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  • il y a 3 heures
Vendredi 17 avril 2026, retrouvez Amaury Dufay (Chargé d'études spatiales & responsable pôle Espace, Institut d'études de stratégie et de défense), François Buffenoir (Directeur Technique, Way4Space), Numa Isnard (Avocat spécialisé en droit spatial, Space Avocat) et Thomas Ferrero (Président, MEOSS) dans SMART SPACE, une émission présentée par Cécilia Severi Gay.

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Transcription
00:12Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Space, à qui appartient la Lune ?
00:17C'est la question qu'on va poser cette semaine à notre avocat Numa Esnar, fondateur de Space Avocat,
00:22pour l'actu spatiale juridique.
00:24Et puis on va parler propulsion nucléaire spatiale, c'est le nouveau fer de lance de la NASA,
00:29défendu par Jared Isaacman et soutenu par la Maison Blanche,
00:33qui vient tout juste de donner son feu vert pour relancer le développement de cette technologie.
00:38On va en parler avec nos invités.
00:40Et puis ensuite on conclura avec votre séquence, avec le Space for Climate Observatory.
00:45On va découvrir ensemble une solution de gestion de l'eau grâce à la donnée par satellite.
00:51Voilà pour le programme, on démarre tout de suite sur Bsmart.
00:59L'actualité spatiale dans l'œil de notre expert juridique Numa Esnar, fondateur de Space Avocat.
01:05Bonjour Numa.
01:06Bonjour Cécilia.
01:06Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
01:08Alors la Lune, on parle de la Lune aujourd'hui, on l'a vu sous tous les angles, grâce au
01:12programme Artemis.
01:14Et on en redemande d'ailleurs, on a adoré suivre ce programme assez passionnant.
01:17Mais du coup, on s'est posé une idée ici, une question ici à la rédaction.
01:22À qui appartient la Lune ?
01:24Écoutez Cécilia, une fois n'est pas coutume, un avocat va vous répondre directement.
01:28Il appartient à monsieur Dennis Hope, citoyen américain, qui a une société qui s'appelle The Luna Registry.
01:35Et donc il a revendiqué la propriété de la Lune et il vend, à qui il veut, des parcelles de
01:43terrain.
01:43Ça paraît complètement fou ce que vous me dites.
01:44Donc vous me dites que la Lune appartient à un vendeur de voitures ?
01:46Alors, un petit disclaimer, c'est ce qu'il prétend.
01:50Après, est-ce que c'est la réalité juridique ?
01:51On va justement profiter de ces quelques minutes ensemble pour essayer de décortiquer un peu ça.
01:56Remettons un peu le contexte.
01:57Alors Dennis Hope, dans les années 80, c'est vraiment le film hollywoodien, la comédie hollywoodienne à l'ancienne.
02:03C'est un vendeur de voitures d'occasion en Californie qui a besoin d'argent,
02:06parce que je crois qu'il a un divorce un petit peu compliqué.
02:09Et il se penche sur les questions spatiales.
02:11À l'époque, c'était très à la mode, il y avait effectivement le Space Shuttle, etc.
02:15Et il se rend compte, en lisant l'article 2, très précisément, du traité de l'espace de 1967,
02:23il se rend compte que l'appropriation nationale de l'État est interdite.
02:26Les États ne peuvent pas dire « la Lune est à moi », ne peuvent pas dire « Jupiter est
02:29à moi ».
02:30Mais en revanche, c'est vrai que littéralement parlant, il n'y a rien qui est précisé sur les individus.
02:35Alors, bien évidemment, un bon américain, très procédurier, il prend sa plume et il écrit au secrétariat général des Nations
02:42Unies, quand même.
02:44Il écrit aussi à l'Union soviétique et au gouvernement américain, donc vraiment les grands ténors du spatial de l
02:48'époque.
02:49Il leur dit, voilà, il leur explique son interprétation.
02:53Il leur dit, finalement, qu'il peut revendiquer la propriété du système solaire.
02:57Et qu'à défaut de réponse sous un mois, il considéra que son interprétation est validée.
03:03Bien évidemment, personne ne répond à son courrier, vous imaginez bien.
03:07On se dit un illuminé, quoi.
03:09Un illuminé, et dans son esprit, silence valant, consentement.
03:13Il va créer, effectivement, le Lunar Ambassi.
03:15Il va littéralement faire un cadastre officieux de la Lune.
03:18Et il va vendre, hectare par hectare, jusqu'à, je crois, quasiment 12 millions de dollars de chiffre d'affaires.
03:2312 millions de dollars, est-ce que c'est un génie ou est-ce qu'il révèle, voilà, une faille
03:28véritable ?
03:30Est-ce qu'il y a eu des conséquences de tout ça ?
03:31Alors, il y a quelque chose d'assez intéressant, c'est qu'il s'est basé, d'abord, sur une
03:36loi qui est américaine.
03:37Il s'est basé sur quelque chose qui est assez ancien, qui date du 19e siècle, qui s'appelle le
03:40Homestead Act,
03:41qui, grosso modo, considérait que tous les territoires non encore incorporés en État, tout l'Ouest américain,
03:47eh bien, on pouvait, alors, sous certaines conditions, revendiquer un terrain.
03:51Il n'y avait pas de maître, il n'y avait que l'État fédéral.
03:53Mais c'est là où il y a une nuance de taille.
03:58On est sur une loi américaine, qui dit américain, dit souverain.
04:01Or, sur la Lune, il n'y a, à l'heure actuelle, en tout cas, pas de souverain.
04:05Et le traité de l'espace précise bien qu'il n'y a pas d'appropriation nationale possible.
04:10Exactement, il n'appartient à personne et il n'est pas susceptible, surtout, d'appropriation.
04:13On l'a d'ailleurs vu au niveau des droits nationaux.
04:17Prenez, par exemple, le droit américain.
04:18Lorsqu'en 2017, il y a eu une règle qui est venue moderniser un petit peu le droit national
04:23et qu'on a commencé à autoriser l'utilisation des ressources spatiales,
04:27le droit américain s'est bien gardé d'ouvrir la boîte de Pandore
04:31et a écrit expressément dans les textes qu'on pouvait utiliser les ressources
04:36mais qu'on ne pouvait en aucun cas assimiler ça à une revendication de souveraineté
04:39ou à un acte de propriété des terrains, entre guillemets, concernés.
04:44Mais en tout cas, il y a ce business qui a plus prospéré,
04:48qui prospère encore puisque le site est toujours actif.
04:51C'est vrai, donc il y a encore des gens qui se font avoir et qui payent
04:55pour acheter une parcelle de terrain sur la lune.
04:57Au nom de la science et pour Smart Space, on a essayé.
05:00Pour l'instant, j'attends toujours mon certificat.
05:01Donc la prochaine fois, peut-être que je vous l'amènerai.
05:03Et combien ça coûte ?
05:04Ça coûte à peu près 20 dollars.
05:05Alors vous avez même, carrément, je crois, Pluton qui est à vendre pour 250 000 dollars.
05:09C'est peut-être une affaire remarquée.
05:11C'est peut-être le moment d'investir.
05:12C'est peut-être le moment d'investir.
05:13On va en parler à nos amis de l'investissement sur Bsmart.
05:17Il y a peut-être un coup à jouer.
05:19L'idée, c'est quoi ? C'était de se rendre compte
05:22que c'est complètement flou, la législation sur le sujet.
05:26Mais ça met en lumière un cas pratique et il y en a eu d'autres avant.
05:29Il y a effectivement eu d'autres, on peut appeler ça éliminé,
05:32ou en tout cas d'autres lecteurs attentifs du droit spatial
05:35et d'autres critiques du droit spatial.
05:36Il y a eu notamment un précurseur chilien.
05:38Alors pour le coup, c'est un confrère.
05:41Ce qui est intéressant, c'est que lui est arrivé avant les traités spatiaux.
05:45On parle vraiment des années 50.
05:47Et si vous voulez, lui, c'est une raison encore plus prosaïque
05:49que le financement du divorce de M. Hope.
05:51C'était l'accès à un club privé.
05:54Et le péage pour entrer dans ce club privé,
05:56c'était de montrer qu'on était propriétaire d'un bien.
05:59Alors lui, il n'en avait pas.
06:00Donc il est allé voir son notaire.
06:01Et son notaire s'embranchait à rédiger un acte de propriété de la Lune.
06:06C'est fantastique.
06:06Et il y a quelque chose d'assez romantique, puisque lorsque ce monsieur est décédé,
06:10il a légué au peuple, à son peuple, de son pays.
06:13Il a légué la propriété de la Lune.
06:15Donc là, le Chili pourrait revendiquer la Lune.
06:18Alors, en tout cas, je pense que vu qu'il est signataire, en tout cas de mémoire,
06:21je crois qu'il est signataire de l'OST, du traité de l'espace,
06:24je pense qu'il se gardera bien de le faire.
