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  • il y a 9 heures
Ce samedi 11 avril, Arnaud Bontemps, haut fonctionnaire, fondateur du collectif "Nos Services Publics", Jean-Pierre Mongrand, président de Dynaction, Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Nicolas de Bellefonds, responsable de l'IA pour BCG dans le monde, ainsi que Frédéric Simottel, éditorialiste BFM Business, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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00:02BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:15la littérature économique.
00:16Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l
00:21'émission.
00:22Et puis vous retrouverez nos critiques attitrées, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux, nos études de la semaine, nos chiffres aussi
00:31sur lesquels on a voulu attirer votre attention.
00:33N'oubliez pas tous nos comptes sur les réseaux sociaux, Instagram, XFacebook, LinkedIn, YouTube, la librairie de l'écho pour
00:42retrouver les références précises de tous les livres dont on parle dans l'émission.
00:47Et tout de suite, place à nos invités.
00:5430 ans de délabrement, 30 ans de dégradation, 30 ans qu'ils coûtent de plus en plus cher et qu
01:00'ils sont de moins en moins performants.
01:02Pourquoi payons-nous de plus en plus de cotisations sociales et d'impôts alors que nous sommes de moins en
01:08moins bien soignés, protégés, éduqués et surtout une véritable modernisation de nos services publics ?
01:14Si vous avez compris que c'est de qu'il s'agit, pourquoi cette modernisation est-elle jusqu'à maintenant
01:20impossible ? Peut-on enfin justement réinventer des services publics du XXIe siècle ?
01:28Comment et à quel prix ? Réponse avec nos deux invités. Arnaud Bontemps, bonjour.
01:32Bonjour.
01:32Arnaud, vous êtes haut fonctionnaire, fondateur du collectif Nos Services Publics et vous publiez Services Publics ou Barbarie aux éditions
01:39La Découverte.
01:40Jean-Pierre Mongrand, bonjour.
01:41Bonjour.
01:41Vous êtes président du cabinet de conseil, notamment aux organisations publiques d'Inaction et vous publiez pour un Big Bang
01:49des Services Publics.
01:51Arnaud Mongrand, moi j'aime bien toujours savoir de quoi on parle précisément.
01:55Quand on parle de services publics, de quoi on parle exactement ?
01:59Le service public, c'est une manière de répondre aux besoins de la population, qui est distincte de celle du
02:05marché.
02:06C'est un choix politique qu'on a fait historiquement de considérer des besoins comme essentiels, la santé, l'éducation,
02:14le transport, et donc d'y donner accès à toutes et à tous.
02:17Comment ? En mettant de l'argent en commun, les impôts, les cotisations, un financement socialisé.
02:23Et donc, en les sortant du marché, on a accès aux services publics, non pas parce qu'on pourrait en
02:28payer le prix, mais parce qu'on en a fait un droit.
02:32L'école, si elle était dans le marché, elle coûterait en moyenne 900 euros par mois et par élève.
02:40On a fait le choix contraire en France. On a dit, avec l'éducation, on ne joue pas.
02:44L'enjeu, c'est d'en faire un droit accessible à toutes et à tous.
02:48Et donc, par là, d'étendre le champ des libertés possibles, en l'occurrence d'émancipation pour la jeunesse, par
02:53exemple.
02:54Alors, avant d'en venir au diagnostic, que vous partagez tous sur la dégradation de nos services publics,
03:00vous émettez un petit bémol, Arnaud, vous dites, mais attention, il n'y a jamais eu d'âge d'or
03:05des services publics.
03:06On parle souvent de réinventer, de réparer, de reconstruire les services publics, comme si, en effet, c'était mieux avant.
03:15Je crois que c'est faux. Les services publics, un des mythes qui les anime, c'est celui des hussards
03:21noirs,
03:22sous la Troisième République, ces instituteurs qui venaient apprendre la République aux enfants de la population.
03:27En réalité, l'éducation s'arrêtait au mieux à 13 ans pour les enfants d'ouvriers qui avaient leur certificat
03:33d'études
03:33et qui allaient tout de suite à l'école. Pardon, qui allaient tout de suite à l'usine.
