui ne va cesser en fait de dégringoler dans les sondages.
02:13Elle va finir par faire appel à des figures historiques du parti, Bernard Cazeneuve, François Hollande.
02:19Pour Jean-Luc Mélenchon, qui est parti très tôt, il est parti 18 mois avant le premier tour,
02:25il va y avoir une vraie dynamique qu'on va notamment constater à partir de janvier,
02:28à partir du moment où il va faire des meetings, des grands meetings qu'ils vont rassembler,
02:32et où il va avoir ce vrai talent qu'on lui connaît pour imposer ses thèmes,
02:36et qui va cristalliser le vote utile dans les tout derniers jours de la campagne,
02:39ce qui va lui permettre de réussir ce premier tour.
02:44Le dimanche 10 avril, c'est le premier tour de la présidentielle.
02:48Jean-Luc Mélenchon termine troisième derrière les deux qualifiés,
02:52Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
02:54Le leader insoumis rassemble près de 22% des suffrages.
02:58Nous avons une stratégie, le pôle populaire.
03:01Nous avons un programme.
03:04Nous avons devant nous d'autres élections.
03:07Nous tiendrons à chaque étape notre rang.
03:10Neuf jours plus tard, le mardi 19 avril, Jean-Luc Mélenchon est l'invité de BFM TV,
03:16et il trouve son mot d'ordre pour la campagne des législatives qui débute.
03:19Je demande aux Français de m'élire Premier ministre.
03:23Il demande aux Français de voter pour une majorité de députés de son mouvement,
03:27l'Union populaire, afin que le futur président soit dans l'obligation d'accepter une cohabitation,
03:34et de nommer Premier ministre le leader de cette nouvelle majorité.
03:36Au soir du second tour, le dimanche 24 avril, Jean-Luc Mélenchon appelle à un troisième tour de la présidentielle.
03:43Le troisième tour commence ce soir.
03:46Les 12 et 19 juin ont lieu les élections législatives.
03:50Vous pouvez battre M. Macron et choisir un autre chemin.
03:56Jeannick Halimi, en résumé, que dit Jean-Luc Mélenchon le 24 avril à la tribune ?
04:00Tout d'abord, il dit clairement que la défaite de Marine Le Pen est une très bonne nouvelle,
04:04c'est quelque chose d'acquis, et il dit qu'Emmanuel Macron est très mal élu,
04:10au regard notamment de l'abstention, et il lui retire ainsi une part de légitimité démocratique,
04:15et il se positionne comme le futur Premier ministre de la cohabitation.
04:20Il va lancer véritablement une dynamique, là aussi inédite, pour la gauche, dans cette histoire des institutions.
04:32Jeannick Halimi, à ce moment-là, des discussions débutent entre les insoumis et les autres partis de gauche,
04:36notamment les écologistes et les socialistes.
04:39Pour concrétiser ce que lançait Jean-Luc Mélenchon après le second tour de la présidentielle,
04:44c'est-à-dire être un Premier ministre de la cohabitation,
04:47il lui faut bien évidemment une assise à l'Assemblée nationale et une assise parlementaire,
04:53et c'est pour cette raison qu'il a décidé de tendre la main et de rassembler l'ensemble des
04:57partis de gauche.
04:57Il décide de les consulter, les uns après les autres, en bilatéral.
05:04Le vendredi 29 avril, l'EPS ouvre la voie à un rapprochement avec la France insoumise,
05:09après trois jours de discussion, en disant accepter plusieurs propositions importantes,
05:14comme l'augmentation du SMIC à 1400 euros net par mois, la retraite à 60 ans,
05:19la planification écologique ou encore l'instauration d'une sixième république.
05:23Mais quelques heures plus tard, le même jour, coup de théâtre,
05:26Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, annonce la suspension des discussions.