06:26Mais ça montre bien, comme vous l'avez dit de dire,
06:29ce petit décrochage qu'il y a au niveau juridique,
06:31cette confusion qu'on a finalement entre un traité qui s'adresse à des États
06:35et puis une arrivée de plus en plus importante d'acteurs non étatiques.
06:40Puisque effectivement, jadis, c'était des armées,
06:42c'était des organisations internationales.
06:44Et là, maintenant, vous avez des entreprises privées,
06:46peut-être même des particuliers.
06:47Des individus bien ou pas intentionnés.
06:52Vous avez dit que les États ne pouvaient pas déclarer la propriété de la Lune ?
06:57Malgré, alors même si on voit que, par exemple, on peut en parler à la fin,
07:01mais il y a les accords artémistes qui commencent à soulever ces questions-là
07:04une fois qu'on est sur un territoire, qu'on l'a exploré, etc.
07:07Mais aujourd'hui, un État ne peut pas dire « là-bas, c'est chez moi ».
07:10Alors, un État ne peut pas dire « là-bas, c'est chez moi ».
07:12D'un point de vue juridique, non.
07:14Alors après, il y a aussi la réalité.
07:16Malheureusement, l'actualité nous le montre tous les jours.
07:18Il y a la réalité des conflits, la réalité de la force armée et de l'influence aussi
07:20que vous pouvez avoir.
07:22On parlera justement à la fin des accords artémistes.
07:25Il y a peut-être un précédent qui est intéressant à noter,
07:27c'est la déclaration de Bogota dans les années 70.
07:31Et là, c'était huit pays équatoriaux qui avaient finalement décidé
07:35d'essayer de ne pas s'accaparer, mais en tout cas de déclarer
07:39un certain privilège sur l'orbite géostationnelle.
07:42Il ne faut pas oublier que, surtout à l'époque, l'orbite géostationnelle
07:44était en orbite absolument critique, parce qu'il y avait tous les satellites
07:47de communication qui étaient très utilisés, notamment pour la télévision, etc.,
07:52qui passaient par là.
07:53Et donc, ils ont essayé de se ménager à une espèce de monopole,
07:57de préempter, exactement.
07:58Oui, ce qu'on aurait voulu faire à Elon Musk pendant cette bataille,
08:02on va dire, avec Bezos, parce que vous l'avez dit,
08:05c'est très demandé l'orbite géostationnaire,
08:07et l'orbite basse aussi.
08:09C'est la même question aujourd'hui qui revient, en fait.
08:11C'était déjà une guerre d'orbite à l'époque,
08:13et ils ont essayé de trouver une solution originale.
08:15Absolument.
08:15Là, vous aviez des États qui n'avaient pas forcément de présence spatiale
08:18et qui ont essayé de gêner, finalement, des puissances spatiales
08:21qui, elles, occupaient cette orbite.
08:23Et puis là, vous avez effectivement maintenant l'aspect un peu inverse.
08:25Vous avez des entreprises privées qui monopolisent de facto
08:28un orbite qui, pourtant, n'est pas susceptible d'appropriation,
08:31mais par les États.
08:32C'est là où, effectivement, vous avez un petit peu ce clivage-là.
08:35Alors, bien sûr qu'on démonte au niveau juridique.
08:37Personne ne va vraiment croire que le terrain sur la Lune
08:41ou l'orbite basse peut faire l'objet d'un titre de propriété
08:43que vous allez léguer à vos enfants.
08:45Parce qu'il ne faut pas oublier une chose, c'est que le titre de propriété,
08:48il existe parce que vous avez un système juridique.
08:50Il vient d'ailleurs le reconnaître.
08:52Ce système juridique, il est forcément national
08:54puisqu'on revient toujours à cette notion de souveraineté.
08:56C'est le souverain national qui vous octroie le droit
08:59par l'intermédiaire de son propre droit,
09:01de code civil en France, de jouir de votre bien.
09:04C'est exactement quand on achète des étoiles.
09:06Ça se voit beaucoup.
09:06C'est le même principe.
09:08On achète un droit de propriété, un beau tableau, etc.
09:10En réalité...
09:11J'ai un joli PDF, un document sur un joli papier.
09:14C'est les NFT qui sont de retour, en fait.
09:16J'ai vu également, il y a également maintenant des...
09:18Parce que bien évidemment,
09:19M. Aup est non seulement un observateur du droit spatial,
09:22mais aussi un observateur du droit de la propriété intellectuelle.
09:24Bien sûr.
09:24Il avertit notamment ses utilisateurs et ses clients
09:29de contre-facteurs.
09:30Il y a effectivement des sociétés concurrentes
09:32qui maintenant appèrent ça avec la blockchain.
09:36Avec la valeur que ça a au niveau juridique.
09:38On a dit, les accords Artemis sont en train de s'approcher
09:42un petit peu de ce flou juridique
09:43et d'imposer peut-être une ligne à suivre
09:46qui serait menée par les Américains
09:47et leur vision du monde.
09:49Alors, les accords Artemis,
09:50effectivement, on en a parlé lors de notre dernière entrevue,
09:52mais c'est vrai que c'est un peu le liant
09:54qui vient poser une question,
09:56et là, de manière beaucoup plus critique
09:58et de beaucoup plus réaliste
09:59que ce qu'a pu faire M. Aup dans les années 80.
10:01Là, vous avez véritablement un État
10:03qui organise par la pratique
10:06une occupation, entre guillemets, d'un astre
10:09et avec notamment cette notion très particulière
10:13et c'est elle qui, finalement, vient faire
10:14un petit peu passer de l'autre côté,
10:15c'est la notion des safety zones.
10:17Parce que là, quand vous avez un territoire
10:19qui est délimité,
10:21vous vous rapprochez vite de la notion de souveraineté.
10:23D'ailleurs, si je reviens à l'exemple de M. Aup,
10:25on voit qu'il a subi des cours
10:27parce qu'au début, il était juste vendeur de terrain
10:30et là, maintenant, on va plus dans le délire,
10:32mais il s'est proclamé président
10:33d'un gouvernement intergalactique
10:34qui a sa propre constitution.
10:35Donc, on voit bien que lui a lui-même compris
10:38qu'il y avait une limitation
10:39à ce genre de choses
10:40et que ça, c'était la souveraineté.
10:42Et là, si on revient sur des choses plus sérieuses,
10:44les accords Artemis
10:45viennent poser effectivement cette question.
10:47Comment va se passer la cohabitation
10:49au sein de ces safety zones ?
10:50Et effectivement, des ressources lunaires
10:52qui vont être puisées,
10:53qui vont être transformées
10:54au sein d'une safety zone,
10:55vont-elles jouir dans le droit de propriété ?
10:57Et effectivement, si une entreprise
10:58ou si une entité
10:59peut se fixer sur une safety zone,
11:01va-t-elle avoir un droit d'y rester ?
11:03Comment ça va se passer ?
11:04Alors, on retient qu'il faut définitivement
11:05se méfier des vendeurs de voitures
11:07quand on les rencontre.
11:09Merci, Numan Star,
11:10d'avoir pris le temps
11:11de nous présenter ce sujet,
11:12ma foi, complètement loufoque,
11:15sur Bismarck.
11:15Aujourd'hui, on enchaîne,
11:16quant à nous,
11:17avec le Space Talk sur Bismarck.
11:23Faire du nucléaire spatial
11:25un levier pour aller plus vite
11:27et plus loin dans le système solaire,
11:29notamment vers Mars,
11:31c'est l'idée forte qu'a relancé
11:32Jared Isaacman,
11:34le patron de la NASA.
11:35Depuis, la Maison-Blanche
11:36a publié une directive
11:37qui autorise les recherches
11:39et incite la NASA
11:40à s'entourer même
11:41de partenaires privés
11:42pour poser les premiers jalons
11:45de l'aventure nucléaire spatiale
11:46sous l'air de Jared Isaacman.
11:48On verra ensemble
11:49que ce n'est pas si nouveau
11:50que ça, cette recherche technologique.
11:52Pour en parler avec nous
11:53en plateau, Amory Duffet,
11:55chargé d'études à l'Institut d'études
11:57et de stratégie et de défense
11:59et doctorant à l'Université de Lyon.
12:01Bonjour, Amory.
12:02Bonjour, Cécilia.
12:03Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
12:05On a avec nous aussi,
12:07à distance, François Buffenoir.
12:09Bonjour, directeur technique
12:10de WayFor Space.
12:13Bonjour, Cécilia.
12:14Bonjour, Amory.
12:15Réveille d'être avec vous.
12:17Alors, est-ce qu'on est en train
12:18d'assister véritablement
12:20à une révolution
12:21de l'exploration spatiale
12:22ou alors, on peut se poser la question,
12:25est-ce que c'est une ambition
12:26encore complètement hors de portée ?
12:30Alors, en ce qui concerne,
12:31en tout cas, la propulsion nucléaire,
12:33je pense, en tout cas,
12:34qu'on est sur le bord, effectivement,
12:35d'une petite révolution
12:37dans le sens où, jusqu'à présent,
12:40c'était essentiellement
12:40des recherches de prototypage,
12:42de recherche et développement.
