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  • il y a 9 heures
Qu’il s’agisse des Verts, des Insoumis ou encore des socialistes... Les enquêtes d’opinion ne leur donnent aucune chance d’arriver au second tour l’an prochain. Leur seul espoir de l’emporter serait de s’unir. Cet épisode de Code source est raconté par Jannick Alimi et Julien Duffé du service politique du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert et Raphaël Thomas - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : Le Figaro, France Inter, France Info, Euronews, Public Sénat, TF1.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12À un an de la prochaine présidentielle, la gauche semble en mauvaise posture.
00:16Europe Écologie Les Verts, le Parti Socialiste et Jean-Luc Mélenchon sont faibles aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion.
00:22Leur seul espoir de l'emporter ou de sauver les meubles en 2022 serait de s'unir, mais ça paraît
00:28très compliqué.
00:30Cet épisode de Codesources est raconté par Jannick Halimi et Julien Dufay du service politique du Parisien.
00:44Julien Dufay, le lundi 12 avril, vous faites un article dans Le Parisien pour annoncer une table ronde à Paris,
00:50des différents partis de gauche à l'appel du Vert Yannick Jadot, ce sera le samedi 17,
00:55et vous rappelez d'abord pourquoi cette réunion est importante pour la gauche.
00:59C'est une réunion qui est très attendue et qui surtout se déroule dans un contexte quand même très morose.
01:04Le dimanche 11 avril, il y a un sondage qui paraît dans le journal du dimanche
01:08et qui place les candidats pressentis à des niveaux très bas.
01:12Et même en cas de candidature commune entre PS, EELV et Parti communiste,
01:18cette candidature hypothétique n'arriverait qu'aux un autour de 10%.
01:21Et le principal candidat de gauche Jean-Luc Mélenchon, il arrive à 13,5%.
01:25Donc là encore, c'est insuffisant pour se qualifier au second tour.
01:32Julien Dufay, Jannick Halimi, avant de voir ce que cette réunion du 17 avril a donné,
01:37on repart plusieurs années en arrière.
01:39Pour la présidentielle de 2017, le candidat Vert, Yannick Jadot, s'était rallié au candidat socialiste Benoît Hamon.
01:45Oui, on est en février, on est deux mois avant le premier tour et le candidat écologique qui a été
01:50désigné
01:51quelques semaines plus tôt par les écologistes lors d'une primaire, Yannick Jadot, décide de se rallier à Benoît Hamon.
01:58Il dit qu'il faut mettre les égaux de côté et il brandit la menace de Marine Le Pen au
02:03second tour.
02:04Et donc c'est historique parce que pour la première fois depuis 1974, les écologistes n'ont pas de candidat
02:08au premier tour.
02:09Et malgré ça, le score n'est pas terrible.
02:11Non, Benoît Hamon réalise un peu plus de 6% des voix, ce qui est historiquement bas pour la gauche.
02:17Voilà pour ces deux candidats qui se détachent en tête.
02:19Regardez les candidats suivants.
02:21François Fillon, 19,5 à égalité avec Jean-Luc Mélenchon, 19,5.
02:27Donc c'est évidemment éminemment serré.
02:296,2% pour Benoît Hamon.
02:32Jannick Halimi, le candidat de la France insoumise.
02:34Jean-Luc Mélenchon, lui, termine quatrième à quelques centaines de milliers de suffrages d'une qualification pour le second tour.
02:40À 600 000 voix près, c'est ce que ne cesse de clamer et de répéter Jean-Luc Mélenchon après
02:48le premier tour.
02:49Et pendant toute une partie de l'année 2018, ça le marquera, ça restera comme à la fois une réussite,
02:57mais une défaite également.
02:59Aux européennes de 2019, la liste Europe Écologie Les Verts, conduite par Yannick Jadot, réalise un score honorable.
03:04Merci. Merci infiniment.
03:09Nous sommes ce soir la troisième force politique.
03:15Là, ça a été véritablement une surprise et le début de la vague qui, pour le moment encore, est qualifiée
03:22d'historique de la vague verte.
03:2413,5% des voix, ce qui est quand même un peu moins du score qu'avait réalisé une dizaine
03:31d'années auparavant Daniel Cohn-Bandit.
