00:00Et nous allons regarder ensemble ce qui se passe sur les marchés obligataires.
00:06Ce sera l'occasion d'ailleurs de faire un bilan un petit peu des marchés obligataires en 2025
00:10avant de se poser la question des grands drivers de ce marché obligataire pour l'année à venir.
00:14Et pour cela, nous avons le plaisir d'accueillir Edouard Faure.
00:17Bonjour Edouard Faure.
00:17Bonjour Nicolas.
00:18Merci d'être avec nous, responsable du crédit chez Swiss Life Asset Manager France.
00:25Première question, quel bilan vous tirez au global des marchés obligataires en 2025 ?
00:30Sachant qu'il y a plusieurs dynamiques dans ces marchés obligataires,
00:32mais quel bilan vous pouvez en faire rapidement ?
00:34Globalement, le bilan est plutôt bon pour l'année 2025 avec des performances positives.
00:38Peut-être le seul point un peu plus délicat, c'est pour la partie taux d'État.
00:42En tout cas en Europe, on a vu les taux d'État qui ont monté, du coup des performances qui ont été négatives.
00:47Alors qu'aux États-Unis, la dynamique sur la partie taux d'État était plutôt bonne,
00:50grâce notamment aux baisses des taux de la Fed, une inflation qui est contenue.
00:57Donc du coup, on a eu une dynamique plutôt bonne.
00:58Sur la partie crédit pur, on a vu des primes de risque qui se sont reserrées, principalement en Europe.
01:03Et donc à la fois sur la partie investment grade et sur la partie Aïd,
01:06on a eu des performances qui étaient largement positives, entre 3 et 5% en Europe,
01:10plus de 7% aux États-Unis, voire même plus de 8% sur la partie Aïd.
01:14Donc globalement, un marché obligataire qui était porteur en 2025.
01:17Tout secteur confondu, toute thématique confondue, ou il y avait des grandes tendances qui se dessinaient quand même ?
01:23Il y a des tendances qui se dessinent.
01:25Les secteurs de l'industrie de base sont toujours en retrait.
01:29Le secteur de la pharma, sur certains noms, est aussi en difficulté, notamment aux États-Unis.
01:37Donc on a vu quand même quelques secteurs qui étaient un peu plus en difficulté que d'autres.
01:41Mais globalement, une année quasi positive partout pour le marché du crédit.
01:46Quels seront, selon vous, les drivers, les grands drivers du marché obligataire pour cette année 2026, Edouard Faure ?
01:53On ne va pas changer une équipe qui gagne.
01:55La partie taux restera un driver important.
02:00Clairement, aujourd'hui, la partie prime de risque est relativement serrée.
02:05D'accord.
02:05Donc le potentiel de resserrement supplémentaire est limité.
02:09On s'attend plutôt, nous, chez Swiss Life Asset Managers, à des écartements limités,
02:13mais des écartements au niveau des primes de risque.
02:14D'accord.
02:16Ce qui va permettre de faire passer les performances positives ou négatives l'année prochaine,
02:21clairement, ce sera l'évolution des taux.
02:24Donc les décisions monétaires des banques centrales ?
02:25Donc les décisions monétaires des banques centrales.
02:27Mais pas que.
02:27Les plans de relance, on a vu en particulier en 2025 l'annonce du plan de relance allemand,
02:32qui a créé beaucoup de pression sur la partie taux allemand.
02:35On a vu les problèmes politiques en France qui ont créé des pressions sur la partie taux en France.
02:40Donc on a tous ces drivers-là qui risquent, enfin qui vont impacter le marché obligataire l'année prochaine.
02:46Évidemment aussi, on a toutes les questions géopolitiques qui pourront impacter les décisions des banques centrales,
02:52mais pourront aussi impacter les actifs plus risqués du crédit.
02:55C'est vrai que c'est important de le mentionner, parce que vous parlez par exemple des discussions sur le budget en France
03:00ou de la situation géopolitique.
03:01Quand on regarde les marchés actions, on a l'impression qu'ils s'en accommodent très bien.
03:04En revanche, sur les marchés obligataires, ça a des incidences beaucoup plus marquées,
03:07et notamment sur le crédit aux entreprises.
03:09Sur le crédit aux entreprises, ça a des incidences marquées,
03:11malgré le fait qu'on ait vu que finalement, ça a été relativement limité pour les entreprises en France
03:17si on parle des problèmes du budget français et des problèmes politiques qu'on a dans notre pays.
03:21Le problème était principalement sur la partie dette d'État en France,
03:26avec un spread OAT-Bound qui a réaugmenté au-dessus des 80 points de base,
03:30ce qui est un point haut historique.
