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C'est un enfant du PSG, il y a joué 20 ans. Il a gagné l'année dernière la ligue des champions avec l'équipe, et cette saison il a rejoint le Qatar SC. Presnel Kimpembe raconte son parcours dans un livre "#laforce - tomber et se relever" (Ed. Fayard). Il est l'invité de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 28 mai 2026.
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00:00Le matin, Thomas Soto
00:03Il est 8h18, l'interview de Marc-Olivier Fogiel, le PSG va-t-il conserver sa Ligue des Champions samedi
00:08soir après sa finale contre Arsenal ?
00:10Ce qui est sûr, c'est que votre invité, Presnel Kimpembe, sera sur place et même lui qui apportera la
00:15coupe sur le terrain avant le coup d'envoi.
00:17Presnel Kimpembe qui a passé 20 ans sur les pelouses parisiennes.
00:20Et bonjour Presnel Kimpembe.
00:22Bonjour.
00:23Merci d'être avec nous à deux jours donc de cette finale PSG-Arsenal.
00:27Samedi 30 mai, les Parisiens espèrent faire un doublé.
00:29L'année dernière, vous étiez encore au PSG.
00:31Le club remportait sa première Ligue des Champions depuis que vous êtes au Qatar.
00:35Pas trop nostalgique pour commencer de ne pas pouvoir tenter de se doubler ?
00:38L'année dernière, vous étiez sur le banc.
00:40Non, parce que j'ai eu la chance de la gagner la saison passée.
00:44Je suis très très content et très très fier pour le PSG, mes ex-coéquipiers qui sont en finale encore
00:49une fois.
00:49Je serai au stade pour pouvoir les soutenir.
00:51J'ai toujours été leur supporter numéro un.
00:54Je vais continuer de l'être.
00:55Ils semblent encore plus forts que l'année dernière.
00:56Même si c'est la même équipe.
00:59Affirmatif.
01:00Il y en a un autre qui n'est pas sur le terrain, mais lui ça fait deux ans.
01:03C'est Kylian qui a raté l'occasion de la Ligue des Champions.
01:06C'est un mauvais choix sportif, vous diriez ?
01:08Kylian Mbappé ?
01:09Ça, c'est propre à chacun.
01:10Ce sont ses choix.
01:11Votre regard, vous qui êtes un historique du PSG, qui avait un titre.
01:16Forcément.
01:17Il fallait rester pour pouvoir la gagner.
01:19Après, il a fait le choix de partir à Madrid.
01:22Je pense que son choix, il est assumé.
01:24C'était son rêve de gosse, comme il nous l'a dit.
01:27Moi, mon rêve de gosse, c'était d'en gagner une avec le Paris Saint-Germain.
01:29Ça a été chose faite.
01:31Je suis très, très heureux.
01:32Vous préférez être à votre place qu'à la sienne ?
01:34On peut dire ça comme ça ?
01:35Moi, forcément, je préférais être à ma place.
01:37Comme toujours.
01:39Très heureux.
01:40Vous, l'enfant du PSG, c'est ce que vous racontez dans ce livre.
01:43Le livre, la force, tomber et se relever.
01:45C'est très personnel.
01:46On y vient.
01:47Déjà, les chiffres.
01:4820 ans de présence au PSG.
01:50241 matchs ou le maillot.
01:528 titres de champions de France.
01:534 coupes de France.
01:54La Ligue de champions, on vient d'en parler.
01:56Déjà, quand vous retournez en arrière, vous, le petit gamin qui venait d'un milieu défavorisé.
02:01Quel regard vous portez sur ces 20 ans ?
02:03Magnifique.
02:04Je suis très, très heureux d'avoir fait ces 20 ans au PSG avec ses succès comme ses défaites
02:10et avec les nombres de trophées que j'ai pu gagner.
02:13Si c'était à refaire, let's go.
02:15Pourtant, ça n'a pas été simple, en vrai.
02:17Bien sûr, ça a été compliqué.
02:19Il y a eu des moments de doute, des moments de faiblesse.
02:21Mais comme je l'explique dans le livre, c'est tomber et savoir se relever.
02:26Le début d'abord, c'est l'histoire d'un gamin du Val d'Oise, devenu titi parisien.
02:30Vous viviez à Errani-sur-Oise, dans le quartier des Dix Arpents.
