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  • il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir sur les annonces de Sébastien Lecornu dans le signé consigné Sébastien Lecornu
00:05qui a annoncé à la fois le prolongement des aides pour certaines professions
00:09comme par exemple les marins pêcheurs ou encore les transporteurs routiers
00:12mais aussi un nouveau dispositif pour les grands rouleurs.
00:16Le gouvernement en se plaçant dans la logique d'accompagner la poursuite d'activités des entreprises
00:22qui sont en difficulté du fait de l'augmentation à la fois rapide et importante
00:29des prix du carburant se placent dans la bonne logique.
00:31Tout ce qu'on peut faire par exemple pour aider les pêcheurs
00:34qui sont très sensibles au prix du carburant compte tenu de la consommation très importante qui est la leur
00:38me paraît très bienvenue.
00:40Donc centrer ces aides sur l'aide à la poursuite d'activités sur le secteur productif
00:45c'est une décision qui me paraît responsable et intelligente.
00:49Voilà, Edouard Philippe donc qui approuve les mesures du gouvernement, des mesures ciblées.
00:54C'est le signé consigné comme chaque soir.
00:56Enfin on essaye, on cherche un conseiller face à vous ce soir.
01:01Alma Dufour, députée à la France Insoumise de la Seine-Maritime.
01:05Alors cette façon de cibler les aides avec ce nouveau dispositif pour les grands rouleurs
01:09je vais le détailler quand même rapidement parce que ça peut s'apparenter à une usine à gaz
01:13vous allez me dire ce que vous en pensez.
01:14Donc c'est pour les revenus modestes, pas plus de 17 000 euros par an
01:17une aide d'environ 20 centimes d'euros par litre pour environ 3 millions de Français
01:21c'est ce qu'a dit hier le gouvernement, une aide qui sera disponible fin mai
01:25mais aussi qui sera rétroactive sur 3 mois.
01:28Donc avril, mai, juin, il faudra la demander sur un portail internet
01:33alors qu'il pour l'instant n'est pas encore mis en place
01:36il sera mis en place à la fin du mois de mai.
01:38Donc c'est un dispositif pas simple à expliquer.
01:42Est-ce que d'ailleurs ceux qui vont bénéficier de cette aide la demanderont véritablement ?
01:46On sait qu'un plan grand rouleur avait été établi après la guerre en Ukraine beaucoup plus large
01:51et que beaucoup de Français n'avaient pas demandé l'argent.
01:53Vous en pensez quoi Charles ? C'est une usine à gaz ou c'est vraiment ce qu'il fallait
01:56faire ?
01:57Alors on peut soupçonner le gouvernement quand même de faire ça
02:00dans l'espoir que peu de gens s'inscrivent
02:04et que en fait ça leur permette de faire une annonce
02:08en disant qu'ils aident les Français qui sont dans la difficulté
02:12en espérant que peu de Français se manifestent pour bénéficier de cette aide
02:16et que ça ne coûte donc pas trop cher aux finances publiques.
02:20Moi ce que je pense, je l'ai déjà dit, c'est qu'il faut baisser les taxes sur l
02:24'essence.
02:25Mais là le gouvernement s'y refuse. D'où ces dispositifs ils ont en place.
02:29Il s'y refuse parce qu'il n'est pas capable de baisser les dépenses publiques
02:33parce que baisser les taxes sur l'essence, ça veut dire priver l'État de recettes.
02:38Et donc ça n'est possible que si on a des dépenses plus faibles.
02:43Or en France, je pense que depuis Raymond Barre, on n'a pas baissé les dépenses publiques.
02:48En réalité, il faut remonter très très loin avant d'avoir une volonté quelconque
02:53de baisser les dépenses publiques dans notre pays, ce qui est dingue.
02:56Ce qui moi me paraît complètement fou.
02:59Donc je serais favorable à baisser les taxes, supprimer la taxe écologique,
03:03d'abord, qui coûte à peu près 15 centimes par litre,
03:06qui finance des projets écologiques.
03:07Je pense qu'on peut la suspendre le temps de cette crise.
03:11Et même baisser les taxes de façon générale.
03:13Il y a, je crois, l'Espagne qui l'a fait, la Pologne qui l'a fait.
03:17L'Italie.
