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  • il y a 2 mois
Ce mardi 2 juin, la vague d'actualités boursières autour de l'IA, a été commentée par Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Avec ce matin, Laurent Chauderge, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management.
00:05Bonjour Laurent, merci de nous accompagner ce matin.
00:08Alors hasard de calendrier, c'est vrai que l'actualité est une nouvelle fois très riche autour de l'intelligence
00:12artificielle.
00:13Hier soir, Anthropik a officialisé son introduction en bourse.
00:17En tout cas, ils ont déposé le dossier auprès du gendarme boursier américain.
00:21Alphabet va lever 80 milliards, mais cette fois ce n'est pas sur le marché obligataire, c'est sur le
00:25marché actions.
00:26On pourrait parler aussi de SpaceX qui va rentrer en bourse dans 10 jours.
00:29La première séance, ce sera le 12 juin.
00:31Comment vous regardez toute cette actualité avec des milliards qui vont un peu partout ?
00:35En ce moment, le tarif c'est 80 milliards. Sur ces trois opérations, c'est peu ou prou le tarif
00:38?
00:39Alors effectivement, c'est un des éléments qui nous invitent à une certaine prudence et vigilance
00:43parce que l'équation du financement de ces hyperscalers,
00:46donc si on prend Amazon, Microsoft, Alphabet, Oracle, les médecins, les cinq gros,
00:50l'équation de financement est en train de basculer.
00:53Et depuis plusieurs années, ils arrivaient à financer leur croissance sans appeler leurs actionnaires,
00:57donc sans diluer les actionnaires, et c'est en train de changer.
01:00Donc Google, Alphabet, c'est exactement l'exemple.
01:0380 milliards d'embaissons de capital, ce n'est plus de la dette, c'est des actions,
01:07donc dilution de l'actionnaire existant.
01:08Et comme vous le disiez, on va avoir probablement SpaceX d'abord,
01:12et puis ensuite Anthropik vient de la lancer, et OpenAI qui vont venir sur le marché.
01:16Et pour pas des petits montants, on estime que les trois ensemble, c'est peut-être 200 milliards de dollars.
01:21Alors 200 milliards de dollars, ça ne semble pas gros par rapport à la capitalisation boursière de ces gens-là,
01:25mais c'est quand même cinq fois la taille du marché annuel des introductions en bourse aux États-Unis.
01:31Avec des introductions en bourse aujourd'hui qui sont vraiment positionnées sur l'IA.
01:35On parle aussi parfois de l'Asie, en Chine, à Hong Kong, c'est la même chose.
01:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tout se focalise sur l'IA, tous les flux vont vers l'IA.
01:43Tout se focalise sur l'IA, donc ça crée des effets d'éviction sur les autres secteurs,
01:47et ça crée des opportunités.
01:49Mais il y a d'autres, au-delà du financement, qui sont en train de devenir actions plutôt qu'obligataires,
01:53et ils sont obligés, parce que le marché de l'investment grade, par exemple aux États-Unis,
01:57si vous ne faites que émettre des obligations pour financer vos besoins d'investissement,
02:00vous allez vite, en tant que secteur technologique IA, représenter 30-40% du marché de l'investment grade.
02:06Donc le problème de concentration qu'on a dans les indices actions comme S&P 500, etc.,
02:10pourrait venir aussi sur le marché obligataire.
02:13Alors ça, c'est le premier sujet, et donc c'est un sujet de financement qu'on n'avait pas
02:16avant,
02:17parce que leur équation se dégrade.
02:18C'est-à-dire qu'il faut bien vous voir en tête que ces cinq gros, en 2025,
02:21qui généraient encore 200 milliards, on va dire, de trésoreries nettes,
02:24qui leur permettaient de financer leurs dividendes, leurs rachats d'actions,
02:28leurs investissements dans des participations type Anthropique ou Open AI,
02:31cette année, ce free cash flow, cette trésorerie passe à zéro, plus ou moins.
02:34Donc vous ne pouvez même pas financer l'intégralité de votre dividende.
02:38Et en plus de ça, il faut prendre en compte les engagements hors bilan
02:41que ces gens-là sont en train de prendre.
