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  • il y a 2 jours
Ce lundi 13 avril, Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore Asset Management, s'est penché sur la performance du portefeuille BFM Responsable, et le recul sur les valeurs des logiciels, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:30BFM Business a pris 4%, et nous on a pris 4,5% sur le portefeuille.
00:33Exactement, c'est une belle performance.
00:36Alors, je pense qu'on le mettra en exergue, c'est très inégalement réparti dans le portefeuille.
00:41Et on reste quand même dans un contexte où les dispersions de performances sont énormes
00:47entre les bénéficiaires du contexte, que ce soit un contexte IA ou même le contexte de prix d'énergie
00:55qui devrait rester durablement plus haut qu'anticipé en début d'année au moins.
01:01Et les IA losers sur lesquels, là, très vite, même dans une période de hausse très forte des marchés,
01:10on a eu des inquiétudes qui se sont encore matérialisées la semaine dernière.
01:13Oui, c'est peut-être le fait marquant de cette semaine de turbulence,
01:18c'est qu'au milieu de tout ça, on n'a pas oublié non plus de massacrer ce que l
01:21'IA allait disrupter.
01:22Enfin, une espèce de réflexe conditionné quand même qui a beaucoup de mal à partir.
01:25Mais du coup, tout ce qui est logiciel souffre.
01:29S.A.P. par exemple ?
01:30Oui, S.A.P. et Capgemini.
01:32Nous, ce qu'on a constaté, c'est que dans les trois grosses journées de rebond qu'on a eues
01:37depuis le début du conflit,
01:38en fait, c'est vraiment les thématiques d'avant qui reviennent tout de suite au premier plan.
01:44Donc, c'est principalement l'IA, l'infrastructure IA, et on reviendra dessus.
01:48Et c'est vrai que quand vous êtes dans, disons, cette sphère d'IA losers,
01:54alors il y a eu avant RELC, maintenant il y a Capgemini qui a été identifié,
01:58et plus récemment SAP, on est vraiment sur des inquiétudes qui sont loin des fondamentaux.
02:05Voilà, très clairement.
02:07Et donc, qu'est-ce qui se passe ?
02:09Nous, dans notre jargon, on appelle ça un D-rating,
02:11c'est-à-dire que les niveaux de valorisation affectés à un SAP,
02:15qui étaient à peu près de 42 fois les bénéfices de l'année future,
02:19sont maintenant à 29 fois,
02:21tout simplement parce qu'on affecte moins de durabilité et moins de visibilité aux bénéfices futurs.
02:28On peut dire qu'à moyen terme, notamment toute la partie souscription,
02:34qui donne beaucoup de résilience à SAP,
02:42devrait être mise sous pression par l'intelligence affectuelle,
02:46qui sera capable de, alors pas forcément de complètement remplacer, évidemment, un SAP,
02:51mais en tout cas de simplifier un certain nombre de choses.
02:55Mais vous dites que la nouvelle valorisation désormais d'SAP,
03:00ou Capimini, beaucoup moins chère qu'avant sur le marché,
03:02a fait le job ?
03:03On a fait le job, là, ou on voit encore ces valorisations amenées à reculer et à fondre ?
03:08Sur les logiciels, c'est mondial.
03:12Donc, Microsoft, vous le verrez, a perdu une vingtaine de pourcents,
03:15et quel que soit le type de logiciel,
03:18vous faites de l'infrastructure, vous faites de l'ing...
03:21Le logiciel basique, en effet, là, vous pouvez être inquiet,
03:25puisque quand vous faites de la fiche de paie et autres,
03:28il est assez évident qu'à 3-5 ans,
03:32on aura la capacité de faire ça beaucoup, beaucoup plus facilement.
03:36Vous êtes poli, 3-5 ans, même, dans deux mois, dans deux semaines.
03:39Par contre, quand vous êtes sur de l'infra,
03:43c'est-à-dire tous les logiciels qui vous permettent de faire fonctionner l'IA,
03:46ou des choses qui sont très sensibles,
03:48on va avoir deux problèmes.
03:49On va avoir, un, le problème que ce sont des données sensibles,
03:52donc vous ne voulez pas forcément confier ça.
03:54Vous avez un problème de souveraineté et de sécurité,
03:56voilà, et de formation aussi.
03:58Bien sûr.
