- il y a 2 jours
C'est une séance hors norme que présidait Yaël Braun-Pivet le mercredi 8 avril 2026, une séance où la politique rencontre le théâtre.
Elsa Zylberstein, Catherine Salviat et Laëtitia Eïdo redonnent vie aux grands discours des femmes qui ont façonné notre république, d'Olympes de Gouges à Christiane Taubira, Edith Cresson ou encore Gisèle Halimi.
Deux siècles de prises de paroles féminines pour rendre hommage à ces femmes qui ont permis des avancées majeures pour nos libertés et pour que les femmes d'aujourd'hui continuent le combat.
Une émission présentée par Marco Paumier
LCP mobilise son antenne à l'occasion des grands évènements. Journées parlementaires, grands débats, votes et explications de vote, auditions des commissions d'enquête, congrès, session extraordinaire, discours et grandes cérémonies...la vie politique avec l'analyse des meilleurs experts et politologues.
Elsa Zylberstein, Catherine Salviat et Laëtitia Eïdo redonnent vie aux grands discours des femmes qui ont façonné notre république, d'Olympes de Gouges à Christiane Taubira, Edith Cresson ou encore Gisèle Halimi.
Deux siècles de prises de paroles féminines pour rendre hommage à ces femmes qui ont permis des avancées majeures pour nos libertés et pour que les femmes d'aujourd'hui continuent le combat.
Une émission présentée par Marco Paumier
LCP mobilise son antenne à l'occasion des grands évènements. Journées parlementaires, grands débats, votes et explications de vote, auditions des commissions d'enquête, congrès, session extraordinaire, discours et grandes cérémonies...la vie politique avec l'analyse des meilleurs experts et politologues.
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00:00:00Générique
00:00:04...
00:00:10Bienvenue sur LCP pour une séance un peu particulière.
00:00:14Dans quelques minutes, vous allez découvrir dans l'hémicycle
00:00:17une reconstitution théâtrale de grands discours prononcés par des femmes.
00:00:21Gisèle Halimi, Simone Veil, Christiane Taubira ou encore Edith Cresson.
00:00:26Deux siècles de prise de parole féminine.
00:00:28Une session dirigée par Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale.
00:00:33On la retrouvera juste après cette séance intitulée
00:00:35« Femmes, réveille-toi ! »
00:00:37Un clin d'œil, un hommage à cette célèbre phrase écrite par Olympe de Gouges
00:00:42pendant la Révolution française.
00:00:43A tout à l'heure.
00:00:45...
00:00:57Bonjour à tous, la séance est ouverte.
00:01:00Il y a 80 ans, le préambule de la Constitution de la Quatrième République
00:01:04affirmait ce principe fondamental.
00:01:06La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.
00:01:15Cependant, les inégalités de genre ont continué à fracturer la société.
00:01:20Particulièrement dans cet hémicycle resté désespérément masculin.
00:01:25Le 21 octobre 1945, 33 femmes étaient élues députées.
00:01:31Elles furent immédiatement et ironiquement surnommées « les députettes ».
00:01:37En 1958, l'Assemblée nationale ne comptait plus que 8 députées femmes.
00:01:44Et elles n'étaient encore que 35 en 1993.
00:01:49Malgré tout, de grandes figures politiques ont marqué l'histoire de cet hémicycle.
00:01:53A l'image des pionnières, Mathilde Gabriel Péry, Germaine Pérol et Germaine Poinceau-Chapuis.
00:02:00A l'image aussi de Simone Veil ou de Gisèle Halimi.
00:02:05Aujourd'hui, pour rendre hommage à toutes ces femmes politiques qui ont porté les idéaux de la République,
00:02:11nous avons choisi de renverser les rôles.
00:02:14Seules des femmes prendront la parole.
00:02:17Pour une fois, les hommes resteront silencieux.
00:02:22Ces grandes oratrices interviendront sur des sujets variés.
00:02:26Droits des femmes, évidemment, mais également économie, défense nationale.
00:02:31Car aucun sujet ne saurait être l'apanage d'une moitié de la population.
00:02:37Et pour commencer cette séance,
00:02:39j'ai l'immense honneur, pour la première fois dans l'histoire de notre Assemblée,
00:02:44de donner la parole à Madame Olympe de Gouges,
00:02:49autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne,
00:02:52dont le buste veille à l'entrée de notre hémicycle.
00:02:56Madame Olympe de Gouges,
00:02:58je vous invite à venir à la tribune de l'oratrice de l'Assemblée nationale,
00:03:02sous vos applaudissements.
00:03:18Madame la Présidente,
00:03:21mes chers collègues,
00:03:23je souhaiterais ici
00:03:25m'adresser directement aux femmes de ce pays.
00:03:28« Oh, femmes, femmes,
00:03:33qu'en cesserez-vous d'être aveugles ?
00:03:35Craignez-vous que nos législateurs français,
00:03:38correcteurs de cette morale souvent accrochée aux branches de la politique,
00:03:43mais qui n'est plus de saison,
00:03:45ne vous répètent ?
00:03:46Femmes,
00:03:48qu'y a-t-il de commun entre vous et nous ?
00:03:50Tout !
00:03:52Auriez-vous à répondre ?
00:03:53S'ils s'obstinaient dans leur faiblesse
00:03:56à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes,
00:04:00opposez courageusement la force de la raison
00:04:03aux vaines prétentions de supériorité.
00:04:07Réunissez-vous sous les étendards de la philosophie,
00:04:11déployez toute l'énergie de votre caractère,
00:04:14et vous verrez bientôt ces orgueilleux,
00:04:16non serviles adorateurs rampant à vos pieds,
00:04:20mais fiers de participer avec vous
00:04:24au trésor de l'être suprême.
00:04:27Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose,
00:04:29il est en votre pouvoir de les affranchir.
00:04:33Vous n'avez qu'à le vouloir.
00:04:36Femmes,
00:04:38réveille-toi !
00:04:39Le toxin de la raison se fait entendre dans tout l'univers.
00:04:43Reconnais tes droits !
00:04:45Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés,
00:04:49de fanatismes, de superstitions, de mensonges.
00:04:53Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise
00:04:57et de l'usurpation.
00:04:59L'homme esclave a multiplié ses forces,
00:05:03a eu besoin de recourir aux siennes pour briser ses fiers.
00:05:07Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne.
00:05:11C'est pourquoi les mères, les filles, les sœurs,
00:05:19représentantes de la nation demandent
00:05:21à être constituées en Assemblée nationale,
00:05:24considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme
00:05:29sont les seules causes des malheurs publics
00:05:31et de la corruption des gouvernements.
00:05:34Ces représentantes ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle
00:05:38les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme.
00:05:44Afin que cette déclaration,
00:05:47constamment présente à tous les membres du corps social,
00:05:51leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.
00:05:55Afin que les actes du pouvoir des femmes
00:05:58et ceux du pouvoir des hommes,
00:06:00pouvant être à chaque instant comparés
00:06:03et avec le but de toute institution politique,
00:06:06en soient plus respectées.
00:06:08Afin que les réclamations des citoyennes,
00:06:11fondées désormais sur des principes simples et incontestables,
00:06:15tournent toujours au maintien de la Constitution,
00:06:19des bonnes mœurs et au bonheur de tous.
00:06:23En conséquence,
00:06:24le sexe supérieur,
00:06:26embauté comme en courage dans les souffrances maternelles,
00:06:30reconnaît et déclare,
00:06:32en présence et sous les auspices de l'être suprême,
00:06:35les droits de la femme et de la citoyenne.
00:06:38En somme,
00:06:40la femme a le droit de monter à l'échafaud,
00:06:43elle doit avoir également le droit
00:06:45de monter à la tribune.
00:06:49Je vous remercie,
00:06:50Madame Olympe de Gouges.
00:07:01Pour vous répondre,
00:07:03la parole est à Madame Gabrielle Péry,
00:07:04députée communiste,
00:07:06membre de l'Assemblée consultative provisoire,
00:07:09future vice-présidente de l'Assemblée nationale.
00:07:11Madame la députée,
00:07:12vous allez évoquer le rôle des femmes
00:07:14dans la France de la libération
00:07:15en mai 1945.
00:07:17Je vous invite à monter à la tribune.
00:07:34Madame la Présidente,
00:07:37Mesdames et Messieurs les ministres,
00:07:39Mesdames et Messieurs les députés,
00:07:42chers collègues,
00:07:44quelle Française n'aurait pas été soulevée d'enthousiasme
00:07:47en parlant de la capitulation des armées allemandes,
00:07:51mettant fin au carnage des hommes et des femmes.
00:07:55Pourtant, cet enthousiasme n'était pas sans mélange.
00:07:58Et dans cette journée d'allégresse,
00:08:01comment chaque femme de France
00:08:02n'aurait-elle pas regretté
00:08:04de ne pouvoir se laisser aller à la même euphorie
00:08:06qui, en 1918,
00:08:08s'est emparée des Français
00:08:09quand le carillon annonça le 11 novembre
00:08:12la défaite des armées de Guillaume II ?
00:08:15Car ils avaient alors l'illusion
00:08:17que ce serait la dernière guerre.
00:08:20Hélas, la mort a frappé trop de foyers.
00:08:23L'angoisse étreint encore trop de Français
00:08:25depuis que les troupes alliées
00:08:27ont brisé le silence de l'enfer des camps nazis.
00:08:31La malfaisance de cette idéologie démoniaque
00:08:34s'est gravée sur bien des visages,
00:08:35s'est inscrite sur les pierres des ruines.
00:08:39Dans la sanglante épreuve que nous avons traversée,
00:08:42chaque Française, plus ou moins cruellement atteinte,
00:08:45a été emportée par la tourmente.
00:08:48Les femmes ont partagé les peines glorieuses
00:08:51des hommes de chez nous.
00:08:52Moins que les hommes !
00:08:53Moins que les hommes !
00:08:57Oui, je le dis.
00:08:59Les femmes ont lutté, souffert, travaillé.
00:09:04Dans la solitude douloureuse
00:09:06ou dans l'exaltation de la lutte,
00:09:08un grand nombre de femmes,
00:09:10étrangères à toute politique,
00:09:12ont compris que la guerre
00:09:13n'est pas un cataclysme de la nature,
00:09:16que la guerre est déterminée
00:09:18par les hommes.
00:09:20Mais après cinq ans de guerre,
00:09:22il y a bien des simples gens,
00:09:24des femmes qui n'avaient jamais fait de politique
00:09:26et qui comprennent que
00:09:28Hitler a battu,
00:09:30l'égoïsme demeure.
00:09:32Au lendemain de la capitulation hitlérienne,
00:09:35les Françaises sont surprises
00:09:37de voir encore impunies les mains
00:09:39qui ont semé la ruine et le deuil.
00:09:43N'avons-nous donc pas assez souffert ?
00:09:46N'avons-nous donc pas assez payé
00:09:47pour n'être plus aveugle ?
00:09:50Si dans cette lutte nationale,
00:09:52nous avons gagné quelque chose,
00:09:54nous avons gagné la lucidité.
00:09:56Et quand je dis « nous »,
00:09:57je veux dire les femmes.
00:10:00Il a surgi de ce chaos
00:10:01une femme nouvelle.
00:10:03Elle s'est dégagée
00:10:04des vaines lamentations,
00:10:05précisément à cause
00:10:07de la conscience politique
00:10:08qu'elle a acquise
00:10:09pendant la résistance.
00:10:11Elle a compris cette vérité,
00:10:13si bien formulée
00:10:15par le théoricien militaire prussien
00:10:16Klaus Witz.
