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  • il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:01Générique
00:04Bonsoir à tous, 59e jour de guerre au Moyen-Orient, que faut-il retenir de la journée ?
00:10Eh bien qu'il y a une ou va avoir une réunion de crise autour du président Trump.
00:13Avec cette question, le cessez-le-feu est-il terminé ? Les hostilités vont-elles reprendre ?
00:18Vous avez des images du porte-avions Bush, des images qui sont fournies par l'US Navy.
00:23Donc aujourd'hui on voit bien que tout ceci est très ténu, très fragile bien évidemment.
00:28L'autre front de la guerre c'est le Liban, Israël qui frappe des positions du Hezbollah.
00:33Donc c'est à surveiller bien sûr avec l'attention stratégique autour du détroit d'Hormuz.
00:38Cette guerre ce sont nos correspondants, nos envoyés spéciaux qui vont nous la raconter.
00:44Bien évidemment des points qui sont importants et stratégiques.
00:47En commençant par les Etats-Unis, nous allons y retrouver Antoine Lahr en direct pour BFM TV.
00:52Parce qu'il semble quand même aujourd'hui qu'après 59 jours de conflit, la guerre soit dans l'impasse
00:59pour l'administration Trump, Antoine.
01:04Oui exactement. En fait selon le média Axios, les Américains ont reçu des Iraniens une nouvelle proposition pour régler le
01:12conflit.
01:13Proposition en deux temps. D'abord régler la question de la navigation autour du détroit d'Hormuz.
01:17Ça veut dire que les Iraniens accepteraient de lever leur blocus à condition que les Américains en fassent d'eux
01:22-mêmes.
01:22Et puis dans un second temps, on négocierait sur les questions de fond, la question du nucléaire en particulier.
01:29Le problème c'est que Donald Trump ne veut pas du tout procéder de cette façon.
01:33En fait Donald Trump est convaincu que le blocus qu'il a imposé sur les pétroliers iraniens,
01:36c'est le meilleur atout qu'il a dans sa manche pour faire plier Téhéran et obtenir des concessions sur
01:41le nucléaire.
01:42Il n'est donc pas prêt à abandonner ce levier.
01:45Donald Trump qui ce matin a réuni ses équipes dans la Situation Room,
01:49c'est-à-dire cette cellule de crise dans les sous-sols de la Maison-Blanche pour faire le point
01:53sur la situation.
01:55Et on voit donc qu'on est dans une impasse avec d'un côté un Donald Trump qui veut tout
02:00négocier en même temps.
02:02Hormuz et la question du nucléaire et en face des Iraniens qui sont prêts à séquencer les discussions.
02:08Antoine Larras à Washington pour BFM TV.
02:10Nous serons ensuite en Iran et nous serons au Qatar.
02:13Parce que bien sûr c'est le détroit d'Hormuz avec ce blocus qui est mis en place par les
02:20Américains.
02:20Mais avec ce qui se passe, on est dans le perdant-perdant, Stéphane Bureau.
02:24La Provence, c'est-à-dire les États-Unis sont coincés.
02:28Le cessez-le-feu, on va voir s'il tient ou pas.
02:32Du point de vue stratégique, géopolitique, il y a d'autres pays qui sont coincés aussi avec l'histoire du
02:38pétrole.
02:38Et puis le blocus n'a pas les effets escomptés.
02:41Donc on est dans le perdant-perdant pour le moment, non ?
02:43Ce n'est pas le calcul de Donald Trump qui pense qu'il sera dans le perdant-gagnant.
02:46Parce qu'il aime être le gagnant et voir le malheur de ses perdants en face de lui.
02:52Je pense que le pari du président pour l'instant, c'est de voir combien de temps il arrivera à
02:55maintenir son blocus.
02:57Ce qui apparemment pique davantage que les opérations militaires qui exposaient les États-Unis un peu à leur impuissance.
03:01Parce que des semaines de bombardements, pour autant un régime, alors qu'il n'est pas tout à fait le
03:06même.
03:06D'ailleurs le président le constate aujourd'hui, il n'a pas les interlocuteurs qu'il pensait avoir à Téhéran.
03:10Il en a liquidé beaucoup aussi.
03:12Les Israéliens ont fait plutôt le boulot à sa place.
03:15Et on comprenait quand même en creux que M. Halibaf, qui est patron du Parlement, était l'interlocuteur désigné des
03:24Américains.
03:24Or, il a été forcé à démissionner de son job de négociateur parce qu'il y a un bras de
03:28fer qui se joue à Téhéran.
03:29Donc pour le président, tout n'est pas ouvert.
03:33Pour autant, je pense que la question est de savoir combien de temps lui sera capable de résister et donc
03:38de ne pas fléchir.
03:39Parce que les Iraniens proposent de découpler la négociation, régler le sort d'Hormuz en disant peut-être plus tard
03:44le nucléaire.
03:45Et politiquement, c'est intenable pour le président.
03:47Non, mais quel serait l'intérêt de reprendre les hostilités là ?
03:49Pourquoi est-ce qu'il reprendrait les hostilités ?
03:51Alors attendez, je vous interromps parce qu'on a le président de la République qui s'exprime, il est en
03:54Andorre, il s'exprime sur ce conflit au Moyen-Orient.
04:05Aujourd'hui, on voit bien que la tension qui s'entretient et les réponses qui se font de loin ne
04:11sont pas bonnes.
04:13Le cessez-le-feu est en place, c'est une bonne chose.
04:17Il inclut maintenant le Liban, nous l'avons fortement souhaité et nous avons œuvré pour.
04:23Il faut maintenant que les discussions puissent avancer et pendant ce cessez-le-feu de cette discussion, on fait tout
04:28pour que le trafic puisse reprendre de manière normale.
