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  • il y a 9 heures
Sans le dire ouvertement, la maire de Paris viserait l’Elysée. Des personnalités politiques verraient bien Anne Hidalgo devenir la première présidente de la République, après sa réélection au printemps dernier, à la tête d’une coalition socialiste et écologiste. Mais à un an de la présidentielle, elle peine encore à convaincre dans les enquêtes d’opinion. Récit de Marie-Anne Gairaud, de l’agence de Paris, et Julien Duffé du service politique du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : France 24, RMC, BFMTV, France Info.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Il y a deux ans, sa réélection au poste de maire de Paris semblait compromise.
00:17Aujourd'hui, elle rêve de se présenter à la prochaine présidentielle.
00:21Comment Anne Hidalgo se prépare pour 2022 ?
00:24Élément de réponse avec deux journalistes du Parisien,
00:26Marie-Anne Guéraud de l'Agence de Paris et Julien Dufay du service politique.
00:44Julien Dufay, à gauche, Jean-Luc Mélenchon est déjà candidat pour 2022,
00:48mais chez les Verts ou chez les socialistes, qui peut se présenter à la prochaine présidentielle ?
00:53Chez les écologistes, il y a l'eurodéputé Yannick Jadot,
00:57il y a le maire de Grenoble, Éric Piolle, qui lui aussi cache de moins en moins ses ambitions.
01:02Il y a une autre candidate, qui est l'ex numéro 2 du mouvement, Sandrine Rousseau.
01:07Alors ces trois-là vont devoir, en théorie, se départager lors d'une primaire ouverte chez les écologistes.
01:12Et puis ailleurs, à gauche, dans la galaxie socialiste, il y a Arnaud Montebois,
01:16alors qu'il n'est plus OPS, mais qui depuis le début de l'année opère un retour,
01:20a même monté un mouvement pour sa possible candidature.
01:24Moins probable, mais on parle toujours de l'ex-garde des Sceaux, Christiane Taubira,
01:29donc certains voudraient qu'elle revienne.
01:30Il y a François Hollande, l'ex-président, qui intervient régulièrement dans les médias.
01:33Et puis il y a la maire de Paris, socialiste, Anne Hidalgo.
01:42OPS, beaucoup veulent éviter une primaire, en grande partie parce qu'il y a le précédent de 2017.
01:47Rappelez-nous cet épisode d'un mot.
01:49Oui, cette primaire citoyenne de 2017, où au deuxième tour, c'est Benoît Hamon qui l'emporte face à Manuel
01:54Valls.
01:55Et quelques semaines plus tard, Benoît Hamon réalise un peu plus de 6% des voix au premier tour de
01:59la présidentielle,
02:00ce qui est un score historiquement bas pour le PS et la gauche en général.
02:03Anne Hidalgo, aujourd'hui, elle dit d'envisager une candidature en tant que socialiste ?
02:06Alors, elle ne renie pas son appartenance, évidemment, au PS, mais comme beaucoup, elle se place au-delà des partis.
02:14Elle veut notamment agréger les écologistes, en fait, occuper l'arc, l'espace politique entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel
02:22Macron.
02:22Le problème, c'est que sur cet espace, il y a aussi, par exemple, Yannick Jadot.
02:26« Être maire de Paris, c'est être maire de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens. »
02:33Julien Dufay, Marianne Guéraud, vous allez nous raconter comment Anne Hidalgo en est venue à se positionner comme une candidate
02:39potentielle pour 2022.
02:40Marianne Guéraud, on commence ce récit le 28 juin, au soir du second tour des municipales.
02:45Anne Hidalgo est réélue largement à Paris.
02:48Absolument, elle a remporté finalement le second tour avec 48,70% des voix.
02:52Donc, c'est un très bon score et puis c'est surtout inespéré parce que rappelez-vous que deux ans
02:57plus tôt,
02:58tout le monde l'a donnée plutôt perdante à Paris.
