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  • il y a 6 heures
Edouard Philippe et Gabriel Attal affichent leurs ambitions pour 2027. Tous les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, ils tentent de prendre leurs distances avec le président et d’afficher leurs différences. 


Récit. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : LP/Olivier Corsan - Musiques : François Clos, Audio Network - Archive : RTL, CLPresse, TF1, BFMTV

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Qui sera le champion du bloc central à l'élection présidentielle de 2027 dans un peu moins d'un an
00:17?
00:18Ce sera soit Édouard Philippe, soit Gabriel Attal, tous les deux candidats déclarés.
00:23Ils sont l'un comme l'autre ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron,
00:26un homme avec qui ils ont depuis pris leur distance.
00:30Édouard Philippe et Gabriel Attal ont conclu en février 2025 un pacte pour cette élection.
00:35Pas d'attaque directe dans les médias et celui qui sera le moins bien placé début 2027
00:41devra s'effacer au profit de l'autre.
00:44On fait le point sur ce duel au centre aujourd'hui dans Codesource
00:47avec deux journalistes du service politique du Parisien, Alison Tassin et Thomas Soulier.
00:59Le samedi 30 mai, Gabriel Attal va tenir son premier meeting depuis qu'il s'est déclaré candidat.
01:04Ça se passe à Paris, au Parc des Expositions.
01:07Thomas Soulier, décrivez-nous la salle avant qu'il monte sur scène.
01:10Est-ce qu'on sent que la campagne présidentielle est lancée ?
01:13Quand j'arrive dans la salle, je vois tout de suite que c'est plutôt dans un format à minima.
01:19Dans cette salle, il y a environ, je compte, 4000 chaises, on va dire.
01:23Donc c'est un meeting, on va dire, plutôt moyen en termes d'affluence.
01:28Dans quasiment la même salle, c'est la salle d'à côté, Emmanuel Macron, il y a 10 ans,
01:33il réunissait entre 10 et 15 000 personnes.
01:35Alors pourquoi ce différentiel ?
01:36D'abord parce qu'Emmanuel Macron, c'était 5 mois avant le premier tour.
01:39Là, nous sommes un an avant le premier tour.
01:42Et puis ce jour-là, ce samedi, finale de la Ligue des Champions.
01:45Deux joueurs de tennis français au Roland-Garros.
01:48Et puis cette canicule, il fait très très chaud à Paris.
01:51Malgré tout cela, il y a quand même beaucoup de fans qui viennent voir Gabriel Attal.
01:55Aussi des curieux que je crois dans la salle.
01:58Pas seulement des militants qui viennent voir la bête Attal sur scène.
02:02On sent tout de suite l'ambiance, la ferveur d'un début de campagne du côté de Gabriel Attal.
02:09Avec vous, je vois les visages de la France.
02:12D'une France unie, diverse, ambitieuse.
02:17Vous êtes des milliers de Français venus de tous les territoires,
02:21de l'Hexagone, de nos Outre-mer, de l'étranger.
02:25Merci d'être là aujourd'hui.
02:31Vous allez nous raconter à la fin de ce podcast ce qu'il faut retenir de ce meeting.
02:35Dans ce podcast, aujourd'hui, on vous raconte cette compétition en cours au centre pour 2027.
02:41Alors pour bien comprendre, il faut d'abord rappeler les résultats du premier tour de la présidentielle 2022.
02:45Il y a trois candidats qui se détachent.
02:48Emmanuel Macron à 28%.
02:50Marine Le Pen, 23%.
02:52Et Jean-Luc Mélenchon, près de 22%.
02:56Tous les autres sont très loin derrière, sous la barre des 10%.
02:59Le quatrième, Éric Zemmour, est à 7%.
03:02Alison Tassin, il y a vraiment trois forces politiques qui se détachent ce soir-là.
03:07Oui, et il faut rappeler que cette élection présidentielle de 2022, finalement, elle est le fruit de celle de 2017.
03:13Autrement dit, en fait, c'est la poursuite de l'éclatement des partis historiques de droite, de gauche.
03:19Emmanuel Macron parvient encore, à ce moment-là, à concentrer ce qu'on appelle un bloc central, au milieu du
03:24RN et de LFI.
03:25Mais le contexte, c'est celui du déclenchement de la guerre en Ukraine, qui permet aussi à Emmanuel Macron, finalement,
03:31de se faire réélire.
