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  • il y a 3 heures
Découvrez comment l’entreprise MEOSS, en partenariat avec le SCO, Space for Climate Observatory, a mis au point un outil de gestion de l’eau qui sert aujourd’hui le ministère de l’agriculture. Une solution qui s’appuie notamment sur les données des satellites européens Copernicus.

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Transcription
00:11En France, depuis une dizaine d'années à peu près, de nombreux départements ont recours à des restrictions d'eau,
00:17notamment sur l'agriculture.
00:18Alors on a décidé de prendre un petit peu d'avance sur l'été et les périodes de sécheresse pour
00:23découvrir aujourd'hui une solution de gestion de l'eau grâce à la donnée spatiale.
00:27Et peut-être vous permettre, téléspectateurs, d'anticiper ces problématiques-là.
00:32Une solution qui est née d'une collaboration avec le SCO, le Space for Climate Observatory, et de l'entreprise
00:38Meos.
00:39Thomas Ferreiro, président de Meos, bonjour.
00:41Bonjour Cécilia.
00:42Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
00:44Alors l'espace peut aider l'agriculture ici sur Terre ?
00:46Oui, complètement.
00:47Aujourd'hui, l'espace, avec tous ses satellites, on va dire, on a suffisamment de composants technologiques pour aider le
00:54monde agricole
00:55et les décisionnaires du monde agricole qui sont les acteurs publics et autres.
00:59En l'occurrence, vous avez développé une solution qui s'appelle Space for E-Rig.
01:02C'est de celle-là qu'on va parler, mais on verra ensemble qu'il y en a d'autres,
01:05qu'il y a pas mal de projets que vous avez faits en collaboration avec le SCO.
01:08Space for E-Rig, c'est quoi ? Et c'est destiné à qui ? L'agriculture irriguée ?
01:13Tout à fait. Alors Space for E-Rig, effectivement, c'est un projet qui a été financé par le SCO.
01:18L'idée, c'était de pouvoir détecter les surfaces irriguées en France, les surfaces agricoles, évidemment.
01:24Donc on utilise des satellites du programme Copernicus, les satellites Sentinelle,
01:29qui nous permettent d'avoir une récurrence d'observation et de faire un vrai monitoring de territoire.
01:33Et donc on va utiliser des données à la fois optiques et des données radars.
01:36L'idée, c'est qu'on va sortir tout un tas d'indicateurs qui vont nous permettre de dire,
01:39avec une fiabilité importante, voilà combien sur votre territoire il y a de surfaces irriguées,
01:45quelles sont les cultures. Et l'intérêt, c'est qu'on peut rejouer le passé grâce à ces données Sentinelle.
01:49Et donc on est capable d'avoir une évolution dans le temps, de dire,
01:53sur ce bassin versant, vous avez de plus en plus de maïs irrigués, ou de moins en moins,
01:57de plus en plus de cultures irriguées, de moins en moins.
01:59Donc voilà comment... C'est le début, on va dire, de notre aventure dans l'agriculture et dans l'eau
02:05pour l'agriculture.
02:06Donc l'idée, c'est d'utiliser Copernicus et Sentinelle, c'est ça ?
02:09Ces données satellites, on connaît la performance de ces programmes satellites aujourd'hui,
02:14on ne se rend pas compte de l'utilité qu'elles peuvent avoir sur Terre.
02:16Vous avez eu accès à ces données grâce au SCO ?
02:18Alors oui, grâce au SCO, puis grâce au CNES, on va dire.
02:21Donc le SCO nous a effectivement amené...
02:23Alors on est partenaire du CNES, forcément, parce qu'on fait partie de l'écosystème du spatial.
02:29Et le SCO nous a amené le financement et cette porte, je veux dire, supplémentaire vers le CNES.
02:34Et donc nous, notre cœur de métier, moi quand j'ai fondé MEOS, c'était vraiment utiliser des données spatiales,
02:39et particulièrement du programme Copernicus, pour aider à gérer les territoires, et particulièrement dans l'agriculture.
02:45Donc c'est vraiment cet intérêt-là.
02:47Et sans les données Sentinelle, j'aurais clairement pas créé la société.
02:50Et vous sentez que ça fait la différence, ces données-là, sur place, une fois que vous avez établi la
02:55situation présente ?
02:56Et l'historique, qu'est-ce que ça change ? Est-ce que concrètement, ça change quoi ?
02:59Le temps de travail, ça change la performance des cultures, ça change la gestion de l'eau ?
03:07Est-ce qu'on arrive à diminuer quand il y a, comme on le disait en introduction, des coupures d
03:11'eau ?
03:11Alors, comme vous l'avez dit, on n'a pas que le sujet de l'irrigation, on gère aussi d
03:16'autres sujets.