02:33C'est quoi votre milieu familial ? On va dire plus que modeste.
02:37Vous la racontez, pas 5 euros pour aller vous acheter un kebab.
02:39C'est comme ça.
02:40C'est la vie et c'est ce qui m'a permis d'avoir le caractère que j'ai aujourd
02:44'hui.
02:44C'est l'éducation que mes parents m'ont donnée.
02:46J'en suis très fier de pouvoir en parler aujourd'hui.
02:48Votre mère d'origine haïtienne, votre père d'origine congolaise, ils sont arrivés en France très jeunes.
02:53Donc vous êtes le fruit de l'immigration.
02:56Pour posséder leurs études, dans l'espoir d'une vie meilleure, ils sont arrivés en France.
02:59Ça a été compliqué pour eux ?
03:00Forcément.
03:01Quatre enfants, ils viennent chacun de leur pays, sans leur famille.
03:05Trouver un travail, assumer les enfants, les responsabilités.
03:08C'est pas mal de choses.
03:09Après, on a toujours été solidaires dans la famille.
03:14Les huissiers à la maison, ça vous les avez vécus, qui tapaient à la porte et qui partaient quoi avec
03:18les meubles ?
03:19Ouais, les meubles, les canapés, les frigos, les trophées des fois.
03:23Et vous, qui avez réussi et qui allez raconter là ces années PSG, vous avez quoi ?
03:28Tiré avec vous toute la famille vers le haut ?
03:30C'est peut-être la famille qui m'a tiré vers le haut.
03:32C'est pas forcément que moi parce que j'ai réussi à m'en sortir.
03:37C'est aussi cette famille qui a été proche de moi, qui a su me donner la main et me
03:41tirer vers le haut quand il fallait.
03:42Ou me donner des baffes, entre guillemets, comme on dit, quand j'allais pas forcément du bon côté.
03:46Ça veut dire quoi ? Parce qu'on prend aussi la grosse tête quand d'un coup ça fonctionne pour
03:50soi.
03:50Et que votre salaire annuel, il a été connu à moins 7 millions d'euros.
03:54Quand je parlais tout à l'heure des 5 euros que vous n'aviez pas pour vous acheter un kebab,
03:57forcément que la tête tourne, non ?
03:59Ça dépend des personnalités de chacun.
04:01Votre personnalité, la vôtre ?
04:02La mienne ?
04:03Ouais.
04:03Non, j'ai jamais pris la grosse tête.
04:04Mais c'est vrai que le milieu fait que c'est possible de l'avoir.
04:08C'est-à-dire ? Qu'est-ce qui fait tourner la grosse tête dans ce milieu du foot qui
04:10fascine et en même temps qui a ce côté un peu bling bling ?
04:13On est des privilégiés, on gagne bien notre vie.
04:15Tout le monde pense qu'on va à l'entraînement pendant une heure et qu'on peut acheter telle voiture,
04:20telle voiture, telle voiture, c'est facile.
04:21On n'est que dans le match vu.
04:24Donc forcément, le monde de dehors, il nous voit comme ça.
04:26Et à l'intérieur, quand vous disiez mes parents, ils m'ont aussi rappelé la réalité des choses, ils vous
04:31rappelaient la réalité des difficultés du quotidien ?
04:33Bien sûr. Ma mère, elle a toujours été là pour me rappeler que, hé, fais attention à ton argent.
04:38Quand on était plus jeunes, tu n'en avais pas.
04:40Mon père aussi, ils m'ont éduqué comme ça.
04:42Il faut faire attention à l'argent, comment tu l'investis, comment tu le places, comment tu le dépenses.
04:46Il ne faut pas le montrer non plus parce qu'on sait qu'en France, le sujet de l'argent,
04:49c'est aussi tabou.
04:50Voilà, on est des personnalités publiques.
04:52Il faut faire attention à comment on le montre et comment on le dépense.
04:54Vous, le fils d'immigré, vous avez forcément été sensible au propos de Kylian Mbappé qui dit
04:59« Je sais quelles conséquences ça peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux, le RN, arrivent aux
05:03commandes. »
05:04Ça vous inspire quoi ? Vous êtes d'accord avec ce que dit Kylian Mbappé ?