03:38C'est même en 1945, à l'époque de la généralisation de la sécurité sociale, où des fois on en
03:44fait un mythe,
03:45les retraites étaient de misère. Et on a eu des grandes périodes de socialisation des richesses
03:51depuis la fin de la Première Guerre mondiale jusqu'aux années 80, qui ont permis d'accroître très considérablement
03:58les services publics, leur qualité, leur place dans la population, mais ça a continué après.
04:02En 80, il y avait un jeune sur quatre qui allait jusqu'au bac. Aujourd'hui, c'est 4 sur
04:065.
04:07Et donc, on a continué, malgré des pressions réelles, à la baisse sur les moyens des services publics,
04:14à avoir une forme de dynamique de progrès sur les services publics, grâce aux services publics dans la société.
04:21Alors, il y a effectivement, Jean-Pierre Mongrand, cette amélioration générale, finalement, de notre confort de vie,
04:28de notre niveau de vie. Il n'empêche qu'on ne peut pas dire qu'il n'y a pas
04:33de dégradation des services publics.
04:35Si vous mettez en regard le fait qu'on est quand même le premier pays qui prélève,
04:39le premier pays qui dépense de l'argent public, et quand vous regardez le rang de la France,
04:46dans tous les classements internationaux, qui est quand même extrêmement mauvais,
04:48prenez le classement PISA, même les classements sur la santé, les classements sur la justice, etc.
04:57Franchement, qu'est-ce qui s'est passé depuis, allez, 30-40 ans pour que notre service public se dégrade
05:04autant ?
05:06Écoutez, ce qui est frappant, moi, j'ai regardé un peu les services publics au plus près du terrain,
05:12parce que ça fait 30 ans qu'en tant que consultant et observateur un peu de terrain, j'essaie de
05:18les accompagner.
05:20D'abord, je voudrais compléter ce que disait Arnaud en disant que les services publics couvrent des champs aujourd'hui
05:24très importants,
05:25effectivement très larges. Et moi, j'ai été en contact avec des gens de métiers très différents,
05:30de l'aide sociale au collège, à l'enseignement, à la recherche.
05:33Je ne peux pas tous effectivement les citer, mais on voit que c'est des éléments effectivement très importants.
05:38Ce qui frappe de toutes ces années, c'est, je dirais, de constater effectivement cette dégradation
05:47de manière assez forte dans un certain nombre de services publics.
05:50Je citais l'aide sociale à l'enfance, c'est particulièrement frappant quand on accompagne
05:53les départements sur ces sujets, effectivement.
05:57Ce qui, à mon avis, le regard que je porte aujourd'hui, c'est de me dire, bon, finalement,
06:03toutes ces évolutions, tous ces changements, la première chose qui frappe, c'est un peu
06:08le manque d'anticipation, j'ai l'impression. C'est-à-dire le fait qu'on se dise, mais finalement,
06:12est-ce qu'on a les services publics, pas qu'on mérite, mais qui correspondent aux besoins
06:16réellement de la société d'aujourd'hui et de demain ?
06:20Et je dirais que parfois, les choses paraissent assez décalées.
06:24Alors, il y a aussi parfois des manques de priorisation de l'apport d'un certain nombre
06:28d'acteurs par rapport aux sujets qu'il faudrait particulièrement mettre en avant.
06:34Et vous dites que la crise, elle est multiple, en fait.
06:35Vous dites qu'il y a une crise de proximité avec les services publics qui se sont éloignés
06:40finalement des citoyens et des usagers.
06:42Vous dites qu'il y a une crise de la complexité, où franchement, maintenant, c'est en termes
06:46de réglementation, etc., c'est devenu totalement kafkaïen.
06:51Crise de confiance aussi, crise de sens.
06:52C'est ça qui est frappant.
06:54C'est ça qui est frappant, c'est-à-dire que, voilà, moi qui ai toujours cherché
06:57d'aller au contact, je dirais, des agents, pas simplement accompagnés, des réorganisations
07:01de manière très technocratique, au contraire.
07:03C'est de se dire, oui, c'est complexe.
07:05Bon, prendre le temps d'aller comprendre, effectivement.
07:07Je pense que les choses ne se sont pas simplifiées avec le temps, ça c'est sûr,
07:10malgré les nombreuses réformes qui ont eu lieu et dans lesquelles je me suis effectivement
07:14replongé toutes ces années.
07:15En 30 ans, il y en a eu pas mal quand même, en tout cas d'efforts, de rapports, de
07:18missions,
07:18etc.