05:30Le rapprochement tout de même très rapide entre les socialistes et les insoumis
05:34ont provoqué évidemment énormément d'interrogations et de frictions au sein du Parti socialiste,
05:39en raison notamment des divergences sur le fond, notamment avec l'Europe,
05:44dont on sait que la France insoumise est plutôt extrêmement critique,
05:47et que les socialistes sont plutôt favorables.
05:50Donc il y a eu aussi le découpage électoral des investitures que proposait la France insoumise aux socialistes.
05:58Très rapidement, la France insoumise gardait pour elle 326 circonscriptions
06:04et n'en proposait que 70, dont une trentaine de, disons, de gagnables au Parti socialiste,
06:10ce qui était très difficile à digérer de la part du Parti.
06:15Voilà pourquoi Olivier Faure a fait une petite marche arrière en suspendant les négociations.
06:19Le dimanche, 1er mai, le soir, les insoumis et Europe Écologie Les Verts,
06:24Julien Dufay annonce avoir trouvé un accord.
06:27Oui, c'est un accord qui attribue d'abord 100 circonscriptions aux écologistes
06:32et qui acte que tous les candidats, qu'ils soient insoumis, écologistes, socialistes, communistes,
06:38se présenteront sous une même bannière.
06:41Donc c'est la bannière de la NUP ou la NUPES ou la NUPES,
06:45c'est-à-dire la Nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale.
06:49Et donc ils s'accordent aussi sur des priorités programmatiques.
06:53Et sur l'Europe, qui était vraiment la pomme de discord entre les insoumis et les écologistes,
06:58ils parviennent à s'entendre.
06:59Pas de sortie de l'Union Européenne ou de l'euro,
07:02mais la possibilité de désobéir à certaines règles européennes
07:06en cas de blocage pour appliquer le programme.
07:09Jannick Halimi, le mardi 3 mai, le Parti Communiste annonce
07:12rejoindre cette nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale, la NUPES,
07:16et le lendemain, le mercredi 4 mai, c'est au tour du Parti Socialiste.
07:20Le rapport de force politique généré par la dynamique présidentielle
07:25avec Jean-Luc Mélenchon et ses près de 22% de voix
07:29et puis aussi le fait que Jean-Luc Mélenchon était la figure de la gauche,
07:34qui ne sont pas arrivés à incarner ni le Parti Communiste, ni le Parti Socialiste,
07:38ni les écologistes d'ailleurs, ont fait que communistes et socialistes ont reconnu
07:43que sans l'Alliance, ils étaient encore moins qu'avec l'Alliance en termes électoraux
07:47et lors des futures législatives, et ont décidé de toper avec les insoumis.
07:52Jannick Halimi, cette alliance, cette union, c'est quelque chose d'inédit ?
07:56Jamais la gauche, jamais, quels que soient les partis qu'il a composés,
08:00ne s'étaient réunies avant le premier tour, quelles que soient les élections,
08:04et deuxièmement, ce qui en fait aussi un accord historique,
08:07lorsqu'il y a eu Alliance jusqu'à présent, c'était toujours derrière le parti le plus modéré.
08:12Là, on voit au contraire que l'Alliance s'est faite derrière le parti le plus radical,
08:17en l'occurrence la France insoumise.
08:22Dans les heures qui suivent, plusieurs cadres importants du PS,
08:25comme l'ancien président François Hollande,
08:27ou l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, disent publiquement leur colère.
08:31François Hollande estime que le programme économique proposé par la France insoumise est infaisable.
08:38Le programme de l'ANUP est le problème principal,
08:41parce que pour que les Français adhèrent à une solution alternative à celle qui est aujourd'hui appliquée,
08:47c'est-à-dire celle d'Emmanuel Macron, demain celui qui lui succédera,
08:51il faut absolument qu'il y ait un programme qui puisse être appliqué et applicable.
08:56Il estime aussi que l'accord électoral est totalement déséquilibré de toute façon.