04:32J'ai eu l'occasion de m'entretenir hier avec le président Trump, plus pour aussi lui dire à quel
04:37point nous condamnions la violence dont il avait été victime.
04:41Mais je suis convaincu aussi que c'est important de pouvoir rouvrir de part et d'autre le trafic pour
04:48permettre au gaz, au pétrole, aux engrais,
04:50aux marchandises de pouvoir passer ce détroit parce que ça impacte l'économie mondiale.
04:58Nous avons mis en place une coalition qui a vocation justement aussi à sécuriser, stabiliser, montrer que la communauté internationale
05:07est derrière une telle ouverture.
05:08Et donc j'espère que les parties prenantes, nous arriverons à les convaincre dans les prochains jours.
05:11Je réengagerai d'ailleurs dès après cette visite en échangeant à nouveau avec les autorités iraniennes.
05:16Je ne sais pas si vous faites pas, si vous vous interpellez, vous avez l'impression d'une inquiétude.
05:19Non mais on voit, nos compatriotes sont tous, on parlait avec le chef du gouvernement, partout en Europe, mais c
05:25'est vrai, je dirais partout dans le monde.
05:27Les prix pèsent. Et on voit bien, on était ce matin dans un département qui est très rural.
05:31En général, tous nos compatriotes qui sont dans la ruralité sont touchés par le prix de l'essence parce qu
05:38'il n'y a pas d'alternative de transport en commun.
05:40Donc c'est très dur pour eux.
05:42Donc le gouvernement a pris des premières mesures sur certains secteurs ou pour les gros rouleurs.
05:47Enfin, il faut qu'on traite le problème à sa racine.
05:50Sa racine, c'est en effet de permettre à ces routes de se rouvrir.
05:54Donc je veux dire à nos compatriotes qu'on est à leur côté, le gouvernement a fait le maximum, mais
05:59qu'on est surtout à la tâche pour que les choses repartent dans la bonne direction et que le calme
06:04revienne.
06:05Voilà.
06:08Je l'ai dit, il faut de la transparence et de la méthode.
06:13Il ne faut pas qu'on se divise en ce moment-là.
06:16Et donc, vous savez, les seuls qui profitent, c'est ceux qui produisent.
06:18On ne produit pas, nous.
06:20Et donc, toute la chaîne après, il faut qu'il y ait de la transparence.
06:23C'est ce que le gouvernement a mis en place dès le début, avec des professionnels, en espèce, notre répression
06:29des fraudes et la concurrence,
06:31qui regardent, oui, bien sûr, et puis cette transparence, elle vient ensuite au gouvernement, elle est partagée,
06:36et on évite qu'il y ait des marges excessives qui se forment.
06:40Mais la cause du problème, ce n'est pas tel ou tel, vous savez, chez nous.
06:44La cause du problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a ce blocus et il y a le détroit
06:48d'Ormus qui est fermé.
06:49Donc, il faut traiter le problème à la racine, permettre aux choses de repartir,
06:52et puis, d'une manière aussi plus profonde, nous réduire nos dépendances.
06:56C'est au long cours.
06:57Je ne suis pas en train de vous dire, c'est ce qui va permettre de faire, de régler le
07:00problème de tous nos compatriotes demain.
07:02Mais tout ce qu'on a fait ces dernières années, qui réduit nos dépendances aux hydrocarbures fossiles,
07:08va dans la bonne direction.
07:09Donc, il faut en même temps l'intensifier, parce qu'on voit bien ce à quoi ça nous expose.
07:13Voilà.
07:14Merci beaucoup.
07:15En tout cas, je suis très heureux d'être en Andorre.
07:18Le président de la République se trouve en Andorre, comme il vient de le dire.
07:23Il faut que le calme revienne.
07:24La situation telle qu'elle est dans le détroit d'Ormus, elle ne peut pas continuer.
07:29Après, il a évoqué la conséquence pour nos compatriotes, pour nous tous d'ailleurs.
07:33C'est le prix à la pompe.
07:34En attendant, c'est aux États-Unis de décider s'ils continuent le blocus ou s'ils rouvrent les hostilités.
07:41Alors, est-ce qu'ils pourraient les rouvrir, ces hostilités ?
07:43Moi, je pense qu'ils pourraient les rouvrir.
07:44Mais j'avais, avant le début de la guerre, j'avais trois cartes, possible targets, les cibles possibles en Iran,
07:51sur les infrastructures du régime, sur les cibles militaires et sur les installations nucléaires.
07:58Et ce qui est intéressant de noter avec ces trois cartes d'un think tank qui se spécialise sur l
08:03'Iran,
08:03c'est que les infrastructures du régime sont toutes associées au pétrole ou à peu près.
08:09Donc, je me demande si c'est vraiment, si Trump a besoin de rouvrir les bombardements
08:15pour infliger des dégâts sévères au régime.
08:19Peut-être qu'en maintenant un contre-blocus, c'est plus efficace finalement que de lancer des frappes sur je
08:25ne sais quelle cible militaire.
08:26Donc, le blocus, il faut qu'il s'inscrive dans le temps, il montrera son efficacité.
08:31Mais est-ce qu'il fera plier le régime ? C'est la question.
08:35Est-ce que ça permettra la réouverture ? Est-ce qu'il en a du temps, Donald Trump ?
08:39Il a des élections aussi à gagner dans quelques temps.
08:41Sauf s'il pense qu'il va les perdre.
08:42C'est-à-dire que s'il est convaincu aujourd'hui qu'il va les perdre...
08:45Elles sont en novembre.
08:46Oui, mais c'est une vraie hypothèse.
