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  • il y a 12 heures
Ce fidèle d’Emmanuel Macron est devenu le plus jeune chef de gouvernement de la Ve République, après un passage éclair au ministère de l’Education nationale. Code source revient sur les raisons de cette promotion avec Valérie Hacot, cheffe adjointe du service politique du Parisien, et Olivier Beaumont, journaliste en charge du suivi de l'exécutif.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFMTV, TF1, France Inter.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il s'est fait élire député pour la première fois en 2017.
00:15Un peu moins de 7 ans plus tard, il est Premier ministre.
00:18Issu du Parti Socialiste, ancien porte-parole du gouvernement,
00:22éphémère ministre de l'Éducation,
00:24Gabriel Attal a été nommé chef du gouvernement le mardi 9 janvier.
00:27Il a pris part à son premier Conseil des ministres à l'Élysée,
00:30avec cette fonction le 12 janvier en fin de matinée.
00:34Qui est Gabriel Attal et surtout comment a-t-il réussi à devenir Premier ministre à 34 ans ?
00:40Élément de réponse aujourd'hui dans Codesources avec deux journalistes du service politique du Parisien,
00:45Valérie Hacot, chef adjointe de ce service, et Olivier Beaumont en charge de l'exécutif.
00:57Olivier Beaumont, le mercredi 20 décembre, Emmanuel Macron est l'invité de l'émission C'est à vous sur France
01:025.
01:03Le président prend la parole au lendemain du vote du projet de loi controversé sur l'immigration.
01:08Et pendant cette longue interview, il a des mots élogieux pour le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal.
01:14Que dit le président et comment réagit l'intéressé ?
01:16Effectivement, il est entrepris par Anne-Elisabeth Lemoyne sur le ministre de l'Éducation nationale.
01:20Et on est surpris parce qu'Emmanuel Macron fait un quasi-adoubement présidentiel pour Gabriel Attal.
01:26J'avais là un responsable politique, d'abord qui partageait mes combats depuis le début,
01:32avait l'énergie, le courage de mener les combats nécessaires.
01:36Et il fait bien à la tête de l'école, et il fait en continuité avec ce que, depuis 2017,
01:41on a voulu bâtir.
01:42Comment réagit Gabriel Attal à ça ?
01:44Gabriel Attal, il est devant son écran de télévision, il ne s'y attendait pas, il est forcément très flatté.
01:49Et j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui quelques jours plus tard, c'était au lendemain de Noël,
01:53et je lui ai demandé justement qu'est-ce qu'il avait pensé de ça.
01:56Et il a ces mots qui, aujourd'hui, prennent encore plus de sens.
01:59Je le cite, certains au gouvernement avaient une vie politique avant l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
02:05Ce n'était pas mon cas.
02:06Et il a cette phrase, je lui dois tout.
02:11Vous allez nous raconter comment Gabriel Attal a réussi à succéder à Elisabeth Borne, à Matignon,
02:17moins de trois semaines après cette interview.
02:19Mais d'abord, vous allez nous retracer brièvement son parcours.
02:22Gabriel Attal a 34 ans, il est né le 16 mars 1989 à Clamart, dans les Hauts-de-Seine.
02:27Au niveau personnel, il a été paxé avec l'homme politique Stéphane Séjourné,
02:31l'un des cadres du mouvement d'Emmanuel Macron, mais ils sont aujourd'hui séparés.
02:35Et Valéria Coe, qu'est-ce que l'on sait de sa vie avant la politique ?
02:39Gabriel Attal, il est plutôt bien né.
02:41Il est né du bon côté de la barrière, comme on dit.
02:44Son père Yves Attal est un avocat, puis un producteur de cinéma.
02:49Il est d'origine juive tunisienne.
02:51Sa mère, elle, elle est d'origine russe, de la noblesse russe.
02:55Donc la religion de Gabriel Attal, c'est orthodoxe.
02:57Sa jeunesse, il la passe dans les beaux quartiers.
03:00Il est élève au lycée à l'école alsacienne,
03:02qui est un lycée très huppé et très élitiste.
03:05parisien.
03:06Dans ce lycée, d'ailleurs, pour la petite histoire,
03:08on peut noter qu'il a rencontré Joyce Jonathan,
03:10qui est une chanteuse, qui a été son premier amour.
03:12Ensuite, la politique, ça n'a jamais été très loin de sa vie.
