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NewsTranscription
00:00L'année dernière, le gouvernement garantissait que plus jamais une rêve partie n'aurait lieu sur des terres agricoles.
00:05Alors cette année, les fêtards ont trouvé mieux qu'un terrain agricole, un terrain militaire.
00:09Ce week-end, 20 000 personnes se sont réunies près de Bourges pour faire la fête illégalement dans une zone
00:13militaire, malgré l'interdiction de la préfecture.
00:16Énième symbole d'une faille juridique et politique.
00:18On en parle tout de suite avec l'avocat Pierre Gentillet. Bonjour maître.
00:22Bonjour.
00:23Bonjour Pierre Gentillet, merci d'être en direct sur Sud Radio.
00:26Pour parler de ce sujet, très agaçant, parce qu'on entend chaque année, à chaque fois, il y a des
00:30rêves parties quasiment en permanence,
00:32le gouvernement assuré qu'il prendra des dispositions nécessaires, que la République, l'État, les pouvoirs publics sont là, on
00:39va respecter la législation.
00:41Les gens qui sont confrontés sur les terrains sur lesquels ça se tient sont souvent sur les agriculteurs.
00:47Là, on se disait, bon, je pense que la prochaine fois, ça ne sera pas dans ces conditions-là.
00:52C'est pire que jamais sur le nombre, les débordements, il y a eu des arrestations, des comportements illicites, même
00:58un obus trouvé.
00:59Pierre Gentillet, on va aborder deux questions.
01:01D'abord, sur le droit, que dit exactement le droit français aujourd'hui sur la possibilité pour des individus d
01:07'occuper un terrain, faire une rêve partie ?
01:09Deuxièmement, on va parler courage politique.
01:11Pourquoi est-ce que la République fait preuve de lâcheté dans ces affaires-là ?
01:15D'abord, sur le droit, quelle est la marge actuelle d'un gouvernement ou d'un préfet qui voudrait strictement
01:20interdire une rêve partie illégale ?
01:23En réalité, cette marge de manœuvre est assez faible, puisque le simple fait d'organiser une rêve partie n'est
01:28pas un délit.
01:29Au moment où nous parlons, j'insiste, au moment où nous en parlons.
01:33Vous parlez de la manifestation en elle-même.
01:35La manifestation en elle-même, c'est-à-dire que je ne parle pas des infractions autonomes, par exemple le
01:42tapage nocturne, on sait qu'il y a beaucoup de drogues qui circulent, donc l'usage de stupéfiants, le trafic
01:47de stupéfiants autour de la zone.
01:52Donc, l'organisation et la participation, aujourd'hui, d'une rêve partie, ce n'est pas compliqué.
01:58La participation, ce n'est pas une infraction. Et s'agissant de l'organisation, oui, effectivement, il y a une
02:04sanction, c'est une amende de quelques centaines d'euros.
02:07Donc, si vous voulez, on ne va pas chercher bien loin.
02:09Il faut qu'il y ait une déclaration préalable. Il y ait une demande, comme une manifestation.
02:12Oui, mais justement, le propre de ces événements, de ces festivités, je mets des guillemets, c'est précisément qu'elles
02:22se font hors de tout cadre légal, hors de toute déclaration.
02:26C'est la raison pour laquelle je vous ai dit que c'est l'état du droit.
02:29Oui, c'est l'état du droit aujourd'hui, mais il va changer, cet état du droit, puisque les parlementaires,
02:34en avril dernier, se sont saisis de la question et ils ont durci considérablement les sanctions.
02:41Et là, c'est le gouvernement qui a revu le texte à la hausse, ce qui signifie que demain, les
02:45organisateurs d'une rêve partie seraient punis de deux ans de prison et d'une amende pouvant aller, je crois,
02:51jusqu'à 30 000 euros d'amende.
02:52Et cette fois-ci, on sanctionnerait même les participants d'une amende, évidemment, pas d'une sanction de prison.
02:59Donc, si vous voulez, le cadre est en train d'évoluer, c'est tout à fait bienvenu.
03:02Mais au moment où l'on parle, s'agissant de ce qui s'est passé à côté de la base
03:06militaire d'Avor, je crois, puisque ça s'est déroulé à quelques kilomètres de Bourges,
03:12il n'y aura pas de sanctions sur la base de la loi qui est en train d'être adoptée,
03:20si vous voulez.
03:21Donc, il va falloir attendre encore, malheureusement, quelques mois.
