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Le chef de l’Etat a remporté une nouvelle fois l’élection présidentielle face à Marine Le Pen, qui réalise un score jamais atteint par un candidat d’extrême-droite. Code source raconte la campagne de l’entre-deux-tours et décrypte la soirée du second tour.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Sarah Hamny et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : France 2, BFMTV, LCI.

#présidentielle #Macron #président

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Emmanuel Macron est réélu président de la République.
00:15Après cinq années de transformation, d'heures heureuses et difficiles, de crises exceptionnelles aussi,
00:25une majorité d'entre nous a fait le choix de me faire confiance pour présider notre République durant les cinq
00:32années à venir.
00:34Emmanuel Macron dans son discours de victoire au Champ de Mars devant la Tour Eiffel le dimanche 24 avril.
00:40Son adversaire Marine Le Pen rassemble 41% des suffrages, un score inédit dans une présidentielle pour l'extrême droite
00:47en France.
00:48Codesources refait le film du second tour de la présidentielle 2022, l'entre-deux-tours, la soirée électorale,
00:54avec trois journalistes du service politique du Parisien, Henri Vernet, Marcel Ovest-Fred et Alexandre Sulzère.
01:05Henri Vernet, Emmanuel Macron est reconduit pour un second mandat, un président français réélu, ça n'était pas arrivé depuis
01:1120 ans.
01:12Oui, depuis Jacques Chirac en 2002, quand il a été réélu face à Jean-Marie Le Pen.
01:16Et en fait, aussi bien Jacques Chirac en 2002 que François Mitterrand pour ce second mandat en 1988,
01:22tous les deux ont été réélus dans des périodes de cohabitation.
01:25Donc en fait, c'est carrément la première fois depuis le début de la Ve République
01:29qu'un président sortant est réélu en dehors de la cohabitation.
01:33Pour être tout à fait exact, c'était aussi le cas du général de Gaulle en 1965,
01:37sauf que pour son premier mandat, il n'avait pas été élu au suffrage universel qui n'a été introduit
01:42qu'en 1962.
01:43En même temps, c'est une victoire en demi-teinte pour Emmanuel Macron.
01:4658% des suffrages contre 66 il y a cinq ans.
01:50Et surtout, le scrutin est marqué par une forte abstention, 28%, et beaucoup de votes blancs ou nuls.
01:56Une abstention record elle aussi.
01:58Alors là encore, il faut remonter très loin pour trouver un tel taux, un second tour de la présidentielle,
02:02qui est quand même l'élection suprême dans notre système de la Ve République.
02:06Il faut remonter à 1969, alors à l'époque, il n'y avait pas vraiment d'enjeu,
02:10parce que c'était un deuxième tour entre deux candidats de droite,
02:14Georges Pompidou et Alain Poher, bonnet blanc, un blanc bonnet, comme avait dit le candidat communiste à l'époque.
02:18Dans ce podcast, on refait le film de la campagne de l'entre-deux-tours.
02:22On remonte donc dans le temps, deux semaines plus tôt, le dimanche, 10 avril, c'est le résultat du premier
02:27tour.
02:27Emmanuel Macron et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour de la présidentielle.
02:31Emmanuel Macron, 28,6%, Marine Le Pen, 24,4%.
02:36Vous voyez, regardez, dans les quartiers généraux, dans les états-majors, les réactions, regardez.
02:43Marcel Oves-Fred, l'élément marquant de ce premier tour, c'est le score important du troisième homme,
02:48Jean-Luc Mélenchon, 22% et plus de 7 700 000 voix.
02:53Oui, Emmanuel Macron était au Touquet ce jour-là, il rentre tardivement sur Paris.
02:58Là, il s'enferme à l'Elysée avec quelques conseillers et un ou deux ministres.
03:02Et ils analysent ce bond de Jean-Luc Mélenchon.
03:05Alors, on savait que Jean-Luc Mélenchon arriverait troisième, c'était ce qu'indiquaient tous les instituts de sondage.
03:09Mais la surprise, c'est qu'il est haut, il y a eu un effet de vote utile très fort.
03:14Et donc, il va falloir parler à cet électorat.
03:17Et c'est là où Emmanuel Macron décide de changer son fusil d'épaule.
03:21Et au lieu de faire une campagne vraiment axée sur l'électorat à sa droite, il va changer et braquer
03:26les projecteurs vers la gauche.
03:28Alexandre Tulser, Marine Le Pen va elle aussi essayer de s'adresser à ses électeurs ?
03:32Oui, bien sûr.
03:33Elle considère que dans les patriotes, il y a une part d'électorat de gauche attachée aux questions sociales.