03:15D'ailleurs, il dira lui-même que sa vocation politique,
03:18c'est ses parents qui lui ont donné quand ils l'ont emmené
03:20le 1er mai 2002, dans une manifestation
03:23contre l'arrivée de Jean-Marie Le Pen
03:25au deuxième tour de l'élection présidentielle.
03:28Donc c'est là où ça arrive.
03:29Il prend sa carte au PS en 2006,
03:31pour soutenir Ségolène Royal.
03:33Il côtoie le PS, il chemine avec eux,
03:36et il rentrera en 2012 au cabinet de Marisol Touraine,
03:40qui à l'époque est ministre de la Santé,
03:42et il sera d'ailleurs le plus jeune conseiller ministériel
03:45du gouvernement sous François Hollande.
03:46Il est ensuite marqué par un drame personnel.
03:49Son père meurt en 2015.
03:50Au niveau politique, l'année suivante, en 2016,
03:53il rallie le ministre de l'Économie Emmanuel Macron
03:55dans sa campagne pour la présidentielle 2017,
03:58et il se fait élire député dans les Hauts-de-Seine en juin 2017.
04:02Un an et demi plus tard,
04:04le Premier ministre Édouard Philippe le nomme secrétaire d'État
04:07chargé de la jeunesse.
04:09À partir de là, Olivier Beaumont,
04:10il occupe des ministères de plus en plus importants
04:12au fil des remaniements.
04:13Gabriel Attal, ce qu'on retient de son expérience ministérielle aujourd'hui,
04:18c'est qu'en 4 ans, il aura occupé 4 fonctions.
04:20La première secrétaire d'État à la jeunesse en 2018,
04:24ensuite il devient un porte-parole.
04:25C'est là qu'il va commencer à vraiment se faire connaître du grand public,
04:28où on va découvrir un jeune homme politique
04:31qui a le sens de la répartie, de la punchline,
04:34un énorme bosseur aussi,
04:35qu'il est difficile de contrer sur les plateaux télévisés.
04:38Donc c'est là qu'on voit que les adversaires ont du mal,
04:40en tout cas découvrent une bête politique qui est en train d'émerger.
04:43Et puis après, il y a son passage au compte public,
04:46passage très important aussi,
04:48parce que c'est là où il va quelque part expérimenter
04:50ce qui lui arrive aujourd'hui à Matignon,
04:52parce qu'il va recevoir un à un,
04:53notamment tous les membres du gouvernement,
04:55au moment des discussions budgétaires.
04:57Et puis ce passage éclaire à l'éducation nationale
05:00seulement 5 mois et 20 jours.
05:05Olivier Beaumont, quand il est nommé ministre de l'éducation,
05:07le jeudi 20 juillet 2023,
05:09sa nomination surprend, étonne ?
05:11Oui, cette nomination surprend pour deux raisons.
05:14La première, c'est son jeune âge.
05:16On n'avait jamais vu un locataire,
05:18rue de Grenelle, aussi jeune,
05:19sur un ministère aussi important.
05:22Lui s'en défend le jour de la passation de pouvoir,
05:25en disant que son âge n'est pas incompatible
05:27avec de lourdes responsabilités.
05:29Mais ce qui va surtout circuler,
05:32et surtout être très commenté,
05:33y compris au sein du milieu syndical,
05:35c'est son parcours,
05:36qu'a rappelé juste avant Valéry,
05:38c'est-à-dire ce passage au sein
05:39de cette fameuse école alsacienne.
05:42Et Gabriel Attal s'en défend.
05:43Le même jour, le jour de son arrivée,
05:45en disant, oui, j'ai été à l'école privée.
05:48Donc il assume, il ne bronche pas.
05:50Et il dit, je n'ai pas à renier
05:51ou à m'excuser pour ce choix
05:53qu'ont fait mes parents à l'époque.
05:56Valéria Caux, le dimanche 27 août,
05:58à quelques jours de la rentrée scolaire,
06:00Gabriel Attal est sur le plateau
06:01du journal de 20h de TF1
06:03et il fait une annonce
06:04concernant le port de l'Abbaya,
06:06un vêtement qui couvre tout le corps
06:07et qui est considéré par le gouvernement
06:10comme un signe ostentatoire de la religion.
06:12Que dit-il ?
06:13Il annonce l'interdiction de l'Abbaya à l'école.
06:16J'ai décidé,
06:16on ne pourrait plus porter l'Abbaya à l'école.
