- il y a 4 heures
Ce lundi 8 juin, Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, et Xavier Patrolin, président d'Albatros Capital, se sont penchés sur une probable hausse des taux de la BCE, les marchés boursiers en Europe et aux États-Unis, l'introduction en Bourse de SpaceX ainsi que le rachat de SFR dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Banca Montepaschi des Siennas, vous la connaissez Raphaël ?
00:07Oui bien sûr, elle est bien connue celle-là, depuis la Renaissance, elle est née sous la Renaissance,
00:12cette banque, et c'est la plus vieille banque encore en activité dans le monde, elle est en Italie,
00:17on peut en voir le siège d'ailleurs au cœur de Siennes, un bâtiment, vous l'avez vu aussi.
00:22Voilà, on est dans le sublime.
00:23Merci beaucoup Raphaël, il est là, directeur des stratégies de marché de capitaux pour TQO Capital.
00:27Raphaël, vous allez devoir vous mouiller sur SpaceX aussi, mais promis, on va démarrer sur d'autres thématiques,
00:32parce que ce sera dans 4 jours, et on aura d'ici là, d'ici vendredi, largement l'occasion d
00:36'y revenir.
00:37Dans un instant, Xavier Patrolin aussi sera à nos côtés.
00:39D'abord l'ambiance de marché, et la BCE qui, ce jeudi, pourrait aussi faire l'événement en relevant ces
00:45taux,
00:45on attend une première hausse de taux de la BCE depuis 2023.
00:49Sur l'échelle des erreurs de politique monétaire, ce serait une petite erreur de politique monétaire,
00:53ou plutôt une grosse si elle relevait ces taux jeudi d'après vous ?
00:55Là, quand on regarde la donnée et la reprise de l'inflation avec ces hausses de prix de l'énergie,
01:00il n'y a pas d'erreur de politique à remonter les taux une fois.
01:03Ça, ça paraît être une certitude.
01:06Et d'ailleurs, quand on écoute un peu le discours des grands membres de cette BCE ces derniers temps,
01:11ça a été très unanime.
01:13Que ce soit les colombes ou les faucons, on indique qu'il faut monter les taux,
01:18qu'aujourd'hui le choc énergétique ne sera pas que temporaire,
01:21qu'il y a un aspect structurel finalement de prix de l'énergie plus haut qui s'installe dans les
01:25économies,
01:26à adresser en tant que banquier central.
01:29Et dans ces conditions, il y a une unanimité qui fait sens.
01:32La question que vous posez d'erreur de politique monétaire,
01:35elle pourrait se poser si effectivement la BCE persistait dans ces hausses de taux
01:39à un moment où le choc énergétique serait amené à peut-être disparaître petit à petit
01:45au fur et à mesure qu'il y ait une potentielle réouverture du détroit.
01:48Ça, c'est une vraie question.
01:49On se souvient qu'en 2022, il y avait une erreur de politique monétaire inverse,
01:53à savoir que la BCE et la Fed avaient été trop longues à remonter leurs taux
01:58en pensant que ces hausses de prix allaient être rapidement dissipées.
02:02Cette fois-ci, peut-être que l'erreur politique, elle se fera dans l'autre sens,
02:05à être trop agressif de remonter les taux.
02:07Bon, l'un de nos experts la semaine dernière, Laurent Martin, nous disait
02:11il serait logique que la BCE relève ses taux et pas qu'une fois.
02:13Pourquoi ? Parce que oui, on a une boucle prix-revenus qui risque de se mettre en place.
02:19Exemple, dans un pays comme la France,
02:21les retraites sont indexées à l'inflation,
02:25le SMIC est indexé à l'inflation aussi.
02:27Donc, beaucoup de revenus en France, quand même, sont indexés à l'inflation
02:30et donc, cette boucle prix-revenus risque de se mettre en place.
02:35Est-ce que cet argument, vous y adhérez ?
02:37C'est un risque, et c'est ce qu'on appelle le risque d'inflation de second tour,
02:41à savoir que cette hausse des prix de l'énergie puisse avoir des répercussions
02:44sur le marché du travail, sur les hausses de salaire,
02:47auquel cas, tout d'un coup, on ouvre une conversation très différente.
02:50Là, on est face à une inflammation structurelle
02:52qu'il faut combattre activement.
02:54L'inflammation.
02:56Inflation, inflammation.
02:57Exactement.
02:58Xavier, on parlera de SpaceX dans un instant comme promis,
03:00mais voilà, si la BCE relève ses taux jeudi,
03:03parce que ce sera l'autre grand événement de la semaine,
03:04est-ce qu'on serait dans l'erreur de politique monétaire ou pas ?
03:06Raphaël nous disait non à l'instant.
03:08Oui, je suis d'accord, mais je ne vais pas rajouter grand-chose, alors.
03:11Bon, alors, on passe au sujet sur...
03:12Il n'y a aucune erreur de politique monétaire, non ?
03:14C'est tout à fait normal.
03:16Si vous prenez...
03:17On va continuer à prolonger sur le cas.
03:19C'est normal, mais ça sert à quoi ?
03:22Si tu prends, par exemple, le pouvoir d'achat par unité de consommation,
03:27que publie l'INSEE,
03:29donc tous les trimestres,
03:31on est au cinquième trimestre
03:33où le pouvoir d'achat par unité de consommation est négatif.
03:39Et ce phénomène, on le retrouve un peu partout en Europe.
03:43Donc il faut combattre...
03:45Il y a bien les effets de second tour qui se mettent en place,
03:47les mécanismes d'indexation que tu mentionnais,
03:50mais pas uniquement les mécanismes d'indexation
03:52par la...
03:53Comment dirais-je ?
03:54Par le légal d'indexation,
03:58notamment du SMIC ou des retraites.
