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A une semaine du premier tour des législatives anticipées, l’incertitude plane sur le futur rapport de force politique à l’Assemblée nationale. Code source fait le point sur les différents scénarios.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Garnier Amouroux, Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.
#législatives #election #assembleenationale
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Garnier Amouroux, Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La France plongeait dans l'incertitude avant les élections législatives anticipées du 30 juin et 7 juillet.
00:17Le Rassemblement National de Jordan Bardella semble en mesure de remporter une majorité relative à l'Assemblée Nationale.
00:24A l'approche du premier tour, Codesource fait le point sur ce scrutin.
00:28Quelles sont les dynamiques ? Que disent les enquêtes d'opinion ?
00:31Quels sont les différents scénarios possibles au soir du second tour, le 7 juillet ?
00:35A quoi va ressembler la future Assemblée ?
00:37On évoque toutes ces questions avec Marion Mourgue, chef adjointe du service politique du Parisien,
00:42et notre invité, le politologue Bruno Cotteresse, enseignant à Sciences Po,
00:47chercheur au Cevipof, le centre de recherche politique de Sciences Po.
00:59Avant d'en venir aux scénarios possibles de ces législatives,
01:03comme toujours dans Codesource, on commence par quelques rappels.
01:06Marion Mourgue, ça fait des décennies que le Front National devenu RN progresse dans l'opinion.
01:10Première percée aux Européennes de 1984, il y a 40 ans, 11% des suffrages,
01:1610 sièges de députés européens.
01:18En 1986, le parti de Jean-Marie Le Pen fait son entrée à l'Assemblée Nationale en France.
01:24En 1986, François Mitterrand, qui est alors président de la République, change le scrutin.
01:29On passe à la proportionnelle et donc c'est l'arrivée du Front National dans l'hémicycle,
01:33avec 35 députés qui vont siéger dans l'hémicycle,
01:37qui vont proposer 63 propositions de loi,
01:40notamment le texte sur l'abolition de la peine de mort ou la préférence nationale.
01:45Et pendant deux ans, ces députés du Front National vont siéger dans l'hémicycle
01:49jusqu'à ce qu'en 1988, il y ait un autre changement de scrutin.
01:53Le fait majoritaire revient et donc là, le Front National disparaît.
01:57Et c'est pour ça que pendant des années, le parti de Jean-Marie Le Pen puis de Marine Le
02:00Pen
02:01ont milité pour la proportionnelle en se disant que ça leur a été beaucoup plus favorable.
02:05On voit qu'aujourd'hui, les temps ont changé, puisqu'avec même le scrutin majoritaire,
02:08le Rassemblement National est très présent dans la vie politique.
02:11Il y a eu le 21 avril 2002, la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la
02:15présidentielle
02:16face à Jacques Chirac.
02:17Il sera imité par sa fille Marine Le Pen une première fois en 2017, puis en 2022.
02:23Cette année, aux Européennes, le 9 juin, la liste RN de Jordan Bardella
02:27réunit 31,4% des suffrages.
02:29Mais en 2022, Marine Le Pen avait fait un plus gros score
02:33avec 41,5% des suffrages au second tour de la présidentielle.
02:3789 députés RN élus dans la foulée.
02:39Bruno Cotteres, pourquoi à l'occasion de ces Européennes, on parle d'une nouvelle percée du RN ?
02:45Alors d'abord, parce que le Rassemblement National a enchaîné effectivement deux très bons résultats.
02:52Qualification de Marine Le Pen au deuxième tour en 2022 avec un très bon score.
02:56Victoire assez écrasante aux élections européennes.
02:59Donc on voit qu'il y a une sorte d'effet de cliquet que le RN, on disait qu'il
03:04allait rencontrer
03:05un plafond de verre, que jamais il pourrait aller au-delà d'un certain seuil de vote.
03:10Et puis on a vu au cours des dernières années que d'élection en élection,
03:14eh bien il repoussait ce plafond de verre.
03:16Et le voilà aujourd'hui peut-être aux portes de l'hôtel de Matignon
03:19pour avoir la fonction de chef de gouvernement
03:22et de pouvoir composer éventuellement un gouvernement.
