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  • il y a 10 minutes
Avec Rémi Vincent, directeur du GITeS (Groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté)

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-05-04##

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Transcription
00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:05Il est 7h41, Sud Radio vous explique, face au dealer, dans certains endroits, dans certains quartiers, on s'organise.
00:16C'est le cas du côté de Toulouse.
00:18Toulouse, où je vous le disais, ce week-end, il y a encore un jeune qui a été tué dans
00:22le quartier des ISA.
00:23Règlement de compte, probablement, ce qui est dit ce matin en une de la dépêche du midi.
00:28Nous sommes avec Rémi Vincent, qui est directeur du groupement Interquartier de Tranquillité et de Sûreté à Toulouse.
00:36Bonjour Rémi Vincent.
00:39Bonjour monsieur.
00:40Bon, dites-nous, donc, comment a été conçu ce groupement Interquartier de Tranquillité et de Sûreté,
00:47qui, normalement, doit faire la chasse au dealer.
00:51Mais je voudrais bien savoir si tout cela, c'est légal.
00:54Expliquez-nous alors.
00:55Alors, l'expression chasse au dealer, je vous la laisse parce que ce n'est absolument pas ce qu'on
01:00utilise comme vocabulaire.
01:01Nous, on a été créé par neuf bailleurs sociaux toulousains, donc neuf organismes HLM,
01:06qui sont propriétaires d'immeubles collectifs, notamment au quartier du Mirail,
01:10et qui avaient des gros problèmes, en effet, d'intranquillité, d'insécurité dans leur cage d'escalier,
01:15qui frappaient directement à leur locataire.
01:17Donc, ils ont créé, et j'ai été nommé à la tête de ce groupement, une entité qui a pour
01:22vocation de faire des rondes de tranquillité et de prévention,
01:24tous les jours de l'année, sur une cinquantaine d'immeubles dans l'agglomération toulousaine,
01:28et donc, en effet, de faire cesser tous les troubles à la tranquillité que subissent les locataires au quotidien.
01:33Dont en partie, notamment, les occupations de cage d'escalier, les tapages qui proviennent des logements,
01:39les dégradations, les salissures, les squats, etc.
01:42Mais alors, qui compose ce groupement interquartier de tranquillité et de sûreté, Rémi Vincent ?
01:48Alors, neuf bailleurs sociaux, c'est-à-dire que nous ne sommes pas une entreprise privée qui faisons du bénéfice,
01:53nous sommes en effet une société de coordination à statut privé, mais qui exerce une mission de service public.
01:58Donc, ça n'est pas une privatisation, c'est une innovation locale, une forme d'hybridation des actions de tranquillité
02:07et de sécurité.
02:07Et on ne travaille que pour les bailleurs sociaux, donc que pour les organismes HLM.
02:11Je parlais des gens qui font les rondes, là, que vous avez cités.
02:14Ah oui, excusez-moi.
02:14Oui, non, non, je vous en prie.
02:15Qui sont-ils ? Ce sont des anciens policiers ? C'est qui exactement ? Quel CV ils ont-ils
02:22?
02:22Oui, les deux tiers de nos agences sont issus des forces de gendarmerie, de police, des forces armées, des pompiers.
02:28C'est des gens qui ont déjà servi le service public, qui ont servi la population et qui ont ce
02:33goût de servir l'intérêt général.
02:35Mais on a aussi un tiers de personnel qui provient de la sécurité privée classique ou d'autres professions en
02:41général.
02:41Est-ce qu'ils sont armés ?
02:44Alors, nous avons en effet, après enquête administrative, autorisation préfectorale, formation d'une semaine avec informateur, police ou gendarmerie.
02:52En effet, nos agences sont dotées d'armement de catégorie D.
02:54Alors, pour expliquer un petit peu ce que c'est techniquement, ce sont des bâtons de protection, des petites matraques
02:58et des petites gazeuses lacrymogènes.