12:44Et là, clairement,
12:45Jared Isaacman a annoncé sa volonté,
12:48de franchir le cap
12:49tout simplement du démonstrateur
12:51opérationnel en orbite.
12:53Donc, de ce point de vue-là,
12:54oui, je pense qu'effectivement,
12:55on est, en tout cas,
12:58à un nouveau stade
13:00de la propulsion nucléaire.
13:01Ça, c'est sûr.
13:02François Buffenoir,
13:03on se rapproche de la réalité ?
13:05Alors, pour rebondir
13:06sur ce que vient d'avoir la nourriture,
13:07oui, ce qui est très intéressant,
13:07c'est que, effectivement,
13:09Jared Isaacman donne
13:10un cas d'application précis
13:11et un objectif,
13:13c'est, comme il l'a dit,
13:14on quitte un peu la recherche
13:15avec un cas d'application
13:16un peu plus concret,
13:17une approche aussi
13:18un peu plus incrémentale,
13:19puisqu'il parle de ce projet
13:21dont on va parler,
13:22Freedom FR1,
13:23avec d'abord le réacteur
13:24et ensuite la propulsion.
13:25Et je pense qu'il est intéressant aussi,
13:28mais on va sûrement discuter,
13:29c'est le choix,
13:30qui est la propulsion nucléaire électrique,
13:32parce qu'elle présente,
13:33par rapport à nos techniques
13:35et la propulsion nucléaire thermique,
13:37d'avoir une forte communalité
13:39avec les réacteurs de surface.
13:41Et comme pour l'exploration lunaire,
13:43comme en début du mois de mars,
13:45Jared Isaacman a dit
13:46que le programme Artemis
13:47allait plus rapidement
13:48vers l'installation
13:49d'une base lunaire,
13:50on discutera,
13:51mais il y a des besoins d'énergie
13:52assez fort pour faire vivre
13:53des gens dans les nuits lunaire,
13:55etc.
13:55Vient l'idée d'un réacteur de surface
13:57et la technologie
13:58d'un réacteur de surface
13:59et les technologies d'un réacteur
14:01pour un moteur nucléaire électrique
14:02sont extrêmement proches.
14:04Donc cette énergie-là
14:05est aussi intéressante
14:06et rend, je pense,
14:07plus crédible.
14:08Il faut savoir
14:09que les programmes américains
14:10sont soumis au cycle
14:10de décisions politiques,
14:12mais ça rend quand même
14:13l'affaire plus crédible.
14:14Il y a une anticipation
14:15à Maury déjà
14:16pour les futurs jalons.
14:17Et donc la Maison-Blanche
14:18a donné son go,
14:20officiellement,
14:20il y a quelques jours.
14:21Sous quelles conditions exactement
14:23et dans quel cadre ?
14:24Alors, effectivement,
14:27déjà, pour rebondir
14:27un petit peu sur ce que dit François,
14:29en fait, pour la NASA
14:30et en particulier
14:31Jared Isaacman,
14:31ça permet de faire
14:32une pierre deux coups.
14:33Parce que comme l'a très bien
14:34dit François,
14:34il y a une perméabilité
14:36technologique
14:36entre les technologies
14:37pour une base lunaire,
14:38donc l'alimentation électrique
14:39d'une base lunaire,
14:40et après la propulsion
14:41pour aller, par exemple,
14:43vers Mars.
14:43Le démonstrateur,
14:44il vise Mars,
14:45Space Reactor One Freedom,
14:47il vise Mars.
14:48Et alors,
14:49à quelles conditions ?
14:50Eh bien,
14:51ce qui est intéressant
14:52de voir
14:52dans cette nouvelle directive
14:53de l'administration Trump,
14:56c'est qu'il mise vraiment
14:57sur une rationalisation
14:58des efforts.
14:59c'est-à-dire qu'il y a déjà
15:01une meilleure utilisation
15:03des ressources déjà engagées,
15:04puisque le projet
15:05va s'appuyer beaucoup
15:06sur des développements
15:07déjà engagés
15:08depuis de nombreuses années,
15:09voire réutiliser
15:10des pièces déjà construites.
15:11C'est pas nouveau, en fait,
15:12la propulsion nucléaire spatiale.
15:14C'est ça qu'il faut dire
15:14aux gens qui nous regardent.
15:15Il y a déjà des projets
15:17qui ont été lancés.
15:17D'ailleurs, en 2021,
15:19il y avait le projet Draco
15:20qui avait été lancé.
15:22Donc, en fait,
15:22l'idée, c'est quoi ?
15:23D'aller déterrer les plans
15:25déjà produits ?
15:26Alors, pas exactement.
15:28L'idée, c'est plutôt
15:29de mettre en commun
15:30et mutualiser les besoins,
15:31les ressources
15:32et aussi les responsabilités,
15:34en fait,
15:34entre le département
15:35de la défense,
15:36le département
15:38de l'énergie
15:40et la NASA.
15:41Et donc, effectivement,
15:43c'est un projet ancien.
15:45Il ne s'agit pas vraiment
15:46de déterrer
15:47les anciens projets.
15:48Vous avez parlé de Draco.
15:50Mais, en fait,
15:51en réalité,
15:52voilà, en fait,
15:53il s'agit vraiment
15:54de s'inscrire
15:54dans la continuité
15:55des développements
15:56qui ont déjà été annoncés
15:57en 2021
15:59et voilà,
16:00par la seconde administration.
16:01Alors, on a vu à l'image
16:02les centres Voyager
16:03qui fonctionnaient aussi
16:04avec une technologie nucléaire.
16:06Là, ce n'est pas la même chose.
16:07On parle d'aller faire décoller
16:08une fusée
16:10avec des êtres humains
16:11à l'intérieur
16:11grâce à cette technologie.
16:13François Biffenoir,
16:13à quel point c'est réaliste,
16:15compatible avec des enjeux
16:16de sécurité ?
16:19C'est précis,
16:20effectivement,
16:21ce que vous avez montré
16:22à ce nouveau Voyager 1
16:22a ce qu'on appelle
16:23un RTG,
16:24un générateur radioisotope
16:26qui produit de l'électricité
16:28par décomposition
16:29d'un radioisotope.
16:30Donc, c'est une quantité
16:32d'électricité assez faible
16:33mais qui est extrêmement longue
16:35puisqu'on a la demi-durée
16:36de vie d'un isotope.
16:37Donc, on peut avoir de l'énergie
16:38pendant des dizaines
16:39et des dizaines d'années.
16:40Mais, comme je disais,
16:41l'énergie est quand même
16:42extrêmement faible.
16:43C'est de pouvoir alimenter
16:44quelques watts.
16:46En fait, l'architecture
16:48qu'a présentée la NASA,
16:49c'est autour vraiment
16:50de la conquête lunaire
16:51d'Artemis
16:52pour faire vivre
16:53quatre personnes,
16:53on va dire,
16:54une première base sur la Lune.
16:55En gros, c'est entre 10
16:56et 40 kilowatts
16:57qu'il faut.
16:58Et ça, c'est exactement
16:59le programme,
17:00un programme,
17:01comme vous l'avez dit,
17:01qui existait avant,
17:02FSP,
17:02Fish and Surface Power.
17:04Et l'avantage,
17:05c'est que cette dizaine
17:08de kilowatts
17:08ou vingtaine de kilowatts,
17:09c'est aussi l'objectif
17:10du premier objectif
17:11que s'est donné la NASA
17:13pour le SR1,
17:14dont on parlait Amaury.
17:15Et comme disait donc Amaury,
17:16ça permet d'utiliser
17:17les prises existantes
17:18et d'y aller progressivement
17:20pour arriver au bout.
17:21On ne parle pas quand même
17:22de faire décoller
17:23avec une fusée
17:24avec un réacteur nucléaire.
17:25Ça, c'est impossible.
17:27La densité d'énergie
17:29fait que ça restera
17:30la fusée de Tintin
17:31décolle avec un moteur nucléaire,
17:33mais ça restera dans Tintin.
17:34Ce sera toujours
17:35de la propulsion chimique.
17:36Non, le principal inconvénient,
17:39si vous voulez,
17:39c'est d'amener
17:40la matière radioactive
17:41en orbite
17:42et effectivement,
17:44les problèmes
17:45que se peut avoir
17:45sur un échec au lancement
17:47ou alors,
17:48en retour,
17:49quand il y a eu la sonde
17:50Cassini-Huygens
17:50qui est partie,
17:51elle devait faire
17:52ce qu'on appelle
17:53un flyby,
17:54je cherche le nom en français,
17:55mais l'assistance gravitationnelle,
17:57repasser autour de la Terre
17:58pour faire
17:59une assistance gravitationnelle,
18:00avec un radioisotope,
18:02donc s'approcher
18:03de l'atmosphère,
18:04assez loin,
18:05mais pour les gens,
18:06à l'époque,
18:06c'était un peu effrayant,
18:08il y a eu des accidents
18:09de réacteurs russes
18:11qui étaient...