06:19Il y a vraiment sur cette question de l'Abbaya,
06:21et je l'ai mesuré en échangeant
06:22avec les chefs d'établissement cet été,
06:24leur représentant,
06:25une attente de règles claires au niveau national.
06:28Elle est donc donnée.
06:29Son argument,
06:30ce qu'il met en avant pendant ce 20h,
06:32c'est que vous rentrez dans une salle de classe,
06:33vous ne devez pas être capable d'identifier
06:35la religion des élèves en les regardant.
06:37Donc c'est pour ça qu'il met en place cette mesure,
06:39et ça fait beaucoup de bruit
06:41à quelques jours de la rentrée.
06:42A la fin du mois de septembre,
06:44l'actualité est marquée par le suicide
06:45d'un lycéen de 15 ans, Nicolas,
06:47victime de harcèlement scolaire,
06:49à Poissy dans les Yvelines.
06:50Avant la mort de l'adolescence,
06:52ses parents avaient reçu une lettre de menace
06:54de la part du rectorat de Versailles.
06:56Comment Gabriel Attal réagit à cette polémique ?
06:59Il réagit très très vite.
07:01Dès le lundi qui suit ce drame,
07:03il réunit tous les recteurs
07:04pour leur donner des consignes,
07:06en clair, pour leur dire
07:06vous arrêtez d'envoyer des lettres
07:08de cet acabit aux familles,
07:09parce que c'était un peu une lettre type.
07:11Il secoue un petit peu
07:13l'éducation nationale là-dessus.
07:15Et puis ce qu'il fait,
07:16il y avait un plan harcèlement
07:17qui était en préparation,
07:18fait par le gouvernement.
07:20Il reprend entre guillemets
07:21un petit peu la main
07:22sur ce plan harcèlement
07:23qui sera malgré tout
07:24annoncé par Elisabeth Borne,
07:26mais il annonce plusieurs mesures,
07:28notamment peut-être
07:29une des plus emblématiques,
07:30ce sont ses cours sur l'empathie.
07:33C'est une expérience
07:34qui est menée au Danemark
07:35et qu'il souhaite importer en France.
07:39Le dimanche 5 novembre,
07:40devant les caméras du magazine
07:427 à 8 sur TF1,
07:43il raconte lui-même
07:44le harcèlement
07:45qu'il avait subi à l'école.
07:47Il raconte effectivement,
07:49il personnalise,
07:50il raconte que lui-même
07:50quand il avait 14, 15 ans,
07:53il a été victime de harcèlement,
07:55même de cyberharcèlement
07:56de la part d'un de ses camarades de classe.
07:59Il explique qu'à cette époque,
08:01c'est que ce camarade de classe
08:02convoitait une jeune fille
08:04avec qui Gabriel Attal
08:05était allé au cinéma
08:06et qu'à partir de là,
08:08ce camarade de classe
08:09le harcèle
08:10et a une approche homophobe,
08:12en fait,
08:12mais en avant l'homosexualité
08:14qui est supposée,
08:14à l'époque,
08:15de Gabriel Attal.
08:16Évidemment,
08:17quand je voyais des messages
08:18qui me traitaient de pédé,
08:20de tafiole,
08:22je n'avais pas envie
08:22d'aller en parler à ma famille
08:23parce que je me disais,
08:25si je leur en parle,
08:25ils vont me dire,
08:26mais pourquoi est-ce qu'ils disent ça ?
08:27Et on allait rentrer
08:29dans une discussion
08:30dans laquelle je n'avais pas forcément
08:31envie de rentrer
08:31à cette époque-là
08:32avec ma famille.
08:32Et donc,
08:33il explique sur le plateau
08:34de cette alluite
08:35qu'il ne le fait pas
08:35pour faire un grand déballage personnel,
08:37mais qu'il le fait au contraire
08:38pour tous les enfants
08:39qui sont victimes
08:39de harcèlement scolaire
08:40pour qu'ils sachent
08:41qu'on peut guérir,
08:43on peut s'en sortir.
08:44Un mois plus tard,
08:44le mardi 5 décembre,
08:46Gabriel Attal annonce
08:46une série de mesures
08:48destinées à améliorer
08:49le niveau des élèves.
08:51Parmi les principales mesures,
08:52le redoublement facilité
08:54à tous les échelons
08:55de la scolarité,
08:56une batterie d'annonces
08:57qu'il baptise
08:58« Choc des savoirs ».
08:59Je me sens un devoir de vérité
09:01vis-à-vis des Français,
09:02notamment en ce qui concerne
09:03le niveau de nos élèves.