03:28À l'occasion de ces élections européennes,
03:30le RN a progressé dans certaines régions
03:32ou certaines couches de la population.
03:34Expliquez-nous ça.
03:35Le Nord-Est de la France, le Sud-Est de la France,
03:37un certain nombre de catégories sociales,
03:39les catégories, on va dire, populaires,
03:41les ouvriers, les employés,
03:43ça a toujours été des bastions sociologiques et territoriaux
03:45du RN, mais on voit depuis un certain nombre d'années
03:49et notamment les dernières élections présidentielles
03:51que le vote s'est diffusé à la fois au plan territorial,
03:54quand on regarde la carte du premier tour de 2022,
03:58quand on regarde la carte du 9 juin 2024,
04:00on voit qu'il y a effectivement un étalement des votes
04:04pour le RN maintenant dans de très nombreux départements.
04:07Et puis surtout, progression dans des nouvelles catégories,
04:09les classes moyennes,
04:11ça peut être des classes moyennes qui se portent relativement bien,
04:13même certaines franges des catégories,
04:15catégories supérieures.
04:16Si on progresse beaucoup en voie habituellement,
04:19c'est qu'on arrive à gagner des parts de marché,
04:21entre guillemets,
04:22dans certains territoires
04:23ou dans certaines catégories sociales.
04:27Bruno Cotteres, expliquez-nous
04:29comment se déroulent les élections législatives.
04:31C'est un scrutin à deux tours,
04:32en l'occurrence les dimanches 30 juin et 7 juillet.
04:35C'est un scrutin majoritaire, ça veut dire quoi ?
04:38Majoritaire, ça veut dire qu'au fond,
04:39pour avoir le siège de députés,
04:40il faut avoir la majorité des votes.
04:42On peut être lu au premier tour.
04:43Si un candidat remporte plus de 50% des voix,
04:47à condition qu'il fasse au moins 25% des électeurs inscrits,
04:51si ce n'est pas le cas,
04:52on organise un deuxième tour.
04:54Au deuxième tour,
04:55sont qualifiés automatiquement
04:57les deux premiers du premier tour,
05:00avec à nouveau une condition,
05:01il faut qu'ils aient fait au moins 25% des électeurs inscrits,
05:05et peuvent éventuellement se qualifier
05:07pour le second tour,
05:09un troisième,
05:10voire un quatrième candidat,
05:11s'ils ont obtenu au moins 12,5% des inscrits.
05:16Et 12,5% des inscrits,
05:17ça n'est pas 12,5% des voix ?
05:19Expliquez-nous ça.
05:20Ça veut dire quoi quand on parle en pourcentage des inscrits ?
05:23En France, il y a une liste électorale nationale
05:26qui comporte tous les électeurs,
05:29toutes les électrices.
05:30Elle est composée de 49 millions, en gros,
05:33d'électeurs de plus de 18 ans
05:35qui ne sont pas privés de leurs droits civiques,
05:38et notamment du droit de vote.
05:40Et donc, cette liste électorale,
05:42c'est ce qu'on appelle les inscrits.
05:44Pour pouvoir se qualifier au deuxième tour,
05:46il faut pouvoir faire 12,5% des inscrits
05:49dans sa circonscription législative.
05:52Et alors là où c'est un enjeu très important,
05:55c'est qu'évidemment, plus il y a de gens qui s'abstiennent,
05:58plus la qualification pour le deuxième tour
06:00nécessite qu'on ait fait beaucoup de voix.
06:02Par exemple, s'il y avait 50% d'abstention,
06:04ne pourrait se qualifier pour le second tour
06:07en troisième position
06:08que ceux qui auraient obtenu au moins 25% des suffrages.
06:12Et donc, à ce moment-là, c'est vrai que la variable de l'abstention
06:15va beaucoup, beaucoup jouer dans ces élections législatives.
06:24Marion Mourgue, au moment où on enregistre ce podcast,
06:26il y a déjà eu un million de procurations déposées.
06:29Est-ce que ça veut dire qu'on s'attend à une bonne participation
06:32à ces législatives anticipées ?