07:19Mais ce qui frappe, c'est de l'intérieur, de voir de l'intérieur cette crise de confiance.
07:24On peut avoir un certain nombre d'agents, parfois de crise de sens même.
07:27Ça m'a beaucoup frappé dans beaucoup de métiers, des gens qui s'interrogeaient
07:30sur le sens même de leur mission et sur la reconnaissance même de ces missions.
07:34Alors, Arnaud Bontemps, ça c'est vraiment un point que vous partagez tous les deux.
07:37Vous avez une expression que j'ai trouvée extrêmement pertinente.
07:42Arnaud, vous parlez de fabrique de la passivité, c'est-à-dire qu'en fait, on est dans une logique
07:48finalement où on répond à une commande et il n'y a plus effectivement d'anticipation.
07:54Cette réponse à la commande, c'est vraiment la clé de la réussite à tout concours de la fonction publique.
08:01On ne va pas vous demander d'être innovant, on va vous demander de répondre à la commande.
08:05Si la commande vous demande de réduire l'indemnisation du chômage, on ne vous demande pas
08:07si c'est pertinent ou pas, on vous demande d'y répondre.
08:11Et donc moi, en tant qu'étant passé par des concours de la fonction publique,
08:16ayant formé des jeunes au concours de la fonction publique, j'ai vu ce moule de la pensée,
08:23cette injonction à la passivité qui se construit malheureusement,
08:26et je pense que c'est un enjeu réel, et qui se développe derrière.
08:30Je me souviens encore, à la sortie de l'ENA, mon premier rapport d'une collègue
08:36qui m'accompagnait, qui était ma forme de mentor à l'époque,
08:41qui me disait, mais Arnaud, je suis consciente qu'il y a des services publics qui sont à l'os,
08:47celui-là en fait certainement partie, mais on est la cour des comptes, on ne peut pas dire ça.
08:52Et donc, ce n'est pas une question de cour des comptes ou de cette collègue,
08:55par ailleurs, brillante sur beaucoup d'aspects,
08:58c'est que ça reflète de manière tout à fait, je crois, explicite,
09:03les injonctions ou ce moule de la pensée dominante
09:06dans lesquelles on est baigné à un certain nombre de hauts fonctionnaires,
09:11et qui fait que l'injonction, il y a un cadre de la pensée autorisée.
09:14Dans ce cadre de la pensée autorisée, c'est la réduction des dépenses,
09:19la réponse aux besoins de la population est secondaire,
09:22alors que ça devrait être la priorité des services publics,
09:25avec cette réponse aux besoins essentiels de la population,
09:27elle devient secondaire, et on ne se pose plus la question du pourquoi,
09:30on se pose la question du comment et du comment faire avec moins.
09:33Pardon Ardo, mais comment expliquez-vous qu'en dépensant quand même toujours plus,
09:39l'écart se soit autant creusé entre les besoins de la population
09:45et l'offre de services publics ?
09:47C'est frappant, mais je pense que le diagnostic est exactement dans ce que vous dites.
09:51Il y a plus de fonctionnaires aujourd'hui qu'il y a 10 ans ou qu'il y a 20
09:55ans.
09:56Les besoins de la population, ils ont continué à évoluer.
09:58Je vous parlais tout à l'heure du baccalauréat et de la part de la jeunesse
10:02qui a quadruplé au baccalauréat en les 40 dernières années.
10:05On parcourt aujourd'hui 5 fois plus de kilomètres qu'il y a 60 ans nos grands-parents.
10:11Il y a 30% de plus de maladies chroniques qu'il y a 10 ans.
10:14Les besoins de la population, ils continuent à augmenter de manière massive.
10:17Et donc, en pressurant par les moyens des services publics,
10:20ce que l'on fait, c'est qu'on ne supprime pas le besoin.
10:23Simplement, on empêche les services publics d'y répondre
10:26et se développe dans l'écart croissant entre les moyens des services publics
10:29et les besoins de la population, un marché.
10:32Un marché qui est pris par les cliniques privées dans la santé,
10:35par l'école privée sous contrat dans le secteur de l'éducation
10:38et qui vient fracturer la société
10:41puisque ce développement-là se fait sur de l'argent public.
