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L’union de la gauche, le Nouveau Front populaire, est arrivée en tête des élections législatives. Les 174 députés élus vont dorénavant devoir rester unis pour faire face à plusieurs défis. Le premier est de se mettre d’accord sur un potentiel Premier ministre à proposer à Emmanuel Macron. Cet épisode de Code source est raconté par deux journalistes politiques du Parisien, Pierre Maurer et Julien Duffé.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : TF1, France TV, BFMTV, France 24.
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Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le nouveau Front populaire a réussi à faire élire le plus grand nombre de députés aux dernières élections législatives, les
00:18dimanches 30 juin et 7 juillet.
00:20Cette alliance de la France insoumise, du parti socialiste, des écologistes et des communistes, formée à la hâte malgré leur
00:28division au lendemain de la dissolution de l'Assemblée nationale, se retrouve désormais dans la perspective de gouverner le pays.
00:35Mais sans majorité absolue dans l'hémicycle, avec moins de 200 sièges, la gauche craint de ne pas pouvoir former
00:42un gouvernement seul.
00:43Code Source refait le film du nouveau Front populaire avec deux journalistes du Parisien, qui couvrent la gauche au service
00:51politique, Pierre Maurer et Julien Dufay.
01:08Julien Dufay, le mardi 9 juillet, une grande partie des députés tout juste élus ou réélus sous l'étiquette du
01:14nouveau Front populaire se retrouve pour la première fois après le second tour à l'Assemblée nationale à Paris.
01:19Quelle est l'ambiance sur place ?
01:21C'est une ambiance un peu particulière parce qu'il y a des nouveaux élus, notamment au sein du groupe
01:26du Parti Socialiste, qui fait plus que doubler son nombre de députés, avec l'arrivée notamment de François Hollande.
01:32On voit aussi passer Jean-Luc Mélenchon, qui n'est pas député, mais qui est là pour accueillir les députés
01:37insoumis qui font leur entrée.
01:39On a Olivier Faure, le chef du Parti Socialiste, qui vient d'annoncer qu'il est candidat au poste de
01:45Premier ministre.
01:45Donc on a une satisfaction des résultats, mais teinté quand même du brouillard qui règne sur la scène politique en
01:52général, qui fait que chacun se demande ce qui va se passer dans les jours qui viennent.
01:59On va voir ensemble comment la gauche a réussi à déjouer les pronostics de ses législatives et on parlera des
02:05défis auxquels elle est confrontée après le second tour du 7 juillet.
02:09Mais d'abord, reprenons cette histoire depuis le début.
02:11Le dimanche 9 juin, au soir des élections européennes, remportées par l'extrême droite de Jordan Bardella, en tête avec
02:18plus de 30% des voix,
02:20le chef de l'État, Emmanuel Macron, annonce la dissolution de l'Assemblée nationale.
02:25Il annonce convoquer de nouvelles élections législatives.
02:28Et dans les heures qui suivent, les voix de gauche, qui redoutent une victoire du RN, se lèvent pour appeler
02:35tous les partis à faire alliance.
02:37Julien Duffet, rappelez-nous comment émerge l'idée d'un nouveau front populaire et comment cette idée fait son chemin.
02:43Cette idée, elle émerge très vite au soir du 9 juin.
02:46C'est le député de la Somme, l'insoumis, critique de la direction LFI, François Ruffin, qui lance cette idée,
02:53le nom du nouveau front populaire.
02:55La crise de 1929, elle a débouché sur le nazisme en Allemagne, mais elle a débouché sur le front populaire
03:00en France.
03:00Il n'y a pas de fatalité, nous pouvons l'emporter.
03:02Moi, je préfère gagner ensemble que perdre ou diviser.
03:04On a quelques heures de flottement, forcément, notamment au QG de Raphaël Glucksmann, où tous les socialistes sont là.
03:10Ils ont à peine eu le temps de profiter de leur, entre guillemets, victoire, avec ce score de 14%, qu
03:16'ils doivent se plonger dans cette nouvelle alliance.
03:19Les heures qui vont suivre, ça va être des tractations, jusqu'à aboutir à cette réunion entre les quatre chefs
03:24qui vont former le nouveau front populaire.
03:28Pierre Morer, à cet instant, les écologistes, les socialistes, les communistes, acceptent de passer outre leur profonde division avec la
03:36France insoumise.