06:33C'est ce qu'on peut attendre.
06:35En tout cas, ce million de procurations,
06:38c'est déjà un fait majeur.
06:40C'est une campagne très courte
06:41qui tombe pendant les vacances scolaires
06:43et les vacances d'été.
06:44Donc, c'est aussi ça qui explique les procurations.
06:47C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens
06:47qui se disent qu'ils ne seront pas chez eux pour voter.
06:50Et c'est aussi la situation politique
06:52qui pousse les gens à s'inscrire
06:54puisqu'ils veulent participer à cette élection.
06:56Bruno Cotteres, pour ce scrutin,
06:57on annonce une participation de plus de 62%,
07:0015 points de plus qu'en 2022.
07:02Ça peut jouer en faveur de quel parti ?
07:04Le fait qu'il y ait plus de participation
07:06qu'aux précédentes législatives.
07:08S'il y a un rebond de participation,
07:10il va être distribué dans les différents électorats
07:12parce que l'électorat du Rassemblement national,
07:15par exemple, est très mobilisé.
07:17On constate dans l'électorat du Rassemblement national
07:19à la fois un très grand intérêt pour la campagne,
07:22une certitude de son choix très importante,
07:25mais aussi à gauche.
07:26La gauche qui n'exerce plus, au fond,
07:28le pouvoir depuis 2017,
07:31eh bien la gauche aussi,
07:32elle est pas mal mobilisée.
07:34La majorité, elle essaye tout simplement
07:35de sauver le deuxième mandat d'Emmanuel Macron.
07:38Donc moi, je m'attends à ce que ce rebond de participation,
07:40il se répartisse à peu près également
07:43dans les différentes grandes familles politiques.
07:45Marion Mourgue, depuis le 10 juin,
07:47il y a eu plusieurs sondages.
07:48En résumé, sans rentrer dans les détails,
07:50que disent ces sondages ?
07:51Il y a une tendance à un vote Rassemblement national
07:55supérieur à ce que l'on a connu aux européennes,
07:57a priori de quelques points.
07:59Donc, encore une fois, ce ne sont que des sondages
08:01et il faudra attendre le 30 juin et le 7 juillet.
08:05Mais à ce stade, le Rassemblement national
08:06est donné, gagnant des prochaines élections législatives.
08:10Marion Mourgue, c'est très compliqué, j'imagine,
08:12d'avoir des projections en termes de nombre de sièges ?
08:15Oui, encore plus qu'aux précédentes élections
08:18puisque c'est une campagne qui est très courte.
08:21Finalement, les candidats n'auront que 15 jours
08:23pour faire campagne.
08:24C'est une élection qui n'était pas prévue,
08:27donc il y a un effet surprise.
08:28Et puis, il y a un sentiment pour beaucoup de Français
08:30de vertige, c'est-à-dire qu'on ne sait pas exactement
08:33ce qui va se passer après le 7 juillet.
08:35Et donc, cet effet de sidération lié à la dissolution
08:38donne aussi une grande difficulté à y voir clair
08:41dans la vie politique pour les prochains jours.
08:43Bruno Cotteres, on enregistre ce podcast
08:45le lundi 24 juin.
08:47Le dimanche 23, le dernier sondage Ipsos
08:50pour Radio France et Le Parisien
08:51a donné le RN de Jordan Bardella à plus de 35%.
08:55Le bloc de gauche est derrière
08:57avec près de 30% d'attention de vote.
09:00La majorité présidentielle est donnée 3e
09:02avec 19,5% des intentions de vote.
09:06Concrètement, on s'attend à de nombreux duels
09:08entre le RN et l'Alliance de gauche,
09:10le Front populaire ?
09:11Oui, il y aura évidemment pas mal de duels
09:13entre le RN et la nouvelle coalition de la gauche.
09:17Éventuellement, ça préfigure peut-être
09:18ce que pourrait être l'Assemblée nationale
09:20à la sortie de ses élections législatives
09:23avec effectivement peut-être deux blocs
09:26qui vont être importants,
09:27le RN et la gauche.
09:30Et puis la majorité d'aujourd'hui
09:31qui, elle, devrait être normalement,
09:33si les sondages sont confirmés,
09:34en 3e position.