03:18Et substantiellement.
03:19Et l'Allemagne aussi.
03:20Pas de quelques pourcents.
03:21Donc je pense que c'est possible.
03:23Mais on n'a pas du tout un gouvernement qui est tourné vers la diminution des dépenses publiques.
03:31Donc ça ne fait pas partie de leur logiciel.
03:34Alma Dufour, que pensez-vous de ce dispositif grand rouleur ?
03:37Pour une fois, je suis assez d'accord avec M. Consigny.
03:40C'est un peu de l'arnaque.
03:41Déjà, ça va concerner.
03:42On a calculé 4% à peu près des Français.
03:47Encore faut-il qu'il le demande.
03:48Il y a beaucoup de critères.
03:50Alors que les prix ont explosé.
03:51Il faut faire au moins 15 kilomètres pour aller travailler en voiture.
03:53Je me suis amusée dans ma circonscription à calculer d'une ville à l'autre.
03:57Si vous bossez chez Renault, si vous êtes à Petit-Couronne, vous rentrez dans les critères.
04:01Si vous êtes à Grand-Couronne, c'est-à-dire la ville d'à côté, vous rentrez plus, vous êtes
04:03plus grand rouleur.
04:04Des choses quand même assez ubuesques et assez injustes pour les ménages.
04:08Ce décalage ahurissant.
04:09La crise, on la sent vraiment au prix à la pompe depuis fin février déjà.
04:13Avec des effets de seuil.
04:14Parce que quand on fixe des critères, il y a forcément des Français qui, pour quelques euros près, ne pourront
04:18pas y avoir droit.
04:19Exactement.
04:19Mais en plus, effectivement, Fortéa, déjà, est-ce que l'État, enfin ces gens-là, les gens qui sont serrés
04:24à la gorge par un diesel qui a 2,18 le litre, c'était 2,30 euros vendredi dernier.
04:30Enfin, est-ce qu'on va rembourser leurs agios, leurs prix ?
04:32Je veux dire, 30% des Français sont déjà à découvert le 17 du mois.
04:36Donc c'est vraiment urgent.
04:38La question est comment on fait pour baisser les prix ?
04:40Et c'est là où on n'est pas d'accord, M. Consigny et moi.
04:43Non, l'État n'est pas avare de baisse des dépenses publiques.
04:47Depuis 2 ans, il a coupé quand même 73 ans.
04:49Il a coupé plus de 70 milliards dans les dépenses publiques du budget de l'État.
04:52Là, on va encore avoir des baisses de crédit de 6 milliards d'euros.
04:55Mais c'est ce que coûte la guerre.
04:57Non, mais ce n'est pas anodin de voir qu'on va s'en prendre aux arrêts maladie.
05:00Là, on a échappé de justesse à une nouvelle mesure sur les chômeurs pour pénaliser les ruptures conventionnelles.
05:05Donc en fait, il faut que les gens comprennent quand on dit baisser la dépense publique, ça a un impact
05:09sur les gens.
05:09La question, c'est qu'il y a un acteur qui est pour l'instant laissé totalement de côté par
05:14les annonces du gouvernement.
05:15C'est notre grand énergéticien favori, c'est Total Energy, dont les profits se portent excessivement bien.
05:22Puisqu'en fait, ils ont spéculé à la hausse des prix avant même que le prix leur coûte vraiment plus
05:27cher.
05:27C'est-à-dire, fin février, ils avaient les cuves pleines, leurs cuves privées et les cuves stratégiques.
05:32Le prix leur avait coûté beaucoup moins cher.
05:33Ils ont commencé à faire monter le prix à la pompe à 2 euros le litre.
05:37Là, je vous montre un graphique.
05:39Ce graphique, il est très intéressant.
05:40La courbe orange en haut, c'est une courbe qui montre le prix à la pompe.
05:44Vous voyez la courbe bleue, c'est le prix du pétrole mondial, le prix du baril.
05:47Vous voyez qu'il y a une décorrélation de plus en plus forte.
05:50Pas vraiment ?
05:51Si, regardez.
05:52Ça commence, ça se suit.
05:54Ça, c'est le rapport.
05:55Ensuite, ça commence à décrocher.
