- il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00– Le contexte de la guerre au Moyen-Orient impacte la vie quotidienne,
00:07alors on le dit régulièrement, on en parle avec les prix des carburants bien sûr,
00:11mais la manière maintenant dont les Français se projettent dans un avenir à très court terme,
00:15et le très court terme ce sont leurs vacances,
00:17et ils sont en train de modifier leur plan, ils regardent l'environnement,
00:20ils regardent aussi ce que font les compagnies aériennes qui annulent des vols,
00:24donc on va bien évidemment parler de ces perspectives
00:28qui auront des conséquences économiques,
00:30mais on va d'abord aller à l'Assemblée Nationale,
00:32retrouver Capucine-Dièze en direct pour BFMTV,
00:35parce que les prix des carburants, la situation économique,
00:39c'était au cœur des questions au gouvernement aujourd'hui,
00:42un gouvernement toujours sous pression.
00:44– Oui, exactement, la pression qui continue,
00:46et vous l'avez dit, cette question du carburant
00:48qui était au cœur des questions au gouvernement ce mardi après-midi à l'Assemblée Nationale,
00:53avec au total trois questions, la première posée par le Rassemblement National,
00:57le Rassemblement National qui renouvelle sa proposition de baisser les taxes sur le carburant.
01:03Roland Lescour, le ministre de l'Économie, répondait au Rassemblement National de manière assez franche.
01:08Écoutez.
01:09– Je note qu'au Rassemblement National, les députés passent,
01:12mais les bonnes habitudes ne se perdent pas.
01:15misérabilisme, exagération, contre-vérité et solutions totalement inopérantes.
01:20Paissez la TVA, vous l'avez dit, ça coûte une fortune,
01:23et ça ne répond que très impartialement au problème,
01:26puisque vous aidez avec ce type de mesures des gens qui n'en ont aucun besoin,
01:31et vous ne concentrez insuffisamment vos aides sur ceux qui sont en première ligne.
01:35– Monsieur, vous venez d'arriver, travaillez, essayez de nourrir votre groupe
01:40d'idées un peu meilleures, peut-être un peu différenciantes,
01:44et qui auront de l'efficacité.
01:46– Maône Bréjon, la porte-parole du gouvernement,
01:49qui a également, elle aussi, été interpellée sur cette thématique,
01:52et sa réponse ne varie pas.
01:54Je cite, nous avons décidé d'être aux côtés des Français les plus fragiles.
01:58La porte-parole du gouvernement, qui fait ici référence à cette aide,
02:02cette aide aux gros rouleurs qui concernent 3 millions de Français,
02:05elle a également rappelé la réalité des finances publiques.
02:08Il s'agit, selon elle, de trouver l'équilibre
02:10entre responsabilité financière et soutien des ménages.
02:14– Capuie Senguise, en direct de l'Assemblée nationale, avec Thomas Loriot.
02:17Alors, c'est intéressant de voir que les prix des carburants
02:19sont tous au-dessus de 2 euros.
02:22Olga Giverney, députée ensemble pour la République de l'Ain,
02:24ancienne ministre de l'Énergie,
02:25donc ça, c'est ce qui fait souffrir les Français.
02:28Les dispositifs du gouvernement, aujourd'hui, n'y répondent pas au quotidien, quoi, en fait.
02:32– N'y répondent pas complètement, parce que c'est ciblé, justement,
02:36et Roland Lescure a pu le dire.
02:38L'objectif, c'est que ceux qui en pâtissent le plus,
02:40les gros rouleurs qui ne peuvent pas se départir de leur voiture
02:44pour aller travailler et pour pouvoir assumer leurs activités du quotidien,
02:48et bien, effectivement, de pouvoir les soulager.
02:50Alors, on voit d'abord que les Français ont eux-mêmes pris des dispositions…
02:53– Ça va s'arrêter là, ça va s'arrêter là, il n'y aura pas d'autre dispositif, pour
02:56être clair.
02:57– Moi, je soutiens le gouvernement sur le fait de ne pas toucher à la fiscalité,
03:02et je le déconseille fortement, évidemment,
03:05puisqu'il y a besoin de faire un travail sur la fiscalité de l'énergie de manière globale,
03:09mais on ne le fait pas dans un moment de crise,
03:10et on ne le fait pas sous le coup de l'émotion.
03:12– Et on ne le fait pas en n'ayant pas d'argent, surtout, quoi.
03:14– Et l'objectif, c'était évidemment de voir s'il y avait un retour de recette de l'État.