03:33Mais tout de même, il arrive en troisième position après la liste du Rassemblement National et après la liste Renaissance,
03:39qui est celle de La République En Marche.
03:42Ça a été aussi un score réalisé un peu partout en Europe.
03:46Donc là, Yannick Jadot a véritablement posé, et le parti, et surtout sa personnalité, l'incarnation de l'écologie pour
03:55les scrutins à venir, et notamment celui de la présidentielle.
03:59Julien Dufay, qu'a fait le PS à ses élections européennes ?
04:02Il confirme sa chute, amorcée en 2017, puisque le candidat qu'il s'est choisi, qui est l'intellectuel Raphaël
04:09Glucksmann, qui avait fondé Place Publique, réalise à peu près le même score que Benoît Hamon, un peu plus de
04:146%.
04:15Yannick Halimi, aux élections municipales de 2020, dont le second tour a eu lieu le 28 juin, décalé en raison
04:21de l'épidémie de coronavirus, comment s'en sort le parti socialiste ?
04:24Par rapport aux européennes, il en sort revigoré. Par rapport aux municipales précédentes, c'est une résistance.
04:31Donc globalement, c'est plutôt un bon cru, un bon millésime pour le parti socialiste, qui conforte beaucoup de ses
04:41fiefs, dans des villes assez, et même très importantes, comme Paris, bien sûr.
04:45Lille, il en perd une ou deux également, mais il en conquiert aussi quelques-unes, comme Nancy, Montpellier.
04:53Mais il n'empêche que ce qu'on gardera en mémoire, c'est quand même la véritable poussée du parti
04:58vert dans des villes aussi importantes que Bordeaux ou Lyon, par exemple.
05:04Julien Duffet, le mardi 21 juillet, une vingtaine d'élus verts et socialistes se retrouvent en Indre-et-Loire, à
05:09Tours.
05:09Il y a par exemple la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, ou le maire de Grenoble, le vert
05:14Éric Piolle.
05:15Quel est le but de cette réunion ?
05:16Alors le but de cette réunion, c'est de lancer un réseau qui s'appelle Cité en commun, qui est
05:20un réseau des grandes villes, qui sont gérées en commun par les écologistes et la gauche.
05:25L'objectif, c'est officiellement de partager les bonnes pratiques, mais derrière, notamment Éric Piolle et Anne Hidalgo, esquissent une
05:33forme d'arc rose et vert qui pourrait préfigurer quelque chose pour la présidentielle.
05:37À la fin de l'été, les vendredis 28 et samedi 29 août, le rendez-vous annuel des socialistes se
05:42déroule non pas à La Rochelle comme d'habitude, mais à Blois, dans le Loir-et-Cher, et il y
05:47a beaucoup de représentants d'Europe Écologie Les Verts.
05:49Oui, oui, ils sont très très nombreux. Il y a Julien Bayou, qui est le numéro 1 des Verts, mais
05:54il y a aussi certains des nouveaux maires élus, les maires de Bordeaux, de Tours, l'ex-ministre Cécile Duflo,
06:00et puis évidemment les deux prétendants écologistes à la présidentielle, que sont Yannick Jadot et Éric Piolle.
06:06Que disent justement les élus Verts comme Yannick Jadot ou Éric Piolle aux socialistes ? Quel est leur message à
06:11ce moment-là ?
06:12Éric Piolle reste assez mesuré, il dit que les socialistes font partie de ce qu'il appelle l'arc humaniste
06:17qu'il voudrait construire pour 2022.
06:19Yannick Jadot va beaucoup plus marquer les esprits parce qu'il se lance dans une véritable opération séduction à l
06:24'intention des socialistes.
06:26Là, on sent qu'il avance l'idée d'une candidature commune pour 2022.
06:32Pourquoi est-ce qu'il fait ça envers les socialistes ? Pourquoi il veut se montrer comme quelqu'un de
06:36gauche finalement ?
06:37Parce qu'on lui colle souvent l'étiquette d'écolos un peu libéral, donc il a besoin de donner des
06:43gages aux socialistes et à la gauche en général.
06:45Yannick Halimi, l'idée d'une candidature commune et pourquoi pas derrière les Verts, qu'en dit le premier secrétaire
06:50du parti socialiste, Olivier Faure ?
06:52Ah mais Olivier Faure, non seulement il est d'accord, mais ça a été même un initiateur de cette idée.