05:56Et vous voyez qu'en fait, après chaque crise, le prix du pétrole augmente et ne redescend pas au niveau
06:01d'avant-crise.
06:01C'est ça qui s'appelle...
06:02Le prix de l'essence.
06:03Le prix de l'essence.
06:04C'est ça qui s'appelle la spéculation.
06:05C'est ce que dit Michel-Edouard Leclerc, d'ailleurs, pardon.
06:08Mais il dit...
06:09C'est pas lui qui se fait des manches sur le carburant.
06:10Ça va pas te baisser de si tôt, mais on reviendra pas au prix d'avant.
06:14Exactement.
06:14Et ce qui explique que Total Energy, pour en finir là-dessus, a battu des records de dividendes en 2021,
06:19en 2022, en 2023,
06:21ne paie pas d'impôts sur les sociétés en France,
06:23s'est fait 12 millions de profits par jour depuis le début de la crise,
06:27et ne contribue absolument pas...
06:29Ils avaient plafonné quand même à la pompe le prix de l'essence.
06:32Mais parce que justement, eux, les marges, ils les ont fait avant, en fait.
06:35Et c'est là, c'était le pire.
06:36C'était pas obligé de le faire.
06:37Oui, mais en fait, ils attirent des clients.
06:39C'est-à-dire que, comme disait M. Leclerc...
06:40C'est une offre commerciale.
06:41C'est eux qui font exploser les prix dans le raffinage.
06:43C'est notre seul raffineur.
06:45Ils attirent tous les clients, parce que c'est les seuls qui sont capables de baisser les prix.
06:47C'est comme la guerre qui fait exploser les prix.
06:49Oui, bien sûr.
06:50Et revenons-en.
06:50C'est pas dans l'étroit d'Orbouf.
06:51Et revenons-en.
06:51Parce que Donald Trump, on avait une discussion là-dessus, met le chaos dans le monde entier.
06:55Et depuis 2023, la Banque mondiale alertait sur la crise.
06:58C'est un autre sujet.
06:59Alors, Charles Consiglou.
07:00Moi, je pense qu'il faut être vigilant sur la tentation pour certains acteurs, notamment Total ou d'autres,
07:08de maintenir des prix élevés qui auraient monté grâce à la crise énergétique,
07:13de les maintenir une fois la crise passée.
07:16Donc la crise n'est pas terminée.
07:17Elle n'est pas terminée.
07:18Mais je pense que ça fait partie de la responsabilité du gouvernement de faire attention à ça.
07:25Néanmoins, Total n'est pas non plus en situation de monopole en France.
07:28Sur raffinage, oui.
07:29Et d'ailleurs, quand ils ont baissé les prix, quand ils ont plafonné les prix ces derniers mois,
07:34il y avait la queue dans les stations totales.
07:37Il y avait des ruptures de stock dans les stations totales.
07:39Oui, parce qu'eux se font tellement de marge en amont que ça ne leur coûte rien.
07:42Madame Dufour, moi, je veux bien que les entreprises soient systématiquement coupables
07:47de tout ce qui se passe dans notre pays.
07:49Sur l'inflation, oui.
07:52Les énergéticiens, oui.
07:53Je pense que c'est mieux quand même d'avoir quelques entreprises.
07:57À votre place, nous avons eu il n'y a pas très longtemps Clémentine Autain,
08:02qui était il n'y a pas très longtemps dans votre parti.
08:04En gros, ce qu'elle proposait, c'était de nationaliser la distribution d'essence en France
08:09via une grande politique de l'énergie.
08:12C'était dit assez pudiquement.
08:13Elle voulait à la fois surtaxer les entreprises pétrolières,
08:16mais en même temps, elle voulait les rationaliser, les nationaliser.
08:19Ce qui ne va pas ensemble, je suis d'accord avec vous.
08:21Donc bon, je ne pense pas du tout que le groupe Total et que ces grandes entreprises soient des angelots.
08:30J'espère bien.
08:30Et qu'ils ne recherchent pas le profit.
08:34Néanmoins, ce que j'observe quand même, c'est que vous, vous nous expliquez
08:38que par exemple, vous dites qu'on fait des économies en France
08:43puisqu'on s'attaque aux arrêts maladie et là, on a failli s'attaquer aux chômeurs, etc.