03:40Et elle a déjà fait campagne au premier tour en essayant de s'adresser à cet électorat populaire.
03:50Alexandre Tulser, au soir du premier tour, beaucoup de spécialistes estiment que cette fois-ci, Marine Le Pen peut potentiellement
03:57gagner cette élection.
03:58Elle a effectivement des réserves de voix non négligeables avec Éric Zemmour qui fait 7%, résultat décevant.
04:04Mais ça lui fait une réserve de voix qu'elle n'avait pas eue en tout cas en 2017.
04:08Et dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, une part non négligeable ne va pas forcément se reporter sur un
04:15vote Emmanuel Macron.
04:16Ce qui peut lui bénéficier, c'est ce qu'on appelle une sorte d'abstention différentielle.
04:21Elle peut profiter de la non-mobilisation de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon contre elle.
04:25Dès le lendemain du premier tour, Emmanuel Macron est en déplacement dans le département du Nord, à Denain et Carvin.
04:31Et il s'adresse là à un électorat populaire.
04:33Sur place, Marine Le Pen a fait de très bons scores.
04:35Alors, il infléchit sa position sur l'âge de départ à la retraite.
04:39Que dit-il en résumé ?
04:40Alors, il va tenter de ne pas se dédire complètement, mais d'introduire l'idée que sa réforme, le report
04:48de l'âge légal à 65 ans,
04:49pourrait s'arrêter à 64 ans, pourrait faire ce qu'il appelle une clause de revoyure.
04:53Il le dit sans le dire, il l'assume sans l'assumer, c'est un peu flou, mais ça commence
04:57à marquer une inflexion.
04:58Alexandre Sulzer, de son côté, Marine Le Pen est en visite à Soucy, dans Lyon, ville où elle est arrivée
05:03largement en tête.
05:04Elle vient y parler ruralité et pouvoir d'achat.
05:07Elle est un peu pris de court par Emmanuel Macron qui lui retourne très vite sur le terrain, de façon
05:11très offensive, comme vient de le dire Marcelo.
05:13Et elle improvise un déplacement qu'elle n'avait pas du tout prévu, qui sur la forme ensuite est extrêmement
05:19banale.
05:20Elle déroule ce qu'elle a déjà fait au premier tour, c'est-à-dire un déplacement de terrain sur
05:24le thème du pouvoir d'achat au plus près de son électorat.
05:26Alors que cette campagne de l'entre-deux-tours vient de débuter, est-ce que beaucoup d'hommes et de
05:30femmes politiques appellent à faire barrage au Rassemblement national ?
05:33Le front républicain, comme on l'appelle traditionnellement, est une expression qui est très peu reprise par la classe politique.
05:41Et aussi bien du côté de la France insoumise que du côté des républicains, c'est plutôt un appel à
05:47ne pas donner une voix à Marine Le Pen.
05:48Mais ce n'est pas un appel explicite à voter Emmanuel Macron.
05:52Dire qu'il ne faut pas une voix pour Marine Le Pen, ça laisse la possibilité aux électeurs de s
05:58'abstenir ou de voter blanc.
05:59Le lendemain, le mardi 12 avril, Emmanuel Macron est à Mulhouse, puis Strasbourg, et entre ces deux étapes, à Châtenoy,
06:06dans le Barin, il est interpellé assez violemment par un électeur.
06:09Vous êtes maciavélique, vous êtes manipulateur et vous êtes menteur en plus.
06:14Je n'ai pas peur de vous dire la vérité, mais je ne peux pas en plus.
06:16Jamais je n'ai voté Marine Le Pen, je vous ai donné un succès en 2017, mais je n'en
06:22donne pas un deuxième.
06:23Marcel Ovest-Fred, le président sortant, est bousculé en ce début de campagne.
06:27Il est bousculé et en même temps, c'est ce qu'il recherche à ce moment-là.
06:30C'est assez curieux, moi j'ai fait ce déplacement, notamment à Mulhouse, à un moment il y a des
06:34gens qui l'attendent derrière des barrières.
06:36Et il fait le choix d'aller voir d'abord ceux qui le contestent, qui l'eusent, il décide d
06:41'aller s'abîmer un peu.
06:42C'est-à-dire, il a bien vu qu'on lui a reproché de rester trop en surplomb, de ne
06:45pas faire campagne.
06:46Et là, il se dit, je vais montrer que je suis combatif et je vais aller au contact, d'autant
06:50qu'on m'accuse d'être arrogant, d'être déconnecté.
06:53Donc j'y vais.
06:54Alors ça donne des échanges qui sont intéressants sur le fond, mais ça donne aussi le risque un peu de
06:58dérapage ou le risque d'être à portée de baffe, comme il dit.