03:17Mais toujours pour l'eau, pour l'agriculture.
03:18Par exemple, on est lauréat de projet France 2030, ce qui fait qu'aujourd'hui, on est opérateur pour le
03:24ministère de l'Agriculture.
03:25Et on suit pour eux toutes les parcelles irriguées, toutes les surfaces irriguées, et toutes les réserves à noms de
03:31surface.
03:32Donc en gros, on détecte les surfaces irriguées, et on détecte et on suit les réserves à noms.
03:36Donc ça permet d'avoir déjà une évolution dans le passé, parce qu'en fait, on va pouvoir mettre en
03:41parallèle l'utilisation de l'eau et la disponibilité de l'eau.
03:44Et quand on va mettre ça en parallèle, on va pouvoir voir dans le temps l'évolution,
03:48puisque les satellites sentinelles, on a les premières images depuis 2017.
03:51Donc pour vous donner un exemple, on a traité France entière de 2017 jusqu'à aujourd'hui, et on continue
03:56sur 2026.
03:57Tout ça permet de mieux connaître le territoire, et justement, vous avez parlé tout à l'heure des arrêtés.
04:02L'idée, c'est aussi de pouvoir, quand on met des restrictions aux agriculteurs, de pouvoir les mettre au bon
04:06moment.
04:06Et les bons moments, c'est des fois un peu plus tard, qui permet de sauver des hectares et des
04:11tonnes, on va dire, de culture.
04:12Donc vous sentez que ça fait la différence ? Vous avez des retours sur le terrain et d'agriculteurs ?
04:17L'idée, c'est d'être travaillé directement avec eux ou plutôt avec les collectivités ?
04:20Non. Aujourd'hui, nous, on travaille essentiellement avec les collectivités, le ministère, mais aussi des agences de l'eau, des
04:25syndicats de bassins,
04:25qui aujourd'hui, eux, sont en direct avec les agriculteurs.
04:29C'est eux qui font le relais.
04:29Voilà, exactement. C'est eux qui font le relais. On travaille aussi côté secteur privé avec des coopératives agricoles.
04:34Donc on ne va pas jusqu'à l'agriculteur, mais on va avec ceux qui travaillent et ceux qui décident,
04:38le plus possible, main dans la main avec les agriculteurs.
04:40Et tout ça, ça leur donne de la donnée objective et qui leur permet vraiment de prendre des décisions optimales.
04:45Et ce n'est pas que pénalisant. Ça peut être aussi dans le bon sens, c'est prendre des décisions
04:48plus tard, se dire on va faire un tour d'eau de plus parce que ça va sauver des cultures.
04:52Alors vous avez dit le ministère de l'Agriculture. Est-ce que ça a été difficile de les convaincre de
04:57l'efficacité de ces données ?
04:59Enfin, il y a encore besoin de vulgariser sur l'apport de la donnée spatiale et les outils qui en
05:04sont issus. Comment ça s'est passé ?
05:06Oui, alors vous l'avez dit, effectivement, il faut vulgariser. C'est un des travails du CNES qui fera son
05:10bâton de pèlerin, j'ai envie de dire, pour aller, et le SCO aussi, pour aller dans ces institutions et
05:15dire,
05:16regardez ce que l'utilisation de l'imagerie satellite peut vous amener. Ça fait 7 ans que j'ai créé
05:20la société, on a vu une évolution.
05:22Et aujourd'hui, on est vraiment dans, OK, on n'est plus dans, on est encore dans, on va faire
05:26des POC, on va faire des démonstrateurs, etc.
05:29Mais maintenant, on passe dans, on va faire du service opérationnel. Voilà. Et donc, le coût qui est en train
05:33de se décider maintenant,
05:35c'est, on fait du service opérationnel, on parle de l'eau pour l'agriculture, on parle pour le feu,
05:38on parle pour plein d'autres choses.
05:40Mais là, ça y est, on commence à avoir cranté, on va dire, au niveau institutionnel. Au niveau privé, c
05:44'est encore un petit peu plus difficile,
05:46mais on ne désespère pas.
05:47Alors que souvent, il y a des acteurs qui viennent ici, dans cette séquence, qui nous disent que les acteurs
05:51privés,
05:52parfois, comprennent plus facilement, comme les services d'assurance, etc., comprennent plus facilement l'intérêt.
05:59Donc, c'est intéressant d'avoir une histoire comme la vôtre, où vous avez su convaincre un ministère directement,
06:04et développer votre technologie, que vous développez aussi à l'étranger.
06:07Oui, tout à fait. On utilise des données du programme Copernicus.
06:11Donc, même si c'est des données qui sont payées par l'Agence spatiale européenne et donc par les États,
06:16finalement, membres,
06:17c'est des données où on a une disponibilité quasi terre entière.