18:11Oui, oui, oui,
18:12il y a eu des accidents
18:13de réacteurs russes
18:14qui sont désintégrés
18:16dans l'atmosphère.
18:17Donc,
18:18il y a...
18:19la sécurité au lancement
18:21est effectivement
18:22un des facteurs clés
18:24qui fait qu'aujourd'hui,
18:28depuis quelques...
18:29à part les missions
18:30qu'ils nécessitaient
18:31vraiment comme persévérance,
18:32ça avait été un peu
18:33laissé de côté,
18:33le nucléaire,
18:35mais aujourd'hui,
18:35on a quand même
18:36des lanceurs
18:36d'une fiabilité
18:38assez certaine.
18:39Il y a des méthodes,
18:39on en discutera,
18:40comme activer la matière
18:41qu'une fois qu'elle est en orbite,
18:43des choses comme ça,
18:44mais ça reste quand même
18:45un verrou essentiel.
18:48D'ailleurs,
18:49c'est important de préciser
18:50que ça rajoute peut-être
18:51une contrainte,
18:52vous allez me dire,
18:52mais la NASA a demandé
18:54à ce que cette technologie
18:55qui sera développée,
18:56elle soit compatible
18:56avec les lanceurs existants.
18:59Oui, tout à fait.
19:00Alors, en l'occurrence,
19:01ça ne va pas poser
19:02énormément de problèmes,
19:03hormis sur le fait,
19:04comme l'a dit François,
19:05peut-être sur le plan réglementaire,
19:07puisqu'il va falloir,
19:08en fait,
19:08voilà des procédures.
19:09D'ailleurs,
19:11la directive
19:12de l'administration Trump
19:13appelle justement
19:14à une fusion,
19:15à une unification
19:16et à une rationalisation
19:18du cadre normatif.
19:19Et effectivement,
19:21ça va faire appel
19:22à des lanceurs
19:22qui vont être extrêmement fiables.
19:23Donc, on imagine,
19:24par exemple,
19:24la Falcon 9 de SpaceX,
19:26peut-être la Vulcane du Hela,
19:27ou alors peut-être encore
19:29la fusée de Blue Origin,
19:30la New Glenn.
19:31Voilà.
19:32Et ensuite,
19:32c'est une question d'orbite,
19:34puisqu'il y a un certain nombre
19:36de règles internationales
19:38qui, en fait,
19:39disposent de l'impératif
19:41de mettre les réacteurs
19:42sur des orbites
19:43qui, en fait,
19:43ne les exposent pas
19:44à des rentrées atmosphériques
19:45à risque.
19:45Alors, l'objectif concrètement,
19:47c'est quoi ?
19:47Pourquoi on se tourne aujourd'hui
19:48vers cette technologie-là ?
19:50Vous avez dit, François,
19:52que c'est aussi pour pérenniser
19:53une station lunaire.
19:55On parle d'aller aussi
19:55plus loin avec Mars.
19:59Qu'est-ce que ça change
20:00de choisir cette solution
20:02plutôt qu'une autre ?
20:02Est-ce que ça peut
20:03véritablement accélérer
20:04cette course vers Mars
20:06que est en train de mener
20:08les États-Unis
20:09de front avec la Chine ?
20:10À dire vrai,
20:11en fait,
20:11la propulsion nucléaire
20:12permet de résoudre
20:13un problème des fusées chimiques
20:15qui est que tout simplement
20:16pour aller très loin,
20:18pour accélérer énormément,
20:19vous avez besoin
20:19de beaucoup de carburant.
20:20L'avantage de la propulsion nucléaire,
20:22c'est qu'elle permet
20:22d'utiliser le carburant
20:23plus efficacement.
20:25Donc, ça veut dire
20:26qu'avec la même quantité
20:27de carburant,
20:27vous pouvez faire
20:28plus de manœuvres.
20:29Et la propulsion nucléaire électrique,
20:31du coup,
20:32même si elle va être
20:33très lente
20:34dans son accélération,
20:35en fait,
20:35va permettre
20:36de déplacer
20:37sur de très longues distances
20:38durant de très longues périodes
20:40des charges très lourdes.
20:41Voilà,
20:42ce que, en fait,
20:42le Starship,
20:43en théorie,
20:44peut faire,
20:44mais au prix
20:45d'une quantité
20:46de carburant
20:47assez contraignante
20:48à mettre en orbite.
20:50François Buffet-Noir ?
20:51Oui, c'est ce que j'allais dire.
20:52Effectivement,
20:53il y a deux solutions
20:54pour...
20:55La principale contrainte,
20:56comme le très bien dit,
20:57c'est la quantité
20:58d'énergie disponible
20:59en orbite.
21:00Il y a deux solutions
21:00pour remédier à ça.
21:01La première,
21:02le ravitaillement en orbite.
21:03La deuxième,
21:04effectivement,
21:04c'est d'obtenir
21:05plus d'efficacité,
21:06ce qu'on appelle
21:06l'impulsion spécifique,
21:07de tirer d'un gramme
21:09de carburant.
21:10Et effectivement,
21:11c'est l'idée du nucléaire
21:12qui produit de l'énergie
21:13pendant très longtemps.
21:15Mais...
21:16Donc,
21:17c'est effectivement
21:18les deux idées.
21:19Le ravitaillement en orbite
21:20est poursuivi
21:22par Blue Origin
21:22et surtout SpaceX.
21:23Ça n'a pas encore
21:24été démontré,
21:25et il y a quand même
21:27pas mal de difficultés
21:28avant d'y arriver.
21:30Et le nucléaire,
21:32ça permet
21:35d'amener des charges
21:36plus lourdes,
21:36comme il l'a dit,
21:37mais c'est aussi
21:39manœuvrer plus longtemps.
21:40Et c'est pour ça aussi
21:42que,
21:42vous l'avez dit,
21:43dans la directive,
21:43il y a aussi
21:44le Department of Defense
21:45ou le Department of War
21:46qui intervient,
21:48car on a de plus en plus
21:50de satellites
21:50qui manœuvrent
21:51pour la défense.
21:52Et il y a même
21:53aujourd'hui
21:54ce qu'on peut appeler
21:54du jeu du chat
21:55et la souris,
21:56des satellites
21:56qui peuvent
21:59simuler des collisions
21:59ou s'approcher
22:00de satellites adversaires
22:01pour les obliger
22:02à manœuvrer
22:03jusqu'à épuisement
22:03de leur carburant.
22:04Donc,
22:05avoir un satellite
22:05qui est capable
22:06de manœuvrer
22:07ce que les Américains
22:08appellent
22:09manœuvrer
22:09without regret,
22:10c'est-à-dire
22:10je peux faire
22:11manœuvrer
22:11comme un avion de chasse
22:12finalement,
22:14est quelque chose
22:15qui devient
22:15de plus en plus intéressant
22:16et qui fait
22:16que le nucléaire aussi,
22:18par cet aspect-là,
22:19rentre dans le...
22:21Enfin,
22:21revient au bout du jour
22:22si je puis l'expliquer.
22:23D'ailleurs,
22:24c'est la DARPA
22:24qui était en collaboration
22:25avec la NASA
22:26il y a quelques années
22:27déjà pour les premiers jalons
22:29du projet Draco.
22:31Moi,
22:31ça m'étonne quand même
22:32de me dire que,
22:33voilà,
22:33dès les années 60,
22:34on a commencé à développer
22:36des projets
22:36autour de cette technologie.
22:38Est-ce qu'aujourd'hui,
22:39on y revient,
22:40mais est-ce qu'on a
22:40une possibilité
22:41d'obtenir
22:42une technologie mature
22:43pour,
22:45dans deux ans,
22:46dans trois ans,
22:47dans quatre ans ?
22:47Alors,
22:48c'est une vraie question.
22:51En fait,
22:52en termes déjà
22:52de,
22:53on va dire,
22:53de maturité technologique,
22:55on va dire que
22:56si on prend les niveaux
22:57de préparation
23:00et de disponibilité technologique,
23:01les projets des années 60
23:03étaient autour de 6,
23:04sur une échelle de 10,
23:05et là,
23:05on serait plutôt autour
23:06de 3-4,
23:07la différence étant
23:08que dans les années 60,
23:09on avait quand même
23:09construit des réacteurs
23:10qui pouvaient fonctionner
23:11longtemps,
23:11qu'on avait testés,
23:12etc.
23:15Là-dessus,
23:18ce qui est important
23:18de savoir,
23:19c'est qu'en fait,
23:20fondamentalement,
23:21les circonstances
23:21ont changé
23:22par rapport aux années 60.
23:23Dans les années 60,
23:24en fait,
23:25les réacteurs nucléaires
23:25étaient quelque part
23:26un programme
23:27qu'on gardait en réserve,
23:28en tout cas côté américain,
23:29c'est-à-dire,
23:29on se disait,
23:30si la Lune rate,
23:31en fait,
23:32on pourra continuer
23:32la course vers Mars
23:33et à ce moment-là,
23:34ça sera nécessaire.