02:43Vous avez peut-être vu qu'ils s'engagent à louer des data centers qui ne sont pas encore créés.
02:47Donc ça veut dire que comme il n'est pas encore créé,
02:48vous n'êtes pas obligés de mettre cette dette future sur votre bilan.
02:51Pour se donner une idée, ce chiffre, ça a été augmenté de 400 milliards en 2025,
02:55et peut-être 1000 milliards en 2026.
02:58Une fois que ces data centers vont sortir de terre,
03:01la dette au bilan des hyperscalers va augmenter.
03:05Donc on voit bien qu'il y a un sujet de financement qui se détériore
03:07par rapport à ce qu'on a vu les dernières années,
03:08et puis il va y avoir un sujet d'exécution.
03:10On voit de plus en plus d'annonces là-dessus.
03:13Pourquoi il y a une course à l'armement comme ça ?
03:14Parce que les capacités énergétiques disponibles sont de plus en plus limitées.
03:19Donc si vous ne mettez pas la main aujourd'hui dessus,
03:21un raccordement électrique s'est passé de 2-3 ans d'attente à 5-6 ans.
03:25Commander un transformateur haute tension, pareil.
03:272-3 ans d'attente, maintenant 5-6 ans.
03:29Donc tout le monde se précipite sur ce qui reste aujourd'hui disponible,
03:33parce qu'après le temps d'attente est 4-5 ans.
03:35Et du coup, les prix augmentent, c'est le cas des semi-conducteurs, etc.
03:38Et donc un data center de 1 gigawatt,
03:41là où quelques années ça a coûté 35-40 milliards,
03:44aujourd'hui manifestement c'est ce que dit le CEO de Mistral,
03:46on est plutôt à 50 milliards de dollars,
03:47et on va peut-être aller vers 100 milliards de dollars.
03:50Donc l'intensité capitalistique continue d'augmenter,
03:53on a maintenant 5 hyperscalers qui dépensent à peu près 50%
03:56de leur chiffre d'affaires en investissement.
03:59Pour se donner une référence, Bull TMT,
04:02qui est une des plus grandes phases d'investissement en capital,
04:05c'était à peu près 38% du chiffre d'affaires des opérateurs télécom.
04:08Donc on est vraiment très avancé sur ce sujet-là.
04:10Alors dans le même temps, ces acteurs sont rentables,
04:12en tout cas quand vous regardez la rentabilité d'Alphabet,
04:14c'est bleu franc, ils ont fait quand même plus de 60 milliards de profits
04:17sur les trois premiers mois de l'année, ce n'était pas le cas en l'an 2000.
04:21Comment aujourd'hui, en tant qu'allocataire chez BDL Capital Management,
04:24on est quand même investi sur le marché ?
04:26Parce que vous ne pouvez pas rester cash en disant
04:28on va attendre que ça corrige,
04:29parce que cette musique peut encore durer longtemps.
04:33Alors complètement, il y a une opportunité qui est créée
04:36par cet enthousiasme débordant sur l'IA,
04:38c'est que comme vous le disiez,
04:41les investisseurs investissent de plus en plus là-dedans,
04:43et donc ils doivent vendre d'autres secteurs,
04:45assécher d'autres secteurs,
04:47pour financer l'IA.
04:48Et l'assèchement des autres secteurs fait que
04:49ça crée des valorisations historiquement basses
04:52dans certaines industries.
04:54Je pense par exemple à tout ce qui est santé,
04:57équipement médical notamment,
04:58à tout ce qui est aussi alimentation courante
05:00comme les boissons, etc.
05:02Vous avez des multiples de valorisations
05:03qui sont plus bas depuis 15-20 ans.
05:05Et pour l'instant, ce sont des secteurs qui sont boudés,
05:07d'autant plus qu'il y a des inquiétudes
05:08sur la consommation aux Etats-Unis,
05:11sur la capacité de ces entreprises à pouvoir relever leurs prix
05:13si l'inflation perdure.
05:14Enfin, aujourd'hui, vous pensez que ce sont des opportunités ?