03:31On appelle ça, à l'époque, l'effet drapeau.
03:33Justement, est-ce que les Français peuvent reproduire ça, en 2027, alors qu'Emmanuel Macron bat des records d'impopularité
03:40?
03:40Alors, de toute évidence, non, puisqu'aujourd'hui, la configuration politique n'est plus du tout la même.
03:45Emmanuel Macron n'a pas désigné d'héritier, ni de suite politique.
03:49Il n'y a donc pas de candidat naturel pour reprendre le flambeau d'Emmanuel Macron.
03:54Et même ses anciens premiers ministres cherchent à prendre leur distance face à un président qui rencontre moins de 25
03:59% de code de popularité.
04:01Alors, on en vient à ce duel des centristes.
04:03Édouard Philippe a 55 ans.
04:05Il a été le premier ministre d'Emmanuel Macron de 2017 à 2020.
04:09Quel est son bilan à Matignon ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
04:12Alors, il faut quand même rappeler qu'Édouard Philippe, à l'époque, lors de sa nomination, c'est un inconnu.
04:16Presque personne ne le connaît.
04:17Il est issu de l'UMP, c'est un jupéiste.
04:20Il n'a pas fait la campagne d'Emmanuel Macron.
04:22Et donc, les Français apprennent à le connaître.
04:24Alors, son bilan, en fait, il est l'artisan des premiers grands chantiers d'Emmanuel Macron.
04:29Certaines réformes de l'école, la réforme de la SNCF ou de l'apprentissage.
04:33Mais ce qu'on retient surtout, c'est l'un des moments les plus crispants de son passage à Matignon.
04:37C'est la mesure d'abaissement de la limitation à 80 km heure sur les routes secondaires.
04:43Et c'est là le creuset de la future crise des Gilets jaunes.
04:47Il achopera aussi sur la réforme des retraites, qui était un gros dossier pour Emmanuel Macron.
04:51Et puis, c'est aussi l'homme de la première crise du Covid,
04:55où il est crédité d'un certain sérieux et d'une forme d'honnêteté.
04:58Quand il quitte Matignon, donc, c'est à noter, il a une certaine bonne cote de popularité.
05:03Thomas Soulier, après ses trois années à Matignon, Édouard Philippe a été victime d'une maladie.
05:08Et on l'a vu se transformer physiquement. Rappelez-nous ça.
05:11L'alopécie, c'est le nom de cette maladie.
05:14C'est une perte des cheveux, des sourcils et de la barbe.
05:19Et là, il apparaît méconnaissable, Édouard Philippe.
05:22Les Français ne le reconnaissent pas.
05:24Mais depuis, les cheveux ont repoussé, la barbe aussi un petit peu.
05:29Il a eu même cette formule dans les colonnes du Parisien.
05:32Je suis revenu d'entre les chauves.
05:34Gabriel Attal a 37 ans.
05:36Il est député des Hauts-de-Seine, président du groupe macroniste à l'Assemblée.
05:39Il a été Premier ministre d'Emmanuel Macron de janvier à septembre 2024.
05:44Thomas, qu'est-ce que l'on retient de son passage à Matignon ?
05:47Son bilan est maigre parce qu'il est resté à peine quelques mois.
05:49Vous disiez jusqu'en septembre.
05:51Vous avez raison, mais c'est peut-être même jusqu'au mois de juin.
05:54Parce qu'au moment même où Emmanuel Macron décide de dissoudre l'Assemblée nationale,
05:58il n'a plus de pouvoir.
05:59Et durant trois mois, il reste à Matignon, mais sans ne pouvoir rien faire.
06:03Ce que l'on retient, c'est la crise agricole.
06:05En janvier 2024, Gabriel Attal arrive à Matignon.
06:09Il se retrouve confronté à une immense crise.
06:12Les agriculteurs sont sur les routes, font des barrages.
06:16Et lui, il prend le dossier en main.
06:18On se souvient notamment de l'image désormais mythique de Gabriel Attal
06:21qui fait une conférence de presse sous des bottes de foin
06:24et puis qui va sur l'autoroute rencontrer les agriculteurs.
06:27Il a lancé aussi d'autres chantiers, mais qui ont rapidement avorté.
06:31Quand vous discutez avec Gabriel Attal,
06:33il parle plus souvent de son bilan à l'éducation nationale
06:37que son bilan à Matignon est notamment le choc des savoirs,
06:41le redoublement qui est de retour,
06:43et surtout, surtout, l'interdiction de l'abaya dans les écoles.