07:01Et ça donne des images qui tournent un peu en boucle ensuite sur les réseaux sociaux et qui ne sont
07:06pas simples à gérer pour le président candidat,
07:08parce qu'elles montrent au fond quelque chose qui existe dans le pays, qui est une colère à son encontre.
07:12Ce jour-là, Marine Le Pen dévoile une nouvelle affiche de campagne, très sobre.
07:16Le slogan, c'est « pour tous les Français ». Marine Le Pen est appuyée sur un bureau, presque assise.
07:21Ça ressemble à la photo officielle de président d'Emmanuel Macron.
07:25Clairement, le but, c'est de se donner une image de présidente Alexandre Sulzer ?
07:29Oui, bien sûr. L'idée, c'est d'avoir vraiment l'image la plus consensuelle possible.
07:34Et l'idée, là aussi, c'est de désamorcer toute tentative de front républicain, de montrer qu'il n'y
07:40a aucune raison d'avoir peur.
07:42Mais le même jour, pendant une conférence de presse qu'elle organise à Vernon, dans l'heure, elle perd son
07:46calme.
07:47L'intitulé de la conférence de presse, c'est « Démocratie et exercice du pouvoir ».
07:50Le but pour Marine Le Pen, encore une fois, c'est de rassurer.
07:53Elle veut montrer aux gens qui auraient peur de voter en faveur d'une candidate d'extra-droite que la
07:59démocratie sera respectée,
08:00qu'elle aura même un usage plus démocratique du pouvoir qu'a eu Emmanuel Macron, via les référendums, via la
08:07proportionnelle.
08:07Mais l'effet recherché n'est pas atteint, parce qu'à la fin de la conférence de presse,
08:12elle est interrogée par certains journalistes sur son refus d'accréditer des confrères de l'émission de TMC quotidien.
08:18Et là, elle assume le tri qu'elle fait.
08:20« Ça fait des années, si, si, si, c'est moi, c'est moi qui décide.
08:24Là, pour le coup, c'est moi, vous voyez, c'est... Ah ben oui, oui, non, mais il n'y
08:26a pas de problème.
08:27Mais j'assume encore, c'est moi qui décide, j'assume.
08:29Donc c'est moi qui ai décidé, il y a plusieurs années de cela, que quotidien était une émission de
08:35divertissement
08:36et que par conséquent, je ne me sentais pas obligée d'accréditer quotidien. »
08:42Et elle le dit avec un ton, les mâchoires serrées, qui rappellent un petit peu les Le Pen de la
08:46grande époque.
08:46Et l'effet est complètement contre-productif par rapport à ce qu'elle recherchait.
08:50Emmanuel Macron immédiatement s'engouffre dans la brèche.
08:53Il va voir les journalistes et il leur dit à ce moment-là, Marine Le Pen,
08:57elle s'enferme dans des hôtels pour faire des conférences de presse et regarder son rapport aux journalistes.
09:03« Quand la même personne, le même jour, dit, vous êtes journaliste, mais monsieur ne l'est pas,
09:08parce qu'il dit des choses qui ne me plaisent pas. On a le début d'une dérive autoritaire. »
09:11On voit bien à ce moment-là comment Emmanuel Macron, qui vraiment n'avait pas du tout fait campagne,
09:15tout à coup, il rentre dans l'arène et il décide de faire une campagne coup pour coup.
09:19Il ne la lâchera plus.
09:25Le lendemain, Marine Le Pen organise une conférence de presse à Paris sur son projet en matière de politique internationale.
09:32Alexandre Sulzer, ce jour-là, il y a aussi des manifestations d'étudiants à Paris ou encore à Nancy et
09:37Reims.
09:37Mais on est très loin des manifestations de 2002, suite à la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le
09:43second tour.
09:44« Dans les facs, c'est plutôt la gauche radicale qui se mobilise, sur un thème très différent de celui
09:49de 2002.
09:50Là, les slogans, c'est ni Le Pen ni Macron, donc sont renvoyés dos à dos les deux candidats.
09:55Donc ça n'a pas du tout le même effet bénéfique pour Emmanuel Macron.
09:59En revanche, ce qui est vrai aussi, c'est que maintenant, dans les déplacements de Marine Le Pen,
10:02perd son paratonnerre préféré.
10:04Elle avait Éric Zemmour avant le premier tour qui incarnait beaucoup plus de radicalité
10:08et elle a pu finalement faire une campagne extrêmement tranquille avec très peu d'opposants.
10:11Ce n'était plus le cas à la fois dans l'heure, mais également lors de cette conférence de presse
10:15sur la diplomatie.