03:21Le gouvernement l'a dit, ils ont regardé scrupuleusement,
03:24le mois d'avril de cette année par rapport au mois d'avril de l'année dernière,
03:27il y a moins de recettes.
03:28Donc, ça veut dire que les Français ont pris eux-mêmes des dispositions
03:30pour être plus sobres dans leur…
03:32– Contraints et forcés.
03:33– Contraints et forcés, évidemment.
03:35Contraints et forcés, et de se dire,
03:36quand on peut faire autrement que de prendre sa voiture,
03:40on essaye, mais certains ne peuvent pas le faire,
03:41et donc c'est eux qu'il faut cibler, évidemment,
03:44pour pouvoir les accompagner.
03:45– Franck Boziz, vous dites qu'on ne peut pas toucher la fiscalité,
03:48mais demain seront annoncés les résultats trimestriels de Total.
03:52Or, Total, qui est un producteur, un raffineur d'énergie,
03:54va faire des bénéfices assez conséquents sur ce dernier trimestre,
03:57puisqu'il raffine le pétrole qu'il vend,
04:00et c'est là où la marge bénéficiaire est la plus importante.
04:01Donc, peut-être, le gouvernement aurait-il pu aussi examiner
04:04ce qui a été mis en place au moment de la guerre en Ukraine,
04:07une surtaxe sur les super profits pétroliers, par exemple.
04:09– Et ça, je pense qu'on pourra revenir potentiellement sur le sujet.
04:12En tout cas, pour l'instant, le gouvernement s'est adressé
04:15aux distributeurs et aux raffineurs de s'appliquer une éthique
04:18par rapport à cette crise.
04:19On ne veut pas de profiteur de crise.
04:20– L'éthique, quand il y a le business du pétrole…
04:22– On ne veut pas de profiteur de crise au moment où les Français…
04:25– Il n'y a que vous, je pense, qui croyez à ce que vous dites,
04:28en disant une éthique, quand on est pétrolier,
04:30on est là pour faire des profits, il y a une crise,
04:33le pétrole monte, on se dit, on engrange.
04:34– Et Total, au moment de la crise énergétique sur l'Ukraine,
04:39avaient eux-mêmes fait en sorte qu'ils puissent baisser leur prix.
04:43– Là, ils ont capé, ils avaient capé 1,99 pendant un temps,
04:46et Total a fait plus que le gouvernement pour les automobiles.
04:49– Donc ça veut dire qu'ils sont capables aussi, eux,
04:52de prendre en compte leurs marges et de prendre des mesures qu'ils font.
04:54Donc je pense qu'il faut que le gouvernement reste dans son rôle d'autorité
04:58vis-à-vis des distributeurs, de pouvoir travailler avec eux
05:00et de surtout s'assurer qu'il n'y ait pas de pénurie,
05:03parce que ça, s'il y a de la pénurie, alors là, on n'a plus de maîtrise.
05:07Donc maintenir le niveau dans un moment qui est de crise de l'envie…
05:11– La pénurie, vous l'envisagez quand même ?
05:13– Il faut en tout cas faire en sorte qu'il ne faut pas y arriver.
05:17Et c'est-à-dire qu'en fait, quand on a nos stocks qui sont encore remplis à plein,
05:21qu'on continue de pouvoir les réapprovisionner en jouant avec les cours du marché du pétrole,
05:28je crois que c'est ce qu'il faut faire au plus juste.
05:30– Alors je voudrais vous faire écouter la députée Aurélie Trouvé,
05:33qui est députée de la France Insoumise, justement à propos de Total,
05:35à propos des stocks, et puis ensuite on parlera des vacances des Français.
05:38– Il ose parler de pénurie, alors qu'on sait que Total a plusieurs mois
05:43de stocks privés et de stocks stratégiques obligatoires.
05:47On sait par le Financial Times que Total a fait un milliard au moins
05:51de spéculations et de profits,
05:54parce qu'ils ont acheté massivement plein de pétrole juste avant la guerre,
05:58et ils en ont plein, qui va être chargé au mois de mai.
06:01Donc ne vous inquiétez pas, ils en ont plein.
06:02Ça va être chargé au mois de mai, parce que c'est le pétrole qui ne passe pas par le
06:05détroit d'Ormousse.
06:06Donc vraiment, ils se moquent du monde.
06:09Total se fera au moins plusieurs milliards d'euros de profits supplémentaires.
06:13Avec cette guerre, on le sait déjà à l'avance, ce sont des profiteurs de guerre.