04:00Mais même si tu prends le commentaire
04:02sur les publications du PMI Flash,
04:05on voit que les hausses de prix,
04:10de coûts,
04:11sont les plus spectaculaires pour les entreprises.
04:13Depuis, il faut remonter quasiment à la période du Covid
04:16sur le mois de mai.
04:19Donc il faut agir.
04:21Et alors, dernier point,
04:22si on prend en termes de taux réels contemporains,
04:27c'est-à-dire on prend les taux courts instantanés,
04:30moins le régime de l'inflation,
04:33la BCE est relativement en retard,
04:35puisque c'est quasiment la seule banque centrale
04:37qui a des taux réels courts, négatifs.
04:41Donc elle a été très en...
04:43Est-ce qu'elle ira, par contre,
04:44la question qui était sous-jacente,
04:46quand je suis rentré dans le studio,
04:48j'ai entendu,
04:49est-ce qu'elle ira très au-delà ?
04:50Évidemment, non.
04:53Probablement qu'elle fera une,
04:54voire peut-être une deuxième aux étaux.
04:56Mais la conjoncture se dégrade.
04:59La conjoncture européenne,
05:00la France, on est en récession,
05:02c'est un secret de polychinelle.
05:04L'Europe, l'Allemagne,
05:05la situation se dégrade spectaculairement.
05:07Il n'y a que l'Europe et l'Italie
05:08qui arrivent à s'en sortir.
05:11Et donc probablement que le ralentissement économique
05:13contraindra la Banque centrale
05:14dans sa volonté de remonter les taux.
05:16Donc, elle a un potentiel de 25
05:19ou de 50 points de base,
05:20probablement au maximum.
05:22Et tout ça est sans doute déjà dans les cours.
05:23C'est-à-dire que la hausse de taux
05:25de la BCE de jeudi,
05:26on en parle depuis maintenant plusieurs semaines,
05:28elle est quasiment pricée à 100%
05:29aujourd'hui dans les marchés.
05:30Est-ce qu'on se dit donc
05:31que sur les marchés européens,
05:33autant Wall Street a beaucoup progressé,
05:34autant l'Europe moins ?
05:35Est-ce qu'il y a un coup à jouer ?
05:36Est-ce que s'il y a un coup à jouer
05:37sur les marchés aujourd'hui,
05:38c'est ici en Europe ?
05:39Paradoxalement,
05:40puisque la BCE devrait relever ses taux.
05:41Mais c'est déjà dans les cours.
05:42Alors oui,
05:43ce que dit Xavier est intéressant.
05:45Ce n'est pas consensuel.
05:46Et nous, on est plutôt de la vie de Xavier.
05:48C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
05:48le marché vous indique
05:49qu'il y aura probablement
05:50peut-être jusqu'à 3 hausses de taux
05:52cette année par la BCE.
05:54Or, ça ne paraît pas complètement intuitif.
05:56En tout cas,
05:56il y a une forme d'asymétrie
05:58à imaginer qu'effectivement,
06:00la BCE puisse aller si loin,
06:02si fort en termes de hausses des taux,
06:03à un moment où effectivement
06:04la conjoncture se dégrade.
06:07Puis petit 2,
06:08il y a quand même un scénario qui existe
06:09de réouverture d'hormous,
06:10de détente sur les prix de l'énergie,
06:12de détente sur le prix du pétrole
06:15qui justifierait peut-être de patienter.
06:17Et d'ailleurs,
06:18on disait qu'il y a une forme de consensus
06:19sur la hausse de taux à venir
06:20pour la BCE la prochaine fois.
06:22En revanche,
06:23il y a aussi un consensus pour dire
06:24qu'après ça,
06:25il sera urgent d'attendre,
06:27de voir ce qui se passe
06:28vis-à-vis de l'Iran,
06:30des prix de l'énergie,
06:31des effets de second tour.
06:32Elle veut garder ses options ouvertes,
06:33la BCE.
06:34Donc finalement,
06:35ce consensus de marché
06:36qui semble indiquer
06:373 hausses de taux
06:39pour d'ici la fin d'année,
06:40il est loin d'être certain
06:41quand on regarde ça
06:42d'un prisme d'investisseur.
06:44Et d'ailleurs,
06:44nous,
06:44on aime bien se positionner
06:45sur cette partie de la courbe.
06:47Acheter du risque de taux
06:48sur le 2 ans,
06:49le 3 ans,
06:49le 5 ans,
06:50c'est plutôt attractif.
06:50Mais donc,
06:51il y a une probabilité
06:51de bonnes surprises.
06:52Le marché anticipe
06:53trop de baisse de taux
06:54de la BCE
06:54et donc,
06:55peu de probabilité
06:55de bonnes surprises
06:56et de réactions favorables
06:57des marchés européens.
06:58Et au-delà de ça,
06:59est-ce qu'on se dit
06:59qu'effectivement,
07:00il y a une opportunité ici en Europe
07:01parce que l'Europe
07:02sous-performe en bourse
07:03et qu'à un moment,
07:03quand il y aura une rotation,
07:05une vraie,
07:05ce sera en faveur de l'Europe
07:06où on se dit
07:06non,
07:06quand même,
07:06le potentiel de croissance,
07:07il est faible.
07:08La France,
07:09on est en quasi-récession sans doute
07:10et donc,
07:10de ce point de vue-là,
07:11ça va être très compliqué.
07:12On espérait aussi
07:13beaucoup du secteur de la défense
07:14par exemple
07:14pour tracter les marchés européens
07:15depuis le début de l'année.
07:16Ça ne fait pas grand-chose,
07:17on en parlera en détail.
07:18Mais voilà.
07:19Sur le marché actions,
07:20effectivement,
07:21l'Europe a sous-performé
07:22cette année.
07:23Alors ça,
07:23en l'occurrence,
07:24ce n'était pas consensuel.
07:25Beaucoup,
07:25y compris nous-mêmes,
07:26pensions que cette année,
07:27ça pourrait être
07:28une bonne année
07:29pour les actifs européens.
