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  • il y a 53 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On a évoqué le prix du carburant aux Etats-Unis, préoccupation des Américains, prix du carburant, c'est aussi une
00:06préoccupation des Français bien évidemment.
00:09Il suffit d'écouter Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement ce matin sur cette idée peut-être de bloquer
00:15les prix à la pompe
00:16et Total qui lui a décidé de compter de caper les carburants, le prix des carburants, jusqu'à la fin
00:21du mois d'avril.
00:22Depuis le départ on n'observe pas de marge indue chez les distributeurs.
00:25Les marges qu'ils affichent aujourd'hui sont sensiblement les mêmes que celles qu'ils affichaient avant le début du
00:31conflit.
00:31Il n'y a pas eu de hausse indue.
00:34Est-ce que ce n'est pas l'État qui est abuseur ?
00:36Non, l'État n'est pas un profiteur de crise.
00:38L'État ne profite jamais, jamais d'une crise pétrolière.
00:43Certes vous avez une augmentation des recettes issues de la TVA puisque les prix augmentent,
00:48mais elles sont immédiatement compensées à la baisse par la baisse de la consommation par exemple, par la hausse des
00:54taux.
00:55On emprunte plus cher sur les marchés, ça coûte davantage d'argent à l'État.
00:59Et donc au global, l'État n'est jamais gagnant.
01:03Ça va être le thème du signé qu'on signise ce soir avec Charles Concily, l'avocat de crise.
01:08Bonsoir Charles.
01:09Bonsoir Raquel Garrido, ancienne députée France Insoumise, cofondatrice du mouvement L'Après.
01:14Jamais, jamais, jamais.
01:16L'État n'est pas un profiteur de crise, Charles Concily.
01:19Je ne sais pas si c'est tellement le sujet.
01:22J'entends la gauche qui évidemment saute sur la proposition, l'idée de bloquer les prix,
01:27parce que c'est vraiment le vieux fantasme de la gauche.
01:29La CGT a proposé de bloquer 1,70€ ce litre.
01:33La CGT propose ça, la France Insoumise aura sans doute une autre proposition.
01:38La gauche dans son ensemble, de toute façon, quand il s'agit de bloquer un prix,
01:42évidemment se jette dessus parce que ça correspond.
01:44Ce que le gouvernement Macron avait fait pendant le Covid avec les masques.
01:48Les masques, le prix était bloqué.
01:51On l'a oublié.
01:52C'est un petit peu moins important en termes de recettes pour l'État, de dépenses, etc.
01:56que l'essence quand même.
01:58Oui, l'essence est taxée à 60%.
01:59Et puis, ils avaient bloqué le prix des masques, mais en attendant,
02:02on remboursait joyeusement des tests qui ont fini par coûter des milliards à la Sécu
02:06et enrichir beaucoup de laboratoires.
02:07Mais donc, en tout cas, moi, ce que je pense, c'est que si on bloque les prix de l
02:13'essence en France,
02:14tout simplement, les pétroliers iront écouler l'essence ailleurs
02:17puisqu'ils ne voudront pas vendre à perte en France.
02:20Donc, je pense que c'est une mauvaise idée.
02:23Je constate qu'on en arrive à certaines absurdités,
02:25comme cette proposition de faire des prêts aux gens à taux élevé
02:30pour leur permettre d'acheter de l'essence.
02:32Un prêt de flash carburant.
02:33C'est-à-dire de payer des taxes.
02:36Donc, c'est-à-dire que l'État va prêter de l'argent aux Français
02:39pour qu'ils payent des taxes à l'État.
02:42Sachant qu'il y a dans le prix de l'essence, on le sait,
02:43une taxe qui vient taxer une autre taxe.
02:45Donc, on est sur de la taxe au cube,
02:47ce qui démontre l'intensité de notre névrose.
02:51Moi, ce que je pense, c'est que ça montre une chose,
02:54c'est qu'en réalité, il faut d'urgence baisser les taxes,
02:58baisser les dépenses publiques.
02:59Ça montre que quand il y a trop de taxes, ça pose un problème.