00:10:18la guerre
00:10:19et la continuation
00:10:21de la politique
00:10:22de temps de paix
00:10:23par d'autres moyens.
00:10:25Cette nouvelle femme française
00:10:27tous lui rendent justice
00:10:28puisque l'Assemblée d'Alger,
00:10:30puis notre gouvernement,
00:10:32lui ont accordé des droits
00:10:33que l'ennemi de la vraie démocratie
00:10:35avait si longtemps refusé
00:10:37à ses devancières.
00:10:39Aussi, cette nouvelle française,
00:10:41ses nouveaux devoirs civiques,
00:10:43l'incitent à s'intéresser
00:10:45plus encore à l'enchaînement
00:10:46des problèmes sociaux.
00:10:48D'ailleurs, la première expérience
00:10:50du vote des femmes,
00:10:51le 29 avril 1945,
00:10:54au municipal,
00:10:55est concluante.
00:10:57Les femmes dans ce vote
00:10:58ont fait bloc
00:11:00aux côtés des hommes
00:11:01et avec eux,
00:11:03signifiaient que leur volonté
00:11:04était bien d'aller de l'avant.
00:11:06Dans cette volonté française,
00:11:09les femmes
00:11:10ne se séparent plus des hommes.
00:11:12De même que la France
00:11:13entend ne pas se séparer
00:11:15des autres peuples
00:11:15qui avec elles ont payé
00:11:17ainsi au prix le droit
00:11:18d'exprimer cette volonté.
00:11:21Et des cloches de l'armistice,
00:11:23si les femmes de France
00:11:24tirent une leçon,
00:11:26ce sera de s'engager
00:11:28résolument,
00:11:29pareil à leurs compagnons,
00:11:30dans la reconstruction d'un monde
00:11:32où le bonheur ne soit plus
00:11:33à la merci de l'égoïsme
00:11:35de puissances obscures
00:11:36et les petits-enfants
00:11:37jetés dans la chauve-vive.
00:11:40Merci beaucoup,
00:11:42Madame la députée.
00:11:51Donc après avoir abordé
00:11:53la question de la citoyenneté,
00:11:56nous allons aborder
00:11:57le droit à disposer
00:11:58de son corps.
00:11:59Et donc je vais donner la parole
00:12:01à Madame Jacqueline Thaume-Patte-Nôtre,
00:12:04députée radicale
00:12:05puis sous-secrétaire d'État
00:12:06à la reconstruction
00:12:06et au logement
00:12:07de la Quatrième République
00:12:08pour une intervention
00:12:10portant sur l'accès
00:12:11des femmes
00:12:12à la contraception.
00:12:14Nous sommes alors
00:12:15en 1967.
00:12:28Merci.
00:12:31Monsieur le ministre,
00:12:34Madame la présidente,
00:12:35mes chers collègues,
00:12:37nous constatons aujourd'hui
00:12:39avec quelque satisfaction
00:12:40que le Sénat s'est prononcé
00:12:42après notre Assemblée
00:12:44en faveur de la modification
00:12:46de la loi du 31 juillet 1920.
00:12:49La France prend ainsi sa place
00:12:52parmi les nations
00:12:53qui reconnaissent
00:12:55la liberté de la conception
00:12:57comme un droit essentiel
00:12:59et abandonne enfin
00:13:01une législation
00:13:02rétrograde
00:13:04et dépassée.
00:13:06Puisque l'accord semble
00:13:08pratiquement réalisé,
00:13:09j'insisterai surtout
00:13:11sur ce qui reste à faire
00:13:13pour que la possibilité
00:13:14désormais offerte
00:13:16aux couples
00:13:17de choisir
00:13:17le nombre de leurs enfants
00:13:19et le moment
00:13:19de leur naissance
00:13:20s'exerce
00:13:21dans le sens
00:13:23non du malthusianisme,
00:13:25l'imitation
00:13:28volontaire des naissances,
00:13:29mais de l'épanouissement
00:13:31et du développement
00:13:32de la famille française
00:13:33dans la liberté
00:13:35et dans l'équilibre.
00:13:37Malheureusement,
00:13:38en France,
00:13:39l'ère de l'enfant unique
00:13:42n'a pas attendu
00:13:43celle de la diffusion
00:13:44des méthodes
00:13:45contraceptives scientifiques.
00:13:48Pour combattre
00:13:49cette tendance
00:13:50que l'on croyait
00:13:51disparue depuis la guerre,
00:13:52il faut donc permettre
00:13:53aux familles
00:13:54d'accueillir
00:13:55un nouvel enfant
00:13:57sans qu'elle ait
00:13:58à subir des difficultés
00:13:59ou des restrictions
00:14:00interdisant
00:14:02toute amélioration
00:14:03de leurs conditions de vie
00:14:04comme c'est souvent
00:14:05le cas aujourd'hui.
00:14:07A cet égard,
00:14:09l'opposition
00:14:10entre le foyer
00:14:11et le travail
00:14:12est un faux problème.
00:14:14Dès lors qu'un couple
00:14:16est en mesure
00:14:16de choisir
00:14:17le moment
00:14:18où ses enfants
00:14:18viendront au monde,
00:14:20la femme
00:14:21peut avoir
00:14:21une vie
00:14:22à part entière,
00:14:24l'organiser
00:14:25sur les plans
00:14:26professionnels
00:14:27et maternels
00:14:28et se réaliser
00:14:29elle-même
00:14:30si elle le souhaite.
00:14:33A toutes les femmes
00:14:35qui ont de jeunes enfants
00:14:36et qui ne veulent pas
00:14:37oublier
00:14:38ou gaspiller
00:14:39la formation reçue,
00:14:41il faut donc donner
00:14:42des possibilités
00:14:43de travail égales.
00:14:45A cet effet,
00:14:47il convient
00:14:47d'accroître
00:14:48les équipements sociaux,
00:14:50notamment les crèches
00:14:51et les garderies.
00:14:53Encore,
00:14:53faut-il admettre
00:14:54et favoriser
00:14:54la mutation
00:14:55entre le foyer
00:14:56et le travail
00:14:58que connaissent
00:14:59la plupart
00:14:59des femmes mariées
00:15:00au moment
00:15:01de la naissance
00:15:02de leur premier enfant
00:15:03et lorsque leurs enfants
00:15:04étant élevés,
00:15:05elles souhaitent
00:15:06reprendre
00:15:07une activité professionnelle.
00:15:09En outre,
00:15:11l'étude
00:15:12des méthodes
00:15:12contraceptives
00:15:13et de leurs effets
00:15:14devrait figurer
00:15:16au programme
00:15:17des facultés
00:15:18de médecine.
00:15:19Mais bien sûr,
00:15:20bien sûr.
00:15:22Aussi,
00:15:23Monsieur le ministre,
00:15:24souhaitons-nous
00:15:25vivement recevoir
00:15:26l'assurance
00:15:26qu'un enseignement
00:15:27universitaire
00:15:28et post-universitaire
00:15:29pourra être créé,
00:15:32qui permettra
00:15:33aux médecins
00:15:33de remplir
00:15:34leur double rôle
00:15:35d'informateur
00:15:36qualifié
00:15:37et de praticien.
00:15:39Enfin,
00:15:39et surtout,
00:15:40des mesures
00:15:41doivent être prises
00:15:42pour résoudre
00:15:43une crise
00:15:44du logement
00:15:45intolérable,
00:15:47caractérisée
00:15:48non seulement
00:15:48par l'insuffisance
00:15:49du membre
00:15:50des logements,
00:15:51mais aussi,
00:15:52phénomène hélas
00:15:53tout aussi grave,
00:15:55par l'inadaptation
00:15:56des loyers
00:15:57au salaire
00:15:58et l'impossibilité
00:16:00d'accéder
00:16:01à la propriété
00:16:02pour une grande partie
00:16:03des Français,
00:16:04des jeunes ménages,
00:16:05notamment,
00:16:06en raison
00:16:06de la faiblesse
00:16:07de leur revenu.
00:16:09Nous voterons
00:16:10cette réforme
00:16:11tant attendue
00:16:12parce qu'elle constitue
00:16:13un progrès
00:16:14considérable
00:16:15sur le plan
00:16:16de la promotion
00:16:16de la femme
00:16:17et de la prise
00:16:18de conscience
00:16:19des couples.
00:16:20Nous espérons
00:16:21qu'elle aura également
00:16:22le mérite
00:16:23de mettre en évidence
00:16:24la nécessité
00:16:25et l'urgence
00:16:26de méthodes économiques
00:16:27et sociales,
00:16:29faute desquelles
00:16:30nous risquerions
00:16:31d'assister
00:16:31à la détérioration
00:16:32du progrès
00:16:33constamment recherché
00:16:35du niveau de vie
00:16:36des familles.
00:16:38Merci beaucoup,
00:16:39Madame la députée.
00:16:46Et puisque le droit
00:16:48de disposer
00:16:49de son corps
00:16:50implique la possibilité
00:16:51de mettre fin
00:16:52à une grossesse
00:16:53non désirée,
00:16:54je donne la parole
00:16:55à Madame Simone Veil,
00:16:57ministre de la Santé,
00:16:58pour défendre
00:16:58la loi relative
00:16:59à l'IVG
00:17:01de 1974.
00:17:03Merci.
00:17:26Madame la Présidente,
00:17:29Mesdames, Messieurs,
00:17:32nous sommes arrivés
00:17:33à un point
00:17:33où en ce domaine
00:17:35les pouvoirs publics
00:17:37ne peuvent plus
00:17:38éluder leurs responsabilités.
00:17:41Tout le démontre.
00:17:44Les études
00:17:45et les travaux
00:17:47menés depuis plusieurs années,
00:17:49les auditions
00:17:50de votre commission,
00:17:52l'expérience
00:17:53des autres pays européens
00:17:54et la plupart
00:17:56d'entre vous le sentent
00:17:57et qui savent
00:17:59qu'on ne peut empêcher
00:18:00les avortements clandestins
00:18:02et qu'on ne peut plus
00:18:05appliquer la loi pénale
00:18:06à toutes les femmes
00:18:08qui seraient passibles
00:18:08de ces rigueurs.
00:18:10Pourquoi donc
00:18:12ne pas continuer
00:18:14à fermer les yeux ?
00:18:16Parce que la situation
00:18:17actuelle
00:18:18est mauvaise.
00:18:20Je dirais même
00:18:21qu'elle est déplorable
00:18:22et même dramatique.
00:18:26Elle est mauvaise
00:18:27parce que
00:18:28la loi est ouvertement
00:18:30bafouée,
00:18:31pire même,
00:18:33ridiculisée.
00:18:34Lorsque l'écart
00:18:35entre les infractions
00:18:37commises
00:18:38et celles
00:18:39qui sont poursuivies
00:18:40est telle
00:18:41qu'il n'y a plus
00:18:42à proprement parler
00:18:43de répression.
00:18:45C'est le respect
00:18:46des citoyens
00:18:46pour la loi
00:18:47et donc l'autorité
00:18:49de l'État
00:18:49qui sont mises en cause.
00:18:52Lorsque des médecins
00:18:53dans leur cabinet
00:18:56enfreignent la loi
00:18:57et le font connaître
00:18:59publiquement.
00:19:00Lorsque les parquets,
00:19:03avant de poursuivre,
00:19:04sont invités
00:19:05à en référer
00:19:06dans chaque cas
00:19:07au ministère
00:19:08de la Justice.
