00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h40, Sud Radio vous explique les édéfeux qui reviennent dans le débat.
00:12Le texte va de nouveau être étudié à l'Assemblée Nationale.
00:16Nous sommes avec un patron d'une grande marque française,
00:19qui cartonne aussi à l'international, c'est .es, réseau de centre auto.
00:24Nous sommes avec Christophe Rollet, qui est le directeur général.
00:28Bonjour Christophe Rollet.
00:30Bonjour Patrick.
00:31Merci d'être avec nous.
00:33Alors j'ai vu que, et vous l'aviez déjà pris position,
00:38vous l'aviez évoqué dans un livre que vous aviez rédigé,
00:40sur les Français et leurs voitures, et notamment aussi les édéfeux.
00:47Alors vous, vous êtes un spécialiste de la réparation automobile,
00:50donc vous envoyez passer des gens qui viennent essayer d'améliorer leurs voitures
00:58d'une façon ou d'une autre, pour éviter qu'elles ne soient trop polluantes.
01:03Est-ce que vous êtes favorable à ce que chaque agglomération ait le pouvoir de mettre en place ou non
01:08des édéfeux ?
01:11Non, bien entendu, et pour plusieurs raisons.
01:13Tout d'abord, on est face à des consommateurs qui sont un peu perdus par ces changements réguliers.
01:17Un coup la loi est votée pour les édéfeux, ensuite elle est retirée ou mise de côté par la commission
01:22paritaire.
01:23Et là, on va s'y réapparaître aujourd'hui de façon un peu US.
01:27Donc on est nous au contact des clients, des consommateurs, on a plus de 700 points de vente en France,
01:33donc on voit bien leur quotidien.
01:34Et en fait, la problématique, c'est une problématique d'opposition entre écologie et économie, tout simplement.
01:40Car aujourd'hui, il est évident que tout le monde est pour une limitation des véhicules
01:46qui sont consommateurs de carburant et polluant.
01:49Par contre, il faut aussi avoir les moyens de ces ambitions.
01:52Vous savez, je dirige un groupe important, et pour avoir des ambitions, il faut avoir des moyens.
01:56Et aujourd'hui, la problématique, c'est que l'État n'a pas les moyens de ces ambitions.
02:00Car il n'y a plus d'argent dans les caisses, comme tout le monde le sait.
02:03Et pour financer les véhicules électriques dont vous parliez il y a quelques minutes,
02:07ou pour limiter ces véhicules soi-disant polluants,
02:11ils n'ont pas les moyens, malheureusement, de mettre en place cette vraie politique.
02:14Du coup, les gens sont perdus, les gens sont inquiets.
02:17Il faut savoir que la moyenne de la mise à la case d'un véhicule ancien, c'est plus de
02:2319 ans.
02:24Donc, il y a beaucoup d'entretiens entre-temps.
02:26En plus, les prix augmentent et ont augmenté depuis la fin du Covid.
02:30Donc, on a un consommateur dont le pouvoir d'achat, on le sait tous, n'est pas forcément en hausse,
02:34et qui subit de plein fouet, comme d'autres augmentations, c'est du carburant actuellement,
02:38l'augmentation des prestations d'entretien sur son véhicule,
02:42et qui ne peut pas, malheureusement, vous le disiez tout à l'heure,
02:44se payer un véhicule neuf et électrique, notamment.
02:47Il n'en a pas les moyens.
02:48Et la technologie ne l'aide pas non plus, car pour des grands rouleurs,
02:51il est très difficile aujourd'hui d'acheter et d'utiliser un véhicule électrique,
02:56à la fois pour l'autonomie et à la fois, comme vous le disiez, pour les bornes électriques.
03:00Et pourtant, il faut aller vers cette transition pour avoir des voitures beaucoup plus propres, évidemment,
03:06et éviter d'avoir, notamment dans les agglomérations, dans les villes,
03:10des voitures trop polluantes, Christophe Rollet.
03:13Et ça, vous ne le contestez pas, quand même.
03:16Je ne conteste pas, mais avant l'idéologie, il y a le pouvoir d'achat et le bien-être de
03:20la population.
03:21Et elle n'a pas les moyens, malheureusement, d'assimiler, d'additionner les deux.
03:25Et il faut bien que les gens, elles, travaillaient, aller chercher leurs enfants à l'école.
03:29Il y a encore beaucoup de gens qui utilisent leur véhicule en habitant dans des grandes agglomérations,
03:33sans parler, bien sûr, des autres agglomérations moindres.
03:36Et ces gens-là ont besoin d'un véhicule et n'ont pas les moyens de s'en payer un
03:40oeuf.
03:40Donc, il est vrai qu'on doit tous faire des efforts.