08:47C'est-à-dire qu'à partir du moment où il est convaincu qu'une des deux chambres va lui
08:50échapper,
08:51il peut se dire qu'il a du temps pour aller jusqu'au bout de sa stratégie
08:54et peut-être récolter de plus grands gains en juin ou en juillet,
08:58sachant qu'il se libère lui-même de cette contrainte.
09:01Il y a l'impatience des pays qui sont dépendants du détroit d'Hormuz.
09:04Bien sûr.
09:04Et puis il y a l'impatience aussi tout simplement des Américains.
09:06C'est-à-dire quand on voit l'augmentation des prix à la pompe, bien sûr,
09:09mais quand on voit aussi l'augmentation des faillites, par exemple,
09:11d'exploitation agricole, pour ne parler que de ça,
09:13dans le Nord ou dans le Mid-Ouest états-unien,
09:16de fait, on est dans une situation où ces électorats trumpistes, à la base,
09:20sont les premiers touchés par les effectements issus de la crise dans le détroit d'Hormuz
09:25que Donald Trump a créé.
09:26Et c'est ce qu'on voit dans les sondages aujourd'hui,
09:28où quand on voit, par exemple, dans un dernier sondage qui est sorti vendredi,
09:30que 77% des répondants à ce sondage faisaient de Donald Trump
09:34le responsable de la crise économique aux États-Unis par rapport à cette guerre,
09:39de fait, Donald Trump n'est clairement pas dans une dynamique positive.
09:42Donc je rejoins tout à fait ce que disait Stéphane.
09:43S'il part du principe qu'il perd les mid-terms
09:46et qu'il peut avoir des plus gros gains en septembre ou en octobre
09:49pour essayer de changer, inverser la vapeur au tout dernier moment,
09:53de fait, ça peut l'amener effectivement à aller loin.
09:55– Depuis le début du conflit, il l'a cessé de dire, ça va se terminer,
09:58bien évidemment, il se donnait trois mois, donc on en est à 60, c'est ça ?
10:00– On était à 4 à 6 semaines, en fait, au départ.
10:02– Au départ, 4 à 6 semaines, après on est passé à 3 mois,
10:04après vous allez voir, ça va se terminer dans quelques jours.
10:07Là, on en est à 60.
10:08– Oui, on ne voit pas toujours l'issue, l'issue positive.
10:11– Alors, la logique des trois mois, en fait, c'est ce qu'on appelle
10:13la « War Powers Resolution », c'est-à-dire, c'est un texte qui fait qu'aux États-Unis,
10:17si vous lancez une guerre sans avoir l'aval du Congrès, par exemple,
10:20vous devez informer le Congrès sous 48 heures, ce que Donald Trump a fait,
10:23et puis ensuite, vous avez 60 jours, si vous voulez, pour mener cette guerre-là.
10:26Et au bout de 60 jours, vous avez un vote pour étendre de 30 jours supplémentaires,
10:30donc on arrive à faire ces fameux trois mois,
10:31et sur ce dernier mois, sur ces 30 jours supplémentaires,
10:34vous êtes censé engager le retrait, engager, tout simplement, la fin du conflit.
10:38Voilà la situation dans laquelle Donald Trump se trouve,
10:40et effectivement, là, il est censé faire voter au Congrès d'ici au 1er ou au 2 mai,
10:44tout simplement, l'extension à 3 mois,
10:47et c'est pour ça que ce rapport sur 3 mois,
10:49il était, effectivement, depuis le départ, assez inéluctable pour Donald Trump,
10:53de dire, voilà, il faut que cette guerre se finisse dans le laps de temps.
10:55– Là, ça veut dire que depuis l'échec du Pakistan,
10:57les négociations sont complètement au point mort
11:00entre les Américains et les Iraniens,
11:02ou on continue de causer, on continue de discuter en douce quand même ?
11:05– Oui, il y a toujours un canal de communication,
11:07d'ailleurs, Trump ne s'en est pas caché,
11:08puisqu'il a dit encore dernièrement
11:10que les Iraniens lui avaient fait de nouvelles propositions,
11:13souvenez-vous, il l'avait dit juste avant la tentative d'attentat contre lui,
11:17au moment où il quittait Mar-a-Lago
11:20pour aller à Washington à ce fameux dîner.
11:22Mais vous savez, dans cette crise,
11:23il y a quand même deux éléments nouveaux qui sont intéressants.
11:27Le premier, c'est le fait que les Iraniens ont changé de ton
11:32sur la question du détroit d'Hormuz.
11:34Souvenez-vous, quand les Américains ont annoncé
11:36la clôture du détroit de leur côté,
11:39donc ce contre-blocus, il y a deux semaines,
11:42eh bien, les Iraniens ont fait semblant
11:44de, finalement, ne pas prendre ça en compte,
11:49ne pas prendre ça au sérieux
11:50et considérer que ça ne les atteindrait pas.
11:52Aujourd'hui, le ton est totalement différent,
11:54puisqu'ils mettent comme condition à une reprise des négociations
11:59la réouverture du détroit d'Hormuz côté américain.
12:01Donc, ça veut dire que ça commence à piquer en Iran.
12:04Et d'ailleurs, on le voit bien,
12:06les chiffres, les constatations sur le terrain,
12:09les retours qui viennent du terrain,
12:10tout ça montre que, quand même,
12:12les Iraniens commencent non seulement à s'impatienter,
12:14mais à être un peu pris à la gorge.
12:16Et ça, c'est un effet presque inattendu.
12:18Et puis, le deuxième point,
12:19c'est le fait que M. Araqchi est aujourd'hui
12:22à Saint-Pétersbourg avec...
