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Le Rassemblement national est arrivé en troisième position des élections législatives alors que le parti était attendu en tête d’après les sondages. Cet épisode de Code source est raconté par deux journalistes politiques du Parisien, Alexandre Sulzer et Quentin Laurent.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : TF1, LCP, France TV, AFP
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00:01Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Arrivé en tête au premier tour des élections législatives, le Rassemblement National n'a pas obtenu la majorité qu'il
00:17espérait après le second tour du dimanche 7 juillet.
00:20Le parti d'extrême droite s'attendait, grâce à ses alliances et à de nombreux ballotages favorables, à décrocher au
00:27moins 200 sièges à l'Assemblée et devenir ainsi la première force politique dans l'hémicycle.
00:32Son président, Jordan Bardella, se préparait à devenir Premier ministre en cas de victoire.
00:37L'ERN et ses alliés terminent finalement à la troisième position, avec un peu plus de 140 députés élus, mais
00:45avec un nombre record d'électeurs pour un tel scrutin.
00:49Codesources revient sur la campagne du parti pour ses élections et sur ce revirement de situation avec Alexandre Sulzer et
00:55Quentin Laurent,
00:56ils couvrent la droite et l'extrême droite au service politique du Parisien.
01:08Alexandre Sulzer, le dimanche 7 juillet, vous êtes au pavillon Chénet-du-Roi dans le 12e arrondissement de Paris,
01:14où sont réunis des militants et les cadres du Rassemblement national pour vivre les résultats du second tour des législatives.
01:20Décrivez-nous l'ambiance à 20h lorsque les premières estimations sont dévoilées.
01:25Il n'y a pas d'ambiance en réalité, puisque les militants, depuis quelques minutes, reçoivent les premières estimations, les
01:31premiers sondages.
01:32On voit bien que les tendances ne sont pas bonnes, elles sont décevantes pour le Rassemblement national,
01:37par rapport en tout cas à ce qu'ils espéraient.
01:40Et quelques minutes avant le 20h, certains responsables demandent à des militants de bien vouloir quand même être volontaires
01:47pour se mettre à l'avant, pour les images, pour qu'il n'y ait pas de vide devant les
01:51caméras,
01:52parce que sinon ça serait désastreux pour l'image.
01:54Quelques-uns se dévouent, mais ils sont honnêtement une poignée, une quinzaine peut-être maximum,
01:58à aller devant avec des drapeaux pour les images.
02:01Mais la déception est quand même très grande, lorsque les résultats tombent,
02:06ce sont des cris de déception, de colère qui s'expriment.
02:08Je ne vous cache pas qu'on est un peu déçus, mais voilà.
02:14Tout le travail qu'on a fait en tant que militants, donc une grande tristesse ce soir.
02:23Pour bien comprendre l'immense déception du Rassemblement national,
02:26malgré l'arrivée de nouveaux élus à l'Assemblée,
02:28vous allez nous rappeler comment s'est déroulée cette campagne des législatifs pour le parti.
02:33Tout commence au soir des élections européennes, le dimanche 9 juin.
02:36La liste de Jordan Bardella arrive en tête avec plus de 31% des voix.
02:40Le président du RN appelle le chef de l'État à dissoudre l'Assemblée nationale.
02:45Ce que fait Emmanuel Macron, quelques minutes plus tard, à la surprise générale.
02:50Alexandre Sulzer, comment réagit l'état-major du RN face à ce coup de théâtre ?
02:54Il ne s'y attendait pas du tout.
02:56Appeler à la dissolution, c'était presque une figure de style pour le RN.
03:00C'était presque un élément de langage.
03:01À chaque fois qu'il y a une crise un peu politique ou un mauvais résultat,
03:04depuis des années, le RN appelle presque systématiquement à une dissolution de l'Assemblée nationale.
03:08Il pensait cette fois-ci que ce serait à nouveau la même chose.
03:11Et là, Emmanuel Macron leur dit « Ok, je dissous l'Assemblée nationale ».