09:35Mais nettement derrière, on voit et en siège.
09:38Des duels entre le RN et l'Alliance de gauche,
09:41donc le Front populaire qui va de LFI,
09:44la France insoumise, au Parti socialiste,
09:46ça, est-ce qu'on sait déjà ce que ça peut donner,
09:48ces duels ?
09:48Tout dépendra d'abord du résultat du premier tour.
09:52On sait qu'en règle générale,
09:54celui qui est en tête du premier tour,
09:56voire nettement en tête du premier tour,
09:57il a clairement un avantage.
10:00Deuxièmement, ça va dépendre aussi
10:01de ce qu'on appelle les désistements.
10:03C'est lorsqu'un candidat qui pourrait se maintenir
10:05au deuxième tour, il dit « Ben non, finalement,
10:07je n'y vais pas parce que je ne veux pas
10:09jouer le jeu de la division
10:10et c'est trop important pour moi
10:12de faire battre, par exemple,
10:13le candidat du RN. »
10:15Et donc, il faut être très prudent
10:16sur ce qu'on peut anticiper
10:17de qui va gagner ces duels
10:20entre le RN et la gauche,
10:22même si toutes les données d'opinion
10:24nous montrent que le RN
10:25est clairement en dynamique.
10:30Trois instituts de sondage ont publié
10:32ces derniers jours des projections
10:33en termes de siège de députés.
10:34Il donne de 200 à 250 sièges
10:37de députés pour le RN.
10:39Le Front populaire, lui,
10:40serait aux alentours de 200 sièges.
10:43Les macronistes, de leur côté,
10:44décrocheraient entre 80 et 120 sièges
10:46de députés.
10:47Les Républicains sont donnés
10:49par ces enquêtes d'opinion
10:50aux alentours de 40 à 70 députés.
10:53Mais vous, Bruno Cotteresse,
10:55vous restez très prudent
10:57face à ces projections en siège.
10:58Oui, au plan méthodologique,
11:00il faut être prudent.
11:01Autant les enquêtes d'opinion
11:03sur les pourcentages en voie
11:05sont assez stables,
11:07on le voit très bien.
11:08Et un peu comme aux européennes,
11:10où on avait vu que depuis des semaines,
11:11la victoire du RN
11:12était très clairement annoncée
11:14par les sondages.
11:15Là, on peut s'en prendre trop de risques,
11:17dire que la victoire en voie
11:18du RN,
11:19au vu de toutes les enquêtes d'opinion,
11:21semble au Sénat très probable.
11:23Par contre, en siège,
11:24c'est autre chose,
11:25parce qu'il y a la règle
11:27des 12,5% des inscrits
11:29pour se qualifier au deuxième tour.
11:31Il peut y avoir des candidats
11:32qui vont se désister.
11:34Donc il faut être très prudent.
11:36Mais toutes les projections
11:37qui sont faites
11:38nous indiquent
11:39qu'au minimum,
11:41on devrait avoir
11:41un RN très haut,
11:44avec plus de 200 députés,
11:46peut-être même s'approchant
11:48de la majorité absolue.
11:50Et le scénario
11:51d'une majorité absolue
11:52pour le RN,
11:54si aujourd'hui,
11:54il apparaît le moins probable
11:56parmi tous les scénarios
11:57qui donnent une victoire
11:58au RN,
11:59on ne peut pas l'éliminer.
12:03Le RN était déjà très fort
12:05il y a deux ans, en 2022,
12:06plus de 41% pour Marine Le Pen,
12:0813 millions de votes
12:09pour Marine Le Pen.
12:10Pourquoi est-ce qu'on passerait
12:11de 89 députés
12:12du RN à plus de 200 ?
12:14Pourquoi il y aurait
12:15un tel écart ?
12:15Un effet de dynamique,
12:17d'abord,
12:17au scrutin majoritaire,
12:19quand on déplace
12:202 points,
12:213 points,
12:214 points
12:22de pourcentage
12:22dans l'électorat,
12:24ça a des effets mécaniques
12:25très importants
12:26sur le nombre de sièges.