06:48Ça, vraiment, il en fait un marqueur politique.
06:51Vous parliez de juin 2024.
06:53Le dimanche 9 juin 2024,
06:55après la défaite du camp macroniste aux élections européennes,
06:58Emmanuel Macron ne l'a pas prévenu qu'il allait dissoudre l'Assemblée.
07:02Et ça, Gabriel Attal l'a très mal pris.
07:04C'est à la fois une douche froide pour lui
07:06et une vraie rupture avec le président.
07:10Lui affirme qu'il ne l'a appris qu'une heure et demie avant l'annonce,
07:14en fin d'après-midi, ce fameux dimanche électoral d'Européenne.
07:18C'est une bascule dans sa carrière politique
07:20parce que lui, le plus jeune Premier ministre de la Ve République,
07:24il sait très bien qu'il va devoir, dans quelques semaines, quitter Matignon
07:28car il y aura de nouvelles élections législatives.
07:30Et quels que soient les résultats, il devra faire ses valises.
07:34C'est le début d'une crise politique qui va durer.
07:36A l'automne 2025, Sébastien Lecornu remplace François Bayrou
07:40au poste de Premier ministre le 9 septembre.
07:44La formation de son gouvernement prend de longues semaines,
07:4726 jours précisément.
07:49Finalement, la liste des ministres est dévoilée le dimanche 5 octobre.
07:53Mais elle ressemble beaucoup, cette liste, à celle du gouvernement Bayrou.
07:56Pas de vrai changement.
07:58Les oppositions crient au scandale.
08:00Le 6 octobre 2025, invité du 20h de TF1,
08:04Gabriel Attal dit qu'il ne comprend plus les décisions d'Emmanuel Macron.
08:09Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République.
08:14Il y a eu la dissolution et il y a depuis des décisions qui donnent le sentiment,
08:18une forme d'acharnement à vouloir garder la main.
08:20C'est la première fois que Gabriel Attal rompt publiquement avec Emmanuel Macron.
08:25C'est inattendu pour le grand public.
08:28Et donc, Gabriel Attal appelle à changer de méthode.
08:31Finalement, il s'émancipe.
08:32Thomas Soulier, de son côté, le lendemain,
08:35Édouard Philippe appelle Emmanuel Macron à la démission.
08:38Oui, c'est un coup de tonnerre sur RTL.
08:40Durant la matinale, il appelle à une élection présidentielle anticipée.
08:44Il doit aujourd'hui, face à cet affaissement de l'État,
08:48face à cette mise en cause terrible de l'autorité de l'État,
08:52prendre la décision qui est à la hauteur de sa fonction.
08:55Et pour moi, la décision à la hauteur de sa fonction,
08:57c'est de garantir la continuité des institutions en partant de façon ordonnée.
09:02Donc en partant de façon anticipée.
09:04Il ne parle jamais de démission d'Emmanuel Macron,
09:06mais c'est in fine la même chose.
09:09Il explique que le président est devenu la cause de la crise politique,
09:14« Le problème dans ce pays est la raison de l'immobilisme
09:18au sein du Palais Bourbon et donc de l'Assemblée nationale ».
09:21Après ses propos, sa cote de popularité dans l'électorat macroniste s'effondre.
09:28Les électeurs macronistes nous l'en veulent beaucoup
09:29d'avoir appelé à cette démission du président.
09:33Depuis, il a reconnu avoir été un petit peu brutal,
09:37pour le citer, durant cet interview sur RTL.
09:42Édouard Philippe est à ce moment-là déjà candidat à la présidentielle depuis longtemps.
09:46Il s'est lancé en septembre 2024 dans une interview accordée à l'hebdomadaire Le Point.
09:51Comment est-ce qu'il a justifié sa décision de se lancer dans cette élection à ce moment-là ?
09:55À ce moment-là, il veut décoller son image de macroniste.
09:58Il considère que s'il veut remporter la prochaine élection présidentielle,
10:02il doit enlever ce sparadrap, car être macroniste est devenu un vrai sparadrap
10:07pour tout homme politique.