09:05Il y a là
09:05une vraie urgence nationale.
09:08Je le dis,
09:08nous devons impérativement
09:09élever le niveau
09:10de nos élèves,
09:11de tous nos élèves.
09:12Valéria Coe,
09:13à ce moment-là,
09:13il est perçu comment
09:14par les enseignants ?
09:15Il est plutôt bien perçu
09:16par les enseignants
09:17et notamment par les syndicats
09:18enseignants qui ont plutôt
09:19la dent dure avec leurs ministres.
09:21Il est plutôt bien perçu aussi
09:22parce qu'il vient après
09:23Jean-Michel Blanquer
09:24avec qui les relations
09:25étaient très conflictuelles
09:27avec les syndicats enseignants
09:28et après Papendiaï
09:30qui avait été un ministre
09:31un petit peu inexistant.
09:33Donc là,
09:34c'est un jeune ministre
09:34dynamique
09:35qui fait des mesures
09:36qui vont aussi
09:37dans le sens
09:37de ce que voudraient
09:38les enseignants,
09:39notamment le redoublement.
09:40C'est quand même
09:40une bonne chose
09:41de le remettre
09:42selon eux
09:42sur le devant de la scène.
09:44Donc ça se passe plutôt bien.
09:45Il fait naître un espoir
09:46à l'éducation nationale.
09:48Le 19 décembre,
09:49le projet de loi
09:49sur l'immigration
09:50est adopté.
09:51Son volet répressif
09:52a été durci
09:53à la demande des Républicains.
09:55On l'avait raconté
09:56dans un précédent code source.
09:57Les 88 députés RN
09:59ont voté pour
10:00alors qu'une vingtaine
10:01de députés
10:02du camp présidentiel
10:02ont voté contre.
10:03Le ministre de la Santé
10:05Aurélien Rousseau
10:06démissionne
10:07à ce moment-là
10:07pour protester.
10:08Olivier Beaumont,
10:09Gabriel Attal
10:10qui lui-même
10:11vient de la gauche,
10:11donc du Parti Socialiste,
10:13est-ce qu'on l'a entendu
10:14pendant toute cette séquence ?
10:15C'est le paradoxe.
10:16Gabriel Attal
10:16qu'on voit partout,
10:17qu'on entend partout
10:18depuis trois mois
10:19est totalement absent
10:20médiatiquement
10:20pendant cette période.
10:23C'est une habilité,
10:24une forme d'intelligence
10:24politique aussi,
10:25c'est-à-dire
10:25de ne pas savoir
10:26prendre des mauvais coups
10:27là où il n'est pas
10:29sur un terrain
10:30qui est le sien.
10:31Difficile de savoir
10:31ce qu'il a pensé.
10:32Son entourage dit
10:33qu'il n'est effectivement
10:33pas à l'aise
10:34avec les débats
10:35qui se tiennent
10:36à l'Assemblée nationale
10:37et au sein même
10:37de sa propre majorité,
10:39mais il voit bien
10:40qu'il n'a que
10:41des mauvais coups
10:41à prendre
10:42en allant s'exposer
10:43médiatiquement
10:44sur le sujet
10:44de l'immigration,
10:45donc il reste
10:46très en retrait.
10:49À la mi-décembre,
10:50un sondage de l'Institut
10:51Ipsos
10:52place Gabriel Attal
10:53en première position
10:54parmi les personnalités
10:55politiques préférées
10:56des Français
10:57et le 28 décembre,
10:59Olivier Beaumont
10:59vous écrivez
11:00dans Le Parisien
11:01que cette popularité
11:02fait, je cite,
11:03des jaloux
11:04dans les couloirs
11:05du pouvoir.
11:05Oui, parce qu'on voit
11:06bien qu'une bête politique
11:07est véritablement
11:08en train d'émerger.
11:09Gabriel Attal
11:10prend la tête
11:11de ce baromètre de popularité
11:12devant Édouard Philippe
11:14qui était le number one
11:15depuis plus d'un an déjà,
11:17donc c'est déjà un signe
11:19parce qu'Édouard Philippe,
11:20à l'heure où on se parle,
11:21c'est celui qui est le favori
11:22en tout cas dans l'optique
11:23de la présidentielle 2027,
11:25donc il semble déjà
11:25se dessiner
11:26vis-à-vis de cette personnalité
11:27une potentielle rivalité
11:29et Gabriel Attal
11:30marque beaucoup de points.
