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  • il y a 10 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00On est au 69e jour de guerre, avec aujourd'hui une crispation entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite.
00:06Le porte-avions Charles de Gaulle qui approche du détroit d'Hormuz.
00:09Détroit toujours bloqué malgré la pression américaine et l'envie de Donald Trump de conclure un accord avec les Iraniens.
00:17Mais ce que l'on constate aussi, c'est une détente sur les marchés pétroliers.
00:20Le prix du baril de pétrole est passé de 126 dollars à quasiment 90 en l'espace de quelques heures.
00:27Alors justement, cette tension sur le pétrole, comment est-ce que les Français la vivent, en particulier lorsqu'ils passent
00:33à la pompe ?
00:33C'est intéressant de regarder le sondage BFM TV.
00:36Et là pour BFM TV, avec vous François Gapillan, que pensent nos compatriotes de cette crise et de l'impact
00:41sur l'essence ?
00:42Bonsoir à tous.
00:43Alors d'abord on apprend que malgré la situation des finances publiques, deux Français sur trois aimeraient une baisse des
00:49taxes sur les carburants.
00:51Tant que la crise due à la guerre se poursuit d'un point de vue politique.
00:55L'électorat du camp présidentiel est le seul à rejeter majoritairement cette idée.
01:00Autre enseignement du sondage concernant Total Energy et, vous savez, son plafonnement des prix à la pompe.
01:06Sept Français sur dix réclament un effort supplémentaire du pétrolier au regard de ses résultats financiers.
01:11Je le rappelle, près de 5 milliards d'euros de bénéfices nets au premier trimestre.
01:16Seuls les électeurs LR sont partagés sur la question.
01:18À propos de nuances, l'opinion n'est pas tranchée, c'est le moins que l'on puisse dire, sur
01:22une éventuelle taxation exceptionnelle.
01:24Des bénéfices de Total, 54% des sondés tout de même y sont favorables, même si cela incite ou peut
01:32inciter l'entreprise à quitter la France.
01:34Dernier point, les répercussions politiques de cette crise, ce sont les responsables du Rassemblement national qui recueillent le plus haut
01:40niveau de confiance.
01:41Suivi, vous le voyez, par Édouard Philippe ou encore Gabriel Attal, parmi les personnalités de premier plan en France, Jean
01:47-Luc Mélenchon, lui, arrive très loin derrière.
01:50Il est, vous le voyez, à 18%.
01:53Merci François Gapillan.
01:54François-Xavier Bellamy est avec nous, le vice-président des Républicains, député européen.
01:58Bonsoir.
01:59Bonsoir.
01:59Vous êtes comme les 65% de Français, vous réclamez une baisse des taxes ?
02:02Mais qui peut ne pas trouver que le carburant est trop cher ? Je comprends les Français qui voudraient que
02:07les taxes baissent.
02:08La seule chose importante, c'est de rappeler que nous sommes aujourd'hui dans une situation où notre État est
02:14surendetté.
02:15Et nous touchons du doigt ce que signifient les conséquences de cette dérive de la dépense publique au cours des
02:20dernières années.
02:21Dans un pays normal, comme beaucoup d'États européens le font, on devrait pouvoir faire baisser les impôts sur les
02:27carburants.
02:27Mais en France, aujourd'hui, ça voudrait dire perdre une recette fiscale importante, ça voudrait dire un coût pour l
02:33'État.
02:33Et ceux qui promettent aujourd'hui que l'État pourrait mettre 15 milliards d'euros sur la table pour subventionner
02:39les importations d'énergie fossile, cela, en fait, ment aux Français.
02:42Les pays qui aident en ce moment un peu plus leurs automobilistes, comme l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne,
02:47ont moins aidé au moment de la guerre en Ukraine.
02:50Donc, effectivement, il y avait des réserves.
02:52Il n'y avait pas du quoi qu'il en coûte dans ces pays à la mesure de ce qu
02:56'on a vécu en France.
02:56Et au moment du Covid ?
02:57Ce n'est pas seulement le Covid et la guerre en Ukraine, c'est que, d'une manière générale, nous
03:00avons, depuis des années, et en particulier dans les dernières années,
03:05alors même que les taux d'intérêt étaient bas, alors que la situation économique mondiale était plus favorable,
03:09les pays qui nous entourent, comme l'Italie, par exemple, ont fait des efforts majeurs pour redresser leurs comptes publics.
03:15En France, on a laissé filer les déficits.
03:17Et nous, nous continuions, avec les Républicains, de dire que l'endettement de la France était un problème existentiel.
03:24Beaucoup nous riaient au nez en expliquant que les taux étaient bas et que c'était normal de s'endetter.
03:28Mais aujourd'hui, on voit le résultat.