03:15C'est une nouvelle qui prend de court, vraiment le RN, qui est très surpris par cette décision.
03:21La soirée est très vite écourtée et les cadres s'enfuient littéralement le plus vite possible.
03:27De l'autre côté de Paris, Porte de Saint-Cloud, au QG du Rassemblement national,
03:31où se tient en urgence une première réunion pour décider de la stratégie à mettre en œuvre
03:36et pour commencer tout de suite les premières investitures.
03:38Il est décidé que Jordan Bardella mènera cette campagne éclair pour les législatives
03:43et que c'est lui qui ira à Matignon en cas de large victoire du RN.
03:47Pourquoi lui et pas Marine Le Pen, la plus grande figure du parti ?
03:50Il y a deux marques en fait.
03:52Au Rassemblement national, il y a la marque Le Pen,
03:55qui plaît surtout aux classes populaires, aux historiques du FN,
03:58et la marque Bardella, qui plaît davantage aux plus jeunes, à un électorat plus senior également.
04:04Et le RN a remarqué que dans l'opinion, le ticket marchait bien.
04:07Donc ça fait des mois que le parti vend ce ticket-là en vue de la présidentielle,
04:13avec dans le rôle de la présidente, future présidente de la République, Marine Le Pen,
04:17et dans celui du Premier ministre, Jordan Bardella.
04:20Et Marine Le Pen dit qu'elle se projette dans ce costume,
04:23que Jordan Bardella se projette également dans ce costume,
04:26et il ne voulait donc pas changer cette répartition.
04:29Ce qui est vrai également, c'est que s'il était amené à arriver à Matignon,
04:32il y a une usure du pouvoir qui rendrait l'accès à l'Elysée plus compliqué,
04:37et ça, Marine Le Pen préfère que ce soit son poulain qu'elle-même,
04:40qui soit confrontée à cette corrosion du pouvoir.
04:44À ce moment-là, quel est le plan du RN pour tenter de remporter ces élections ?
04:48Le plan du RN, il est assez simple, c'est de mettre la figure de Jordan Bardella en majesté,
04:54dire que s'il est élu, ce sera lui le Premier ministre, un produit d'appel en quelque sorte,
04:58et très vite, ce qu'ils ont appelé le plan Matignon se met en place,
05:01c'est-à-dire des pré-investitures de candidats qui permettent d'être prêts en cas de législative anticipée,
05:08ce qui est le cas.
05:09L'objectif, c'est de mettre les meilleurs éléments, les meilleurs candidats, selon le RN,
05:14dans les circonscriptions les plus favorables à une victoire pour le RN.
05:17Comment sont choisis les candidats investis par le parti dans les différentes circonscriptions ?
05:21En fait, le RN a identifié 100 circonscriptions où ils ont failli gagner il y a deux ans,
05:27ils y ont mis leurs meilleurs éléments présents dans les fédérations,
05:31et à défaut, lorsqu'il n'y avait personne, parce qu'ils ont aussi des problèmes de ressources humaines,
05:35ils ont fait venir quelques responsables d'autres départements pour pouvoir s'installer,
05:40prendre le temps, ils pensent en avoir plus, ils pensent avoir trois ans pour le faire,
05:43avoir le temps de faire les marchés, de se faire connaître.
05:47Mais la priorité a été donnée à ces territoires, et beaucoup moins aux autres circonscriptions
05:51dans lesquelles le parti prend ce qu'il a sous la main,
05:54c'est-à-dire des éléments qui ne sont pas forcément extrêmement bien formés.
06:00Quentin Laurent, dès l'annonce de la dissolution,
06:02Jordan Bardella et Marine Le Pen tentent de faire alliance avec les Républicains.
06:06Oui, un des principaux problèmes du RN, c'est qu'ils n'ont pas d'alliés.