08:47On l'a déjà fait plusieurs fois.
08:48Le gouvernement l'a déjà fait plusieurs fois.
08:50Moi, je n'ai pas du tout la même approche.
08:52Et je pense que si on continue à gaspiller l'argent public
08:57dans des indemnisations sans fin d'arrêt maladie qui ne sont pas toutes justifiées
09:01et dans des indemnisations sans fin de période de chômage qui ne sont pas toutes justifiées,
09:06effectivement, on ne sortira pas la tête de l'eau
09:08et on pourra toujours taxer Total, le contrôler, le nationaliser,
09:13faire tout ce qu'on veut avec cette entreprise.
09:15Ça ne changera rien.
09:16Et je ne pense pas qu'on puisse sérieusement considérer
09:19qu'il y a eu ces dernières années des baisses de dépenses publiques.
09:22On a eu par exemple une augmentation du nombre de fonctionnaires sous Macron.
09:28On n'a pas réduit le nombre de fonctionnaires
09:30alors qu'on est un pays qui est un des pays au monde
09:33qui a le plus de fonctionnaires par rapport au nombre de citoyens.
09:36Il y a un chiffre que je cite souvent, c'est qu'on est 15 millions.
09:39Dans la richesse produite, ça ne veut rien dire.
09:40On est 15 millions de personnes en moins qu'en Allemagne
09:43et on a quand même un million de fonctionnaires en plus.
09:46C'est quand même intéressant comme ratio.
09:48Donc moi, ce que je veux dire,
09:49et on a continué effectivement d'en recruter, de créer des nouveaux postes.
09:53Et si on avait fait des économies supplémentaires,
09:55on pourrait aider davantage les Français aujourd'hui face à cette crise ?
09:58Oui, même si moi je pense...
10:00On aurait une marge manoeuvre plus importante.
10:01Mais moi je pense qu'il y a aussi une certaine fatalité dans la vie,
10:04que l'histoire est tragique.
10:06Ah bon, il faut supporter tout ça ?
10:07Oui, c'est facile quand vous habitez à 50 bandes de votre pays.
10:10Je pense qu'on n'est pas obligé d'amortir toutes les crises.
10:13Je suis partisan d'une politique plus dure.
10:16Moi je ne suis pas là...
10:17Alors, bon, je vais essayer de reprendre les choses.
10:19C'est ce qu'il vient de dire à la fin en disant, finalement, on n'est pas obligé.
10:21Il ne faut pas aider les Français à chaque crise.
10:23Non, non, c'est insupportable.
10:23Non, monsieur, c'est insupportable.
10:25C'est insupportable.
10:26Attendez, attendez, moi je vous raconte...
10:27Il y a quelqu'un qui paye ?
10:28Monsieur, monsieur, quand j'ai commencé en politique dans ma circonscription,
10:32c'était en 2022, on avait à peu près la même situation.
10:34Moi j'ai littéralement croisé des gens, des intérimaires notamment,
10:37qui par essence bossent, passez-moi l'expression,
10:40bossent plus loin de chez eux que d'autres.
10:43Arrêtez littéralement de travailler parce que le plein leur coûtait trop cher.
10:47On est aujourd'hui en rade de croissance parce que les Français sont pauvres.
10:51On n'arrête pas de le dire.
10:52Plus les Français s'appauvrissent, plus la consommation stagne,
10:55plus nos recettes baissent, plus notre économie va droit vers la récession.
10:59C'est ce que je n'essaie pas de dire.
11:00À la limite que les employeurs compensent pour les salariés qui habitent trop loin.
11:04Mais alors pourquoi ce n'est pas Total ?
11:06Parce que les employeurs...
11:08Mais l'État, il a les moyens ?
11:09La différence entre Total Energy et la PME du coin, c'est ce que je vous ai dit.
11:13Quatre fois le record des dividendes en 2022, c'était sur le podium,
11:16c'était la première entreprise du CAC 40 en termes de dividendes.
11:19En 2023 aussi, il me semble.
11:22Ce n'est pas à l'employeur, au petit employeur, à la petite PME industrielle,
11:26de surpayer des frais kilométriques alors qu'elle se fait 2% de marge,
11:30alors que Total Energy s'en fait 30%.