07:30Ça n'a pas été le cas
07:30parce que l'Iran
07:31a beaucoup impacté l'Europe.
07:33Elle est plus cyclique,
07:34plus industrielle,
07:35moins portée par la tech,
07:36donc plus impactée
07:37par l'énergie.
07:38Nous,
07:38on pense que les facteurs
07:40qui justifiaient
07:41d'être optimistes
07:41pour l'Europe cette année
07:43sont toujours en place.
07:44Il y a du stimulus en Europe,
07:46les valorisations
07:47sont beaucoup moins contraignantes
07:49qu'elles ne peuvent l'être
07:50aux États-Unis,
07:51que finalement,
07:53grâce à ça aussi,
07:54on va avoir
07:54des perspectives
07:55de croissance de résultats
07:56qui devraient être satisfaisants,
07:58probablement,
07:59peut-être même
07:59dans les deux chiffres,
08:01plus de 10%,
08:01on verra.
08:02Et dans ces conditions,
08:03on a un mix
08:04valo-croissance des bénéfices
08:06stimulus fiscal
08:08qui est plutôt attractif
08:09si effectivement
08:10il n'y a pas de récession,
08:11si le détroit d'Ormuz
08:12finit par rouvrir,
08:13ça fait beaucoup de si,
08:14mais au final,
08:15l'équilibre des risques
08:16est plutôt attractif
08:17quand on regarde l'Europe
08:18et on a envie
08:19d'être investi,
08:19de continuer à investir.
08:20Bon,
08:21et on parlera en détail
08:21de SpaceX dans un instant,
08:23mais SpaceX viendra rajouter
08:24on va dire une forme
08:26de dimension refuge
08:27à l'Europe
08:27face à un Wall Street
08:28de plus en plus,
08:29on va dire,
08:30spatial.
08:31Alors,
08:32il y a cette dimension-là aussi
08:32dans une allocation.
08:34Quand vous avez du risque US,
08:35et tout le monde a du risque US,
08:36aujourd'hui,
08:37vous avez un risque tech,
08:38IA,
08:39très important.
08:40Ce risque tech,
08:41IA,
08:41il est attractif ou pas,
08:42chacun fera son avis.
08:44Mais c'est vrai que
08:44dans un contexte
08:45plus court-termiste
08:46aujourd'hui,
08:46on sent qu'il y a
08:47une forme de fébrilité
08:48sur cette thématique.
08:49Effectivement,
08:50beaucoup d'introductions
08:51en bourse,
08:52beaucoup de dilution
08:53de ce risque tech
08:54à travers des émissions
08:55d'actions
08:55de plusieurs acteurs,
08:57et à un moment
08:58où le marché
08:58a beaucoup performé
08:59sur la tech,
09:00un peu de consolidation,
09:01donc avoir de l'Europe,
09:02finalement,
09:02ça vous diversifie.
09:03Tactiquement,
09:04pourquoi pas ?
09:04Tactiquement,
09:05l'Europe intéressante
09:06à nouveau ou pas ?
09:06Xavier ?
09:08Non,
09:08non.
09:11Non,
09:11effectivement,
09:12les arguments de valorisation,
09:13en tout cas,
09:13les arguments de valorisation
09:14relatifs sont pertinents.
09:16de valorisation absolue,
09:18historiquement,
09:19ça me semble moins vrai.
09:21Si je prends le marché français,
09:23la prime de risque
09:23sur le marché français,
09:24on a un PE
09:26qui est légèrement supérieur
09:28à 15,
09:29ou 15,2,
09:3015,3.
09:31Ça fait un inverse de PE,
09:32ça fait ce qu'on appelle
09:34un rendement bénéficiaire
09:36d'un peu plus de 6%.
09:37On lui retranche
09:38le 10 ans français
09:40qui est à 3,70
09:42ou un peu moins 3,70.
09:43On a une prime de risque
09:44qui est à 2,9.
09:47historiquement,
09:48sur les 15,
09:4920 dernières années,
09:49c'est une prime de risque,
09:50je ne parle pas en termes,
09:51mais c'est une prime de risque
09:52qui est relativement basse.
09:54Or,
09:54l'Europe est confrontée
09:55depuis le conflit
09:56russo-ukrainien
09:59à une forme
10:00de déclin structurel.
10:02L'Europe a une problématique
10:03énergétique
10:04qu'elle ne résout pas
10:05et le conflit
10:06dans le détroit d'Hormuz
10:06ne fait que l'accentuer.
10:08Donc,
10:08les coûts énergétiques
10:09en Europe
10:10sont significativement,
10:12je le répète régulièrement,
10:13mais sont significativement
10:14supérieurs
10:15à ceux
10:16de la plaque américaine
10:17et ceux
10:17de la plaque asiatique.
10:19Donc ça,
10:19c'est un élément
10:20qui ne va pas se résoudre
10:22à court terme.
10:22Même si Hormuz
10:23rouvrait demain matin,
10:24ce qui ne sera pas le cas,
10:25c'est long,
10:26mais voilà.
10:27Ça changera
10:28peu de choses,
10:29je pense.
10:30Ça changera peu de choses
10:31parce qu'on a
10:31on a substitué
10:33le GNL américain
10:35au gaz russe
10:38à des coûts
10:40qui sont deux à trois fois
10:41supérieurs
10:41et le GNL
10:43qui vient du Qatar
10:44ou du Moyen-Orient,
10:45on a quelques problèmes
10:47ces derniers temps.
10:48Donc ça,
10:49c'est un élément
10:49de dégradation
10:50de la compétitivité
10:51et puis effectivement,
10:53la fenêtre technologique
10:55illustre,
10:56jour après jour,
10:57ou même la chronique,
10:58le fait même,
10:58on va parler de SpaceX,
11:00mais d'introduire
11:01une valeur
11:02comme SpaceX
11:03à entre 1700
11:06et 2000 milliards
11:07de dollars,
11:08c'est de capitalisation,
11:11j'entends.