12:28Dans la mesure
12:29où Emmanuel Macron
12:30n'est pas arrivé
12:30à véritablement convaincre
12:32sur la motivation
12:33de cette dissolution,
12:35vous savez,
12:35la dissolution,
12:36c'est quand même pas rien.
12:37Il faut quand même rappeler
12:37que dissoudre
12:38l'Assemblée nationale,
12:39c'est constitutionnel,
12:41il a le droit de le faire,
12:42mais c'est quand même
12:43le pouvoir exécutif
12:44qui dit
12:44je vais défaire
12:46ce que le suffrage
12:47universitaire a fait
12:48pour choisir
12:48le législateur
12:50il y a deux ans.
12:51Donc c'est un acte grave
12:52de dissoudre
12:53le Parlement.
12:54Le chef de l'État,
12:55lorsqu'il a annoncé
12:56le 9 juin
12:57au soir
12:58la dissolution,
12:59il a dit
12:59je dissous
13:00parce que
13:01le Parlement
13:02n'arrive pas à fonctionner,
13:03il y a une mauvaise ambiance
13:04au Parlement,
13:05mais beaucoup ne comprennent pas
13:07que ça justifie,
13:08d'autant que le chef de l'État
13:09avait dit que finalement
13:09sa majorité relative,
13:10ça arrivait à fonctionner.
13:11Donc voilà,
13:12le chef de l'État
13:13n'est pas arrivé
13:13à convaincre,
13:15il semble fragilisé
13:16évidemment par cette décision
13:17qui apparaît
13:18auprès de nombreux électeurs
13:19et électrices
13:20comme pas optimale
13:22et donc
13:22il y a beaucoup
13:24dans le pays
13:24l'idée aussi de dire
13:25le Rassemblement National
13:26on n'a pas encore essayé.
13:29Pour l'instant
13:30quand on regarde
13:31les projections
13:31en siège
13:32effectuées par les
13:33instituts de sondage,
13:34on voit que le scénario
13:35d'un RN
13:36disposant d'une majorité
13:37absolue au Parlement
13:39ne semble pas
13:40le plus probable,
13:41loin de là.
13:42Marion Mourgue,
13:43cette éventualité,
13:44qu'est-ce qu'on en dit
13:44aujourd'hui
13:45dans le milieu politique ?
13:46On dit que tout est possible.
13:48Après la dissolution,
13:50les politiques
13:51sont assez sidérées
13:52et nous disent
13:53finalement tout ce
13:53qu'on avait établi
13:54ces dernières semaines,
13:56tout est battu en brèche
13:57avec cette dissolution
13:58et on ne sait pas
13:58ce qui va arriver.
13:59Donc il est très difficile
14:01de faire des pronostics.
14:03Le RN a gagné
14:05les Européennes.
14:05Il est donc
14:06à priori
14:07probable
14:08que le RN
14:10quelques semaines
14:11après le précédent scrutin
14:12soit dans la même dynamique.
14:14De là à savoir
14:15si le RN
14:17gagne la majorité absolue,
14:19c'est difficile à savoir.
14:21Peut-être que le RN
14:23aura
14:23quelques 280 sièges.
14:25Ce serait donc
14:25un fait historique,
14:27un fait politique.
14:28Ce serait du jamais vu.
14:29Peut-être que le RN
14:31arrivera en tête
14:32mais sans obtenir
14:33la majorité absolue
14:34et ensuite sera obligé
14:35par exemple
14:36de gouverner
14:37avec le parti d'Éric Ciotti
14:39ou peut-être
14:40que le RN
14:42sera en tête
14:43mais avec un nombre
14:45de sièges
14:45qui serait bien moins
14:47important
14:48que celui
14:48qui lui est donné
14:49actuellement
14:50dans les sondages.
14:55Marion Mourgue,
14:56Jordan Bardella
14:56a dit au Parisien
14:57le 17 juin
14:58qu'il lui faudrait
14:58une majorité absolue
15:00pour accepter
15:01de devenir Premier ministre.
15:02Alors dans cette interview
15:03au Parisien,
15:04il est très clair.
