- il y a 5 heures
Ce vendredi 17 avril, dans sa chronique USA Today, Karen Georges, gérante actions et spécialiste des actions US chez Ecofi, s'est penchée sur le bondissement des marchés face à la réouverture du détroit d'Ormuz, les banques rassurant les consommateurs américains, ainsi que les résultats en trompe-l’œil de Netflix avec un bénéfice gonflé et le départ surprise de Reed Hastings. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business.
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00:01Bienvenue à tous, on est ravis de vous retrouver en direct, c'est BFM Bourse qui ouvre ses portes en
00:05même temps que les marchés américains.
00:07Vous venez d'entendre la cloche là-bas aux Etats-Unis, 9h30 à New York, 15h30 ici, c'est l
00:11'ouverture avec notre Dream Team.
00:13Il se passe beaucoup de choses cet après-midi et dans le conflit au Moyen-Orient, on est sur un
00:17tournant qui se traduit à l'instant par une chute spectaculaire du pétrole.
00:21Donc vous le devinez, si le pétrole chute, c'est que la nouvelle est favorable aujourd'hui.
00:24L'Iran annonce à l'instant la réouverture totale du détroit d'Ormuz, figurez-vous.
00:29Alors les premières minutes, ça fait une demi-heure, ça a été annoncé par l'Iran.
00:32Les premières minutes ont douté, ont se demandé si les Etats-Unis allaient confirmer la réouverture du détroit.
00:36Ils confirment les Etats-Unis la réouverture du détroit et remercient pour cette réouverture complète l'Iran.
00:41Réouverture du détroit d'Ormuz, le temps du cessez-le-feu qui, si on ne se trouve pas, cessez-le
00:45-feu doit encore durer quelques jours, mais pas plus.
00:47Il se terminera en milieu de semaine prochaine.
00:48Toujours est-il que le détroit d'Ormuz rouvre, donc officiellement, ça ne permettra pas forcément tout de suite à
00:53beaucoup de navires de passer,
00:54parce que les choses sont comme toujours plus compliquées.
00:55Mais le pétrole se détend donc sous les 90 dollars, à l'instant le Brent.
00:59On va voir comment les marchés réagissent donc avec notre Dream Team.
01:02Elle vient de nous rejoindre, Karen George pour Ecofi.
01:05Bonjour Karen.
01:05Bonjour Guillaume.
01:06Vous avez bien choisi votre journée là pour nous accompagner.
01:08Et Wall Street qui est en train d'ouvrir sous l'œil d'Antoine Larigauderie.
01:10Rebonjour Antoine.
01:11Rebonjour Guillaume.
01:12Comment Wall Street accueille-t-il l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz ?
01:16Très positivement, sans trop de surprises.
01:17Plus 1,27% pour le Dow Jones, 49 195 points.
01:22Le Nasdaq, plus 0,95 à 24 331.
01:26Plus 0,7 pour le S&P 500 à 7 0,91.
01:29La volatilité ne réagit pas trop.
01:31On tombe à 17,4.
01:32Mais on était tombé sur ces niveaux un petit peu plus tôt cette semaine.
01:36En revanche, un vrai appel d'air pour le CAC 40 qui gagne quasiment 2% désormais.
01:39Plus 1,97, 8 425 points.
01:43Et l'Euronext Tech Leaders, plus 2,58.
01:46Voilà, Donald Trump qui à l'instant, surtout social, s'exprime et réagit à nouveau,
01:50remerciant l'Iran, mais précisant quand même les choses.
01:52Je le cite Donald Trump donc à l'instant.
01:54Le détroit d'Ormuz est complètement ouvert et prêt pour les affaires et le passage complet.
01:59Mais le blocus naval restera en vigueur en ce qui concerne l'Iran uniquement.
02:03Jusqu'à ce que notre transaction avec l'Iran soit terminée à 100%.
02:07Voilà, donc le détroit est rouvert pour tout le monde, sauf pour l'Iran.
02:11On sent quand même que les Etats-Unis sont en train de prendre une forme de position de force en
02:15ce moment dans ces échanges.
02:16Wall Street est en train d'ouvrir, le S&P donc plus 0,7.
02:18Ce n'est pas non plus l'euphorie, plus 0,7 c'est un nouveau record.
02:21Antoine le disait, mais ce n'est pas plus 2%.
02:22On est à plus 0,7 aujourd'hui sur le S&P.
02:24C'est-à-dire qu'on avait déjà pricé tout ça,
02:26que la paix est déjà pricée d'ailleurs dans les indices, d'après vous Karen.
02:29Alors dans le côté action, clairement, il y avait une forme de complaisance,
02:32donc le fameux faux mot, fear of missing out.