11:31Il est omniprésent
11:32dans les médias,
11:33c'est quelqu'un
11:33qui fait beaucoup de com',
11:35qui le fait savoir
11:36et qui ne manque pas de talent.
11:37Dans un gouvernement
11:38qui en manque parfois,
11:40c'est forcément facteur
11:42de créer des jalousies.
11:43Et puis,
11:44il y a cette fameuse une
11:45qui va être très commentée
11:46en interne,
11:47cette une de la tribune dimanche
11:48où on voit Gabriel Attal
11:50en quasi pleine page
11:52en photo,
11:53mimant la photo officielle
11:54du président de la République
11:55Emmanuel Macron
11:56et avec ce titre,
11:58les secrets de sa prise de pouvoir.
12:00Mais jusqu'à quelle prise de pouvoir
12:01va-t-il aller ?
12:01Qui sont les ministres rivaux
12:03de Gabriel Attal ?
12:04C'est difficile
12:04de répondre à cette question
12:06parce que
12:06quand on les interroge,
12:09ils lui reconnaissent tous
12:10un talent.
12:11Ils sont quand même bluffés
12:12par cette personnalité
12:13qui est aussi jeune,
12:15a autant de sens politique.
12:17Donc ça,
12:17c'est à mettre
12:18dans les bons points.
12:20En tout cas,
12:20il y a beaucoup de méfiance,
12:21clairement,
12:22parce qu'ils ringardisent déjà
12:23tous ces vieux loups,
12:25ces vieux cadors
12:26de la politique
12:26qui espèrent
12:27à un moment donné
12:28peut-être
12:29que leur tour viendra
12:30les Bruno Le Maire,
12:31les Gérald Darmanin
12:32et peut-être d'autres encore.
12:34Ceci dit,
12:34au passage,
12:35entre Bruno Le Maire
12:36et Gabriel Attal,
12:36les relations sont plutôt bonnes.
12:38Quand ils étaient à Bercy,
12:39ça s'est toujours très très bien passé
12:40et il y a une vraie complicité
12:42entre les deux.
12:43Donc là,
12:43c'est difficile
12:44de parler de jalousie,
12:45par exemple.
12:46En tout cas,
12:47on voit bien que
12:47c'est une personnalité
12:49qui ne laisse pas indifférent.
12:50Après le vote
12:51du projet de loi
12:52sur l'immigration,
12:53boudé par un nombre record
12:54de députés de la majorité,
12:56les rumeurs
12:57d'un changement
12:57de Premier ministre
12:58se font de plus en plus présentes.
13:01Valérie Hacot,
13:02pourquoi ?
13:02Parce que cette loi,
13:03elle est certes votée,
13:04mais elle a été votée
13:05dans la douleur
13:06et à quel prix ?
13:07Elle est votée
13:08avec une majorité
13:09qui se fracture.
13:10Il y a eu effectivement
13:1120 députés
13:12qui n'ont pas voté
13:13de la majorité présidentielle,
13:1417 qui se sont abstenus.
13:16Elle a été votée
13:17avec les voix
13:18du Rassemblement national,
13:19même si effectivement
13:20dans le camp présidentiel
13:21on essaye de dire
13:22que pas du tout.
13:23Mais de fait,
13:23les 88 députés du RN
13:25l'ont votée
13:25et cette loi,
13:27ce n'était pas du tout
13:28ce que le gouvernement
13:28avait en tête au départ.
13:30Elle est beaucoup plus à droite
13:31que ce qui avait été envisagé
13:32quand elle avait été mise
13:33sur les rails
13:33il y a plus d'un an et demi.
13:35Donc de fait,
13:36le gouvernement se retrouve
13:38dans une situation
13:38quand même très difficile.
13:39Il y a une crise politique
13:40et donc Emmanuel Macron
13:42estime qu'il a besoin
13:43de se redonner de l'air,
13:45de se redonner
13:45un nouveau souffle,
13:46d'autant qu'il y a
13:47la perspective du scrutin
13:49des élections européennes
13:50au mois de juin.
13:51Donc qui est-ce
13:52qui va faire les frais
13:52de tout ça ?
13:53C'est Elisabeth Borne
13:54qui a fait le boulot,
13:55certes,
13:55mais au final
13:56il a besoin
13:56d'un nouveau départ.
13:57Après le passage
13:58à l'année 2024,
13:59la perspective
14:00d'un changement
14:01de gouvernement se précise.
14:02Plusieurs noms
14:03circulent début janvier
14:04pour succéder
14:05à Elisabeth Borne,
14:06à Matignon.