03:02Et surtout, on va avoir un autre problème,
03:04et j'en termine par là,
03:05c'est que la montée du prix de l'essence,
03:08si on ne baisse pas les taxes, va entraîner de l'inflation,
03:11va entraîner une augmentation du coût de beaucoup d'autres choses
03:15qui vont répercuter cette hausse du prix de l'essence.
03:18Et donc, je pense qu'on doit d'urgence enrayer
03:21ce mécanisme mortifère en baissant les taxes.
03:25Mais ça semble être en France mission impossible.
03:28Il faut préciser que Total prolonge son opération.
03:31Le gazole est toujours bloqué.
03:32Alors, ils ont un peu augmenté.
03:33C'est 2,25 euros et l'essence à 1,99 euros.
03:37Sachant que ces stations Total ont été prises d'assaut.
03:39La plupart étaient d'ailleurs vides de carburant.
03:41Jusqu'à la fin du mois d'avril.
03:42Oui, c'est vrai que le gouvernement peut avoir un rapport de négociation
03:47et demander gentiment et poliment aux acteurs économiques du secteur
03:50de maintenir des prix raisonnables.
03:53Mais au fond, je ne vois vraiment pas pourquoi on se priverait
03:58des leviers du pouvoir public dans ce qu'on appelle le contrôle des prix.
04:02En effet, le contrôle des prix, ça existait en France jusqu'en 1986.
04:05Ça s'appelle en droit la taxation des prix, même.
04:08C'est le terme technique et c'est en fait la droite sous Chirac
04:12qui l'a interdite en France et sous l'influence de l'Union européenne
04:16et de toutes ses thèses de libre concurrence, etc.
04:19Mais au fond, quand on y réfléchit bien, le pétrole, ce n'est pas un marché libre.
04:25Regardons ce qui se passe aujourd'hui au monde.
04:26Vous avez le président du pays où on produit le plus de pétrole
04:30qui a enlevé le président du pays où il y a le plus de réserves de pétrole,
04:35qui a lancé une guerre dans un endroit du monde
04:38qui bloque le passage de 20 millions de barils par jour.
04:42Donc c'est tout sauf un secteur libre.
04:45C'est un secteur où il y a beaucoup d'actions de l'État,
04:48de l'action géopolitique, de l'action militaire.
04:51Et par rapport à ce que fait Trump...
04:52Ça reste à un marché ?
04:53Non, je suis désolée.
04:54Ça reste une matière première sur les marchés.
04:56Oui, mais il faudrait peut-être qu'on arrête d'être des enfants.
04:58Il faudrait peut-être qu'on arrête d'être naïfs.
05:00On n'est pas des enfants.
05:01On voit bien quand Donald Trump fait ce qu'il fait.
05:04Nous, on ne peut pas être en face en disant
05:05« Oh, la libre concurrence, le marché libre, etc. »
05:08Donc oui, nous avons légitimité en tant que pouvoir public,
05:12en tant que peuple même, je dirais, en tant que démocratie,
05:15pour décider de contrôler les prix.
05:17D'ailleurs, la loi prévoit...
05:18Ça veut dire quoi ?
05:19Le vendre à perte, par exemple ?
05:21Non, d'abord, je voudrais ce principe-là.
05:23Même le code de commerce prévoit qu'en cas de calamité,
05:27en cas de déstabilisation, en cas de crise...
05:29Pendant la première guerre du Golfe, par le gouvernement Bérégovoy.
05:32Vous avez raison.
05:32Il avait bloqué le prix de l'essence à l'époque.
05:34Vous avez raison.
05:34La question, en fait, de dire qu'il y a un prix maximum,
05:37maximal, ça existe, ça a déjà été fait.
05:39On l'a fait pendant le Covid, on l'a fait à d'autres...
05:40Mais qu'est-ce qu'on fait s'il y a des pénuries dans ce cas à la Raquel ?
05:42Notamment sur le gazole.
05:43Si les pétroliers ne veulent pas vendre au prix que leur impose l'État,
05:47et qu'on se retrouve avec des pénuries d'essence
05:49dans les stations-essence de notre pays,
05:50sachant qu'il y a déjà un petit début de pénuries dans un certain nombre...
05:55On ne manque pas d'essence, c'est ce que je veux dire.