03:37Oui, parce qu'on se souvient quand même que la première alliance des gauches qui a été formée en 2022,
03:42la nouvelle union populaire, écologique et sociale,
03:45avait pris fin au mois d'octobre-novembre 2023 à cause des différends entre les quatre parties de gauche.
03:52Et en fait, au soir du 9 juin, sidérés par les résultats de l'extrême droite,
03:57tous les parties de gauche se rendent compte que leur seule solution, rapidement, ça va être de se retrouver tous
04:03ensemble.
04:04Donc il y a quand même un peu de réflexion entre les uns et les autres.
04:06Par exemple, au début, les socialistes refusent de parler aux insoumis.
04:10Les insoumis dialoguent plutôt d'abord avec les écologistes, qui font un peu le tampon entre les quatre parties de
04:17gauche.
04:18Et puis lundi, en fin de journée, les quatre formations de gauche arrivent à se mettre autour de la table.
04:22Une fois que ce nouveau front populaire est constitué, dans les jours qui suivent,
04:27les responsables des partis tentent de s'accorder sur un programme de gouvernement et des candidatures uniques dans chaque circonscription.
04:34Les négociations sont longues et très difficiles.
04:37Des candidatures uniques, c'est très important pour éviter la dispersion des voix.
04:42C'est-à-dire que si dans une circonscription, il y a plusieurs candidatures de la gauche,
04:46ils ont moins de chances d'accéder au second tour.
04:49Ça va durer un peu plus de quatre jours et quatre nuits où les négociateurs ne dorment pas ou quasiment
04:55pas.
04:56Les négociations, elles tournent autour de deux choses.
04:59D'un côté, la répartition des circonscriptions pour chaque partie,
05:03qui est un peu le nerf de la guerre, c'est les insoumis qui en obtiennent le plus.
05:07Et de l'autre côté, le fond du programme, puisque se joue en fait en coulisses une bataille entre LFI
05:15et Place Publique,
05:16le petit mouvement de Raphaël Glucksmann,
05:18qui veut imposer des lignes rouges claires dans ce nouveau programme du nouveau front populaire,
05:25pour que ce ne soit pas celui de Jean-Luc Mélenchon.
05:27Nous avons réussi à proposer un véritable projet pour la France.
05:31Un projet pour vous protéger d'abord.
05:35Le soir du jeudi 13 juin, les socialistes, les insoumis, les communistes et les écologistes
05:39annoncent qu'ils sont parvenus à s'entendre sur un contrat de législature, un programme.
05:44Que contient ce programme ?
05:46Il y a des mesures sociales assez fortes, puisqu'ils proposent notamment un SMIC à 1600 euros.
05:51Ils proposent aussi d'abroger la réforme des retraites.
05:55Ils proposent aussi l'abrogation de la dernière loi immigration.
05:59Il y a aussi le blocage des prix sur les produits de première nécessité.
06:03Ils proposent aussi des aides pour arriver à un objectif d'école gratuite.
06:08Et puis, sur le volet fiscal, ils proposent un retour de l'impôt sur la fortune et plus
06:15globalement, une imposition beaucoup plus forte des plus riches.
06:19Dans la foulée, le nouveau front populaire révèle chaque candidat qui a été choisi
06:23par circonscription.
06:25Et ces investitures donnent déjà lieu à quelques frictions.
06:28À la France insoumise, on va se rendre compte qu'il y a des investitures de sortant qui
06:33n'apparaissent pas.
06:34En clair, certains députés qui étaient trop critiques vis-à-vis de la direction de
06:38LFI et de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas reconduits.
06:42Alexis Corbière, en Seine-Saint-Denis.
06:44Raquel Garrido, également en Seine-Saint-Denis.
06:46Bref, très vite, on va parler d'une purge, c'est-à-dire d'une volonté de se débarrasser
06:51des éléments perturbateurs au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
06:55Ça va choquer, puisque ça donne quand même un signal qui est assez désastreux dans une
07:00campagne qui va être très courte et qui doit être quand même de l'avis général
07:03concentré sur le barrage au Rassemblement National.
07:06Ces candidats purgés vont quand même se présenter en dissidence face à des candidats
07:10officiels de la France insoumise et du Nouveau Front Populaire.
07:14Et donc, on peut dire que le Nouveau Front Populaire ne commence pas de la meilleure
07:18manière sa campagne.
07:19Pierre Maurer, pendant cette campagne pour les législatives, la France insoumise fait
07:23figure d'épouvantail à gauche.