03:01Elle avait beaucoup de dossiers problématiques sur son bureau, un mode de gouvernance qui était très critiqué.
03:06Donc, personne ne pouvait se douter qu'en 2020, elle serait réélue avec un aussi bon score.
03:12Croyez-moi, cet avenir sera à la hauteur de nos espérances.
03:17Alors, vive les Parisiennes, vive les Parisiens et vive Paris et merci !
03:24Le début de son second mandat est marqué par l'affaire Christophe Girard.
03:28Son adjoint, contraint à la démission, vivement critiqué pour avoir soutenu dans les années 80 l'écrivain ouvertement pédophile Gabriel
03:36Matzneff.
03:36Julien Dufay, on en revient à Anne Hidalgo.
03:39Le 21 juillet, à Tours, elle participe au lancement d'un réseau des grandes villes gérées en commun par les
03:45socialistes et les Verts.
03:47Oui, c'est une initiative commune d'Anne Hidalgo et du maire de Grenoble dont on a déjà parlé, Éric
03:52Piolle.
03:53Donc, c'est un réseau qui s'appelle Cité en commun.
03:55Il est lancé à Tours avec des maires écologistes, élus par exemple à Bordeaux ou Poitiers en juin,
04:00mais aussi des maires socialistes de Rennes ou Nantes par exemple.
04:03L'objectif affiché, c'est de partager des bonnes pratiques, c'est de faire pression aussi sur le gouvernement pour
04:08accélérer sur l'écologie.
04:10Ces maires se demandent si la gestion commune écologiste et socialiste dans ces villes ne pourrait pas avoir un avenir
04:17à la tête du pays.
04:18Le 9 août, dans Le Parisien, vous racontez que dans l'entourage d'Emmanuel Macron, Anne Hidalgo est considérée comme
04:24une adversaire sérieuse.
04:25Oui, dans l'entourage du président, on a bien vu qu'elle avait été réélue confortablement, qu'elle pouvait voir
04:30plus loin.
04:31L'hôtel de ville à Paris, ça peut être un tremplin politique, on l'a vu notamment avec Jacques Chirac
04:36dans le passé.
04:37Il y a notamment un poids lourd du gouvernement qui, ainsi sur son sang-froid, il dit d'elle qu
04:41'elle ne tremble jamais.
04:42Personne ne veut la sous-estimer au sein de la Macronie.
04:45Marianne Guéraud, à ce moment-là, elle, elle se défend de penser à la présidentielle de 2022 ?
04:49Oui, elle vient d'être réélue à l'hôtel de ville, elle est maire de Paris.
04:53Donc évidemment, elle et puis son entourage continuent de répéter que non, non, non, elle n'a pas du tout
04:58d'ambition nationale,
04:59qu'elle a son mandat à honorer, qu'elle a aussi les JO 2024 à préparer, autant de grandes étapes
05:05à gérer.
05:06Et évidemment, officiellement, il n'est pas question d'afficher une quelconque ambition nationale.
05:11Le 3 octobre, Anne Hidalgo accorde une longue interview de rentrée aux Parisiens.
05:16Elle annonce de nouvelles coronapistes, ses pistes de vélo provisoires, le temps de l'épidémie de coronavirus.
05:22Et elle est aussi interrogée sur 2022.
05:24Alors que jusqu'ici, elle disait qu'elle était très attachée à son mandat de maire, qu'elle était élue
05:29pour servir les Parisiens.
05:30Là, quand on l'interroge sur la présidentielle, elle commence à dire qu'elle prendra toute sa part.
05:34Donc on commence déjà à se dire, bon, ça y est, la réflexion est engagée.
05:40Et elle commence petit à petit à bien expliquer qu'il faudra compter avec elle pendant cette bataille.
05:46Mais dès le lendemain, un sondage IFOP est publié dans le journal du dimanche.
05:49Sans surprise, il donne Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête au coup d'à-coude au premier tour.
05:54Et cette photo de l'opinion à un instant T n'est pas vraiment flatteuse pour Anne Hidalgo.