09:01Monsieur Cazeneuve, qui a été le dernier Premier ministre de François Hollande,
09:06va encore plus loin, j'allais dire, puisqu'il claque la porte du Parti socialiste.
09:11Et d'ailleurs, ces deux voix vont faire le lit de campagnes de dissidence
09:16par rapport au PS et par rapport à l'ANUPS.
09:19Le samedi 7 mai, les principaux membres de l'ANUPS sont réunis à Aubervilliers, près de Paris.
09:24Jany Kalimi, que dit Jean-Luc Mélenchon à la tribune ?
09:27Il dit deux choses.
09:28Il dit que c'est une page de l'histoire qui s'écrit là,
09:31pour les raisons qu'on a signalées tout à l'heure.
09:33Je sais qu'à cette heure, nous sommes en train, bien sûr,
09:36d'écrire une page de l'histoire politique de la France.
09:40Deuxièmement, il marque profondément de son empreinte
09:43ce que doivent porter les 577 candidats,
09:47et peut-être lui en tant que Premier ministre,
09:49c'est-à-dire incarner une gauche de rupture,
09:52une gauche radicale,
09:53et les autres leaders de gauche qui sont derrière lui
09:57n'ont plus qu'à applaudir.
09:59Et que dit Olivier Faure, le socialiste, justement, à la tribune ?
10:02Il appelle les socialistes à la résistance,
10:05à la Macronie, à la droite, à l'extrême droite.
10:08Qui sont les vrais sauvages dans ce pays ?
10:11Est-ce que ce sont ceux qui, comme Manuel vient de le dire,
10:15veulent penser qu'un autre monde est possible,
10:18ou celles et ceux qui font tout pour que ce monde reste ce qu'il est,
10:21que ceux qui exploitent la planète, les gens, restent à leur place,
10:25et que nous n'ayons pas, nous, la possibilité de changer la vie des gens ?
10:29Qui sont les sauvages ?
10:30Eh bien, moi, j'ai choisi !
10:31Il se met totalement dans la foulée de Jean-Luc Mélenchon.
10:36Il espère ainsi poser les premiers jalons d'une reconstruction du Parti Socialiste,
10:42dont la prochaine pierre devrait être, à la fin de l'année ou en début d'année prochaine,
10:46le congrès auquel il se présentera, probablement, et qu'il espère bien remporter.
10:51Jannick Halimi, est-ce qu'on sait quel est le rapport de force aujourd'hui au sein du Parti Socialiste
10:55?
10:55Est-ce qu'il y a plus de socialistes qui sont pour aller avec les insoumis,
10:59ou pour rester indépendants ?
11:00Si on se réfère, tout simplement, au dernier congrès de septembre dernier,
11:03avant le lancement de la présidentielle,
11:05et également à ce qui s'est passé au sein du Conseil national,
11:08entre les deux tours de la présidentielle,
11:10par rapport à l'accord qui devait être signé ou pas avec la France insoumise,
11:14le rapport, grosso modo, est deux tiers en faveur de la ligne,
11:19en tout cas de la stratégie,
11:21incarnée par Olivier Faure et donc son rapprochement avec la France insoumise,
11:25et un tiers, donc, d'opposition, de critique, de distanciation,
11:29tant avec la ligne qu'avec la stratégie d'Olivier Faure,
11:32et donc pour une incarnation d'une sociale démocratie.
11:36La France insoumise représentera la NUP dans plus de 320 circonscriptions,
11:41Europe Écologie-Les Verts dans 100 circonscriptions,
11:44l'EPS dans 70, 50 pour les communistes,
11:47Julien Dufay, dans les heures qui suivent,
11:50la campagne de la NUP est perturbée par le choix d'un candidat très critiqué,
11:53dans le département du Rhône, le journaliste militant Tahabou Afs.