15:04Il nous dit
15:05pour gouverner
15:05j'ai besoin
15:06d'une majorité absolue.
15:07Qui peut croire
15:08qu'on pourra changer
15:09le quotidien des Français
15:10en cohabitation
15:11avec une majorité relative ?
15:13Il dit personne
15:14et il ajoute
15:15pour nous essayer
15:16il nous faut
15:16la majorité absolue.
15:18Donc on voit bien
15:18qu'il prépare le terrain
15:20à l'après 7 juillet.
15:22A la fois
15:23c'est la volonté
15:23de mobiliser son camp
15:25pour être sûr
15:25qu'il n'y ait pas
15:26une démobilisation
15:27de l'électorat
15:28du Rassemblement national
15:29ce qu'on a pu connaître
15:30dans d'autres élections.
15:31Et puis c'est aussi
15:33la volonté de dire
15:34à Emmanuel Macron
15:35s'il y a
15:37piège politique
15:39on n'ira pas dedans.
15:39C'est-à-dire que
15:40le Rassemblement national
15:42fait la campagne
15:43aux européennes
15:44et aux législatives
15:44sur le changement de vie
15:45des Français
15:46et donc déclare
15:48que pour ce changement de vie
15:49il faut une majorité absolue,
15:51il faut pouvoir
15:51avoir l'Assemblée nationale
15:53qui soit alignée
15:55sur le gouvernement.
15:56On peut s'attendre
15:57raisonnablement
15:58à ce que si
15:59le Rassemblement national
16:00s'approche
16:01des 289
16:02s'il a 260
16:03270
16:05je ne serais pas étonné
16:06que moi
16:06le président du mouvement
16:08Jordan Bardella
16:09reconsidère un peu
16:09sa position
16:10en disant
16:10bon on est quand même
16:12tellement fort
16:13et tellement haut
16:14on va arriver à convaincre
16:15quelques députés
16:16d'autres groupes politiques
16:17de nous rejoindre.
16:19Évidemment
16:19ça ne sera pas du tout
16:20la même situation
16:21si le Rassemblement national
16:22gagne
16:22avec une majorité relative
16:24mais très loin
16:26des 289
16:27par exemple
16:28220
16:28230
16:31Marion Mourgue
16:32est-ce que le parti
16:33du président
16:34Renaissance
16:34peut se renforcer
16:36ou bien est-ce que
16:36la défaite est inévitable
16:38pour la majorité présidentielle ?
16:39Aujourd'hui
16:40la défaite
16:41paraît plus que probable
16:42pour la majorité présidentielle
16:44déjà parce que
16:45les parlementaires
16:47en veulent beaucoup
16:48à Emmanuel Macron
16:49et le disent
16:50de plus en plus
16:51ouvertement
16:51les critiques
16:52sont très fortes
16:53il y a l'idée
16:54qu'Emmanuel Macron
16:55a fait perdre son camp
16:56et puis on voit aussi
16:57les ténors
16:58de la majorité présidentielle
16:59prendre leur distance
17:01je pense à Edouard Philippe
17:02qui a été très clair
17:03il était en déplacement
17:05à Paris
17:05pour soutenir
17:06un candidat aux législatives
17:07et il a accusé
17:08Emmanuel Macron
17:08d'avoir tué
17:09la majorité présidentielle
17:11les mots sont forts
17:12Gabriel Attal
17:13clairement a pris ses distances
17:14il veut faire campagne
17:15sans le président
17:17à ses côtés
17:19Gérald Darmanin
17:19dit aussi
17:20qu'il ne veut plus
17:21être ministre
17:22François Bayrou
17:23appelle à la
17:24démacronisation
17:25de la campagne
17:26donc tout ça
17:27rend compliqué
17:28l'après
17:28en tout cas
17:29on n'est pas
17:29dans la dynamique
17:30de 2017
17:31et de la première
17:32élection présidentielle
17:37Si on se résume
17:38aujourd'hui
17:39le scénario
17:39le plus probable
17:40au soir du 7 juillet
17:41c'est que personne
17:42ne dispose
17:43d'une majorité absolue
17:44c'est ça ?