03:01Mais c'est uniquement en cas de légitime défense, évidemment.
03:04On n'a aucune autre compétence.
03:06On n'a pas de compétence de police, mis à part la possibilité de relever par procès-verbaux des infractions
03:11que nous constaterions.
03:12Donc, si un individu devant nous crache ou dépose des encombrants ou jette sa poubelle par la fenêtre,
03:19là, nos agents qui sont assermentés, qui ont prêté serment devant le tribunal judiciaire, pourront dresser un PV.
03:24La personne pourrait être convoquée devant le tribunal de police et avoir une amende jusqu'à 1500 euros.
03:28Oui. Est-ce que vous travaillez justement avec la police, qu'elle soit municipale ou nationale, Rémi Vincent ?
03:35Oui, oui. On travaille...
03:36Alors, ce qui est intéressant avec notre forme, nous, c'est qu'on a un statut privé, mais surtout, on
03:40exerce une mission de service public.
03:41On est vraiment dans ce continuum de sécurité, dans ce continuum de gestion locale, de proximité.
03:46C'est-à-dire qu'à la fois, on va travailler avec la police, avec la gendarmerie, donc avec des
03:50forces plutôt coercitives.
03:52Mais on va également travailler avec les services urbanisme, avec les services de la ville, avec les services sociaux s
03:56'il le faut, avec les bailleurs sociaux eux-mêmes.
03:59On est vraiment au carrefour. On est à un nouvel échelon.
04:01On n'est pas des policiers. On n'est plus des gardiens d'immeubles.
04:04On n'est pas que des agents de sécurité.
04:06On est un petit peu tous à la fois, avec aussi des capacités de médiation et de dialogue vis-à
04:10-vis des individus qui cassent les pieds au quotidien des habitants.
04:13On va venir travailler avec ces différentes techniques.
04:15Oui. Alors, pour des habitants qui ont cassé les pieds, comme vous l'avez dit, Rémi Vincent, je pense qu
04:21'il voit ça d'un bon oeil.
04:21Mais il y en a d'autres qui vont vous critiquer, qui vont dire que vous êtes une milice privée,
04:26en quelque sorte, Rémi Vincent.
04:27Qu'est-ce que vous leur répondez ?
04:29Je leur réponds que le risque est en effet qu'apparaissent des milices privées, puisque le secteur marchand va s
04:37'engouffrer dans certaines défaillances de l'État.
04:40Ce que nous, on a créé, c'est justement une nouvelle forme, donc qui n'est pas étatique ou qui
04:45n'est pas une police municipale, mais une nouvelle forme de régulation.
04:48Et je préfère largement que ce soit nous qui le fassions avec notre cadre déontologique, le niveau de formation de
04:55nos agents, encadrés par les bailleurs, y compris en impliquant les locataires,
04:59plutôt que ce soit une entreprise privée classique qui s'engouffre là-dedans.
05:02Donc non, on n'est absolument pas une milice.
05:04D'ailleurs, dans les enquêtes de satisfaction que l'on fait auprès de nos locataires par des cabinets indépendants, 90
05:08% des gens ont répondu que nos agents se tenaient bien.
05:11Donc on n'est pas du tout ce modèle de milice avec des brutes, des cow-boys qui débarqueraient dans
05:15les quartiers.
05:15On est vraiment au contact de la population, on est à la fois extrêmement autoritaire et efficace vis-à-vis
05:21des casse-pieds, et on est beaucoup apprécié par la population.
05:25Finalement, vous remplacez un peu la fameuse police de proximité qui a disparu il y a une quinzaine d'années,
05:31il y a plus d'une quinzaine d'années, il y a quasiment 20 ans maintenant, on s'en souvient.
05:34C'était notamment à Toulouse, tiens, justement.