11:12Ça prendra des liquidités
11:13à ce qui aurait pu aller
11:14à l'Europe.
11:14C'est ça que vous dites,
11:15ça vient concurrencer l'Europe.
11:16Oui,
11:17et puis ça illustre
11:19l'absence de contrepartie,
11:24si ce n'est identique,
11:26en Europe,
11:26c'est-à-dire
11:27de supports d'investissement
11:28qui offrent,
11:29sans aller à ces multiples
11:30de capitalisation boursière,
11:31qui offrent,
11:32je veux dire,
11:32une perspective de moyen terme.
11:34On n'a pas ça en Europe.
11:35Donc l'attractivité,
11:37même si le marché nord-américain
11:38est probablement surévalué
11:39dans l'instant,
11:40on peut convenir
11:42une forme de bulle
11:43de surévaluation,
11:44de toute façon,
11:45restera une attractivité
11:48incroyable.
11:49C'est-à-dire de proposer
11:49des supports d'investissement
11:50de cette nature-là
11:51à l'échelle mondiale,
11:52il n'y a pas d'équivalent.
11:54Oui,
11:54alors voilà,
11:55on va rentrer dans le détail.
11:56Maintenant,
11:56on est à quatre jours
11:57dans l'introduction en bourse
11:57de SpaceX,
11:58bien sûr,
11:59chance ou au contraire
12:00piège pour les marchés,
12:02pour les investisseurs.
12:03Certains disent
12:03SpaceX qui arrive,
12:05c'est tellement gigantesque
12:06avec en plus
12:06derrière Anthropique,
12:07les levées de capitaux
12:08annoncées par Alphabet,
12:09par peut-être Meta aussi,
12:10qui manifestement envisagent
12:11une immense levée de capitaux
12:12aussi dans les prochaines semaines.
12:14C'est un paquebot
12:15dans la piscine là.
12:16Voilà,
12:16il y a un univers de liquidité,
12:17un potentiel de liquidité,
12:18puis là,
12:19un paquebot qui arrive
12:19dans la piscine,
12:20ça va faire trop d'un coup.
12:21Est-ce que vous pensez
12:22que ça va faire trop d'un coup ?
12:23SpaceX n'étant que
12:24le premier étage
12:25de la fusée,
12:25si j'ose dire,
12:26des introductions
12:26en bourse à venir.
12:28Xavier ?
12:29C'est sûr que c'est une économie
12:31où des marchés financiers
12:32qui sont chauffés,
12:35qui sont chauffés à blanc.
12:36C'est une économie américaine
12:38qui est exacerbée.
12:39Ça, c'est valable
12:40depuis quasiment une décennie,
12:42au fond,
12:43enfin,
12:43peut-être pas une décennie,
12:44depuis l'après-Covid,
12:45au fond,
12:45depuis le premier mandat de Trump,
12:48Trump a procédé
12:49à des baisses d'impôts,
12:50après, il y a eu le stimulus post-Covid
12:52et il revient à la charge
12:54avec une effervescence
12:56de projets d'investissement.
12:57Donc oui,
12:58il y a effectivement
12:58des ponctions extrêmement élevées.
13:00Ça, je suis bien d'accord.
13:02C'est vrai que c'est spectaculaire.
13:03Alors, quand un paquebot
13:04tombe dans une piscine,
13:05il se passe quoi ?
13:05Non, mais ce n'est pas une piscine,
13:07c'est un océan.
13:09Ce n'est même pas un océan,
13:10c'est un univers.
13:11SpaceX,
13:12c'est une promesse
13:15incroyable.
13:16Alors, sans doute
13:16que la valorisation,
13:17ce qui est étrange
13:18dans la valorisation de SpaceX,
13:20moi, j'ai juste regardé
13:21du coin de l'œil,
13:22c'est d'avoir une valorisation
13:24qui ressemble à celle,
13:25au fond,
13:25ça relève du capital risque.
13:27C'est une biothèque,
13:29je ne vais pas dire
13:30qu'elle ne fait pas
13:30de chiffre d'affaires,
13:31elle en fait.
13:32Il y a des réalisations
13:33concrètes à utile
13:33quand on voit
13:36ces départs de fusée
13:37tous les deux,
13:38enfin, pas trois,
13:39trois, quatre jours
13:39et les récupérations.
13:42Mais au fond,
13:43tout ça est soutenu
13:43par la puissance américaine.
13:45Donc, il y a
13:45ces espèces d'alliances,
13:48ces conjonctions
13:49entre l'État américain,
13:51la NASA,
13:53Elon Musk,
13:53et pour l'instant,
13:54tout ce qui a touché
13:55Elon Musk
13:56s'est transformé...
13:59Je ne sais pas,
14:00Grock,
14:00vous utilisez Grock,
14:01vous,
14:02dans l'intelligence artificielle ?
14:03Non, j'avoue que...
14:04Mais moi,
14:04j'utilise très peu
14:05l'intelligence artificielle.
14:06Pour l'instant,
14:06j'essaye d'utiliser
14:07ma propre intelligence.
14:08J'ai déjà...
14:09Les robots humanoïdes,
14:10c'est pas trop...
14:10Non, mais après,
14:11je suis dur, bien sûr,
14:12il y a Tesla,
14:12il y a beaucoup de succès,
14:13mais il sort des sentiers battus,
14:16il essaye plein de trucs,
14:17donc c'est normal.
14:18Je veux dire que c'est un inventeur,
14:20il y a des choses qui marchent,
14:21il y a des choses qui ne marchent pas,
14:21ça fait partie du process.
14:23Non, là,
14:23ce qui est étrange,
14:24c'est effectivement
14:25la valorisation.