17:45C'est un des scénarios
17:46possibles
17:46c'est pas le seul
17:47il ne faut pas exclure
17:48le scénario
17:48d'une majorité absolue
17:50en revanche
17:51s'il n'y a pas
17:51de majorité absolue
17:52mais que le camp
17:54présidentiel
17:55est nettement perdant
17:56c'est à dire
17:56il est troisième
17:57avec un gros écart
17:59en voix
17:59un gros écart
18:00en siège
18:01par rapport
18:01aux deux autres
18:02ça va considérablement
18:03réduire les marges
18:04de manœuvre
18:05du chef de l'État
18:06pour faire face
18:06à cette situation
18:07S'il n'y a pas
18:08de réelle force
18:09qui se dégage
18:09à l'Assemblée
18:10que les forces
18:11sont plutôt équilibrées
18:12on parle dans ces cas-là
18:13de la possibilité
18:14de nommer
18:15un gouvernement technique
18:16un gouvernement
18:17pour gérer
18:18les affaires courantes
18:18Marion Mourgue
18:20ça veut dire quoi ?
18:21C'est un gouvernement
18:21qui permet en fait
18:23la continuité
18:24des services publics
18:25qui permet aux Français
18:26de pouvoir vivre
18:28quotidiennement
18:29sans qu'il n'y ait
18:29de crise
18:30mais ça veut dire
18:30qu'il n'y a pas
18:32de décision politique
18:33il n'y a pas
18:33de grande réforme
18:34qui est engagée
18:36il n'y a pas
18:36de changement
18:36de la constitution
18:37qui soit proposée
18:38c'est vraiment
18:39une sorte de gouvernement
18:40je dirais
18:41passe-plat
18:42ça n'a rien de péjoratif
18:43mais c'est
18:45juste assurer
18:46le quotidien
18:46Ça c'est une hypothèse
18:47qui est envisagée
18:48actuellement
18:48par l'exécutif ?
18:49C'est en tout cas
18:50un scénario
18:51qui n'est pas à exclure
18:52puisque si on est
18:53dans la logique
18:54des trois blocs
18:54et qu'on est dans
18:55une assemblée
18:56sans majorité absolue
18:58donc une assemblée
18:59qui peut être bloquée
19:00il est possible
19:01qu'à un moment
19:02on arrive
19:03à un gouvernement technique
19:04avec une figure
19:05qui serait acceptée
19:07par tous les groupes politiques
19:08et qui permettrait
19:09quand même
19:10au pays
19:10d'arriver à survivre
19:12à cette période
19:12chaotique
19:13sur le plan politique
19:14Marion Mourgue
19:15est-ce qu'Emmanuel Macron
19:16peut dissoudre
19:16à nouveau l'assemblée
19:17si le résultat
19:18des élections
19:19ne donne pas
19:20de majorité claire
19:21à l'indécant ?
19:21Non, ça c'est impossible
19:24pour le chef de l'état
19:25c'est marqué
19:26dans la constitution
19:26il doit attendre
19:2712 mois
19:27pour une prochaine
19:29dissolution
19:29ça veut dire que
19:30jusqu'à juillet 2025
19:33Emmanuel Macron
19:34va devoir faire
19:35avec l'assemblée
19:36qui sera élue
19:36le 7 juillet
19:38même si elle est bloquée
19:39même s'il n'y a pas
19:40de majorité
19:40et même si on a
19:42trois blocs
19:42qui n'arrivent pas
19:43à se parler
19:43Si la défaite
19:44est trop forte
19:45pour le camp
19:46d'Emmanuel Macron
19:47est-ce qu'il peut
19:47démissionner
19:48de son poste de président
19:49malgré ce qu'il a dit
19:50il affirme aujourd'hui
19:51qu'il ne va pas démissionner
19:52mais est-ce que ça reste possible ?