06:20Donc, aujourd'hui, par exemple, nous, on vient de finir un projet au Sénégal
06:23qui est sur le monitoring des parcelles agricoles et de la production agricole.
06:28Donc là, on a des enjeux forts. On est sur nourrir le pays, on est sur l'import, l'export
06:33et des forts enjeux.
06:34On est sur garantir un revenu à des agriculteurs. Donc, l'enjeu est très, très, très fort.
06:39Donc, ça nous permet aussi d'avoir tout ce qu'on a développé avec le SCO en France, aujourd'hui.
06:43Ça nous a permis d'avoir une nouvelle offre de services à exporter.
06:48Demain, on commence un projet au Mexique, dans le centre de Mexique, pour le suivi des cultures irriguées,
06:54parce qu'ils sont fortement impactés par la sécheresse, par le changement climatique
06:57et donc par le besoin d'eau, là où ils cultivent beaucoup de maïs, par exemple, qui est très, très
07:01friandos.
07:02Vous avez dit que c'est des enjeux assez forts. On parle de nourrir une population.
07:05Est-ce qu'il y a un ratio d'erreurs possible dû à la distance de la source de ces
07:13données ?
07:13Oui, tout à fait. Il faut être conscient que le satellite, ce n'est pas la solution à tout.
07:17On n'a pas oublié qu'on est à 800 km de la Terre.
07:19Donc, on ne sera jamais aussi précis qu'un capteur, qu'un humain sur Terre.
07:23Par contre, c'est très complémentaire. On se nourrit beaucoup de tournées terrain, de capteurs qui existent sur les terrains.
07:29Et donc, par contre, le satellite, il faut le voir à sa vraie valeur, c'est-à-dire qu'il
07:33est capable de traiter des très grands territoires,
07:35souvent et avec un coût relativement faible, au final, parce que si on parle des satellites Sentinel,
07:40il y a un coût d'accès à la donnée qui est zéro.
07:42Donc, derrière, ça nous permet d'avoir des modèles économiques qui sont compétitifs.
07:45Et c'est quand même la nouveauté depuis qu'il y a Sentinel.
07:47Et vous avez eu la concurrence sur ce secteur-là ?
07:49Oui, bien sûr, on a de la concurrence. Et heureusement, j'ai envie de vous dire, parce que si on
07:52était tout seul, ça serait inquiétant.
07:54Mais on voit que l'écosystème est en train un peu de se consolider.
07:58Avant, il y avait beaucoup de sociétés comme la mienne, que j'ai montée il y a quelques années.
08:03Et on était, je dirais, sur tous les fronts. Et maintenant, on commence vraiment à se spécialiser.
08:07Il y en a qui se spécialisent dans la qualité des eaux. Il y en a qui se spécialisent dans
08:10l'agriculture, comme nous.
08:11Il y en a d'autres, ça va être dans l'urbain, dans le feu, etc.
08:14Donc, finalement, c'est un écosystème qui est en train de se consolider et de faire un petit peu ses
08:18champions, je dirais, de manière naturelle.
08:19La prochaine étape pour Meos ?
08:21La prochaine étape, c'est de continuer, comme on le fait aujourd'hui, toujours avec ses acteurs publics, aussi avec
08:27des acteurs privés.
08:28En France, mais à l'étranger. On a beaucoup de projets à l'étranger.
08:31Il faut savoir qu'à l'étranger, c'est là où on a peut-être de plus-value à amener.
08:35Parce qu'en France, vous avez des organismes comme le CNES, comme l'IGN, comme Météo France, le CRMA, qui
08:41produisent beaucoup de données.
08:42Quand vous arrivez sur les pays, je prends l'exemple du Sénégal, par exemple, ils n'ont pas tout ça.
08:45Donc, on leur fait plus vite gagner de la valeur ajoutée.
08:48Et donc, quand on est sur des sujets, comme je disais, où il faut nourrir la population et assurer un
08:52revenu à des agriculteurs,
08:54finalement, très vite, on est très pertinent.
08:56Donc, on a beaucoup aujourd'hui de sujets à l'export.
08:59Merci beaucoup, Thomas Ferreiro, d'avoir pris le temps de venir nous présenter ce projet
09:03et puis tous les projets que vous avez réussi à mener avec le SCO et votre solution sur le plateau
09:08de Smart Space.
09:09Je rappelle que vous êtes président de MEOS.
09:11Merci à tous de nous avoir suivis.
09:13C'est la fin de cette émission.
09:15On se retrouve dès le mois prochain sur Bsmart.
09:18Retrouvez l'émission, elle, en ligne sur le site, mais aussi sur toutes les plateformes de streaming.
09:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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