14:06à quel moment
14:08celui de Gabriel Attal
14:09apparaît ?
14:09Alors c'est vrai
14:10qu'il y a d'abord
14:11trois noms
14:11qui circulent principalement.
14:12Richard Ferrand,
14:13l'ancien président
14:14de l'Assemblée nationale,
14:15l'ancien ministre
14:16Julien Denormandie
14:16qui est très proche
14:17d'Emmanuel Macron,
14:18un macroniste historique
14:19et puis le ministre
14:20des armées
14:21Sébastien Lecornu.
14:22Donc pendant plusieurs jours
14:23jusqu'au premier jour
14:25de janvier,
14:25Emmanuel Macron
14:25va réfléchir,
14:27va mâchonner
14:27comme le dit
14:28son propre entourage
14:29sans que jamais
14:29une de ses solutions
14:31n'emporte l'unanimité
14:32auprès du président
14:33de la République
14:33et le dimanche soir,
14:35donc la veille
14:36de la rentrée,
14:37le 7 janvier,
14:38on apprend
14:39que le nom
14:40de Gabriel Attal
14:41circule pour
14:42très sérieusement
14:43être le premier ministre.
14:44Qu'est-ce qui plaide
14:45pour lui ?
14:45Plusieurs choses.
14:46D'abord,
14:47Emmanuel Macron,
14:48il veut un effet
14:48waouh.
14:49Après la terne
14:50Elisabeth Borne,
14:51la techno-Elisabeth Borne,
14:52comme disaient
14:53ses contempteurs,
14:54il veut quelque chose
14:55qui surprenne,
14:57une espèce
14:57de fougue politique
14:58et c'est vrai
14:59que Gabriel Attal
15:00coche cette case,
15:01l'argument
15:02de la jeunesse aussi
15:03Gabriel Attal
15:04c'est aussi quelqu'un
15:04qui est perçu
15:06dans les rangs
15:07du Rassemblement National
15:08comme un adversaire
15:09redoutable.
15:10Marine Le Pen
15:11s'en méfie énormément
15:12et ça peut être
15:13l'arme anti-Jordan Bardella
15:15qui lui est la tête
15:16de liste
15:16pour les élections
15:17européennes
15:18qui sont dans six mois.
15:19Gabriel Attal
15:19c'est aussi quelqu'un
15:20d'un énorme bosseur,
15:21beaucoup de talent
15:22mais un énorme travailleur
15:23et qui a aussi
15:24cette caractéristique
15:24c'est de n'avoir
15:25jamais manqué
15:26de loyauté
15:26à l'endroit
15:28d'Emmanuel Macron.
15:30L'hypothèse Gabriel Attal
15:32se consolide
15:32le lundi 8 janvier
15:34mais sa nomination
15:35tarde
15:35à être officialisée
15:37pourquoi ?
15:37Pour plusieurs raisons
15:39c'est qu'en interne
15:40parmi les partenaires
15:41de la majorité
15:41que sont le Modem
15:42et Horizon
15:43ce nom ne fait pas
15:43l'unanimité
15:44y compris aussi
15:45auprès d'Alexis Collère
15:46le puissant secrétaire général
15:48de l'Elysée
15:48qui lui était
15:49pour le maintien
15:50d'Elisabeth Borna-Mattignon
15:51tout comme Edouard Philippe
15:52en revanche
15:53Richard Ferrand
15:54lui trouve que
15:55Gabriel Attal
15:55c'est trop jeune
15:56c'est pas sérieux
15:57et lui plaidait
15:58pour la nomination
15:59de Julien Denormandie
16:01Qu'est-ce qu'il se passe
16:01en coulisses
16:02dans la soirée
16:03et le lendemain
16:04le matin du mardi 9 janvier ?