06:11Ils ont conscience que pour progresser, que pour essayer de conquérir le pouvoir,
06:14ils ne peuvent pas le faire seuls, qu'il faut se trouver des personnes avec lesquelles gouverner,
06:18et ils vont cette fois-ci réussir un coup assez important,
06:22puisque c'est Éric Ciotti, lui-même, deux jours après le scrutin des européennes,
06:26qui va annoncer sur TF1 qu'il veut nouer une alliance avec le RN,
06:31alors qu'il est toujours président des Républicains.
06:33Nous avons besoin d'une alliance, c'est le sens de la Vème République, nous le faisons.
06:38Une alliance avec qui, Éric Ciotti ? Une alliance avec Marine Le Pen, clairement, c'est ce que vous nous
06:41annoncez ?
06:41Une alliance avec le RN, avec ses candidats ?
06:45Il n'a prévenu personne, et la quasi-totalité des cadres du parti est fondamentalement opposée à cet accord.
06:53Le 16 juin, vous rencontrez Jordan Bardella, qui vous accorde une interview exclusive pour dévoiler son programme,
06:58et il fait savoir qu'il n'entend pas gouverner sans majorité absolue à l'Assemblée. Expliquez-nous ça.
07:04On lui pose la question, qu'est-ce qu'il se passe si le RN n'a pas la majorité
07:08absolue ?
07:09Parce que c'est une option qu'il fallait envisager, et là, il répond, il dit, voilà, si on n
07:13'a pas la majorité absolue,
07:14on ne réclamera pas Matignon. Parce que Jordan Bardella le sait,
07:18en situation de cohabitation avec une majorité qui serait seulement relative,
07:22ils n'auront pas les marges de manœuvre pour mettre en œuvre le programme.
07:25Parmi les mesures de son programme, on trouve la baisse de la TVA sur les énergies et le carburant,
07:31la suspension des allocations familiales aux parents de mineurs délinquants récidivistes,
07:36la suppression du droit du sol, ou encore la suppression de l'aide médicale d'État.
07:40Comment le parti s'y prend pour promouvoir ces mesures ?
07:43L'objectif principal du RN, ça a été de rassurer, de montrer qu'ils n'allaient pas être radicaux,
07:48qu'ils allaient être prudents, qu'ils n'étaient pas des extrémistes.
07:52Donc c'est pour ça qu'ils lisent, on verra en fonction de l'état des comptes,
07:56peut-être qu'on ne pourra pas faire tout ce qu'on avait prévu de faire,
07:59il faut être raisonnable, il faut regarder l'état des comptes du pays.
08:03Ils veulent à tout prix apparaître comme le camp rassurant, la figure un peu,
08:08ça peut paraître paradoxal, mais en fait modérée en face du camp pour eux,
08:12représenté par Jean-Luc Mélenchon, c'est vraiment l'image qu'ils veulent renvoyer,
08:16pour faire en sorte que le plus de gens possibles acceptent de voter pour eux.
08:19Dans les jours qui suivent, Jordan Bardella est bousculé au sujet du sort
08:23qu'il veut réserver à la réforme des retraites qui a été promulguée en 2023.
08:28Oui, en fait, Jordan Bardella a un petit souci, c'est que le projet du RN,
08:33c'est d'abroger la réforme d'Emmanuel Macron.
08:37Le problème, c'est qu'il a dealé également avec Éric Sauti,
08:40qui est lui favorable à une réforme beaucoup plus dure,
08:42donc c'est un exercice un peu difficile.
08:43Il s'en sort en mettant l'accent sur la priorité qui est donnée aux carrières longues,
08:49donc aux personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans,
08:51et il dit pour le reste, on verra à l'automne,
08:54on reviendra sur la réforme de Macron à l'automne,
08:56mais tout dépend un petit peu de l'audit, de ce que donne le fameux audit financier.
09:00Et il n'est jamais extrêmement clair sur le calendrier et sur l'objectif.
09:05Quand il expose le projet de Marine Le Pen, celui de 2022,
09:08de la présidentielle, il rappelle que dans certains cas,
09:13pour ceux qui ont commencé à travailler plus tard,
09:14l'âge de départ à la retraite sera également plus tardif.