02:34Donc à chaque fois qu'il y avait une échéance qui était annoncée par Donald Trump,
02:37donc des négociations en cours, un cessez-le-feu, etc.
02:41Donc c'était quelque chose qui créait une forme de plancher, un flore,
02:43donc en anglais un plancher sur les indices,
02:45et qui permettait justement au marché d'anticiper plutôt de bonnes nouvelles.
02:49Quelques minutes avant cette annonce de l'Iran et de Donald Trump,
02:52il y avait même une rumeur sur les marchés,
02:55qu'il y avait un deal qui allait se faire entre les Etats-Unis et l'Iran sur l'uranium,
02:59de l'ordre de 20 milliards de dollars.
03:01Donc vous voyez quand même beaucoup d'éléments,
03:02en plus le cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël,
03:06beaucoup d'éléments qui pointaient justement vers cette finalité-là.
03:11C'est pour ça qu'il n'y a pas d'euphorie,
03:12c'est parce que justement elle avait eu lieu quand même progressivement avant.
03:15Je rappelle que le S&P a dépassé le niveau pré-conflit,
03:18contrairement à l'Europe qui n'est pas très loin.
03:21Donc en effet, on a quand même beaucoup d'optimisme côté action.
03:24Oui, du coup, plus de risques de mauvaise surprise que de bonnes surprises désormais,
03:27ou pas dans les indices, parce qu'on n'est pas encore au bout de ce conflit.
03:29Encore une fois, l'Iran rouvre le détroit d'Hormuz, le temps du cessez-le-feu.
03:33Le blocus américain sur les navires iraniens, lui, se poursuit.
03:36On n'est pas complètement au bout.
03:38Est-ce qu'il y a plus de risques de mauvaise que de bonnes surprises, d'après vous, en Bourse
03:40?
03:40Alors à court terme, probablement ce faux mot restera en place,
03:44parce qu'il n'y a pas que l'échéance sur l'Iran.
03:45Il y a aussi l'échéance du meeting entre Trump et Fichyping en Chine.
03:49Donc ça aussi, ça crée une forme de plancher supplémentaire.
03:52Et finalement, là, on va peut-être se reconcentrer sur la micro,
03:57voir la micro qui est proche limite de la macro,
04:00donc le Max 7 qui publie dans quelques jours,
04:02le 29 essentiellement pour beaucoup de titres du Max 7.
04:04Donc la micro va reprendre un peu plus de place, probablement à court terme,
04:07et nous donnera un peu plus d'indications, on va dire,
04:10sur l'orientation essentiellement de la demande.
04:13Donc on revient sur le cœur de métier, sur la demande finale,
04:16plutôt que des sujets géopolitiques.
04:17Donald Trump, à nouveau à l'instant, s'exprime en expliquant parallèlement
04:20que les Etats-Unis, décidément, sont le pays le plus bouillant du monde en ce moment.
04:25Juste quelques mois après le départ de Sleepy Joe,
04:27les Etats-Unis étaient donnés comme morts, le monde entier se moquait de nous.
04:31Maintenant, plus personne ne se moque.
04:33Voilà ce que dit Donald Trump avec 1, 2, 3, 4, 5, 6 points d'exclamation au bout du poste.
04:38En tout cas, Wall Street est en hausse, le S&P gagne 0,7,
04:41et le Nasdaq, 13ème hausse d'affilée là, pour le Nasdaq, plus 0,9%.
04:4413 hausses d'affilée, ce truc incroyable.
04:47En valorisation, on reste attractif, là ?
04:49On redevient cher, on revient dans nos travers aux Etats-Unis ?
04:52Karen ?
04:53Juste pour venir sur votre point, sur le poste de Trump,
04:56pour l'anecdote, l'acronyme TACO reste pourtant très d'actualité.
05:01Pour rappel, c'est-à-dire Trump always chickens out,
05:03donc voilà, parenthèse armée là-dessus.
05:05Il y a aussi Tata, vous le connaissez celui-là ?
05:07Il y a aussi Tata.
05:07Trump always tries again.
05:09Parfois, il fait marche arrière, mais il revient le plus bel par la suite.
05:12Ça devient presque prévisible.
05:13Et après, sur les niveaux de valorisation, en effet,
05:15on est à un peu plus de presque 26 fois sur le S&P 500.
05:19Néanmoins, si on met les choses en perspective,
05:21déjà, il faut se dire qu'une grosse partie de la prime américaine
05:24contre le reste du monde s'est effacée.
05:26Lorsqu'on prend les Etats-Unis contre le MSCI World,
05:29qui est l'indice global le plus connu hors Etats-Unis,
05:32elle n'est plus que de l'ordre de 27%.