19:54Au fond
19:54on aurait un exécutif
19:56qui viendrait de perdre
19:57en quelques semaines seulement
19:59deux élections
20:00très importantes
20:00la première sur l'Europe
20:02c'est-à-dire le thème
20:03sur lequel Emmanuel Macron
20:04joue à domicile
20:05son thème à lui
20:06la question de l'Europe
20:07deuxième défaite
20:08quelques semaines après
20:09sur la deuxième
20:10plus importante
20:11élection de notre pays
20:12les élections législatives
20:14pour choisir le Parlement
20:15le législateur
20:16on se pose tous
20:17la même question
20:17est-ce qu'Emmanuel Macron
20:19en lui
20:20le ressort
20:21à la fois politique
20:22peut-être personnel aussi
20:23pour gérer cette situation
20:24on sait qu'Emmanuel Macron
20:25a une conception
20:26très verticale
20:27de son pouvoir présidentiel
20:30est-ce qu'il arriverait
20:30à cohabiter
20:31avec en particulier
20:33un gouvernement
20:33rassemblement national
20:34on voit que c'est
20:36potentiellement
20:36assez problématique
20:37si le pays
20:38est bloqué
20:39et que le président
20:40Emmanuel Macron
20:41fait le choix
20:42de démissionner
20:42qu'est-ce qu'il se passe
20:43concrètement ?
20:44Les institutions
20:45ont prévu
20:45des mécanismes
20:46si le chef de l'État
20:48démissionne
20:48son mandat
20:50s'arrête instantanément
20:51à la seconde même
20:52où il a annoncé
20:53qu'il démissionnait
20:54à ce moment-là
20:55on a directement
20:56le président du Sénat
20:58qui devient
20:58président de la République
20:59par intérim
21:00et dans un délai
21:01de 35 jours
21:02on organise
21:03une nouvelle élection
21:04présidentielle
21:05pour choisir démocratiquement
21:06un nouveau chef d'État
21:09Bruno Cotteres
21:10on entend souvent
21:11des journalistes
21:12des commentateurs
21:13dire que le RN
21:14va forcément finir
21:15par arriver un jour
21:16au pouvoir en France
21:17vous est-ce que vous
21:18partagez cet avis ou pas ?
21:19Oui on peut
21:20raisonnablement dire
21:21qu'effectivement
21:22étape après étape
21:24marche après marche
21:25on voit que le Rassemblement
21:26national
21:26n'a cessé de progresser
21:28on peut avoir
21:28des débats méthodologiques
21:29sur progrès en pourcentage
21:31progrès en nombre de voix
21:33mais globalement on voit
21:34qu'effectivement
21:35l'image du Rassemblement
21:37national s'est aussi
21:38transformée
21:38c'est un parti
21:39qui aujourd'hui
21:40est toujours considéré
21:41comme un parti
21:42ayant des idées
21:43qui peuvent cliver
21:44qui peuvent introduire
21:45au fond des tensions
21:46dans le pays
21:46mais moins qu'avant
21:47donc on pourrait même dire
21:49qu'après tout
21:50c'est une des fonctions
21:51d'un système démocratique
21:52c'est d'intégrer
21:53progressivement dans son jeu
21:54des forces politiques
21:56qui lui étaient périphériques
21:57ou qui lui étaient exogènes
21:58et que c'est en même temps
22:00la vertu d'un système
22:02démocratique
22:03à condition que les élections
22:05soient fair play
22:06on est dans un système
22:07démocratique
22:08qui organise une compétition
22:09fair play
22:10chacun peut tenter sa chance
22:11aux élections
22:12et donc c'est un peu
22:13la vertu d'un système
22:14démocratique
22:15progressivement
22:16d'intégrer des forces politiques
22:18qui lui étaient exogènes
22:19ou externes
22:26merci Bruno Cotteres
22:27politologue
22:28enseignant à Sciences Po
22:29et chercheur au Cévipof
22:30le centre de recherche
22:31politique de Sciences Po
22:33merci à vous
22:34Marion Mourgue
22:34chef adjointe
22:35du service politique
22:36du Parisien
22:36pour suivre en temps réel
22:38l'actualité
22:39de ces législatives anticipées
22:40rendez-vous sur
22:42leparisien.fr
22:43Cet épisode de Code Source
22:44a été produit par
22:45Camille Ruiz
22:46et Clara Garnier-Amouroux
22:47réalisé par
22:49Pierre Chaffanjon
22:50Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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