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  • il y a 14 minutes
Ce vendredi 17 avril, Luca de Meo, directeur général de Kering, nous dévoile le nouveau plan stratégique de son entreprise pour se redresser et se remettre sur les rails dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Nous sommes avec le directeur général de Kering, Luca Demeo, à l'occasion de la journée investisseur du groupe à
00:05Florence.
00:06Bonjour Luca Demeo. Merci d'être avec nous sur BFM Business.
00:10Ça y est, c'est le grand jour, on l'a attendu.
00:12Vous avez présenté votre plan stratégique Reconquering à Florence ce jeudi.
00:17Vous avez pris la parole pendant plus de 3h20.
00:19Vous avez enchaîné les rendez-vous derrière.
00:21Comment est-ce que vous vous sentez, Luca Demeo ?
00:23Bien, bien, motivé.
00:25Motivé, c'était une belle opportunité d'échanger avec des investisseurs, avec des médias.
00:29Je pense qu'il y avait plein de contenus.
00:32On a travaillé 6 mois pour faire ça.
00:36Pas que moi, mais une belle équipe derrière, même dans les marques.
00:39Et je pense qu'on est très confiants que c'est un plan solide et très sérieux.
00:43Alors dans ce plan, vous liez beaucoup la désirabilité, la créativité et aussi l'exécution, la discipline financière.
00:50Les deux sont très liés, dit-vous.
00:51D'ailleurs, c'était intéressant.
00:52Il y avait tous les directeurs artistiques de toutes les maisons qui étaient là au premier rang, à côté des
00:56investisseurs.
00:57C'était assez intéressant à regarder.
00:59C'est assez inédit.
01:02Votre priorité absolue, vous l'avez dit, Luca Demeo, c'est Gucci.
01:05Gucci qui représente plus de 40% des ventes, les deux tiers de la rentabilité opérationnelle du groupe.
01:11Concrètement, Luca Demeo, comment vous allez relancer Gucci ?
01:14Je pense que Gucci a l'avantage d'être une marque hyper connue.
01:19Donc, normalement, quand tu dois créer de l'autorité, tu as besoin de temps, tu as besoin de beaucoup d
01:23'investissement.
01:24Et ça, il ne faut pas le faire pour Gucci.
01:26En revanche, je pense que Gucci, c'est typiquement la marque qui est très connue.
01:31Et quand tu fais quelque chose de bien, qui est ce que les gens attendent d'une marque comme ça,
01:35qu'ils connaissent très bien, alors là, ça marche.
01:37Donc, ça, c'est un peu le pari.
01:39Il faut qu'on fasse des choses bien, qui soient des choses que les gens, en termes de qualité, de
01:44créativité du produit,
01:46de l'expérience dans les magasins, dans tout le marketing de la marque, etc., il faut qu'on revienne à
01:53faire du Gucci.
01:55Et c'est un peu ça qu'on a raconté aujourd'hui.
01:59Et c'est quelque chose qui est plutôt structuré et qui est déjà dans le système.
02:02Donc, je pense qu'on va avoir des résultats plutôt rapidement.
02:06Ça commence à progresser en Chine, vous avez dit, lors de la présentation des industriels.
02:09Oui, ça commence. Déjà, on a quand même fait une amélioration progressive dans les derniers deux ou trois quarters,
02:16mais on n'est pas là où on veut arriver. On vient de loin.
02:20Mais oui, il faut faire du bon travail. Et pour faire du bon travail, il faut un peu de temps.
02:25Et Francesca Bellettini, c'est la bonne personne pour mener ce projet ?
02:28Je pense que c'est une des plus grandes expertes dans l'industrie de la mode.
02:31C'est celle qui était derrière le succès de Yves Saint-Laurent.
02:34Elle a déjà fait ses preuves dans beaucoup de marques.
02:38Et je pense qu'elle est à sa place avec une équipe assez forte qu'on a mise, toute nouvelle,
02:44et en face d'un des plus grands créateurs de la dernière génération qui est Demna.
02:49Donc, je pense que d'un point de vue équipe, toutes les conditions sont là pour bien se jouer le
02:56championnat.
02:56Lougade Eméo, vous avez donné des chiffres aujourd'hui, notamment en termes de marge.
03:01Vous comptez doubler la marge opérationnelle en pourcentage à 22%.
03:05Alors, pour ça, vous allez continuer à faire des économies.
03:07J'ai dit plus que doublé.
03:08Plus que doublé, pardon.
03:09Vous allez continuer à faire des économies.
03:12Vous avez annoncé la fermeture de 250 boutiques d'ici à 2030, je crois.
03:16Vous avez déjà annoncé plein de choses.
03:17C'est ce dernier mois, vous l'avez dit.
03:19Vous avez notamment annoncé le report du rachat de Valentino.
03:23Luca Deméo, est-ce que vous allez finir par abandonner ce projet ?
03:26Non, non, non, je ne crois pas du tout.