23:35Là,
23:35aujourd'hui,
23:36les États-Unis
23:36ne sont plus dans une logique
23:37de rattrapage,
23:37ils défendent plutôt
23:38un leadership.
23:39Ce qui fait que,
23:40en fait,
23:40ils doivent se réserver
23:42toutes les technologies
23:42et, en fait,
23:44déployer une puissance
23:45d'innovation
23:46qui, en fait,
23:47fait que...
23:47Il faut tout essayer.
23:48Oui, tout à fait.
23:49Il faut tout essayer.
23:50C'est une position
23:51qui est plus maximaliste,
23:52en fait, finalement,
23:53quelque part,
23:53sur un certain nombre
23:54d'aspects.
23:55Et ce qui fait aussi
23:56que, finalement,
23:57autant,
23:57durant les années 60,
23:58la course à la Lune
23:59avait une sorte
23:59de ligne d'arrivée,
24:00finalement.
24:01Aujourd'hui,
24:01cette ligne d'arrivée
24:02est quand même
24:02un peu plus diffuse
24:03et un petit peu plus mouvante.
24:04Oui, mais parce que
24:05l'objectif est tellement loin aussi.
24:07Mars, c'est quand même
24:09un idéal d'objectif
24:10pour l'instant
24:11et c'est presque
24:12qu'un idéal
24:12parce qu'on n'a pas
24:14concrètement la maturité
24:15de poser une date claire.
24:17Il y a des dates
24:17qui sont posées
24:18par la NASA.
24:19Oui, alors,
24:20effectivement,
24:21les dates mouvantes,
24:22voilà,
24:23et je pense qu'il y a
24:24encore énormément
24:24de défis.
24:26Un de ces défis,
24:26c'est d'avoir un trajet,
24:27en fait,
24:28qui est rapide,
24:29qui expose moins
24:30les astronautes
24:31et pour ça,
24:32la propulsion nucléaire
24:33est tout indiquée.
24:33Donc, quelque part,
24:34c'est une première brique
24:35et d'ailleurs,
24:35c'est ce qui permet
24:36à la NASA
24:36de faire une pierre de coup,
24:38finalement,
24:38en développant cette technologie.
24:40Mais quelles sont
24:40les implications
24:41en matière de traités
24:42internationaux,
24:43par exemple,
24:45sur l'espace
24:46et le nucléaire ?
24:47Est-ce que ça,
24:48c'est encore...
24:49Vous avez parlé tout à l'heure
24:50d'un travail
24:51sur la réglementation.
24:53Est-ce que,
24:54d'un point de vue international,
24:56c'est compatible
24:56de vouloir développer
24:57cette technologie
24:58et de l'envoyer dans l'espace
24:59et de dire
24:59on va le faire ?
25:00C'est décidé.
25:01Il faut savoir
25:01que le droit international
25:03n'interdit que les armes
25:04de destruction massive
25:05en orbite,
25:06en tout cas,
25:06au sens vraiment littéral.
25:07Oui, mais c'est compatible ?
25:08C'est complètement compatible
25:09parce qu'en fait,
25:10l'utilisation nucléaire pacifique
25:12dans l'espace
25:13est autorisée.
25:14D'accord.
25:14Alors que cette technologie
25:15est convertible.
25:16Ah, c'est complètement dual,
25:18mais comme un certain nombre
25:18de technologies spatiales.
25:22Et la seule contrainte,
25:23en fait,
25:23c'est d'avoir des contraintes
25:24en cas de rentrée atmosphérique
25:25à risque,
25:26peut-être.
25:27François Bufenoir,
25:28il y a un avis sur ça.
25:30Alors,
25:30des réacteurs nucléaires
25:31en orbite,
25:31il y en a déjà eu,
25:33il y en a eu un
25:34par les États-Unis,
25:35un 60,
25:36mais c'est surtout les Russes,
25:36les soviétiques à l'époque
25:37qui ont mis des réacteurs
25:39hors sat avec des réacteurs
25:41bucs,
25:42il y en a eu une vingtaine.
25:42C'est l'un de ceux-là
25:43qui a d'ailleurs
25:44conduit un accident
25:45assez célèbre
25:46dans le nord du Canada
25:47parce qu'il y a eu
25:48une dispersion
25:48de matière radioactive
25:49dans l'atmosphère
25:50parce qu'il était rentré,
25:51enfin,
25:51le principe du satellite
25:53était qu'il devait éjecter
25:54son réacteur en fin de vie
25:55sur une orbite
25:56à 800 kilomètres
25:57qui ne peut jamais rentrer,
25:59enfin,
26:00800 ou 8000 mètres,
26:01enfin,
26:01une orbite où il rentrerait
26:02sur plusieurs siècles,
26:03quoi.
26:04Mais sur un exemplaire,
26:06ça a raté.
26:08Et ces accidents-là
26:10ont petit à petit
26:11aidé à construire
26:12aujourd'hui
26:12les règlements
26:13et puis le cadre
26:14dans lesquels
26:14on fait la sécurité
26:15au lancement
26:16de ce type de matériel.
26:17Mais donc,
26:18effectivement,
26:18c'était des réacteurs nucléaires
26:20pour des satellites
26:21d'observation.
26:21Comme le dit Amory,
26:22on n'est pas du tout
26:23dans des armes.
26:23C'est un réacteur,
26:26c'est une source d'énergie.
26:28Il n'y a pas...
26:28Donc,
26:29il n'y a aucun traité,
26:30je pense,
26:30qui interdit ça.
26:31Et après,
26:32je voulais quand même revenir
26:33puisque vous avez parlé
26:35du délai,
26:35de dire
26:36est-ce qu'on sera prêt
26:36dans deux ans.
26:37Il faut bien voir
26:37que quand on a parlé
26:39de manœuvrer
26:39de fortes vitesses,
26:41de delta V important,
26:42d'avoir du nucléaire
26:42pour manœuvrer beaucoup,
26:43ça,
26:44c'est plutôt
26:44la propulsion nucléaire thermique.
26:47Ce que Isaac Mann veut
26:48pour 2028
26:50ou 2030,
26:50c'est encore une fois,
26:52c'est la propulsion nucléaire électrique
26:53et ce sont des réacteurs
26:54de surface.
26:55Et là,
26:56clairement,
26:56qu'est-ce qui fait
26:57que ça peut aider ?
26:57C'est que depuis quelques temps,
26:59quand même,
26:59le réacteur nucléaire,
27:00qu'on appelle les petits réacteurs
27:01nucléaires,
27:01les SMR,
27:02c'est des choses
27:03qui existent sur Terre,
27:04qu'on développe,
27:04c'est une solution
27:05à la transition énergétique
27:06et à la baisse
27:07de disponibilité du pétrole
27:09pour avoir de l'énergie
27:10un peu partout
27:11et ces petits réacteurs
27:12ont des technologies
27:12finalement pas très différentes
27:14de ce qu'on veut faire
27:14sur la Lune
27:15et donc les programmes lunaires
27:17bénéficient des recherches
27:18comme les réacteurs
27:18à sel fondu,
27:19par exemple,
27:20pourront directement bénéficier
27:21voire même
27:22le programme lunaire
27:23comme il y a des contraintes
27:24de fonctionnement
27:26d'autonomie,
27:27de maintenance
27:28qui va être plus difficile
27:29dans l'espace,
27:30c'est aussi,
27:30c'est très niche,
27:31c'est une alimentation
27:33asymétrique,
27:33c'est beaucoup plus
27:34la recherche
27:34pour les réacteurs
27:35sur la Terre
27:36qui va alimenter
27:36la recherche
27:37sur les réacteurs spatiaux
27:38mais c'est quand même
27:38un domaine de niche
27:40financé
27:40qui va permettre aussi,
27:41il y a quand même
27:42une synergie là-dessus
27:44assez intéressante
27:45un peu comme à l'époque
27:46Apollo,
27:47il y a des choses
27:47qui ont été faites
27:48pour aller sur la Lune
27:49qui ont servi
27:49concrètement sur Terre,
27:50là sur le coup
27:51avec les réacteurs
27:52de surface
27:53sur la Lune,
27:54il y a quand même
27:54là aussi des synergies
27:55qui ne sont pas négligeables.
27:59beaucoup l'utilisation
28:00de cette technologie
28:02nucléaire électrique
28:03au service
28:04des stations lunaires,
28:05le discours de Jared Isaacman,
28:07c'est vraiment,
28:07ça nous aidera
28:08à aller plus loin
28:09dans l'espace
28:10et à aller plus vite
28:12que nos concurrents.
28:13Alors qu'on comprend,
28:15François,
28:15avec ce que nous dites,
28:16que ça c'est plutôt
28:16la version thermique
28:17qui permettrait ça,
28:20donc est-ce qu'il y a encore
28:21aussi d'un point de vue
28:22communication ?
28:23Non, non, non,
28:24dans le discours d'Isaacman,
28:26il parle bien
28:26de la pollution nucléaire
28:27et électrique.