11:57Oui, il devait être investi dans une circonscription du Rhône, celle de Vénitieux,
12:02et en fait, dans la nuit du 9 au 10 mai,
12:05il va annoncer dans un message qu'il a monnaie à cause de la tempête d'attaque
12:08qu'il subit depuis des jours,
12:10mais en fait, le lendemain, le 11 mai,
12:12on apprend, suite à des révélations de Mediapart et de BFM,
12:15que la véritable raison, c'est qu'il fait l'objet d'accusations de violences
12:19et de harcèlement sexuel,
12:20et que la France insoumise allait de toute façon le débrancher.
12:23Jeannique Halimi, un autre cas particulier pose problème.
12:26C'est celui de la 15e circonscription de Paris,
12:29dont la candidate sortante est une élue socialiste,
12:32la mienne elle a un rage,
12:34or, la France insoumise veut à tout prix investir sa candidate à elle,
12:38qui s'appelle Danielle Simonnet,
12:40qui est la conseillère de Paris de cette circonscription.
12:43Finalement, la poire est coupée en deux,
12:44ou en tout cas, la poire reste complète, si je puis dire,
12:47puisque et Danielle Simonnet, et la mienne à la rage pour le Parti socialiste
12:51vont se présenter sans qu'il y ait véritablement de contentieux en tant que tel
12:55de la part du Parti socialiste.
12:57Ce n'est pas une dissidente.
12:58L'accord a été tranché dans ce sens-là.
13:00Les deux candidates seront investis.
13:02Au-delà des cas particuliers,
13:04j'imagine que la désignation des candidats a été compliquée
13:07dans beaucoup de circonscriptions ?
13:08Pour le Parti socialiste notamment,
13:10ça a créé énormément, énormément de frictions
13:13qui sont incarnées par un phénomène de dissidence extrêmement important.
13:17Il y a une soixantaine de candidats dissidents socialistes
13:20qui présagent peut-être soit d'exclusion,
13:24soit carrément d'une implosion de la part du Parti socialiste dans les mois qui viennent.
13:28Julien Dufay, l'ANUP, y compris avec ses divisions,
13:31est l'un des événements marquants de cette campagne
13:33qui ne semble pas passionner ni les journalistes ni le reste de la population.
13:37Il y a quelque chose de paradoxal, on voit dans les études d'opinion,
13:40que les Français à la fois jugent qu'avec cette irruption de l'ANUP,
13:44il y a de l'enjeu, mais en même temps, les premières études montrent
13:47que l'abstention va être forte, elle va peut-être même être plus forte
13:51qu'en 2017 où elle avait déjà atteint un niveau record de 51,3%,
13:56ce qui montre que la mobilisation est encore loin d'être jouée à ce moment-là.
14:04Jannick Halimi, dans un premier temps, comment réagit le président réélu Emmanuel Macron ?
14:08Le président réélu ne prend pas du tout cette alliance au sérieux.
14:13Il est certainement encore nourri de la division électorale
14:16et surtout sur le fond de la gauche depuis au moins 2017
14:20et sur l'ensemble de son quinquennat.
14:22Donc il prend ça totalement à la légère.
14:24Le jeudi 19 mai, Jean-Luc Mélenchon, le socialiste Olivier Faure
14:28ou encore Julien Bayou pour les Verts,
14:30sont réunis à Paris pour dévoiler leur programme commun.
14:33Oui, donc il présente un document de 650 mesures
14:37qui sont regroupées en huit grands chapitres.
14:40Et donc, il y a les priorités qu'on retrouve, qui font consensus.
14:43Le SMIC à 1 500 euros, le retour à la retraite à 60 ans pour tous,
14:48le blocage des prix sur les produits de première nécessité
14:50ou alors l'instauration du référendum d'initiative citoyenne, le RIC.
14:55Mais sur ces 650 propositions,
14:57ils reconnaissent que 33 d'entre elles sont dites en nuance.
15:02C'est leur terme qui en fait veut dire qu'ils sont en désaccord.
15:05Alors ces points de friction, il y a le nucléaire,
15:08les communistes sont pro-nucléaire, les autres veulent sortir du nucléaire.