05:59C'est un peu une douche froide, parce que le baromètre du JDD explique quand même que 6 Français sur
06:0510 ont encore une mauvaise opinion d'elle.
06:07Donc c'est pas très flatteur.
06:08Et puis surtout, le sondage la met à 9%.
06:11Donc elle est très très loin d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.
06:14À ce moment-là, malgré tout, son entourage commence aussi à évoquer 2022.
06:18Oui, on voit bien qu'autour d'elle, le réseau commence un petit peu à se structurer.
06:24On évoque des réunions.
06:26On voit bien que ses proches commencent petit à petit à échafauder une organisation pour préparer les mois à venir
06:34et les prochaines étapes que Anne Hidalgo, candidate à la présidentielle, va devoir franchir.
06:41Julien Duffet, à ce moment-là, plusieurs personnalités socialistes parlent d'elle comme une candidate potentielle sérieuse.
06:48D'abord parce qu'à la rentrée, finalement, il y a aussi des prétendants socialistes que certains attendaient,
06:52qui ne se sont pas manifestés.
06:53On pense à l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ou à Christiane Taubira.
06:57Et donc, on commence à se dire, pourquoi pas elle ?
07:01Il y a des poids lourds ou des ex-ténors du Parti socialiste comme Jean-Marc Ayrault, l'ancien Premier
07:07ministre,
07:07qui en parle, de plus en plus de présidents d'exécutifs locaux.
07:11Et même donc le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure,
07:15qu'on sait plutôt prudent, mais qui déclare qu'elle pourrait faire une bonne présidente
07:19qui mènerait les Français vers la transition écologique.
07:22Anne Hidalgo, c'est votre candidate pour 2022 ?
07:24Je pense que ce serait une excellente présidente de la République.
07:28Je ne sais pas si elle sera candidate.
07:30Marie-Anne Guéraud, à partir de là, l'opposition municipale,
07:32dit qu'on ne la voit plus au Conseil de Paris.
07:35Oui, il ne faut pas oublier que face à elle, au Conseil de Paris,
07:39il y a Rachida Dati qui était candidate à la mairie de Paris
07:41et qui a bien l'intention de continuer à être archi-offensive à l'encontre d'Anne Hidalgo.
07:46Et le groupe de Rachida Dati va s'amuser, très vite, dans le courant de l'automne,
07:52à poster des photos sur Twitter pendant les séances du Conseil
07:55en montrant qu'Anne Hidalgo n'est pas au perchoir qu'elle a été au début de la séance présente
08:01pour animer le début des débats, mais que très vite, elle repart
08:04et que ce sont ses adjoints qui prennent la suite et qu'Anne Hidalgo, elle, disparaît.
08:08Donc ça y est, Anne Hidalgo est déjà repartie.
08:10Les affaires parisiennes ne l'intéressent pas.
08:12Elle doit déjà préparer la présidentielle.
08:13« Je vous propose à présent de procéder au vote. »
08:18Le mardi 17 novembre, le Conseil de Paris décide de donner un lieu parisien,
08:22le nom de Samuel Paty, le professeur décapité à Conflans-Saint-Honorin,
08:27un mois plus tôt par un terroriste islamiste.
08:29« Le Conseil de Paris délibère sur un lieu de la capitale portant le nom de Samuel Paty. »
08:35Mais le vote ne se passe pas comme prévu.
08:37« Monsieur le Président ? »
08:38« Chaque président de groupe prend la parole, évidemment, pour donner l'avis de son groupe
08:43concernant cette décision de rendre hommage à ce professeur assassiné.
08:48Tous les groupes sont d'accord pour dire qu'il faut évidemment rendre hommage à Samuel Paty.
08:54Néanmoins, il y a une petite réflexion de Fatoumata Kone,
08:57la présidente du groupe écologiste au Conseil de Paris, juste avant le vote.