05:19Oui, et ça a beaucoup sous-performé,
05:21et l'opportunité est là.
05:22On pourrait dire, mais alors, le risque, c'est que ça baisse encore,
05:25parce que tout le monde veut de l'IA.
05:27Ce qui est intéressant, c'est de voir un peu la valorisation.
05:29Aujourd'hui, sur ces métiers-là,
05:30on est à peu près à 12 fois les bénéfices,
05:31et quand vous prenez du recul avec la bulle TMT des années 2000,
05:35à l'époque, il y avait la nouvelle économie,
05:37les TMT, qui est l'équivalent de l'IA d'aujourd'hui,
05:39et la vieille économie.
05:40Et au point bas du marché, en mars 2003,
05:42après le krach boursier,
05:43cette vieille économie n'est jamais tombée en dessous
05:46de 11-12 fois les bénéfices.
05:47Donc, mon point, c'est qu'on a déjà fait ce travail
05:49sur la valorisation,
05:50et donc, ça va commencer à devenir les opportunités
05:52sur lesquelles on gagne de l'argent
05:53sur les 2-3 prochaines années, je pense.
05:55Et typiquement, si on peut donner quelques noms
05:57pour illustrer tout cela ?
05:58Dans la consommation courante,
05:59on est devenu actionnaire dans les spiritueux de Diageo,
06:02par exemple dans la bière de Carlsberg,
06:03dans les parfums de Putsch,
06:04qui est une société espagnole,
06:05qui est un des grands leaders mondiaux des parfums.
06:08Et dans la santé,
06:10vous avez des dossiers comme Philips,
06:12Siemens et Senir dans tout ce qui est imagerie médicale,
06:15Fraisienus dans la dialyse.
06:16Ces dossiers-là, voilà,
06:17ils ont eu une sous-performance assez forte
06:19depuis quelques années,
06:20et leurs valorisations sont extrêmement basses.
06:22Et les perdants de l'intelligence artificielle ?
06:24Alors, le marché, on pense qu'il y en a beaucoup,
06:26notamment dans le software,
06:27mais également dans certains métiers bien spécifiques,
06:30B2B.
06:31Comment on fait le tri ?
06:32Alors, c'est vrai,
06:33il y aura des grandes victimes de l'IA dans les logiciels.
06:37Il faut être prudent sur le secteur.
06:39On pense, en revanche,
06:39qu'il y a quelques opportunités.
06:41Il faut bien regarder à quoi sert le logiciel
06:43dans lequel vous investissez.
06:44Si c'est juste agréger des données publiques,
06:46là, vous allez le disrupter rapidement.
06:48Si c'est avoir des interfaces graphiques jolies,
06:50là aussi.
06:51Par contre, si vous avez des effets de réseau,
06:53si vous êtes tellement névragique pour le client
06:55qui ne peut pas se passer de vous,
06:56là, il y a des opportunités.
06:57Donc, on a fait quelques investissements sélectifs,
06:59par exemple dans la société de logiciels SAP,
07:02dans la bourse anglaise,
07:04le London Stock Exchange,
07:05ou dans quelques opérateurs de sites immobiliers,
07:07notamment en Angleterre et en Allemagne,
07:11ainsi que dans Amadeus,
07:12la plateforme espagnole de réservation de billets d'avion.
07:16Un titre qui était l'une des stars de la Côte à Madrid
07:19et qui, là aussi, s'est fait bousculer ces derniers mois
07:22avec les craintes autour de l'intelligence artificielle.
07:24Merci beaucoup, Laurent Chauder.
07:25Je vous ai accompagné ce matin,
07:26membre du comité d'investissement de BDL Capital Management,
07:28pour faire un point sur l'IA
07:30et sur vos convictions aujourd'hui,
07:32au milieu de toutes ces annonces
07:34qui sont de plus en plus nombreuses.
07:36D'ailleurs, tout à l'heure, à l'ouverture de Wall Street,
07:37il faudra suivre HP Enterprise,
07:39qui est en hausse de 30% hier soir en après-bourse,
07:42car le groupe a dit qu'il avait un an d'avance
07:43sur ses objectifs financiers.
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