10:17Il y a des opposants qui s'infiltrent, qui manifestent et qui entachent son déroulé tranquille de campagne.
10:23Ce jour-là, le Parisien publie une tribune de sportifs qui appellent à faire barrage au Front National,
10:27de l'athlète Marie-José Pérec au basketeur Tony Parker,
10:30en passant par le handballeur Nicolas Karabatic.
10:33Marcel Ovest-Fred, est-ce que la société civile se mobilise ?
10:36On était quand même dans une campagne où il n'y avait pas de comité de soutien,
10:39où les artistes étaient restés très loin de tout ça.
10:42Et là, face à la menace d'une extrême droite au pouvoir,
10:46il commence à y avoir une mobilisation.
10:48Et ce sera le début d'une série de tribunes,
10:51des artistes, des féministes, des explorateurs, etc.
10:55Et Marine Le Pen, elle, tout de suite, d'ailleurs, tente de désamorcer ce type d'initiative
11:00en expliquant que tout ça peut débloquer des voix en sa faveur.
11:04Elle essaie de retourner ce côté un petit peu les institutions,
11:07les personnages connus qui appellent à voter Macron.
11:09Chers amis !
11:10Marine Le Pen qui tient son premier meeting de l'entre-deux-tours,
11:13le jeudi 14 avril, dans le Vaucluse, à Avigny.
11:15Et face à cette mobilisation de la société civile,
11:20des journalistes aussi, des articles de presse qui sont beaucoup plus incisifs
11:23sur les dangers, les dérives potentielles de son programme,
11:27elle réutilise des mots qu'elle avait complètement enfuis dans le premier tour.
11:30Elle parle de caste, d'oligarchie, de système.
11:33C'est-à-dire qu'elle reprend des tonalités populistes qu'elle avait largement perdues.
11:36Faire barrage aussi, mes amis, à cette caste qui nous gouverne avec arrogance.
11:42Ce pouvoir de quelques-uns au bénéfice de quelques-uns.
11:45Ce pouvoir de l'entre-soi, où règne cooptation, népotisme,
11:50qui illustre parfaitement les affaires MSC, McKinsey et bien sûr Alstom.
11:58Le 15 avril, les étudiants qui occupaient l'université parisienne de la Sorbonne
12:01ont quitté les lieux.
12:02La mobilisation aura duré une trentaine d'heures.
12:05Marine Le Pen, comme Emmanuel Macron, ont d'ailleurs dénoncé les blocages dans les universités.
12:10Marcel Ovest-Fred, le samedi 16 avril, dans l'après-midi,
12:13Emmanuel Macron est en meeting à Marseille depuis le jardin du Faro.
12:17Merci d'être là à Marseille !
12:19Et il présente le second tour comme un choix de civilisation face au danger de l'extrême droite.
12:24Cette fierté française, c'est cela.
12:27Ce n'est pas le grand rabougrissement.
12:29Ce n'est pas la grande division.
12:32Ce n'est pas la grande séparation
12:35qui consisterait à dire à des enfants nés sur notre sol,
12:39élevés dans notre République,
12:41qu'ils n'y ont plus leur place et qu'ils n'y ont plus leur droit.
12:44Dans ce meeting du Faro, il n'y a pas grand monde.
12:46Les organisateurs attendaient 4000 personnes.
12:48Et en fait, la pelouse est largement clairsemée.
12:52Mais des belles images.
12:53Et surtout, il profite de ce moment pour faire un nouveau virage.
12:57Cette fois-ci, c'est un virage sur l'écologie.
12:58Il propose que s'il est élu, il promet qu'il y aura un Premier ministre
13:01qui sera chargé de la planification écologique.
13:04Il reprend en gros les termes qui sont au cœur du projet de Jean-Luc Mélenchon.
13:08L'idée, elle est simple, c'est d'arriver à capter le maximum cet électorat
13:12en utilisant des idées qui étaient dans le programme de Jean-Luc Mélenchon.
13:17Alors, la politique que je mènerai dans les cinq ans à venir
13:22sera donc écologique ou ne sera pas ?
13:31Le samedi 16 avril, il y a des manifestations dans une trentaine de villes en France.
13:35Environ 10 000 manifestants à Paris.
13:37Mais là aussi, avec des slogans qui renvoient dos à dos les deux candidats.
13:42Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté !
13:45Alexandre Sulzer, le lundi 18 avril, Marine Le Pen est dans le Calvados à Saint-Pierre-en-Auge
13:50où elle est arrivée en tête au premier tour.
13:52Et elle revient sur son idée d'interdire le voile islamique dans l'espace public.
13:57Elle revient sur les modalités de cette interdiction
13:59en expliquant que finalement, cette interdiction vise à protéger les jeunes femmes
14:03de l'emprise des islamistes.