00:19:09Lorsque des services sociaux
00:19:11d'organismes publics
00:19:14fournissent à des femmes
00:19:15en détresse
00:19:16les renseignements
00:19:17susceptibles
00:19:18de faciliter
00:19:19une interruption
00:19:20de grossesse.
00:19:21Lorsque,
00:19:22aux mêmes fins,
00:19:24sont organisées
00:19:25ouvertement
00:19:25et même par charter
00:19:27des voyages
00:19:29à l'étranger,
00:19:31alors je dis
00:19:31que nous sommes
00:19:33dans une situation
00:19:34de désordre
00:19:34et d'anarchie
00:19:36qui ne peut plus
00:19:37continuer.
00:19:39Mais me direz-vous
00:19:40pourquoi avoir
00:19:42laissé la situation
00:19:43se dégrader ainsi
00:19:45et pourquoi
00:19:46la tolérer ?
00:19:47Pourquoi ne pas faire
00:19:48respecter la loi ?
00:19:51Parce que si des médecins,
00:19:53si des personnels sociaux
00:19:55si même un certain nombre
00:19:57de citoyens
00:19:59participent
00:19:59à ces actions
00:20:00illégales,
00:20:02c'est bien
00:20:03qu'ils s'y sentent
00:20:03contraints,
00:20:05en opposition parfois
00:20:06avec leurs convictions
00:20:07personnelles.
00:20:09Ils se trouvent
00:20:10confrontés
00:20:11à des situations
00:20:12de fait
00:20:13qu'ils ne peuvent
00:20:15méconnaître.
00:20:16Parce qu'en face
00:20:17d'une femme
00:20:19décidée
00:20:20à interrompre
00:20:22sa grossesse,
00:20:24ils savent
00:20:25qu'en refusant
00:20:26leurs conseils
00:20:26et leur soutien,
00:20:29ils la rejettent
00:20:30dans la solitude
00:20:31et dans l'angoisse
00:20:33d'un acte
00:20:35perpétré
00:20:36dans les pires conditions
00:20:37qui risque
00:20:38de la laisser mutiler
00:20:39à jamais.
00:20:41Ils savent
00:20:42que la même femme,
00:20:44si elle a de l'argent,
00:20:47si elle sait
00:20:48s'informer,
00:20:48elle se rendra
00:20:50dans un pays voisin
00:20:51ou même en France,
00:20:52dans certaines cliniques
00:20:54et elle pourra
00:20:55sans encourir
00:20:56aucun risque
00:20:57ni aucune pénalité
00:20:59mettre fin
00:21:01à sa grossesse.
00:21:02Et ces femmes,
00:21:04ce ne sont pas
00:21:04nécessairement
00:21:05les plus immorales
00:21:06ou les plus
00:21:08inconscientes.
00:21:10Elles sont
00:21:10300 000
00:21:11chaque année.
00:21:13Ce sont
00:21:14celles
00:21:14que nous,
00:21:16citoyens,
00:21:17chaque jour,
00:21:18et que nous ignorons,
00:21:20nous les côtoyons,
00:21:21nous ignorons
00:21:22la plupart du temps
00:21:23la détresse
00:21:24et les drames.
00:21:25C'est à ce désordre
00:21:27qu'il faut mettre fin.
00:21:29C'est cette injustice
00:21:30qu'il convient
00:21:32de faire cesser.
00:21:33Et comment y parvenir ?
00:21:36Je le dis
00:21:37avec toute ma conviction,
00:21:39l'avortement
00:21:40doit rester
00:21:41l'exception,
00:21:43l'ultime recours
00:21:45pour des situations
00:21:46sans issue.
00:21:48mais comment
00:21:48le tolérer
00:21:50sans qu'il perde
00:21:51ce caractère
00:21:52d'exception,
00:21:53sans que la société
00:21:55paraisse l'encourager.
00:21:57Je voudrais
00:21:58tout d'abord
00:22:01vous faire partager
00:22:03une conviction
00:22:04de femme.
00:22:07Je m'excuse
00:22:08de le faire
00:22:08devant cette assemblée
00:22:10presque exclusivement
00:22:12composée d'hommes.
00:22:15Aucune femme
00:22:16ne recourt
00:22:17de gaieté de cœur
00:22:18à l'avortement.
00:22:20Il suffit
00:22:21d'écouter les femmes.
00:22:23C'est toujours
00:22:24un drame
00:22:25et cela restera
00:22:26toujours un drame.
00:22:29Mais nous ne pouvons
00:22:30plus fermer les yeux
00:22:31devant les 300 000
00:22:32avortements
00:22:33qui, chaque année,
00:22:35mutilent
00:22:35les femmes
00:22:36de ce pays,
00:22:37qui bafouent
00:22:38nos lois
00:22:39et qui humilient
00:22:40ou qui traumatisent
00:22:42celles qui y ont recours.
00:22:44L'histoire
00:22:45nous montre
00:22:46que les grands débats
00:22:48qui ont divisé
00:22:48à un moment
00:22:49les Français
00:22:50apparaissent
00:22:51avec le recul
00:22:52du temps
00:22:53comme une étape
00:22:55nécessaire
00:22:55à la formation
00:22:57d'un nouveau
00:22:57consensus social
00:22:58et qui s'inscrit
00:23:00dans la tradition
00:23:00de tolérance
00:23:02et de mesure
00:23:03de notre pays.
00:23:05Je ne suis pas
00:23:06de celles
00:23:08et de ceux
00:23:09qui redoutent
00:23:10l'avenir.
00:23:12Les jeunes générations
00:23:14nous surprennent
00:23:15parfois
00:23:16en ce qu'elles diffèrent
00:23:18de nous.
00:23:19Nous les avons
00:23:20nous-mêmes élevées
00:23:20de façon différente
00:23:21de celles
00:23:22dont nous l'avons été.
00:23:24Mais cette jeunesse
00:23:25est courageuse,
00:23:27capable d'enthousiasme
00:23:28et de sacrifice
00:23:30comme les autres,
00:23:31sachant lui faire confiance
00:23:33pour conserver
00:23:34à la vie
00:23:35sa valeur suprême.
00:23:39Merci beaucoup
00:23:40Madame la Ministre.
00:23:41Merci.
00:23:59Applaudissements
00:24:00Et après la loi
00:24:02de 1974,
00:24:03nous avons voté
00:24:06le 8 mars 2024
00:24:07au Congrès
00:24:08à Versailles
00:24:09la constitutionnalisation
00:24:10de l'interruption
00:24:11volontaire de grossesse
00:24:12pour pouvoir protéger
00:24:13ce droit
00:24:14au plus haut niveau
00:24:16de normes
00:24:16de notre République.
00:24:19Applaudissements
00:24:26Alors après le droit
00:24:28de disposer librement
00:24:29de son corps,
00:24:31nous voulions aborder
00:24:32la question
00:24:32de la diplomatie
00:24:34et de la guerre
00:24:35car ce sont des noms
00:24:36féminins.
00:24:38Et donc,
00:24:39pour pouvoir,
00:24:40en paraphasant,
00:24:41en paraphasant,
00:24:45paraphasant,
00:24:45paraphasant,
00:24:46merci,
00:24:47Clémenceau,
00:24:48je dirais que la guerre
00:24:49est sans doute
00:24:49une chose trop grave
00:24:50pour la conflit
00:24:51à des hommes.
00:24:52Et je donne désormais
00:24:54la parole
00:24:54à la première,
00:24:55première ministre
00:24:56de notre histoire,
00:24:58Madame Edith Cresson.
00:24:59Nommée à Matignon
00:25:00en mai 1991,
00:25:02elle définit
00:25:02dans sa déclaration
00:25:03de politique générale
00:25:05la position
00:25:05de la France
00:25:06post-guerre froide.
00:25:08Madame la Première Ministre,
00:25:11vous avez la parole.
00:25:15Applaudissements
00:25:25Madame la Présidente,
00:25:27Mesdames et Messieurs
00:25:28les députés,
00:25:30la France a fait
00:25:32le choix de l'Europe.
00:25:33Elle a fait le choix
00:25:34d'une affirmation
00:25:35de son indépendance.
00:25:37C'est à poursuivre
00:25:38cette action
00:25:39que je m'engage.
00:25:41Aujourd'hui,
00:25:42en cette année 1991,
00:25:44nous suivons
00:25:45avec attention
00:25:46et encourageons
00:25:47l'effort des États-Unis
00:25:48pour réunir
00:25:49les conditions
00:25:49du dialogue
00:25:50entre Israël
00:25:51et les Palestiniens
00:25:51et avec les pays arabes.
00:25:54Tout est bon
00:25:55qui sert
00:25:55le dialogue
00:25:56et la paix.
00:25:57Mais l'impatience
00:25:58des Palestiniens
00:25:59et de tous les peuples
00:26:00de la région
00:26:01ne peut s'accommoder
00:26:02durablement
00:26:03du statu quo.
00:26:05La France
00:26:06ne transigera
00:26:07ni sur la sécurité
00:26:08d'Israël
00:26:09ni sur le droit
00:26:09des Palestiniens
00:26:10à disposer
00:26:11d'un État.
00:26:13C'est dans le même esprit
00:26:15que la France
00:26:16défend
00:26:17l'indépendance
00:26:18et la souveraineté
00:26:19du Liban.
00:26:21C'est aussi
00:26:21dans un esprit
00:26:22de paix
00:26:22et de sécurité
00:26:23pour tous
00:26:24que la France
00:26:25a entrepris
00:26:26une réflexion
00:26:26et envisage
00:26:27une initiative
00:26:28en liaison étroite
00:26:29avec les États-Unis
00:26:30pour limiter
00:26:31les ventes
00:26:32d'armes
00:26:32et assurer
00:26:33la non-prolifération
00:26:34des armes
00:26:34de destruction
00:26:35massive.
00:26:36Car la France
00:26:37entend faire
00:26:38prévaloir le droit
00:26:39pour les peuples
00:26:40comme pour les individus
00:26:41avec la même force
00:26:43et la même détermination
00:26:44partout dans le monde.
00:26:46Elle l'a fait
00:26:47en alertant
00:26:48le Conseil de sécurité
00:26:49au sujet de l'Irak.
00:26:50Sur le continent africain,
00:26:52le mouvement
00:26:53de nombreux pays
00:26:54vers la démocratie
00:26:54fait se lever
00:26:55partout
00:26:56sous l'espoir
00:26:56du renouveau
00:26:57en Afrique du Sud
00:26:58si la France
00:27:00appuie résolument
00:27:01le changement
00:27:01et la fin
00:27:02de l'apartheid.
00:27:03De même,
00:27:04la France
00:27:05souhaite le développement
00:27:06d'un nouveau partenariat
00:27:07entre les pays
00:27:08de l'Europe du Sud
00:27:09et les États du Maghreb.
00:27:11Mais il n'y aura pas
00:27:12de démocratie viable,
00:27:15pas de véritable paix,
00:27:16pas de solution décisive
00:27:18au problème du moment
00:27:19sans développement.
00:27:21La France
00:27:22s'efforcera donc
00:27:23d'obtenir
00:27:24pour ceux
00:27:24qui ont entrepris
00:27:25de redresser
00:27:26leur situation financière,
00:27:28les conditions
00:27:29plus sûres
00:27:29du développement.
00:27:31En matière
00:27:32de défense,
00:27:34nous avons
00:27:34à faire des choix
00:27:35qui orienteront
00:27:37notre avenir
00:27:37pour une génération.
00:27:39La France forte
00:27:40que nous voulons
00:27:40est une France
00:27:41pacifique.