07:25On en a déjà parlé dans un épisode de Code Source.
07:27Rappelez-nous pourquoi en quelques mots.
07:29Rapidement, en fait, les adversaires du Nouveau Front Populaire, que sont Emmanuel Macron,
07:34Elie Briel Attal et du côté du Rassemblement National, Jordan Bardella, accusent le Nouveau
07:39Front Populaire d'être rangé derrière Jean-Luc Mélenchon, ce qui factuellement n'est pas
07:44vrai, puisque Jean-Luc Mélenchon ne domine pas le Nouveau Front Populaire.
07:48Et ils utilisent cette figure de Jean-Luc Mélenchon en accusant une bonne partie des
07:53candidats de LFI d'être des antisémites, en accusant d'autres d'être des éléments
08:00perturbateurs de l'extrême gauche, et en pilonnant le programme économique du Nouveau
08:05Front Populaire, en affirmant qu'il ne serait pas viable, il ne serait pas suffisamment
08:10chiffré ou beaucoup trop dépensier.
08:12Et en fait, Jordan Bardella, comme Gabriel Attal et Emmanuel Macron, utilisent la figure
08:17de Jean-Luc Mélenchon comme un repoussoir.
08:22La semaine suivante, les différents partis du Nouveau Front Populaire apparaissent en
08:26désaccord sur la manière dont ils vont devoir choisir leur Premier ministre en cas de victoire
08:31à ces élections.
08:33Julien Duffet, pourquoi c'est une question qui les divise déjà à ce moment-là ?
08:36C'est quand même une question hypothétique, parce que rien ne dit que le Nouveau Front
08:40Populaire va arriver en tête, mais là encore, c'est une question qui est agitée par les
08:43adversaires du Nouveau Front Populaire, qui se souviennent qu'en 2022, la NUPES avait
08:49fait campagne sur le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre ». Là, Jean-Luc Mélenchon,
08:53il souffle un peu le chaud et le froid en disant « je pourrais être Premier ministre, mais
08:56je ne m'impose pas ». Donc, il vient y avoir chez les opposants, mais aussi au sein même
09:00du Nouveau Front Populaire, cette question de qui, comme Premier ministre, qui va émerger,
09:05et de la manière dont on va le choisir. Pour Jean-Luc Mélenchon, qui reprend une
09:10position initiale d'Olivier Faure, le Premier ministre doit être issu du premier groupe
09:16du Nouveau Front Populaire, donc du groupe qui arrivera en tête. On ne le sait pas encore,
09:19mais il présume que ce sera les Insoumis. Olivier Faure, lui, va évoluer dans sa position
09:24et va dire « non, le Premier ministre devra être choisi par consensus au sein de la future
09:30coalition du Nouveau Front Populaire ». Et là aussi, par calcul, il estime que les
09:35députés seront majoritairement hors LFI et pourront choisir une figure plus consensuelle
09:40que Jean-Luc Mélenchon. Dans ce débat, c'est là encore la figure de Jean-Luc Mélenchon
09:44qui est clivante et hurtiquante à gauche.
09:47On en vient au dimanche 30 juin, soir du premier tour des élections législatives.
09:51Les premiers résultats dévoilés à 20h donnent le Rassemblement National et ses alliés
09:56en tête. Et c'est donc le RN qui arrive en tête de ces élections législatives
10:00avec 33% des voix suivies du Nouveau Front Populaire, l'Alliance de Gauche.
10:05Le Nouveau Front Populaire se hisse à la deuxième place. Julien Dufay, ce soir-là,
10:09vous êtes pour le Parisien à la soirée électorale du Parti Socialiste.
10:13Quelle est l'ambiance après les résultats ?
10:15C'est la stupeur face au score du Rassemblement National. On passe très vite en mode
10:20« il va falloir faire barrage avec un Front Républicain ». Ça apparaît très vite du côté
10:25du Parti Socialiste. Ça apparaît également chez les Insoumis. En clair, la gauche se met
10:30très rapidement d'accord sur un mot d'ordre commun. Il va s'agir dans toutes les
10:34circonscriptions où il y a trois candidats qualifiés pour le second tour, on appelle
10:39ça des triangulaires, et où le Rassemblement National est arrivé en première position de
10:44retirer le candidat du Nouveau Front Populaire, qui généralement est arrivé en troisième position.