05:33Donc, c'est le niveau le plus bas en 5 ans.
05:36Sachant que la tech américaine, par rapport à son pic,
05:38a retracé presque 50% et qu'on est à peu près sur les mêmes niveaux
05:42que sur la moyenne, on va dire, de 10 ans sur le Nasdaq.
05:47Donc, on est revenu à retracer ce niveau-là.
05:49Bien sûr que c'est essentiellement poussé à la baisse
05:51par le software, les logiciels, donc, et les services IT.
05:54Donc, on le sait très bien.
05:55Mais la tech américaine redevient attractive aujourd'hui.
05:59Oui, on zoomera sur Netflix dans quelques instants
06:01qui a publié ses résultats, juste avant où sont passés
06:04les consommateurs américains.
06:05Ils ne regardent plus de séries.
06:07Netflix est en baisse là à l'instant.
06:08Les consommateurs américains, ils regardent moins de séries.
06:10Ils ne mangent plus de chocolat.
06:12On a vu Barry Calbeau hier se casser la figure à la bourse de Zurich.
06:15Ils ne mangent même plus de frites.
06:16L'homme Weston, le leader mondial des frites surgelées,
06:18est sorti du S&P 500 tellement le titre baissait il y a quelques jours.
06:21Ils ne parlent plus en vacances.
06:22Les compagnies aériennes, les croisiéristes, c'est compliqué.
06:24Et ils ne s'habillent même plus.
06:25Enfin, en tout cas, plus dans le luxe.
06:27Les acteurs du luxe reculent.
06:28Ils sont où les consommateurs, la carène ?
06:30On les cherche un peu.
06:31Alors, les consommateurs américains, en effet,
06:33sont un peu sous pression depuis quelques mois.
06:35On avait eu des signes avant-coureurs
06:36lors de la dernière saison de publication,
06:38avec notamment la publication d'American Express,
06:41qui avait déjà pointé un affaiblissement
06:43de la consommation cyclique américaine,
06:45on va dire, la restauration, les voyages, etc.
06:47Donc, même avant le conflit, il y avait cet affaiblissement.
06:49On le voit, finalement, à travers le marché de l'emploi,
06:52parce qu'il ne se dégrade plus,
06:53mais il ne s'améliore plus non plus.
06:54Donc, il y a un manque de direction.
06:56Et l'inflation était revenue avant le conflit.
06:59C'est-à-dire qu'il y avait ce sujet inflationniste
07:01qui était un problème pour Jérôme Powell
07:03et qui le saut aussi pour M. Warch.
07:05Et donc, c'est pour ça qu'il y a cette pression à la baisse.
07:08Et c'est pour ça aussi que les grands noms
07:10de la consommation, comme Pepsi ou Procter & Gamble,
07:13baissent leur prix ou diminuent l'activité promotionnelle.
07:16C'est pour restimuler les volumes,
07:18parce que, justement, il y a un vrai sujet aux Etats-Unis.
07:21Et c'est pour ça qu'il y a de la prudence, à vous souhaiter,
07:24sur les acteurs US, sur la consommation.
07:27Et même, on le voit aussi en Europe.
07:28Ce n'est pas le sujet, mais on a vu aussi de la prudence
07:30à la part de Tesco ou de EasyJet en Europe également.
07:32Oui, effectivement.
07:33Alors, quand on regarde Netflix à moins 11%,
07:35après sa publication, on se dit,
07:36qu'est-ce qu'ils font les Américains ?
07:37Ils ne regardent plus de séries.
07:38En même temps, il n'y a pas besoin de regarder des séries.
07:39Il suffit de regarder les actus pour être dans une série.
07:41Il y a un feuilleton.
07:42On vous rappelle, donc, aujourd'hui,
07:43la réouverture des détroits d'Hormuz,
07:45annoncée par l'Iran et confirmée par les Etats-Unis.
07:47Réouverture complète, sauf, sauf, précise Donald Trump,
07:50pour les navires iraniens.
07:51Voilà, le blocus sur l'Iran, lui, se poursuit.
07:53Donald Trump, qui tente toujours de faire tourner le temps contre l'Iran.
07:56On disait, dans la première partie de cette guerre,
07:57que le temps tournait contre les Etats-Unis.
07:59Maintenant, il tourne plutôt contre l'Iran, manifestement.
08:01D'après Axios, des négociations devraient avoir lieu
08:04à partir de dimanche, autour de dimanche,
08:06dit précisément Axios entre Américains et Iraniens à Islamabad.
08:10Voilà ce que nous dit Axios cet après-midi.
08:12Wall Street est en hausse, 0,8% de hausse,
08:15le S&P, plus 1% sur le Nasdaq.