14:26Ça, c'est un sujet...
14:28C'est valorisé,
14:29Spacys,
14:3094 fois le chiffre d'affaires.
14:31Oui,
14:31j'allais dire presque 100 fois, oui.
14:34Le record à Palantir...
14:35quand il s'est introduit,
14:36était valorisé 3 fois
14:37le chiffre d'affaires.
14:38Oui,
14:38Microsoft, 4.
14:39Palantir,
14:40ça a été 50 fois
14:41le chiffre d'affaires.
14:43Si on va sur les valeurs de bibliothèques,
14:45par construction des valeurs de bibliothèques,
14:46elles ne font pas de chiffre d'affaires.
14:49Donc là,
14:49effectivement,
14:49c'est assez déstabilisant
14:50pour les investisseurs traditionnels,
14:52parce que là,
14:53on est sur des hypothèses.
14:55Alors,
14:55les banquiers d'affaires sont là
14:56pour vous expliquer
14:57là où il n'y a pas de chiffre d'affaires,
14:58là où il y aura un chiffre d'affaires
14:59dans 1, 2, 3...
15:00Bref.
15:01Mais,
15:02il y a quand même,
15:03il y a beaucoup de...
15:04il y a beaucoup de...
15:05comment dirais-je...
15:06d'inconnus
15:09et les primes de risque
15:10sont probablement
15:11trop basses
15:12sur SpaceX.
15:15Par contre,
15:15demeure...
15:16Mais je sens que vous êtes prêt à y aller.
15:17Oui, oui.
15:17Je sens que vous êtes prêt
15:18à prendre la phase.
15:18Je faisais un aficionados d'Elon Musk,
15:21mais oui, oui, moi, je...
15:22Oui.
15:22Mais pourquoi ?
15:23Ah bah parce que c'est un...
15:24c'est un pur génie.
15:26Vous nous disiez,
15:26mathématiquement,
15:27ça ne tient pas.
15:27Non, non.
15:28L'équation de départ...
15:28C'est là,
15:29c'est ce qui me retient.
15:31Je suis ambigu,
15:33ou bicéphale,
15:34si j'ose dire.
15:34Il y a la partie passionnée
15:37par l'espace,
15:39par cette nouvelle frontière.
15:42C'est Charles...
15:43C'est Carl Sagan
15:45qui disait...
15:47qui disait...
15:50la Terre
15:51est le berceau de l'humanité.
15:52Et donc l'humanité
15:53n'a pas vocation
15:54à rester dans son berceau.
15:55Tout bébé n'a pas vocation
15:56à rester dans son berceau.
15:57Et au fond,
15:58quand on regarde,
15:59quand on étudie un peu
16:00Elon Musk,
16:00c'est ce qui l'anime
16:01depuis,
16:02j'allais dire,
16:02tout petit.
16:03il vit avec
16:04les exemplaires
16:07de Tintin
16:07sur la Lune.
16:08Et lui,
16:09son truc,
16:10c'était pas...
16:12c'est pas la voiture électrique,
16:14c'est pas...
16:15c'est vraiment
16:16Objectif Lune,
16:17c'est vraiment l'espace.
16:18Donc on peut se dire
16:19que là-dessus,
16:20il a travaillé.
16:21Ce qu'il dit éventuellement
16:23sur les...
16:24les data centers
16:25qui seraient
16:28en situation
16:29géostationnaire,
16:31avec...
16:31on résoudrait une partie
16:32de la consommation
16:34d'énergie
16:34avec des...
16:35ça,
16:36c'est plutôt astucieux.
16:37Alors,
16:38il y a plein de gens
16:38qui vous disent
16:39que c'est impossible.
16:39Mais si c'est possible,
16:41pour le coup,
16:42ça va résoudre
16:43une sacrée problématique.
16:44Ça peut résoudre
16:45une sacrée problématique.
16:46Donc je trouve
16:46qu'il y a quelque chose
16:47d'intéressant.
16:47L'an dernier,
16:48SpaceX n'a dégagé
16:49que 18 milliards
16:50de dollars de revenus
16:50d'après Evercore
16:51qui ne fait pas partie
16:52de l'introduction en bourse,
16:53contrairement à Goldman Sachs
16:54et d'autres.
16:55D'après Evercore,
16:56on passera à 1 000,
16:57on était à 19 milliards
16:58de revenus l'an dernier,
16:59on passera à 1 000 milliards
17:01dans 6 ans.
17:02Non,
17:02ça c'est impossible.
17:03Voilà,
17:03fois 53.
17:04Ça c'est impossible.
17:05D'accord.
17:05C'est impossible.
17:06Je ne sais pas.
17:07Tu sais quel est le risque,
17:08juste pour que nos auditeurs
17:10le risques au fond
17:10rattachés à SpaceX,
17:11quel est le risque
17:12quand un astronaute
17:15américain ou non américain
17:16part dans un vaisseau,
17:18il signe une décharge,
17:19quel est le risque
17:20qui est attaché,
17:21le risque de mourir ?
17:23C'est écrit dans le contrat.
17:24Oui, bien sûr.
17:25De jamais revenir.
17:26Oui, mais quel est ce risque
17:27en termes probabilistes ?
17:28Tu dirais quoi en termes ?
17:30Je dirais
17:32aujourd'hui,
17:32avec ce qu'on fait aujourd'hui
17:33pour aller dans l'ISS,
17:34etc.
17:34Le risque,
17:35je dirais 20% ?
17:36Non.
17:36Et encore,
17:37c'est surévalué ?
17:3750.
17:38D'accord.
17:39Quand il signe
17:39le contrat de décharge,
17:42c'est bien écrit
17:42le caractère risqué
17:44et ils ont
17:44un risque sur deux,
17:47une chance,
17:47une malchance sur deux
17:48de ne pas revenir.
17:49C'est qui l'assureur ?
