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  • il y a 6 minutes
Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Sarah Knafo, Olivier Faure, Mathilde Panot, Gabriel Attal et Jean-Philippe Tanguy sont les invités de notre émission "Autorité, justice: quelles réponses au fiasco?". Près d'une semaine après que le corps de la jeune Lyhanna a été retrouvé sur fond de défaillances judiciaires, ces personnalités politiques apportent leurs réponses à cette affaire sur BFMTV à partir de 21 heures.

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Transcription
00:00Il ne vous échappera pas que la différence entre Bruno Retailleau ou M. Darmanin et moi,
00:04c'est que c'est eux qui ont été responsabilités.
00:06Et ils le sont depuis dix ans.
00:08Depuis dix ans.
00:10Et donc depuis dix ans, parce qu'il y a eu MeToo, parce que la parole s'est libérée,
00:13parce que des femmes et des enfants ont eu le courage de parler et d'en entraîner d'autres dans
00:17les sillages,
00:18il y a eu beaucoup plus de plaintes.
00:19Sur les viols, on est passé de 17 000 plaintes à 50 000, pratiquement fois trois.
00:25Mais le nombre de condamnations, lui, n'a pas augmenté,
00:27parce que les moyens pour instruire n'ont pas augmenté,
00:29parce que les magistrats et les enquêteurs le disent,
00:32ils sont démunis, ils n'arrivent pas à faire face.
00:34Et donc le signal qu'on envoie, c'est est-ce que ça vaut la peine d'aller porter plainte
00:38?
00:38Moi, je le dis oui, oui et re-oui.
00:40Mais j'étais en l'occurrence encore cet après-midi avec une amie
00:44qui me racontait le drame de sa fille.
00:47Sa fille qui, en 2012, est violée par son prof de sport.
00:52Elle met douze ans à en parler à sa mère.
00:54C'est-à-dire que sa mère vit, comme beaucoup de parents dans ce pays,
00:56la descente en enfer d'avoir une fille qui, premièrement, développe une phobie scolaire,
01:00ne veut plus à l'école, qui va très mal, qui tombe dans l'addiction,
01:02qui fait des tentatives de suicide, sans savoir ce qui se passe et comment aider sa fille.
01:07Douze ans après, sa fille lui avoue se viole auprès de son prof de sport.
01:10Elles vont voir France Victime, qui leur explique avec beaucoup d'attention
01:13quelles sont les différentes possibilités.
01:15France Victime, c'est une association qui vient en aide.
01:17Exactement, et qui explique, elle m'a dit, ils ont été super,
01:19donc qui explique à cette jeune femme que la maman ne sait pas trop comment aider,
01:22les possibilités qu'elle a, est-ce qu'elle veut porter plainte ?
01:24Sa maman se bat pendant des semaines, des mois,
01:26pour qu'elle prenne la bonne décision pour l'accompagner.
01:28Elle prend rendez-vous comme France Victime lui avait conseillé de le faire,
01:31appelez avant au commissariat, comme ça, il vous prévoit un rendez-vous,
01:34il vous accueille un peu à part, il fera en sorte qu'il y ait une femme qui la reçoive.
01:37Elle arrive le jour dit, avec beaucoup d'enquieté, vous l'imaginez,
01:41et à l'accueil, elle dit au guichetier,
01:45moi j'ai rendez-vous, je m'appelle comme ça,
01:47je viens pour déposer plainte pour un viol.
01:49Ils disent, vous pouvez répéter, il y a beaucoup de monde,
01:52c'est très bruyant, et devant tout le monde,
01:53elle doit répéter en haussant la voix, avec tout le monde qui entend dans une petite ville,
01:56qu'elle vient déposer plainte pour viol, qu'elle s'appelle untel,
01:58et plusieurs fois.
02:00Il dit, votre rendez-vous n'est pas inscrit, il y a dû avoir une erreur,
02:03donc on va trouver quelqu'un.
02:04Elle dit, moi je ne peux pas parler, je ne me sens pas capable d'en parler à un homme,
02:06je voudrais une femme, et je ne suis pas sûre d'y arriver.
02:09Ils finissent au bout d'une demi-heure par trouver une femme,
02:12qui n'a pas de bureau, donc qui va dans une sorte d'open space,
02:15où des hommes passent tout au long de l'entretien.
02:17Et quand elle explique très douloureusement ce qui s'est passé,
02:20et la dame finit évidemment par lui demander le nom de la personne,
02:22elle le dit, est-ce que vous pouvez les plier ?
02:24Elle dit, je ne suis plus sûre de l'orthographe,
02:25elle dit, écoutez, pour être sûre, je vous sors,
02:26elle avait ramené toutes ces pièces, elle sort le butin scolaire,
02:28en disant, voilà, c'est mon prof de sport, son nom est là.
02:32Réponse de la policière,
02:35bah, vous aviez des bonnes notes pourtant au sport.
02:38Cette jeune fille s'est effondrée,
02:40elle est repartie,
02:41elle n'a jamais porté plainte,
02:43et sa maman m'en parle encore tout à l'heure,
02:44en disant, je vis dans la peur permanente,
02:46je suis cette personne,
02:47je suis cette personne, tous les ans je vois si elle est en corde d'alice, etc.,
02:50je ne sais pas quoi faire, ma fille je ne pourrais plus la faire porter plainte.
02:53Elle est traumatisée
02:54de ce qui s'est passé, mais de sa réception par la police,
02:57et on voit bien, ce n'est pas des responsabilités individuelles,
02:59il y en a sûrement, comme dans tous les métiers,
03:01le métier de journaliste et le métier politique aussi.
03:03Mais la question, c'est comment on accueille
03:04ces victimes, comment on leur donne confiance
03:07dans le fait qu'elles sont bien accueillies.
03:08On a développé des formations, mais pas assez, ça se voit.
03:11Et donc, je pense que,
03:12moi, en tout cas, si vous voulez bien qu'on en parle,
03:13j'ai des propositions très précises à faire là-dessus,
03:15qui seront utiles et qui ont fait leur preuve,
03:17pas des choses très fortes,
03:20mais qui ne marchent pas dans les faits, on sait.
03:22Merci.
03:22Merci.
03:22Merci.
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