09:00« Je vais te rappeler qu'une délibération qui date du 9 décembre 1938
09:05précise qu'il n'est pas autorisé de dénominer une voix au nom d'une personne
09:11qui est décédée depuis moins de 5 ans. »
09:13Et là, on voit qu'Anne Hidalgo est crispée.
09:15« Je regrette votre position. »
09:17Et reproche à Fatoumata Kone, cette prise de parole qui semble donner l'impression
09:22que les écologistes restent quand même réservés sur cet hommage.
09:26Le vote a lieu et il apparaît qu'il y a des élus qui votent contre cet hommage
09:30ou qui s'abstiennent. Et très vite, vu la réserve émise par Fatoumata Kone,
09:34des élus vont laisser entendre que ce sont les écologistes
09:37qui finalement se sont retirés du vote et n'ont pas voulu voter l'hommage à Samuel Paty.
09:42« J'avais précisé lors de ma prise de parole que le groupe écologiste de Paris
09:47votait pour ce vœu, ce qui a été le cas.
09:49Donc je voudrais effectivement qu'on puisse démontrer
09:52que le groupe écologiste de Paris a bien voté pour ce vœu
09:55puisque la situation prend une ampleur vraiment désolante. »
10:03Il y a eu 141 votes pour, 20 abstentions.
10:06On sait pourquoi il y a eu autant d'abstentions sur cette idée
10:09qui semblait pouvoir mettre tout le monde d'accord ?
10:11« Quand on appelle très vite l'hôtel de ville pour savoir ce qui se passe,
10:14pourquoi il y a eu autant d'abstentions, la réponse qu'on nous fait c'est
10:17« non, non, pas de panique, il y a eu un bug informatique,
10:20il faut rappeler qu'on est en pleine épidémie,
10:21que le Conseil de Paris se tient pour partie à distance pour certains élus.
10:25Donc tout ça fait qu'il y a eu un petit bug
10:27et le nombre d'abstentions et de votes contre n'est pas vraiment la réalité. »
10:32Anne Hidalgo est interrogée le samedi suivant sur ce sujet par BFM TV.
10:36« Anne Hidalgo ne dément pas l'information.
10:39Elle semble accréditer la thèse qu'effectivement,
10:42les écologistes ont voté contre l'hommage à Samuel Paty. »
10:46« Je leur dis, moi j'ai un problème, c'est votre rapport à la République.
10:50Ce problème de rapport à la République, il doit être clarifié. »
10:55« On a eu un certain nombre de crises où on a eu l'occasion de se dire ces choses
11:00-là
11:00et encore récemment sur Samuel Paty. »
11:09Et elle les invite même à progresser sur les questions de la République.
11:12Donc elle enfonce le clou, ce qui rend les écologistes parisiens fous furieux.
11:16« Ils disent quoi justement les écologistes parisiens ? »
11:18« Ils demandent des excuses. Ils veulent absolument qu'Anne Hidalgo revienne sur ses propos. »
11:23Il y a même Julien Bayou, le patron des écologistes,
11:25qui va lui dire qu'il faut absolument qu'elle arrête de laisser entendre
11:28que les écologistes n'ont pas approuvé cet hommage au professeur assassiné.
11:35Marianne Guéraud, à cette période,
11:37Anne Hidalgo organise des réunions régulières à l'Hôtel de Ville pour évoquer 2022.
11:42« Oui, c'est une petite cellule de proches qui se voient régulièrement autour de la mer de Paris.
11:48Alors il y a évidemment son directeur de cabinet, Frédéric Lénica.
11:52Il y a aussi son premier adjoint, son fidèle premier adjoint, Emmanuel Grégoire.
11:56Il y a Célia Blouel, aussi une ancienne élue écologiste
11:59qui est restée à ses côtés pour la campagne municipale de 2020,
12:04qui l'aide aussi à réfléchir au déroulé de la campagne.
12:08Et puis il y a aussi Jean-Louis Missica,
12:11qui a été le « spin doctor » d'Anne Hidalgo pendant la campagne de 2020
12:15et qui l'a beaucoup aidée à sa réélection.