12:24– C'est le ministre iranien des Affaires étrangères.
12:26Il discute avec Vladimir Poutine.
12:28– Il discute avec Poutine.
12:29On croyait qu'il irait à Moscou,
12:31mais en fait, c'est Saint-Pétersbourg.
12:32Et ce qui est intéressant,
12:34c'est que c'est une démarche, au fond,
12:35qui est un peu humiliante pour les Iraniens,
12:37si on regarde les choses sur le temps long.
12:38Parce que, rappelez-vous,
12:40au mois de juin 2025,
12:42au moment de la guerre des 12 jours,
12:44les Iraniens avaient demandé l'aide des Russes.
12:48Et les Russes avaient reçu l'émissaire iranien
12:51très aimablement,
12:52en lui disant, on vous aime beaucoup,
12:54nous sommes des alliés et des partenaires.
12:56– Alors, quelles garanties peuvent donner les Russes, là, maintenant ?
12:58– Merci d'être venu, rentrez chez vous.
12:59– Quelles garanties peuvent donner les Russes,
13:00hormis dire, on va vous aider à faire la paix,
13:03mais qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?
13:04– Ça va être la même chose,
13:05à part le fait de dire,
13:06on peut accueillir les 440 kilos d'Iranium,
13:08mais autant, c'est évidemment une hypothèse
13:11qui paraît complètement absurde.
13:13Les Coréens du Nord pourraient dire la même chose,
13:14ils pourraient dire, confiez-nous votre uranium.
13:16Les Américains n'accepteront jamais, naturellement.
13:19Donc, là, tout ça est un peu absurde,
13:21mais ça montre, moi, je crois quand même
13:22que les Iraniens sont un peu en train de perdre leur nerf,
13:25ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent.
13:28Jusqu'à présent, c'était plutôt eux
13:30qui maintenaient finalement les Américains sous pression.
13:33– C'est aussi en même temps intéressant aujourd'hui
13:35la concomitance de ces deux rencontres.
13:37D'abord, parce que d'habitude,
13:38Vladimir Poutine aime les médias noches,
13:40il aime les rencontres qui se font tard dans la nuit.
13:42Or, c'est tôt, au même moment où Donald Trump
13:46est réuni avec son État-major
13:48pour discuter de la suite des choses.
13:49Alors, on est dans la politique fiction,
13:51parce que je n'ai pas d'informations particulières,
13:53mais la concomitance de ces deux rencontres.
13:55Est-ce qu'il est possible, par exemple,
13:56qu'il y ait un nouveau canal de communication
13:57qui soit ouvert ?
13:58– Via la Russie ?
13:59– Via la Russie, très certainement,
14:00pour permettre à M. Arachy de parler plus librement,
14:03peut-être de…
14:04– Et ça veut dire qu'ensuite,
14:05le Kremlin en référera à Washington ?
14:09– Ça serait plutôt une médiation de façade,
14:11c'est-à-dire que la Russie revient dans le jeu,
14:14parce que…
14:15– Attendez, le ministère iranien,
14:18le ministre iranien des Affaires étrangères,
14:19M. Arachy, là, est à Saint-Pétersbourg,
14:21qui discute avec les Russes en se disant
14:24« les Russes vont ensuite faire passer le message à Washington ».
14:27– Alors, il ne faut pas faire passer le message directement,
14:28parce que ça ne passerait pas avec les Américains.
14:29C'est permettre à l'Iran d'avoir un regard extérieur
14:34et la Russie de proposer une formulation
14:35qui permettait à Trump de dire
14:37« c'est moi qui suis le vainqueur ».
14:38Et les Iraniens, dans les faits,
14:40d'être aussi vainqueurs et de s'en sortir.
14:42– Ils ne perdent pas la face.
14:44– Mais le scénario de « je récupère l'uranium »,
14:47il est complètement abracadabra de la part de la Russie.
14:51– Bien sûr, mais parce que le problème,
14:52si on a du mal à voir…
14:52– Vos 400 kg d'uranium, je vous les mets au chaud,
14:55ne vous inquiétez pas, vous les récupérez le moment venu.
14:56– Mais à la limite, c'est même plus là,
14:57c'est même plus ce que Trump recherche aujourd'hui,
14:59parce qu'on est sur une escalade involontaire.
15:02Vous vous rappelez, le missile de Cuba,
15:03c'était totalement involontaire.
15:04Mais tout le monde y est allé, gaiement, sans le vouloir.
15:06C'est ce qui se passe là.
15:07C'est pour ça qu'on n'a pas de visibilité
15:09sur ce que Trump fait, les Iraniens font.
15:11Et là, puisque l'Iran n'a pas réussi
15:13à trouver une solution avec les États-Unis,
15:17il trouve une solution de rechange avec la Russie.
15:19– Mais on peut imaginer vraiment, Amiral,
15:20que la Russie puisse s'impliquer,
15:23alors directement, attention aux mots quand ils sont employés,
15:26mais de manière plutôt prégnante dans ce conflit, quand même.
15:31– Non, mais là, on est dans une partie de poker moteur
15:34absolument fantastique.
15:37Les États-Unis disent qu'ils ont le temps,
15:39les Iraniens disent qu'ils ont le temps.
15:40Finalement, les seuls qui n'ont pas le temps,
15:41c'est l'économie mondiale.
15:43Donc, on est dans une situation
15:45où il faut trouver un narratif et une sortie de crise.
15:50pour ça, il faut qu'aucun des deux perde la face.
15:53C'est ça qui va être un peu compliqué,
15:54surtout quand on voit la pression qu'a mis Donald Trump.
15:59Les Russes constituent une nouvelle porte de sortie possible,
16:02et il faut le voir comme ça.