11:32C'est-à-dire que l'employeur prend déjà en partie le transport du salarié.
11:36Pourquoi pas ?
11:36Qui va payer ?
11:37L'État, est-ce que l'État peut encore baisser de l'argent public ?
11:42Je ne le pense pas.
11:43Il y a 60% de taxes quand même sur l'essence.
11:45Oui, mais je ne le pense pas.
11:46Ce que vous avez dit, ça veut dire couper dans les services publics.
11:48Mais non, ça ne veut pas dire couper dans les services publics.
11:51Mais bien sûr que si, monsieur.
11:53L'année dernière, l'austérité a coûté 5000 fermetures de classe en France.
11:57Mais quelle austérité ?
11:57Maintenant, 5000 fermetures.
11:59Mais quelle austérité ?
12:00Il y a de l'austérité en France, sérieusement.
12:02Monsieur, allez voir.
12:03Vous allez vous balader.
12:04Moi, dans ma circonscription, il y a des parents maintenant
12:06qui se retrouvent avec des enfants en classe de double niveau.
12:08Bon, maintenant, il y a moins d'élèves.
12:0935 élèves ?
12:10Non, c'est justement ce que je vous dis.
12:1130, 35 élèves en double niveau.
12:13Vous imaginez ce que vous avez dit ?
12:15Allez demander aux soignants s'il n'y a pas d'austérité en France
12:18quand il y a 1500 morts dans le couloir d'attente des urgences.
12:21Parce que l'argent public est peut-être mal fléché.
12:23Ça, je veux bien vous l'accorder.
12:25Ça, on se l'est dit aussi.
12:26Mais je suis désolé, on a un audiovisuel public à 4,5 milliards d'euros de budget par an.
12:30Ce n'est pas de l'austérité, ça.
12:31Je suis désolé.
12:32Si on était en austérité, on le privatiserait intégralement.
12:35Vous voyez ce que je veux dire ?
12:36Là, on ferait des économies.
12:37On ferait 4,5 milliards d'économies d'un coup.
12:39Mais quoi qu'il en soit...
12:44Les prix, au final, c'est ce qu'ils spéculent.
12:47Et donc, c'est les énergéticiens.
12:48Vous pouvez baisser les taxes à un moment.
12:50Mais qu'est-ce qu'il faut qu'ils fassent ?
12:52Il faut qu'ils vendent à perte ?
12:53Non.
12:53Et moi, je ne suis pas contre...
12:55Je n'ai jamais dit vendre à perte.
12:56On essaie de les comprendre.
12:57Et d'ailleurs, regardez, à La Réunion, les prix sont bloqués.
12:59On ne peut pas non plus les conduire à vendre à perte.
13:00Non, mais ça, il ne s'agit pas de vendre à perte.
13:021,70 le litre, c'était le prix juste avant la crise.
13:07Le pétrole est quasiment à 100 dollars le baril.
13:09Oui, mais ce qu'ils en produisent, Total Énergie, ils en produisent, ils maîtrisent toute la chaîne.
13:13Non, mais juste en un mot, ce que disent beaucoup d'experts de l'essence,
13:18et pas forcément des gens inféodés à Total,
13:21c'est que si on bloque les prix, la conséquence assez rapide,
13:25c'est qu'il y a des pénuries d'essence, tout simplement.
13:27Plus personne ne voudra nous vendre des produits.
13:29Est-ce que je peux vous répondre là-dessus ?
13:30Alors, la Croatie a bloqué les prix.
13:32La Tchéquie a bloqué les prix.
13:34Mais quand ?
13:35La semaine dernière, enfin depuis deux semaines ou trois semaines.
13:37La semaine dernière, en Tchéquie, le prix, il était à 1,78 le litre.
13:42Chez nous, il était à 2,30.
13:43Donc là, vous voyez bien la différence.
13:44À La Réunion, les prix sont bloqués depuis très longtemps.
13:47Bon, certes, c'est La Réunion, c'est un petit territoire.
13:49Néanmoins, voyez la différence.
13:50Des prix bloqués, c'est 1,54.
13:53Les prix de l'alimentation qui ne sont pas bloqués, c'est 100% plus cher qu'en France.
13:56Qu'est-ce qu'on fait, c'est des pénuries ?