03:43En France, beaucoup de constructeurs, beaucoup de réparateurs font des efforts sur l'élimination des déchets, par exemple.
03:50C'est une solution aussi pour dépolluer la planète.
03:53Et ça, dans le pneu, dans l'entretien, dans la pièce, beaucoup d'efforts de la profession ont été faits.
03:58Mais ça ne suffit pas.
03:59Aujourd'hui, on est face à des consommateurs qui n'ont plus les moyens de se payer des véhicules neufs,
04:05encore une fois,
04:06et qui sont obligés, c'est une obligation pour eux, d'utiliser, en repoussant en plus une prestation, rappelons-le,
04:11qui n'est pas un achat passionnel.
04:13On achète un parfum ou des vêtements par plaisir, on fait entretenir son véhicule,
04:17et nous, on le sait bien dans nos 700 centres, par obligation.
04:20Donc, ce n'est déjà pas un achat plaisir.
04:22Et en plus de ça, il y a une problématique de pouvoir d'achat.
04:24Donc, l'heure, je pense, est à la suspension.
04:26Oui, mais Christophe Relais, est-ce qu'il y a une conscience aussi, quand même, des automobilistes,
04:30que vous venez voir chez vous, de réduire leur impact, leur pollution ?
04:36Parce qu'on est tous concernés, évidemment, par la pollution de l'air, notamment dans les agglomérations.
04:44Oui, complètement. Je pense qu'on en est tous conscients, et les automobilistes le sont également.
04:49Maintenant, il faut savoir, par exemple, sur un véhicule électrique qui est plus lourd qu'un véhicule thermique,
04:53la consommation de produits, de pièces, et notamment de pneumatiques,
04:57s'use beaucoup plus vite parce qu'il est beaucoup plus lourd, donc il pèse plus sur la route.
05:00Donc, son usure est plus rapide, et la pollution l'est également.
05:03Donc, vous voyez qu'aussi, en ayant sorti, un autre exemple, les stations-service des centres-villes,
05:08en sortant les garages des centres-villes également, comme beaucoup de grandes métropoles le font et veulent le faire,
05:13on oblige l'automobiliste à aller chercher du carburant encore plus loin,
05:17ou à faire réparer sa voiture encore plus loin, donc à consommer davantage,
05:21encore une fois, pour l'instant en tout cas, de carburant thermique,
05:24parce qu'ils n'ont pas les moyens de tous travailler, et surtout utiliser de l'électrique à 100%.
05:28Oui, et on va vers des véhicules qui consomment aussi quand même beaucoup moins.
05:33Ça, on a amélioré les choses.
05:35Vous, avec vos centres auto, vous l'avez vu, d'une consommation qui était très énergivore auparavant.
05:44Aujourd'hui, on a réduit énormément, Christophe Relais.
05:47Oui, complètement. Les constructeurs, tout d'abord, ont fait beaucoup d'efforts pour réduire cette consommation,
05:52et les réparateurs, dont Point S fait partie, ont beaucoup œuvré également pour mettre en place du contrôle systématique des
05:58véhicules qui viennent dans nos ateliers,
06:00pour limiter, pour anticiper des réparations qui deviendraient coûteuses, mais surtout usantes et polluantes pour l'environnement.
06:07Oui, absolument. Bon, donc il faudrait aller vers des accompagnements économiques, c'est ça, mais la situation budgétaire est complexe
06:16aussi, Christophe Relais.
06:18Le vrai sujet, c'est comme la mise en place du parc roulant à l'électrique.
06:21Il n'y a pas assez de moyens pour financer un achat qui est 25% en moyenne plus cher
06:25d'un véhicule électrique qu'un véhicule thermique.
06:28Oui, mais à terme, on peut avoir des économies. Évidemment, ça peut coûter un petit peu moins cher, on le
06:33voit évidemment,
06:34quand il y a une augmentation, une inflation des prix des carburants, mais bien sûr, évidemment, il y a un
06:41investissement au démarrage.
06:43Merci Christophe Relais d'avoir été avec nous, directeur général de Point S.
06:48Évidemment, c'est des centres taux que l'on retrouve partout en France, mais également à l'international,
06:53parce que je crois que Cocorico, d'ailleurs au passage, c'est un grand groupe français coopératif et qui aujourd
06:59'hui cartonne dans le monde entier.
07:01On aura en tout cas l'occasion d'en reparler des solutions qui peuvent exister dans le domaine de la
07:09voiture lors du Printemps de la Planète,
07:11demain organisé par Sud Radio, que vous pourrez suivre sur sudradio.fr, évidemment en radio, mais également en vidéo,
07:17avec Jean-Luc Moreau et Laurence Perrault qui animeront une table ronde, l'une des six grandes tables rondes proposées
07:24par Sud Radio.
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