16:03C'est-à-dire que…
16:04– C'est-à-dire que les Russes belligérants en Ukraine
16:06deviendraient une porte de sortie.
16:08– On n'en est plus à une contradiction près.
16:10– Oui, oui, c'est vrai, c'est vrai.
16:11– Donc, oui, il peut faire ça.
16:14Et puis, par la même occasion…
16:17– Je vous ai écouté, mais on a quand même du mal
16:19à envisager la porte de sortie
16:21ou ce qui pourrait être posé sur la table
16:23de la part des Russes.
16:25Je comprends, on est en espèce d'intermédiaire.
16:27– Il n'y aura pas de porte de sortie.
16:28Et simplement, les Iraniens, assez habilement,
16:31parce que ce sont de formidables joueurs d'échecs,
16:33remettent les Russes au centre de la partie
16:35alors qu'ils n'y étaient pas.
16:36Et je trouve que c'est habilement joué.
16:38Ça veut dire que Donald Trump va avoir
16:41un interlocuteur de plus à gérer dans…
16:43– C'est la revanche des disqualifiés.
16:45Ceux dont on disait, ils vont s'effondrer
16:47si on applique des sanctions économiques.
16:49On a dit ça des Russes, on a dit ça des Iraniens.
16:51Avec, évidemment, en ce moment, la possibilité aussi
16:54peut-être d'un canal de communication pour Araqchi
16:56qui est…
16:57– Pour le ministre iranien des Affaires étrangères.
16:59– Exactement, pardon.
16:59– Le ministre iranien des Affaires étrangères
17:01en marge de la bienveillance
17:03ou du regard bienveillant des gardiens de la Révolution.
17:05parce qu'on sent qu'à Téhéran, il y a un vrai bras de fer.
17:08– D'accord, mais…
17:08– Ça compte.
17:09– Est-ce qu'il vient chercher des armes aussi ?
17:10– Je pense que les Russes ne voudront probablement pas…
17:13– En ce moment, les Russes peuvent…
17:15Je ne crois pas que les Russes puissent fournir des armes à l'Iran
17:17dans l'état actuel des choses,
17:19étant donné les pertes qu'ils ont subies en Ukraine
17:21et qu'ils continuent de subir en Ukraine.
17:22ils étaient censés livrer des soukhoïs SU-57 à l'Algérie
17:27et je pense qu'ils les envoient au compte-gouttes.
17:29– Alors, je vais poser une autre question,
17:31mais une autre question naïve.
17:32On voit les images de ce qui s'est passé à Saint-Pétersbourg.
17:34Voilà le ministre iranien des Affaires étrangères.
17:36Est-ce qu'on peut lui imaginer
17:37qu'il livre aussi à Poutine des secrets ?
17:41Et Poutine lui dit, il est où votre uranium ?
17:43Eh bien, mon uranium, il est là,
17:44on a réussi à le planquer, on a réussi à le sauver.
17:46Est-ce que ça, c'est quelque chose ?
17:48– Les Russes avaient retiré les armes chimiques de Syrie
17:51à un moment donné.
17:52Le deal, ils avaient accepté de prendre sous leur aile
17:56les stocks d'armes chimiques.
17:58– Parce qu'on imagine bien que Poutine,
17:59il est mis dans le jeu par cette visite.
18:01Enfin, le ministre iranien qui vient le voir,
18:04et il vient le voir, on lui dit,
18:05Poutine va lui dire, bon, ok,
18:07qu'est-ce que vous attendez de moi ?
18:08C'est une chose, mais qu'est-ce que vous avez à me donner ?
18:09Et qu'est-ce que vous avez à me dire ?
18:11Qu'est-ce que vous me donnez comme sérieux,
18:13comme argument sérieux ?
18:14– Alors, je vais faire tout à peu de la sociologie de comptoir,
18:17mais les Russes, on dit toujours que les Russes
18:18ont une pensée totalement différente de la nôtre,
18:21des orientaux.
18:22Là, on dit occidentaux.
18:23Là, il y a une vision qui est vraiment orientale,
18:26et donc qui va apporter un point de vue totalement différent
18:29qui va vraiment intéresser les Iraniens,
18:31et qui va permettre aux Iraniens de sortir la tête haute,
18:33je le dis une fois de plus, c'est ça qui est important.
18:34Et ce qui est intéressant, c'est la Russie.
18:36Or, Ormuz, en ce moment, c'est un laboratoire.
18:38Pour la Russie, la Chine, qui voit comment ça se passe,
18:41comment on arrive à bloquer un détroit
18:43sans que finalement, personne ne bouge,
18:44que le droit international public,
18:46le droit international de la mer, est bafoué,
18:48que ce qu'ont fait aux Etats-Unis est illégal,
18:51ce qu'ont fait les Iraniens est aussi illégal,
18:53et pourtant, personne ne bouge.
18:55Et donc, on se dit, du côté de Taïwan,
18:56ce n'est pas inintéressant à Taïwan.
18:58Ce n'est pas intéressant.
18:59– Le droit de Malacca, pour les Chinois.
19:00– Voilà, Malacca, la Baltique, la mer Noire,
19:02c'est un laboratoire formidable pour eux.
19:05– Si on pousse, allez-y, oui.
19:06– Oui, mais attention, parce que les Russes
19:07sont aussi des gagnants de ce qui se passe actuellement.
19:10– Et la guerre, c'est à leur faire.
19:11– C'est-à-dire que, de fait, que ce soit sur le secteur pétrolier,
19:13que ce soit sur le gaz naturel liquéfié,
19:15que ce soit sur l'urée, l'ammoniaque, les engrais azotés,
19:17la Russie est en train de gagner.