05:58Déjà, maintenant, sans contrôler les prix, on a des problèmes.
06:01Donc, qu'est-ce qui se passe s'il y a des pénuries d'essence dans les stations-service ?
06:05Donc, comme vous le disiez, il y a d'ores et déjà aujourd'hui
06:08un certain nombre de pompes en France où il n'y a pas d'essence.
06:11Alors, c'est vrai, les distributeurs disent que c'est une question logistique, etc.
06:14Bon, c'est le week-end de Pâques, peut-être.
06:16Et puis le succès aussi de l'opération totale.
06:18En tout cas, ce n'est pas l'action de l'État qui crée des pénuries.
06:22C'est la guerre.
06:23Et donc, qu'est-ce qu'on fait si l'action de l'État crée des pénuries ?
06:24Mais elle ne créera pas la pénurie, ça c'est vous qui le dites.
06:27Parce que, pardonnez-moi, nous avons des entreprises françaises,
06:30notamment Total, nous avons des énergéticiens
06:32qui, je pense, veulent d'abord engranger des bénéfices
06:37parce que personne ne dit, enfin j'imagine,
06:39qu'il n'est pas envisagé par les tenants comme moi du contrôle des prix
06:43qu'effectivement il y ait une vente à perte.
06:46– Non, mais qu'est-ce qui aurait l'intérêt de ceux qui ont du pétrole,
06:49de nous vendre du pétrole s'il n'est pas vendu au prix ?
06:51– Parce que c'est un immense marché de l'Europe.
06:54– Oui, donc il faut le faire à l'échelon de l'Europe.
06:56– Il faut aussi le faire à l'échelon de l'Europe.
06:58– C'est compliqué.
06:59– Oui, mais c'est déjà une autre histoire.
07:00– Non, mais ce n'est pas incompatible.
07:02– On convainc les 27.
07:04– Attendez, vous avez une démarche qui a été prise
07:06par le gouvernement d'Espagne, Allemagne, Autriche, Italie,
07:10enfin cinq pays d'Europe qui demandent aux institutions européennes
07:14de remettre en place la taxe sur les sur-profits
07:18qui avait été déjà mise en place dans le contexte de la guerre en Ukraine.
07:21On y est là, c'est-à-dire le sur-profit.
07:24Aujourd'hui, il y a deux…
07:24– Mais là, ce n'est pas la même chose, Raquel.
07:26La taxe sur les super-profits, ce n'est pas la même chose
07:30que de bloquer le prix de l'essence.
07:32Ce n'est pas du tout la même démarche.
07:34– Ce n'est pas contradictoire.
07:36– C'est marrant parce que vous…
07:38– Ce n'est pas contradictoire, Charles.
07:39– Ce n'est pas drôle d'ailleurs.
07:40C'est intéressant parce que vous allez tout de suite sur quelque chose d'idéologique.
07:44C'est-à-dire que là, l'urgence, c'est quand même de faire en sorte
07:46que les Français payent moins cher leur essence.
07:48– Et que l'économie…
07:49– Oui, donc le contrôle des prix, ça répond immédiatement à ça.
07:51– Et que derrière, voilà, il n'y a pas d'inflation, etc.,
07:53que tout ne s'enraye pas à cause de cette guerre en Iran.
07:56Et vous, vous allez tout de suite sur la taxe sur les super-profits.
08:00C'est ça qui vous intéresse ?
08:02– Non, c'est vous qui m'avez parlé d'Europe pour me dire
08:04que je ne pouvais pas contrôler les prix en France.
08:06Je vous réponds qu'on peut aussi agir au plan européen
08:09et que ça a déjà été fait et que rien n'empêche la France.
08:12Et pourquoi est-ce que la France ne s'associe pas
08:15à ce que font les autres gouvernements européens,
08:17les cinq qui ont déjà agi ?
08:18– Sur la taxe sur les super-profits, mais parce que ça n'a pas…
08:19– Ressons quand même sur le sujet.
08:21– Mais non, mais donc, si, si, ça peut y avoir des mécanismes de compensation.
08:26– Si vous étiez aux manettes, en fait, vous n'auriez pas de solution
08:29pour le problème actuel.