17:51Il n'y a pas d'assureur,
17:52c'est une décharge.
17:53D'accord.
17:53Donc,
17:54c'est-à-dire que,
17:55non,
17:55j'exagère un peu,
17:56mais les lignes de métier,
17:58une partie des lignes
17:59de métier de SpaceX
18:00sont entachées
18:01d'un certain nombre de...
18:02Là,
18:02ça va être quasi effacé.
18:04Après,
18:04la gouvernance de SpaceX
18:05pose quand même
18:06interrogation
18:07sur la symétrie
18:09entre les minoritaires
18:10et puis la position
18:11de l'OMOS.
18:12Raphaël,
18:12donc c'est vendredi,
18:13J-4,
18:14le compte à rebours
18:14est lancé sur BFM Business,
18:15on sera en spécial d'ailleurs
18:16tout au long de BFM Bourse
18:17l'après-midi.
18:18On espère avoir
18:18les premières cotations
18:19en direct dès 15-30
18:20mais parfois,
18:21ça prend 2, 3, 4 heures
18:22pour voir le prix évoluer.
18:23Enfin,
18:24on sera là,
18:24on sera mobilisés évidemment
18:25et puis une matinée spéciale
18:26vendredi matin.
18:27C'est gigantesque.
18:29L'une de nos experts,
18:30Tortense Lacroix,
18:30nous disait tout à l'heure,
18:31elle est gérante d'action.
18:32Elle nous disait,
18:33moi,
18:33ce qui m'inquiète,
18:33c'est qu'on fait avec SpaceX
18:34entrer les logiques
18:36de private equity,
18:37vous le disiez aussi Xavier,
18:38dans le marché boursier.
18:39Vous suivez très près
18:40le private equity
18:41chez Tiqueux,
18:42vous faites de tout.
18:43C'est du private equity
18:45qui vient entrer
18:45dans le marché boursier traditionnel,
18:46c'est le vert
18:47qui rentre dans le fruit
18:48avec SpaceX ou pas ?
18:48On voit le parallèle
18:50ou du venture capital
18:51presque effectivement.
18:52C'est à peu près le cas
18:54pour tous les business
18:55d'Elon Musk.
18:55On n'achète pas
18:56l'entreprise à valeur faciale,
18:58on achète son histoire,
19:00on achète son rêve,
19:01son ambition.
19:02Donc aujourd'hui,
19:02si vous achetez SpaceX
19:04pour les 18 milliards
19:06de chiffre d'affaires
19:07ou la perte chronique,
19:09je crois que leur flux
19:10de trésorerie est négatif
19:11de 10 ou 12 milliards,
19:13ça ne vaut pas 1,5 trilliard
19:15de dollars,
19:15c'est sûr.
19:16En revanche,
19:17ce que vous achetez,
19:18c'est cette idée
19:18que oui,
19:19demain,
19:19on aura des centres de données
19:20dans l'espace
19:21qui se refroidiront tout seuls,
19:23qui auront accès
19:23à l'énergie solaire
19:24à zéro coût évidemment,
19:26que via la constellation Starlink,
19:30on pourra renvoyer
19:31vers la Terre
19:32toutes ces données,
19:32qu'on aura réglé
19:33la problématique
19:34des centres de données.
19:35C'est un magnifique rêve.
19:36C'est de l'hypnose.
19:37Venant de n'importe qui,
19:38ça nous ferait rire.
19:40Venant d'Elon Musk,
19:41on attend un petit peu
19:42avant de rire.
19:43C'est vrai que certains
19:43de ces paris ont fonctionné
19:45et vous regardez Tesla,
19:47Tesla,
19:47c'est exactement la même chose.
19:49Quand vous achetez
19:49une action Tesla,
19:50vous n'achetez pas
19:51le business Tesla
19:52de vendeur de voitures.
19:55Aujourd'hui,
19:55Tesla se valorise
19:56180 fois
19:57les bénéfices,
19:59Renault se valorise
20:004 fois les bénéfices.
20:01Donc,
20:01si vous achetez
20:02un vendeur de voiture,
20:02vous ne payerez pas
20:03180 fois les bénéfices.
20:05Ce que vous achetez,
20:05c'est le robot taxi,
20:07la voiture qui roule
20:07toute seule,
20:08etc.
20:08On est vraiment
20:10dans cette thématique
20:11Elon Musk propre
20:12qui a fait fortune,
20:13qui a rendu
20:14les investisseurs
20:14très riches
20:16en nombreuses années
20:17sur certains
20:18de ces business-là.
20:19Est-ce que ça sera le cas ?
20:20Peut-être.
20:21Il y a des gens
20:22très intelligents
20:23qui disent que oui,
20:23les centres de données
20:24dans l'espace,
20:24c'est une possibilité,
20:26que ça pourrait être
20:26une solution
20:27à un problème
20:29drastique,
20:30dramatique
20:30pour cette thématique
20:32qu'il y a.
20:32Est-ce qu'il va y arriver ?
20:34Est-ce que technologiquement,
20:35c'est facile ?
20:36Est-ce qu'il sera tout seul
20:37dans le bac à sable aussi ?
20:38Parce qu'on entend
20:39que Jeff Bezos
20:40et d'autres
20:41s'intéressent de près
20:42à la chose.
20:42Ça fait beaucoup de conditions
20:44pour réaliser ce rêve.
20:45En tout cas,
20:46il va falloir payer le prix
20:47pour pouvoir faire partie
20:48de l'aventure.
20:48On voit que,
20:49alors que SpaceX
20:50va s'introduire en bourse
20:51puis en tropique,
20:52qu'il va y avoir
20:53des appels à capitaux
20:54gigantesques sur les marchés,
20:55on voit Alphabet
20:56en rajouter une couche
20:57en annonçant
20:58la semaine dernière
20:58et une levée de capitaux
20:59de 85 milliards
21:00et peut-être Meta aussi.