19:18Et pour vous donner un exemple concret,
19:20dont on parle très peu,
19:21la France, par exemple, et l'Europe de l'Ouest,
19:23en manière générale,
19:24n'a jamais autant importé de gaz naturel liquéfié de Russie
19:27qu'au mois de mars 2026.
19:29Donc, fondamentalement, aujourd'hui,
19:30la Russie, non seulement, gagne sur les prix,
19:31puisque un baril d'Oural,
19:33c'est en train de s'échanger à 120 dollars le baril environ,
19:37mais ils sont en train de gagner aussi en volume,
19:38que ce soit sur le pétrole, que ce soit sur le gaz,
19:40que ce soit sur les engrais azotés.
19:42Donc, la Russie gagne en ce moment.
19:43– Oui, mais qu'ils vendent où ?
19:44– Qu'ils vendent en Europe, d'abord.
19:46– Oui, mais via qui ?
19:47– Attendez, qu'ils vendent en Europe en direct,
19:49de premièrement, et deuxièmement, ensuite, qu'ils vendent…
19:51– Ceux qui nous écoutent disent,
19:52attendez, comment ça, les Russes, nous vendent directement ?
19:54– Les Américains ont levé le pied sur les sanctions sur le pétrole, donc…
19:58– Oui, mais nous, les Européens…
19:59– On n'a jamais arrêté d'acheter, vraiment, non plus.
20:01– Non, non, et puis tout n'est pas sanctionné,
20:03notamment le gaz naturel liquéfié.
20:04Il faut bien se rendre compte, ici,
20:05que le gaz naturel liquéfié russe,
20:07qui est essentiellement produit dans l'Arctique russe,
20:09avec les usines de liquéfaction de Yamal LNG et de Arctic LNG2,
20:13de fait, il y a des contrats de long terme qui les lient à la France,
20:16mais il y a aussi des contrats, donc là, en l'occurrence,
20:18de court terme de livraison, qui sont augmentés,
20:20que ce soit avec la France, avec la Belgique, avec l'Espagne,
20:22par la conjoncture actuelle.
20:24Donc, dans ce contexte-là, encore une fois, j'insiste,
20:26on n'a jamais autant importé de ces énergies,
20:28et certaines, on les utilise directement,
20:31certaines sont retransbordées sur d'autres navires
20:33pour partir en un doyeur.
20:35– D'accord, quand on parle des profiteurs de guerre,
20:37il y a les Américains qui vendent leur pétrole de schiste,
20:40il y a les Russes qui vendent leur pétrole,
20:43donc les deux principaux belligérants sont en même temps
20:45les profiteurs de guerre et cette crise de l'énergie.
20:47– Ce qui permet de penser que les Russes, finalement,
20:50ont intérêt à ce que ça dure,
20:52parce que, pour l'instant, ça les arrange bien.
20:53D'abord, ils reviennent un peu au centre du jeu diplomatique,
20:56même si c'est un jeu de dupes,
20:58parce qu'en réalité, les Américains ne vont pas leur confier
21:01l'améliation avec les Iraniens, ça, j'y crois pas.
21:03Et puis, effectivement, sur le plan économique,
21:06pour l'instant, ça les arrange,
21:08et ça détourne les Américains de la question de l'Ukraine.
21:11Donc, ça fait quand même des raisons qui sont assez intéressantes.
21:13– Poutine se dit, tant mieux, en ce moment,
21:15on me fout la paix avec l'Ukraine.
21:15– Bien sûr, tant que ça dure, c'est pas mal.
21:17Tant qu'ils continuent à jouer, ils gagnent,
21:21donc il n'y a pas de raison de s'arrêter.
21:22– Alors, puisqu'on est sur, justement,
21:24cette crise à la fois militaire,
21:27l'économique et le stratégique industriel
21:30avec le détroit d'Hormuz,
21:31on va aller retrouver Hugo Smag,
21:33il est à Doha, au Qatar,
21:35parce que les pays du Golfe,
21:36eux, ils sont, en fait, les otages des négociations.
21:39Ils aimeraient bien que ça se débloque,
21:40parce que leur économie, ça commence à coincer.
21:42– Bien sûr, parce qu'ici, on s'en doute,
21:47la plupart des économies tiennent autour du pétrole qui est exporté.
21:51Alors, dans le détroit d'Hormuz,
21:53on parle même de 20% du pétrole mondial
21:55qui passe par ce détroit.
21:57Et aujourd'hui, eh bien, il n'y a plus un bateau,
21:59ou presque, qui passe.
22:00Donc, forcément, les économies des pays du Golfe
22:03qui sont extrêmement impactées,
22:04particulièrement ici au Qatar, au Koweït,
22:07aux Émirats Arabes Unis également.
22:09Et puis, la deuxième source de revenus de ces pays aussi,
22:12eh bien, c'est le tourisme.
22:12Évidemment, cette guerre, eh bien,
22:14ça touche énormément le tourisme dans tous ces pays.
22:17Là, en l'occurrence, c'est vraiment les Émirats Arabes Unis
22:19les plus touchés avec Dubaï.
22:21Il faut le rappeler, ils ont l'aéroport,
22:22le plus grand hub international au monde.
22:25Il y a plus de 30 000 vols dans la région, par exemple,
22:27qui ont été annulés depuis le début de cette guerre.
22:30Donc, c'est un impact économique absolument énorme.
22:32Et puis, un chiffre pour vous donner un peu une idée,
22:35ici au Qatar, il prévoyait 5% de croissance en janvier,
22:38donc avant la guerre.
22:39Et aujourd'hui, eh bien, on parle plutôt
22:40d'un ralentissement de la croissance de 6%.
