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  • il y a 7 semaines
Ce mercredi 7 janvier, le bilan des marchés obligataires en 2025 et les perspectives pour 2026, ont été abordés par Edouard Faure, responsable du Crédit chez Swiss Life AM France, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et nous allons regarder ensemble ce qui se passe sur les marchés obligataires.
00:06Ce sera l'occasion d'ailleurs de faire un bilan un petit peu des marchés obligataires en 2025
00:10avant de se poser la question des grands drivers de ce marché obligataire pour l'année à venir.
00:14Et pour cela, nous avons le plaisir d'accueillir Edouard Faure.
00:17Bonjour Edouard Faure.
00:17Bonjour Nicolas.
00:18Merci d'être avec nous, responsable du crédit chez Swiss Life Asset Manager France.
00:25Première question, quel bilan vous tirez au global des marchés obligataires en 2025 ?
00:30Sachant qu'il y a plusieurs dynamiques dans ces marchés obligataires,
00:32mais quel bilan vous pouvez en faire rapidement ?
00:34Globalement, le bilan est plutôt bon pour l'année 2025 avec des performances positives.
00:38Peut-être le seul point un peu plus délicat, c'est pour la partie taux d'État.
00:42En tout cas en Europe, on a vu les taux d'État qui ont monté, du coup des performances qui ont été négatives.
00:47Alors qu'aux États-Unis, la dynamique sur la partie taux d'État était plutôt bonne,
00:50grâce notamment aux baisses des taux de la Fed, une inflation qui est contenue.
00:57Donc du coup, on a eu une dynamique plutôt bonne.
00:58Sur la partie crédit pur, on a vu des primes de risque qui se sont reserrées, principalement en Europe.
01:03Et donc à la fois sur la partie investment grade et sur la partie Aïd,
01:06on a eu des performances qui étaient largement positives, entre 3 et 5% en Europe,
01:10plus de 7% aux États-Unis, voire même plus de 8% sur la partie Aïd.
01:14Donc globalement, un marché obligataire qui était porteur en 2025.
01:17Tout secteur confondu, toute thématique confondue, ou il y avait des grandes tendances qui se dessinaient quand même ?
01:23Il y a des tendances qui se dessinent.
01:25Les secteurs de l'industrie de base sont toujours en retrait.
01:29Le secteur de la pharma, sur certains noms, est aussi en difficulté, notamment aux États-Unis.
01:37Donc on a vu quand même quelques secteurs qui étaient un peu plus en difficulté que d'autres.
01:41Mais globalement, une année quasi positive partout pour le marché du crédit.
01:46Quels seront, selon vous, les drivers, les grands drivers du marché obligataire pour cette année 2026, Edouard Faure ?
01:53On ne va pas changer une équipe qui gagne.
01:55La partie taux restera un driver important.
02:00Clairement, aujourd'hui, la partie prime de risque est relativement serrée.
02:05D'accord.
02:05Donc le potentiel de resserrement supplémentaire est limité.
02:09On s'attend plutôt, nous, chez Swiss Life Asset Managers, à des écartements limités,
02:13mais des écartements au niveau des primes de risque.
02:14D'accord.
02:16Ce qui va permettre de faire passer les performances positives ou négatives l'année prochaine,
02:21clairement, ce sera l'évolution des taux.
02:24Donc les décisions monétaires des banques centrales ?
02:25Donc les décisions monétaires des banques centrales.
02:27Mais pas que.
02:27Les plans de relance, on a vu en particulier en 2025 l'annonce du plan de relance allemand,
02:32qui a créé beaucoup de pression sur la partie taux allemand.
02:35On a vu les problèmes politiques en France qui ont créé des pressions sur la partie taux en France.
02:40Donc on a tous ces drivers-là qui risquent, enfin qui vont impacter le marché obligataire l'année prochaine.
02:46Évidemment aussi, on a toutes les questions géopolitiques qui pourront impacter les décisions des banques centrales,
02:52mais pourront aussi impacter les actifs plus risqués du crédit.
02:55C'est vrai que c'est important de le mentionner, parce que vous parlez par exemple des discussions sur le budget en France
03:00ou de la situation géopolitique.
03:01Quand on regarde les marchés actions, on a l'impression qu'ils s'en accommodent très bien.
03:04En revanche, sur les marchés obligataires, ça a des incidences beaucoup plus marquées,
03:07et notamment sur le crédit aux entreprises.
03:09Sur le crédit aux entreprises, ça a des incidences marquées,
03:11malgré le fait qu'on ait vu que finalement, ça a été relativement limité pour les entreprises en France
03:17si on parle des problèmes du budget français et des problèmes politiques qu'on a dans notre pays.
03:21Le problème était principalement sur la partie dette d'État en France,
03:26avec un spread OAT-Bound qui a réaugmenté au-dessus des 80 points de base,
03:30ce qui est un point haut historique.