21:01On apprend aujourd'hui
21:01que Meta envisage
21:02une immense levée de capitaux aussi.
21:04Qu'est-ce qu'ils ont tous là ?
21:05Alors qu'il y a déjà
21:06la concurrence de SpaceX
21:07et des introductions en bourse.
21:08Est-ce que c'est le signe
21:10qu'on craint
21:10que cette fenêtre
21:12soit courte,
21:12qu'elle se referme rapidement ?
21:14Ça, c'est important
21:14et d'ailleurs,
21:15vous avez raison de le mentionner.
21:16La baisse du Nasdaq
21:17qui a été très significative
21:18jeudi, vendredi,
21:19elle a un peu commencé
21:20avec cette annonce d'Alphabet.
21:22Ce n'est pas tellement SpaceX
21:23qui était déjà dans les tuyaux,
21:24même si clairement ça pèse.
21:26Mais le déclencheur,
21:27ça a été cette annonce d'Alphabet
21:28de lever plus de 80 milliards
21:30sur les marchés actions.
21:32Ça interroge
21:33parce qu'effectivement,
21:33on comprend qu'il y a finalement
21:35un fort impact de dilution
21:37à venir sur ce risque tech.
21:38On va avoir des dizaines,
21:40des centaines de milliards
21:41de dollars d'émissions d'actions.
21:43À peu près toute l'industrie tech
21:45a absorbé sur les marchés.
21:46Alors que la tech a monté
21:47sur la logique inverse
21:48pendant des années,
21:49les rachats d'actions,
21:49donc la réaction des actions.
21:51Donc déjà, ça, ça interroge.
21:52Comment va-t-on absorber
21:53tout ce risque ?
21:54Deuxième questionnement,
21:56Alphabet,
21:57qui est une des entreprises
21:58les plus profitables du monde,
21:59qui générait jusqu'à récemment
22:01des centaines de milliards
22:02de free cash,
22:03ou en tout cas plus de 100 milliards
22:04de free cash,
22:05a aujourd'hui besoin
22:07d'utiliser la dilution
22:09du marché d'actions,
22:10d'émettre des actions
22:11pour financer
22:11ses dépenses d'investissement.
22:13Jusqu'où va-t-on aller ?
22:15De combien parle-t-on
22:16en termes de financement ?
22:17À quel moment dira-t-on
22:19que c'est assez ?
22:19Qui va suivre ?
22:20Maintenant, on parle de méta,
22:21mais peut-être que toutes les Max 7
22:22vont venir taper le marché.
22:23Ça, c'est un motif anxiogène.
22:26Après 20% de performance
22:28du Nasdaq sur l'année,
22:30après 220% de performance
22:32sur des valeurs
22:33comme Micron,
22:34aujourd'hui,
22:35la considération,
22:36elle a lieu
22:37et elle est effectivement
22:37assez légitime.
22:39tous ces enjeux sont passionnants.
22:40On est à 8 minutes de la clôture,
22:41on est ensemble,
22:42on accélère.
22:43Dans la dernière ligne droite
22:45de cette séance ici en Europe,
22:46le CAC 40 est quasi stable,
22:47moins 0,1%.
22:48Bouygues,
22:48l'enterne rouge,
22:49moins 2%.
22:49On a désormais les détails
22:50de ce protocole d'accord.
22:52Donc, pour acheter SFR
22:53par Bouygues,
22:53il y a des oranges.
22:55Maintenant, la balle est dans le camp
22:56des régulateurs
22:56pour valider ou pas,
22:57ce qui va prendre sans doute
22:58beaucoup, beaucoup de temps.
22:59On n'est pas au bout du feuilleton,
23:00mais Bouygues est en baisse
23:01aujourd'hui,
23:01donc de 2,1%.
23:02Alors qu'Orange,
23:03au contraire,
23:04signent la deuxième
23:05plus forte hausse du CAC,
23:06plus 2.
23:06On évoquera cet arbitrage
23:08Bouygues-Orange
23:08que réalise aujourd'hui
23:09le marché dans quelques minutes.
23:10Eric Lewin nous rejoindra.
23:11Également à suivre aujourd'hui
23:12le secteur du luxe,
23:13bien orienté,
23:14et le secteur bancaire.
23:15On a l'une des plus vieilles
23:17banques du monde,
23:17la plus vieille banque du monde
23:18d'ailleurs,
23:18qui gagne 13% aujourd'hui.
23:20On est coté à Milan,
23:22c'est Banka,
23:23Montel et Pesquidissiena
23:24qui gagnent donc 13%
23:25puisqu'Il TESA propose
23:26plus de 30 milliards d'euros
23:27pour la racheter,
23:33Xavier Patrolin ce soir,
23:34Albatros Capital
23:35et Raphaël Thuin
23:36pour TQO Capital.
23:37Il y a un autre chiffre
23:38intéressant sur le marché.
23:41Désormais,
23:43les valorisations sont importantes,
23:44ça on le savait,
23:45mais on a un chiffre supplémentaire
23:46pour illustrer aujourd'hui
23:47toutes ces entreprises
23:48qui valent en bourse
23:49plus de 10%
23:51de leur chiffre d'affaires.
23:52Voilà,
23:53plus de la moitié
23:53de la capi du S&P,
23:54plus de la moitié
23:55est concentrée dans des actions
23:56dont le cours dépasse
23:5710 fois le chiffre d'affaires.
24:00Vous êtes à l'aise
24:01avec ça ou pas ?
24:01Je sais qu'historiquement,
24:02c'est un peu nouveau,
24:03mais on a aussi
24:03des taux de croissance incroyables
24:04et on ouvre
24:05une phase de révolution
24:06industrielle majeure.
24:07Vous êtes à l'aise du coup ?
24:08Non ?
24:09On garde les métriques habituelles
24:10et on n'est pas à l'aise,
24:10Xavier ?