06:17– Alors il faut rappeler qu'effectivement, ce qu'a fait Total,
06:20c'est avant le déclenchement de la guerre, ils ont acheté,
06:22ils ont spéculé, bon ben c'est normal, bien joué, bravo Total.
06:26Et derrière, ce que dit le Patrick Pouyanné, c'est si jamais la guerre continue,
06:31si jamais ceux qui sont approvisionnés par le détroit d'Ormousse décident d'acheter le pétrole ailleurs,
06:36c'est-à-dire auprès de nos fournisseurs, c'est là où on pourrait avoir risque de pénurie.
06:40Il ne dit pas qu'on va avoir une pénurie dans la pompe, c'est sous deux à trois mois.
06:43– Il se situe effectivement dans les mois à venir,
06:45mais il est dans une certaine, à l'un de dissonance avec le ministre de l'Économie,
06:49qui lui, essaye de rassurer…
06:51– Le président de la République aussi.
06:53– Oui, alors d'un côté, on a la voie politique qui essaiera sur les Français en disant,
06:56attendez, on a des stocks pour trois mois, ne nous inquiétez pas,
06:58de l'autre, le PDG de Total dit, ok, on a des stocks,
07:00mais moi, si le détroit est bloqué, je ne pourrais pas déstocker, c'est le cas de le dire,
07:05ce qui est dans les cuves au Proche-Orient, et le ramener vers l'Europe.
07:09Et donc, le phénomène de rareté, mécaniquement, entraînera de nouveau une hausse du prix du baril.
07:15Ça, c'est encore une fois uniquement pour le carburant, pour nos voitures,
07:17pour le kérosène, c'est encore une autre affaire.
07:19– La France Insoumise et le gouvernement sont rarement alignés,
07:22mais là, Patrick Pouyanné a réussi à les aligner un petit peu,
07:25parce que du côté du gouvernement, il y a un agacement assez certain
07:29sur la façon dont Patrick Pouyanné a présenté les choses
07:33lorsqu'il a évoqué ce risque de pénurie.
07:35Écoutez les mots de Roland Lescure ce matin chez nos confrères de France Inter,
07:39Patrick Pouyanné n'est plus tout à fait dans son rôle
07:41quand il inquiète avec la menace d'éventuelles pénuries,
07:45et c'était d'abord le président de la République lui-même,
07:48à l'occasion d'une question qui lui a été posée lors de son déplacement en Grèce,
07:52qui a d'une certaine façon aussi recadré Patrick Pouyanné,
07:56en disant non, il n'est pas possible de spéculer sur une éventuelle pénurie,
08:02elle n'a pas été visible ce mois d'avril,
08:04elle n'est pas visible au mois de mai.
08:06Bien sûr, on comprend que c'est plus difficile de se projeter sur du plus long terme,
08:10et la question de l'été que l'on va évoquer aussi,
08:12avec son impact sur les consommateurs,
08:14ça c'est un point sur lequel on sent qu'il y a une certaine prudence à côté du gouvernement.
08:17– Sauf qu'il y en a avec des chefs d'entreprise qui savent exactement comment il doit gérer ses
08:20stocks,
08:21et d'autres qui font de la politique,
08:22donc ils n'ont pas le même agenda et pas le même langage de vérité non plus.
08:25– Et puis il y a une dimension personnelle aussi,
08:27qui est que de tout temps, Patrick Pouyanné, qui a une personnalité assez forte,
08:31a presque parfois une sorte de malin plaisir à prendre bille en tête les politiques.
08:34On se souvient quand il y avait eu de longues grèves dans les raffineries de Total il y a deux
08:39ou trois ans,
08:40il hésitait même à prendre le Premier ministre au téléphone quand il l'appelait,
08:43sur le thème « c'est ma grève, je m'en occupe et je n'ai pas à rendre compte
08:46aux politiques ».
08:46Donc l'attitude de Patrick Pouyanné aujourd'hui n'est pas une nouveauté.
08:50– Justement, vous évoquiez l'été, parlons-en justement des perspectives pour les Français,
08:55parce que la conséquence de cette hausse des prix de l'énergie,
08:58c'est que la pause estivale, ça pourrait changer,
09:01et on va voir ça avec Nargis Hadji et les Français.
09:03Bonsoir Nargis, ils vont jouer la carte, on va dire, la double carte, sécurité-proximité.
09:08– Absolument, et ce sont les chiffres du baromètre d'Europe Assistance et d'Ipsos
09:12qui nous donnent des détails précis concernant les vacances des Français cet été.