03:59Et le deuxième problème, vous avez un problème de transition,
04:03c'est-à-dire que c'est très difficile de sortir de ce type de logiciel
04:07qui est vraiment complètement implémenté dans toutes les divisions de l'entreprise.
04:13Donc, nous, on considère qu'on va avoir des fortes opportunités.
04:17Par contre, tant qu'on a des modèles qui, tous les trois mois,
04:21sont bien meilleurs que le modèle d'avant,
04:23le catalyste, pour revenir sur ces dossiers-là, il n'est pas évident.
04:27Donc, on ne sait pas à quel niveau de multiple ça va...
04:31Le poison du doute reste là.
04:33Le poison du doute reste là.
04:35Et il faut savoir que, si vous regardez sur très longue période la partie software,
04:39avant le modèle par souscription,
04:41la valorisation des softwares était beaucoup plus basse.
04:43Et donc là, on est revenu au modèle d'avant,
04:46où, en fait, vous payez à la mise à jour.
04:50Donc là, en effet, il y avait beaucoup moins de résilience.
04:52Et donc, on est en train de revenir à ce modèle-là.
04:54Ça nous semble excessif.
04:56Voilà.
04:57Par contre, il faudrait être, à mon avis, très sélectif dans la sélection.
04:59Et c'est très intéressant ce que vous dites,
05:01parce que la semaine dernière,
05:02donc, il y a été une vraie semaine de répit sur les marchés,
05:04où on s'est dit, c'est bon, les Américains, les Iraniens vont négocier,
05:07ça va bien se passer,
05:08et la paix est à portée de main, peut-être.
05:10Bon, les marchés sont un tout petit peu sortis de leur angoisse existentielle.
05:13Et d'un coup, chassé naturel, il revient au galop,
05:16c'est l'inquiétude sur les logiciels qui est revenue.
05:17Est-ce que ça préfigure ce qui arrivera quand la paix sera annoncée,
05:20on espère un jour, entre Américains et Iraniens à savoir,
05:23un retour, effectivement, à ce qu'était le monde de fin 2025,
05:26début 2026, avant le déclenchement de cette guerre ?
05:28Là, on a un horizon à quelques heures,
05:31voire quelques jours, je suis encore optimiste, à quelques heures.
05:34Donc, dès que l'horizon va revenir,
05:38on va revenir sur des problématiques moyen-long terme,
05:40donc le choc économique,
05:43les conséquences du prix de l'énergie,
05:46qui va rester quand même relativement haut
05:48pendant 12, 18, voire plus,
05:50évidemment, en fonction des destructions
05:53sur les infrastructures énergétiques dans la zone.
05:57On va revenir là-dessus.
05:58Et donc, le marché est très, très cohérent.
06:01Donc, dès qu'on retrouve un peu de visibilité,
06:04il revient, en effet,
06:06sur des dossiers qui sont complètement cohérents
06:09avec ce qu'ils voient dans le futur,
06:11c'est-à-dire des dossiers qui seront profités de l'IA
06:15et qui sont relativement résilients
06:17face à des prix de l'énergie relativement élevés
06:19ou des problématiques de souveraineté.
06:21Oui, c'est intéressant, justement,
06:22ces phases de répit, de respiration,
06:24de soulagement du marché,
06:25parce que ça nous permet d'anticiper
06:26ce que sera la tendance,
06:27que seront les grands moteurs
06:29et, au contraire, les grands freins du marché
06:30quand on sortira de cette phase de guerre.
06:32C'est très intéressant.
06:33C'est une forme de moment avancé du futur, quoi,
06:35qu'on dit.
06:36Prismian, la semaine dernière, a gagné 14%.
06:38C'est le champion du portefeuille BFM responsable
06:40sur la semaine.
06:4114% de hausse Prismian,
06:4312% de hausse Eton.
06:45Pas mal.
06:45Et donc là, vous avez le double effet qui se coule.
06:48Souveraineté plus IA.
06:50Et donc là, évidemment,
06:51un retour massif sur ce type de dossier.
06:56Donc, quand vous êtes au carrefour de tout,
06:59voilà.
07:00Après, en effet, les hausses sont très importantes
07:03parce que là, c'est sur une semaine,
07:05je crois, que depuis le début de l'année,
07:06on est à plus de 30% de hausse.