00:27:43La menace
00:27:44principale
00:27:45n'est plus
00:27:45ce qu'elle était.
00:27:46Le pacte
00:27:47de Varsovie
00:27:48s'est décomposé.
00:27:49Cela nous conduit
00:27:50à repenser profondément
00:27:52nos plans
00:27:52de défense.
00:27:54Chacun a d'autre part
00:27:55en mémoire
00:27:55la guerre du Golfe.
00:27:57Nous devons
00:27:58en tirer
00:27:59les leçons
00:27:59sur le durcissement
00:28:01nécessaire
00:28:01de nos forces
00:28:02de projection
00:28:02ou la révision
00:28:04de nos systèmes
00:28:04de renseignement.
00:28:06Comment ne pas noter
00:28:08que chez beaucoup
00:28:08de nos voisins
00:28:09et alliés,
00:28:10l'on affiche
00:28:11des réductions
00:28:11très importantes
00:28:12du format
00:28:13des armées
00:28:14et de l'effort
00:28:15de défense.
00:28:17Pour financer
00:28:18de nouvelles priorités,
00:28:19il faut donc
00:28:20revoir d'un œil neuf
00:28:21l'ensemble
00:28:22de notre dispositif
00:28:23de défense.
00:28:28Je reprends.
00:28:29Merci.
00:28:31Cœur de notre indépendance,
00:28:33la dissuasion nucléaire
00:28:35doit être maintenue
00:28:36au seuil
00:28:36de suffisance
00:28:37sur lequel repose
00:28:38le concept même
00:28:39de dissuasion.
00:28:40L'examen
00:28:41portera ensuite
00:28:42sous nos forces
00:28:43conventionnelles
00:28:44leurs missions,
00:28:44leurs formats.
00:28:45Pour les missions,
00:28:46j'en vois deux principales.
00:28:48Première mission,
00:28:50résister d'abord
00:28:51aux côtés
00:28:52de nos alliés
00:28:53à une agression
00:28:53majeure en Europe.
00:28:55Marquer notre détermination
00:28:56à l'arrêter
00:28:57coûte que coûte
00:28:58si nécessaire
00:28:58par la mise en œuvre
00:29:00de notre force
00:29:00de dissuasion.
00:29:02La deuxième mission,
00:29:05nos forces conventionnelles.
00:29:07Notre deuxième mission
00:29:08est celle
00:29:08des interventions
00:29:09plus limitées
00:29:09sur des théâtres divers.
00:29:11C'est à ces cas de figure
00:29:12que répond notre force
00:29:13d'action rapide
00:29:14qui devra être renforcée
00:29:16dans ses capacités
00:29:16opérationnelles.
00:29:18De ces deux missions
00:29:20principales se dégageront
00:29:21la physionomie
00:29:22et le format
00:29:22de nos armées.
00:29:24Le travail de réflexion
00:29:25est en cours.
00:29:26Il se fait sans préjugés,
00:29:28sans tabou.
00:29:29Il devrait en sortir
00:29:30une armée mieux équipée,
00:29:32mieux encadrée
00:29:33pour construire
00:29:33une France
00:29:34et une Europe
00:29:34plus fortes.
00:29:37Merci beaucoup
00:29:38Madame la Première Ministre.
00:29:40Merci beaucoup.
00:29:47Alors pour vous répondre
00:29:48et évaluer
00:29:49l'évolution
00:29:50des menaces
00:29:51d'une guerre
00:29:51du Golfe
00:29:52à l'autre,
00:29:52je voudrais donner
00:29:53la parole
00:29:54à Madame Michèle
00:29:54Alliomari.
00:29:55Elle fut trois fois
00:29:57pionnière
00:29:57car Madame la Ministre,
00:29:59vous avez été
00:30:00la première femme
00:30:01ministre de l'Intérieur,
00:30:02la première femme
00:30:03ministre de la Défense,
00:30:05la première femme
00:30:06ministre des Affaires
00:30:07étrangères
00:30:07et à ce jour
00:30:09la seule femme
00:30:10ayant occupé
00:30:11les quatre ministères
00:30:13régaliens.
00:30:14Madame la Ministre
00:30:15de la Défense,
00:30:16vous avez la parole
00:30:17pour défendre
00:30:18la loi de programmation
00:30:19militaire
00:30:202003 à 2008.
00:30:32Merci.
00:30:41Madame la Présidente,
00:30:44Mesdames,
00:30:45Messieurs les députés,
00:30:48une loi de programmation
00:30:50militaire
00:30:51est toujours
00:30:52un moment important
00:30:53dans la vie
00:30:54du ministère
00:30:55de la Défense
00:30:55et dans la vie
00:30:57de la Nation.
00:30:58La première responsabilité
00:31:00d'un grand État
00:31:01est en effet
00:31:02la protection
00:31:03de ses citoyens
00:31:04contre les agressions
00:31:06extérieures.
00:31:08Le projet
00:31:09de loi
00:31:09de programmation
00:31:11que j'ai l'honneur
00:31:11de vous présenter
00:31:12vise avant tout
00:31:14à donner à l'État
00:31:15les moyens
00:31:16d'assumer
00:31:16cette responsabilité.
00:31:18La France
00:31:20doit mettre
00:31:21en cohérence
00:31:22les moyens
00:31:23de sa défense
00:31:24avec les risques
00:31:26que fait peser
00:31:27la situation
00:31:28internationale
00:31:29et avec ses ambitions
00:31:31sur la scène européenne
00:31:32et la scène mondiale.
00:31:34Notre outil
00:31:35de défense
00:31:36doit donc d'abord
00:31:37répondre
00:31:37à des risques
00:31:38identifiés.
00:31:40Une décennie
00:31:42après la fin
00:31:43de la guerre froide,
00:31:45nous espérions
00:31:46un nouvel ordre mondial
00:31:47fait de stabilité
00:31:49et de paix.
00:31:51Contrairement
00:31:52à ces espoirs,
00:31:54les menaces
00:31:54contre la paix
00:31:55se sont accrues.
00:31:57Les crises sociales
00:31:58ne cessent
00:31:59de se multiplier
00:32:00sur presque
00:32:01tous les continents.
00:32:03Le développement
00:32:04de potentiels
00:32:05balistiques
00:32:05et d'armes
00:32:06de destruction
00:32:07massive
00:32:07se poursuit
00:32:09dans plusieurs
00:32:10régions du monde.
00:32:11Le dernier exemple
00:32:13est en Corée du Nord.
00:32:15La défaillance
00:32:16de certains États
00:32:16encourage indirectement
00:32:19le développement
00:32:20de la criminalité
00:32:21internationale.
00:32:23Avec les attentats
00:32:24du 11 septembre
00:32:25aux États-Unis,
00:32:27ceux de Karachi
00:32:28et de Bali,
00:32:30le terrorisme
00:32:31de grande ampleur
00:32:32est devenu
00:32:33une réalité.
00:32:34menace directement
00:32:36la vie
00:32:37de nos concitoyens
00:32:38et nos intérêts
00:32:40nationaux
00:32:40essentiels.
00:32:42La France,
00:32:43malheureusement,
00:32:44en a été
00:32:45la cible
00:32:46à plusieurs reprises.
00:32:47Alors oui,
00:32:49oui,
00:32:49mesdames,
00:32:50messieurs,
00:32:50les députés,
00:32:52le monde
00:32:52est dangereux.
00:32:54La sécurité
00:32:55de la France
00:32:56et des Français
00:32:56doit reposer
00:32:58sur une politique
00:32:58de défense
00:32:59résolue.
00:33:01La France
00:33:02entend jouer
00:33:03un rôle
00:33:04majeur,
00:33:05moteur
00:33:06dans le développement
00:33:07de cette dimension
00:33:08européenne.
00:33:10Ce rôle
00:33:11se mesure d'abord,
00:33:11je dirais presque
00:33:12logiquement,
00:33:14en termes
00:33:14de volume
00:33:15d'engagement.
00:33:16Engagez-vous,
00:33:17re-engagez-vous,
00:33:18qu'il disait.
00:33:20Pour tenir son rang,
00:33:22la France
00:33:23doit également
00:33:23détenir
00:33:24des capacités
00:33:25autonomes
00:33:25d'appréciation
00:33:27de situations,
00:33:29de commandements
00:33:30et de contrôles.
00:33:31Elle doit de même
00:33:32être en mesure
00:33:33de remplir
00:33:35le rôle
00:33:36de nation-cadre
00:33:37dans un certain
00:33:38nombre de domaines.
00:33:40Compte tenu
00:33:41de toutes ces données
00:33:41relatives
00:33:42à la situation
00:33:43internationale
00:33:44et au risque,
00:33:46le projet
00:33:47de loi
00:33:47de programmation
00:33:48apporte
00:33:49une réponse
00:33:49adaptée
00:33:50à la fois
00:33:52aux menaces
00:33:53et à nos ambitions.
00:33:55Il détermine
00:33:56le chemin
00:33:57que nos armées
00:33:57vont emprunter
00:33:58dans les six
00:33:59prochaines années
00:34:00en marche
00:34:02vers le modèle
00:34:022015.
00:34:04Et en particulier,
00:34:06notre aptitude
00:34:07à la projection
00:34:08sera renforcée
00:34:10par la réalisation
00:34:12effective
00:34:12d'un programme
00:34:14A400M
00:34:15dont les 50
00:34:17appareils commandés
00:34:18seront livrés
00:34:18à partir de 2009.
00:34:20Je vous ai indiqué
00:34:21lors de la discussion
00:34:23de la loi
00:34:23des finances
00:34:24que nos partenaires
00:34:26avaient tous confirmé
00:34:27leur participation
00:34:28à ce programme.
00:34:31l'optimisation
00:34:32de la capacité
00:34:33de frappe
00:34:34aérienne
00:34:34conventionnelle
00:34:35à partir
00:34:36de vecteurs
00:34:37aériens
00:34:37sera également
00:34:38réalisée
00:34:39avec la mise
00:34:40en service
00:34:40des premières
00:34:41unités
00:34:42de rafales
00:34:43pour l'armée
00:34:44de l'air
00:34:44à partir
00:34:44de 2006.
00:34:46Et enfin,
00:34:47le développement
00:34:48des missiles
00:34:49de croisière
00:34:51lancés
00:34:51à partir
00:34:52de plateformes
00:34:53navales
00:34:54nous assurera
00:34:55une première
00:34:56capacité maritime
00:34:57à partir
00:34:58de 2011.
00:35:00Voilà,
00:35:01mesdames,
00:35:01messieurs,
00:35:02les députés,
00:35:03le contenu
00:35:03de ce projet
00:35:04de loi
00:35:04de programmation
00:35:05militaire.
00:35:07Vous le constatez,
00:35:09c'est un projet
00:35:10ambitieux,
00:35:11mais cette ambition
00:35:12n'est autre
00:35:13que celle
00:35:13de la France
00:35:14et des Français.
00:35:16C'est l'ambition
00:35:17de la France
00:35:19qui entend
00:35:20être un acteur
00:35:21politique
00:35:22et stratégique
00:35:24influent
00:35:25sur la scène
00:35:26internationale.
00:35:28Ce projet
00:35:29de loi
00:35:29lui en donne
00:35:31les moyens
00:35:31financiers,
00:35:33humains
00:35:33et capacitaires.
00:35:37Il vous appartient
00:35:38à présent
00:35:38de traduire
00:35:40cette volonté.
00:35:41C'est pourquoi
00:35:42je vous demande
00:35:44de soutenir
00:35:45le projet
00:35:45du gouvernement.