03:33Mais sur la partie dette d'entreprise, honnêtement, ce qu'on a vu,
03:36c'est que ça a été relativement limité, un peu sur les banques, sur la partie longue,
03:40on a eu quelques impacts, mais de courte durée.
03:42Ça a plutôt été un facteur d'opportunité pour les investisseurs,
03:45plutôt qu'un vrai risque sur la partie dette d'entreprise.
03:48Le risque géopolitique au global, qui semble être de plus en plus présent aujourd'hui,
03:54est intégré par les différents opérateurs de marché.
03:57Est-ce qu'il peut avoir des incidences sur les marchés obligataires en ce début d'année 2025 ?
04:03Pour l'instant, les risques géopolitiques ont été concentrés dans des pays,
04:06type ce qui s'est passé au Venezuela il y a quelques jours de ça,
04:09dans un pays très ciblé, pays émergents,
04:13qui étaient déjà en proie à des difficultés politiques, économiques, etc.,
04:16avec une volonté claire de pouvoir récupérer les ressources de pétrole.
04:24Et c'est un pari marqué, parce que ces ressources de pétrole-là,
04:26dans quelle mesure elles seront exploitables, sous combien de temps, etc.,
04:29l'avenir nous le dira.
04:30Donc pour l'instant, c'est vrai que les marchés n'ont pas pris ce risque-là
04:33de manière de plein fouet, on va dire.
04:37La question suivante, c'est quid du Groenland, quid de Taïwan ?
04:42Taïwan étant probablement le risque le plus important,
04:44parce que ça aura des impacts sur la partie semi-conducteur, etc.
04:47Ce qui, là, pour le coup, pourrait avoir un impact beaucoup plus conséquent
04:49sur les marchés obligataires, si on parle uniquement des marchés obligataires.
04:52Exactement.
04:53Quid également des entreprises, des émissions à venir sur les marchés obligataires.
04:58On voit un certain nombre d'entreprises avoir des besoins en investissement
05:02de plus en plus conséquents.
05:03Ça suppose aussi parfois de lever de la dette.
05:05Comment est-ce que ça, ça peut venir avoir une influence sur le marché obligataire ?
05:10On s'attend l'année prochaine à énormément d'émissions sur le marché obligataire.
05:14Je disais tout à l'heure qu'on s'attendait chez nous
05:17à ce que les primes de risque s'écartent légèrement au cours de l'année 2026.
05:22Une des raisons probables, c'est ces émissions.
05:24Pourquoi ? Parce que les entreprises vont devoir venir se financer.
05:26Pour venir se financer, elles vont payer une prime à l'émission.
05:30Et du coup, ça risque d'impacter négativement les primes de risque.
05:34Sur les émissions, on s'attend à un déluge,
05:37notamment de la part du secteur de la tech aux Etats-Unis et de l'IA,
05:41avec plusieurs trillions de capex à financer dans les prochaines années.
05:46Et donc, au moins 500, 600 milliards d'émissions l'année prochaine
05:50sur les marchés obligataires, ce qui est énorme,
05:52ce qu'il va falloir absorber.
05:53Pour l'absorber en fonction des conditions de marché,
05:55il va falloir payer plus ou moins de primes sur le marché primaire,
05:57ce qui aura un impact plus ou moins important
05:59sur les primes de risque du marché secondaire.
06:01Donc ça, c'est un élément clairement à regarder.
06:03On en est au tout début de l'année,
06:04mais on anticipe effectivement que les besoins d'investissement en IA
06:07sont tels qu'il y aura besoin,
06:09même pour des grandes entreprises technologiques,
06:11de lever de la dette, et ça se fera sur le marché obligataire.
06:14Il n'y a pas d'annonce en ce sens aujourd'hui ?
06:15Il y en a déjà ou c'est des estimations ?
06:17Non, pour l'instant, c'est des estimations.
06:19On sait qu'aujourd'hui, les capex ont été, jusqu'à aujourd'hui,
06:21ont été financés principalement via les marchés actions.
06:25Demain, ces sociétés-là vont devoir les financer via de la dette.
06:31Donc ça va passer par le marché obligataire.
06:33On n'a pas eu d'annonce officielle encore de premières émissions,
06:36mais ça devrait arriver,
06:37et on s'attend aussi à beaucoup de fusions acquisitions l'année prochaine,
06:40et un regain sur ce marché-là,
06:41qui devrait entraîner aussi plus d'émissions.
06:44Voilà, le nombre d'émissions primaires sur le marché obligataire
06:47qui pourra avoir une incidence également sur ces marchés globales.
06:51Merci, Edouard Ford, de nous avoir accompagnés dans Good Morning Market.
06:53Je rappelle que vous êtes responsable du crédit chez Swiss Life AM France.
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