07:08Donc, nous, on reste positionnés sur ces dossiers-là
07:12tout simplement parce que la demande est explosive
07:15et donc on va avoir des effets demande
07:17et des effets marge.
07:18Il faut savoir que sur le Prismian,
07:19sur la partie data center,
07:21on a eu une hausse, le trimestre dernier,
07:23de 40% des revenus
07:25et de 200% du carnet de commandes.
07:27Donc, on a exactement les mêmes phénomènes
07:29que ce que vous pouvez voir sur les mémoires
07:31ou sur d'autres.
07:32Voilà.
07:32Donc, un phénomène de boom industriel
07:34qui fait que ces dossiers-là,
07:36aujourd'hui,
07:37ils sont quasiment immunes
07:38du contexte dans lequel on se trouve actuellement
07:42et les investisseurs sont prêts à payer pour ça.
07:44Bon.
07:45Alors, intéressant de regarder ces secteurs immunes
07:46et puis intéressant de voir les énergies renouvelables
07:49parce que c'est quand même une très mauvaise pub au pétrole
07:50qu'on est en train de vivre
07:51avec cette flambée des cours.
07:53La dépendance vis-à-vis d'un tout petit mouchoir de poche,
07:55le golfe Persique, la dépendance du reste du monde
07:57vis-à-vis de quelques pays
07:59et d'un pays en particulier,
08:00à savoir le bon vouloir de l'Iran.
08:02Est-ce que ce qui se passe là
08:03profite particulièrement aux valeurs énergie renouvelable ?
08:05C'était le cas au début de la guerre.
08:06Est-ce que ça continue d'être le cas ?
08:07Oui, ça continue d'être un soutien.
08:10Alors après, attention,
08:12prix du pétrole haut,
08:13ça ne veut pas dire énergie renouvelable favorisée.
08:16Il faut que les chocs soient répétitifs,
08:19il faut que les chocs soient durables
08:20et à l'énergie renouvelable,
08:23vous avez un effet réglementation
08:25qui est relativement important,
08:27mais qui peut être complètement gommé
08:28si les prix du pétrole restent élevés
08:30puisque la technologie renouvelable
08:32va rester hors phénomène de subvention,
08:37va rester très compétitive.
08:38Donc on va avoir en effet,
08:41à notre avis,
08:41un intérêt de se positionner
08:43sur le moyen long terme,
08:44sur vraiment des dossiers
08:46qui sur le long terme
08:47ont beaucoup, beaucoup,
08:48entre guillemets,
08:48d'irréter aussi,
08:50et donc qui sont en train
08:51de revenir à meilleure fortune.
08:52Mais par exemple,
08:53pour vous donner une idée,
08:55un EDP Renovais,
08:56qui est l'une des plus grosses sociétés
08:59renouvelables en Europe,
09:01c'est 17% de hausse
09:02sur 12 mois.
09:05Donc on n'est pas du tout
09:06sur ces phénomènes-là.
09:07Mais nous, on considère
09:08qu'on va avoir des effets durables
09:10et donc ces effets durables
09:12vont se traduire par quoi ?
09:13Par des carnets de commandes,
09:14par le retour des renouvelables
09:16comme une solution alternative
09:19aux énergies carbonées
09:20et donc des accélérations
09:22a priori de commandes
09:24à la fois en Europe
09:25mais aussi hors de l'Europe.
09:27Je pense que l'Asie
09:28se rend compte
09:29de façon assez violente
09:32puisqu'on est en Asie,
09:33on est même en Philippines,
09:35je crois qu'il n'y a plus
09:39de carburant.
09:40Donc voilà,
09:40on est en train de se rendre compte.
09:42Donc derrière ça,
09:42vous avez 50%
09:45de la population mondiale
09:47qui va se dire
09:47qu'il faut qu'on trouve
09:48aussi nous
09:49une indépendance énergétique
09:51et ça passe par
09:53les renouvelables
09:54comme l'a très bien vu la Chine
09:55qui a beaucoup développé
09:56ces renouvelables
09:57sur les 20 dernières années.
09:59Pierre-Alexis Dumont,
10:00directeur des investissements
10:01de Sycomore
10:02est l'un des trois
10:03co-gérants de ce portefeuille
10:04BFM responsable.
10:05Merci beaucoup Pierre-Alexis.
10:06Merci.
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