09:17Et donc il est également attaqué, notamment par la gauche,
09:20et les frontières sont un petit peu brouillées.
09:21Le lundi 24 juin, Jordan Bardella confirme qu'il veut interdire
09:25aux personnes qui ont la double nationalité
09:27d'occuper des postes stratégiques au sein de l'État.
09:31Et cette mesure provoque des remous, Quentin Laurent.
09:34Oui, ça va très largement faire réagir notamment les oppositions,
09:37qui vont se dire de ce sujet-là, parce que ce faisant,
09:39il donne l'impression qu'il y a des Français qui sont plus Français que d'autres,
09:44et d'autres qui le seraient moins.
09:45Ça va avoir des répercussions assez importantes dans l'opinion publique,
09:49qui vont obliger Jordan Bardella à repréciser son propos,
09:52en disant que non, il n'est pas question d'être discriminatoire
09:55à l'égard des binationaux, ni même d'interdire la binationnalité.
10:00Le dimanche 30 juin, au premier tour des législatives,
10:03le Rassemblement National et ses alliés réalisent un score historique.
10:07Et c'est donc le Rassemblement National et ses alliés
10:10qui arrivent en tête de nos estimations avec 34% des suffrages...
10:14Historique parce qu'il fait plus que doubler ses voix
10:17par rapport aux législatives de 2022,
10:19et va envoyer un nombre assez important de députés
10:23au premier tour à l'Assemblée.
10:24Ils sont 38 députés RN élus au premier tour,
10:28et ça c'est complètement du jamais vu.
10:29Donc on peut déjà dire qu'au soir du premier tour,
10:32le score du RN est historique.
10:34Et les premières projections leur attribuent une très large majorité ?
10:38Les premières projections sont assez importantes pour le RN.
10:43On leur attribue en tout cas plus de 200 députés,
10:46parfois 250, 260.
10:48On n'est pas si loin de la majorité absolue
10:50qui est fixée à 289 députés.
10:52Donc à ce moment-là, Jordan Bardella le martel,
10:54il dit que la majorité absolue est atteignable pour le RN,
10:58et il faut que les Français nous la donnent au second tour des législatives.
11:04Dans la foulée du premier tour,
11:06le camp présidentiel et l'alliance des partis de gauche,
11:08le nouveau Front Populaire,
11:10s'organisent pour faire barrage aux candidats d'extrême droite
11:13qui se sont qualifiés au second tour.
11:15Oui, assez rapidement, l'union de la gauche,
11:18on va dire voilà, dans toutes les circonscriptions
11:19où il y a un risque d'élire un candidat à Rassemblement National,
11:23nous retirerons nos candidats.
11:25Il se trouve que la majorité présidentielle,
11:27l'ancienne majorité présidentielle,
11:28va faire de même quasiment dans toutes les circonscriptions,
11:31à l'exception de deux d'entre elles.
11:33Ces désistements vont avoir pour effet mécanique
11:35donc de abaisser le nombre de triangulaires,
11:38plus de duels dans lesquels le RN n'est pas toujours favori,
11:41dans lesquels il est plus dur de remporter des élections,
11:44et ceci va faire que mécaniquement,
11:47le nombre possible de députés Rassemblement National va baisser.
11:50Alexandre Sulzer, comment le RN entend répondre à cette stratégie de Front Républicain ?
11:55La stratégie, c'est d'inverser la diabolisation.
11:59Pendant longtemps, le Front National, devenu Rassemblement National,
12:01a connu évidemment ce Front Républicain
12:03qui était une alliance des partis républicains
12:05contre le danger de l'extrémisme.
12:07Et là, Jordan Bardella joue à Front Renversé.
12:10Il dit que le danger, c'est l'extrême gauche,
12:11c'est Jean-Luc Mélenchon, c'est le nouveau Front Populaire.
12:14Et donc, il s'érige en garant des institutions en barrage face à la violence
12:20que représenterait le nouveau Front Populaire,
12:23et en particulier la figure de Jean-Luc Mélenchon.