28:28Oui,
28:28électrique.
28:29Électrique, oui, bien sûr.
28:30En faisant le lien
28:31entre la base lunaire
28:33et l'application justement,
28:35c'est un point intéressant,
28:36c'est que la propulsion...
28:36Oui, parce qu'il utilise
28:37vraiment ces termes,
28:38on va aller plus loin,
28:39François,
28:40il utilise vraiment ces termes,
28:41on va aller plus loin
28:42et c'est pour ça
28:42qu'on comprend
28:43dans nos discussions
28:44qu'il y a un peu ce jeu aussi
28:46d'arriver avec une grande technologie
28:48qui va impressionner
28:49et peut-être de jouer
28:50sur la partie un peu plus politique
28:51et les discours.
28:52Je veux bien...
28:53Oui,
28:54la vie d'amourie,
28:54mais la nucléothermique
28:56a disparu du discours.
28:58Enfin,
28:58moi, c'est ce que j'entends.
28:58Oui.
29:00Peut-être pour clarifier,
29:01dans une propulsion nucléaire thermique,
29:03vous avez votre réacteur,
29:04vous faites passer du carburant,
29:05il le chauffe,
29:06ça fonctionne,
29:06ça permet d'aller...
29:08En tout cas,
29:08de faire des manœuvres
29:09très agressives.
29:10La propulsion,
29:11ça, c'était ce qui était poursuivi
29:12avec le programme Draco
29:13depuis 2021.
29:15Problème,
29:15il faut le tester à l'air libre
29:17ou en tout cas
29:17dans des bâtiments spéciaux,
29:18ça coûte cher,
29:19ça a été abandonné.
29:21La propulsion nucléaire électrique,
29:22le réacteur produit de l'électricité
29:23qui alimente le moteur.
29:24C'est plus indirect,
29:25c'est plus complexe,
29:27mais ça fait des manœuvres plus lentes,
29:28ça peut être aussi plus intéressant
29:30comme l'a dit,
29:31quand on l'a bien développé.
29:32Et effectivement,
29:33en fait,
29:33pour Jared Isaacman,
29:34ça permet d'aller plus loin
29:35tout simplement
29:35parce que l'idée,
29:36c'est de pouvoir déplacer
29:39de grandes quantités,
29:41alors a priori de cargos
29:42et peut-être à terme d'êtres humains,
29:45du système de l'orbite terrestre
29:48vers les orbites idéalement martiennes
29:50ou en tout cas cis-lunaires à minima.
29:52C'est encore beaucoup d'anticipation
29:53sur les technologies à venir de sa part.
29:56Et l'idée,
29:57c'est de faire participer
29:58les acteurs privés.
29:59Il faut quand même
29:59qu'on en dise un mot.
30:00C'est déjà posé dans les jalons
30:02par la Maison-Blanche
30:03et dans sa directive.
30:05Les acteurs privés sont prêts,
30:07j'imagine,
30:07à se lancer dans cette course ?
30:10Alors,
30:10pour les acteurs privés,
30:11le nucléaire est encore
30:13un domaine très réservé
30:14à des acteurs historiques.
30:16Oui.
30:16Néanmoins,
30:16les acteurs
30:17qu'on ne pourrait pas qualifier
30:18de New Space
30:19arrivent quand même
30:20de manière indirecte
30:21et un petit peu en soutien.
30:22Blue Origin,
30:23par exemple,
30:24est très investi,
30:25était déjà très investi
30:27avec le programme Draco
30:28et il continue
30:29de poser leurs jalons,
30:31notamment,
30:31par exemple,
30:32pour la conception
30:32de systèmes de sécurité.
30:33Il s'associe beaucoup
30:34à d'autres acteurs historiques.
30:36Là,
30:36pour la propulsion nucléaire électrique,
30:37on parle beaucoup
30:38d'Antares nucléaire
30:39ou de Zeno Power.
30:41Ce sont des jeunes entreprises
30:42qui, pareil,
30:43vont s'appuyer
30:44sur l'expérience
30:45et vont s'associer
30:46à des géants
30:46pour offrir
30:47un espace d'innovation
30:49plus agile,
30:50plus facilement finançable
30:51et plus facilement abordable.
30:52Elles vont jouer
30:53en fait un rôle
30:54d'accélérateur,
30:55je dirais.
30:57François Béfet-Noir.
30:59Je parlais d'Antares,
31:00donc ce serait très difficile
31:01de parler.
31:03Mais effectivement,
31:03c'est l'exemple
31:05du New Space.
31:06Et finalement,
31:08quelque part,
31:09Jared Isaacman
31:10fait le pari
31:11que les contrats
31:12qui ont donné naissance
31:13à SpaceX,
31:13les contrats de service,
31:15vont fonctionner là aussi
31:16en disant
31:17j'exprime un besoin
31:18et je demande
31:19à l'industrie
31:20d'y répondre
31:20en achetant un service
31:24sur ce système
31:25de propulsion nucléaire
31:27et faire aussi émerger
31:29ou venir
31:29les entreprises.
31:30Mais je suis d'accord
31:31avec Amory,
31:32c'est quand même
31:32des technologies
31:33où je ne suis pas sûr
31:34qu'on aura autant
31:35de candidats
31:36en New Space
31:36qu'on avait sur le lancement.
31:38Il y a déjà Antares,
31:39mais il y aura beaucoup
31:39d'historiques aussi.
31:41Des historiques,
31:41c'est qui ?
31:42Lockheed Martin,
31:44Northrop Grumman ?
31:45Oui, tout à fait.
31:45Lockheed,
31:46Northrop Grumman.
31:47En réalité,
31:48ça va plutôt chercher
31:50du côté des acteurs
31:51historiques de la défense
31:52et il y a beaucoup
31:53de perméabilité
31:53par exemple
31:54avec la propulsion navale.
31:55Par exemple,
31:56le BWXT
31:58en termes de réacteurs
31:59est bien parti.
32:02Ou General Atomics aussi.
32:04Ce sont des acteurs
32:05qui ont l'habitude
32:06de travailler déjà
32:07un,
32:07avec le milieu de la défense,
32:08deux,
32:09avec tout simplement
32:10les contraintes
32:11très spécifiques
32:12à la fois politiques,
32:13normatives et financières
32:14de l'accès
32:15au combustible nucléaire.
32:16Parce que ça,
32:17pour les jeunes entreprises
32:19du New Space,
32:21c'est à ce jour
32:22en fait la principale contrainte
32:23c'est l'accès
32:24à la matière fissile.
32:25Elles peuvent développer
32:26ce qu'on appelle
32:27les sous-systèmes,
32:28les systèmes de sécurité,
32:29etc.
32:30Mais pour ce qui est
32:30des réacteurs même,
32:31c'est quelque chose
32:32qui demande
32:32beaucoup plus d'efforts,
32:34beaucoup plus d'investissements,
32:36on va dire,
32:37politiques.
32:37Est-ce que vous pensez
32:38que le timing
32:39a à voir aussi
32:41avec le contexte géopolitique ?
32:43C'est-à-dire que c'est quand même
32:44assez fort de lancer
32:45cette mesure-là
32:45qui est risquée.
32:46S'il y a un accident
32:47comme vous l'évoquiez
32:48avec les technologies russes,
32:50peut-être que tout le programme
32:51Artemis peut en pâtir
32:52parce que l'opinion publique
32:53aura forcément à voir
32:54avec ensuite
32:55une influence
32:56sur les budgets
32:57qui seront alloués.
32:58donc c'est quand même
33:00un pari risqué
33:00de vouloir développer
33:02une technologie
33:02pas encore mature
33:04et s'est lancé
33:06un an,
33:06deux ans
33:07avant la fin du mandat
33:08de Donald Trump.
33:09Oui,
33:10alors,
33:10et en même temps,
33:11là pour le coup,
33:12alors c'est vrai
33:12qu'il y a une variable
33:13géopolitique très forte.
33:14Il faut savoir
33:15que l'administration américaine
33:16en réalité a perdu un an
33:17où la NASA
33:18est restée sans administrateur
33:19parce qu'il y a eu
33:20toute une phase
33:20de réorganisation politique,
33:23de réorientation,
33:23de réarticulation
33:24avec le New Space.
33:25Donc effectivement,
33:26ils sont un petit peu
33:27sous pression
33:27notamment parce que
33:29il y a la Chine
33:30qui adopte
33:32elle une position
33:33en fait,
33:34elle veut acquérir
33:35un statut
33:35notamment en allant
33:36sur la Lune.
33:38Les Américains
33:39de leur côté
33:39veulent préserver
33:41leur statut
33:41et donc,
33:42je pense qu'en fait
33:43aujourd'hui
33:44les Américains
33:45en tout cas
33:45les Etats-Unis
33:46doivent trouver
33:48une stratégie
33:49qui leur permet
33:50en fait
33:51de conserver
33:53l'engagement politique
33:54qu'ils ont
33:55beaucoup valorisé
33:57et d'aligner
33:58en fait
33:59tout simplement
33:59leur stratégie
34:00des moyens
34:01avec cette stratégie
34:02politique.