13:57C'est 100% plus cher.
13:58Alors, la question des pénuries.
13:59Les pénuries, elles n'arriveront pas tout de suite.
14:01Évidemment, si on bloque les prix pendant 6 mois, 7 mois, 8 mois,
14:05là, la question va vraiment se poser.
14:07Et la question, mais qu'est-ce qu'on fait ?
14:09Qu'est-ce qu'on fait, effectivement, de Total ?
14:10Total qui, je le rappelle, eut été une entreprise publique.
14:15Non, non, mais attendez, parce que c'est intéressant.
14:16Vous voulez nationaliser Total ?
14:18Eh bien, si ils décident de faire du chantage à la pénurie.
14:21Moi, je suis désolé, dans une période géopolitique aussi tendue,
14:25où on doit planifier la transition écologique,
14:28je préfère mettre l'argent pour nationaliser Total
14:31que laisser Total ouvrir des nouveaux projets
14:34avec le responsable de toute cette crise,
14:36c'est-à-dire M. Donald Trump,
14:37le laisser faire des profits x4 depuis 10 ans
14:40et le laisser étrangler tous les travailleurs français.
14:42Pendant que nous parlons, le baril de pétrole
14:44a repassé la barre des 100 dollars.
14:47Donc, les prix moyens des carburants
14:50ne vont pas baisser dans les jours qui viennent.
14:52Je voudrais qu'on laisse tomber deux minutes
14:54ce problème de carburant, qui est loin d'être résolu,
14:58simplement pour vous montrer ce que vient de publier
15:00la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
15:03Elle vient de publier les déclarations patrimoniales
15:06des 30 membres du gouvernement de Sébastien Lecornu,
15:09ce qui permet de comparer leur situation.
15:11Alors, commençons par le Premier ministre.
15:13Alors, c'est vrai que tout est détaillé.
15:14On sait précisément ce qu'il a sur ses comptes.
15:16Alors, d'ailleurs, il y a un compte dans le rouge,
15:18son compte courant à la Brede, c'est moins 559 euros.
15:22Il a un livret A, comme beaucoup de Français,
15:24un contrat d'assurance-vie, une maison individuelle,
15:26mais visiblement, il a encore beaucoup à rembourser,
15:29plus de la moitié.
15:30Ça dit quoi, en fait, lorsqu'on publie ce type d'informations ?
15:34C'est intéressant de le savoir, Charles ?
15:37– Honnêtement, ça ne me passionne pas particulièrement.
15:39Et je n'ai d'ailleurs pas regardé ces déclarations.
15:42– Alors, regardez, vous avez le détail, là.
15:43– Le patrimoine, là, j'ai le détail pour Sébastien Lecornu,
15:46mais je ne l'ai pas pour les autres.
15:47– On va vous en donner d'autres.
15:49– Voilà, moi, je n'ai pas regardé ces chiffres.
15:52– Il a un patrimoine relativement modeste, j'ai envie de dire,
15:55pour quelqu'un qui a été sénateur, qui est Premier ministre.
15:57– Vous savez, ce que j'observe, d'abord, moi, ça ne me rassure pas particulièrement,
16:00mais ça ne m'inquiète pas non plus un homme politique qui n'a pas d'argent.
16:02– Alors, regardez, M. Papin, par exemple, qui a travaillé dans le privé, système U.
16:08– Et ça ne me scandalise pas que M. Papin ait plus de 8 millions d'euros de patrimoine.
16:12Pour moi, c'est relativement indifférent, si vous voulez.
16:16Ça ne me passionne pas outre mesure, ce que j'observe, en revanche.
16:19– Un bon ministre, c'est quoi ? C'est un ministre Poché ou un ministre riche ?
16:22– Mais peu importe.
16:24– Un ministre qui n'a pas de conflit d'interesse.
16:25– Mais peu importe. – Et là, M. Papin, il n'a confiance pas ?
16:27– Non, non, non, ce n'est pas ce que j'allais dire, mais juste, pour moi, il y a
16:29deux choses.
16:30– On va vous montrer d'autres patrimoines.
16:32– Déjà, le côté extrêmement élitiste d'une partie du gouvernement, là, on a vu, en fait…
16:37– Regardez M. Darmanin.