10:44Dans l'éducation, il y a 20 ans,
10:47les écoles, les collèges privés sous contrat
10:49scolarisaient 29% d'enfants de parents diplômés.
10:53Aujourd'hui, c'est 40%.
10:55Une augmentation massive.
10:57Dans le même temps, la composition sociale de l'école publique n'a pas changé.
11:01Et tout ça, ça se fait sur de l'argent public
11:04puisque c'est bien par l'argent public
11:05qu'est financé l'école privée sous contrat.
11:08Jean-Pierre Montgrand, est-ce que ça ne signifie pas tout simplement
11:10que l'État intervient aujourd'hui dans trop de champs
11:14et qu'il y a tout un tas d'activités
11:16qui pourraient être laissées finalement au marché et au secteur privé ?
11:21Oui, j'entends ce que dit Arnaud.
11:23La question que je me pose depuis le début,
11:25pas de cet entretien mais de mes interventions,
11:27c'est comment je peux contribuer,
11:29comment on peut améliorer la qualité de nos services publics
11:33une fois qu'on a fait un constat comme on l'a fait,
11:35de grandes souffrances, de tensions, de difficultés,
11:38dans un contexte qui est quand même de plus en plus contraint.
11:40Et j'ai vu au fur et à mesure des années
11:41ce contexte de plus en plus contraint effectivement arriver.
11:44Et moi je crois, moi je défends l'idée que c'est possible,
11:47on verra peut-être tout à l'heure comment,
11:50en priorisant sans doute davantage,
11:52en mettant sans doute le paquet sur un certain nombre de sujets
11:55plus que d'autres effectivement.
11:58et moi je suis effectivement frappé quand même
12:02par le fait que, d'abord je suis d'accord que l'État
12:05ne peut sans doute effectivement pas tout,
12:07mais j'ai l'impression qu'on ne s'est vraiment jamais posé,
12:09même s'il y a eu beaucoup de rapports intéressants,
12:11pour dire mais où s'arrête, où commence,
12:13où s'arrête le champ effectivement du secteur public
12:16et des administrations ?
12:17Et je pense qu'il a évolué avec le temps,
12:18comme on l'a dit très bien effectivement,
12:20pour répondre à beaucoup de besoins.
12:21Où s'arrête ce champ ?
12:22Et je pense qu'il est peut-être,
12:25à la veille d'élections importantes comme on va le connaître,
12:27se dire, c'est peut-être le moment aussi,
12:28de temps en temps, de se poser,
12:30de dire est-ce que le champ d'aujourd'hui
12:31correspond aux besoins qu'on veut effectivement construire ?
12:34Et comment on peut peut-être refonder
12:36les rapports publics-privés ?
12:37Moi je ne suis pas dans une logique d'hostilité
12:39forcément entre les deux.
12:41Je crois beaucoup à la place des services publics,
12:44mais je crois aussi aux initiatives
12:46qui sont prises sur le plan local.
12:47Vous parlez de l'État,
12:48mais je pense qu'aussi du côté des collectivités,
12:50il y a beaucoup de choses intéressantes qui sont faites.
12:52Justement, on va y venir,
12:53parce que la modernisation des services publics,
12:56publics, chers amis,
12:59ça commence depuis qu'il y a des services publics.
13:03Alors, juste au XXe siècle,
13:06René Favrel, 1919,
13:08Henri Fayol, 1926,
13:10Léon Blum, 1936,
13:14je passe la quatrième,
13:16la rationalisation des choix budgétaires,
13:19en 1968,
13:22Jacques Chirac,
13:22en 1995,
13:24Lionel Jospin,
13:25en 1997,
13:26la RGPP,
13:27Nicolas Sarkozy,
13:28en 2007,
13:29la MAP,
13:30de François Hollande,
13:32en 2012,
13:33le CAP 22,
13:34ensuite,
13:35d'Emmanuel Macron,
13:36et tout ça n'a débouché
13:38sur rien.
13:3935 tentatives de modification
13:40de la loi organique relative
13:42aux lois de finances de 1959,
13:44toutes avortées.
13:45Est-ce qu'on s'y prend mal ?
13:47Qu'est-ce qui fait qu'on n'y arrive pas ?
13:51Je ne sais pas si on s'y...
13:52Alors, il y a eu quand même des changements
13:54au fur et à mesure de ces années.