03:30Faut-il également demander à Total un effort supplémentaire ?
03:34Mais l'effort, il est là.
03:35Alors, j'entendais à l'instant, dans la chronique qui vient d'être présentée, que Total, en effet, a fait
03:395 milliards de bénéfices au premier trimestre.
03:41Il faut rappeler que ces bénéfices sont, pour l'essentiel, faits en dehors de France.
03:45Ça n'est pas en France que Total fait l'essentiel de ces bénéfices et ça n'est certainement pas
03:50dans les stations essence.
03:52Le fait est qu'aujourd'hui, parce que nous avons un très grand acteur national, cet acteur fait l'effort
03:59de baisser le prix à la pompe.
04:01Aucun autre ne le fait aujourd'hui.
04:03Et je crois que ça rappelle aussi à quel point c'est précieux d'avoir un acteur énergétique de cette
04:09ampleur attaché au pavillon français.
04:12Ceux qui rêvent de surtaxer, ceux qui rêvent de faire que tous les profits deviennent suspects, en faisant partir une
04:19entreprise comme celle-là,
04:20prendraient le risque de nous faire perdre cet atout que tout le monde qu'on considère aujourd'hui constate l
04:25'importance.
04:26Monsieur Pouyanné, le PDG de Total Énergie, menace.
04:29Menace.
04:29Si vous me taxez davantage, j'arrête le plafonnement du prix à la pompe.
04:35C'est du chantage ? Est-ce que c'est digne ?
04:37Non mais j'imagine que c'est assez logique, c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'entreprise renonce à
04:41un certain bénéfice en plafonnant elle-même ses prix.
04:45Si demain cette entreprise devait être taxée, alors l'argent qu'elle mettra dans les taxes, elle ne pourra pas
04:49le mettre dans le plafonnement.
04:51Moi je ne suis pas Patrick Pouyanné, je ne suis pas dirigeant d'entreprise.
04:53Ce que je me constate juste à montrer, c'est que beaucoup de pays européens n'ont pas de major
04:58pétrolière,
04:58n'ont pas d'entreprise majeure qui contrôle toute la filière depuis la production jusqu'à la distribution.
05:03Comme nous avons la chance d'en avoir une, ne sacrifions pas cet atout.
05:06Donc Total est une chance pour la France ?
05:08Mais Total est une chance pour la France, bien sûr.
05:10Et d'ailleurs, beaucoup de pays autour de nous envient aujourd'hui la possibilité de disposer d'un atout comme
05:15celui-là.
05:16Mais quand j'entends Olivier Faure ou Marine Tondelier, j'ai l'impression que Total c'est le grand méchant.
05:19Mais quand j'entends Olivier Faure et Marine Tondelier, j'ai l'impression qu'ils ne comprennent pas grand-chose
05:24de ce que signifie l'économie
05:25et de ce que veut dire la souveraineté.
05:27Encore une fois, on ne fera pas la souveraineté du pays, on ne fera pas la sécurité du pays,
05:32on ne fera pas la transition énergétique, on ne garantira pas l'approvisionnement de nos entreprises
05:36si on ne peut pas s'appuyer sur des acteurs économiques comme Total Énergie pour la France qui maîtrisent cette
05:42filière.
05:43Et bien sûr, il faudra avancer vers l'électrification.
05:45Et là encore, la crise qu'on vit aujourd'hui confirme ce que nous avons défendu bien seul pendant très
05:50longtemps.
05:51La chance incroyable de notre pays de disposer de ce parc nucléaire qui nous assure une production d'électricité souveraine.
05:57Il faut électrifier nos usages.
05:58Et Total Énergie d'ailleurs, il contribue dès aujourd'hui.
06:01Mais en attendant qu'on soit sortis des énergies fossiles, c'est une chance d'avoir un acteur comme celui
06:05-ci dans le débat public.
06:06Pas de quoi qu'il en coûte sur l'essence.
06:09Mais ce n'est même pas que ce soit une question en fait.
06:12C'est-à-dire que pour que tout le monde comprenne bien, moi j'arrive à l'instant de Bruxelles,
06:15je suis arrivé avec ma valise, voilà, j'ai passé trois jours comme chaque semaine au Parlement européen.
06:20En train.
06:20En train, préféré le train.
06:23Je suis frappé de ce que le débat à Bruxelles sur la situation des finances publiques en France
06:29est beaucoup plus grave et beaucoup plus sérieux que celui qu'on a à Paris.
06:33C'est-à-dire ?
06:33Ça veut dire quoi ?
06:34Mais nos voisins européens se demandent à quel moment la France va connaître une crise de la dette
06:38et comment on évitera que l'impact ne soit trop dévastateur pour l'économie européenne.