16:39– Attendez, mais juste pour finir, il y a quand même la moitié des ministres
16:41qui sont en potentiel conflit d'intérêts de par leur actionnariat.
16:44C'est ça, surtout. – Ah, voilà.
16:46– Non, mais c'est ça qui est intéressant dans la haute autorité de la transparence pour la vie publique.
16:49Et ça donne les actions que vous avez dans des entreprises
16:51qu'on est censé encadrer ou légiférer.
16:53Par exemple, il y a plus d'une vingtaine de députés qui sont actionnaires chez Total.
16:57– Mais ils ont quoi comme action ?
16:59– Mais même, je suis désolée, ça vous place dans une disposition.
17:01Vous savez que le nombre d'actionnaires en France, il est à peine de 2%
17:05par rapport au commun des mortels dont je vous parlais.
17:07Vous me disiez, ah oui, on va les laisser souffrir.
17:10– Mais d'ailleurs, Mme Dufour, on devrait encourager les gens
17:13à placer beaucoup plus d'argent sur les marchés plutôt que d'épargner
17:20sur des trucs qui ne rapportent rien.
17:22– Mais au moins qu'ils sont sécurisés, monsieur.
17:23– Ce serait en réalité, oui, mais ça c'est le problème justement.
17:25– Mais non, mais dites pas ça, on est au bord d'une crise financière, vous avez vu.
17:28– Vous entretenez la peur des gens.
17:30– Excusez-moi, le plateau d'avant était en train de dire qu'on est au bord de l'explosion
17:33mondiale.
17:34– Ah oui, alors dans ce cas-là, pourquoi tous les riches placent leur pognon
17:36comme des dingues sur les marchés financiers ?
17:38– Pour faire fortune, il faut mieux être sur les marchés financiers.
17:40– Ils ne le font que les autres dernières nouvelles, puisqu'ils se démerdent pour gagner beaucoup de pognon.
17:44– Ils peuvent gagner, ils ne sont pas à 10 euros près, ils prennent un risque.
17:49Et en plus, ils savent très bien que quand il y a un crash financier, il n'est pas bien
17:51sauvé tout le monde.
17:52– Moi, je suis contre cette logique, ce que vous dites est intéressant.
17:55Vous voyez, je n'ai même pas regardé non plus les conflits d'intérêts.
17:58Je sais que la HATVP est extrêmement sourcilleuse sur la question des conflits d'intérêts.
18:04– Ils ont raison.
18:04– Parfois jusqu'à l'absurde.
18:06– Moi, j'ai été contactée moi-même, c'était pour un compte où il y avait 3 euros
18:10de dents, mais c'est pas grave, ça ne me dérange pas.
18:12– Ça ne me dérange pas, j'estime que c'est ce que je dois à l'État.
18:18– Moi, je pense qu'il faut laisser des gens du secteur privé s'engager en politique.
18:22– Je voudrais revenir sur la publication.
18:24– Les macronistes, il n'y a que ça.
18:26– Mais est-ce que c'est intéressant, je voudrais revenir sur cette publication du patrimoine,
18:30c'est dans la loi, c'est la Tautorité pour la transparence de la vie publique
18:32qui avait été mise en place du temps de François Hollande,
18:35après l'affaire Jérôme Cahuzac.
18:36Il y avait une demande de plus de transparence,
18:38mais est-ce que c'est vraiment intéressant de savoir précisément
18:41si Gérald Darmanin a un livret A, par exemple ?
18:44– Non, je pense que ça…
18:45– Ça, ça dit quoi, en fait, de nos responsables politiques ?
18:48– Je pense…
18:48– Déjà, peut-être que ça tord le coup à une certaine idée reçue,
18:51parce que quand on voit, par exemple, le patrimoine du mise à la justice,
18:55bon, il n'a pas un patrimoine exceptionnel.
18:57On ne peut pas dire qu'il s'est enrichi depuis qu'il fait de la politique.
18:59– Non, mais on voit bien.
19:00Mais de toute façon, en France, il y a une névrose autour de l'argent,
19:03il faut dire les choses comme elles sont.
19:04Aux États-Unis, c'est le sexe, en France, c'est l'argent.
19:07Les Français ne sont pas propriétaires de leur argent.