14:04Mais que finalement, les personnes âgées, les femmes plus vieilles qui le portent,
14:08ce n'est pas vraiment elles qui sont visées.
14:10Ce qui laisse le doute sur le fait qu'elle ait vraiment la volonté de l'imposer à tous.
14:16Elle entretiendra toujours un peu un flou sur sa volonté là-dessus.
14:19Pris un peu au piège quand même,
14:21entre la volonté encore une fois de parler à l'électorat de Jean-Luc Mélenchon
14:24mais aussi le fait de ne pas perdre celui d'Éric Zemmour.
14:27Le mardi 19, Jean-Luc Mélenchon est l'invité de BFM TV
14:30et Marcel Ovest-Fred, il se positionne pour les législatives qui approchent.
14:35Oui, c'est plutôt une surprise parce qu'on pensait que c'était terminé.
14:38Il avait dit qu'il arrêterait sa carrière.
14:40Il tente un coup en disant...
14:41Non seulement vous devez sécher vos larmes,
14:44mais la loi de la vie, c'est que c'est la vie qui est la plus forte.
14:47Et dans la vie, c'est le combat qui est le plus fort.
14:49Si bien que je suis venu ce soir vous dire une chose.
14:53Je demande aux Français de m'élire Premier ministre.
14:56C'est une façon pour lui, un, de rester dans le jeu,
14:58deux, de vouloir capitaliser sur le méga score qu'il a fait,
15:02ses 22% au premier tour,
15:04de solidifier ça en disant non, non, non,
15:05il y a un troisième tour à emporter,
15:07c'est celui des législatives en mois de juin.
15:09De leur côté, à ce moment-là, Marine Le Pen et Emmanuel Macron
15:12préparent leur débat télévisé de l'entre-deux-tours.
15:15Le mercredi 20, c'est le grand jour.
15:18En résumé, Marine Le Pen est défensive,
15:21Emmanuel Macron offensif,
15:22et aucun des deux ne commet de véritables faux pas.
15:26Ce que je voudrais vous dire, c'est que vous êtes très européano-centré.
15:30Non, je suis...
15:31Moi, l'image que j'ai de la France,
15:33c'est que c'est une puissance mondiale,
15:35pas seulement une puissance européenne.
15:36Vous êtes une nationaliste qui est plutôt pour le rabougrissement
15:39sur les frontières nationales.
15:41Vous n'avez pas parlé, l'autre jour,
15:42vous avez fait une conférence sur l'international,
15:44vous n'avez pas eu un mot sur l'Afrique.
15:45Marcel Oves-Fret, dès le lendemain,
15:47Emmanuel Macron est de retour sur le terrain.
15:50Déplacement à Saint-Denis, près de Paris.
15:52Il décide d'aller dans une ville très majoritairement mélenchoniste,
15:55comme d'ailleurs dans toutes les villes voisines
15:57du département de la Seine-Saint-Denis.
15:58Pour se frotter un petit peu aussi à des gens
16:00qui vont lui poser des questions un peu abrutes,
16:02parce qu'il veut travailler cette image-là
16:04pour essayer de paraître moins arrogant,
16:06qui a été la grande critique qu'on lui a faite,
16:07notamment à l'issue de son débat d'entre-deux-tours,
16:10dans une terre où il se dit qu'il a des voix à récupérer.
16:13Et le soir même, Marine Le Pen tient son dernier meeting
16:15dans le Pas-de-Calais, à Arras.
16:17Il y a 4000 militants d'après le Rassemblement national.
16:20Quels sont ses derniers arguments de campagne,
16:22Alexandre Sulzer ?
16:23Marine Le Pen fait un peu une session de rattrapage
16:25par rapport à la prudence dont elle a fait preuve dans le débat.
16:28Elle avait retenu ses coups.
16:30Là, elle cogne sur l'arrogance d'Emmanuel Macron.
16:34On a vu un Emmanuel Macron nonchalant,
16:38condescendant et d'une arrogance sans limite.
16:45Un président ne devrait pas se tenir comme cela.
16:50Et elle fait une anaphore à base de peuple de France.
16:52Elle appelle à une mobilisation générale anti-Macron.
16:57Alexandre Sulzer, au soir du premier tour,
16:59on disait que cette année, Marine Le Pen pouvait potentiellement l'emporter.
17:03Quelques heures avant le second tour, que disent les sondages ?
17:06A l'issue du premier tour, c'était quand même assez serré.
17:08L'avantage était quand même pour Emmanuel Macron.
17:11Et progressivement, dans l'entre-deux tours,
17:13cet écart s'est élargi, doucement mais sûrement.