06:44Ils sont inquiets pour nous en fait.
06:44Ils devraient l'être plus pour nous-mêmes.
06:45Mais bien sûr, mais ils sont inquiets pour eux-mêmes parce que si demain la France dérape,
06:48c'est un risque majeur pour toute la zone euro.
06:50Ils n'ont pas envie de payer pour nous si j'ose dire.
06:51Mais nous, on a des débats en France que personne ne peut imaginer à Strasbourg et à Bruxelles.
06:56Quand on parle de savoir si on a le luxe de s'offrir une dépense de 15 milliards d'euros
07:01pour importer de l'énergie fossile,
07:04mais personne ne pense dans les capitales autour de nous qu'on ait encore cette option-là.
07:09Comme on n'a pas les moyens, on n'a plus les moyens de faire des chèques énergie.
07:13On n'a plus les moyens.
07:14Il faut adresser la question à ceux qui ont gouverné pendant des années.
07:16Justement, du côté de Bercy, c'est-à-dire du ministère de l'Économie,
07:19on dit aujourd'hui aux fonctionnaires, écoutez, dans la mesure du possible,
07:22ici où vous mettez d'accord avec votre chef de service,
07:24essayez de rester en télétravail.
07:25Trois jours par semaine.
07:26Trois jours par semaine.
07:27Donc, comme ça, c'est vous qui faites de l'économie de l'économie.
07:30Ça ne coûte rien au ministère de l'Économie.
07:32C'est plutôt une bonne chose, c'est la bonne stratégie.
07:35Je ne sais pas.
07:36C'est un peu désastreux de voir où on en est rendu,
07:38d'être obligé de demander aux fonctionnaires de ne pas aller à leur travail
07:41parce qu'on n'a plus de quoi se payer le carburant nécessaire
07:44pour qu'ils fassent leur déplacement.
07:46La vérité, c'est que beaucoup de fonctionnaires ne prennent pas leur voiture pour aller travailler.
07:50Donc, la question est quel serait l'impact d'une telle mesure.
07:52Et beaucoup de fonctionnaires, moi, j'ai été professeur pendant 11 ans.
07:55Je suis fonctionnaire de l'Éducation nationale.
07:58Je souhaite bonne chance à tous mes collègues professeurs
08:00pour faire du télétravail trois jours par semaine
08:02parce qu'en fait, vous ne faites pas cours en télétravail.
08:04Il faut bien aller devant vos élèves.
08:05Pour un policier, c'est difficile aussi le télétravail.
08:07Quand vous êtes dans la fonction publique hospitalière,
08:09quand vous êtes policier, gendarme,
08:11c'est compliqué d'aller faire votre métier si vous ne vous déplacez pas.
08:15Donc, on ne s'en sortira pas complètement.
08:17Peut-être que c'est une mesure d'urgence qui se comprend aujourd'hui
08:20pour tous ceux pour qui c'est possible.
08:22Mais je crois que ça signale surtout l'impuissance de l'État
08:24à mettre en œuvre des solutions de plus grande ampleur
08:26qui seraient pourtant nécessaires.
08:27Ce dont on parle avec François-Xavier Bellamy,
08:29c'est-à-dire le prix du carburant,
08:31c'est l'inquiétude aussi aux États-Unis.
08:33C'est le pouvoir d'achat des Américains
08:34qui est impacté en ce moment aussi par les carburants.
08:36Oui, vous pouvez faire une corrélation directe, évidemment,
08:38entre le prix de l'essence à la pompe aux États-Unis
08:41et la cote de popularité de Donald Trump.
08:44Plus le prix monte, plus la popularité du président américain dégringole.
08:48Il le sait aussi.
08:49C'est évidemment un facteur de pression pour lui essentiel
08:51pour essayer de trouver une solution à cette crise.
08:54Je rappelle qu'il a fait campagne en promettant
08:55qu'il allait réduire la facture de l'essence pour les Américains
08:59à concurrence de 40%, 50% même, disait-il,
09:03dans ses meetings de campagne.
09:04Là, c'est bien 50% le chiffre,
09:06mais c'est une augmentation de 50%
09:08depuis le début de ce conflit à peu près pour les Américains.
09:11Donc, c'est absolument dramatique
09:13pour lui, bien sûr.
09:15Et il a beau répéter ce qui factuellement est vrai,
09:17que les États-Unis sont un pays producteur de pétrole
09:20et dans une certaine mesure autosuffisant,
09:23ils sont dépendants du marché mondial.
09:25Et quand le baril augmente,
09:26eh bien, ça coûte cher aux Américains à la pompe.
09:28Et c'est désastreux politiquement pour leur président.
09:29Je vous remercie.
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