00:35:47Merci beaucoup,
00:35:48Madame la ministre
00:35:49de la Défense.
00:35:58Et on est frappé
00:35:59par l'actualité
00:36:01de ce discours
00:36:02qui pourrait être
00:36:03prononcé
00:36:03ces mêmes jours
00:36:04par un autre
00:36:05ministre de la Défense.
00:36:07Nous allons aborder
00:36:08le thème numéro 4
00:36:10qui concerne
00:36:11l'économie
00:36:11parce que l'économie
00:36:12n'est pas
00:36:13qu'une affaire d'hommes.
00:36:15Je vais donner
00:36:16la parole
00:36:16à Madame Germaine
00:36:17Poinceau-Chapuis
00:36:18qui fut
00:36:19ministre de la Santé,
00:36:21première femme
00:36:21à occuper
00:36:22un ministère
00:36:23de plein exercice
00:36:24en 1947.
00:36:25Votre intervention
00:36:26portera
00:36:27sur la nécessité
00:36:28de concilier
00:36:29justice sociale
00:36:30et croissance économique.
00:36:32Madame la ministre,
00:36:34vous avez la parole.
00:36:43Madame la présidente,
00:36:45mes chers collègues,
00:36:47dans tous les rapports
00:36:49parlementaires,
00:36:50comme dans votre discours,
00:36:52nous trouvons
00:36:53cette préoccupation
00:36:54prédominante
00:36:55de répondre
00:36:57à des besoins
00:36:57actuels
00:36:58qui peuvent
00:36:59se résumer
00:37:00en ceci.
00:37:01Il faut garantir
00:37:02un pouvoir d'achat
00:37:03minimum aux classes
00:37:04les plus défavorisées
00:37:05et parmi elles
00:37:06à la classe laborieuse.
00:37:08Il est incontestable
00:37:10que si nous ne portons
00:37:11pas aujourd'hui
00:37:12notre premier effort
00:37:13sur la revalorisation
00:37:15du pouvoir d'achat,
00:37:17nous aboutirons
00:37:18à l'étranglement,
00:37:19à l'écrasement
00:37:21de notre production
00:37:22et par suite
00:37:23au chômage
00:37:24dans un délai
00:37:25plus ou moins long.
00:37:26En premier lieu,
00:37:28nous devons
00:37:29penser
00:37:30le problème
00:37:31des salaires.
00:37:32Tout se joue ici
00:37:34et cette question
00:37:35se réglera d'abord
00:37:36à l'échelon national
00:37:37car
00:37:38c'est à l'État
00:37:39de garantir
00:37:40un minimum
00:37:40de justice
00:37:41à l'ensemble
00:37:42des citoyens,
00:37:43à l'État
00:37:44et pourquoi pas
00:37:45aux entreprises
00:37:46ajouterais-je
00:37:47car
00:37:48laisser jouer
00:37:49librement
00:37:50au sein
00:37:50de chaque entreprise
00:37:51les lois économiques
00:37:52c'est transposer
00:37:53sur le plan
00:37:54de l'entreprise
00:37:55les injustices
00:37:56et les inégalités
00:37:57qui existent actuellement
00:37:58sur le plan des hommes
00:37:59car
00:38:00c'est accepté
00:38:02que
00:38:02certaines catégories
00:38:03de travailleurs
00:38:04appartenant
00:38:05à des entreprises
00:38:06défavorisées
00:38:07ne bénéficieront
00:38:08même pas
00:38:09du minimum
00:38:10vital.
00:38:12Reprenons
00:38:13la formule
00:38:15toujours vraie
00:38:15de l'accord d'air
00:38:16entre le fort
00:38:18et le faible
00:38:19la liberté
00:38:20c'est l'oppression.
00:38:22Je dirais
00:38:23que le rôle
00:38:23de l'État
00:38:24est précisément
00:38:25d'intervenir
00:38:25pour que cette liberté
00:38:27ne soit point
00:38:28assez totale
00:38:29pour se traduire
00:38:30en oppression
00:38:30envers
00:38:31les plus défavorisés
00:38:32qu'il s'agisse
00:38:34du travailleur
00:38:35ou de la catégorie
00:38:36d'entreprise
00:38:36qui groupe
00:38:37les travailleurs.
00:38:39Il faut donc
00:38:40un salaire
00:38:41minimum
00:38:42national
00:38:42garanti.
00:38:44Cette solution
00:38:45n'exclut point
00:38:46bien au contraire
00:38:47qu'à l'intérieur
00:38:47de chaque entreprise
00:38:48les travailleurs
00:38:50soient associés
00:38:51à la vie
00:38:52de celle-ci
00:38:52à sa production
00:38:54à son effort
00:38:55de productivité
00:38:56cette forme
00:38:57de rémunération
00:38:58qu'on a appelé
00:38:59le salaire
00:38:59proportionnel
00:39:01il peut
00:39:02parfaitement
00:39:03s'ajouter
00:39:03se juxtaposer
00:39:05au salaire
00:39:06minimum
00:39:06et à l'échelle
00:39:07mobile
00:39:07applicable
00:39:08au salaire
00:39:09minimum.
00:39:10Mais
00:39:11nous voulons
00:39:13à la base
00:39:13la garantie
00:39:14que personne
00:39:15en France
00:39:16ne sera conduit
00:39:17à mourir
00:39:17de faim
00:39:18pendant que d'autres
00:39:19auront plus
00:39:20que le nécessaire.
00:39:23Quoi qu'il en soit
00:39:24vous voyez bien
00:39:25que j'ai insisté
00:39:26surtout
00:39:27sur les aspects
00:39:28économiques
00:39:29du problème.
00:39:30Je n'ai pas voulu
00:39:31dans un débat
00:39:32que nous avons
00:39:32tous désiré
00:39:33sérieux
00:39:34étayés
00:39:35sans surenchère
00:39:36jeter cet élément
00:39:37humain
00:39:38qui a pourtant
00:39:39à nos yeux
00:39:39tant de prix
00:39:40cet élément
00:39:41qui domine encore
00:39:42les réalités
00:39:43économiques.
00:39:44Mais
00:39:45faire à l'homme
00:39:47sa place
00:39:47dans l'économie
00:39:48lui donner
00:39:49ce qui lui est dû
00:39:50de cette richesse
00:39:51dont il est le
00:39:52véritable promoteur
00:39:54et le créateur
00:39:55de tous les instants
00:39:56en somme
00:39:57permettre à l'homme
00:39:59en lui donnant
00:40:01ce qui lui est dû
00:40:02de devenir chaque jour
00:40:03plus pleinement
00:40:05lui-même
00:40:05de se développer
00:40:06en même temps
00:40:07que nous développons
00:40:08les richesses économiques.
00:40:11Favoriser
00:40:12le développement
00:40:12de l'homme
00:40:13cette extension
00:40:14des possibilités
00:40:15de l'homme
00:40:15trouvant enfin
00:40:16les moyens
00:40:17de se réaliser
00:40:18grâce à l'accroissement
00:40:19de ses ressources
00:40:20matérielles.
00:40:22Ce n'est pas aller
00:40:22contre le réalisme
00:40:24contre l'intérêt
00:40:25bien entendu
00:40:26de chacun
00:40:26ce n'est pas
00:40:27aller contre
00:40:28la solidité
00:40:29des structures
00:40:30économiques
00:40:31contre l'avenir
00:40:32du pays.
00:40:33En terminant
00:40:35je vous citerai
00:40:36ce mot de Clémenceau
00:40:38en accroissant
00:40:39l'homme
00:40:40nous accroissons
00:40:41la patrie.
00:40:43Merci beaucoup
00:40:44Madame la Ministre.
00:40:54Puisque vous parlez
00:40:56de croissance
00:40:56je vais donner
00:40:57la parole
00:40:58à Madame Christine Lagarde
00:40:59ministre de l'économie
00:41:00qui fut également
00:41:02une pionnière
00:41:03première femme
00:41:03directrice générale
00:41:04du FMI
00:41:05première femme
00:41:06directrice
00:41:07de la Banque Centrale
00:41:08Européenne.
00:41:10Elle va nous faire
00:41:11ses propositions
00:41:12pour faire face
00:41:13à la crise financière
00:41:14de 2008
00:41:14dite
00:41:15des subprimes.
00:41:17Madame la Ministre
00:41:18vous avez la parole.
00:41:34Madame la Présidente
00:41:36Mesdames et Messieurs
00:41:37les députés
00:41:40aujourd'hui la situation
00:41:42est grave
00:41:43et ce à cause
00:41:44de désordres financiers
00:41:45en provenance
00:41:46des Etats-Unis
00:41:47qui ont produit
00:41:48des répercussions
00:41:48sur l'ensemble
00:41:49du marché.
00:41:51C'est une évidence.
00:41:54Ce que nous voyons
00:41:55aujourd'hui
00:41:55est à l'évidence
00:41:56une crise
00:41:57du système financier
00:41:58qui risque de produire
00:42:00des effets
00:42:00sur l'économie réelle.
00:42:02Nous nous employons
00:42:03donc à la soutenir
00:42:05afin qu'elle ne soit
00:42:06pas victime
00:42:06des effets
00:42:07de la crise.
00:42:09Face à cette situation
00:42:10notre politique
00:42:11est simple.
00:42:12Elle consiste
00:42:13avant tout
00:42:14à financer
00:42:15le développement
00:42:16des entreprises.
00:42:17Il faut en effet
00:42:18à tout prix
00:42:19éviter
00:42:20que la contraction
00:42:21du système interbancaire
00:42:22n'affecte
00:42:22leur financement
00:42:23car elles sont
00:42:24au cœur
00:42:24de l'innovation
00:42:25et de l'emploi
00:42:26de nos territoires.
00:42:28Dans le même temps
00:42:30nous soutiendrons
00:42:31toutes mesures
00:42:32destinées à améliorer
00:42:33l'emploi.
00:42:34L'année 2007
00:42:35fut très bonne
00:42:36puisque 320 000 emplois
00:42:38furent créés.
00:42:39Mais il est vrai
00:42:40que le taux d'emploi
00:42:41a baissé au premier semestre.
00:42:42Pour y remédier
00:42:43nous avons proposé
00:42:44de mobiliser
00:42:45tous les circuits
00:42:46de financement.
00:42:47Nous disposons
00:42:48de 17 milliards
00:42:49d'euros
00:42:50issus de la décentralisation
00:42:52des surplus
00:42:53de l'épargne réglementée
00:42:54soit au total
00:42:54je le répète
00:42:5617 milliards
00:42:57dont la moitié
00:42:58est mobilisable
00:42:59dès demain
00:42:59l'autre moitié
00:43:01à compter du 15 octobre
00:43:02date à laquelle
00:43:03les banques seront
00:43:03en mesure
00:43:04d'accéder à ce financement.
00:43:05Non mais on est où là
00:43:06Madame la Ministre ?
00:43:07Monsieur le député
00:43:08s'il vous plaît
00:43:09On est chez les bolcheviques ?
00:43:12Ça suffit.
00:43:13Madame la Ministre
00:43:14poursuivait.
00:43:15Merci.
00:43:17Et pour préserver
00:43:18l'emploi
00:43:18quels moyens
00:43:19allons-nous employer
00:43:19monsieur ?
00:43:22Eh bien je pense
00:43:22aux heures supplémentaires
00:43:23aux revenus
00:43:24de solidarité active
00:43:25qui consistent
00:43:26à ramener
00:43:27les gens vers le travail
00:43:28au lieu de les laisser
00:43:29dans l'assistanat.