10:09Et donc, comme beaucoup de ses prédécesseurs,
10:12comme Manuel Valls l'a fait avec François Hollande,
10:15ou encore Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac,
10:18Édouard Philippe se dit « Je vais refaire la même chose,
10:21susciter une rupture et m'enlever l'étiquette de macroniste
10:25pour qu'arrivé en 2027,
10:27les Français ne me considèrent plus comme l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron ».
10:31Gabriel Attal s'est déclaré beaucoup plus récemment,
10:34on va y revenir tout à l'heure,
10:35mais tout le monde savait depuis longtemps qu'il visait l'Élysée.
10:39Et Thomas Soulier, vous avez révélé dans Le Parisien
10:41que les deux hommes, Philippe, Attal,
10:43ont conclu une sorte de pacte de non-agression.
10:46C'était le 10 février 2025,
10:48lors d'un dîner à Paris,
10:50en marge de la campagne pour les municipales.
10:52Ils soutenaient tous les deux le même candidat à Paris,
10:55le centriste Pierre-Yves Bournazel.
10:57Rappelez-nous cet épisode.
10:58On a appelé ça le serment du cirque d'hiver.
11:00Nous sommes un mois avant l'élection du maire à Paris.
11:04Et là, juste après ce meeting au cirque d'hiver,
11:07où Pierre-Yves Bournazel avait réussi l'exploit
11:10de réunir ces deux hommes-là,
11:12les deux hommes partent en catimini,
11:13dans un petit restaurant du 11e arrondissement de Paris,
11:17juste à côté du cirque d'hiver.
11:19Et là, ils crèvent l'abcès.
11:20Pour la première fois,
11:21les deux hommes parlent de l'élection présidentielle.
11:25Ils prennent ce soir-là deux décisions.
11:27La première, c'est de ne jamais taper l'un sur l'autre
11:30durant la campagne.
11:32La deuxième, c'est que le moins bien placé
11:34dans les sondages en janvier ou février 2027,
11:38se désistera pour celui qui apparaît comme le favori.
11:40Edouard Philippe a été réélu maire du Havre le 22 mars.
11:43Cette réélection pour lui était nécessaire
11:45avant de continuer à viser la présidentielle.
11:48Son entourage annonçait, juste après cette élection,
11:51un grand meeting et le dévoilement d'un programme.
11:53Ça n'a pas été le cas. Pourquoi ?
11:55On assiste à un vrai flottement
11:57dans l'entourage d'Edouard Philippe.
11:59Deux jours après le second tour,
12:01on sent qu'au fil des réunions
12:03dans le clan philippiste,
12:05il y a deux thèses qui s'affrontent.
12:07Ceux qui lui disent
12:07« Edouard, vas-y à fond.
12:09Tu viens de gagner au Havre.
12:10Tu fais la campagne. »
12:12Et les autres qui lui disent
12:13« Ce n'est pas le moment.
12:15Les Français ne sont pas dans la campagne présidentielle. »
12:18Il opte pour la deuxième option.
12:20En disant « Entre les guerres, la crise du carburant,
12:23les Français ne pensent pas du tout
12:24à l'élection présidentielle. »
12:27Il reporte ce meeting
12:28qui aura finalement lieu le 5 juillet prochain.
12:31Alison Tassin, côté financier,
12:32quelles sont les ressources d'Edouard Philippe
12:34pour mener cette campagne ?
12:35Alors Edouard Philippe,
12:36il est à la tête d'un parti qui s'appelle Horizon,
12:38qui est un parti qui est tout jeune finalement
12:40au regard de notre histoire politique
12:42puisqu'il a été créé en 2021.
12:44Il doit donc se constituer
12:45une forme de caisse, de pécule.
12:47Et c'est pourquoi Edouard Philippe
12:50doit un petit peu s'activer.
12:52Il multiplie les petits déjeuners,
12:54les dîners, les levées de fonds.
12:56Il faut rappeler quand même
12:57qu'il a réussi à faire toute sa campagne
12:59pour les municipales au Havre
13:01sans contracter aucun prêt.
13:03Et on rappelle aussi
13:04qu'il a une trentaine d'élus
13:05à l'Assemblée nationale,
13:07ce qui lui permet aussi
13:08d'avoir un peu de subvention publique.
13:09De son côté, Gabriel Attal
13:11est le patron du parti présidentiel Renaissance.
13:13Il a beaucoup plus de moyens financiers et humains.
13:16Oui, parce que Gabriel Attal,
13:17il a récupéré le parti d'Emmanuel Macron
13:20fin 2024.