24:12Ben oui,
24:13malheureusement,
24:14là je vais être assez traditionnaliste,
24:15enfin malheureusement,
24:16je vais être assez traditionnaliste,
24:17non je ne suis pas à l'aise.
24:18Je ne suis vraiment pas à l'aise.
24:19Moi j'ai le souvenir de la...
24:22Justement avant de venir,
24:23pour essayer de me remémorer,
24:26je regardais ce qui s'était passé
24:27au moment de la bulle techno
24:29et il faut quand même se souvenir,
24:30par exemple,
24:34se valorisait 5 à 6 fois
24:36le chiffre d'affaires
24:37en valeur d'entreprise.
24:39Je ne parle pas
24:40des opérateurs mobiles,
24:41où là c'était plus...
24:42Et je me souviens surtout
24:43de cette fameuse phrase
24:44de Michel Bon,
24:45le patron de France Télécom,
24:48pas encore Orange à l'époque,
24:49c'était en février 2000
24:52et il travaillait à l'introduction
24:54de la cotation d'Orange
24:56et il avait eu cette phrase
24:58qui me semble extrêmement pertinente
25:00en ce moment
25:00et qui pourrait s'appliquer
25:01au marché américain.
25:03Le marché veut des assignats,
25:04je vais lui en donner.
25:07Traduit en langage...
25:10Le marché veut des assignats,
25:12des assignats,
25:12on sait ce qui est arrivé
25:13aux assignats en 1797,
25:17ils se sont effondrés,
25:19c'est un papier monnaie
25:21qui ne valait rien
25:23et ce que je crains
25:24c'est que ce qui est en train
25:26de se passer sur le marché,
25:27ça ne change rien,
25:29comment dirais-je,
25:30aux fondamentaux
25:31de l'intelligence artificielle,
25:34elle s'est avancée,
25:36mais simplement
25:37c'est la valeur économique
25:39que lui confère
25:40le marché financier,
25:41notamment sur les semi-conducteurs
25:42où là ça relève du pur délire.
25:43Ce à quoi nous avons assisté
25:45depuis mars,
25:46sur les semi-conducteurs
25:48à l'échelle mondiale,
25:49c'est un délire collectif.
25:51C'est un délire collectif.
25:52Alors oui,
25:53il y a eu des chiffres d'affaires,
25:54je ne le dis pas,
25:54il y a eu des bénéfices,
25:55c'est exact,
25:57mais enfin cette industrie
25:58se caractérise
25:59par des montagnes russes.
26:01Et donc valoriser
26:03l'ensemble de cette industrie
26:04et voir l'ensemble
26:06des gestions institutionnelles,
26:08notamment aux Etats-Unis,
26:09qui ont surpondéré
26:13le secteur,
26:13les semi-conducteurs
26:14dans leur portefeuille.
26:16Donc là,
26:16je pense qu'il y a
26:17un délire collectif complet,
26:19il y a une notion de pénurie.
26:20En plus,
26:20c'est largement entretenu
26:21par l'administration américaine
26:23depuis le CHIP Act.
26:26Et donc là,
26:27oui,
26:27je ne suis pas à l'aise.
26:28Quand il s'agit
26:29de quelques valeurs,
26:30ça représente
26:311, 2, 3%
26:32d'une capitalisation globale,
26:34on a ce type
26:35de métrique de valorisation,
26:36on comprend.
26:37Quand on arrive
26:37à ces niveaux-là,
26:38il y a un souci.
26:39Et d'ailleurs,
26:40quand on fait des comparaisons
26:41par rapport,
26:42et je termine là-dessus,
26:44à la bulle des chemins de fer,
26:45les bulles techno,
26:47quand on prend
26:47le poids d'un secteur
26:49rapporté
26:50à la capitalisation globale,
26:51c'est une autre façon
26:52d'appréhender.
26:53Eh bien là,
26:54sur tout ce qui touche
26:55à l'intelligence artificielle
26:57et semi-conducteur,
26:58ça représente
26:5942-43%
27:00de la capitalisation globale
27:03du marché nord-américain.
27:05Au moment
27:05des chemins de fer,
27:06c'était un peu plus
27:09de 60%.
27:10Donc,
27:11quand on arrive
27:11à ces niveaux
27:12de poids...
27:12On a de la marge.
27:13Oui,
27:14tu peux aller voir.
27:16En général,
27:16au moment
27:17de la bulle techno,
27:17quand on prenait
27:18les TMT,
27:20télécom,
27:21technologie,
27:22médias,
27:22on était à plus
27:23de 40%.
27:25Et c'est ce qu'a fait
27:26le new world,
27:27la new economy,
27:28la old economy.
27:29Quand on est
27:29dans ces dilemmes-là,
27:31en général,
27:32on rentre
27:33dans un régime
27:34de surévaluation
27:34et en général,
27:36il est bon
27:36de le quitter.
27:37Une valeur à suivre
27:38en Europe ce soir,
27:39ASML gagne plus de 4%.
27:40Elon Musk qualifie
27:41ASML de meilleure
27:42entreprise européenne
27:43et doit s'exprimer,
27:44Elon Musk,
27:45avec le patron d'ASML
27:46à l'occasion
27:47d'une conférence organisée
27:48par ASML.
27:49C'est un sacré cadeau
27:49que fait Elon Musk
27:50quand même à ASML
27:51en disant que c'est
27:51la meilleure entreprise
27:52européenne,
27:53en s'exprimant,
27:54en prenant la parole
27:54aux côtés du patron
27:55d'ASML.
27:56Jusqu'où ASML ?
27:57Le titre franchira-t-il
27:58les 1 000 milliards
27:59de dollars à l'horizon 2030 ?
28:01On en parlait tout à l'heure
28:01dans USA Today.
28:02Cette séquence est à retrouver
28:03en replay sur l'application
28:04BFM Business.
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