17:16Et l'avantage semble clairement du côté d'Emmanuel Macron.
17:19Marcel Ovest-Fred, cet écart plus large dans les enquêtes d'opinion,
17:22aujourd'hui, vendredi 22 avril, est-ce que ça ne risque pas de démobiliser
17:26celles et ceux qui pourraient avoir envie de faire barrage au Rassemblement National ?
17:30Ça a été l'une des préoccupations majeures de l'équipe Macron,
17:34du début jusqu'à la fin.
17:35C'est-à-dire comment faire en sorte que ces gens, le 24 avril,
17:38fassent barrage à Marine Le Pen.
17:40Et la stratégie a été de rediaboliser au maximum Marine Le Pen
17:44pour montrer qu'il y avait un risque d'arriver de l'extrême droite au pouvoir.
17:49Ça a été le fil directeur de la campagne d'Emmanuel Macron pendant cet entre-deux-tours.
17:55Dimanche 24 avril, 20h, le résultat du second tour de la présidentielle 2022 est dévoilé.
18:00Et c'est Emmanuel Macron qui est réélu avec 58,2% des voix.
18:07Henri Vernet, on parlait au début de ce podcast d'Emmanuel Macron.
18:10Marine Le Pen, de son côté, ne réussit pas son pari de remporter l'élection présidentielle
18:15pour sa troisième candidature. Mais elle progresse par rapport à 2017.
18:19Environ 41% des suffrages exprimés, contre un peu moins de 34 il y a 5 ans.
18:25Henri Vernet, pour l'extrême droite en France, à la présidentielle, 41%. C'est du jamais vu.
18:30C'est un niveau qui n'a jamais été atteint. C'est une première complètement dans notre 5e République.
18:35Et on peut dire que c'est vraiment un signal d'alarme qui est lancé par tous ces électeurs.
18:39Sont-ils d'extrême droite ? D'ailleurs, non. On ne peut sans doute pas dire cela.
18:42On peut dire qu'ils choisissent une candidate qui est populiste, qu'ils sont en colère,
18:47qu'ils ont une défiance de grandes attentes vis-à-vis d'un système politique dont ils s'estiment exclus.
18:53C'est aussi un vote de défiance contre un président qui ne représente pas leurs intérêts, leurs attentes,
19:00qui est trop tourné vers une France plutôt des milieux aisés, plutôt de ceux qui vont bien dans la mondialisation.
19:06Il faut rappeler qu'en 2002, par exemple, Jean-Marie Le Pen avait fait au second tour 17,8%
19:11des suffrages.
19:12Marine Le Pen fait un carton en Outre-mer, près de 70% en Guadeloupe, plus de 60% en
19:18Martinique et en Guyane,
19:20près de 60% à La Réunion. Ça montre quoi ?
19:23Ça montre que la colère dont je parlais à l'instant est encore plus forte dans ces départements d'Outre
19:28-mer.
19:28C'est aussi le reflet malgré tout d'un mouvement anti-vax, anti-vaccin, qui s'est fortement exprimé pendant
19:34toute la crise du Covid
19:35et qui disait également non à la méthode Macron qui consistait justement à rendre le vaccin, sinon obligatoire, en tout
19:42cas de fait, incontournable.
19:43Marine Le Pen prend la parole rapidement après l'annonce des résultats vers 20h15, en direct du pavillon d'Armenonville
19:49dans le bois de Boulogne à Paris.
19:50Devant ses partisans, elle présente son score au second tour comme une éclatante victoire.
19:55Les idées que nous représentons arrivent à des sommets un soir de second tour d'élection présidentielle.
20:02Dans cette défaite, je ne peux m'empêcher de sentir une forme d'espérance.
20:07Je poursuivrai mon engagement pour la France et les Français avec l'énergie.
20:12Henri Vernet, elle peut vraiment faire un bon résultat lors des législatives des 12 et 19 juin ?
20:18Ou bien est-ce qu'elle vise déjà en fait la présidentielle 2027 ?
20:21La seconde option est peut-être la bonne. Et c'est d'autant plus étonnant que tout au long de
20:25ces derniers mois, elle avait laissé entendre.
20:27Elle avait même dit d'ailleurs qu'à priori, elle ne se représenterait pas à une nouvelle présidentielle.
20:32Et dans son camp, certains la voyaient même dans sa famille, où il y a eu beaucoup de trahison ces
20:36derniers mois,
20:37notamment au profit de son rival à l'extrême droite, Éric Zemmour.
20:40Beaucoup s'imaginaient que de toute façon, elle allait laisser de côté la vie politique après un nouvel échec.