12:26Plusieurs candidats RN, en ballotage pour le second tour,
12:28se font remarquer pendant la campagne d'entre-deux-tours,
12:31soit pour leur déclaration passée,
12:33soit pour leur prestation dans les débats face à leurs adversaires.
12:37Oui, c'est quelque chose d'assez commun finalement au Rassemblement National.
12:40On retrouve des publications racistes, antisémites, homophobes,
12:46qui sont complètement contradictoires évidemment
12:48avec la stratégie de dédiabolisation affichée, revendiquée par Marine Le Pen.
12:54Par ailleurs, dans les débats dans les médias locaux,
12:57soit les candidats refusent de venir débattre,
13:00ou quand ils viennent, offrent des prestations qui ne sont vraiment pas à la hauteur,
13:05ne savent pas à quoi répondre,
13:06ou alors, quand ils répondent, restent scotchés à leurs feuilles avec des éléments de langage.
13:11De quels impôts, quelles taxes sur les entreprises voulez-vous baisser ?
13:14Toutes les taxes qui sont liées à...
13:19Donnez-nous un exemple.
13:20C'est des fois dans des territoires où ils n'ont pas de chance de victoire,
13:24là où le RN n'a pas mis forcément ses meilleurs éléments.
13:27Le problème pour le Rassemblement National,
13:29c'est que ça fait des séquences évidemment qui tournent beaucoup sur les réseaux sociaux,
13:33et ça entache l'ensemble du parti.
13:37On en revient au début de cet épisode, le second tour des législatives,
13:41dimanche 7 juillet, après 20h, ambiance de défaite à la soirée électorale du RN à Paris.
13:47Alexandre Sulzer, sur les coups de 20h30,
13:49Jordan Bardella monte au pupitre.
13:51Qu'est-ce qu'il faut retenir de son discours et de son attitude ?
13:55Il est déçu, il ne le cache pas, avec un discours teinté d'amertume,
13:59où il dit que c'est la faute aux caricatures, à la désinformation,
14:03c'est ça qui aurait coûté la victoire au RN,
14:06ainsi qu'une alliance des contraires au sujet du Front républicain.
14:10En dépit d'une campagne de second tour marquée par des alliances politiciennes contre nature,
14:15destinées à empêcher par tous les moyens les Français de se choisir librement une politique différente.
14:20Et par ailleurs, il prend date pour l'avenir, car il y a quand même du positif pour le RN,
14:26il gagne une bonne cinquantaine de députés,
14:29et il sait que le pays va se retrouver dans une situation de blocage,
14:32avec une crise de gouvernance, on ne sait pas évidemment qui va être Premier ministre.
14:37On s'attend à ce que les mois qui viennent soient des mois compliqués pour ceux qui prendront le pouvoir,
14:42et donc il pense que la prochaine fois, ce sera la bonne,
14:45en tout cas qu'il y a là des facteurs qui seront porteurs à moyen et long terme.
14:50De fait, c'est quand même une déception pour certains cadres du parti,
14:53ils s'attendaient vraiment à pouvoir gouverner ?
14:56Oui, alors certains étaient plus ou moins sûrs que d'autres.
14:59Jordan Bardella, lui, il croyait vraiment, effectivement,
15:01il pensait que la dynamique était là, il y a eu une dynamique aux européennes, très forte,
15:05il y a eu une dynamique au premier tour très forte,
15:07et donc il pensait que le deuxième tour des législatives amplifierait encore cette dynamique.
15:12Il ne croyait que modérément aux projections des instituts de sondage sur les sièges,
15:17puisque la dernière fois, il s'était trompé, et il avait raison de ne pas trop y croire,
15:20sauf que cette fois-ci, ils se sont trompés dans le mauvais sens pour lui,
15:23et avaient largement surestimé le nombre de sièges.