06:59Une idée qui a complètement chamboulé et la gauche et surtout le parti socialiste dont il a pris les commandes
07:05au début 2018.
07:07Et ça a provoqué et ça continue de provoquer une véritable bronca, voire plus, au sein du PS parce que
07:14c'est très compliqué pour toute une partie des socialistes,
07:17notamment les plus âgés d'entre eux, d'accepter l'idée qu'un parti qui a toujours été hégémonique au
07:23sein de la gauche comme le parti socialiste,
07:25puisse s'effacer derrière un parti qui, aux yeux de beaucoup, beaucoup de socialistes, est beaucoup moins puissant, influent, légitime.
07:33Donc c'est une vraie révolution qu'a essayé d'imprimer Olivier Faure depuis qu'il a pris les commandes
07:38du PS,
07:39prenant acte quand même de la fragilisation du parti socialiste, notamment après les défaites et à la présidentielle et aux
07:46législatives en 2017.
07:50Quelques jours plus tard, le 8 novembre, au 20h de TF1, Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature à la prochaine
07:56présidentielle.
07:57Mon intention est d'aider à déconfiner les esprits et à nouveau à se projeter sur l'avenir.
08:01Alors, je ne dis pas que je sois une projection sympathique pour tout le monde, mais pour des millions de
08:06braves gens, simples, oui, c'est le cas.
08:08Et je les appelle à se regrouper. Alors oui, je suis prêt et je propose ma candidature.
08:15C'est une épine dans le pied de cette fameuse union de la gauche,
08:19parce que Jean-Luc Mélenchon, fort des résultats à la présidentielle dont on parlait tout à l'heure,
08:24estime qu'il est le seul crédible à pouvoir mener la gauche plus près de la victoire de la présidentielle.
08:32Pour lui, aujourd'hui, il est inconcevable de tendre la main au parti socialiste.
08:38Jean-Luc Mélenchon avait écorné son image depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron,
08:42par exemple en s'énervant pendant la perquisition du siège de son parti en 2018,
08:48en criant cette phrase « La République, c'est moi ! »
08:51Jeannique Alimi, Jean-Luc Mélenchon divise à gauche.
08:54On ne peut pas dire que les communistes, les écologistes et les socialistes aient applaudi ce fait politique de Jean
09:00-Luc Mélenchon.
09:01Mais il n'empêche qu'il semble se dessiner une sorte de clivage au sein de la gauche,
09:06et notamment au sein des Verts et au sein du parti socialiste,
09:11entre ceux qui, prenant acte de la force politique et idéologique de la France insoumise,
09:18accepteraient tout à fait une sorte d'union de la gauche englobant la France insoumise,
09:23alors qu'une autre partie ne voit pas du tout d'un bon oeil une éventuelle alliance et rassemblement englobant
09:30tout de la France insoumise.
09:32Jeannique Alimi, à la fin de l'année dernière, le 27 décembre, vous interviewait pour le Parisien le socialiste Olivier
09:37Faure,
09:38et il appelle une nouvelle fois à l'union de la gauche. Que dit-il ?
09:41Il prend acte que la gauche, effectivement éclatée, risque de se déliter
09:45et de perdre une nouvelle fois le rendez-vous avec les Français.
09:48Il appelle au rassemblement des forces politiques,
09:50et il appelle aussi à renoncer à toutes les compétitions individuelles,
09:55avec une phrase « il faut en finir » avec le tout à l'ego,
09:59stigmatisant ainsi, encore une fois, les courses aux élections,
10:03entre les personnalités plutôt qu'entre les idées.
10:07Julien Dufey, début février, une enquête de l'IFOP, publiée le 3 février dans l'Obs,
10:11place tous les candidats potentiels à gauche à un niveau très bas.
10:15Oui, on est à 15 mois de la présidentielle, c'est un peu la douche froide.
10:18Aucun ne se qualifie au second tour avec des scores très faibles,
10:22Mélenchon à 9%, Hidalgo à 8%, Jadot à 7%, Montebourg à 4%.
10:27Bref, c'est un peu la douche froide.
10:28Le même jour, Yannick Jadot est dans Le Parisien,
10:31et c'est vous qui l'interrogez.
10:33Yannick Halimi, Julien Dufey, il fait un pas de plus, Julien, vers une candidature en 2022.