05:07Ça ne m'inspire pas.
05:08Ah ouais ?
05:08C'est ce que lui pense.
05:09Vous racontez votre histoire, cette espèce d'ascenseur social que vous avez pris, la méritocratie.
05:14Les élections, c'est dans un an. Vous n'êtes pas engagé du tout politiquement ?
05:16Ce n'est pas une question d'engager ou pas. Chacun est libre de dire et de penser ce qu
05:20'il veut.
05:20On est en France, il a le droit à la parole, il a le droit de s'exprimer.
05:24S'il veut mener ce combat-là, c'est son choix. Il faut savoir aussi le respecter.
05:28Moi, si j'ai besoin d'en parler, je vais en parler. J'ai toujours été aussi à défendre certaines
05:31causes.
05:32J'ai par exemple une association. Je fais attention aux enfants, aux enfants qui sont défavorisés, qui sont dans le
05:37besoin.
05:38Mais la politique, ce n'est pas mon truc.
05:39Ça ne vous effraie pas en tout cas ? Vous n'êtes pas comme lui, vous ne dites pas l
05:42'année prochaine ?
05:43Le pays risque de basculer, ce n'est pas votre inquiétude ?
05:45Ce n'est pas une question d'être effrayé ou pas effrayé.
05:48Et chacun, il pense ce qu'il veut penser, chacun dit ce qu'il veut dire.
05:50Mais il faut y penser quand même.
05:52Dans le parcours au PSG, je disais tout à l'heure, il y a eu des hauts et des bas.
05:55On le raconte dans le livre, donc « Tomber et se relever ».
05:57Le début, ça n'a pas du tout été simple.
06:00Pourtant, vous aviez été repéré à 8 ans.
06:02Mais vous racontez sans livre que malgré ses débuts précoces,
06:05personne ne misait sur vous au début, Presnel.
06:07Oui, c'est la vérité. Parce que je n'étais pas un talent.
06:10J'ai toujours été quelqu'un qui a eu besoin de travailler plus que les autres
06:13pour pouvoir m'affirmer ou me montrer aux yeux des gens.
06:17Vous aviez même un retard physique.
06:18C'est un peu bizarre quand on vous voit aujourd'hui en pleine forme.
06:23Mais au début, vous étiez plus petit, plus frêle.
06:25Et pour intégrer le centre de formation, vous n'aviez même pas de contrat.
06:29Les autres avaient un contrat.
06:30Et vous, vous étiez plutôt le laissé pour compte.
06:33Oui, c'est vrai.
06:33J'étais plus petit que les autres, plus mince.
06:35Ça a été compliqué de rentrer au centre de formation parce qu'on ne misait pas sur moi.
06:39Force de travail, d'abnégation.
06:41J'ai pu renverser la tendance et montrer que tout était possible.
06:44Finalement, les débuts que vous racontez, c'était galère.
06:47Vous vous êtes accroché.
06:48Avant de devenir réellement professionnel, vous étiez plutôt sur le banc que sur le terrain.
06:52Qu'est-ce qui a fait que ça a pu fonctionner ?
06:53Le travail, tout simplement.
06:55Toujours croire en soi.
06:56Ça me tenait à cœur de montrer qu'on se trompait à mon sujet.
07:00C'est ce que vous inculquez à vos enfants.
07:02Je disais que parmi vos trois enfants, il y en a un déjà qui a intégré le Paris Saint-Germain.
07:06Oui, et j'espère qu'il n'aura pas le même parcours que moi.
07:08C'est-à-dire ? Parce que vu de l'extérieur, on lui souhaite le même parcours que vous.
07:11Oui, parce que tout le monde voit le succès, les titres, les beaux jours.
07:15Personne ne voit les moments d'ombre, de doute, de faiblesse, de travail.
07:19De pression sur les joueurs, vous le racontez dans votre livre.
07:22Notamment après cette main à Manchester, quand vous allumez le portable, vous faites déchirer sur les réseaux sociaux.
07:28C'est aussi ça la vie d'un joueur et c'est compliqué d'avoir le moral.
07:32Oui, ce n'est pas facile parce qu'il y a des moments comme ceux-là qui peuvent arriver.
07:35Il y a beaucoup de pression, beaucoup d'enjeux.