09:16Alors plusieurs enseignements à retenir, le tout premier,
09:18les Français sont moins nombreux à partir en vacances cet été,
09:2137% sont certains de partir, alors que l'an dernier, ils étaient près de 50%.
09:26Ce qui nous a marqué également, c'est que ceux qui partent, partent moins loin cet été.
09:31Les Français lèvent le pied sur les voyages à l'étranger,
09:34et la France finalement devient la destination refuge.
09:3751% passeront toutes leurs vacances dans l'Hexagone,
09:41une hausse significative de 15 points en un an.
09:44En cause, l'une des principales causes avancées,
09:46c'est le contexte international jugé plus qu'instable,
09:50et plus d'un Français sur deux.
09:51D'ailleurs, d'y prendre en compte le risque de conflits armés
09:54avant de choisir une destination.
09:56Alors évidemment, Israël et Russie sont décartés pour des raisons de sécurité,
09:59mais la conséquence la plus surprenante concerne les États-Unis,
10:02souvent dans le top 5 des destinations lointaines préférées des Français.
10:06Eh bien cette fois, les États-Unis ne sont pas du tout dans ce top 5,
10:09ils sont tout simplement remplacés par le Canada.
10:11Alors les Français partent moins en vacances, qu'en est-il du budget ?
10:15Eh bien vous allez le voir, le budget moyen grimpe,
10:17il est passé à 1864 euros par foyer.
10:20C'est une hausse de plus de 90 euros en un an,
10:24mais les séjours raccourcissent, passant d'1,9 semaines en moyenne
10:28contre 2,1 l'année dernière.
10:31Merci Nargis, c'est du Dominique Marcel, président d'Alliance France Tourisme.
10:34Ça va être quoi ? Un été noir, un été gris, un été maussage ?
10:38Non, je crois qu'il ne faut pas être pessimiste.
10:39Beaucoup trop tôt pour dire que c'est un été noir.
10:41Ce que montre l'enquête, l'enquête à l'Alliance France Tourisme,
10:44qui montre évidemment ces chiffres,
10:46le fait que l'incertitude sur la sécurité
10:49c'est plus le coût du carburant fait que les Français partent moins,
10:53bien sûr, moins longtemps, et vont dépenser moins.
10:55Leur intention est de moins partir.
10:57Pour l'instant, ce sont des intentions.
10:59Il faut encore nuancer, ça peut changer.
11:01Et ils vont dépenser moins, puisque 51% des gens pensent
11:04qu'ils dépenseront, ils auront un budget moindre.
11:08C'est ce qui évidemment est un signe.
11:10Mais en même temps, les Français vont rester plus en France.
11:15Ils vont prendre plus de vacances en France,
11:18ils vont moins aller à l'étranger,
11:19et donc ça profitera aussi à l'économie française
11:22et à l'économie touristique.
11:24Parallèlement...
11:24Donc aux restaurants, aux hôtels, aux campings,
11:28en souhaitant qu'ils desserrent un peu le bas de laine.
11:30On peut espérer, il faut en effet desserrer le bas de laine.
11:33Et c'est vrai que l'année dernière, déjà,
11:34les dépenses de restauration que ça avait fait
11:36avaient été assez impactées, déjà, par la crise économique.
11:39Donc c'est un sujet quand même qui est important.
11:42Et puis, il y a le fait que comme les touristes dans le monde vont moins loin,
11:47ils vont...
11:48Donc les Européens vont rester beaucoup plus en Europe.
11:50C'est-à-dire qu'on fait toujours les mêmes destinations ?
11:52Ça va être Espagne, Italie, France ?
11:54Oui, ça va être les pays d'Europe qui vont aller en Europe.
11:56Si je caricature un peu...
11:57On reste chez soi.
11:58Eh oui, mais ça veut dire aussi que la France peut,
12:00par rapport à des touristes qui partent à l'étranger,
12:02capter une partie des Européens.
12:04Vous avez raison de soulier que la concurrence est très forte,
12:06notamment avec l'Espagne et l'Italie.
12:07Parce que les prix sont moins chers aussi en Espagne et en Italie.
12:09Un peu moins chers, mais il faut aussi voir la qualité.
12:12Et je pense qu'il faut un peu tordre le coup à l'idée
12:14que la France est un pays cher.
12:17La France a une offre extrêmement diversifiée
12:20que permet justement la structure du tourisme français
12:23et la diversité des régions françaises,
12:25qu'on peut trouver des offres de qualité extrêmement compétitives
12:29en été, en montagne par exemple,
12:31ou dans l'intérieur du pays,
12:33qui restent très très attractives.