13:21Et donc, il est assis quasiment
13:23sur un trésor de guerre.
13:24Parce qu'en fait,
13:25il y a eu toutes ces années
13:26où il y a eu beaucoup de députés
13:28à l'Assemblée nationale.
13:29Ça a permis de récolter
13:30énormément de subventions publiques.
13:32Auparavant, Renaissance
13:33était propriétaire d'un siège
13:35qu'ils ont vendu.
13:36Donc là encore,
13:37ça permet de récupérer de l'argent.
13:39On parle de plusieurs dizaines
13:40de millions d'euros.
13:41Pour autant,
13:42ses proches assurent
13:43ne pas vouloir cramer la caisse
13:45entièrement pour cette campagne électorale.
13:47Et donc,
13:48ils ont dédié des personnes
13:49pour récolter des fonds
13:51lors de levées de fonds.
13:52Et ils organisent
13:54des repas,
13:55des cocktails
13:55avec notamment
13:56des chefs d'entreprise
13:57ou des acteurs
13:58de la société civile.
13:59En 2025,
14:01ne serait-ce qu'avec ce fonctionnement,
14:02ils ont réussi
14:02à récolter 2 millions d'euros.
14:04Cette année,
14:052026,
14:05le 23 avril,
14:06Gabriel Attal
14:07publie un livre
14:08sur sa vie.
14:09Ça s'appelle
14:09En homme libre.
14:10Gabriel Attal
14:11livre un récit intime.
14:13Il parle du pouvoir,
14:14de ses blessures,
14:15du harcèlement
14:16qu'il avait subi
14:17à l'école,
14:18de son homosexualité
14:19ou encore
14:20de l'addiction
14:20de son père au jeu.
14:22Thomas Soulier,
14:23vous,
14:23qu'est-ce qui vous a le plus marqué
14:24dans ce livre ?
14:25Il y a deux parties
14:26dans ce livre.
14:27Un aspect très politique,
14:28le récit de la dissolution,
14:30des scènes inédites
14:32que l'on ne connaissait pas
14:33avec Emmanuel Macron,
14:34les raisons en fait
14:35de la rupture.
14:36Et puis de l'autre côté,
14:37l'aspect personnel,
14:39le harcèlement scolaire
14:40qu'il a subi,
14:41son coming out,
14:42on le savait déjà,
14:43on n'apprend rien de nouveau.
14:44La seule chose
14:45qu'on apprend,
14:46c'est le fait
14:46que Stéphane Séjourné,
14:48aujourd'hui commissaire européen,
14:49ancien ministre
14:50des Affaires étrangères
14:51est le compagnon
14:52officier de Gabriel Attal.
14:55Alison Tassin,
14:56on a dit tout à l'heure
14:57que Gabriel Attal
14:58et Édouard Philippe
14:58ont conclu
14:59un pacte de non-agression,
15:00mais le 25 mai,
15:02vous racontez dans
15:03Le Parisien
15:03que leurs conseillers,
15:05eux, ne se privent pas
15:06de dire du mal
15:06du camp d'en face.
15:07Leurs entourages
15:08ne s'apprécient pas vraiment,
15:10voire se méprisent
15:11pour certains
15:12et donc il y a
15:13des petites phrases
15:14qui font mal.
15:15Gabriel Attal,
15:16dans le privé,
15:17a pu dire
15:17je suis meilleur
15:18que lui en campagne,
15:20ce qui a crispé
15:21du côté d'Édouard Philippe,
15:22mais quelle campagne,
15:23il est maire de quelle ville
15:24a-t-on raillé
15:26à ce moment-là ?
15:27Et puis il y a aussi
15:28du côté de Gabriel Attal,
15:30ses proches qui disent
15:31ça se voit
15:32qu'Édouard Philippe
15:33n'aime pas les gens.
15:35Donc sur le fond,
15:36la compétition,
15:37elle est bel et bien là,
15:38en coulisses,
15:39entre les proches.
15:40Le vendredi 22 mai,
15:42Gabriel Attal
15:43est dans le département
15:43de l'Aveyron
15:44pour son annonce
15:45de candidature
15:46dans la commune
15:47de Mur de Barèze,
15:48un village
15:49de 700 habitants.
15:51Alison,
15:51tout a été
15:52soigneusement préparé
15:53pour créer des images
15:54d'un Gabriel Attal
15:55au milieu d'une France
15:56provinciale
15:57qui parle à beaucoup de monde.