03:23Pourtant, ce terrain présentait un risque énorme.
03:26On a même trouvé un obus.
03:28Des obus, bien sûr.
03:30C'est un terrain, j'allais dire, qui est lié à l'activité militaire.
03:33Il était facile pour le préfet ou pour le ministre de l'Intérieur de dire, écoutez, on peut vous trouver
03:38une solution, mais en tout cas, à cet endroit-là, non.
03:40Et si c'est non, l'État dit non, il se donne les moyens de vous empêcher d'y aller.
03:44On a quand même vu la police française contenir des manifestations, des émeutes de façon plus violente que ça.
03:50Et là, systématiquement, on s'écrase comme si, mais s'il y a un trouble ou s'il y a
03:56des heurts, ce sont des jeunes, ils ne sont pas méchants, ils se réunissent pour écouter de la musique.
04:00Bon, ils vont peut-être un petit peu fumailler ou autre.
04:02Voilà, ça serait terrible d'avoir une scène de violence policière contre des jeunes qui se réunissent pour faire de
04:08la musique.
04:08On a l'impression que c'est cette crainte-là, c'est gigantesque quand même, politiquement.
04:13C'est certain que pour ce type de manifestation, je pense qu'effectivement, l'État a une certaine appréhension.
04:21Et par ailleurs, on avait des participants, et je voudrais presque dire des militants déterminés,
04:28puisque il faut bien comprendre de quoi on parle.
04:30On parle ici d'un événement festif, mais qui est quand même très marqué à gauche et sur une tonalité
04:36très anti-militariste.
04:38Et c'est la raison pour laquelle ils voulaient absolument, de ce que j'en ai compris, des bons échos
04:42de la presse,
04:43l'organiser à côté de cette base militaire.
04:45C'est une base militaire importante, je connais un petit peu, je connais un peu le chair.
04:50Du côté d'Avor, c'est une base très importante.
04:53Et c'est même une zone, si vous voulez, c'est une zone très dangereuse.
04:55C'est une zone qui, pendant un certain temps dans la semaine, vous ne pouvez pas y circuler.
05:00C'est-à-dire que c'est une bande de terre de 30 km de long sur 8 km de
05:04large.
05:04Et si vous voulez, il y a des tirs, il y a des essais militaires,
05:08et on interdit la population à un certain moment d'y passer.
05:11Donc c'est dangereux pour les participants eux-mêmes.
05:14Et c'est vrai que c'est absolument absurde que l'État n'ait pas été plus offensif
05:20sur tout le volet préventif, sur l'organisation de cet événement,
05:24qui, rappelons-le, n'est pas un événement autorisé, c'est bien un événement sauvage.
05:28Pierre Gentiller, on dirait presque que c'est une... Comment m'exprimer ?
05:31C'est peut-être une ZAD, une petite ZAD provisoire, on fait une micro-ZAD.
05:34Quelque part, parce que c'est pas seulement une réunion culturelle et artistique,
05:38c'est une réunion avec une connotation politique, voire idéologique,
05:42de contestation du système, du capitalisme, de ce que l'on veut.
05:45C'est une provocation éhontée de l'État et de l'autorité publique,
05:50à laquelle le gouvernement français, pour l'instant, n'a pas su répondre de façon efficace.
05:56On peut parler de démission, de lâcheté, de couardise, voire d'incompétence,
06:01parce que je connais d'autres pays, d'autres démocraties.
06:05Je peux vous dire qu'en Espagne, en Italie ou en Allemagne,
06:07il y aurait peut-être eu une première expérience.
06:10Il n'y en aurait pas eu une deuxième dans ces conditions.
06:12C'est vraiment typiquement français.
06:14Oui, c'est typiquement français.
06:16En même temps, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur le deux poids deux mesures
06:20de ce type d'intervention.
06:22C'est-à-dire qu'au moment des Gilets jaunes,
06:24on a vu que l'État pouvait mettre le paquet.
06:26C'est-à-dire que quand l'État veut, il peut.
06:29Pardonnez-moi.
06:30On a vu d'autres périodes aussi plus récentes dans notre histoire,
06:33je pense notamment au moment du Covid,
06:36où l'État sait restreindre les libertés,
06:38et même de manière complètement outrancière.
06:41Là, ce n'est même pas simplement une question de liberté,
06:43c'est aussi une question de sécurité.
06:45De sécurité pour les manifestants, les participants même,
06:48et aussi, pardon, il faut peut-être penser à eux, pour les riverains.