12:35Donc au bout du compte, il est difficile encore de dire
12:37que ce sera une année noire.
12:38Ce sera peut-être une bonne année,
12:40sous réserve évidemment de ce qui risque de se passer
12:41dans les mois sixièmes.
12:43Je ne voudrais pas tempérer de l'optimisme de Dominique Marcel,
12:45mais il y a aussi une autre conséquence
12:47de l'augmentation du prix du kérosène.
12:48C'est que ceux qui venaient de très loin en France
12:50sont aussi touchés.
12:51Et donc, cette clientèle qui vient des Etats-Unis,
12:54du Golfe notamment, va moins venir en France.
12:57Donc les Français qui vont rester sur le tourisme intérieur
12:59ou les Européens qui vont venir en France
13:01ne compenseront peut-être pas
13:03cette clientèle qui est dite à haute contribution,
13:05qui vient des Etats-Unis, du Golfe ou d'Asie
13:08et qui en général a un panier moyen de dépenses
13:11assez important sur le territoire français.
13:12Vous avez raison.
13:13Elle n'est pas remplacée.
13:15Non, elle n'est pas complètement remplacée
13:16parce que le Paris-New York
13:20est aussi cher que le New York-Paris.
13:21Et donc le touriste américain,
13:22il va peut-être hésiter aussi à faire un New York-Paris.
13:25Et pas que simplement sur le prix des billets,
13:26sur la désorganisation
13:28qui peut y avoir comme impact
13:29sur la question de l'aviation.
13:31Parce que s'il y a des annonces
13:33dès aujourd'hui de suppression de vols,
13:36eh bien, quand on planifie,
13:37évidemment, on va prendre en compte,
13:39on prend déjà en compte
13:39les risques de grève et autres.
13:41Regardez, on a déjà une petite idée.
13:45Enfin, on voit ce qui peut se passer
13:47là d'ici le mois de mai et juin
13:48en ce qui concerne les annulations de vols
13:50puisque c'est le coût du kérosène.
13:52Du côté de Transavia, 2%,
13:54c'est le groupe Air France.
13:56KLM, 1% des vols Europe supprimés.
13:59Regardez Ryanair.
14:00Ryanair, c'est la compagnie locaux.
14:01C'est la compagnie de ceux qui veulent partir
14:03à bas coût.
14:04Moins 50% à partir d'octobre.
14:06Or, les vols, on les réserve quasiment maintenant.
14:08C'est maintenant que se font les prises de commandes.
14:10Bien sûr, moins 10%.
14:11Volotea, la compagnie espagnole
14:13et la SASS, Scandinavian Airlines,
14:151000 vols supprimés en avril.
14:16Alors, de tout ça, il va falloir discuter.
14:19C'est ce que va faire Roland Lescure,
14:20le ministre de l'Économie
14:22et Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement.
14:25Ils veulent mettre la pression
14:26sur les compagnies aériennes.
14:27On écoute.
14:29Ce que je peux vous annoncer,
14:30c'est qu'avec Philippe Tabarro,
14:31on va recevoir l'ensemble
14:32des compagnies aériennes
14:33pour faire le point
14:34sur la préparation de l'été.
14:36J'aimerais savoir
14:36si c'est une histoire de prix,
14:38je dis aux compagnies aériennes
14:39que leur responsabilité,
14:41c'est évidemment, d'une part,
14:42de faire la transparence
14:44sur les besoins qui sont les leurs.
14:46Et donc, c'est ce qu'on va faire avec elles.
14:47Je n'ai pas d'inquiétude là-dessus.
14:49Et ensuite, d'avoir une politique
14:51la plus raisonnable possible
14:52vis-à-vis des prix.
14:53Alors, il va y avoir une rencontre,
14:54une réunion.
14:55On va s'asseoir autour de la table
14:56et discuter, Alexis Cuvillier.
14:57Pas plus d'informations pour l'instant
14:59du côté de l'entourage
14:59de Roland Lescure
15:00sur le calage de cette réunion.
15:02Mais elle a en effet été annoncée
15:04ce matin par le ministre.
15:05Elle s'organisera
15:06avec le ministre des Transports,
15:08Philippe Tabarro,
15:08dans l'idée de pouvoir anticiper
15:10justement ce que l'on disait
15:12à l'instant,
15:12l'impact très concret
15:14pour les compagnies aériennes
15:15sur le trafic aérien cet été.