13:55Il y a quand même eu des...
13:56En gros, c'est la question
13:57que posait Mitterrand sur le chômage.
13:59Quand il disait qu'on a tout essayé,
14:00est-ce que pour moderniser l'État,
14:01on a tout essayé ?
14:04Moderniser l'État et le service public
14:06et les administrations, effectivement.
14:07Et je pense qu'il y a eu quand même
14:08des évolutions.
14:09Je ne suis pas là pour défendre
14:11particulièrement les lois de décentralisation,
14:12mais il y a eu effectivement
14:13un certain nombre d'évolutions.
14:14C'est vrai que quand on regarde
14:15qu'on est moins engagé à l'intérieur,
14:17mais qu'on reste effectivement à l'extérieur,
14:18on est frappé par le fait
14:20qu'on a l'impression
14:21que la complexité s'est accrue,
14:23en fait, au fur et à mesure des années.
14:24Ça, il y a cet élément-là.
14:25Et puis, il y a le fait
14:26qui est quand même terrible,
14:27c'est qu'on a l'impression
14:28qu'on réinvente la roue
14:29presque à chaque quinquennat
14:31ou à chaque démarrage, effectivement.
14:33Alors qu'il y a eu...
14:34Et je me suis replongé
14:35dans ces rapports que vous citez
14:36et dans d'autres encore,
14:37plus récents ou plus anciens,
14:39effectivement.
14:39Et c'est frappant.
14:40On se dit, mais ils ont tout dit, en fait.
14:42On a déjà tout dit.
14:43On a exprimé déjà beaucoup de choses.
14:45Pourquoi est-ce qu'on ne l'a
14:46effectivement pas fait ?
14:47Moi, je suis frappé par ces changements,
14:49notamment les plus récents,
14:50d'ailleurs, que vous citez,
14:51Sarkozy, Hollande, Macron, etc.
14:53J'ai l'impression qu'on a réinventé
14:57la roue un petit peu en niant.
15:00Et c'est vrai que c'est une des difficultés
15:03qu'il y a, je trouve,
15:04dans ces environnements,
15:05y compris parfois dans les collectivités
15:06que je connais bien.
15:07C'est la difficulté à tirer les enseignements
15:09de ce qu'on a fait
15:10ou de ce qu'on n'a pas forcément réussi
15:12pour l'avenir.
15:13Alors, Arnaud Bontemps,
15:14j'avoue qu'il y a une phrase
15:16qui m'a agacé dans votre livre,
15:18parce qu'il y a un thème
15:19que vous n'abordez pas tellement
15:20tous les deux, en fait.
15:21Je trouve que c'est quand même,
15:24et puis ce n'est pas un tabou,
15:25parce que les rapports en sont plein,
15:26cette problématique
15:27des gaspillages d'argent public,
15:29c'est-à-dire d'inefficacité.
15:32Reprenez, alors après,
15:33on peut citer tous les rapports.
15:34Après, il y a quand même
15:35la Cour des comptes
15:36qui publie énormément,
15:39reprises de façon souvent
15:40un peu plus youplaboum
15:42par Agnès Verdier-Molidé.
15:44Enfin, je veux dire,
15:45c'est quand même des dizaines
15:45de milliards par an
15:47qui sont jetés par les fenêtres.
15:50Arnaud, la phrase qui m'agace
15:52le plus dans votre livre,
15:53donc c'est
15:53« De l'argent, il y en a ».
15:55Yves, il y en a où de l'argent ?
15:57D'abord, je vous renvoie
16:00un petit peu plus à mon livre
16:01puisque je liste des centaines
16:02de milliards d'économies possibles
16:06sur les aides aux entreprises,
16:08les OQTF,
16:09la construction de nouvelles prisons
16:10alors qu'on n'a jamais fait de diminuer,
16:12on n'a jamais eu autant
16:12de surpopulation caractérale
16:13qu'aujourd'hui.
16:15Il y a énormément
16:16de pistes d'économies possibles.
16:17Mais en effet,
16:19on a trop souvent l'impression
16:21ou tendance à entendre
16:22que les services publics,
16:23ce serait un luxe
16:24qu'on pourrait ou non se permettre
16:26si on a de l'argent.
16:28C'est une idée fausse.