03:28Ce n'est pas l'idée maintenant, ce n'est pas le moment de parler de ça parce que, justement,
03:32on a repoussé la discussion de deux ans,
03:34ce qui nous donne le temps de pouvoir résoudre des problèmes et se concentrer sur les défis qu'on a
03:41en interne dans notre périmètre aujourd'hui.
03:44Donc, je n'ai pas envie de... On n'a pas annoncé aujourd'hui le fait de repousser.
03:48Non, c'était il y a quelques mois.
03:48C'est quelque chose qui était déjà dans le système.
03:50Donc, moi, je vois ça d'un point de vue assez pragmatique.
03:53C'est que j'ai le temps pour assurer sur toutes les marques et sur toutes les catégories que je
04:01couvre maintenant.
04:02Et ça nous donnera de temps.
04:03Mais j'ai aussi envie, dans le moment où ça se passe, qu'on soit bien préparé, qu'on soit
04:09bien structuré.
04:09Et on sache exactement qu'on peut intégrer de façon complémentaire une autre marque dans le portefeuille.
04:17Vous avez annoncé aussi, fait des annonces en termes d'investissement, 5 à 6 % de votre chiffre d'affaires
04:23dans des investissements.
04:24Vous annoncez à l'occasion de cette journée investisseur prendre une participation minoritaire dans un groupe chinois qui s'appelle
04:30iCycle.
04:31Pourquoi cette décision ?
04:32Je pense que je suis bien placé en tant qu'ex-dirigeant de l'automotive, de l'industrie automobile, pour
04:41savoir l'importance de comprendre très bien ce qui passe en Chine.
04:49Soit en termes de business, mais aussi en termes d'innovation.
04:53Et ça, je pense que c'est important aussi dans l'industrie du luxe, dans l'industrie de la mode.
04:58Donc, à travers cette participation, je pense qu'on a un partenaire local, qui a aussi des ambitions au niveau
05:04international,
05:07pour comprendre l'écosystème des fournisseurs, les opportunités qu'il y a, comment le client chinois est en train d
05:13'évoluer, etc.
05:14Donc, je pense que c'est dans cet esprit de se rapprocher à la Chine, alors que la Chine nous
05:22a donné beaucoup en tant que, comment dire, industrie du luxe.
05:27Et donc, on est en train de renommer.
05:29Il y a d'autres initiatives qu'on a récemment annoncées, par exemple, le CRAFT, qui est cette résidence pour
05:34les créatifs chinois, pour pouvoir développer leurs compétences.
05:38Et ça, ça fait toute partie d'une forme de rapprochement au marché que je voudrais sur Kering.
05:44Parce que je pense que, dans les prochains 10, 20 ans, tu ne pourras pas faire comme on l'a
05:51fait dans le temps,
05:52où tu as imposé un modèle culturel, qui est derrière une marque de luxe, partout sur la planète, sans adapter
06:00l'offre et le message à chacune des réalités du marché.
06:04Le chinois, de plus en plus, il achète du luxe chinois aussi.
06:06C'est une façon pour vous d'être là-bas via iCycle ?
06:10C'est une façon de mettre un pied dedans. Vous voulez être le leader d'ici, fin 2030, du Next
06:15Luxurique. C'est quoi exactement le luxe d'après, Luc Ademio ?
06:18Je pense que le luxe, on voit des chiffres, aussi des tendances plus ou moins faibles dans le système, que
06:28le luxe va émerger sur d'autres catégories.
06:30On parle de luxe expérientiel, par exemple, depuis des années, etc.
06:33Mais je pense qu'on va avoir un mix différent de catégories.
06:37On parle beaucoup en ce moment, par exemple, on a parlé aujourd'hui de longévité, etc.
06:42Ça, c'est une tendance assez évidente dans les chiffres.
06:47Donc, le consommateur de produits et services de luxe va continuer de plus en plus à investir pour le soin
06:53personnel, la santé, etc.
06:56Et il va émerger dans d'autres géographies.
06:58C'est-à-dire, nous, on a passé beaucoup de temps à se concentrer, par exemple, sur la Chine qui
07:03est montée en puissance, etc.
07:05Il y a longtemps, sur les États-Unis, et maintenant, on va voir le luxe qui va, en fait, il
07:11suit où la création de valeurs et l'économie se développent.
07:15C'est normal.
07:16Donc, pensez à des pays comme l'Inde, comme le Sud-Est asiatique, l'Amérique latine, l'Afrique, etc.
07:22Et je pense d'avoir la chance, l'opportunité de pouvoir dessiner un système qui est plus adapté à ce
07:30que le luxe sera en futur.
07:32Parce que comme on doit faire le job de relancer, etc., ça me permet vraiment de me poser les bonnes
07:39questions.
07:40Et voilà, de faire quelque chose qui est plus orienté au futur.
07:45— Justement, vous aviez dit dans une interview à la presse que vous étiez là pour 4-5 ans, un
07:50petit peu en mission, à la tête de Kering.
07:54Certains ont pu trouver que c'était un peu court parce qu'on est dans une industrie du temps long.