15:18Celui qui ramène des touristes de loin.
15:20Celui qui peut conduire les Français
15:22qui parfois ont déjà réservé leurs billets
15:25pour prendre leurs vacances.
15:27Est-ce que les compagnies aériennes
15:28pourront apporter des réponses
15:30très concrètes à cet échange ?
15:33C'est évidemment toute la question.
15:34Vous voyez, on le voyait sur l'infographie
15:36il y a quelques instants,
15:37qu'elle commence à s'organiser.
15:39Transavia, bien sûr,
15:40avec cette annonce
15:41qui va impacter environ 2%
15:43de son trafic en mai-juin.
15:45Et peut-être d'autres annulations
15:47qui viendront.
15:48Avec aussi, ça rejoint le sujet
15:50que l'on évoquait tout à l'heure,
15:51le sujet de la pénurie éventuelle
15:53ou des manques de kérosène.
15:55Là-dessus, pour l'instant,
15:56c'est comme pour les autres carburants.
15:58Le gouvernement se montre rassurant,
16:00mais ne s'exprime pas
16:01sur le très long terme,
16:03par définition,
16:04vu la volatilité de la situation.
16:05Volatilité de la situation.
16:06Et puis, pour ces compagnies,
16:07c'est d'anticiper aussi.
16:09C'est de se dire,
16:10est-ce que ça va nous coûter plus cher ?
16:11D'ores et déjà, maintenant,
16:12on réduit la voilure.
16:13Est-ce qu'on réduit la voilure ?
16:14Et on augmente les prix des billets aussi.
16:16Alors, il se passe effectivement...
16:17Parce que j'ai vu Air France,
16:18il y avait 100 euros en moyenne d'augmentation.
16:20Sur l'instant, il y a effectivement
16:21100% de surcharge carburant.
16:23Donc, les compagnies,
16:24comme vous le dites très justement,
16:25opèrent de mouvement.
16:25D'abord, elles suppriment des vols.
16:26Et quand on regarde en finesse,
16:28on se rend compte d'ailleurs
16:28que les vols qui sont supprimés
16:29sont les plus longs vols
16:31qui consomment nécessairement
16:32le plus de kérosène.
16:33Donc, c'est bien quand même
16:34le signe d'une pénurie.
16:35Ce qu'on observe aussi,
16:36les compagnies arrières ne disent pas,
16:37c'est que maintenant,
16:38elles pratiquent ce qu'elles appellent
16:39le double emport.
16:40C'est-à-dire que,
16:40comme elles ont peur
16:41de ne pas pouvoir faire le plein
16:42là où elles arrivent,
16:44elles partent avec double ration de carburant,
16:46ce qui a un impact carbone terrible
16:47parce que plus l'avion est lourd,
16:48plus il consomme.
16:49Donc, quand on met plus de kérosène dedans,
16:51il est plus gourmand.
16:52Et donc, c'est un cycle sans fin.
16:54Et donc, effectivement,
16:55on aura pour cet été
16:57ces deux mouvements,
16:58des prix plus chers.
16:59C'est-à-dire que ça va coûter
17:00plus cher de prendre l'avion,
17:01il faut le dire à ceux qui nous regardent,
17:02et une offre qui sera sans...
17:04Combien de Français prennent l'avion ?
17:06Alors, ceux qui partent en vacances
17:08à l'international,
17:09donc c'est une catégorie
17:11qu'on évalut à près de 10% des Français,
17:12pas plus, ça.
17:13Mais sur les vols intérieurs
17:14qui se déplacent pour le boulot,
17:15pour rejoindre la famille en week-end
17:17ou quoi que ce soit,
17:18le pourcentage est plus important
17:20à ce moment-là.
17:20Ils seront impactés, ceux-là, ou pas ?
17:22Mais y compris sur les vols,
17:23ce qu'on appelle cours ou moyen courrier,
17:24on a déjà une surcharge
17:25qui est de l'ordre de 10 à 14 euros
17:27par le contrôle de Mick Marcel
17:28par vol,
17:30donc c'est pas neutre.
17:31Il n'aura pas un impact
17:32sur le tourisme intérieur,
17:34le tourisme domestique majeur, quand même.
17:35Le tourisme domestique majeur,
17:36il passe par le TGV plus.
17:37Voilà, bien sûr.
17:38Mais les prix des trains ont augmenté aussi.
17:39Et encore une fois...
17:40Parce que les avions sont plats, d'ailleurs.