12:18Dans l'édition du 6 janvier de Charlie Hebdo,
12:20dans une interview, la maire de Paris parle notamment de laïcité.
12:24Jusqu'ici, Anne Hidalgo, on l'entendait beaucoup parler dans les médias
12:27d'écologie, de toits végétalisés,
12:31de pistes cyclables, de nécessité de réduire la circulation.
12:34C'était un peu ses marqueurs en tant qu'élue parisienne.
12:38Et puis là, on voit qu'elle prend la parole sur des sujets plus régaliens,
12:43puisqu'elle évoque la laïcité.
12:45Donc on comprend bien qu'elle est en train quand même de se déporter
12:47de son identité de maire de Paris
12:50vers une identité de candidate à la présidentielle.
12:55Julien Dufay, le 11 janvier,
12:57le Parisien révèle qu'Anne Hidalgo va lancer une plateforme présidentielle.
13:01De quoi s'agit-il ?
13:02C'est une plateforme qui s'appelle « Idées en commun ».
13:05C'est une structure.
13:06Alors ses proches disent que ce n'est pas un fan club Hidalgo,
13:09ce n'est pas une écurie présidentielle, en tout cas pas encore.
13:11En fait, c'est une structure qui est créée pour fédérer autour d'Anne Hidalgo,
13:16fédérer des intellectuels, des économistes, des têtes pensantes
13:20qui vont pouvoir phosphorer et lui apporter des idées,
13:23mais aussi fédérer des forces militantes,
13:25puisque l'idée c'est de créer des comités locaux partout en France
13:28pour appuyer sa candidature.
13:30Elle explique pouvoir s'appuyer sur des élus socialistes,
13:33comme des maires ou des présidents de région.
13:35Oui, elle a récemment dit qu'elle voulait constituer
13:38une équipe de France du FER, F-A-I-R-E, à partir de grands élus.
13:42Alors c'est un mélange assez subtil de nouveaux maires socialistes,
13:47mais aussi de personnalités assez emblématiques.
13:48Il y a Martine Aubry, la maire de Lille,
13:50avec qui elle a commencé la politique quand elle était à son cabinet
13:53au ministère du Travail.
13:54Le maire de Dijon, François Ressamène,
13:55mais il y a aussi les maires de Rennes, de Nantes,
13:58le nouveau maire de Montpellier, Michael Delafosse,
14:00et qui ont chacun en charge des thématiques,
14:02donc éducation, logement, transition écologique.
14:06Bref, elle élargit son équipe au-delà de l'hôtel de ville
14:09et elle se structure clairement.
14:11Julien Dufay, à partir de février,
14:13Anne Hidalgo fait des déplacements en région.
14:15Et le premier, c'est le 19 février à Nancy.
14:18Oui, donc là encore, c'est à l'invitation
14:19d'un des nouveaux maires socialistes,
14:21une des figures du Parti Socialiste, Mathieu Klein.
14:24Donc elle va se rendre dans un hôpital,
14:27voir des soignants pour évoquer la question
14:30de l'hôpital public, elle va ensuite aller sur le campus
14:32à la rencontre d'étudiants,
14:33où elle va défendre l'idée d'un RSA jeune
14:36pour les moins de 25 ans.
14:38Donc là, on voit que l'objectif, il est double.
14:39Il est à la fois de s'investir sur les sujets nationaux
14:42et puis aussi de déparisianiser son image,
14:45d'aller sur le terrain au-delà du périphérique.
14:47Le jeudi 25 février, son premier adjoint,
14:49Emmanuel Grégoire, est sur France Info
14:51et il dit qu'Anne Hidalgo veut
14:53un confinement strict à Paris.
14:56Alors, on est quelques minutes après
14:58la conférence de presse de Jean Castec
15:00du 25 février, où il répète
15:02qu'il veut tout faire pour éviter un confinement.