19:10L'argent appartient à l'État en France, c'est ça la réalité.
19:14Il n'y a plus vraiment de propriété privée.
19:15– Les 50 000 millionnaires qui ne payent pas d'impôts sur revenus
19:18ne sont pas d'accord avec vous, monsieur.
19:19– L'État se sert quand il veut sur votre compte.
19:21– On vient d'apprendre qu'il y a 50 000 millionnaires
19:23qui ne payent pas d'impôts sur revenus.
19:24– Parfois les trois quarts de ce que vous gagnez.
19:26– Donc en réalité, il y en a quelques-uns qui sont plus malins.
19:29– 50 000 !
19:29– Oui, il y en a quelques-uns qui sont plus malins.
19:31– C'est beaucoup quand même, 50 000 quelques-uns.
19:33– Et qui arrivent à faire ça.
19:34La plupart des Français, comme vous et moi, madame Ducourne,
19:36– Justement, ils ne sont pas très représentatifs des Français.
19:38– Justement, est-ce que le gouvernement est représentatif des Français ?
19:40– C'est ça la question.
19:41– C'était ma question.
19:42– Donc moi, je pense que ça rejoint la névrose généralisée
19:46sur cette question de l'argent.
19:47À titre personnel, si j'étais en responsabilité,
19:50je supprimerais cette haute autorité.
19:52Je laisse juste un déontologue qui vérifie que tout va bien.
19:55il n'y a pas besoin d'une usine à gaz de plus.
19:57– C'est du voyeur risque ?
19:57– Et on n'a pas besoin de savoir…
19:59Non mais qu'on le publie, c'est très bien,
20:00que les ministres soient transparents, c'est très bien.
20:02– Mais vous les supprimez quand même.
20:03– Oui, mais il n'y a pas besoin de toute une administration
20:06pour contrôler ça.
20:07– Est-ce que finalement, les ministres ne sont pas un peu comme nous ?
20:09Ils ont un livret A, enfin pas tous, mais une assurance vie.
20:11– Enfin, moi, les ministres ont un salaire de 8 000 euros
20:13et déjà, il faut être décent, je ne dis pas que c'est les plus riches de France.
20:16– C'est trop 8 000 euros pour un ministre ?
20:17– Non, ce n'est même pas la question, mais juste, mettez-vous à la place.
20:20Le salaire médian…
20:20– Parce que si vous arrivez au pouvoir, et si vous donnez ministre,
20:24vous baisserez votre salaire.
20:25– Écoutez, franchement, moi, personnellement,
20:27sans engager mes collègues, ça me paraît très aussi logique.
20:30Pourquoi ? Je ne dis pas comme M. Ruffin qu'il faut gagner au SMIC
20:33alors que j'ai des revenus à côté, parce que c'est trop facile.
20:35La question, c'est que le salaire médian, il est à 2 100 euros.
20:38Donc, vous comprenez qu'il y a un truc, pour vous,
20:40qui fréquentez des gens qui gagnent beaucoup plus.
20:42– Non, ce n'est pas ça, mais c'est quand on est ministre.
20:44– Non, mais ce n'est pas que ça ne les mérite pas.
20:46– C'est normal de gagner sa vie correctement.
20:47– Attendez, ce n'est pas que ça ne les mérite pas.
20:48Ce que je veux dire, c'est qu'on a quand même une classe politique
20:50qui est extrêmement déconnectée.
20:52Il y a beaucoup plus de cas reçus par l'Assemblée nationale
20:54qu'il y en a dans la société.
20:56Beaucoup moins d'ouvriers, beaucoup moins d'employés.
20:57Et quand je vous entends dire, on ne va pas pouvoir faire la nounou
20:59de tous les Français, des Français qui bossent,
21:02pardon, excusez-moi, mais qui bossent très durs,
21:05qui font les 3 à 8 et qui voient tout leur revenu
21:07être englouti par le prix à la pompe.
21:08– C'est fini, merci, merci à tous les deux.
21:12C'est terminé Charles, merci, merci beaucoup.
21:15– Bien sûr, c'est eux qui payent les impôts de la TV.
21:16– C'est les classes moyennes, classes moyennes supérieures
21:18qui payent 75% des impôts.
21:20– C'est terminé, merci, on va laisser.
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