06:51Parce que pour les riverains, c'est l'enfer.
06:52C'est l'enfer le jour de vie et c'est l'enfer après.
06:55Parce qu'on ne sait pas encore, je ne sais pas encore,
06:57dans quel État vont les manifestants, les participants,
07:04Ce sont des dépotoirs à chaque fois.
07:05C'est catastrophique.
07:07Au frais des services publics, évidemment.
07:09Au frais des services publics.
07:10C'est nous, contre l'État, qui payons.
07:12Tout ça, c'est financé par de l'argent public, hélas.
07:15Et d'ailleurs, ça a été vrai pour des gouvernements de gauche,
07:18de droite, du centre.
07:19Peut-être certains ministres de l'intérieur,
07:21est-ce que Charles Pasqua, Jean-Pierre Sevelman ou Pierre Jox
07:24auraient toléré eux aussi ?
07:25Ils avaient peut-être mis des contraintes,
07:27ils avaient peut-être obligé les rêves partis
07:30à se tenir dans des conditions précises.
07:32Là, depuis quelque temps, c'est open bar.
07:34En fait, vous vous installez où vous voulez.
07:36On fait des interdictions, on fait des déclarations,
07:38et puis on n'intervient pas,
07:40et on laisse la chose se poursuivre.
07:43Quelle image ça donne des autorités françaises
07:46à ceux qui voudraient refaire de la rêve partie ?
07:49Pour l'instant, ils n'ont pas été dissuadés.
07:51Vous avez l'air de dire que le prochain appareil législatif,
07:54même s'il n'est pas parfait,
07:57sera quand même plus contraignant que ce à quoi on est aujourd'hui confronté.
08:00Ah oui, et puis même dans le détail,
08:03si on regarde effectivement ce projet de loi,
08:05parce que maintenant c'est un projet de loi dans le détail,
08:07la difficulté, si vous voulez, dans ce cas de figure,
08:09c'est d'identifier les organisateurs.
08:11Eh bien justement, le projet de loi,
08:13on va voir ce qu'en dira le Conseil constitutionnel,
08:15parce que c'est tout un processus,
08:17le projet de loi détaille vraiment assez finement, je trouve,
08:21et assez habilement ce qu'est un organisateur.
08:23C'est-à-dire que le simple fait, par exemple,
08:25de poser une sono, ou de poser une bâche,
08:27ou toute l'installation,
08:30pourra vous faire considérer comme étant un organisateur ou co-organisateur,
08:34et donc passible de ce délit
08:35qui, je le rappelle, vous fait quand même en courir jusqu'à deux ans de prison.
08:40Donc, je pense qu'effectivement,
08:42cet effet dissuasif,
08:44et on le verra, parce qu'il y aura,
08:46et il ne faut pas s'y tromper,
08:48d'autres parties,
08:49je pense que cet effet dissuasif fonctionnera,
08:52et je pense que c'est bienvenu.
08:54Cette initiative de loi a pour origine le gouvernement,
08:59les pouvoirs publics ?
09:00Au départ, non, au tout départ, c'est le Parlement.
09:03Alors, je ne saurais pas vous dire exactement de quel groupe parlementaire.
09:07Il est probable que ce soit la majorité,
09:10enfin majorité, minorité,
09:11je ne sais pas comment on doit l'appeler aujourd'hui.
09:13Le bloc central.
09:13Disons le bloc central, effectivement, c'est très probable.
09:16Et finalement, c'est Laurent Nunez qui a repris cette affaire très personnellement.
09:20Et il faut dire aussi,
09:21c'est un détail, mais ça compte,
09:23les manifestants ne s'y sont pas trompés,
09:25parce qu'ils sont venus sur les terres de M. Nunez,
09:28puisque M. Nunez est de Bourges,
09:29et ils l'ont d'ailleurs bien affirmé.
09:31Et c'était une manière aussi de venir le défier directement chez lui,
09:34puisque j'ai lu chez certains de vos confrères,
09:36il y a quelques mois,
09:37une indiscrétion,
09:38comme quoi M. Nunez aurait peut-être des ambitions législatives,
09:42figurez-vous,
09:43dans cette circonscription,
09:44la troisième circonscription du Cher,
09:46dont fait partie,
09:48effectivement,
09:49la base militaire d'Avore
09:50et la commune d'Avore.
09:51Donc, c'est peut-être une manière aussi de défier
09:55directement M. Nunez.