03:33Mais sur la partie dette d'entreprise, honnêtement, ce qu'on a vu,
03:36c'est que ça a été relativement limité, un peu sur les banques, sur la partie longue,
03:40on a eu quelques impacts, mais de courte durée.
03:42Ça a plutôt été un facteur d'opportunité pour les investisseurs,
03:45plutôt qu'un vrai risque sur la partie dette d'entreprise.
03:48Le risque géopolitique au global, qui semble être de plus en plus présent aujourd'hui,
03:54est intégré par les différents opérateurs de marché.
03:57Est-ce qu'il peut avoir des incidences sur les marchés obligataires en ce début d'année 2025 ?
04:03Pour l'instant, les risques géopolitiques ont été concentrés dans des pays,
04:06type ce qui s'est passé au Venezuela il y a quelques jours de ça,
04:09dans un pays très ciblé, pays émergents,
04:13qui étaient déjà en proie à des difficultés politiques, économiques, etc.,
04:16avec une volonté claire de pouvoir récupérer les ressources de pétrole.
04:24Et c'est un pari marqué, parce que ces ressources de pétrole-là,
04:26dans quelle mesure elles seront exploitables, sous combien de temps, etc.,
04:29l'avenir nous le dira.
04:30Donc pour l'instant, c'est vrai que les marchés n'ont pas pris ce risque-là
04:33de manière de plein fouet, on va dire.
04:37La question suivante, c'est quid du Groenland, quid de Taïwan ?
04:42Taïwan étant probablement le risque le plus important,
04:44parce que ça aura des impacts sur la partie semi-conducteur, etc.
04:47Ce qui, là, pour le coup, pourrait avoir un impact beaucoup plus conséquent
04:49sur les marchés obligataires, si on parle uniquement des marchés obligataires.
04:52Exactement.
04:53Quid également des entreprises, des émissions à venir sur les marchés obligataires.
04:58On voit un certain nombre d'entreprises avoir des besoins en investissement
05:02de plus en plus conséquents.
05:03Ça suppose aussi parfois de lever de la dette.
05:05Comment est-ce que ça, ça peut venir avoir une influence sur le marché obligataire ?
05:10On s'attend l'année prochaine à énormément d'émissions sur le marché obligataire.
05:14Je disais tout à l'heure qu'on s'attendait chez nous
05:17à ce que les primes de risque s'écartent légèrement au cours de l'année 2026.
05:22Une des raisons probables, c'est ces émissions.
05:24Pourquoi ? Parce que les entreprises vont devoir venir se financer.
05:26Pour venir se financer, elles vont payer une prime à l'émission.
05:30Et du coup, ça risque d'impacter négativement les primes de risque.
05:34Sur les émissions, on s'attend à un déluge,
05:37notamment de la part du secteur de la tech aux Etats-Unis et de l'IA,
05:41avec plusieurs trillions de capex à financer dans les prochaines années.
05:46Et donc, au moins 500, 600 milliards d'émissions l'année prochaine
05:50sur les marchés obligataires, ce qui est énorme,
05:52ce qu'il va falloir absorber.
05:53Pour l'absorber en fonction des conditions de marché,
05:55il va falloir payer plus ou moins de primes sur le marché primaire,
05:57ce qui aura un impact plus ou moins important
05:59sur les primes de risque du marché secondaire.
06:01Donc ça, c'est un élément clairement à regarder.
06:03On en est au tout début de l'année,
06:04mais on anticipe effectivement que les besoins d'investissement en IA
06:07sont tels qu'il y aura besoin,
06:09même pour des grandes entreprises technologiques,
06:11de lever de la dette, et ça se fera sur le marché obligataire.
06:14Il n'y a pas d'annonce en ce sens aujourd'hui ?
06:15Il y en a déjà ou c'est des estimations ?
06:17Non, pour l'instant, c'est des estimations.
06:19On sait qu'aujourd'hui, les capex ont été, jusqu'à aujourd'hui,
06:21ont été financés principalement via les marchés actions.
06:25Demain, ces sociétés-là vont devoir les financer via de la dette.
06:31Donc ça va passer par le marché obligataire.
06:33On n'a pas eu d'annonce officielle encore de premières émissions,
06:36mais ça devrait arriver,
06:37et on s'attend aussi à beaucoup de fusions acquisitions l'année prochaine,
06:40et un regain sur ce marché-là,
06:41qui devrait entraîner aussi plus d'émissions.
06:44Voilà, le nombre d'émissions primaires sur le marché obligataire
06:47qui pourra avoir une incidence également sur ces marchés globales.
06:51Merci, Edouard Ford, de nous avoir accompagnés dans Good Morning Market.
06:53Je rappelle que vous êtes responsable du crédit chez Swiss Life AM France.
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