16:06Il se passe des choses
16:07assez habituelles
16:07dans ces moments-là
16:08quand le nom
16:09est quasi finalisé
16:10c'est qu'il n'y a pas
16:10que le Premier ministre
16:11qu'il faut nommer
16:12mais il y a aussi
16:12son cabinet à composer
16:13et un poste très stratégique
16:15issu de directeur
16:16de cabinet du Premier ministre
16:18qui en général
16:19est un choix présidentiel
16:21et donc il y a
16:22cette équipe
16:23ce staff resserré
16:24à d'abord établir
16:26autour de Gabriel Attal
16:27avant de faire
16:29cette annonce
16:29en bonne et due forme
16:30et donc de préparer
16:31cette installation
16:31cette arrivée à Matignon
16:36Un Premier ministre
16:37de 34 ans
16:38pour la France
16:39le plus jeune
16:40de l'histoire
16:40de la 5ème République
16:42Gabriel Attal
16:43nommé à Matignon
16:44par Emmanuel Macron
16:45ce matin
16:466 mois seulement
16:47après son arrivée
16:48au ministère
16:49de l'éducation nationale
16:50il succède donc
16:51à Elisabeth Borne
16:52comme 4ème Premier ministre
16:54d'Emmanuel Macron
16:55L'information est officielle
16:56peu avant midi
16:57Gabriel Attal
16:58est le nouveau Premier ministre
17:00la passation de pouvoir
17:01avec Elisabeth Borne
17:02a lieu dans la foulée
17:03à 14h30
17:04sur le perron
17:05de l'hôtel de Matignon
17:06Olivier Beaumont
17:07décrivez-nous ce moment
17:08C'est un moment habituel
17:10c'est-à-dire que ça se passe
17:11dans la cour de Matignon
17:12et donc avec une prise de parole
17:14de Gabriel Attal
17:15et d'Elisabeth Borne
17:16sur les marches
17:17avec beaucoup de monde
17:17puisque l'ensemble des collaborateurs
17:19et du personnel de Matignon
17:20est dans la cour
17:22des longs applaudissements
17:23pour Elisabeth Borne
17:25qui salue chaleureusement
17:26Gabriel Attal
17:27Alors à toutes et tous
17:28je veux le dire
17:30à vos côtés
17:31je continuerai
17:33le combat
17:34je vous remercie
17:36Un Gabriel Attal
17:37qui est déjà
17:38dans les habits
17:38du Premier ministre
17:39c'est-à-dire qu'il y a
17:40cette longue veste
17:41hivernale qu'il porte
17:42ça lui donne
17:43un peu de stature
17:44Je le dis d'emblée
17:46mesdames et messieurs
17:47j'emmène avec moi
17:48ici à Matignon
17:50la cause de l'école
17:52je réaffirme l'école
17:53comme étant la mère
17:55de nos batailles
17:55celle qui doit être
17:57au cœur de nos priorités
17:58et à qui je donnerai
17:59comme Premier ministre
18:00tous les moyens
18:02d'action nécessaires
18:03pour sa réussite
18:04elle sera
18:04l'une de mes priorités
18:06absolues
18:06dans mon action
18:07à la tête du gouvernement
18:08Et ce qui marque aussi
18:10les personnes
18:11qui assistent
18:12à cette passation de pouvoir
18:12c'est la mine
18:13la mine assez fatiguée
18:14de Gabriel Attal
18:15il a fini 2023
18:17assez éreinté
18:18par tous les chantiers
18:19qu'il a eu
18:19à traiter
18:20à l'éducation nationale
18:21et on devine
18:22effectivement
18:23que la nuit
18:23a dû être assez courte
18:24Le jeudi 11 janvier
18:25en fin de journée
18:26les noms de 14 ministres
18:28sont dévoilés
18:28les secrétaires d'état
18:29seront nommés plus tard
18:30il y a beaucoup
18:31de confirmations
18:32comme Bruno Le Maire
18:33à l'économie
18:34ou encore
18:34Eric Dupond-Moretti
18:35à la justice
18:36et la surprise
18:37Rachida Dati
18:38à la culture
18:39Stéphane Séjourné
18:40lui devient ministre
18:42des affaires étrangères
18:43dans la foulée
18:44Gabriel Attal
18:45est invité
18:46du 20h de TF1
18:47et il se présente
18:48comme un premier ministre
18:49de l'action
18:50moi ce que je veux
18:50c'est de l'action
18:52de l'action
18:52de l'action
18:53des résultats
18:54des résultats
18:54des résultats
18:55et puis c'est l'énergie
18:56des femmes
18:57des hommes
18:58engagés à 200%
19:00pour répondre
19:00aux attentes
19:01des français
19:02le lendemain matin
19:03à 11h
19:03à l'Elysée
19:04Gabriel Attal
19:05participe à son premier
19:06conseil des ministres