05:36Mais est-ce que vous avez des contacts avec les délinquants, les dealers ? Est-ce que vous allez, puisque
05:42je parle de cette police de proximité, jouer au foot, par exemple, avec eux ?
05:46Ou est-ce que vous essayez de nouer le contact pour leur dire, bon, dégagez des caches d'escalier, évitez
05:53effectivement de faire ci, de faire ça ?
05:56Ce qui fonctionne, justement, vous avez raison de pointer le doigt sur ça, c'est que ce qui fonctionne, c
06:00'est que quand on arrive sur une nouvelle résidence, un nouveau site, dans un quartier sensible, on va dire,
06:04nous, on va parler à tout le monde, à la population, on va jouer au foot avec les gamins qui
06:08sont au pied d'immeuble, et on va aussi parler aux dealers en leur expliquant que nous, on n'est
06:12pas policiers,
06:12on n'est pas là pour faire des enquêtes, on n'est pas là pour les interpeller, nous, on n
06:16'est pas là pour lutter contre le trafic de stupes.
06:17Par contre, on sait bien que ce sont les dealers qui cassent les pieds aux gens.
06:19Donc, nous, on va aller voir ces dealers, et puis on leur dit, écoutez, peu importe ce que vous vendez,
06:23ce n'est pas notre problème.
06:24Par contre, on va vous demander de sortir de l'immeuble, de ramasser vos déchets, et en fait, à force
06:28de venir tous les jours, une fois, deux fois, trois fois, de rester une heure, deux heures,
06:32on a obtenu, sur toutes les résidences que l'on surveille, on a obtenu l'amélioration du cadre de vie
06:36des gens.
06:37C'est-à-dire qu'on n'a plus, moi, quand j'ai commencé il y a huit ans, il
06:39y avait des cages d'escalier avec des canapés, des fauteuils, c'était barra chicha à l'intérieur de la
06:43cage d'escalier, si vous voulez, avec les clients qui attendaient, qui venaient acheter.
06:46Aujourd'hui, grâce à ce travail de proximité, de dialogue au quotidien, il n'y a plus une seule cage
06:52d'escalier parmi les immeubles que l'on surveille, qui est occupée par des canapés, des fauteuils et des gens
06:56qui squattent toute la journée.
06:58Ils se sont réorganisés, et les locataires nous disent qu'en fait, leur immeuble est plus propre et plus calme.
07:02Bon, ça n'empêche pas les règlements de compte, parce que vous avez vu le quartier des Isards ce week
07:06-end, samedi, il y a un jeune de 22 ans qui a été tué, c'est la piste de ce
07:09règlement de compte.
07:10Un dernier mot, rapidement, Rémi Vincent, c'est à Toulouse, est-ce qu'il y a d'autres villes qui
07:16adoptent votre concept, alors ?
07:18Alors, les bailleurs sociaux parisiens ont créé ça en 2004, donc c'est nos grands cousins dont on s'est
07:23inspiré, évidemment, quand on a créé notre modèle.
07:25Et puis ensuite, on a aidé des bailleurs sociaux à Nice et à Montpellier, en 2023 et 2024, à créer
07:30le même type de structure.
07:31Alors, ils ne dépendent pas de nous, mais on les a accompagnés dans cette création.
07:34Donc aujourd'hui, il y a quatre groupements en France qui existent sur ce modèle-là, et je pressens, et
07:39je pense que dans les 12 à 24 prochains mois, vous aurez une bonne surprise, et je pense que d
07:44'autres villes françaises vont créer le même type d'unité, oui.
07:46Oui, on va suivre ça. Merci en tout cas d'avoir été avec nous, et très clair, Rémi Vincent, directeur
07:51du groupement Interquartier de Tranquillité et de Sûreté.
07:54Pour l'instant, c'est à Toulouse.
07:56Vous, en tout cas, c'est là où vous opérez, mais vous nous avez dit qu'il y a des
07:59petits cousins un peu partout en France qui commencent à se développer.
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