10:38Ce n'est pas encore officiel, mais il enfile le costume, comme on dit, il se prépare.
10:43Il annonce qu'il va mettre en ligne une plateforme numérique qui s'appelle
10:45« 2022 l'écologie », où il met dans le débat une quinzaine de propositions.
10:50Et puis il rappelle qu'il s'est effacé en 2017, derrière un socialiste,
10:54mais qu'aujourd'hui le temps de l'écologie est venu,
10:56et il laisse entendre qu'il pourrait être candidat à la présidentielle.
10:59Chez les Verts, une primaire doit se tenir au mois de septembre
11:02pour choisir le candidat à la présidentielle.
11:04Que dit, dans cette interview, Yannick Jadot concernant la primaire chez les Verts ?
11:08Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas enthousiaste.
11:10La perspective ne l'enchante pas vraiment, parce qu'il prend acte,
11:14ce sont ses termes de cette primaire,
11:16mais il explique qu'elle devra s'inscrire dans un cadre plus large,
11:18d'une candidature commune.
11:20Le même jour, il donne une conférence de presse pour présenter cette plateforme.
11:23Il met en garde les écologistes contre une primaire trop identitaire,
11:27donc trop fermée,
11:28qui serait une machine à perdre, selon lui.
11:31Julien Dufay, le 14 février,
11:33vous signez un reportage sur le blues des électeurs socialistes,
11:37des sympathisants que vous avez rencontrés au Lila,
11:38en Seine-Saint-Denis,
11:39et à Hoche, dans le Gers.
11:41Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
11:42Ils sont grandement déprimés.
11:44Il y a ceux qui n'y croient tout simplement plus,
11:46qui ont fait une croix sur la présence de la gauche
11:48au second tour de l'élection.
11:49Et puis, bon, les autres qui se raccrochent quand même,
11:53justement, au rassemblement,
11:54à cette union de la gauche hypothétique.
11:56Et je rencontre même des militants PS
11:58qui se disent prêts à voter pour un candidat
12:01qui ne serait pas forcément socialiste,
12:02donc clairement un écologiste,
12:04pourvu qu'il y ait union.
12:05Quelques jours plus tard, le samedi 27 février,
12:08le quotidien Libération fait sa une
12:10sur les électeurs de gauche
12:11qui n'ont plus envie de voter Emmanuel Macron
12:13pour empêcher une victoire de Marine Le Pen,
12:16comme il l'avait fait en 2017.
12:17L'idée de faire barrage au Rassemblement National
12:20n'est plus aussi évidente qu'avant,
12:22Jeannique Halimi ?
12:23Oui, effectivement,
12:24il semble qu'au sein des électeurs de gauche,
12:26c'est le tout sauf Macron
12:28qui prime sur la diabolisation
12:30et le rejet total du Rassemblement National.
12:34Cet abstentionnisme des électeurs de gauche
12:36qui pourrait, selon certains sondages,
12:39faire gagner Marine Le Pen.
12:41Mais tout de même, rappelons qu'en 2017,
12:44Jean-Luc Mélenchon, entre les deux tours,
12:46n'avait pas appelé à voter Emmanuel Macron.
12:49Et là, ça avait été tout de même
12:50le début de ce qu'on appelle aujourd'hui
12:52l'abstentionnisme et la fin du fonds républicain
12:54de la part des électeurs de gauche.
12:57Le mois suivant, le 29 mars, sur France Inter,
13:00Yannick Jadot lance à nouveau un appel
13:01à une union vert-socialiste.
13:04Oui, il s'adresse aux principaux responsables de gauche.
13:07Je veux lancer un appel à Anne Hidalgo,
13:10à Olivier Faure, à Julien Bayou, à Christiane Taubira,
13:13à Jean-Luc Mélenchon.
13:14Il faut que dans les jours qui viennent,
13:17on se mette autour d'une table.
13:18Il leur propose de se mettre autour d'une table,
13:21à la fois pour aplanir les différents,
13:23puisqu'on sort d'une grosse polémique
13:26sur notamment les réunions non mixtes de l'UNEF,
13:30et puis pour, je cite,
13:31construire un grand projet d'espérance pour 2022,
13:35déjouer le duel Macron-Le Pen qui se profile.
13:38En gros, il appelle tout le monde à se parler.