00:43:30C'est grâce
00:43:31à ces mesures
00:43:31et au soutien
00:43:32de l'économie réelle
00:43:33que nous pourrons
00:43:34véritablement aider
00:43:35l'économie française
00:43:36à traverser
00:43:37cette crise difficile.
00:43:39Notre politique
00:43:40a deux axes
00:43:40celui consistant
00:43:42à soutenir
00:43:42les salariés
00:43:43les plus touchés
00:43:44par des licenciements
00:43:44économiques
00:43:45et les restructurations
00:43:47et celui consistant
00:43:49à aider les salariés
00:43:50qui doivent accéder
00:43:50dans de meilleures conditions
00:43:51à davantage
00:43:52de formation professionnelle.
00:43:56Je vous remercie
00:43:57de votre attention.
00:44:00Merci beaucoup
00:44:01madame la ministre.
00:44:10Bien sûr.
00:44:11Bien sûr madame la ministre
00:44:12allez-y.
00:44:13On va rajouter quelque chose
00:44:15car
00:44:17voilà
00:44:20si ces perturbations
00:44:21ne nous interrompaient pas
00:44:23en permanence
00:44:24je n'aurai pas fini
00:44:26de cette manière.
00:44:27Donc
00:44:27merci
00:44:29la parole des femmes
00:44:30a son importance.
00:44:32Donc s'agissant
00:44:32des licenciements économiques
00:44:33j'envisage
00:44:34d'étendre le dispositif
00:44:35de transition professionnelle.
00:44:37Cela signifie que
00:44:39cela permettra
00:44:40la flexi-sécurité
00:44:43ce qui veut dire
00:44:43que la formation
00:44:45et la transition
00:44:46d'un emploi
00:44:47que l'on quitte
00:44:47vers un emploi
00:44:48que l'on retrouve
00:44:49sera facilitée.
00:44:50Ceci à tous les bassins
00:44:51victimes de restructuration
00:44:52importante.
00:44:53Et croyez bien
00:44:54mesdames et messieurs
00:44:55les députés
00:44:56que nous sommes
00:44:57à la manœuvre
00:44:57et sur le pont.
00:45:00Merci beaucoup
00:45:01madame la ministre
00:45:02pour ces précisions.
00:45:10Alors je vais donner
00:45:11désormais la parole
00:45:13à madame Gisèle Halimi
00:45:14avocate
00:45:16militante féministe
00:45:18députée française
00:45:18de l'ISER
00:45:19élue en 1981
00:45:20qui plaida
00:45:22en faveur
00:45:23d'une loi
00:45:23dont elle était
00:45:24la rapporteure.
00:45:25Une loi
00:45:26pour abroger
00:45:27la distinction
00:45:27de la majorité sexuelle
00:45:29pour les rapports
00:45:30homosexuels.
00:45:31Madame
00:45:32la députée rapporteure,
00:45:34vous avez la parole.
00:45:55madame la présidente,
00:45:57mes chers collègues,
00:46:01on peut se demander
00:46:03avec le recul
00:46:06comment des députés français
00:46:09par définition
00:46:10des femmes
00:46:11et des hommes
00:46:12qui devraient avoir
00:46:13l'intelligence
00:46:14de nos libertés fondamentales
00:46:16puisqu'ils sont chargés
00:46:18de les défendre
00:46:19ont pu légiférer
00:46:20pour réprimer
00:46:21l'homosexualité.
00:46:23Car s'il en est
00:46:24un choix individuel
00:46:26par essence
00:46:27et qui doit échapper
00:46:29à toute codification,
00:46:31c'est bien celui
00:46:32de la sexualité.
00:46:34Il ne peut y avoir
00:46:36de morale sexuelle
00:46:38de tous
00:46:38qui s'impose
00:46:40à la morale sexuelle
00:46:42de chacun.
00:46:44Chacun connaît
00:46:45la nécessité
00:46:46pour l'individu
00:46:47de vivre en accord
00:46:49avec ce qui reste
00:46:50le plus profondément
00:46:51inexprimé.
00:46:52par exemple,
00:46:54par peur,
00:46:55par conditionnement
00:46:57social
00:46:57ou par répression,
00:47:00je veux dire
00:47:01sa sexualité.
00:47:03La norme sexuelle
00:47:04ne se définit pas.
00:47:07Elle se dessine
00:47:08à l'échelle
00:47:09de chaque corps,
00:47:11de chaque enfance,
00:47:13de chaque culture,
00:47:15de chaque plaisir,
00:47:17à condition,
00:47:18je le répète,
00:47:20de ne blesser
00:47:21ni de n'agresser,
00:47:23ni de violenter
00:47:25personne.
00:47:27De 1791
00:47:28à 1942,
00:47:31c'est-à-dire
00:47:31tout de même
00:47:32pendant plus
00:47:32d'un demi-siècle,
00:47:34la législation pénale
00:47:36française
00:47:37a ignoré
00:47:38l'homosexualité
00:47:40ou plus précisément,
00:47:42elle ne prévoyait pas
00:47:44pour les attentats
00:47:46aux mœurs
00:47:46commis par les homosexuels
00:47:48un traitement différent
00:47:50de celui
00:47:51applicable
00:47:52aux mêmes actes
00:47:54dont l'auteur
00:47:55était hétérosexuel.
00:47:57C'est une loi
00:47:58du régime
00:47:59de Vichy
00:48:00numéro 744
00:48:02du 6 août
00:48:041942
00:48:05qui a réintroduit
00:48:07le délit
00:48:08d'homosexualité
00:48:09dans la législation
00:48:11pénale française.
00:48:13Ce texte
00:48:14qui modifiait
00:48:15l'article 334
00:48:16du Code pénal
00:48:17punissait
00:48:18les mêmes peines
00:48:19que le proxénétisme,
00:48:21celui qui aura
00:48:22commis
00:48:23un ou plusieurs
00:48:25actes impudiques
00:48:26ou contre nature
00:48:28avec un mineur
00:48:29de son sexe
00:48:30âgé
00:48:31de moins
00:48:31de 21 ans.
00:48:34Les partisans
00:48:35du maintien
00:48:36de cette répression
00:48:37particulière
00:48:38arguent du fait
00:48:40qu'il faut
00:48:41protéger
00:48:42la jeunesse
00:48:42contre les entreprises
00:48:44de séduction
00:48:44homosexuelle
00:48:45de ses aînés.
00:48:47Mais,
00:48:48outre que cette objection
00:48:50ne tienne pas compte
00:48:51du fait
00:48:51que notre Code pénal
00:48:53est riche
00:48:54en articles
00:48:55qui permettent
00:48:56la protection
00:48:56de la jeunesse,
00:48:58qu'elle soit
00:48:59victime
00:49:00d'agissements
00:49:00hétérosexuels
00:49:01ou d'agissements
00:49:03homosexuels,
00:49:04elle repose surtout
00:49:05sur l'idée
00:49:06que l'homosexualité
00:49:07constitue
00:49:08une déviance
00:49:09de la sexualité.
00:49:11C'est cette analyse
00:49:13que nous,
00:49:15socialistes,
00:49:16nous récusons.
00:49:19Nous estimons,
00:49:21en effet,
00:49:22qu'il ne revient pas
00:49:23aux législateurs
00:49:24de distinguer
00:49:25dans ce domaine
00:49:26ce qui serait
00:49:28normal
00:49:28et ce qui ne le serait pas.
00:49:32Il devient
00:49:32très clair
00:49:33que le texte actuel
00:49:35crée une inacceptable
00:49:36inégalité
00:49:37devant la loi
00:49:38de deux catégories
00:49:40de citoyens.
00:49:42Aujourd'hui encore,
00:49:43la loi laisse
00:49:45subsister
00:49:46des différences
00:49:49discriminatoires
00:49:50à l'égard
00:49:50d'une certaine catégorie
00:49:52nombreuse
00:49:53de citoyens.
00:49:54Je veux parler
00:49:54des citoyennes.
00:49:55Mais le deuxième
00:49:56alinéa
00:49:57de l'article 331
00:49:58du Code pénal
00:49:59va, me semble-t-il,
00:50:01encore plus loin
00:50:02dans la discrimination.
00:50:04Ce n'est pas
00:50:05de racisme
00:50:06ni de sexisme
00:50:09qu'il s'agit.
00:50:10Il s'agit
00:50:11simplement
00:50:11de créer
00:50:13à l'intérieur
00:50:14de chaque sexe
00:50:16une catégorie
00:50:17de sous-citoyens
00:50:19qui,
00:50:20parce qu'ils sont
00:50:21homosexuels,
00:50:23devraient répondre
00:50:23plus que les autres
00:50:25de leurs actes
00:50:26délictuels.
00:50:28Le délit
00:50:29qui leur est reproché
00:50:31est de plus,
00:50:32et cela est grave
00:50:32en matière pénale,
00:50:34particulièrement
00:50:34mal défini.
00:50:36qu'est
00:50:36l'acte
00:50:37impudique
00:50:38et contre-nature
00:50:40quand il y a
00:50:41consentement.
00:50:44Toute forme
00:50:45de relation
00:50:46sexuelle
00:50:47pourrait,
00:50:48à la limite,
00:50:48être définie
00:50:49comme un acte
00:50:50impudique
00:50:50ou contre-nature
00:50:51et donc considérée
00:50:53comme une infraction
00:50:54selon l'appréciation
00:50:55du juge
00:50:56ou du parquet,
00:50:57selon l'avis
00:50:58que ce juge mène,
00:50:59d'ailleurs,
00:50:59en fin de compte,
00:51:00selon sa propre sexualité.
00:51:02Ce flou volontaire
00:51:04est particulièrement
00:51:05inacceptable
00:51:05dans une loi
00:51:07qui réprime.
00:51:09Il faut donc
00:51:10abroger,
00:51:11éviter,
00:51:12une disposition
00:51:13qui est contestable,
00:51:15qui crée une inégalité
00:51:17dans notre droit
00:51:18et qui est à la base
00:51:20d'un comportement
00:51:22culturel
00:51:23à rejeter
00:51:24et qui,
00:51:25enfin,
00:51:27est peu appliquée.
00:51:29En conclusion,
00:51:31cette proposition,
00:51:33due à l'initiative
00:51:34de Raymond Forny,
00:51:35président de la Commission
00:51:36des lois
00:51:37et du groupe socialiste,
00:51:39répond, selon moi,
00:51:40à une double exigence.
00:51:42Rigueur juridique,
00:51:44respect scrupuleux
00:51:46de l'égalité
00:51:46devant la loi.
00:51:48Notre démarche
00:51:49signifie clairement
00:51:50que la loi
00:51:52ne doit plus
00:51:53intervenir
00:51:54dans le choix
00:51:55le plus intime
00:51:57et finalement
00:51:58le plus fondamental
00:52:00de l'individu,
00:52:01celui de sa sexualité.
00:52:03En conséquence,
00:52:05la Commission
00:52:06des lois
00:52:08constitutionnelles,
00:52:09de la législation
00:52:11et de l'administration
00:52:12générale
00:52:13de la République
00:52:14vous propose
00:52:15d'adopter
00:52:16la proposition
00:52:16de loi
00:52:17dont le texte
00:52:18suit.
00:52:19Article unique,
00:52:22le deuxième
00:52:22alinéa
00:52:23de l'article
00:52:24331
00:52:25du code pénal
00:52:26est abrogé.
00:52:28Merci beaucoup,
00:52:29Madame la députée.