08:32Non, parce que vous seriez sur une taxe sur les profits des entreprises.
08:34– Est-ce que le gouvernement a raison de cibler les aides ?
08:40On ne va pas arroser tout le monde, mais on aide ceux qui sont vraiment impactés.
08:44Alors, il y a eu les agriculteurs, les routiers, les marins-pêcheurs.
08:47Cette semaine, on annonce aussi de nouvelles aides,
08:49sans doute pour les professions libérales comme les infirmières.
08:52Est-ce que c'est la bonne méthode, Charles ?
08:54– Oui, en tout cas.
08:55– Pour ne pas trop dépenser.
08:56– L'ultra-libéral que je suis, pense quand même que l'essence est tellement vitale
09:01pour beaucoup de nos compatriotes, qu'évidemment qu'il faut faire quelque chose
09:06quand il y a une situation comme ça exceptionnelle.
09:09Moi, je suis contre le gaspillage de l'argent public, précisément pour pouvoir aussi
09:13en garder quand on en a besoin.
09:15Et là, ça va typiquement être un moment où on en a besoin.
09:18Si vous êtes un infirmier libéral et que vous commencez à travailler à perte,
09:22déjà que quand vous travaillez en temps normal, vous ne gagnez pas beaucoup.
09:25– C'est l'État qui fixe vos tarifs, en plus.
09:27– Voilà, en plus, c'est l'État qui fixe vos tarifs,
09:29c'est l'État qui vous taxe votre essence, etc.
09:31Moi, j'ai une autre proposition qui serait de baisser, de supprimer.
09:35Il y a une partie des taxes sur l'essence qui sont fléchées directement
09:39vers des investissements pour la transition écologique.
09:43– Le certificat environnement.
09:44– Voilà.
09:45– Qui a augmenté d'ailleurs en janvier.
09:46– 15 centimes d'euros par litre.
09:48Bon, est-ce que c'est vraiment l'urgence de taxer à hauteur de 15 centimes d'euros par litre
09:55l'essence dans la période actuelle pour financer des éoliennes ?
09:59Honnêtement, je ne suis pas sûr.
10:00Je pense qu'on peut suspendre cette taxe.
10:03Ça fera déjà baisser de 15 centimes, et tant pis pour les éoliennes,
10:06ce ne sera pas une grande perte.
10:07Ça fera déjà baisser de 15 centimes par litre le prix de l'essence.
10:11Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas ça ?
10:13– Alors, premièrement, sur les surprofits des entreprises,
10:18Aude, Anne, non, comment elle s'appelle, Bergeon ?
10:20– Maud Brégeon, pardon, Maud Brégeon.
10:22Maud Brégeon, parle du gouvernement, ministre de l'Energie.
10:25– Je lui présente mes plus plates excuses.
10:26Maud Brégeon, ment quand elle dit qu'il n'y a pas…
10:29– Le premier ministre, Benjamin, le tordu.
10:32Non, attendez.
10:33– Pardon, pardon, ça change beaucoup.
10:35– Non, mais ça, on peut-être est sur…
10:36– Elle dit, non, parce que ce que propose Charles Consigny,
10:39mais c'est la même proposition du RN, d'ailleurs,
10:41c'est on ne touche pas au profit,
10:43et en réalité, nous, les gens qui payons des impôts,
10:46les contribuables, on va se payer nous-mêmes
10:48le fait de maintenir le prix de l'essence
10:51à un niveau raisonnable.
10:53Parce que quand vous dites que vous voulez baisser les impôts,
10:56ça revient, en fait, à nous priver de recettes,
10:58nous, pour nos écoles, pour nos routes,
11:00pour les policiers, etc.
11:02Donc, autant…
11:02– Là, c'est pour les éoliennes, en l'occurrence.
11:04– Attendez, mais je reviendrai aux éoliennes,
11:06parce que si vous pensez que la chose intelligente à faire
11:08quand on gouverne la France, c'est de maintenir
11:10ce niveau de dépendance à l'industrie des hydrocarbures,
11:12vous mettez le ballon en l'œil.
11:13– Parce que des crises comme ça, vous en aurez nécessairement
11:17de plus en plus à l'avenir.