08:17Mais donc, Netflix, moins 11.
08:19Qu'est-ce qui cloche, là, dans ce qu'annonce Netflix ?
08:21Il y a aussi un départ à la tête de Netflix qui fait peur, moins 11.
08:23Tout à fait.
08:24Déjà, il y avait des attentes très élevées sur Netflix
08:26en amont de la publication.
08:27Donc, la barre était assez haute.
08:29Et le deuxième point, c'est justement,
08:30lorsque la barre est haute,
08:31on ne fait que confirmer sa guidance 2026.
08:33C'est surtout ça qui a déçu les investisseurs.
08:36Donc, avec une croissance anticipée entre 12 et 14%.
08:38Donc, il fallait battre ce niveau-là
08:40pour pouvoir faire plaisir au marché.
08:42Et le deuxième point, en effet,
08:43c'est le fait que le cofondateur annonce
08:45qu'il ne renouvelera pas sa présence au board
08:47à partir du mois de juin.
08:49Et ça, c'est très mal pris.
08:51Et donc, c'est pris comme peut-être un signe avant-coureur
08:53d'une faiblesse plus tard dans l'année.
08:55Sachant qu'aussi, Netflix doit délivrer
08:57sur d'autres sources de revenus comme la publicité,
08:59où il a affiché 3 milliards de dollars de revenus.
09:01Donc, voilà, quelque chose qui était plutôt relativement correct.
09:05Mais c'est vraiment les prévisions pour l'année
09:07qui ont refroidi le marché.
09:08Vous investissez dans quoi, vous, sur le marché américain aujourd'hui ?
09:10Les secteurs, les thématiques ou les valeurs même
09:12qui vous plaisent, Karen, pour la suite ?
09:14Alors, aujourd'hui, aux États-Unis,
09:15vous avez mentionné le fait que
09:17« America is amazing and great again », etc.
09:20Donc, clairement, le « Made in America »
09:22qui avait commencé sous Sleepy Joe,
09:24comme l'appelle M. Trump, continue.
09:27Donc, on pense que ça a commencé avec lui.
09:29Donc, vraiment, ce côté « Made in America » est très, très fort.
09:33Sous Sleepy Joe, les États-Unis cartonnaient.
09:35On se rappelle quand même, sous Joe Biden,
09:37à quel point on était ébloui par la dynamique
09:38de croissance américaine.
09:41Le chemin de crête que parvenait à épouser la Fed
09:43pour maintenir cette croissance
09:44sans trop gonfler l'inflation,
09:46c'était franchement assez brillant.
09:47Mais bon, pour lui, c'est Sleepy.
09:48Tout à fait.
09:49Donc, du coup, tous les groupes qui sont exposés
09:51justement au « reshoring » du fait de relocaliser
09:54les industries aux États-Unis,
09:55dans la construction, les data centers,
09:57dont on a parlé plusieurs fois, d'ailleurs, sur ce plateau,
10:00là, clairement, il y a encore des sentiers de croissance
10:02qui sont importants pour eux,
10:03parce que là, c'est vraiment en milliers de milliards de dollars
10:05sur plusieurs années, donc une forte visibilité.
10:08Bien sûr, la tech américaine a encore aussi
10:11probablement des belles années devant elle.
10:12Donc, la tech est clairement quelque chose
10:14qui doit être perçue positivement.
10:16La question des valorisations sur la tech est réglée aujourd'hui,
10:18au stade actuel, au niveau actuel.
10:19Elle est réglée, cette question-là, de la valo ?
10:21Il n'y a jamais rien qui est réglée.
10:22Mais en tout cas, aujourd'hui, en l'état,
10:23avec la progression des BPA attendues sur la tech,
10:26et je rappelle que 44% de la progression des BPA attendues
10:29sur le premier trimestre,
10:30c'est uniquement les valeurs liées à l'IA,
10:33à l'infrastructure IA.
10:35Donc, une dizaine de titres représentent presque
10:37la moitié de la croissance des BPA attendues.
10:39Donc, en effet, ça reste très concentré.
10:41Mais donc, ça aussi, on peut rester très positif.
10:44Et bien sûr, des thèmes qui sont toujours très porteurs,
10:46ça ne change pas, comme l'eau ou les déchets,
10:49donc des grands champions américains aux États-Unis,
10:52donc dans ces deux thèmes-là,
10:53et qui sont en plus domestiques,
10:55donc pas liés aux tarifs, pas liés à la situation géopolitique,
10:57qui représentent une forme de hedge
10:59quand on résonne sur un portefeuille global
11:00avec des actifs qui sont justement très domestiques, locaux,
11:03et pas mondialisés.
11:04Karen George avec nous aujourd'hui.
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