20:47Et en fait, non, elle leur a apporté ce soir un cinglant démenti. D'abord en effet, en se gargarisant
20:52pratiquement d'un score qu'elle assimile elle-même à une victoire.
20:57Il faut reconnaître encore une fois que dépasser les 40% pour un mouvement d'extrême droite, c'est en
21:02effet une première.
21:03Il y a là une espèce de gage de succès pour son mouvement.
21:06Et les élections législatives ?
21:08Et c'est ça l'annonce importante de ce soir, c'est qu'elle annonce carrément qu'elle va mener
21:13cette bataille des législatives.
21:14Par conséquent, nous lançons ce soir la grande bataille électorale des législatives.
21:21Je mènerai cette bataille. Je le redis. Jamais je n'abandonnerai les Français. Vive la République, vive la France !
21:30Et elle dit bien que c'est elle qui sera en manette avec Jordan Bardella, son bras droit.
21:34Et puis elle appelle au rassemblement du bloc de droite, c'est-à-dire qu'elle vise bien évidemment le
21:41parti Reconquête,
21:42le nouveau parti d'Éric Zemmour. Elle vise les souverainistes de Nicolas Dupont-Aignan.
21:46Elle vise également toute la frange droitière dure de LR qui est un petit peu en décomposition
21:53après la débâcle de Valérie Pécresse au premier tour.
21:56Éric Zemmour, de son côté, a appelé à l'union des droites en vue du prochain scrutin.
22:00Union incluant, espère-t-il, le Rassemblement national, les Républicains et son mouvement Reconquête.
22:06Jean-Luc Mélenchon s'est lui aussi exprimé en direct. Il présente Emmanuel Macron comme, je cite,
22:12« le plus mal élu des présidents de la Ve République ».
22:16Et le leader insoumis exhorte ses partisans à lui donner une majorité à l'Assemblée nationale.
22:21Le troisième tour commence ce soir. En vous appelant à m'élire comme Premier ministre,
22:28je vous appelle en vérité à faire vivre un nouvel avenir en commun pour notre peuple.
22:35Henri Vernet, Jean-Luc Mélenchon rêve d'une cohabitation avec lui à Matignon.
22:40Est-ce qu'il peut vraiment rassembler la gauche lors de ce scrutin ?
22:43Ça paraît difficile. Tant cette gauche entre les écologistes, les socialistes et même les communistes,
22:48les alliés traditionnels de l'insoumis Jean-Luc Mélenchon, sont apparus totalement divisés.
22:53Ils ont passé toute la campagne à se jeter des anathèmes les uns les autres.
22:56Ils ont souvent fait campagne que ce soit Madame Hidalgo, Yannick Jadot, même Fabien Roussel dans une certaine mesure.
23:02Ils ont davantage passé de temps à taper les uns sur les autres et notamment tous sur Mélenchon
23:07plutôt qu'à avancer leur propre programme.
23:09Donc les voir d'ici au législatif de juin s'unir et former cette espèce de bloc
23:16qui pourrait amener Jean-Luc Mélenchon à être élu, comme il dit Premier ministre,
23:22on peut en douter. Chacun aura peut-être plus intérêt à préserver ses billes.
23:27Néanmoins, là où Jean-Luc Mélenchon n'est pas totalement dans l'utopie, c'est que quand on regarde le
23:31nombre de circonscriptions
23:32où la gauche, si l'on additionne les résultats des uns et des autres au premier tour de la présidentielle,
23:38atteint voire dépasse les 40 et 50 %, c'est un nombre assez considérable de circonscriptions.
23:43Donc sur le papier, un redressement de la gauche n'est pas totalement à exclure.
23:47En revanche, cette idée de Mélenchon, son fameux « élisez-moi Premier ministre »,
23:53outre que ça ne correspond pas du tout au système politique français, on n'élit pas un Premier ministre,
23:59de toute façon, outre cela, ça paraît de toute façon quand même très très difficile à atteindre.
24:04Peu après 21h30, entouré d'une vingtaine d'enfants, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte
24:09arrivent au Champ de Mars dans le 7e arrondissement de Paris, au son de l'Ode à la joie, de
24:13Beethoven, l'hymne européen.
24:15C'est là, devant la tour Eiffel, que l'entourage du président a préparé une fête, il y a entre
24:192000 et 3000 sympathisants.
24:21Dans son discours, Emmanuel Macron dit quelques mots sur celles et ceux qui ont voté pour lui,
24:26pour faire barrage à Marine Le Pen, il les remercie.
24:30Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi,
24:36non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite.
24:44Henri Vernet, est-ce qu'Emmanuel Macron a conscience qu'une bonne partie de ses électeurs du 24 avril
24:49n'ont pas voté pour lui par conviction ?
