00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:30BFM Business a pris 4%, et nous on a pris 4,5% sur le portefeuille.
00:33Exactement, c'est une belle performance.
00:36Alors, je pense qu'on le mettra en exergue, c'est très inégalement réparti dans le portefeuille.
00:41Et on reste quand même dans un contexte où les dispersions de performances sont énormes
00:47entre les bénéficiaires du contexte, que ce soit un contexte IA ou même le contexte de prix d'énergie
00:55qui devrait rester durablement plus haut qu'anticipé en début d'année au moins.
01:01Et les IA losers sur lesquels, là, très vite, même dans une période de hausse très forte des marchés,
01:10on a eu des inquiétudes qui se sont encore matérialisées la semaine dernière.
01:13Oui, c'est peut-être le fait marquant de cette semaine de turbulence,
01:18c'est qu'au milieu de tout ça, on n'a pas oublié non plus de massacrer ce que l
01:21'IA allait disrupter.
01:22Enfin, une espèce de réflexe conditionné quand même qui a beaucoup de mal à partir.
01:25Mais du coup, tout ce qui est logiciel souffre.
01:29S.A.P. par exemple ?
01:30Oui, S.A.P. et Capgemini.
01:32Nous, ce qu'on a constaté, c'est que dans les trois grosses journées de rebond qu'on a eues
01:37depuis le début du conflit,
01:38en fait, c'est vraiment les thématiques d'avant qui reviennent tout de suite au premier plan.
01:44Donc, c'est principalement l'IA, l'infrastructure IA, et on reviendra dessus.
01:48Et c'est vrai que quand vous êtes dans, disons, cette sphère d'IA losers,
01:54alors il y a eu avant RELC, maintenant il y a Capgemini qui a été identifié,
01:58et plus récemment SAP, on est vraiment sur des inquiétudes qui sont loin des fondamentaux.
02:05Voilà, très clairement.
02:07Et donc, qu'est-ce qui se passe ?
02:09Nous, dans notre jargon, on appelle ça un D-rating,
02:11c'est-à-dire que les niveaux de valorisation affectés à un SAP,
02:15qui étaient à peu près de 42 fois les bénéfices de l'année future,
02:19sont maintenant à 29 fois,
02:21tout simplement parce qu'on affecte moins de durabilité et moins de visibilité aux bénéfices futurs.
02:28On peut dire qu'à moyen terme, notamment toute la partie souscription,
02:34qui donne beaucoup de résilience à SAP,
02:42devrait être mise sous pression par l'intelligence affectuelle,
02:46qui sera capable de, alors pas forcément de complètement remplacer, évidemment, un SAP,
02:51mais en tout cas de simplifier un certain nombre de choses.
02:55Mais vous dites que la nouvelle valorisation désormais d'SAP,
03:00ou Capimini, beaucoup moins chère qu'avant sur le marché,
03:02a fait le job ?
03:03On a fait le job, là, ou on voit encore ces valorisations amenées à reculer et à fondre ?
03:08Sur les logiciels, c'est mondial.
03:12Donc, Microsoft, vous le verrez, a perdu une vingtaine de pourcents,
03:15et quel que soit le type de logiciel,
03:18vous faites de l'infrastructure, vous faites de l'ing...
03:21Le logiciel basique, en effet, là, vous pouvez être inquiet,
03:25puisque quand vous faites de la fiche de paie et autres,
03:28il est assez évident qu'à 3-5 ans,
03:32on aura la capacité de faire ça beaucoup, beaucoup plus facilement.
03:36Vous êtes poli, 3-5 ans, même, dans deux mois, dans deux semaines.
03:39Par contre, quand vous êtes sur de l'infra,
03:43c'est-à-dire tous les logiciels qui vous permettent de faire fonctionner l'IA,
03:46ou des choses qui sont très sensibles,
03:48on va avoir deux problèmes.
03:49On va avoir, un, le problème que ce sont des données sensibles,
03:52donc vous ne voulez pas forcément confier ça.
03:54Vous avez un problème de souveraineté et de sécurité,
03:56voilà, et de formation aussi.
03:58Bien sûr.
03:59Et le deuxième problème, vous avez un problème de transition,
04:03c'est-à-dire que c'est très difficile de sortir de ce type de logiciel
04:07qui est vraiment complètement implémenté dans toutes les divisions de l'entreprise.