15:12Il y a l'OTAN, LFI veut sortir du commandement intégré de l'OTAN
15:15alors que le PS veut y rester.
15:17Il y a la suppression des stocks-options qui sont contestées par le Parti Socialiste
15:22ou encore la nationalisation des banques.
15:24Là aussi, le Parti Socialiste n'est pas d'accord.
15:26Sur ces points de désaccord, qu'est-ce qui est décidé ?
15:28En fait, on renvoie à l'Assemblée et donc au débat à l'Assemblée.
15:32C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon explique
15:33que les députés qui seront élus sous la bannière NUP
15:38conserveront à l'Assemblée leur liberté de vote
15:40et donc ils pourront trancher ces désaccords.
15:43Le vendredi 3 juin, le président Emmanuel Macron
15:46accorde une longue interview à la presse quotidienne régionale
15:49dont fait partie le Parisien avec ses éditions en Ile-de-France
15:52et il attaque Jean-Luc Mélenchon en le renvoyant dos à dos à Marine Le Pen
15:56avec cette phrase, je cite,
15:58« Le projet de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen,
16:00c'est le désordre et la soumission ».
16:03Jannick Halimi, est-ce qu'à ce moment-là,
16:05Emmanuel Macron commence à redouter un bon score
16:08de l'alliance de la gauche aux législatives ?
16:11Écoutez, effectivement, il a enfin pris conscience
16:14de la menace que représentait pour sa majorité potentielle
16:18l'alliance de la gauche.
16:19Il a effectivement décidé de sortir du bois
16:22par le biais d'interviews phares,
16:24comme celles qu'il nous a données,
16:26également par des sorties, des déplacements
16:29partout sur le territoire.
16:31Julien Duffet, à ce stade,
16:32est-ce que les sondages sont encourageants pour la NUP ?
16:35Oui, ils sont encourageants.
16:36Quand on regarde les résultats globaux,
16:38c'est-à-dire à l'échelle de la France entière,
16:40la NUP et la majorité présidentielle
16:42sont vraiment au coude à coude.
16:44Elles sont entre 26 et 28% des voix
16:46et même dans plusieurs sondages,
16:47la NUP passe devant la majorité présidentielle.
16:49Alors, la difficulté, c'est que les législatifs,
16:52ce sont 577 élections
16:54et en projection de sièges,
16:56on voit que la NUP reste derrière
16:57la majorité présidentielle
16:58avec entre 150 et 230 sièges
17:01suivant les projections,
17:03alors que pour ensemble,
17:04c'est-à-dire la majorité présidentielle,
17:05on est entre 250 et 350.
17:08Ce qui veut dire que, quand même,
17:10selon les hypothèses basses,
17:12la majorité présidentielle n'a aucune certitude
17:13quand même d'avoir une majorité absolue
17:15qui lui permettrait de gouverner
17:17de manière tranquille, si on peut dire.
17:20Le dimanche 5 juin,
17:21les Français de l'étranger
17:22votent pour le premier tour des législatives
17:24et les candidats NUP réalisent de bons résultats.
17:28Oui, donc, sur ces 11 élections
17:30qui étaient assez scrutées
17:31puisqu'elles ont valeur de test,
17:33les candidats NUP se maintiennent au second tour
17:35dans 10 d'entre elles.
17:37C'est deux fois mieux qu'il y a 5 ans,
17:39donc c'est une première indication
17:40sur la mobilisation autour de la NUP
17:42et c'est clairement un signal d'avertissement
17:44pour la majorité.
17:45Il est presque 20h
17:46et maintenant, dans moins de 30 secondes,
17:48vous connaîtrez les premières estimations
17:49de notre partenaire Ipsos Soprasteria.
17:51Quelle force politique va arriver
17:53en tête de ces élections législatives ?
17:56On en arrive au premier tour
17:57des élections législatives.