15:04Et là, le premier adjoint, Daniel Hidalgo,
15:07à plusieurs reprises, va défendre
15:08un confinement strict
15:11dans la capitale
15:12de trois semaines.
15:14Ne faut-il pas mieux poser la question
15:16d'un durcissement du confinement
15:18à court terme, de façon à vraiment
15:20redonner de l'oxygène
15:21et avoir la perspective dans trois semaines
15:23de tout réouvrir ?
15:24Il va dire que c'est la seule solution
15:26et que les mesures de couvre-feu
15:29sont des demi-mesures
15:30qui sont à la fois inefficaces
15:31et qui pèsent sur le moral
15:32des Parisiens et des Français.
15:34Marianne Guéraud, que se passe-t-il
15:36dans les jours qui suivent ?
15:37Très vite, cette proposition
15:38d'Emmanuel Grégoire va être critiquée,
15:40en fait, parce que ça apparaît
15:41comme une décision prise par Paris seule,
15:45alors que Paris confinée seule
15:47dans la région Île-de-France,
15:48ça n'a aucun sens.
15:49Et puis là où Anne Hidalgo
15:51reproche au gouvernement
15:52de ne pas consulter,
15:53on a l'impression que Paris
15:55décide aussi seule
15:56de défendre cette position
15:57de confinement.
15:58Et puis le gouvernement
15:59ironise un peu
16:00parce qu'ils disent
16:01que sur le plan sanitaire,
16:03ça n'a évidemment aucun sens
16:05et que la fermeture strict,
16:07le confinement strict
16:08de trois semaines
16:08ne suffirait pas
16:09pour pouvoir reprendre ensuite
16:10une vie normale
16:12en rouvrant café, restaurant
16:14et lieux culturels.
16:15Donc ça fait tout de suite
16:16un bad buzz, comme on dit.
16:18Et Anne Hidalgo le sent bien
16:20et va dire à Emmanuel Grégoire
16:21qu'il doit faire marche arrière
16:23et revenir sur ses propos
16:24pour dire que ça n'était
16:26qu'une hypothèse de travail
16:27mais absolument pas
16:28une demande formelle.
16:29Cette séquence est mauvaise
16:31pour l'image d'Anne Hidalgo ?
16:32Quand même, oui,
16:33parce que ça montre
16:33qu'il y a une sorte de cafouillage
16:35au sein de l'hôtel de ville.
16:37D'ordinaire,
16:38ils ne parlent que d'une seule voix,
16:39Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire.
16:40Donc là, on a l'impression
16:41que les deux ne se sont pas
16:43très bien accordés.
16:45Et puis surtout,
16:46quand l'idée d'un confinement strict
16:48avait été évoquée
16:49par le premier adjoint
16:50d'Anne Hidalgo,
16:51certains trouvaient ça
16:52un peu courageux finalement
16:54de parler d'un confinement
16:55que tout le monde redoute
16:56mais en disant
16:57c'est une mesure stricte
16:59qui s'impose
17:00et qu'il faut prendre maintenant
17:01plutôt que de laisser
17:02l'épidémie courir partout.
17:07Marie-Anne Guéraud,
17:08on parlait tout à l'heure
17:09des critiques de l'opposition
17:11au Conseil de Paris.
17:13Maintenant, en colise,
17:14plusieurs adjoints d'Anne Hidalgo
17:16critiquent son manque d'engagement
17:17dans la gestion de la ville.
17:18Il commence à apparaître
17:21au sein de l'équipe d'Anne Hidalgo
17:23que les décisions tardent à être prises,
17:26que certains arbitrages
17:28qui devraient être donnés
17:29par la maire de Paris
17:30ne le sont pas.
17:31Et puis que ça patine un peu
17:34en termes de consultation
17:35au sein de l'exécutif.
17:37Il y a même certains adjoints
17:38qui attendent toujours
17:39leur feuille de route.