04:13Donc, nous, on considère qu'on va avoir des fortes opportunités.
04:17Par contre, tant qu'on a des modèles qui, tous les trois mois,
04:21sont bien meilleurs que le modèle d'avant,
04:23le catalyste, pour revenir sur ces dossiers-là, il n'est pas évident.
04:27Donc, on ne sait pas à quel niveau de multiple ça va...
04:31Le poison du doute reste là.
04:33Le poison du doute reste là.
04:35Et il faut savoir que, si vous regardez sur très longue période la partie software,
04:39avant le modèle par souscription,
04:41la valorisation des softwares était beaucoup plus basse.
04:43Et donc là, on est revenu au modèle d'avant,
04:46où, en fait, vous payez à la mise à jour.
04:50Donc là, en effet, il y avait beaucoup moins de résilience.
04:52Et donc, on est en train de revenir à ce modèle-là.
04:54Ça nous semble excessif.
04:56Voilà.
04:57Par contre, il faudrait être, à mon avis, très sélectif dans la sélection.
04:59Et c'est très intéressant ce que vous dites,
05:01parce que la semaine dernière,
05:02donc, il y a été une vraie semaine de répit sur les marchés,
05:04où on s'est dit, c'est bon, les Américains, les Iraniens vont négocier,
05:07ça va bien se passer,
05:08et la paix est à portée de main, peut-être.
05:10Bon, les marchés sont un tout petit peu sortis de leur angoisse existentielle.
05:13Et d'un coup, chassé naturel, il revient au galop,
05:16c'est l'inquiétude sur les logiciels qui est revenue.
05:17Est-ce que ça préfigure ce qui arrivera quand la paix sera annoncée,
05:20on espère un jour, entre Américains et Iraniens à savoir,
05:23un retour, effectivement, à ce qu'était le monde de fin 2025,
05:26début 2026, avant le déclenchement de cette guerre ?
05:28Là, on a un horizon à quelques heures,
05:31voire quelques jours, je suis encore optimiste, à quelques heures.
05:34Donc, dès que l'horizon va revenir,
05:38on va revenir sur des problématiques moyen-long terme,
05:40donc le choc économique,
05:43les conséquences du prix de l'énergie,
05:46qui va rester quand même relativement haut
05:48pendant 12, 18, voire plus,
05:50évidemment, en fonction des destructions
05:53sur les infrastructures énergétiques dans la zone.
05:57On va revenir là-dessus.
05:58Et donc, le marché est très, très cohérent.
06:01Donc, dès qu'on retrouve un peu de visibilité,
06:04il revient, en effet,
06:06sur des dossiers qui sont complètement cohérents
06:09avec ce qu'ils voient dans le futur,
06:11c'est-à-dire des dossiers qui seront profités de l'IA
06:15et qui sont relativement résilients
06:17face à des prix de l'énergie relativement élevés
06:19ou des problématiques de souveraineté.
06:21Oui, c'est intéressant, justement,
06:22ces phases de répit, de respiration,
06:24de soulagement du marché,
06:25parce que ça nous permet d'anticiper
06:26ce que sera la tendance,
06:27que seront les grands moteurs
06:29et, au contraire, les grands freins du marché
06:30quand on sortira de cette phase de guerre.
06:32C'est très intéressant.
06:33C'est une forme de moment avancé du futur, quoi,
06:35qu'on dit.
06:36Prismian, la semaine dernière, a gagné 14%.
06:38C'est le champion du portefeuille BFM responsable
06:40sur la semaine.
06:4114% de hausse Prismian,
06:4312% de hausse Eton.
06:45Pas mal.
06:45Et donc là, vous avez le double effet qui se coule.
06:48Souveraineté plus IA.
06:50Et donc là, évidemment,
06:51un retour massif sur ce type de dossier.
06:56Donc, quand vous êtes au carrefour de tout,
06:59voilà.
07:00Après, en effet, les hausses sont très importantes
07:03parce que là, c'est sur une semaine,
07:05je crois, que depuis le début de l'année,
07:06on est à plus de 30% de hausse.