22:42Donc, c'est un impact économique absolument majeur.
22:45Et évidemment, l'Iran, qui est toujours dans cette guerre
22:48et qui perd énormément d'argent chaque jour.
22:51Le Wall Street Journal, il y a quelques jours, par exemple,
22:52disait qu'il y avait 450 millions de dollars
22:55de manque à gagner pour l'Iran par jour
22:57et que l'inflation est absolument galopante.
22:59Là, on parle de 70% d'inflation
23:01si le blocus américain continue
23:03et si les frappes devaient recommencer,
23:06eh bien là, on pourrait monter une inflation
23:07qui irait jusqu'à 120%,
23:09des chiffres absolument délirants.
23:11Des chiffres délirants qu'il faut commenter
23:13parce que pour ces pays-là,
23:14qui étaient des symboles de croissance économique,
23:18ils se révèlent super fragiles, en fait,
23:20parce que c'est une économie
23:21qui est sur un seul silo, quoi.
23:23Et en même temps, ça montre leur
23:26peu de poids stratégique, diplomatique,
23:28dans des crises comme ça.
23:30C'est toute la difficulté, en fait, de ce qui se passe,
23:31que ce soit pour le Qatar, pour les Émirats arabes unis,
23:33pour le Koweït et autres,
23:34là, ce qui est mis à mal,
23:35c'est d'abord leur diversification économique
23:36autour de l'immobilier,
23:38leur diversification sur le tourisme,
23:40leur diversification sur le numérique,
23:41l'intelligence artificielle, les data centers
23:43qui sont ciblés par l'Iran directement.
23:45Et puis, effectivement,
23:45sur le secteur de base,
23:47les hydrocarbures,
23:48là, ce que le Qatar est en train de vivre,
23:49ça aide aussi la Russie,
23:50pour faire le lien avec la conversation d'à l'instant.
23:52C'est-à-dire que quand on a
23:53le principal train de liquéfaction
23:55de gaz naturel du Qatar,
23:56donc l'usine qui permet de transformer
23:58le gaz naturel que vous extrayez du sol
23:59et de la transformer en liquéfié,
24:01donc à moins 163 degrés Celsius,
24:03qui est impacté sur le train de liquéfaction lui-même
24:06et qui va prendre au moins 3 ans,
24:08si ce n'est pas 5,
24:09de réparation,
24:10pour 20 milliards de dollars de réparation,
24:12quand vous avez ça,
24:13les impacts sur l'hélium,
24:14les impacts sur l'hydrogène,
24:15etc., etc.,
24:16les impacts sur les engrais azotés,
24:17bien sûr, là aussi,
24:18de fait, le Qatar est en train de perdre
24:19sur toute la ligne.
24:20Mais souvenez-vous que l'Iran a toujours dit
24:22qu'ils avaient le temps
24:24parce qu'ils jouaient les opinions aussi,
24:26donc dans tous ces pays,
24:27les opinions, à un moment,
24:28vont peut-être dire
24:29« Allez, ça suffit, quoi, on arrête. »
24:30Et la gestion de l'opinion en Iran,
24:31c'est une autre affaire.
24:32Non, non, mais je parle des pays du Golfe
24:34ou des États-Unis.
24:35Et qui font pression sur les Américains
24:37parce qu'en ce moment,
24:38il y avait un retour sur investissement
24:40pour tout ce qu'ils ont acheté
24:41de quincaillerie militaire
24:42qu'ils espéraient.
24:43Ce n'est pas un très bon retour sur investissement
24:44du point de vue des pays du Golfe.
24:46Mais tout à l'heure, on disait
24:47« Le plan de match pour les Russes,
24:50c'est de faire durer le plus longtemps. »
24:51Mais en fait,
24:51ce qu'on vient de dire à l'instant
24:53exprime aussi la situation pour longtemps,
24:55c'est-à-dire que le marché
24:56va favoriser l'exportation
24:58de pétrole et de gaz russe,
25:00même si on trouve une solution à la guerre.
25:02Donc, de pouvoir être un des jokers
25:04qui solutionne la guerre,
25:06c'est de s'acheter des bonnes grâces
25:07auprès du président américain,
25:08peut-être d'ouvrir de nouvelles voies.
25:09Et derrière,
25:11la perspective de ce que,
25:12de toute façon,
25:13il y aura de l'appétit
25:14pour les produits d'exportation
25:15chéris de la Russie,
25:16les engrais, le gaz et le pétrole.
25:17– Ce qui est terrible dans cette histoire,
25:19c'est que les pays du Golfe sont là,
25:20ils essaient d'agir,
25:21et finalement,
25:22ils n'ont pas beaucoup de leviers,
25:23ils n'ont pas beaucoup de pression
25:24ni sur les Américains,
25:25– En termes démographiques,
25:26ils sont minuscules,
25:27en termes militaires,
25:28ils sont quand même capables.
25:29Le Qatar a intercepté
25:31deux avions iraniens
25:32au début du conflit,
25:34deux F-15 du Qatari.
25:35– Ils ont aussi flingué
25:36des avions américains.
25:36– Oui.
25:38– Mais ce que votre journaliste
25:40mentionnait,
25:41il a aussi parlé de l'Iran.
25:42L'Iran souffre énormément
25:43en ce moment.
25:43les Iraniens paient beaucoup
25:45pour ce blocus.
25:47Donc, j'ai l'impression
25:48qu'à un moment donné,
25:49tout le monde aura intérêt
25:50à ce que ça se débloque.
25:52Et puis même Macron,
25:53la semaine dernière,
25:54lors de la réunion
25:54avec les 49 représentants
25:56de pays d'un peu partout
25:58dans le monde,
25:59le disait,
26:00on ne peut pas laisser
26:01les Iraniens privatiser
26:02un détroit.