15:58Oui,
15:58une petite place de village,
15:59un grand drapeau français
16:01fixé derrière lui.
16:02C'est vraiment
16:03une carte postale
16:04qu'a voulu livrer
16:05l'ancien Premier ministre.
16:06Et pour ça,
16:07il a fait simple,
16:08il s'est inspiré
16:09directement de Jacques Chirac.
16:11Donc il est là,
16:11sur cette place de village.
16:13Les habitants
16:14ont été prévenus
16:15qu'un petit débat
16:16allait avoir lieu
16:17avec le maire
16:18quelques jours avant.
16:19Mais c'est le matin même,
16:20pour beaucoup,
16:20qu'ils ont appris
16:21que Gabriel Attal
16:22allait venir ici
16:23et faire sa déclaration
16:25de candidature.
16:26Le public est assez âgé,
16:29il y a quelques jeunes
16:29aussi qui sont venus.
16:30Et il y a donc
16:31un débat
16:32avec quelques questions
16:33sur des thématiques
16:34comme l'hôpital,
16:35comme l'école.
16:37Et puis,
16:37tout d'un coup,
16:38le maire du village
16:39se met à la fin
16:41à poser cette question
16:42à Gabriel Attal.
16:43Est-ce que vous êtes candidat ?
16:45Tu peux me le dire,
16:46tu peux nous le dire,
16:47cher Gabriel,
16:48est-tu candidat
16:50à l'élection présidentielle
16:52de 2027 ?
16:53C'est parce que
16:54j'aime profondément
16:55la France
16:55et que j'aime profondément
16:56les Français
16:56que oui,
16:57cher Pierre,
16:58j'ai décidé
16:58d'être candidat
16:59à la présidence
17:00de la République.
17:03Ce jour-là,
17:04Alison Tassin,
17:05Thomas Soulier,
17:05Gabriel Attal
17:06vous accordent
17:06une interview
17:07pour Le Parisien
17:08dans laquelle
17:09il parle de son programme.
17:10Il refuse de se dire
17:11de droite,
17:12de gauche
17:13ou social-démocrate.
17:14Il affirme
17:15vouloir mettre en place
17:16quatre grands chambres
17:17frontiers,
17:18écoles,
17:19salaires,
17:19frontières
17:20et IA,
17:21intelligence artificielle.
17:22Il se dit aussi ouvert
17:23à un débat
17:24sur la GPA,
17:25la gestation pour autrui,
17:27donc le recours
17:27à une mère porteuse
17:28pour avoir un enfant.
17:30Alison Tassin,
17:31pourquoi est-ce qu'il parle de ça
17:32alors que c'est un sujet
17:33qui divise beaucoup ?
17:34Gabriel Attal,
17:35il compte faire campagne
17:36sur des sujets
17:38progressistes
17:38de société.
17:39Il est identifié
17:40sur ces sujets-là.
17:42Alors,
17:42on le disait juste avant,
17:43il a assumé
17:44être en couple
17:45avec un autre homme politique,
17:47Stéphane Séjourné,
17:48il n'a aucun tabou
17:50sur son homosexualité
17:51et donc la question
17:52lui a été posée
17:52à titre personnel
17:53sur son désir d'enfant,
17:55question à laquelle
17:55il a répondu,
17:56c'est une question
17:57qui se posera peut-être
17:58un jour,
17:59mais pas aujourd'hui.
18:00Et donc,
18:01ce combat,
18:01il veut le porter
18:03politiquement,
18:03mais avec prudence,
18:04il est élu président
18:05de la République,
18:06il ne l'imposera pas,
18:08il laissera le débat
18:09se faire
18:09parce qu'on le sait,
18:10souvent,
18:11ces sujets
18:12sont plus l'affaire
18:13de conviction personnelle
18:14que de réelles idéologies politiques.
18:16Thomas Soulier,
18:16d'un mot,
18:17Gabriel Attal
18:17est plus à gauche
18:18qu'Édouard Philippe ?
18:19Oui,
18:19au vu de leur parcours politique,
18:21Gabriel Attal
18:22vient du Parti Socialiste,
18:24le PS,
18:24il avait été collaborateur
18:25de l'ancienne ministre
18:27Marisol Touraine
18:28et militant donc PS.
18:30Lui,
18:30Édouard Philippe,
18:31il le revendique.