07:38On peut passer à travers, on peut commettre des erreurs dans la vie de tous les jours, pour tout le
07:42monde.
07:43Ce jour-là, il est arrivé pour moi et ça a été compliqué de sortir la tête de l'eau.
07:47La pression aussi autour de l'équipe de France.
07:49Il y a eu cette coupe en 2018.
07:51Moi qui ne connais pas grand-chose au football, je me souviens d'en 2022.
07:53C'est vous qui faites en sorte de ne pas être sélectionné.
07:56Oui, parce que j'avais besoin d'avoir une discussion avec le coach par rapport à ma situation et à
08:02mon tendon d'agile.
08:03Il savait que vous étiez potentiellement blessé, vous ne faisiez pas totalement confiance et vous, vous aviez besoin qu'on
08:08vous fasse confiance pour y aller vraiment.
08:10Non, ce n'est pas qu'il ne me faisait pas confiance.
08:12Je pense que j'avais la confiance du sélectionneur et du staff, mais c'est vrai qu'à cet instant
08:17-là, je sentais qu'il y avait peut-être un doute ou des questions où il y avait besoin d
08:21'avoir des réponses.
08:22Donc vous êtes allé le voir, vous avez provoqué la discussion et vous lui avez dit « moi, ça sera
08:27sans moi ».
08:28Exactement.
08:28Vous convenez que c'est rare ?
08:30Bien sûr que c'est rare. Après, c'était mon choix. Ils devaient le respecter.
08:33J'ai pris mes responsabilités et j'estimais que cette équipe de France avait besoin de peut-être quelqu'un
08:40d'autre qui était à 100% au lieu de moi qui était un peu plus diminué.
08:44D'ailleurs, l'année d'après, pour le coup, vous avez vraiment été blessé.
08:46Vous n'avez plus joué au PSG pendant un moment.
08:49Puis maintenant, le Qatar, c'est quoi la suite pour vous ?
08:51Là, vous vous attendiez à être sélectionné pour la Coupe du Monde 2026 ou pas du tout ?
08:55C'est une blague, là, ce que tu me disais.
08:56Non, pourquoi pas ?
08:57Non, parce que…
08:58Trop vieux ?
08:59Ben alors, j'ai 30 ans.
09:00Et alors ?
09:0130 ans, ce n'est pas vieux.
09:02Ah bon, alors ?
09:02Je suis jeune, je suis jeune.
09:06Ben donc, pourquoi c'est une blague de vous attendiez à être sélectionné ou pas ?
09:09Parce qu'il faut savoir être honnête avec soi-même. Moi, je ne peux pas me mentir à moi-même.
09:13Et donc ?
09:13Je savais que je n'allais pas être sélectionné.
09:15Il faut être compétitif, il faut pouvoir jouer, il faut jouer au niveau, il faut enchaîner les matchs tous les
09:19trois jours.
09:20Il faut jouer la Champions League. Je ne suis pas dupe.
09:22Et tout ça, c'est fini ?
09:23Ce n'est pas fini, mais en tout cas, ce n'est pas le cas actuellement.
09:26Et donc, ce n'est pas fini quand même ?
09:27Ah non, ce n'est pas fini. Je ne ferme jamais les portes.
09:29L'espoir, c'est quoi ?
09:30C'est rêver.
09:31Et donc là, 30 ans, il y a quoi, encore 10 ans de carrière ?
09:33Oui, facile.
09:34Et entre-temps, votre fils vous aura rattrapé ?
09:36Il faut qu'il joue avec moi.
09:40Et ça sera peut-être lui, comme dans la famille Thuram finalement, il y a le petit jeune qui a
09:44dépassé le père.
09:45Ça serait une fierté ?
09:46Peut-être, on l'espère. C'est tout ce que je lui souhaite et je me souhaite aussi.
09:50Un pronostic pour samedi ?
09:52Victoire parisienne, forcément.
09:54Oui, mais à combien ?
09:55Je pense que ça va être un match serré, mais ouvert à la fourrêt. Je dirais 3-2.
09:593-2 pour Paris ?
10:00Forcément.
10:01Allez, Presnel, Kimbempe, la force, tomber et se relever chez Fayard. Merci beaucoup.
10:05Merci à vous.
10:06Merci à vous, Marc-Olivier.
10:08Merci.
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