26:03C'est un détroit,
26:04ce n'est pas…
26:04– Là, ce qu'ils veulent,
26:05c'est ça, c'est écoutez,
26:06c'est à nous,
26:06vous passez, vous payez.
26:08– Non, mais ce n'est pas à eux.
26:08– Oui, mais c'est ce qu'ils présentent.
26:10– Alors, c'est une mer territoriale,
26:11je veux savoir.
26:12Le détroit, c'est…
26:13– Voici la borne de péage,
26:14messieurs, votre tanqueur passe,
26:15vous payez.
26:16– Sauf que ce sont deux mers territoriales,
26:18mais comme c'est un détroit,
26:19ils ne peuvent pas empêcher
26:21le moindre navire de bouger.
26:22Mais bon, le droit,
26:23pour l'instant,
26:24il n'existe plus.
26:24– Amiral ?
26:25– Oui, dans ce conflit,
26:28il y a une dimension
26:29extrêmement géographique.
26:30Le détroit d'Ormous,
26:31c'est le seul détroit au monde,
26:32les marins le répètent
26:33depuis très très longtemps,
26:35c'est le seul détroit au monde
26:36qu'on ne peut pas contourner.
26:37Babel-Mandeb,
26:38du côté de la mer Rouge,
26:39si les outils bloquent Babel-Mandeb,
26:40il y a un contournement possible
26:42par le sud de l'Afrique.
26:44Donc, c'est un ralentissement,
26:47c'est une perturbation,
26:48mais ce n'est pas une prise en otage
26:49des flux.
26:49Donc, Ormous, c'est connu.
26:51Donc, la géographie joue pour l'Iran.
26:53Ce qui joue pour l'Iran aussi,
26:55c'est que l'Iran restera
26:57le voisin des pays du Golfe.
26:58Et donc, les pays du Golfe,
26:59ils sont assez réticents
27:00à s'engager,
27:01surtout quand on voit
27:02la fiabilité de M. Trump aujourd'hui.
27:04Ils sont réticents
27:05à s'engager trop fort
27:06pour aller se fâcher définitivement
27:09avec l'Iran,
27:09même si l'Iran les a attaqués.
27:12Donc, il y a une notion géographique
27:13qu'il faut bien avoir en tête.
27:15Puis, pour revenir sur la visite
27:18à Saint-Pétersbourg,
27:20n'oublions pas que l'Iran,
27:22comme la Russie,
27:23font partie de l'organisation
27:24de coopération de Shanghai,
27:26qui est le multilatéralisme
27:29à la chinoise.
27:29Donc, ça, ça peut faire pression
27:31aussi sur Donald Trump.
27:33Permettez qu'on aille à Téhéran
27:34retrouver Siavosh Ghazi
27:36en direct pour BFM TV
27:37parce que c'est toute la question.
27:38On en parle.
27:39Que va faire le ministre iranien
27:41des Affaires étrangères
27:42à Saint-Pétersbourg, Siavosh ?
27:46L'Iran et la Russie ont des biens stratégiques.
27:49Donc, si on regarde la déclaration
27:52du ministre iranien des Affaires étrangères,
27:54il a remercié la Russie
27:56pour son soutien.
27:57Il a affirmé au président Poutine
27:59que la Russie avait montré
28:02qu'en temps de guerre,
28:04dans une situation difficile,
28:06la Russie était restée
28:07aux côtés de l'Iran.
28:08et donc, cela signifie
28:11que l'Iran et la Russie
28:12vont renforcer encore davantage
28:14leurs relations dans le futur,
28:17à la fois sur le plan économique,
28:18mais aussi sur le plan militaire.
28:23Il faut savoir que,
28:24malgré le blocus qui est imposé
28:26par les Américains
28:26contre les ports iraniens,
28:28il y a deux choses.
28:29C'est que, tout d'abord,
28:30les navires iraniens
28:31continuent à traverser ce blocus.
28:34Et donc, il y a une quarantaine
28:37de navires, de pétroli iraniens
28:38qui ont passé ce blocus,
28:40malgré les affirmations
28:42des Américains.
28:43Mais il y a aussi l'autre phénomène,
28:45c'est que l'Iran est frontalier
28:47avec 15 pays,
28:50notamment l'Irak, la Turquie,
28:52la Russie,
28:53mais aussi les pays d'Asie centrale.
28:55Il y a un chemin de fer
28:56qui vient de la Chine,
28:58qui crée la liaison
29:00entre l'Iran et la Chine,
29:01et qui permet à l'Iran
29:02d'importer des produits
29:05de la Chine,
29:06qui est le principal partenaire
29:08économique de l'Iran.
29:09Ce chemin de fer permet
29:11de ramener des produits
29:14beaucoup plus rapidement
29:15que par bateau,
29:17par navire.
29:18Et donc, cela signifie
29:20que l'Iran n'est pas coincé
29:22par ce blocus qui a été imposé
29:23par les Américains,
29:25un blocus qui ne marche pas à 100%,
29:26alors que, dans le fond,
29:28on s'inverse.
29:29En fermant le 2-3 d'Urbos,
29:30l'Iran bloque complètement
29:32et frappe complètement
29:33à la fois les économies
29:34des monarchies arabes
29:35du Golfe-Fersique,
29:36mais aussi l'économie mondiale,
29:38avec une augmentation
29:39du prix du pétrole,
29:41du prix de l'essence,
29:42du prix du gazole,
29:43surtout aussi
29:44dans les pays occidentaux.
29:46le prix du pétrole,
29:46on s'envoie
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