11:20– Juste, avec cet enjeu qu'on voit aujourd'hui du pétrole
11:22dans des situations qui sont instables,
11:24du coup, est-ce qu'il faudrait envisager
11:27la renationalisation totale, par exemple ?
11:29– Bien sûr, c'est un outil qui est nécessaire,
11:31mais moi, je ne suis pas dogmatique sur les nationalisations.
11:33– Parce que ça coûte 170 milliards, la renationalisation totale.
11:36– Moi, sur la question des nationalisations,
11:38j'ai une position extrêmement pratique,
11:40c'est-à-dire, quand le marché fait des choses
11:41et que ça marche très bien, si le marché ne fait pas
11:43correctement, il faut la loi, si même la loi,
11:45ça ne marche pas… – Et l'État gère mieux que les entreprises ?
11:48– Oui, en général, la sécu,
11:50les assurances… – Vous trouvez que ça marche bien, la sécu ?
11:53– L'assurance santé, vous voulez être assuré
11:55dans votre santé comme les Américains ?
11:57– Non, les Suisses, les Néerlandais ?
12:00– On est d'accord.
12:02– Les assurances santé sont un excellent exemple
12:04pour montrer que nous avons des outils en France
12:07qui sont plus performants, moins chers que dans ces cas-là.
12:10– Ne serait-ce que parce que vous avez une ligne qui disparaît
12:12qui est la ligne bénéfice des actionnaires.
12:15Donc, à partir de là, ça fait quand même de grosses économies.
12:18Et sur le pétrole et l'énergie, on ne peut pas contester
12:20que c'est un… – Il faut qu'il y ait un groupe national.
12:21– C'est un bien de première nécessité.
12:23– C'est ça, en fait.
12:24C'est ça, le fond de l'affaire,
12:26c'est qu'on ne peut pas vivre sans énergie.
12:29Et la dame qui s'occupe de vieilles personnes
12:31et qui prend sa voiture aujourd'hui à perte
12:33pour aller soigner vos grands-parents,
12:36c'est pas normal.
12:38– On ne peut pas vivre sans nourriture.
12:39On peut nationaliser aussi l'agriculture.
12:43– Je vous ai dit, Charles,
12:43je n'ai pas de vision dogmatique de la nationalisation.
12:46– On peut faire des sauf-causes.
12:47– Voilà, ça c'est toujours très caricatural.
12:50Moi, je vous ai dit que je ne suis pas dogmatique
12:51par rapport à ça, je suis pratique.
12:53Si le marché fait les choses et que ça marche, très bien.
12:56– Du coup, total, plafond,
12:58pour intervenir.
12:59– Pour l'instant, total fait quelque chose de concret.
13:01– Donc, oui, bon, d'accord.
13:03Mais on voit bien que cette démarche-là,
13:06qui est la démarche très macroniste,
13:07c'est-à-dire, ah, messieurs, les grandes multinationales,
13:10je vous prie de bien vouloir, s'il vous plaît.
13:12– Mais ils l'ont fait de même, total.
13:15– Et pourquoi ?
13:16Parce qu'ils veulent continuer de vendre aux Français,
13:18parce que nous sommes un gros marché,
13:19parce qu'ils voient bien derrière qu'il y a une demande.
13:21– Cela dit, on voit bien que du côté du gouvernement,
13:23on est quand même un peu aux doigts mouillés.
13:24– C'est-à-dire, on n'a pas vraiment de stratégie,
13:27on se dit, avec un peu de chance, ça va se calmer,
13:28Trump va négocier, le prix du marché va baisser.
13:31On n'a pas vraiment de stratégie.
13:32– Évidemment, moi, je pense que, alors là,
13:34– On gagne du temps.
13:35– Sans polémique, je pense que le gouvernement
13:37surveille plusieurs choses.
13:38Un, ce qui se passe en Iran, pour effectivement espérer que ça aille mieux.
13:43Bon, on ne se dirige pas vers ça, a priori,
13:46vu que Trump nous promet une guerre nucléaire.
13:49Deux, ce qui se passe en France.
13:51Est-ce que la contestation monte ?