10:49« Nulle part, nous ne permettrons au RN de l'emporter, et c'est pourquoi, dans l'hypothèse
10:57où il serait arrivé en tête, tandis que nous ne serions qu'en troisième position, nous
11:03retirerons notre candidature ».
11:05Ça permet de faire un Front Républicain, c'est-à-dire qu'on espère que le report des voix du
11:11candidat
11:12de gauche, qui ne figurera pas sur la ligne de départ au second tour, se reportera sur
11:16le candidat soit LR, soit Ensemble, et fera ainsi barrage au candidat du Rassemblement
11:22National et empêchera son élection.
11:26Est-ce qu'il y a beaucoup de désistements ?
11:28Il va y avoir 120 désistements côté Nouveau Front Populaire, 200 en tout, puisque Ensemble,
11:33le camp présidentiel va aussi opérer un Front Républicain. Ça va permettre de faire baisser
11:39le nombre de triangulaires de plus de 300 à moins de 100, c'est-à-dire qu'on va écarter
11:45par ces désistements mécaniquement le risque d'une vague Rassemblement National au second tour.
11:50Pierre Maurer, pendant la campagne de l'entre-deux-tours, le mercredi 3 juillet, la patronne des écologistes,
11:56Marine Tondelier, déclare que la gauche doit se tenir, je cite, « prête à gouverner ».
12:01Qu'est-ce qu'elle entend par là ?
12:02Marine Tondelier, elle utilise l'argument de la victoire du nouveau Front Populaire face
12:07au Rassemblement National pour mobiliser ses électeurs. Donc elle se projette déjà
12:12dans le fait que l'alliance, le cartel des gauches devra gouverner.
12:17Donc aujourd'hui, c'est soit eux, l'extrême droite, soit nous. Et ça doit être nous. Et ça va
12:23être nous.
12:24Dans l'interview, elle va un peu plus loin, puisqu'elle commence à évoquer l'idée éventuelle
12:30d'une coalition avec d'autres partenaires que simplement les membres constituants
12:36du nouveau Front Populaire, sans encore en préciser ni les contours, ni le contrat exact
12:43de gouvernement qui présiderait à cette coalition.
12:47Pierre Maurer, en coulisses, pendant la campagne de l'entre-deux-tours, il y a un bras de fer
12:50pour savoir qui sera le parti le plus fort après le second tour. Pourquoi est-ce que c'est important
12:56?
12:56Le parti, au soir du second tour, à gauche, qui obtiendra le groupe parlementaire
13:02le plus important à l'Assemblée Nationale, sera celui qui sera en mesure de peser le plus
13:08pour la désignation du Premier ministre à Matignon. Et ça, tous les partis de la gauche le savent.
13:13Les socialistes et les insoumis en tête, puisque mathématiquement, ce sont ces deux partis
13:19qui doivent obtenir le plus de députés. Et donc l'enjeu pour les socialistes d'un côté,
13:24c'est de rattraper les insoumis en nombre de députés. Et pour les insoumis, c'est
13:29de ne pas perdre trop de députés et d'essayer d'en gagner pour conserver leur position de
13:34force sur la gauche.
13:36On en vient au soir du second tour. Dimanche 7 juillet, les premières estimations de
13:41la composition de la nouvelle Assemblée Nationale sont dévoilées à 20h.
13:51Julien Dufay, c'est une immense surprise pour la gauche. C'est une surprise énorme.
13:56Moi, je suis à la soirée électorale des insoumis, donc dans le nord de Paris, à la
13:59Rotonde. Il y a à partir de 19h15, quand tombent les sondages sortis des urnes qui
14:04se succèdent et où apparaissent ces résultats très favorables au nouveau Front populaire,
14:09il y a une sorte d'incrédulité, de vertige un peu que je lis dans les yeux des responsables
14:14insoumis qui se disent « Ah, il va falloir peut-être gouverner maintenant ».
14:17C'est le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui prend la parole en
14:21premier à 20h05. Qu'est-ce qu'il dit ?
14:24Il veut fixer la ligne, il veut fixer le « là » un peu de la gauche et du coup,
14:30il
14:30va avoir un discours en trois points, qui sont ses leçons finalement des résultats.
14:34Il dit « Le président doit s'incliner », c'est-à-dire que c'est une défaite pour
14:37Emmanuel Macron.