34:02C'est ce que
34:03Jared Isaacman
34:04essaye de faire
34:06et effectivement
34:06ça se fait au prix
34:07d'un certain nombre
34:08de risques
34:09mais on n'est plus
34:10dans les années 60
34:10et je pense que
34:11ça sera pour le coup
34:12une appréhension
34:13assez différente.
34:14Alors on va suivre ça
34:15ensemble bien sûr
34:16dans cette émission.
34:17La prochaine deadline
34:19c'est donc dans un an
34:20avec la sélection
34:20de deux concepts
34:21qui doivent être présentés
34:24auprès de la NASA
34:25est-ce que
34:25la Maison-Blanche
34:26devra les valider
34:27il va y avoir
34:27tout un système
34:28j'imagine
34:30d'étape
34:31de validation
34:31on va suivre ça
34:32ensemble
34:33vous reviendrez
34:33peut-être messieurs
34:34en parler
34:35sur notre plateau.
34:36C'est la fin
34:37de ce Space Talk
34:38on enchaîne
34:38quant à nous
34:39avec notre
34:39dernière séquence
34:40sur Bismarck.
34:45En France
34:46depuis une dizaine
34:47d'années à peu près
34:48de nombreux départements
34:49ont recours
34:49à des restrictions
34:50d'eau
34:51notamment sur
34:51l'agriculture
34:52alors on a décidé
34:53de prendre un petit peu
34:54d'avance sur l'été
34:55et les périodes
34:56de sécheresse
34:57pour découvrir
34:58aujourd'hui
34:58une solution
34:59de gestion
34:59de l'eau
35:00grâce à la donnée
35:01spatiale
35:01et peut-être
35:02vous permettre
35:03téléspectateurs
35:04d'anticiper
35:05ces problématiques-là
35:06une solution
35:07qui est née
35:07d'une collaboration
35:08avec le SCO
35:09le Space for Climate
35:10Observatory
35:10et de l'entreprise
35:12Meos
35:13Thomas Ferreiro
35:14président de Meos
35:14bonjour
35:15bonjour Cécilia
35:16bienvenue sur le plateau
35:17de Smart Space
35:17alors l'espace peut aider
35:19l'agriculture
35:19ici sur Terre
35:20oui complètement
35:21aujourd'hui
35:21l'espace
35:23avec tous ces satellites
35:24on va dire
35:24on a suffisamment
35:25de composants technologiques
35:26pour aider
35:27le monde agricole
35:29et les décisionnaires
35:30du monde agricole
35:31qui sont les acteurs
35:32publics
35:32et autres
35:33en l'occurrence
35:34vous avez développé
35:34une solution
35:35qui s'appelle
35:35Space for E-Rig
35:36c'est celle-là
35:37qu'on va parler
35:37mais on verra ensemble
35:38qu'il y en a d'autres
35:39qui a pas mal de projets
35:40que vous avez fait
35:40en collaboration
35:41avec le SCO
35:42Space for E-Rig
35:43c'est quoi
35:44et c'est destiné
35:45à qui
35:45l'agriculture
35:46irriguée
35:46tout à fait
35:47Space for E-Rig
35:48effectivement c'est un sujet
35:50projet qui a été financé
35:51par le SCO
35:52l'idée c'était de pouvoir
35:54détecter les surfaces
35:55irriguées
35:56en France
35:57les surfaces agricoles
35:58évidemment
35:58donc on utilise
35:59des satellites
36:00du programme Copernicus
36:01les satellites
36:02sentinelles
36:03qui nous permettent
36:04d'avoir une récurrence
36:04d'observation
36:05et de faire un vrai
36:05monitoring de territoire
36:07et donc on va utiliser
36:08des données à la fois
36:09optiques
36:09et des données radar
36:10l'idée c'est qu'on va
36:11sortir tout un tas
36:12d'indicateurs
36:12qui vont nous permettre
36:13de dire avec une
36:15fiabilité importante
36:16voilà combien
36:17sur votre territoire
36:18il y a de surfaces
36:18irriguées
36:19quelles sont les cultures
36:20et l'intérêt c'est
36:21qu'on peut rejouer le passé
36:22grâce à ces données
36:22sentinelles
36:23et donc on est capable
36:24d'avoir une évolution
36:25dans le temps
36:26de dire
36:27sur ce bassin versant
36:28vous avez de plus en plus
36:29de maïs irrigué
36:30ou de moins en moins
36:31de plus en plus
36:31de cultures irriguées
36:32de moins en moins
36:33donc voilà comment
36:35c'est le début
36:36on va dire
36:37de notre aventure
36:37dans l'agriculture
36:38et dans l'eau
36:39pour l'agriculture
36:40donc l'idée c'est d'utiliser
36:41Copernicus et Sentinelle
36:42c'est ça
36:43ces données satellites
36:45on connaît
36:45la performance
36:46de ces programmes
36:47satellites aujourd'hui
36:48on ne se rend pas compte
36:49de l'utilité
36:49qu'elles peuvent avoir
36:50sur Terre
36:50vous avez eu accès
36:51à ces données
36:51grâce au SCO ?
36:53alors oui grâce au SCO
36:54puis grâce au CNES
36:54on va dire
36:55donc le SCO
36:56nous a effectivement
36:56amené
36:57alors on est partenaire
36:59du CNES
37:00forcément
37:00parce qu'on fait partie
37:01de l'écosystème du spatial
37:03et le SCO
37:04nous a amené
37:04le financement
37:05et cette porte
37:06je veux dire
37:06supplémentaire
37:07vers le CNES
37:08et donc nous
37:09notre coeur de métier
37:10moi quand j'ai fondé MEO
37:10c'était vraiment
37:11utiliser des données spatiales
37:13et particulièrement
37:14du programme Copernicus
37:15pour aider à gérer
37:17les territoires
37:18et particulièrement
37:19dans l'agriculture
37:19donc c'est vraiment
37:20cet intérêt là
37:21et sans les données Sentinelle
37:22j'aurais clairement
37:23pas créé la société
37:24et vous sentez
37:25que ça fait la différence
37:25ces données là
37:26sur place
37:27une fois que vous avez
37:28établi la situation présente
37:30et l'historique
37:31qu'est-ce que ça change
37:32est-ce que concrètement
37:33ça change quoi ?
37:33le temps de travail
37:34ça change la performance
37:36des cultures
37:37ça change
37:39la gestion de l'eau
37:40est-ce qu'on arrive
37:41à diminuer
37:42quand il y a
37:42comme on le disait
37:43en introduction
37:44des coupures d'eau ?
37:45alors comme vous l'avez dit
37:47on n'a pas que le sujet
37:48de l'irrigation
37:49on gère aussi d'autres sujets
37:50mais toujours pour l'eau
37:52pour l'agriculture
37:53par exemple
37:53on est lauréat
37:55de projet France 2030
37:56ce qui fait qu'aujourd'hui
37:57on est opérateur
37:58pour le ministère
37:59de l'agriculture
37:59et on suit pour eux
38:01toutes les parcelles irriguées
38:02toutes les surfaces irriguées
38:03et toutes les réserves
38:05en eau de surface
38:06donc en gros
38:06on détecte les surfaces irriguées
38:08et on détecte
38:09et on suit les réserves
38:10en eau
38:10donc ça permet d'avoir
38:11déjà une évolution
38:12dans le passé
38:13parce qu'en fait
38:14on va pouvoir mettre
38:15en parallèle
38:15l'utilisation de l'eau
38:17et la disponibilité de l'eau
38:18et quand on va mettre ça
38:20en parallèle
38:20on va pouvoir voir
38:21dans le temps
38:21l'évolution
38:22puisque les satellites
38:23sentinelles
38:23on a les premières images
38:24depuis 2017
38:25donc pour vous donner
38:26un exemple
38:26on a traité
38:27France entière
38:27de 2017
38:28jusqu'à aujourd'hui
38:29et on continue
38:30sur 2026
38:31tout ça permet
38:32de mieux connaître
38:33le territoire
38:33et justement
38:34vous avez parlé
38:34tout à l'heure
38:35des arrêtés
38:36l'idée c'est aussi
38:36de pouvoir
38:37quand on met des restrictions
38:38aux agriculteurs
38:39de pouvoir les mettre
38:39au bon moment
38:40et les bons moments
38:41c'est des fois
38:41un peu plus tard
38:42qui permet de sauver
38:43des hectares
38:44et des tonnes
38:46on va dire
38:46de culture
38:46donc vous sentez
38:47que ça fait la différence
38:48vous avez des retours
38:48sur le terrain
38:50et d'agriculteurs
38:51l'idée c'est
38:51d'être travaillé
38:52directement avec eux
38:52ou plutôt
38:53avec les collectivités
38:53non aujourd'hui
38:54nous on travaille
38:55essentiellement
38:55avec les collectivités
38:56le ministère
38:57mais aussi des agences
38:58de l'eau
38:58des syndicats de bassins
38:59qui aujourd'hui
39:00eux sont en direct
39:01avec les agriculteurs
39:03c'est eux qui font le relais
39:03voilà
39:04exactement
39:04c'est eux qui font le relais
39:05on travaille aussi
39:06côté secteur privé
39:07avec des coopératives agricoles
39:08donc on va pas
39:09jusqu'à l'agriculteur
39:10mais on va avec ceux
39:11qui travaillent
39:11et ceux qui décident
39:12le plus possible
39:13main dans la main
39:14avec les agriculteurs
39:14et tout ça
39:15ça leur donne
39:15de la donnée objective
39:16et qui leur permet
39:17vraiment de prendre
39:17des décisions optimales
39:19et c'est pas que pénalisant
39:20ça peut être aussi
39:21dans le bon sens
39:21c'est prendre des décisions
39:22plus tard
39:23se dire on va faire
39:27ministère de l'agriculture
39:28est-ce que ça a été difficile
39:30de les convaincre
39:31de l'efficacité
39:32de cette donnée
39:33enfin
39:34il y a encore besoin
39:34de vulgariser
39:35sur l'apport
39:36de la donnée spatiale
39:37et les outils
39:37qui en sont issus
39:39comment ça s'est passé ?