18:32Je suis un homme de droite,
18:34il a participé
18:35à la création de l'UMP
18:37au début des années 2000.
18:39La GPA
18:40est une vraie divergence
18:41de fond
18:42entre les deux hommes.
18:44Interrogé là-dessus,
18:45Édouard Philippe
18:46a rappelé
18:47que lui,
18:48président,
18:49jamais,
18:49il ne ferait
18:50la légalisation
18:51de la GPA.
18:52À cette période,
18:53Gabriel Attal
18:54fait beaucoup parler de lui.
18:55Au passage,
18:55en privé,
18:56il semble revenir en partie
18:57sur le pacte conclu
18:59avec son concurrent.
19:00Gabriel Attal
19:01explique en off
19:02qu'il y aura
19:02un rassemblement
19:03en janvier
19:04ou février 27
19:05uniquement si,
19:07je cite,
19:07le risque de voir
19:08Jean-Luc Mélenchon
19:09au second tour
19:10est avéré.
19:11De son côté,
19:12Édouard Philippe
19:12a fait deux déplacements
19:13à l'étranger.
19:14Le premier en Belgique,
19:15le 21 mai
19:16où il a parlé
19:17de lutte contre
19:18le narcotrafic
19:19et quelques jours plus tard,
19:20le mardi 26 mai,
19:22il s'est rendu
19:22en Ukraine
19:23à Kiev
19:24où,
19:24Alison Tassin,
19:25il a rencontré
19:26le président
19:26Volodymyr Zelensky.
19:28Oui,
19:28c'est la troisième fois
19:29qu'Édouard Philippe
19:30va en Ukraine.
19:31Cette fois,
19:31c'est parce qu'il était invité
19:32à un sommet international
19:34annuel des villes
19:35et des régions
19:36à Kiev.
19:37Il raconte son trajet
19:38sur les réseaux sociaux
19:39et s'est affiché
19:40auprès de Volodymyr Zelensky,
19:42le président ukrainien,
19:43qui lui-même
19:44a publié une vidéo
19:45de cet entretien.
19:46C'est évidemment
19:47un marqueur fort
19:48pour les candidats
19:49à la présidentielle,
19:51marquant cette volonté
19:52d'Europe,
19:52ce soutien affiché
19:54et finalement aussi
19:55une forme de continuité
19:57dans le soutien
19:58de la France
19:58à l'Ukraine.
19:59On le voit d'ailleurs,
20:00il n'est pas le seul
20:01à avoir été là-bas.
20:02Gabriel Attal
20:03y est allé déjà
20:04quatre fois,
20:05il y est retourné
20:06en début d'année
20:06et Bruno Rotaillot,
20:08le candidat
20:09pour les Républicains,
20:10y est allé
20:11quelques jours
20:11avant Édouard Philippe.
20:12D'un mot,
20:13est-ce que dans l'équipe
20:14d'Édouard Philippe,
20:14il y a la volonté
20:15d'accélérer la campagne,
20:16de se montrer plus
20:18face à l'activisme
20:19de Gabriel Attal ?
20:19Il y a d'abord
20:20eu cette interview
20:21d'Édouard Philippe
20:22dans nos colonnes
20:23juste avant
20:23la déclaration
20:24de candidature
20:25de Gabriel Attal.
20:26Édouard Philippe
20:27a également fait
20:27une émission politique
20:28juste après
20:29et puis dans
20:30les matinales radio
20:31qui ont suivi,
20:32Gabriel Attal
20:33a pris la parole,
20:34Édouard Philippe
20:35est venu quasiment
20:36le lendemain
20:37ou le surlendemain
20:38pour faire cette interview.
20:39En fait, en sport,
20:40on appellerait ça
20:41tout simplement
20:41du marquage à la culotte
20:42parce qu'il y a
20:44cette volonté
20:45de la part d'Édouard Philippe
20:46de ne pas laisser
20:47s'envoler son concurrent
20:49ou en tout cas
20:49de le laisser surfer
20:51sur son actualité médiatique.
20:52Thomas Soulier,
20:53on les a souvent comparés
20:54au Lièvre et la Tortue,
20:55la fable de Jean
20:56de La Fontaine.
20:57Le Lièvre,
20:58c'est Gabriel Attal
20:59qui pense qu'il faut
21:00aller très vite
21:01pour imprimer
21:02dans l'esprit
21:03des Français.