24:51Oui, il en est bien conscient. D'abord parce qu'en effet, on regarde le résultat et on voit que
24:56le vote utile
24:57qui avait joué très nettement au premier tour, qui avait porté à un tel score Jean-Luc Mélenchon,
25:02puisque la plupart des électeurs de gauche l'avaient choisi pour faire barrage à Marine Le Pen,
25:07la plupart de ceux qui ont voté pour lui aujourd'hui ont en effet agi par un réflexe.
25:13Alors le Front républicain, on dit beaucoup qu'il est mort, mais non, il a quand même encore joué un
25:17petit peu,
25:17en tout cas au niveau des électeurs. Donc ça montre quoi ?
25:20Ça montre que cette France, elle reste très divisée.
25:23Chez nous, aux Parisiens, nous faisons état de notre sondage Ipsos sur Prasteria,
25:27qui montre bien que le sentiment des électeurs, de l'ensemble des Français ce soir, est très mitigé.
25:3377% d'entre eux s'attendent à ce qu'il y ait dans les prochains mois des troubles ou
25:38des tensions dans le pays.
25:4020% d'entre eux nous disent que leur principal sentiment à l'issue de cette réélection, c'est un
25:45sentiment de déception,
25:47alors que 20%, le même chiffre, sont soulagés. Et 18% se disent même en colère.
25:52Donc on voit bien que c'est un pays qui est tout sauf apaisé, qui reste assez fracturé.
25:57Et ce soir, dans sa première intervention, Emmanuel Macron a des mots justement pour tenter de penser ses plaies.
26:04En tout cas, il dit qu'il va s'y atteler, qu'en quelque sorte, le score ce soir de
26:08l'extrême droite
26:09l'oblige à faire une politique de main tendue envers tous ceux qui, soit ont voté contre lui,
26:16soit ne se sont pas déplacés aux yeux.
26:18Et il promet, je cite, une ère nouvelle et une méthode refondée dans sa gestion du pays.
26:23À quoi il faut s'attendre ?
26:24Sans doute déjà beaucoup plus de concertation. Concertation avec la société civile, avec les partenaires sociaux.
26:29C'est vraiment ce qui a été reproché à Emmanuel Macron lors du premier quinquennat.
26:33C'est cette gestion très verticale des questions.
26:36Cette espèce presque d'autoritarisme parfois et absence totale de concertation avec, en gros, les forces vives, la société civile
26:45du pays.
26:46Il faut également s'attendre à ce qu'il redonne beaucoup plus de place à la vie politique, au Parlement,
26:52à la vie des partis politiques,
26:54qui sont en plus atomisés, en tout cas pour les vieux partis de gouvernement, les Républicains, le PS.
26:59Or, ce sont quand même des partenaires traditionnels.
27:01Donc il faut que tout cela se remette à marcher ensemble, que tous aient leur mot à dire.
27:06Justement, aujourd'hui, tout le monde pense aux législatives des 12 et 19 juin.
27:11C'est ce scrutin qui va déterminer la nature du second quinquennat Macron ?
27:14Oui, il va peser de tout son poids. Parce que soit le président verra qu'il a une majorité vraiment
27:20solide,
27:20mais comment sera-t-elle composée ? Lui-même, encore une fois, a insisté sur cet esprit d'ouverture.
27:25Il veut former une espèce de grande famille républicaine, centriste, libérale.
27:32Mais ça irait jusqu'au sociodémocrate à gauche et à la droite, à la frange, disons, plutôt libérale sur le
27:38plan économique des Républicains.
27:40Donc il a besoin de cette famille forte. Mais évidemment, il faudra compter avec le poids des oppositions.
27:46Alors on verra bien si Jean-Luc Mélenchon réussit ou non son pari d'avoir un bloc premier ministre, disons.
27:52Si à droite, l'alliance de toutes les droites, en tout cas de la droite dure, à laquelle a appelé
27:58Marine Le Pen ce 24 avril au soir,
28:00est-ce que cela, ça peut marcher ? Mais c'est vrai que de cet équilibre des forces, de ce
28:05nouveau rapport de force,
28:06se jouera le sort du deuxième quinquennat.
28:13Merci à Henri Vernet, Marcel Ovest-Fred et Alexandre Sulzer.
28:18Rendez-vous sur leparisien.fr pour nos reportages, nos analyses et les résultats du second tour de la présidentielle, ville
28:26par ville.
28:26Cet épisode de Code Source a été préparé par Sarah Amny, production Raphaël Pueyo et Thibault Lambert, réalisation Julien Moncouquiol.
28:34Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
28:38Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
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