19:07en tant que chef
19:08du gouvernement
19:09Valéria Co
19:10sa nomination
19:10est symbolique
19:11et stratégique
19:12à plus d'un titre
19:13déjà effectivement
19:14Gabriel Attal
19:15c'est déjà
19:15le plus jeune
19:16premier ministre
19:17de l'histoire
19:17de la 5ème république
19:18c'est pas rien
19:19il n'a que 34 ans
19:20c'est un record
19:20il y a aussi
19:21un autre aspect
19:22c'est la première fois
19:23qu'on a un premier ministre
19:24qui parle ouvertement
19:26de son homosexualité
19:27on sait qu'il a été
19:29en couple
19:29avec Stéphane Séjourné
19:30ce qu'il y a aussi
19:31c'est qu'il vient
19:31des rangs de la gauche
19:32après une période
19:33où on a quand même
19:35accusé le gouvernement
19:36de se droitiser
19:37notamment
19:37dans le cadre
19:38de la loi immigration
19:39en même temps
19:40Gabriel Attal
19:41il a beau être
19:42un ancien du PS
19:42il n'est pas quand même
19:44un macroniste de gauche
19:45revendiqué
19:46il n'a jamais voulu
19:47prendre la tête
19:48de l'aile gauche
19:49de la macroniste
19:49ça n'a jamais été son sujet
19:50et puis aussi
19:51ce qu'il faut souligner
19:52c'est qu'il est très jeune
19:54et à qui est-ce qu'il doit
19:55tout dans sa carrière politique
19:56c'est quand même
19:57pour l'essentiel
19:57à Emmanuel Macron
19:58donc c'est quand même
19:59clairement l'homme de confiance
20:00d'Emmanuel Macron
20:04Évidemment
20:04Gabriel Attal
20:05a beaucoup de travail
20:06devant lui
20:06Olivier Beaumont
20:07il n'a pas plus
20:08de majorité absolue
20:09à l'Assemblée
20:10qu'Elisabeth Borne
20:11Non c'est le paradoxe
20:12de ce remaniement
20:12parce qu'effectivement
20:13on a beaucoup
20:14de nouveaux entrants
20:15il y a un casting surprise
20:16mais au final
20:17pourquoi ?
20:18ça ne change rien
20:19de la donne politique
20:20et surtout
20:21de la situation
20:22de majorité relative
20:24dans laquelle
20:25ce gouvernement
20:26n'arrive pas
20:27à se dépêtrer
20:27c'est à dire
20:29que très concrètement
20:30dans les prochaines semaines
20:31dès qu'un projet de loi
20:32va arriver en examen
20:34à l'Assemblée nationale
20:35et bien
20:36il sera confronté
20:38aux oppositions
20:39ils devront
20:40composer
20:41avec certaines formations politiques
20:43notamment
20:44les républicains
20:45pas sûr que les républicains
20:47d'ailleurs
20:47aient très envie
20:48de coopérer
20:49après le coup
20:50qu'il vient de leur faire
20:51en leur chipant
20:52comme ça
20:52une figure
20:53comme celle
20:54de Rachida Dati
20:55donc le plus dur
20:56reste à faire
20:57pour Gabriel Attal
20:58qui en plus de surcroît
20:59est quand même
21:00connu et réputé
21:01pour être plutôt
21:02un loup solitaire
21:03c'est à dire que
21:04quand on interroge
21:05les membres du gouvernement
21:06les députés
21:07c'est pas quelqu'un
21:08qui s'est construit
21:09véritablement un réseau
21:10jusqu'à présent
21:11donc il y a le défi
21:12du leadership
21:14de s'imposer
21:15dans cette majorité
21:16plurielle
21:17pour Gabriel Attal
21:18et puis
21:19l'autre enjeu aussi
21:20c'est à dire
21:21que ça va très vite
21:22peut-être trop vite
21:23nous le saurons
21:25dans quelques mois
21:25attention
21:26de ne pas se brûler
21:28les ailes
21:28le statut
21:29de chouchou
21:30n'est jamais
21:31vraiment
21:32quelque chose
21:33de profitable
21:34sur le long terme
21:35l'histoire politique
21:35l'a plusieurs fois démontré
21:45merci à Olivier Beaumont
21:47et Valérie Hacot
21:48cet épisode a été préparé
21:49et produit par Thibaut Lambert
21:51réalisé par Pierre Chaffanjon
21:53si vous aimez Codesource
21:54parlez-en autour de vous
21:55laissez-nous un commentaire
21:56ou des petites étoiles
21:57sur votre plateforme
21:58d'écoute préférée
21:59vous pouvez nous écrire
22:01à cette adresse
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22:04c'est un nouveau sujet
22:05d'actualité
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