13:53Est-ce que ça prend la forme d'une grogne sociale ?
13:56Mais trois, moi, je pense que, trop timidement,
13:59ils font à peu près ce qu'il faut faire.
14:01C'est-à-dire que cette idée d'être ciblé,
14:04je pense qu'il faut la faire.
14:05Simplement, là où je les trouve timides,
14:06c'est que, moi, je pense qu'il faut baisser les taxes.
14:08Mais le problème, c'est qu'en France,
14:10quand vous expliquez que vous voulez baisser une taxe,
14:13on vient vous expliquer que vous voulez appauvrir
14:16le contribuable français,
14:17comme vient de le faire Raquel Garry-Denostert, c'est génial.
14:20– Moi, je vous dis qu'il faut baisser les marges.
14:22– C'est un appauvrissement du contribuable.
14:24– Évidemment, parce que cet argent-là, c'est notre argent.
14:26– Une fois qu'on raisonne comme ça,
14:27on est tranquille.
14:29– C'est quand même notre argent.
14:30– Alors, voyez, moi, quand l'État me prend de l'argent,
14:33je ne considère pas que ça reste mon argent.
14:34– Eh bien, vous avez tort, parce que vous vous y retrouvez…
14:36– En revanche, effectivement, l'État considère mon argent comme le tien.
14:39– Oui, c'est le salaire différé, c'est ça.
14:40– Alors ça, c'est les cotisations, mais on va dire que dans l'idée,
14:42c'est à nous, c'est la souveraineté.
14:44C'est la marque même de ce qu'est la souveraineté.
14:46Il n'y a pas d'acte plus souverain
14:48que de mettre ensemble des impôts
14:51pour lui faire faire ce qu'on veut.
14:52Le problème, c'est qu'en fait, il ne faut pas ce qu'on veut exactement.
14:55– On est à l'aube d'une nouvelle révolution
14:56où je pense que les Français vont vouloir
14:58que leur argent reste leur argent.
15:00– Non, ça c'est cette révolution libérale…
15:03– Non, des raisonnements qu'on appelle la tautologie.
15:06Mon argent et mon argent, ton argent et ton argent.
15:09Et ils ne vont plus vouloir qu'on mélange ça comme vous le faites.
15:12– Eh bien, vous voulez vivre aux États-Unis ?
15:13– Bah oui.
15:14– Moi, je serais ravi de vivre avec Donald Trump
15:16et de mettre le monde à fond.
15:18– Mais moi, j'aimerais bien sauver mon pays.
15:20– Eh bien, il y a des pays en Europe
15:22qui sont aussi sur ce modèle-là.
15:23– On voit bien, parce qu'on parlait de la stratégie du gouvernement,
15:27là, il y a une mesure qui est annoncée,
15:29c'est de pouvoir libérer éventuellement de l'épargne salariale
15:31pour redonner un peu de pouvoir d'achat.
15:34Au français, ce serait 5 000 euros
15:35pour ceux qui ont de l'épargne salariale.
15:36Je crois que c'est étudié en ce moment au Sénat d'ailleurs.
15:38– Net d'impôts.
15:38– Net d'impôts.
15:40– Donc voilà, c'est assez rare.
15:42– En fait, c'est comme le Covid, souvenez-vous.
15:45– On essaie de tirer un peu toutes les manettes.
15:47– On a garanti les prêts à certaines entreprises
15:48en difficulté pour payer.
15:50Alors l'Ursaf avait été décalé,
15:51les paiements d'Ursaf avaient été décalés
15:54d'un an même pour le paiement.
15:56Bon, il y a des entreprises qui au final
15:58ont quand même fait faillite
15:59et qui ont été garanties par l'État.
16:00Je vous rappelle que cette affaire a quand même coûté
16:03beaucoup et ça n'a pas été fait
16:04avec beaucoup de discernement.
16:05Moi, je dis attention.
16:07Bien sûr qu'il y a des choses
16:08qu'on peut payer avec l'argent public
16:09et même, pour être très précise,
16:13je pense qu'il faut éviter la sur-recette
16:15ce qui est arithmétiquement dû,
16:18automatiquement à l'augmentation du prix.