39:40Oui alors
39:41vous l'avez dit
39:41effectivement
39:42il faut vulgariser
39:42c'est un des travails du CNES
39:43qui fera son bâton de pèlerin
39:45j'ai envie de dire
39:45pour aller
39:47et le SCO aussi
39:48pour aller dans ces institutions
39:49et dire
39:49regardez ce que l'utilisation
39:51de l'imagerie satellite
39:52peut vous amener
39:53ça fait 7 ans
39:54que j'ai créé la société
39:55on a vu une évolution
39:56et aujourd'hui
39:56on est vraiment dans
39:58ok
39:58on n'est plus dans
39:59on est encore dans
40:00on va faire des POC
40:01on va faire des démonstrateurs
40:02etc
40:02mais maintenant
40:03on passe dans
40:04on va faire du service opérationnel
40:06et donc le coût
40:07qui est en train de se décider
40:08maintenant
40:08c'est
40:09on fait du service opérationnel
40:10on parle de l'eau pour l'agriculture
40:12on parle pour le feu
40:12on parle pour plein d'autres choses
40:14mais là ça y est
40:14on commence à avoir cranté
40:16on va dire au niveau institutionnel
40:17au niveau privé
40:18c'est encore un petit peu plus difficile
40:19mais on ne désespère pas
40:21alors que souvent
40:22il y a des acteurs
40:22qui viennent ici
40:23dans cette séquence
40:24qui nous disent
40:25que les acteurs privés
40:26parfois comprennent
40:27plus facilement
40:28comme les services
40:29d'assurance etc
40:30comprennent plus facilement
40:31l'intérêt
40:32donc c'est intéressant
40:33d'avoir une histoire
40:34comme la vôtre
40:35où vous avez su
40:36convaincre
40:36un ministère directement
40:38et développer
40:39votre technologie
40:40que vous développez aussi
40:40à l'étranger
40:41oui tout à fait
40:42on utilise des données
40:43du programme Copernicus
40:45donc même si c'est des données
40:46qui sont payées
40:47par l'agence spatiale européenne
40:49et donc par les états
40:50finalement membres
40:51c'est des données
40:52où on a une disponibilité
40:53quasi terre entière
40:54donc aujourd'hui par exemple
40:55nous on vient de finir
40:56un projet au Sénégal
40:57qui est sur le monitoring
40:59des parcelles agricoles
41:01et de la production agricole
41:02donc là on a des enjeux forts
41:04on est sur nourrir le pays
41:05on est sur l'import
41:06l'export
41:07et des forts enjeux
41:08on est sur garantir
41:09un revenu
41:10à des agriculteurs
41:11donc l'enjeu
41:12est très très très fort
41:13donc ça nous permet aussi
41:14d'avoir tout ce qu'on a développé
41:15avec le SCO
41:16en France aujourd'hui
41:17ça nous a permis
41:18d'avoir
41:19une nouvelle offre de service
41:20une nouvelle offre de service
41:21à exporter
41:22demain on commence
41:23un projet
41:25au Mexique
41:25dans le centre de Mexique
41:26pour le suivi
41:27des cultures irriguées
41:28parce qu'ils sont fortement impactés
41:29par la sécheresse
41:30par le changement climatique
41:31et donc par le besoin d'eau
41:33là où ils cultivent
41:33beaucoup de maïs
41:34par exemple
41:34qui est très friand d'eau
41:36vous avez dit
41:37c'est des enjeux assez forts
41:38on parle de nourrir une population
41:39est-ce qu'il y a
41:40un ratio d'erreurs
41:42possible
41:42dû à
41:44j'allais dire
41:44la distance
41:46de la source
41:47de ces données
41:47oui tout à fait
41:48il faut être conscient
41:49que le satellite
41:50ce n'est pas la solution à tout
41:51ne pas oublier
41:51qu'on est à 800 km de la Terre
41:53donc on ne sera jamais
41:54aussi précis
41:54qu'un capteur
41:55qu'un humain
41:56sur Terre
41:57par contre
41:58c'est très complémentaire
41:59on se nourrit
42:00beaucoup de tournées terrain
42:01de capteurs
42:02qui existent sur les terrains
42:03et donc par contre
42:04le satellite
42:04il faut le voir
42:05à sa vraie valeur
42:06c'est-à-dire
42:07qu'il est capable
42:07de traiter
42:08des très grands territoires
42:09souvent
42:10et avec un coût
42:11relativement faible
42:11au final
42:12parce que si on parle
42:13des satellites sentinelles
42:14il y a un coût
42:15d'accès à la donnée
42:17permet d'avoir des modèles économiques
42:18qui sont compétitifs
42:19et c'est quand même
42:20la nouveauté
42:20depuis qu'il y a Sentinelle
42:21Et vous avez eu la concurrence
42:22sur ce secteur-là ?
42:23Oui bien sûr
42:24on a de la concurrence
42:25et heureusement
42:25j'ai envie de vous dire
42:26parce que si on était tout seul
42:27ça serait inquiétant
42:28mais on voit que l'écosystème
42:30est en train un peu
42:30de se consolider
42:32avant il y avait
42:33beaucoup de sociétés
42:33comme la mienne
42:34que j'ai montée
42:35il y a quelques années
42:37et on était
42:37je dirais sur tous les fronts
42:39et maintenant
42:39on commence vraiment
42:40à se spécialiser
42:41il y en a qui se spécialisent
42:42dans la qualité des eaux
42:43il y en a qui se spécialisent
42:44dans l'agriculture
42:44comme nous
42:45il y en a d'autres
42:46ça va être dans l'urbain
42:47dans le feu etc
42:47donc finalement
42:48c'est un écosystème
42:49qui est en train
42:49de se consolider
42:50et de faire un petit peu
42:52ses champions
42:52je dirais de manière naturelle
42:53La prochaine étape
42:54pour Meos ?
42:55La prochaine étape
42:56c'est de continuer
42:57comme on le fait aujourd'hui
42:59toujours avec ses acteurs publics
43:00aussi avec des acteurs privés
43:02en France
43:02mais à l'étranger
43:03on a beaucoup de projets
43:04à l'étranger
43:05il faut savoir
43:06qu'à l'étranger
43:07c'est là où on a peut-être
43:08le plus de plus-value
43:09à amener
43:10parce qu'en France
43:13l'IGN comme Météo France
43:14le CRMA
43:14qui produisent beaucoup de données
43:15quand vous arrivez sur des pays
43:17je prends l'exemple du Sénégal
43:18par exemple
43:19ils n'ont pas tout ça
43:19donc on leur fait plus vite
43:20gagner de la valeur ajoutée
43:21et donc quand on est sur des sujets
43:23comme je disais
43:24où il faut nourrir la population
43:25et assurer un revenu
43:27à des agriculteurs
43:27et bien finalement
43:28très vite
43:29on est très pertinent
43:30donc on a beaucoup
43:31aujourd'hui
43:31de sujets à l'export
43:33Merci beaucoup
43:34Thomas Ferreiro
43:35d'avoir pris le temps
43:35de venir nous présenter
43:36ce projet
43:37et puis tous les projets
43:38que vous avez réussi
43:39à mener avec le SCO
43:40et votre solution
43:41sur le plateau
43:42de Smart Space
43:43je rappelle que vous êtes
43:44président de MEOS
43:45Merci à tous
43:46de nous avoir suivis
43:47c'est la fin de cette émission
43:49on se retrouve
43:50dès le mois prochain
43:51sur Bsmart
43:52retrouvez l'émission
43:52en ligne sur le site
43:54mais aussi sur toutes
43:55les plateformes
43:55de streaming
43:56Sous-titrage Société Radio-Canada
44:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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44:11Sous-titrage Société Radio-Canada
44:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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