09:56Mais voilà, ça, c'est du détail.
09:59Si tel est son projet,
10:00ce n'est pas un message de courage et de fermeté
10:03qu'il a envoyé à ses hypothétiques futurs électeurs.
10:06Pierre Gentilet, pour autant,
10:07est-ce que l'on peut, aujourd'hui,
10:09aménager un cadre législatif, administratif ?
10:13Considérons que la Rêve-Party est une initiative
10:15de la jeunesse qui aime la musique tout à fait légitime.
10:18Est-ce qu'un État de droit comme le nôtre,
10:20parce qu'on est vraiment dans le problème de l'État de droit,
10:22là, depuis que nous échangeons, vous et moi,
10:24est-ce que l'État de droit peut aménager
10:26un cadre législatif, réglementaire, correct,
10:29qui permette malgré tout d'avoir des Rêve-Party,
10:31mais dans des conditions respectueuses de l'environnement,
10:33des riverains, des citoyens, des propriétaires ?
10:36Alors, c'est toute la question,
10:39puisque, alors ça, c'est vraiment,
10:40merci de poser cette question,
10:41parce que c'est un point très important.
10:42Le fait de voter une loi au Parlement
10:46ne signifie pas que cette loi va s'appliquer,
10:48puisque cette loi, effectivement,
10:49vous avez mentionné l'État de droit,
10:51doit respecter un certain nombre de principes,
10:53et notamment des principes à valeur constitutionnelle,
10:55puisque, je le rappelle quand même,
10:56c'est une évidence,
10:57mais ici, on entrave la liberté d'aller et venir,
11:01la liberté de réunion.
11:02Vous en conviendrez, nous en conviendrons tous.
11:04C'est clair, c'est clair.
11:05Et c'est le Conseil constitutionnel
11:07qui va apprécier si cette restriction
11:11est proportionnée ou non
11:13au regard des objectifs visés,
11:15c'est-à-dire ici, effectivement,
11:17d'éviter tous ces risques liés à l'ordre public.
11:20Et on peut parler, effectivement,
11:22de la saleté, des risques,
11:24même pour la santé aussi,
11:26et pour la sécurité.
11:27C'est le Conseil constitutionnel qui se prononcera,
11:31et c'est là où, si vous voulez,
11:33on est bien embêtés, nos juristes,
11:34parce que le simple fait qu'une loi soit votée au Parlement,
11:37avec la bénédiction du gouvernement,
11:40avec une très large majorité à l'Assemblée,
11:43ne signifie pas qu'elle va, dans les faits,
11:46pouvoir s'appliquer.
11:47Elle peut, tout ou partie,
11:49être retoquée par le Conseil constitutionnel.
11:52Et ça pose une question sempiternale.
11:56On en parle, effectivement,
11:57vous avez raison, de plus en plus ces derniers temps.
11:58On a beaucoup parlé avec la loi immigration,
12:00je me souviens,
12:01et même aussi avec la loi sur la réforme des retraites.
12:04À partir du moment où il y a une majorité politique claire,
12:08à partir du moment où il y a une aspiration populaire
12:11qui est portée par le représentant du peuple,
12:13comment se fait-il que neuf juges non-élus
12:17aient la capacité,
12:18et je n'ose pas dire la légitimité,
12:20pour s'opposer à cette volonté politique
12:23au nom de principes juridiques
12:25dont ils sont, en premier et en dernier ressort,
12:27les interprètes.
12:27C'est une question, en effet.
12:29Qui plus est des militants politiques ?
12:30Je dis ça, entre guillemets,
12:32puisqu'ils sont nommés par le Président de la République,
12:33le Président du Sénat,
12:34et le Président de l'Assemblée nationale,
12:36ou la Présidente,
12:36qui ne sont pas des individus neutres politiquement.
12:39Donc, votre question est totalement posée,
12:40et elle me donne l'idée d'un échange avec vous,
12:42prolongé prochainement,
12:44savoir si est-ce qu'il est possible
12:45de réformer le Conseil constitutionnel
12:48qui s'était outroyé des pouvoirs en 71,
12:50en intégrant la Déclaration des droits de l'homme
12:51dans ses capacités.
12:53Tout à fait, en 1971, absolument.
12:55Maître Pierre Gentillet,
12:56je vous invite à venir à débattre avec moi
12:57sur Sud Radio Prochaine Monde
12:58cet enjeu qui est au cœur de l'enjeu républicain.
13:01Merci.
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