07:08Donc, nous, on reste positionnés sur ces dossiers-là
07:12tout simplement parce que la demande est explosive
07:15et donc on va avoir des effets demande
07:17et des effets marge.
07:18Il faut savoir que sur le Prismian,
07:19sur la partie data center,
07:21on a eu une hausse, le trimestre dernier,
07:23de 40% des revenus
07:25et de 200% du carnet de commandes.
07:27Donc, on a exactement les mêmes phénomènes
07:29que ce que vous pouvez voir sur les mémoires
07:31ou sur d'autres.
07:32Voilà.
07:32Donc, un phénomène de boom industriel
07:34qui fait que ces dossiers-là,
07:36aujourd'hui,
07:37ils sont quasiment immunes
07:38du contexte dans lequel on se trouve actuellement
07:42et les investisseurs sont prêts à payer pour ça.
07:44Bon.
07:45Alors, intéressant de regarder ces secteurs immunes
07:46et puis intéressant de voir les énergies renouvelables
07:49parce que c'est quand même une très mauvaise pub au pétrole
07:50qu'on est en train de vivre
07:51avec cette flambée des cours.
07:53La dépendance vis-à-vis d'un tout petit mouchoir de poche,
07:55le golfe Persique, la dépendance du reste du monde
07:57vis-à-vis de quelques pays
07:59et d'un pays en particulier,
08:00à savoir le bon vouloir de l'Iran.
08:02Est-ce que ce qui se passe là
08:03profite particulièrement aux valeurs énergie renouvelable ?
08:05C'était le cas au début de la guerre.
08:06Est-ce que ça continue d'être le cas ?
08:07Oui, ça continue d'être un soutien.
08:10Alors après, attention,
08:12prix du pétrole haut,
08:13ça ne veut pas dire énergie renouvelable favorisée.
08:16Il faut que les chocs soient répétitifs,
08:19il faut que les chocs soient durables
08:20et à l'énergie renouvelable,
08:23vous avez un effet réglementation
08:25qui est relativement important,
08:27mais qui peut être complètement gommé
08:28si les prix du pétrole restent élevés
08:30puisque la technologie renouvelable
08:32va rester hors phénomène de subvention,
08:37va rester très compétitive.
08:38Donc on va avoir en effet,
08:41à notre avis,
08:41un intérêt de se positionner
08:43sur le moyen long terme,
08:44sur vraiment des dossiers
08:46qui sur le long terme
08:47ont beaucoup, beaucoup,
08:48entre guillemets,
08:48d'irréter aussi,
08:50et donc qui sont en train
08:51de revenir à meilleure fortune.
08:52Mais par exemple,
08:53pour vous donner une idée,
08:55un EDP Renovais,
08:56qui est l'une des plus grosses sociétés
08:59renouvelables en Europe,
09:01c'est 17% de hausse
09:02sur 12 mois.
09:05Donc on n'est pas du tout
09:06sur ces phénomènes-là.
09:07Mais nous, on considère
09:08qu'on va avoir des effets durables
09:10et donc ces effets durables
09:12vont se traduire par quoi ?
09:13Par des carnets de commandes,
09:14par le retour des renouvelables
09:16comme une solution alternative
09:19aux énergies carbonées
09:20et donc des accélérations
09:22a priori de commandes
09:24à la fois en Europe
09:25mais aussi hors de l'Europe.
09:27Je pense que l'Asie
09:28se rend compte
09:29de façon assez violente
09:32puisqu'on est en Asie,
09:33on est même en Philippines,
09:35je crois qu'il n'y a plus
09:39de carburant.
09:40Donc voilà,
09:40on est en train de se rendre compte.
09:42Donc derrière ça,
09:42vous avez 50%
09:45de la population mondiale
09:47qui va se dire
09:47qu'il faut qu'on trouve
09:48aussi nous
09:49une indépendance énergétique
09:51et ça passe par
09:53les renouvelables
09:54comme l'a très bien vu la Chine
09:55qui a beaucoup développé
09:56ces renouvelables
09:57sur les 20 dernières années.
09:59Pierre-Alexis Dumont,
10:00directeur des investissements
10:01de Sycomore
10:02est l'un des trois
10:03co-gérants de ce portefeuille
10:04BFM responsable.
10:05Merci beaucoup Pierre-Alexis.
10:06Merci.
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