17:58Le dimanche 12 avril,
18:00scrutin marqué d'abord par une forte abstention.
18:02Plus de 52,5% des Français
18:05n'ont pas été votés.
18:06Julien Dufay,
18:07la NUP rassemble plus de 25%
18:10des suffrages au niveau national.
18:11C'est la NUP,
18:1225,2% des voix
18:14qui arrivent en tête ex aequo
18:17avec Ensemble,
18:18l'alliance autour d'Emmanuel Macron.
18:20Au coude à coude avec Ensemble
18:21qui regroupe la majorité présidentielle.
18:23Oui, c'est vraiment très serré
18:25entre ces deux formations.
18:26Il y a d'ailleurs un débat
18:27sur qui arrive devant.
18:28C'est symboliquement important
18:30de le savoir,
18:31même si pour l'instant,
18:32officiellement, c'est Ensemble.
18:33Mais la NUP réalise quand même
18:34une très belle performance.
18:35puisqu'elle rivalise
18:38avec le parti majoritaire.
18:40En projection,
18:42la NUP,
18:42pour le second tour,
18:44aurait entre 150 et 190 députés élus.
18:48Tandis qu'Ensemble,
18:49on aurait entre 255 et 295.
18:53La question est de savoir
18:53s'ils auront la majorité absolue.
18:55Ce qui n'est pas encore certain
18:56et ce qui est même peut-être compromis.
18:59Jeanne Calémy,
18:59que dit Jean-Luc Mélenchon
19:00dans sa première réaction
19:02au soir du premier tour ?
19:03Alors, sur le fond,
19:04Jean-Luc Mélenchon prend acte
19:06de la victoire de la NUP,
19:07puisqu'il constate que la NUP
19:10s'est arrivée en tête
19:11dans plusieurs centaines
19:13de circonscriptions.
19:14La nouvelle union populaire,
19:16écologique et sociale
19:17est fière d'avoir rendu possible
19:20son programme.
19:21Elle regarde le peuple français
19:23avec la tranquillité
19:24du travail accompli
19:25et d'une perspective radieuse
19:27qui se présente à lui.
19:29Deuxième point de son intervention,
19:31il estime qu'être élu,
19:33comme il dit,
19:34à Matignon à l'issue
19:35du second tour
19:35de la semaine prochaine
19:36est tout à fait possible encore.
19:38Et donc, c'est un ton
19:39à la fois sérieux,
19:42grave et combatif.
19:44Il dit que c'est possible,
19:45mais selon vous,
19:45est-ce que ça l'est réellement ?
19:47Au regard des projections
19:48dont on a parlé
19:49en termes de siège,
19:50y compris les plus favorables
19:52pour la NUP,
19:53ça paraît extrêmement compliqué.
19:55En revanche,
19:56ce qui est sûr aussi,
19:58et quelles que soient
19:59les projections,
20:00y compris les plus mauvaises
20:01pour la NUP,
20:02la NUP gardera un pouvoir
20:04de nuisance
20:04avec laquelle la Macronie
20:06va devoir composer
20:07ou auquel la Macronie
20:09va être confrontée.
20:13Comment réagissent
20:14les autres membres de la NUP ?
20:16Alors, les autres membres
20:18de la NUP réagissent
20:20de façon modérée.
20:22Les trois autres partis phares
20:24de l'Alliance
20:25tiennent bien sûr
20:26des discours tout de même,
20:28des propos relativement satisfaisants,
20:30mais tous ne sont pas
20:32logés à la même enseigne.
20:33La France insoumise d'abord
20:35est le parti de la NUP,
20:37ce qui se taillera
20:38la part du lion.
20:39Les projections montrent
20:40que la France insoumise
20:43pourrait avoir
20:43entre 96 et 115 députés,
20:46ce qui est énorme
20:47puisque la France insoumise
20:48ne compte que 17 députés
20:50dans l'Assemblée sortante.