15:26Dans le détail, le RN et ses alliés ont réussi à s'imposer dans de nouvelles circonscriptions,
15:30mais il y a eu aussi des déceptions,
15:33comme par exemple Marie-Caroline Le Pen, la sœur de Marine Le Pen,
15:36qui a été battue d'un cheveu dans la Sarthe.
15:38Oui, alors au final, le RN gagne des départements dans lesquels il a l'ensemble des circonscriptions,
15:46il arrive à gagnoter des territoires dans des départements où il n'était pas présent jusqu'alors,
15:51mais il a également quelques grandes déceptions,
15:54certaines figures qui ne sont pas élues,
15:56et la vague n'atteint pas non plus toutes les régions,
16:00certaines régions restent entièrement imperméables encore au vote RN,
16:04comme la Bretagne, la Corse, les pays de la Loire.
16:07Avec 143 sièges, quelle est la marge de manœuvre pour le RN et ses alliés à l'Assemblée ?
16:13143 sièges, c'est beaucoup plus qu'auparavant,
16:16et déjà avec 88 députés, le RN influait dans les votes,
16:21il était très présent, il arrivait vraiment à peser dans les discussions.
16:25Là, il en a plus, donc il pèsera encore davantage.
16:28Néanmoins, ça ne permet absolument pas d'être déterminant,
16:32ça lui permet juste de se faire entendre.
16:36Alexandre Sulzer, au cours de la soirée du second tour,
16:39sur TF1, Marine Le Pen refuse de parler d'échec.
16:42Elle considère que ce second tour est une « victoire différée »,
16:47je la cite, pour son camp.
16:48Je vois que ce soir le RN et le parti politique qui est le premier de France,
16:53il est aussi le premier parti en termes de nombre de députés,
16:58et je vois surtout l'ensemble des fermants qui sont ceux de la victoire de demain.
17:03Qu'est-ce qu'elle entend par là ?
17:04C'est la même idée que celle exprimée par Jordan Bardella,
17:06c'est-à-dire que ce n'est pas pour aujourd'hui, c'est pour demain la victoire.
17:09Il y a eu près de 10 millions de personnes qui ont mis un bulletin RN dans l'urne.
17:15La configuration des législatives fait que ça n'est pas forcément converti en victoire en termes de siège,
17:21selon les territoires, mais à la présidentielle,
17:24chaque voix compte de la même façon sur l'ensemble du territoire français,
17:28et c'est bien de cette situation qu'elle compte profiter en 2027.
17:31Alexandre Sulzer, pendant des années, on a parlé du plafond de verre
17:35auquel se confrontait le Front National, puis le Rassemblement National.
17:38Après les résultats des législatives, est-ce qu'on peut dire qu'il existe encore ?
17:42Ce qui est sûr, c'est que le plafond de verre, Marine Le Pen a réussi à le rehausser à
17:46chaque fois un peu plus,
17:47en captant des électeurs dans des segments de population de plus en plus variés,
17:51que ce soit chez les seniors, dans les classes moyennes, moyennes supérieures,
17:57voire même un petit peu parmi les plus diplômées.
18:00Elle a réussi à étendre le vote aussi d'un point de vue géographique,
18:02en allant conquérir des territoires qui n'étaient pas les siens,
18:05des bassins qui n'étaient pas ceux du RN jusqu'alors.
18:08Néanmoins, ce que montre quand même le vote du second tour des législatives,
18:13c'est qu'il reste dans l'idée des Français que lorsque le RN s'apprête à prendre le pouvoir,
18:17parce qu'il n'a jamais été aussi proche que cette fois-ci de le prendre,
18:20il y a encore une majorité de Français qui peuvent se mobiliser pour l'empêcher de le faire.
18:38Merci à Quentin Laurent et Alexandre Sulzère.
18:41Pour suivre toute l'actualité politique après ces législatives,
18:44rendez-vous sur leparisien.fr.
18:47Cet épisode a été produit par Barbara Gouy,
18:49Raphaël Pueyo et Clara Garnier-Amourou,
18:52réalisation Pierre Chaffanjon.
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