00:52:41Alors,
00:52:42pour conclure
00:52:43ce chemin
00:52:43de l'égalité
00:52:44dans l'amour,
00:52:45je vais donner
00:52:45la parole
00:52:46à Madame
00:52:47Christiane Taubira,
00:52:48garde des Sceaux,
00:52:49ministre de la Justice
00:52:50pour défendre
00:52:51l'ouverture
00:52:51du mariage
00:52:52au couple
00:52:52du même sexe.
00:52:54Madame la ministre,
00:52:55vous avez la parole.
00:52:59Applaudissements
00:53:09Madame la présidente,
00:53:11mesdames, messieurs
00:53:12les députés,
00:53:12nous avons l'honneur
00:53:13et le privilège,
00:53:14Dominique Bertinotti,
00:53:16ministre déléguée
00:53:17chargée de la famille
00:53:18et moi-même,
00:53:19de vous présenter
00:53:20au nom du gouvernement
00:53:21un projet de loi
00:53:22traduisant l'engagement
00:53:23du président
00:53:24de la République
00:53:25d'ouvrir le mariage
00:53:27et l'adoption
00:53:28aux couples
00:53:29de même sexe.
00:53:31Le mariage civil
00:53:32porte l'empreinte
00:53:33de l'égalité.
00:53:34Il s'agit
00:53:35d'une véritable conquête
00:53:37fondatrice
00:53:37de la République
00:53:38dans un mouvement
00:53:39général
00:53:40de laïcisation
00:53:41de la société.
00:53:42Regardez-là,
00:53:44elle n'y croit pas
00:53:44elle-même.
00:53:45Monsieur le député,
00:53:49Madame la ministre.
00:53:51Le mariage civil
00:53:52permet d'inclure
00:53:53des croyants
00:53:54non-catholiques.
00:53:56Mais il est élargi
00:53:57à tous,
00:53:58c'est-à-dire que
00:53:58tous ceux qui souhaitent
00:53:59se marier
00:54:00peuvent disposer
00:54:01des mêmes droits
00:54:02et doivent respecter
00:54:03les mêmes obligations.
00:54:05Puisque le mariage
00:54:06est la liberté
00:54:06des partis
00:54:07et non la sacralisation
00:54:08d'une volonté divine,
00:54:10cette liberté
00:54:11de se marier
00:54:11ne se conçoit
00:54:12qu'avec la liberté
00:54:13de divorcer
00:54:14et parce que le mariage
00:54:15va se détacher
00:54:16du sacrement,
00:54:17il pourra représenter
00:54:18les valeurs républicaines
00:54:19et intégrer progressivement
00:54:21les évolutions
00:54:22de la société.
00:54:24En vous présentant
00:54:25ce projet de loi,
00:54:26le gouvernement choisit
00:54:27de permettre
00:54:28aux couples
00:54:28de même sexe
00:54:29d'entrer dans
00:54:30cette institution
00:54:31et de composer
00:54:32une famille
00:54:33comme les couples
00:54:34hétérosexuels,
00:54:35soit par une union
00:54:36de fêtes
00:54:37que l'on appelle
00:54:37le concubinage,
00:54:39soit par un contrat,
00:54:40le paxe,
00:54:41soit par le mariage.
00:54:43C'est bien
00:54:44cette institution
00:54:45que le gouvernement
00:54:46a décidé d'ouvrir
00:54:47aux couples
00:54:47de même sexe.
00:54:49Mesdames et Messieurs
00:54:50les députés,
00:54:51le mariage a été
00:54:53une institution
00:54:53de propriété
00:54:55puisqu'il a d'abord
00:54:56servi à marier
00:54:57des patrimoines,
00:54:59des héritages,
00:55:00des lignées.
00:55:01Il a été une institution
00:55:02de possession
00:55:03puisque le mari
00:55:06et le père
00:55:07avaient une autorité
00:55:08absolue
00:55:09sur l'épouse
00:55:10et les enfants.
00:55:11Il a été
00:55:12une institution
00:55:13d'exclusion,
00:55:14nous l'avons vu.
00:55:14Le mariage civil
00:55:15a mis un terme
00:55:16à l'exclusion
00:55:17des croyants
00:55:18non-catholiques
00:55:18et de certaines professions,
00:55:20donc de toute une série
00:55:21de citoyens.
00:55:24Ce mariage,
00:55:25qui a été une institution
00:55:26d'exclusion,
00:55:27va enfin devenir,
00:55:29par l'inclusion
00:55:30des couples
00:55:30de même sexe,
00:55:32une institution
00:55:33universelle.
00:55:34Enfin,
00:55:35le mariage
00:55:36devient
00:55:36une institution
00:55:37universelle.
00:55:39Vous pouvez continuer
00:55:40à refuser de voir,
00:55:42à refuser de regarder
00:55:43autour de vous,
00:55:44à refuser
00:55:45de tolérer
00:55:45la présence,
00:55:46y compris près de vous,
00:55:48y compris peut-être
00:55:48dans vos familles
00:55:49de couples homosexuels.
00:55:52Vous avez choisi
00:55:53de protester
00:55:54contre la reconnaissance
00:55:55des droits
00:55:56de ces couples,
00:55:56c'est votre affaire.
00:55:58Nous,
00:55:59nous sommes fiers
00:55:59de ce que nous faisons.
00:56:01Nous en sommes si fiers
00:56:02que je voudrais le définir
00:56:04par les mots
00:56:04du poète
00:56:05Léon Gontran Damas.
00:56:08L'acte
00:56:09que nous allons
00:56:09accomplir
00:56:10est beau
00:56:11comme une rose
00:56:12dans la tour Eiffel
00:56:13assiégée à l'aube
00:56:14voit s'épanouir
00:56:15enfin les pétales.
00:56:17Il est grand
00:56:18comme un besoin
00:56:19de changer d'air.
00:56:20Il est fort
00:56:21comme le cri aigu
00:56:22d'un accent
00:56:23dans la nuit longue.
00:56:25Merci.
00:56:26Merci beaucoup,
00:56:27Madame la garde des Sceaux.
00:56:37Nous allons aborder
00:56:39le dernier thème
00:56:41de cette reconstitution
00:56:42que nous avons
00:56:44intitulé
00:56:44« Une femme députée »
00:56:46et pourquoi pas
00:56:47présidente
00:56:48de l'Assemblée nationale.
00:56:56et donc
00:56:58nous allons
00:56:59pouvoir donner
00:57:00la parole
00:57:00et rendre justice
00:57:02à une dame
00:57:04qui s'appelle
00:57:04Jeanne de Rouen.
00:57:05En 1849,
00:57:08Madame de Rouen,
00:57:08vous avez commis
00:57:09un acte
00:57:09d'une incroyable audace
00:57:10pour l'époque.
00:57:11Vous présentez
00:57:13vos élections législatives.
00:57:15Votre candidature
00:57:16suscita le rire
00:57:17ou le mépris
00:57:18pour réparer
00:57:20cette injustice,
00:57:21nous vous donnons
00:57:22aujourd'hui la parole
00:57:23dans l'hémicycle
00:57:24de l'Assemblée nationale.
00:57:26Madame de Rouen,
00:57:27vous êtes invitée
00:57:28à monter à la tribune.
00:57:46Madame la présidente,
00:57:47Madame la présidente,
00:57:50citoyen,
00:57:53je viens me présenter
00:57:54à vos suffrages
00:57:58par dévouement
00:58:01pour la consécration
00:58:03d'un grand principe,
00:58:05l'égalité civile
00:58:07et politique
00:58:08des deux sexes.
00:58:11C'est au nom
00:58:12de la justice
00:58:12que je viens faire appel
00:58:15au peuple souverain
00:58:16contre la négation des grands principes qui sont la base de notre avenir social.
00:58:28Chers tous, si usant de votre droit vous appelez la femme à prendre part aux travaux de l'Assemblée législative,
00:58:37vous consacrerez dans toute leur intégrité nos dogmes républicains, égalité, liberté, fraternité, pour toutes comme pour tous.
00:58:49Une Assemblée législative entièrement composée d'hommes est aussi incompétente pour faire les lois qui régissent une société composée d
00:59:00'hommes et de femmes
00:59:01que le serait une Assemblée entièrement composée de privilégiés pour discuter les intérêts des travailleurs
00:59:08ou une Assemblée de capitalistes pour soutenir l'honneur de notre pays.
00:59:14Ô citoyens, membres du comité électoral démocratique et socialiste, citoyens, vous êtes démocrate, socialiste.
00:59:26Vous voulez l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la femme par l'homme.
00:59:35Vous voulez l'abolition complète, radicale, de tous les privilèges de sexe, de race, de naissance, de caste et de
00:59:47fortune.
00:59:47Vous voulez sincèrement toutes les conséquences de nos grands principes liberté, égalité, fraternité.
00:59:58C'est au nom de ces principes qui n'admettent pas d'exclusion injuste que je me présente candidat à
01:00:07l'Assemblée législative
01:00:09et que je viens vous demander votre appui, sinon pour être admise sur la liste des 28 qui seront présentées
01:00:16au suffrage des électeurs,
01:00:18mais au moins pour obtenir de votre justice que je ne sois point écartée de cette liste au nom d
01:00:28'un privilège de sexe
01:00:29qui est une violation manifeste des principes d'égalité et de fraternité.
01:00:36Les services rendus au pays et à la cause sociale, la supériorité intellectuelle, la capacité spéciale et les talents oratoires
01:00:48du grand nombre de candidats qui se présenteront
01:00:51vous fourniront assez de motifs pour m'exclure, si vous le jugez nécessaire, sans vous appuyer sur un préjugé
01:00:59contre lequel des hommes d'avenir doivent protester énergiquement, si ce n'est par sympathie, au moins par respect pour
01:01:09les principes.
01:01:11Merci infiniment, Madame de Rouen.
01:01:25Alors, elle dut retirer sa candidature, puisqu'elle fut l'objet de moqueries et de colibés,
01:01:33et il aura fallu attendre un siècle après cette extraordinaire tentative pour obtenir enfin l'égalité des droits politiques.
01:01:42En 1945, 33 femmes rentreront dans cette Assemblée, dont Madame Germaine Perrol, future vice-présidente de l'Assemblée nationale.
01:01:53Et c'est donc avec fierté, Madame Perrol, que je vous donne la parole pour débattre du préambule de la
01:01:58Constitution de 1946
01:01:59qui proclame l'égalité entre les femmes et les hommes.
01:02:15Merci, Madame la Présidente.
01:02:19Mes chers collègues,
01:02:21Il arrive bien souvent dans l'histoire des peuples, comme d'ailleurs dans la vie de chacun,
01:02:27un moment qui, sur l'heure, peut être comparé à celui qui l'a précédé ou à celui qui va
01:02:34le suivre,
01:02:35qui ne provoque aucun trouble et qui ne fait pas plus de bruit qu'un fruit qui tombe à l
01:02:41'automne,
01:02:42à qui cependant le recul du temps donnera l'importance d'un événement décisif.
01:02:47J'ai la conviction que c'est un de ces moments-là que nous sommes en train de vivre,
01:02:53que les Françaises, en tout cas, vivent aujourd'hui.
01:02:57Pour vous, messieurs, aujourd'hui marque l'aboutissement d'une longue tradition
01:03:02qui, depuis les premières conquêtes de nos communes et de nos cités franches
01:03:07jusqu'au combat de la libération de Paris,
01:03:10ces combats que nous avons célébrés hier avec ferveur et enthousiasme,
01:03:14Cette tradition est jalonnée au cours des siècles
01:03:18par des faits et illustrée par des noms qui sont dans toutes les mémoires.