20:51L'autre grand gagnant,
20:53toutes choses égales par ailleurs,
20:55ce sont les Verts
20:55qui étaient absents
20:56de l'Assemblée nationale
20:58et là qui vont faire
20:59une entrée probable
21:00dans l'hémicycle
21:02avec 20 à 30 députés,
21:04donc ce qui leur permettra
21:05d'avoir un groupe.
21:06Pour avoir un groupe,
21:07il faut avoir 15 députés
21:08à l'Assemblée nationale
21:08et puis, entre parenthèses,
21:10des fonds publics
21:11dont les Verts ont bien besoin.
21:13Et puis,
21:14restent les socialistes
21:15et les communistes
21:16qui, eux,
21:16ne peuvent espérer
21:18que rester à peu près
21:19à l'étiage qui est le leur
21:20aujourd'hui,
21:21c'est-à-dire entre 21 et 29
21:23pour les socialistes
21:26qui en ont 29 aujourd'hui
21:27et 10 à 15
21:29pour les communistes
21:31qui en ont à peu près
21:32autant
21:33dans l'Assemblée sortante.
21:35Julien Dufay,
21:36évidemment,
21:37il faudra voir
21:38ce que va réellement
21:39donner le second tour,
21:40mais si on se fie
21:40aux projections,
21:42est-ce qu'on peut dire
21:42que Jean-Luc Mélenchon
21:44a réussi son pari ?
21:45Alors, ça dépend
21:46de quel pari on parle.
21:47Le pari
21:49Jean-Luc Mélenchon,
21:50Premier ministre,
21:51sur lequel il a lancé
21:52véritablement sa campagne
21:53et qui est devenu un slogan
21:54et qui est très,
21:55très mobilisateur,
21:56il faut le dire,
21:57il paraît aujourd'hui difficile.
21:59Il aurait fallu
21:59un nombre de députés
22:02qualifiés au second tour
22:03de la nuque
22:04beaucoup plus important
22:04que celui
22:05qui est sorti
22:06des urnes hier.
22:07Mais,
22:08on va dire
22:09que son pari personnel
22:10de reprendre le leadership
22:11sur la gauche
22:11et ensuite
22:13d'arriver à,
22:13autour de lui,
22:14former cette coalition
22:15de la nuque
22:16qui est quand même
22:17inédite
22:18à bien des égards,
22:19là-dessus,
22:20on voit que ça a réussi,
22:21que les électeurs
22:21ont répondu présent,
22:22qu'ils l'attendaient
22:23peut-être depuis longtemps
22:24et que le fait
22:25d'avoir un candidat unique
22:27dans chaque circonscription
22:28permet à la gauche
22:29quand même
22:29de réussir
22:30ce premier tour
22:31des législatives.
22:33Jeannique Halimi,
22:33au-delà de Jean-Luc Mélenchon,
22:34c'est un bon résultat
22:35pour la nuque ?
22:36C'est un excellent résultat
22:37pour une alliance
22:39qui s'est faite
22:39de façon très inattendue,
22:41de façon très rapide.
22:43l'ANUP s'annonce
22:44comme une force parlementaire,
22:46ils vont profiter
22:46de cette force parlementaire
22:48pour s'appuyer sur la rue,
22:49pour s'appuyer sur les syndicats
22:51et pour faire
22:51de cette opposition parlementaire,
22:54la première probablement
22:55à l'Assemblée nationale,
22:56un levier de contestation
22:59sociale et politique
23:00beaucoup plus large.
23:07Merci à Jeannique Halimi
23:09et Julien Duffet.
23:10Toute l'actualité
23:11de ces élections législatives
23:12est à retrouver
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23:15Cet épisode de Code Source
23:17a été préparé
23:17avec Lola Sauti,
23:19production Clara Garnier-Amourou
23:20et Thibault Lambert,
23:22réalisation Julien Moncoukiol.
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23:25est le podcast
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