17:41Encore une fois,
17:42tout ce que vous dites sur l'avion
17:43est exact,
17:44mais en même temps,
17:45les gens vont moins partir,
17:47donc ils resteront,
17:48donc ça fera quand même,
17:49on l'espère,
17:50de l'activité touristique.
17:51Et en Europe,
17:52l'inter-européen,
17:53l'attra-européen
17:54est un petit peu moins sensible
17:56à, évidemment,
17:57au long courrier.
17:59Et les Américains,
18:00vous disiez les Américains,
18:01ils vont peut-être plus
18:01parvenir en Europe.
18:02Les Américains qui allaient en Asie,
18:05qui allaient au Moyen-Orient
18:05ou dans des zones
18:06qui sont impactées
18:07par la crise au Moyen-Orient,
18:08ils viendront peut-être
18:09plus facilement en Europe.
18:10Pour continuer sur ce tourisme
18:12et le tourisme aérien,
18:13des compagnies comme Ryanair
18:15ou comme Transavia,
18:16elles se sont spécialisées
18:17dans les week-end cours
18:18à 2h, 2h, 3h,
18:21maximum 4h d'avion.
18:22Week-end cours et petit prix.
18:23Et petit prix, justement.
18:25Partez à Lisbonne
18:26au départ de Paris,
18:27partez au départ de Nice
18:28à tel endroit,
18:30partout en France,
18:31vous pouvez rayonner en Europe.
18:32Donc là, pour ceux
18:33qui nous regardent là maintenant,
18:34ils vont être impactés,
18:35ils vont être touchés,
18:36ils se disent à flûte.
18:37Mais les effets sont
18:38dans les deux sens.
18:39Mais les effets sont
18:40dans les deux sens.
18:41C'est-à-dire que moi,
18:42je ne peux plus aller à Lisbonne,
18:43je le regrette beaucoup,
18:45mais je vais être obligé
18:46d'aller ailleurs
18:47dans de très belles destinations
18:48en France,
18:48puisqu'on en déborde.
18:50En tout cas,
18:50ces compagnies aériennes
18:52doivent proposer
18:52une offre alternative
18:53qui n'est pas forcément
18:54toujours disponible.
18:55Quand on part de jour,
18:56ce n'est pas le coup
18:56d'aller se faire décaler
18:57d'une journée
18:58pour passer un week-end.
19:00Non, il y a un deuxième point
19:01sur là où le gouvernement,
19:02et c'est leur prochaine étape,
19:04c'est-à-dire voir le secteur aérien
19:06pour l'anticipation
19:07de ces semaines et mois à venir.
19:09Mais c'est aussi
19:10d'organiser la mobilité.
19:11Moi, je travaillais
19:12sur les questions
19:12de transport et de mobilité,
19:14d'organiser la mobilité alternative.
19:16On parlait du train,
19:17ce ne serait pas le coup non plus
19:18de ne pas avoir
19:19le service de train
19:20et de TGV
19:21qui ne soit pas au rendez-vous.
19:22Donc la question,
19:22c'est comment est-ce
19:23qu'on va mobiliser potentiellement
19:25sur ces Français
19:25qui vont souhaiter
19:26rester plutôt en France.
19:27On se retrouve un peu
19:28au moment de la Covid
19:29et de la pré-Covid.
19:31On a beaucoup de choses
19:32à voir et à bénéficier
19:33par chez nous
19:34et donc la Munkan
19:35pas une 4 saisons.
19:36Moi, je suis dans
19:36le département de l'Ain
19:37et on est très contents
19:38de voir des touristes
19:39qui viennent également
19:40et donc de savoir
19:41comment est-ce qu'on va
19:42transporter les Français
19:44vers leur lieu de...
19:45Parce que les TGV aujourd'hui,
19:47vous le savez,
19:48sont à un taux de remplissage
19:49parce qu'on n'a pas renouvelé
19:49les rames,
19:50qui est de l'ordre
19:50de 85 à 90%.
19:52Vous avez raison.
19:52Donc la marge manoeuvre
19:53est extrêmement réduite.
19:54Non, oui, mais il vous manque
19:54quelque chose,
19:55c'est qu'effectivement
19:56les TGV sont pleins.
19:57Par contre, on a encore
19:58des sillons qui sont disponibles.
19:59Donc ça veut dire
19:59qu'on pourrait monter en cadence
20:01et donc de pouvoir rediriger
20:04sur les lignes
20:06où il y a un besoin fort.