13:40Aujourd'hui, nous devons avoir
13:42la responsabilité historique de nous parler.
13:45Peut-être on n'y arrivera pas,
13:47mais tentons, et puis on verra.
13:51On en revient au point de départ de cet épisode.
13:53Le très mauvais sondage pour la gauche du 11 avril
13:56paru chez nos confrères du journal du dimanche.
13:58La gauche est lâchée d'après cette enquête d'opinion.
14:01Le même jour, Jeannique Halimi,
14:03un candidat communiste, est investi.
14:05C'est le leader du PCF, Fabien Roussel.
14:07Pourquoi les communistes désignent-ils un candidat
14:10alors qu'en 2012 et en 2017,
14:11ils ont soutenu Jean-Luc Mélenchon ?
14:13Parce que justement, selon les communistes,
14:15Jean-Luc Mélenchon avait trahi le pacte,
14:18l'engagement moral et politique
14:20qu'avaient signé les communistes avec Jean-Luc Mélenchon,
14:23relatifs notamment à des places
14:25et à des circonscriptions aux législatives.
14:27Et M. Roussel s'est fait élire à la tête du parti communiste
14:32sur cette défense d'un parti qu'ils estiment
14:35beaucoup plus ancré dans les territoires
14:39et beaucoup plus légitime que Jean-Luc Mélenchon.
14:41Le parti communiste décide, en tout cas aujourd'hui,
14:44de présenter un candidat stricto sensu.
14:47Pendant ce temps, en coulisses,
14:49Yannick Jadot prépare sa table ronde
14:50avec les différentes formations de gauche.
14:52Oui, il passe de longues heures au téléphone
14:55avec chacun des participants, parfois plusieurs fois,
14:58pour les convaincre, tenter de trouver une date
15:00qui convienne à tout le monde.
15:01Arnaud Montebourg, qui réfléchit, lui aussi,
15:03à se présenter à la présidentielle, refuse.
15:05Christiane Taubira, elle, elle est intéressée par la démarche,
15:07mais elle est en Guyane, donc elle ne peut pas venir.
15:10Jean-Luc Mélenchon va se faire représenter
15:12parce qu'il prévoit un voyage en Amérique du Sud d'une semaine.
15:14Puis, il faut trouver une salle assez grande
15:16pour accueillir tout ce beau monde
15:17dans des conditions de respect des règles sanitaires.
15:20Il faut que ce soit un lieu neutre.
15:22Yannick Jadot va faire de la diplomatie
15:23pendant quasiment 15 jours.
15:26On pourrait l'appeler la journée de la gauche
15:28ou de toutes les gauches.
15:29Lancée à l'initiative de l'écologiste Yannick Jadot
15:31en mars dernier, son invitation a été acceptée
15:34et la réunion rassemble aujourd'hui à Paris
15:35une vingtaine de responsables politiques.
15:38Arrive le jour de cette réunion, le samedi 17 avril,
15:40avec presque toute la gauche,
15:41Yannick Halimi.
15:42Ça se passe dans un hôtel du 19e arrondissement.
15:45D'abord, qui est là ?
15:45Il y a toute la gauche.
15:47Effectivement, certains leaders ne sont pas là.
15:49Et il y a toute la gauche avec, bien sûr, Yannick Jadot,
15:53avec Julien Bayou, le numéro un des écologistes,
15:55ce qui est important parce qu'on sait
15:56qu'ils ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde.
15:58Il y a le leader du PS, Olivier Faure,
16:01quelques ténors du Parti Socialiste,
16:03notamment Anne Hidalgo,
16:04dont on sait qu'elle sera probablement
16:07candidate à la magistrature suprême.
16:09Donc on voit que c'est une gauche XXL.
16:12Comment se passe la réunion ?
16:13La réunion, selon ceux qui ont participé,
16:16y compris ceux qui étaient quand même extrêmement réticents,
16:19comme Éric Coquerel, le représentant de la France insoumise,
16:24reconnaissent tous donc que la réunion s'est plutôt bien passée,
16:27dans une ambiance extrêmement courtoise,
16:30où tout le monde a pu parler,
16:31et tout le monde a écouté les uns les autres.
16:34Et on peut estimer effectivement
16:35qu'elle a plutôt été positive et constructive,
16:39puisque tout le monde a décidé de se réunir une nouvelle fois,
16:43vraisemblablement durant le mois de mai.