16:20Comme vous le disiez, on applique des taux.
16:22Et par exemple, la TICPE flottante,
16:25parce que, souvenez-vous, l'époque,
16:26en 2000-2002, il y avait une TIPP flottante.
16:29Je ne sais pas si vous vous souvenez
16:29de cette période-là.
16:31Ça, à l'époque, c'était la taxe intérieure
16:34sur les produits pétroliers.
16:35Et c'était l'idée qu'en tant qu'État,
16:37on veut une certaine régularité de la recette.
16:39Ça ne marchait pas très bien.
16:39Non, mais d'accord.
16:40Mais on peut quand même, dans la logique
16:42et dans le principe, dire que la TICPE,
16:45dans la mesure où les prix augmentent
16:47et où, arithmétiquement, on est en train
16:48d'engranger plus de recettes,
16:50on baisse le taux pour en avoir moins.
16:51Ça, c'est le cas d'une partie des taxes.
16:52Mais la TVA, par exemple, aujourd'hui,
16:54elle rapporte plus.
16:55Moi, ce que je trouve fabuleux,
16:56c'est deux choses.
16:57D'une part, vraiment, cette espèce de névrose
17:00où, en France, l'idée de baisser une taxe
17:03est un truc, c'est comme quelqu'un
17:04qui aurait des tocs
17:05et qui n'arriverait pas à descendre
17:08la dernière marche d'un escalier
17:10contre la fermeture d'une classe
17:11et on vous dit qu'il n'y a pas de troc,
17:13on ne peut pas les payer.
17:14Les gens suffocent dans notre pays
17:16à l'idée qu'on baisse une taxe.
17:19Parce que l'État passe son temps
17:21à dire aux Français
17:22qu'il n'y a pas d'argent
17:23pour payer des AESH
17:24pour pas premièrement payer.
17:25Avec des prévisions obligatoires
17:26qui sont très élevées.
17:27Deuxièmement, ce qui me frappe aussi
17:29dans ce système,
17:29c'est à quel point
17:31l'argent des gens,
17:33effectivement,
17:33mais on voit bien cette logique,
17:34l'argent des gens
17:35devient fictif, si vous voulez.
17:36Votre salaire...
17:37Je ne vous appartiens plus.
17:38Votre salaire, ça devient une fiction.
17:40Mais c'est le contraire,
17:40c'est vous qui nous parlez.
17:42Vous ne comprenez pas
17:43ce qui s'est passé entre temps.
17:45Quand un magicien est passé par là,
17:47il vous reste ça
17:48quand vous avez ça.
17:49Et on invente des systèmes
17:50pour essayer quand même
17:52de donner un tout petit peu
17:53d'argent aux gens.
17:54Donc on invente ce système
17:55de l'épargne salariale.
17:56Et là, on leur octroie
17:58royalement le fait
17:58qu'ils auront 5000 euros
18:01pour affronter ces gros temps.
18:02Et puis vous pourrez utiliser
18:03votre ticket restaurant
18:04le dimanche, si vous voulez.
18:06Les Français sont infantilisés.
18:09Leur argent leur est volé.
18:11Je trouve ce système
18:13complètement vrai.
18:13Et en revanche,
18:15je note qu'on arrive à parler
18:17pendant 20 minutes
18:18du fait qu'il puisse manquer d'argent
18:20pour certaines politiques publiques.
18:21Et pas un mot de taxe Zuckman
18:23de votre côté.
18:23Pas un mot du fait
18:24qu'on va prendre de l'argent
18:25aux centimillionnaires
18:26et aux milliardaires.
18:27Et donc en fait,
18:28ce qui nous coûte cher aujourd'hui.
18:29Donc on envisage
18:31que les Français
18:32puissent payer davantage
18:34de taxes sur l'essence.
18:35Et pendant ce temps-là,
18:36les milliardaires,
18:37ils sont tranquilles.
18:37Merci Raquel Garrido.
18:38A vous et vos amis.
18:39Merci Charles Consigny.
18:40Ça changerait tout là.
18:42Merci beaucoup.
18:43Absolument, ça changerait.
18:44Merci.
18:44Merci.
18:44Merci.
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