20:08Je sais qu'on a encore
20:09un manque de matériel roulant
20:10et il faut qu'on accélère
20:11sur ces questions
20:13de ferroviaires.
20:14Mais en tout cas,
20:15c'est le moment
20:15de démontrer
20:16qu'en pleine période de crise,
20:18la France est capable aussi
20:19de prendre à bras de corps
20:20ces sujets d'infrastructure.
20:21Vous demandez à Jean Castex,
20:22ce soir PDG de la SNCF,
20:24de mettre cet été
20:25plus de trains sur les voies.
20:26Mais attendez,
20:26bien sûr que oui,
20:27mais j'espère que Jean Castex,
20:28lui qui a été Premier ministre,
20:30lui qui comprend en fait
20:31ce que c'est qu'une crise
20:31et les besoins des Français,
20:33soit capable également
20:34de répondre au téléphone
20:36et de dire
20:36voilà moi ce que je suis capable
20:37potentiellement de faire
20:38en fonction du report
20:39des besoins
20:40en termes de déplacement.
20:42Donc oui,
20:42c'est une mobilisation
20:43de l'ensemble des acteurs
20:45et la SNCF
20:45est un acteur majeur.
20:47Mais il y a aussi
20:48d'autres compagnies
20:51de ce que l'on doit retenir
20:52de cette discussion
20:53et de ce que l'on constate,
20:55ne pas s'attendre
20:56à une baisse des prix.
20:57Ça, c'est une certitude
20:58que ce soit
20:59les compagnies aériennes.
21:00Il faut s'attendre
21:00à des annulations,
21:01une augmentation des prix
21:03et puis il faudra voir
21:03si la SNCF,
21:05si elle met d'autres trains
21:06sur les rails,
21:07ne va pas profiter
21:08de la situation
21:08pour monter un petit peu
21:09les prix.
21:10C'est toujours de bonne guerre
21:11de toutes les manières.
21:12Je crois que ça soit assez probable.
21:13Peut-être une petite mise en garde aussi
21:14parce que comme toujours
21:15dans les situations de crise,
21:16il y a des formes de dérives.
21:17Il faut savoir que la loi dit
21:18que quand on achète
21:19un billet d'avion,
21:19à un moment donné,
21:20une fois qu'il est émis,
21:22on ne peut plus changer le prix.
21:23Et on a observé
21:25certaines compagnies aériennes
21:26que je ne citerai pas
21:27qui ont essayé
21:28pour des passagers
21:29qui avaient déjà pris
21:30leur billet
21:30il y a un mois,
21:31il y a deux mois,
21:32il y a trois mois,
21:33de leur dire
21:33« Ah mais attendez,
21:34depuis le kérosène a augmenté,
21:36donc on va vous pratiquer
21:37une surcharge
21:37alors que vous avez déjà accueilli ».
21:38Donc ça, c'est interdit.
21:39Ça, c'est strictement interdit.
21:40Tous ceux qui ont leur billet
21:41qui sont déjà réservés
21:42par exemple pour cet été,
21:44le prix ne doit pas bouger.
21:45Le prix, c'est un contrat,
21:46le prix ne doit pas bouger.
21:47Il faut mettre en garde
21:48le consommateur là-dessus.
21:49On risque d'utiliser
21:50les annulations
21:51pour justement pouvoir
21:52les rebasculer
21:53et rechanger le prix.
21:53Il faut être très, très attention.
21:55Si votre billet est annulé,
21:56on vous rebascule
21:57mais vous ne payez pas
21:58un surplus.
21:58Ah non, malheureusement,
21:59si votre billet est annulé,
22:00c'est vrai que c'est une technique.
22:01Si votre billet est annulé,
22:02on vous proposera un vol
22:03avec un risque d'augmentation.
22:05Merci de nous avoir aidé
22:06à comprendre la situation
22:08dans un instant.
22:08On revient justement
22:09à ce contexte de guerre.
22:10On sera de retour
22:11aux États-Unis
22:11puisque Donald Trump
22:12voit un effondrement
22:14de l'Iran.
22:15C'est lui qui se dit
22:15« Ils n'en peuvent plus,
22:16ils sont en train
22:17de s'effondrer,
22:18ils me demandent
22:18d'ouvrir le détroit d'Hormuz ».
22:20C'est du Donald Trump.
22:21On va quand même
22:22s'intéresser effectivement
22:23à la situation
22:23avec tous nos envoyés spéciaux.
22:24C'est normal,
22:25c'est la guerre,
22:26elle est à son 60e jour.
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