21:03De l'autre,
21:04la Tortue,
21:05Édouard Philippe
21:06qui considère
21:07encore une fois
21:08que les Français
21:08ne sont pas du tout
21:10dans la campagne
21:11présidentielle.
21:12Dans la fable
21:13de Jean de La Fontaine,
21:14à la fin,
21:15c'est la Tortue
21:15qui gagne.
21:16Merci à vous
21:17d'être présents
21:19ici si nombreux,
21:21d'avoir bravé la chaleur.
21:22On en vient au début
21:23de cet épisode
21:24de Code Source.
21:25Le samedi 30 mai,
21:26Gabriel Attal
21:27est donc en meeting
21:28à Paris,
21:28porte de Versailles.
21:30Thomas Soulier,
21:30il est comment
21:31à la tribune
21:32et est-ce qu'il y a
21:33un ou deux moments marquants ?
21:34Oui,
21:34je dirais deux.
21:35D'abord,
21:35le fait qu'il n'utilise
21:38jamais le nom
21:38d'Emmanuel Macron
21:39dans son discours.
21:40Il remercie
21:41à un moment donné
21:42le président
21:43sans jamais
21:44employer le nom
21:44d'Emmanuel Macron.
21:46Il le remercie
21:46de l'avoir nommé
21:47aux différents ministères
21:49et à Matignon,
21:50mais on sent
21:50que la rupture
21:51s'effectue
21:52car il ne le nomme pas.
21:53Et puis,
21:53deuxième moment,
21:55c'est l'après-meeting.
21:56Le meeting se termine,
21:58porte de Versailles,
21:59et là,
21:59il se met au fond
22:00de la salle
22:00pour dédécasser son livre
22:02en homme libre.
22:03Il y a environ
22:04deux,
22:05trois heures
22:06d'attente
22:06pour arriver
22:07à Gabriel Attal
22:08pour avoir
22:09juste un petit mot
22:10et une petite photo.
22:11Les gens ne viennent
22:12pas pour Renaissance,
22:13ne viennent pas
22:14pour le bloc central,
22:15ils viennent pour
22:16Gabriel Attal.
22:20Le lundi 1er juin,
22:21le Parisien publie
22:22un sondage
22:23sur ce duel
22:23des centristes.
22:24Principal enseignement,
22:26si les deux candidats
22:27se maintiennent
22:27au premier tour,
22:28cela favorise
22:29un second tour
22:30RN-LFI.
22:31Si Gabriel Attal
22:32et Edouard Philippe
22:33y vont,
22:34il y a
22:35un second tour
22:36probable
22:36entre Jean-Luc
22:37Mélenchon
22:38qui se retrouve
22:39au coude à coude
22:40avec Edouard Philippe
22:40autour de 16-17%
22:42et le RN
22:43qui lui
22:44est très très haut
22:44autour de 35%.
22:46En revanche,
22:47si les deux hommes
22:48se mettent d'accord,
22:49s'il n'y a
22:49qu'un seul candidat
22:51entre les deux,
22:52Jean-Luc Mélenchon
22:52ne pourrait pas,
22:53selon ce sondage,
22:55accéder au second tour.
22:57En coulisses,
22:58c'est un vrai argument
22:58pour ce qu'on appelle
22:59les unionistes,
23:01ceux qui veulent
23:01l'union du bloc central
23:03en disant
23:04regardez Gabriel Attal,
23:05regardez Edouard Philippe,
23:07s'il n'y a pas
23:07de rassemblement,
23:08c'est foutu,
23:09on s'efface
23:10au profit
23:11des deux extrêmes.
23:21Merci Thomas Soulier,
23:23Alison Tassin.
23:23Cet épisode de Code Source
23:25a été produit par
23:26Clara Garnier-Amourou
23:27et Thibaut Lambert,
23:28réalisation Julien Moncouquiole.
23:30Code Source
23:31est le podcast quotidien
23:32d'actualité du Parisien.
23:34N'hésitez pas à vous abonner
23:35pour ne rater aucun épisode.
23:37Vous pouvez nous écrire
23:38codesource
23:39at leparisien.fr
23:41et puis n'oubliez pas
23:42notre podcast hebdomadaire
23:43sur les affaires criminelles.
23:45Chaque samedi,
23:46Crime Story
23:46présenté par Claudia Prolongeau
23:48et Damien Delsenis.
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