07:58Vous pensez-vous que c'est suffisant, 4-5 ans, pour redresser Kering ?
08:01— Ça, c'est quand même un peu... Finalement, moi, je suis un mandataire social.
08:04Les mandataires sociaux, ils ont toujours une échéance.
08:08Donc, quand tu as des contrats de 4-5 ans, etc.
08:11Tout le monde me demande... Moi, je suis forcé d'essayer de maximiser l'impact que j'ai sur l
08:17'horizon du contrat que j'ai.
08:18Je suis sûr que le board... J'espère que le board va me permettre de continuer le travail.
08:24Mais en termes de mindset, la chose que je dois faire, c'est de dire « OK, c'est ça
08:29le contrat que j'ai.
08:30Et là, je vais essayer de faire le maximum pour faire avancer les choses.
08:34Et puis, on en parlera dans 4-5 ans. »
08:37Donc, je trouve déjà que c'est un privilège pour quelqu'un comme moi, à mon âge, disons, à la
08:47fin de ma carrière,
08:48de pouvoir me réinventer sur un autre secteur.
08:50J'adore les gens, les marques, les produits, etc.
08:54Je pense que le luxe, c'est une spécialité française.
08:58Italienne aussi, mais les grandes entreprises, les grands groupes, c'est des groupes français.
09:04Et je pense que c'est quelque chose qu'on doit protéger et développer.
09:08Parce que s'il y a une industrie où les Européens ont encore un leadership incontestable,
09:15où il y a trois quarts des produits, toutes catégories confondues, des yachts jusqu'au sac, c'est bien les
09:22Européens.
09:23Donc, trois quarts des produits, c'est des pays...
09:25Donc, il faut qu'on défende ça, qu'on développe en tant qu'un manager européen.
09:30Vous avez pu dire qu'il y avait eu des regards quand vous êtes arrivé dans cette industrie du luxe,
09:34vous qui veniez de l'automobile, etc.
09:36Vous l'avez ressenti vraiment, une sorte de regard un peu ?
09:40Moi, je pense que de temps en temps, il y a quelqu'un qui peut douter du fait que quelqu
09:46'un qui arrive dans l'autre monde puisse s'adapter.
09:49Mais moi, j'ai toujours été un peu un caméléon de ce point de vue-là,
09:54parce que j'ai changé beaucoup d'entreprises, de pays, etc.
09:57Et je n'ai pas l'impression d'être sauté sur une autre planète.
10:04J'étais toujours une personne de marque, une personne de produit, etc.
10:08Donc, je trouve que c'est super intéressant de pouvoir faire ça, vraiment.
10:14Et puis, vous espérez des résultats très rapides, notamment pour Gucci.
10:17C'est quoi ? Un objectif pour redresser la marque ? Un horizon dans le temps ?
10:21Non, je pense que dans le temps, on a aussi cherché, comment dire, des raccourcis.
10:31Je n'ai pas envie de prendre des raccourcis.
10:33Je pense que faire bien les choses nécessite du temps.
10:37Le luxe, c'est faire bien les choses, d'abord.
10:41Mais bon, l'avantage, c'est que dans la mode, les cycles de produits sont relativement courts.
10:50Donc, théoriquement, tu peux ajuster le tir et faire avancer les choses un peu plus rapidement.
10:55Et c'est notre intention.
10:56On travaille très tédure pour faire les choses bien et le faire le plus rapidement possible.
11:01Comment vous regardez, justement, c'est ma dernière question,
11:03les réactions en bourse, là, depuis mardi soir, depuis la publication des trimestriels ?
11:08Ça a pas mal baissé.
11:10Ce jeudi, ça baissait encore un petit peu le matin.
11:12Et puis, ça remonte doucement.
11:14Comment vous regardez les réactions des investisseurs ?
11:16Est-ce que vous en tenez compte, Luca Demeo ?
11:18Écoutez, nous, évidemment, on est une boîte côté à la bourse.
11:22Donc, il faut qu'on se préoccupe de créer de la valeur pour les investisseurs.
11:26Ça, c'est clair.
11:27Après, il ne faut pas s'obséder dans le court terme.
11:31Je pense que le marché a une forme d'intelligence.
11:36Et donc, la chose la plus importante, c'est qu'on fasse les choses comme il faut faire.
11:40Et c'était tout le sens, aussi, de la communication aujourd'hui, parce que je pense qu'on a bien
11:46montré à tout le monde
11:48qu'on est un groupe de gens qui sait de quoi ils parlent, qui sait exactement ce qu'ils veulent
11:55faire,
11:56et qu'on est, voilà, collectivement tous engagés à faire en sorte qu'on puisse créer de la valeur pour
12:02tout le monde.
12:02Parce que c'est pour nos clients, c'est pour nos employés, c'est pour les actionnaires, pour vous, pour
12:08tout le monde.
12:09Ça, c'est la responsabilité qu'on a.
12:11Merci beaucoup, Luca Demeo, directeur général de Kering, d'avoir été avec nous sur BFM Business aujourd'hui.
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