14:38« La défaite du président de la République et de sa coalition est clairement confirmée. »
14:45La deuxième chose, il dit « Le Premier ministre doit s'en aller », Gabriel Tal ne peut
14:49pas rester à Matignon dans ces conditions. Et troisième enseignement pour lui, « Le
14:54président de la République doit appeler le nouveau Front populaire à gouverner dans
14:58les jours qui arrivent ».
15:02Est-ce que c'est vraiment une victoire dans les urnes comme il le revendique ?
15:06C'est tout le débat de ces jours-ci et je pense des jours à venir. C'est-à-dire
15:10que certes, le nouveau Front populaire est arrivé en nombre de sièges en tête, mais il n'a
15:17pas de majorité absolue et loin de là. C'est-à-dire qu'il lui manque 100 sièges pour obtenir
15:22ces 289 députés qui permettent de faire passer des lois, de gouverner à l'abri d'une
15:28motion de censure, tout simplement de mener une politique de manière stable. On se souvient
15:33que c'était déjà très difficile pour Emmanuel Macron avec une majorité relative à 250
15:37députés de gouverner. Là, avec, on parle de 185-190 députés, ça paraît quand même
15:44très compliqué pour la gauche de pouvoir revendiquer un gouvernement sans s'allier
15:49avec personne.
15:50Les autres responsables des partis de gauche qui s'expriment à leur tour pendant la soirée
15:54du second tour, est-ce qu'ils sont tous alignés sur Jean-Luc Mélenchon ?
15:57Ils sont tous d'accord pour dire que la gauche est au centre du jeu, doit gouverner.
16:02Après, ils estiment qu'il va falloir dialoguer, discuter. Donc c'est des nuances qui s'expriment.
16:07Ils sont moins vindicatifs, on va dire, que Jean-Luc Mélenchon.
16:10Julien Duffet, dans le détail, quels sont les rapports de force au sein de l'Alliance
16:14après ce second tour ?
16:15Alors c'est un rapport de force qui est beaucoup plus favorable aux socialistes, qui
16:22avaient obtenu davantage d'investitures. Donc là, ils se retrouvent avec entre 60
16:27et 70 députés. C'est-à-dire qu'ils font plus que doubler leur nombre de députés
16:32qu'ils avaient dans la dernière législature. Les insoumis, ils stabilisent, on va dire,
16:37leurs effectifs. Ils sont autour de 70-75. Les écologistes, à plus de 30, ils maintiennent
16:44leur groupe, ce qui n'était pas gagné, puisqu'ils avaient fait quand même un résultat
16:47européen assez décevant. Et les communistes, eux, ils baissent en nombre de députés.
16:53Ils sont à 8 ou 9 députés. Mais grâce à l'apport de députés ultramarins, ils
16:56disespéraient conserver un groupe à l'Assemblée.
16:59C'est donc une bataille que se livrent la France insoumise et le Parti socialiste pour
17:03avoir le plus grand nombre de sièges ?
17:05Oui, c'est une bataille pour désigner la couleur politique du Premier ministre, insoumis
17:11ou socialiste. C'est une bataille qui va durer encore quelques jours, puisque la constitution
17:15finale des groupes, elle doit intervenir d'ici au 18 juillet. 18 juillet, c'est l'élection
17:21de la présidente ou du président de l'Assemblée nationale et les groupes doivent être constitués.
17:26Et jusque-là, PS et insoumis vont essayer de s'adjoindre de nouveaux députés. Côté
17:32PS, on parle de divers gauche, on parle de députés ultramarins. LFI aussi essaie de faire
17:38venir à elle des députés ultramarins. Il y a la question de ces fameux frondeurs insoumis
17:43ou de ces insoumis-insoumis, comme on les appelle parfois, François Ruffin, Clémentine
17:48Autain. Eux, ils ont déjà dit qu'ils ne siégeraient plus avec LFI. Donc est-ce que ça ne va
17:52pas
17:52faire baisser le contingent LFI ? Enfin, tout ça est encore très mouvant à l'heure où on
17:55se parle et crucial dans l'hypothèse où la gauche doit désigner un Premier ministre.
18:02Dès le lendemain du second tour, les responsables des partis tentent de s'accorder sur un nom,
18:07une personnalité à proposer comme Premier ministre et un hypothétique gouvernement.
18:11Pierre Morer, comment se passent ces discussions ?