16:29Les services publics,
16:31c'est le même argent
16:32que l'on utiliserait
16:33dans le marché
16:34ou dans le service public.
16:35Ce qui change,
16:35c'est la manière
16:37d'avoir accès aux besoins.
16:38Est-ce que c'est par une logique de prix
16:40ou est-ce que c'est parce
16:41qu'on y a droit ?
16:42Très souvent,
16:43le service public
16:44est plus efficace.
16:47Aujourd'hui en France,
16:48pour l'assurance maladie,
16:50on cotise en moyenne
16:5111 euros par jour
16:53et par personne
16:54pour pouvoir se soigner.
16:55Aux Etats-Unis,
16:56dans un système
16:57très largement privatisé,
16:59c'est 22 euros
17:00par jour et par personne.
17:01C'est le double
17:02pour un système
17:02très notoirement dégradé.
17:04Même sans aller aux Etats-Unis,
17:05les frais de gestion
17:06des mutuelles
17:06sont plus élevés
17:07que ceux de la sécurité sociale.
17:07Même les frais de gestion
17:08des mutuelles
17:09et des assurances complémentaires privées
17:11sont plus élevés
17:12que ceux de la sécurité sociale.
17:13Sans aller jusqu'aux Etats-Unis,
17:14en Allemagne,
17:15on trouverait des écarts importants
17:16par rapport à la France
17:17et toujours en faveur de la France.
17:19Donc,
17:20le service public,
17:21très souvent,
17:21c'est plus efficace.
17:22Mais avant tout,
17:23il faut se le redire,
17:23c'est un choix politique.
17:25C'est le choix politique
17:26pour pouvoir se soigner.
17:29On ne joue pas avec le soin.
17:30On ne joue pas avec l'éducation.
17:31On décide
17:32d'accroître
17:35les possibilités
17:37de la population
17:38et de ne pas faire dépendre
17:40un besoin essentiel
17:41de contingences matérielles.
17:42Mais ça, Arnaud,
17:43ça ne poserait pas de problème
17:44si dans les pays scandinaves,
17:47ils ont fait le choix
17:48d'avoir certains services
17:49rendus par l'Etat.
17:50Quand ce service
17:51est aussi bien rendu
17:53que le secteur privé
17:55avec une forme
17:56de compétitivité,
17:57finalement,
17:58il n'y a pas de problème.
17:59Il n'y a effectivement
18:00aucune étude
18:01qui montre
18:02qu'il y a un niveau
18:02de dépense publique
18:03optimal dans un pays.
18:04C'est un choix de société.
18:05Mais nous,
18:05notre problème,
18:06c'est quand même
18:06que tout ça
18:08n'en a pas pour notre argent.
18:12Je vous rejoins
18:13sur un point.
18:14Le statu quo
18:14est intenable.
18:15Et je ne suis pas
18:16du tout défenseur
18:17de ce statu quo.
18:18Il y a une perte de sens,
18:20on le disait,
18:21des agents dans le service.
18:22Ça conduit
18:23à une maltrestance
18:24institutionnelle
18:25de beaucoup
18:25d'usagers
18:27en fin de course.
18:29Mais est-ce qu'en
18:31remettant tout ça
18:32dans le champ du marché,
18:33on sera plus efficace ?
18:35Loin de là.
18:35On l'a vu
18:36sur l'exemple
18:37de la santé,
18:37mais aussi dans l'éducation.
18:39Malgré des frais
18:39d'inscription,
18:40si les écoles privées
18:42font moins progresser
18:44en moyenne
18:44les élèves
18:45que le font
18:45les écoles publiques ?
18:46Jean-Pierre Mongrand,
18:47un mot et on voit
18:47justement...
18:48Je peux vous citer
18:49un exemple.
18:49Moi, je ne me sens
18:51pas militant,
18:51je me sens...
18:53Encore une fois,
18:53j'ai des vraies convictions
18:54sur la place
18:55de service public
18:55dans la société
18:56et j'essaie de voir
18:56comment on peut
18:57faire avancer les choses.
18:58Mais je reconnais
18:59que dans un certain
18:59nombre de situations,
19:00il y a un vrai consensus
19:02pour que ça ne bouge pas.