16:45Il n'y a donc pas eu de clash.
16:46Mais le représentant de Jean-Luc Mélenchon,
16:48Éric Coquerel, dit en résumé,
16:50il n'y aura pas de candidature commune,
16:52sauf derrière Mélenchon.
16:53Dans la réunion d'hier,
16:54toutes les autres forces,
16:55personne n'imaginaient un rassemblement
16:58sans Jean-Luc Mélenchon et France insoumise.
17:00Ils estiment encore une fois
17:01que Jean-Luc Mélenchon est le seul crédible aujourd'hui
17:04à mener une campagne au nom de la gauche,
17:08et deuxièmement, idéologique,
17:09parce que sur les idées,
17:11il paraît extrêmement compliqué,
17:13voire impossible,
17:14de s'unir avec une partie des Verts,
17:17mais surtout, surtout,
17:18avec la grosse majorité du Parti Socialiste.
17:22Jeannique Halimi,
17:22pour les élections régionales des 20 et 27 juin prochains,
17:26est-ce que la gauche sera unie ?
17:28Les régionales, pour le moment,
17:29il y a uniquement deux régions
17:31qui vont partir sous la bannière d'union de la gauche.
17:35Les Hauts-de-France, notamment,
17:36où tous les partis de gauche, les quatre,
17:39sont unis derrière la candidate écologiste,
17:42et la Normandie,
17:43derrière une candidate socialiste,
17:46où il y aura les Verts,
17:46mais il n'y aura pas la France insoumise
17:48ou les communistes.
17:50Mais sinon,
17:51les régionales sont effectivement
17:53une sorte de bras de fer,
17:55de champ politique,
17:56où une nouvelle fois après les municipales,
17:57il y aura un bras de fer,
17:59une compétition,
18:00notamment entre les socialistes et les écologistes.
18:02Et pour les départementales,
18:04prévues en même temps ?
18:05Pour les départementales,
18:07là, dans 60% environ des départements,
18:10il y aura bien une union de la gauche
18:13et notamment des Verts et des socialistes,
18:15principalement derrière les socialistes,
18:17qui, bien sûr,
18:18ont un avantage historique et quantitatif
18:20sur les Verts dans les territoires.
18:22Il y a une dynamique réelle,
18:24plutôt en faveur des socialistes.
18:28Le mercredi 28 avril,
18:29Jean-Luc Mélenchon revient sur la réunion du 17 avril,
18:33organisée par Yannick Jadot,
18:35lors d'une conférence de presse de la France insoumise.
18:37Oui, il a des mots assez durs sur cette réunion.
18:42Il parle d'une comédie pour ceux qui vont encore sauter en rond pendant plusieurs mois
18:47en criant « Union, Union, Union ».
18:49C'est un tacle, clairement, à cette initiative de Yannick Jadot.
18:53Il referme un peu plus la porte sur la possibilité d'une coalition
18:57qui inclurait la France insoumise et lui-même.
18:59Julien Dufay, est-ce qu'une alliance vert-socialiste est possible à la prochaine présidentielle ?
19:05Sur le papier, elle semble possible,
19:07puisque les principaux présidentiables l'appellent de leurs vœux.
19:11Mais il reste quand même beaucoup d'inconnus derrière quelques candidats.
19:15Comment il ou elle serait désigné ?
19:17Est-ce qu'il y aura des primaires ?
19:18Puis la principale, est-ce que cette union serait suffisante pour créer une dynamique ?
19:22Se qualifier au second tour de la présidentielle,
19:23pour l'instant, on voit, on en est très très loin.
19:30Merci à Yannick Halimi et Julien Dufay.
19:32Cet épisode a été produit par Raphaël Thomas et Thibault Lambert.
19:36Réalisation, Julien Moncouquiole.
19:38Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
19:41disponible chaque soir du lundi au vendredi.
19:43Pour ne rater aucun épisode,
19:45abonnez-vous sur Apple Podcast, Google Podcast ou encore Podcast Addict.
19:49N'hésitez pas à nous écrire, codesource at leparisien.fr.
19:53Et puis si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à le dire sur Internet,
19:56en laissant des petites étoiles ou un commentaire sur votre appli préférée.
20:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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20:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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