01:03:24Aussi, lorsque nous sommes appelés à réfléchir à une constitution
01:03:28qui, je l'espère, et nous sommes nombreux à l'espérer,
01:03:31sera l'œuvre bienfaisante et durable de notre Assemblée,
01:03:35sa première phrase est pour renouveler
01:03:39l'affirmation solennelle des droits et des libertés du citoyen.
01:03:44Mais la deuxième phrase de son préambule
01:03:48est tout aussitôt pour proclamer, non moins solennellement,
01:03:53que les hommes et les femmes sont égaux devant la loi.
01:03:57Peut-être aurions-nous, en définitive, préféré la rédaction primitive
01:04:01qui garantissait à la femme les mêmes droits économiques,
01:04:05politiques et sociaux que ceux de l'homme ?
01:04:07C'est peut-être une question de rédaction qui pourrait être revue.
01:04:11N'empêche que, sur le fond, nous avons complète satisfaction
01:04:16et que, par ce texte, les Françaises reçoivent à la fois
01:04:20leurs droits et leurs libertés.
01:04:23J'ai dit que c'était un événement.
01:04:25Je suis sûre que lorsque ce préambule sera soumis à votre souffrage,
01:04:29aucune voix s'élèvera pour contester cette égalité
01:04:32et que, hier encore pourtant,
01:04:35la Troisième République, à son déclin, avait refusée.
01:04:39Or, l'expérience de plusieurs scrutins depuis la libération
01:04:43a montré que la Française avait ressenti l'intérêt
01:04:46et le prix de stabilité qu'elle comporte.
01:04:49Au moment où la majorité du corps électoral pour 54%
01:04:55est constituée par les citoyennes de ce pays,
01:04:57la proportion des abstentions par rapport au scrutin d'avant-guerre,
01:05:03bien loin d'avoir augmenté, a, au contraire, diminué.
01:05:07C'est la démonstration que, par l'évidence,
01:05:09que la décision prise sur la terre d'exil par le général de Gaulle
01:05:14était inspirée non seulement par une justice évidente,
01:05:18mais encore par l'intelligence des aspirations des Françaises
01:05:21et par une confiance qui s'est révélée justifiée dans leur civisme.
01:05:29Merci beaucoup, Madame Pérol.
01:05:36Et pour vous succéder, j'ai le plaisir de donner la parole à une autre pionnière,
01:05:40Madeleine Braun, première femme vice-présidente de l'histoire de cette Assemblée
01:05:45il y a aussi 80 ans.
01:05:47Par une proposition de loi co-signée par toutes les femmes du groupe communiste,
01:05:51vous avez demandé le 11 janvier 1947
01:05:54l'égalité d'accès pour les femmes aux fonctions publiques
01:05:58et aux professions libérales.
01:05:59Madame la vice-présidente, vous avez la parole.
01:06:10Merci, Madame la présidente.
01:06:13Mesdames, Messieurs, chers collègues,
01:06:15« Jusqu'à ce que la constitution nouvelle ait été adoptée,
01:06:19donnant l'égalité dans tous les domaines aux femmes et aux hommes,
01:06:23un nombre important de carrières étaient fermées aux femmes. »
01:06:28Il nous est apparu opportun de régulariser cette situation d'une façon générale
01:06:33sans qu'il soit nécessaire de faire déclarer cette égalité
01:06:37par une loi spéciale dans chaque domaine.
01:06:40C'est pourquoi nous vous demandons d'adopter la proposition de loi ci-après.
01:06:47Article unique,
01:06:49l'accès de toutes les fonctions publiques
01:06:52et de toutes les professions libérales
01:06:54est ouvert à égalité de titres et de conditions
01:06:57aux hommes et aux femmes.
01:06:59Je vous remercie.
01:07:01Merci beaucoup, Madame la vice-présidente.
01:07:18Chers tous, notre reconstitution est désormais terminée.
01:07:22Je voudrais qu'ensemble, nous remercions très chaleureusement
01:07:25pour leur interprétation.
01:07:26Madame Catherine Salvia,
01:07:28qui a interprété,
01:07:29Olympe de Gouges,
01:07:30Jacqueline Tompatneau,
01:07:32Germaine Tansot-Capli,
01:07:34Germaine Perrol et Madeleine Braun.
01:07:37Laetitia Edo,
01:07:38qui a interprété,
01:07:39Mathilde Gabriel-Péry,
01:07:42Edith Cression,
01:07:43Christine Lagarde et Christiane Taubira.
01:07:46Et Elsa Zilberstein,
01:07:48qui a interprété,
01:07:49Simone Veil,
01:07:50Michel Alliomari,
01:07:51Gisèle Halini
01:07:52et Jeanne De Roi.
01:07:58Je remercie aussi nos députés perturbateurs,
01:08:01comme en vrai,
01:08:02Philippe Dussault
01:08:03et Sébastien Duchange.
01:08:05Applaudissements
01:08:13Lors de mon discours d'élection au Perchoir en juin 2022,
01:08:18je revenais sur ce long chemin,
01:08:21ce chemin sinueux qui fut celui de l'égalité entre les femmes et les hommes.
01:08:26On le sait peu,
01:08:27mais la Chambre des députés entre 1919 et 1936 a voté à six reprises,
01:08:33dont la dernière fois a l'unanimité en faveur du suffrage féminin.
01:08:38Pourtant, le Sénat a systématiquement bloqué cette réforme,
01:08:42soit en votant contre,
01:08:44soit en refusant de l'inscrire à l'ordre du jour.
01:08:46La France fut donc l'un des derniers pays d'Europe occidentale,
01:08:51dix ans après la Turquie,
01:08:53à octroyer enfin le droit de vote aux femmes.
01:08:55C'était l'ordonnance du 21 avril 1944.
01:08:59Il aura enfin fallu attendre 1967 pour qu'une femme,
01:09:04Marie-Madeleine Dienesch,
01:09:07devienne présidente d'une commission permanente.
01:09:111986 pour qu'une femme, Denise Cacheux,
01:09:14soit élue à la questure.
01:09:16Et je salue la présence de la première questeur à l'Assemblée nationale,
01:09:21Madame Christine Périsbonne,
01:09:23qui est avec nous aujourd'hui.
01:09:30En 1999, pour que soit créée une délégation dédiée aux droits des femmes,
01:09:35et 2022, pour que le président de l'Assemblée nationale soit une présidente.
01:09:42233 ans d'attente.
01:09:44C'est à ces grandes luttes, portées par des grandes voix,
01:09:47que nous avons voulu rendre hommage aujourd'hui.
01:09:50Nous avons parlé du passé, mais ne l'oublions pas.
01:09:53Ce combat pour l'égalité, pour la parité, est toujours à mener.
01:09:58Il est toujours devant nous.
01:10:00Ce combat, l'Assemblée nationale que je préside l'a encore mené récemment,
01:10:04en instaurant un scrutin de liste paritaire aux élections municipales
01:10:08dans les 25 000 communes de France qui n'en faisaient pas l'objet.
01:10:15Cependant, tout ne passe pas par la loi.
01:10:17Il faut aussi changer les consciences et les cœurs.
01:10:20Et cette mobilisation nécessite une action résolue
01:10:23pour rendre visibles les femmes dans l'espace public.
01:10:27C'est pourquoi nous avons donné la parole aux femmes aujourd'hui
01:10:30dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
01:10:33C'est pourquoi nous avons donné à un bâtiment
01:10:36le nom d'Olympe de Gouges
01:10:39et installé un buste de Simone Veil dans nos jardins.
01:10:42C'est pourquoi nous avons aussi doublé depuis 2022
01:10:45le nombre de plaques commémoratives
01:10:47honorant des femmes dans cet hémicycle.
01:10:49Deux en l'honneur de Madeleine Braun et de Germaine Perrol
01:10:53et deux en l'honneur de Mathilde Gabrielle Péry
01:10:55et de Germaine Poinceau-Chappuy.
01:10:57Alors, je terminerai cette séance exceptionnelle
01:11:01en m'adressant aux jeunes filles et aux femmes
01:11:02qui sont présentes dans cet hémicycle avec nous.
01:11:05N'attendez pas tout de la loi, de l'État.
01:11:09C'est aussi à vous, à vous d'oser vous engager, de foncer.
01:11:14On dit que la fortune sourit aux audacieux, c'est vrai.
01:11:18Mais elle sourit surtout aux audacieuses.
01:11:21Je vous remercie.
01:11:22Applaudissements
01:11:27Merci.
01:11:54Applaudissements.
01:12:35Merci à tous, très belle journée et soyez des audacieuses.
01:13:06Applaudissements.
01:13:10C'est le traité de Rome.
01:13:11On avait fait fêter l'anniversaire des questions au gouvernement et on s'est dit que cette
01:13:15année, ça serait bien de mettre les femmes à l'honneur.
01:13:17Et ce qui était extraordinaire, c'est de voir l'actualité de certains discours qui
01:13:21pourraient être prononcés encore aujourd'hui.
01:13:24Et puis, il y avait un côté un peu émouvant de donner la parole à des femmes qui se sont
01:13:29battues mais qui n'ont jamais réussi à monter à la tribune.
01:13:33On pense évidemment à Olympe de Gouge.
01:13:35On pense à Jeanne Derouin et je trouve que leur rendre justice aujourd'hui, c'était
01:13:40vraiment très émouvant beaucoup de femmes qu'on a entendu elles ont porté des avancées majeures
01:13:45pour les droits pour les libertés pour l'égalité est ce qu'il y en a eu une en particulier
01:13:50une femme
01:13:50qui vous a marqué plus que les autres dont le combat résonne encore en vous aujourd'hui je
01:13:55pense que c'est jeanne de rouen justement qui était la première à se lancer pour des élections
01:14:01législatives à un moment où il n'y avait pas de droit pour les femmes n'y avait pas d
01:14:05'égalité et
01:14:06elle a dit moi j'y vais moi je me lance et donc elle a été la première audacieuse finalement
01:14:11et
01:14:12tout vous rappelle un peu vous peut-être d'elle et ça effectivement ça me rappelle un peu et c
01:14:17'est ce
01:14:17que j'ai dit aux jeunes filles soyez des audacieuses n'attendez pas tout des autres n'attendez pas tout
01:14:24de la loi n'attendez pas qu'on vous tende la main allez-y foncez et c'est à ce
01:14:29prix là que l'on
01:14:30peut mener de beaux combats et qu'on peut surtout avoir de grandes conquêtes dernière question toutes
01:14:34ces femmes elles ont marqué l'histoire en s'imposant dans un monde très masculin mais
01:14:39le combat pour l'égalité il est encore loin d'être gagné aujourd'hui en en 2026 comment
01:14:44faire en sorte que les femmes accèdent davantage aux responsabilités en politique alors en politique
01:14:48on a adopté tout un corpus législatif et c'était nécessaire et maintenant on a été je crois au bout
01:14:55on a un arsenal complet qui favorise la parité et donc maintenant eh bien il faut cette audace pour oser
01:15:01se présenter mais surtout surtout oser prendre la première place les femmes ne sont pas condamnées
01:15:07à être vice quelque chose vice présidente à être première adjointe à être sur un strapontin nous
01:15:13avons l'égalité et cette égalité elle doit s'exercer à toutes les fonctions donc allez-y
01:15:19osez et soyez les premières merci beaucoup yael brompivet d'avoir accepté de répondre à nos
01:15:24questions et merci à vous de nous avoir suivi très bonne suite de programmes sur lcp
01:15:27et merci
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