17:39La feuille de route,
17:40c'est un peu ce qui permet
17:41à chaque adjoint nommé
17:43par la maire de Paris
17:44de savoir quels vont être
17:45les grands dossiers.
17:46L'élection du Conseil de Paris
17:48a eu lieu en juillet 2020.
17:50Donc la montre commande à tourner
17:52et certains s'inquiètent justement
17:54que les directives
17:55ne soient pas aussi claires que voulues.
17:57Julien Duffet,
17:58vous interviewez Anne Hidalgo
18:00pour Le Parisien le 2 mars
18:01et elle revient sur l'annonce
18:02d'un confinement strict à Paris
18:04d'Emmanuel Grégoire
18:04quelques jours plus tôt.
18:05Elle ne répond pas sur le fond.
18:07Elle dit simplement
18:08que ça n'a jamais été
18:09une demande de sa part
18:10ou de sa majorité.
18:11Elle incrimine les médias.
18:13Elle dit qu'il y a eu
18:13un emballement médiatique.
18:14Donc elle ne désavoue pas
18:15clairement son premier adjoint.
18:17Est-ce qu'elle est confiante
18:18pour la suite ?
18:19Elle est assez confiante.
18:20Quand on l'interroge,
18:21elle doit recevoir le lendemain
18:22le prix de la personnalité politique
18:25de l'année qui est remis
18:26par le jury du Tombenoscope
18:27et elle insiste beaucoup
18:28sur les motivations du jury,
18:29le fait qu'elle ait résisté
18:30dans l'adversité,
18:31qu'elle ait été réélue
18:32un peu malgré les difficultés.
18:35Ça a l'air de la motiver
18:37et même quand on le fait remarquer
18:39les sondages qui ne sont pas très bons,
18:40elle dit que si elle avait écouté
18:41les sondages il y a deux ans,
18:42elle ne serait pas présentée
18:43à l'émarité de Paris,
18:44elle n'aurait pas été élue.
18:45Donc elle croit en sa bonne étoile.
18:47Quand est-ce qu'elle décidera
18:48de se lancer réellement ou non
18:50pour la présidentielle de 2022 ?
18:52Toujours dans cette interview,
18:53elle donne rendez-vous à l'automne.
18:54Elle nous dit qu'on aura peut-être
18:56des choses à se dire à ce moment-là.
18:57Donc elle veut, dans l'idée,
18:59multiplier les déplacements,
19:01installer l'idée d'une candidature,
19:03que ça infuse dans l'opinion
19:04pour si les sondages sont bons,
19:06si sa candidature prend,
19:08se déclarer à l'automne.
19:10Marie-Anne Guéraud, d'un mot,
19:11pour l'instant,
19:12c'est quand même un départ poussif
19:14pour Anne Hidalgo ?
19:15Elle est en train de poser
19:16les jalons de sa candidature.
19:18On ne peut pas encore juger
19:19de savoir si la candidature
19:22est solide ou pas.
19:23Là, elle en est à ses débuts.
19:24C'est un peu les valbutiements.
19:26Alors certes, on l'a dit tout à l'heure,
19:28l'enquête d'opinion dans le JDD
19:29montrait que 6 Français sur 10
19:31avaient encore une mauvaise opinion d'elle.
19:33Mais à côté de ça,
19:34elle progresse quand même.
19:35Le nombre de bonnes opinions
19:37de la population progresse de 5 points.
19:39En termes d'envergure précédentielle,
19:41c'est pareil, elle progresse là aussi.
19:42Elle gagne 7 points.
19:43Donc on peut dire qu'elle est en train
19:45petit à petit de s'installer
19:47dans la posture de futur candidate de gauche
19:51et les mois prochains diront
19:52si son pari peut être gagné ou pas.
20:03Merci à Marianne Guéraud et Julien Duffet.
20:06Cet épisode a été produit par Marion Bottorel
20:09et Thibaut Lambert.
20:10Réalisation, Julien Moncouquiol.
20:12Code Source est le podcast d'actualité du Parisien
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