18:14Tout d'abord, ces discussions, elles sont très secrètes, puisque pour qu'elles aboutissent,
18:20il faut éviter les fuites. Donc il y a les insoumis qui poussent le nom de Clémence Guettet,
18:25qui était l'architecte du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon en 2022. Les socialistes,
18:31eux, répondent aux insoumis en mettant en avant leur premier secrétaire, Olivier Faure.
18:36Et puis ensuite, les discussions, elles portent aussi sur le rapport de force au sein d'un hypothétique
18:42gouvernement du NFP qui obtient tel ou tel ministère régalien. Elles portent aussi sur
18:48la manière de gouverner de cet hypothétique gouvernement. Il y a beaucoup de questions à
18:53trancher, de rapports de force à déterminer qui ne le sont pas encore, car les groupes parlementaires
18:59n'ont pas été clairement définis. Et donc ces discussions durent.
19:05Le mardi 9 juillet, les membres du Nouveau Front Populaire publient un communiqué commun
19:09pour appeler Emmanuel Macron à se tourner, je cite, immédiatement vers eux pour leur permettre
19:14de former un gouvernement.
19:16C'est un devoir pour le président de la République d'appeler au gouvernement le Nouveau Front Populaire
19:23pour respecter la parole et le scrutin et le résultat des suffrages des électrices
19:29et des électeurs.
19:31Ils craignent que le chef de l'État ne le fasse pas ?
19:33Oui, en fait, à ce moment-là, quand ils publient le communiqué, ils prennent à témoin
19:37l'opinion publique. Ils ont peur quand même que le chef de l'État arrive à nouer une
19:42majorité coalisée entre le centre du camp présidentiel et la droite des Républicains.
19:51Par exemple, il y a Olivier Marlex, l'ancien président du groupe des députés LR, qui appelle
19:57Emmanuel Macron à nommer un premier ministre issu des LR. Donc les membres du NFP voient
20:04bien qu'Emmanuel Macron et son camp cherchent des solutions qui lui permettraient de nommer
20:10un premier ministre qui ne soit pas issu du NFP. Et donc à ce moment-là, en fait, ils mettent
20:16la pression sur Emmanuel Macron pour qu'il appelle une personnalité issue de Laurent.
20:22Pierre Maurer, à ce stade, quel est le plus grand défi du Nouveau Front Populaire ?
20:26Tout d'abord, c'est de rester uni. Le Nouveau Front Populaire uni a plus de poids dans le
20:31rapport de force avec le camp présidentiel en étant soudé entre les quatre principaux
20:36partis de la gauche. Ensuite, à long terme, cette unité, elle risque d'être mise à mal
20:42puisqu'on l'a déjà vu pendant les élections présidentielles. Il y a des lignes de fractures
20:45fortes entre LFI, le PS, les écologistes et les communistes. Donc on ne sait pas combien
20:52de temps cette alliance va durer. On ne sait pas si elle va être en capacité de gouverner.
20:59Et puis il y a un horizon aussi qui se présente. C'est une prochaine présidentielle, soit anticipée
21:03si Emmanuel Macron démissionnait, soit en 2027. On sait que Jean-Luc Mélenchon, il voulait
21:08reformer une nouvelle Union Populaire, donc repartir en campagne autour de la France
21:14Insoumise. En face, il y a les autres, Olivier Faure, Marine Tondelier, Fabien Roussel. Et
21:19puis aussi, aujourd'hui, les anciens frondeurs de LFI qui sont François Ruffin, Clémentine
21:24Autain, Alexis Corbière, qui eux appellent à une stratégie différente de Jean-Luc Mélenchon.
21:29Donc, à long terme, on ne sait pas ce que le Nouveau Front Populaire va devenir.
21:42Merci à Pierre Maurer et Julien Duffet pour suivre toute l'actualité politique après
21:47les législatives. Rendez-vous sur leparisien.fr.
21:51Cet épisode a été produit par Barbara Gouy, Raphaël Puyot et Clara Garnier-Amourou.
21:57Réalisation, Pierre Chaffanjon. Si vous aimez nos épisodes, parlez-en autour de vous,
22:01laissez-nous des petites étoiles et des commentaires sur votre plateforme d'écoute préférée.
22:05Ne ratez pas les deux autres podcasts du Parisien, Crime Story, une affaire criminelle
22:10racontée chaque samedi et tous les mercredis, le Sacre, les confessions d'un ou une médaillée
22:15d'or olympique ou paralympique.
22:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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