19:04Je peux vous citer
19:05un exemple récent,
19:06je ne citerai pas
19:06l'exemple,
19:08qui est peut-être
19:09un peu caricatural,
19:10je ne veux pas faire
19:11de la caricature
19:12d'aller à l'y frappe.
19:13Mais bon,
19:13il y a même un exemple
19:14assez frappant
19:16de relation entre
19:17une ville,
19:17des villes
19:17et une métropole,
19:19un transfert de compétences
19:20des villes
19:21vers la métropole
19:22qui s'est passé
19:23sans transfert
19:24de personnel
19:26et finalement trouver
19:27du côté de la métropole
19:28des gens très contents
19:29parce qu'ils ont pu
19:30embaucher des gens
19:30effectivement nouveaux
19:31et du côté de la ville
19:32qui transfère
19:33ses personnels
19:35à contrôler
19:35ce que fait
19:36effectivement la métropole.
19:37On arrive à une augmentation
19:38des effectifs
19:38dans l'ensemble
19:39et finalement,
19:40tout le monde
19:40trouvait ça bien.
19:41Et en tant que citoyen,
19:42je suis heurté
19:43un peu par cette situation
19:44et je le dis
19:45et d'ailleurs,
19:46j'ai perdu la mission d'après
19:47parce que de fait,
19:48le client ne m'a pas trouvé
19:49très positif
19:51sur ce point.
19:51Alors justement,
19:53les solutions
19:53parce que finalement,
19:54tous les deux,
19:54vous êtes quand même
19:55relativement optimistes
19:56où d'être on peut s'en sortir.
19:57D'ailleurs,
19:58il y a quand même
19:58beaucoup de pays
19:58qui s'en sont sortis.
20:00Qu'est-ce qu'ils ont
20:01de plus que nous ?
20:02Pourquoi ils ont réussi
20:02là où on a échoué ?
20:03Toujours les mêmes,
20:04Canada, Suède,
20:06Espagne,
20:07Portugal,
20:09un peu l'Argentine même.
20:11Maintenant,
20:12pourquoi nous,
20:12on n'y arrive pas
20:13et eux,
20:13ils y arrivent ?
20:14En tout cas,
20:16moi,
20:16je suis toujours très prudent
20:17sur les exemples.
20:19C'est toujours intéressant
20:20de s'inspirer effectivement
20:21d'exemples étrangers.
20:22Il y a toujours des bonnes choses
20:23mais je suis toujours très prudent
20:24que ce soit les bons
20:25ou les moins bons exemples.
20:26Ça dépend de quel point de vue
20:26effectivement on se place.
20:28Moi,
20:28ce qui me frappe tout de même
20:29et je vois quand même
20:30les initiatives
20:31qui sont prises
20:32y compris dans notre pays
20:33par un certain nombre
20:34d'établissements publics
20:35ou de collectivités
20:35qui sont plutôt intéressantes
20:36et positives
20:37qui vont arriver
20:38à améliorer les choses.
20:40– Oui,
20:41mais alors là justement,
20:41vous n'êtes pas d'accord là-dessus.
20:42– Ah bon,
20:43d'accord.
20:43– Vous croyez
20:45au changement
20:46par le terrain,
20:47par le bas,
20:48à une forme de décentralisation.
20:50Alors que Arnaud,
20:50lui,
20:51il dit
20:51non,
20:53il faut en finir
20:54avec la décentralisation.
20:56– Alors,
20:56Jean-Pierre Fini…
20:57– Alors,
20:57il y a deux choses.
20:58Je pense que c'est
20:59à deux niveaux
21:00mais je ne sais pas
21:02si on est d'accord
21:02effectivement là-dessus
21:03ou pas d'accord.
21:03moi je pense
21:04qu'au niveau de l'État,
21:05au niveau des gouvernants,
21:07il y a des choix à faire
21:08et je pense que
21:09les élections présidentielles
21:10qui arrivent
21:10peuvent être l'occasion
21:11de dire
21:12où s'arrête
21:13le champ
21:14effectivement
21:14de l'intervention
21:15des services publics,
21:16quelles sont les priorités
21:17compte tenu
21:18des besoins à venir
21:19et des contraintes financières
21:20qu'on a.
21:21Donc il y a un cadre
21:22à donner à mon avis
21:22au niveau de l'État
21:23et je pense qu'il y a
21:24effectivement au niveau
21:26du terrain
21:26à s'inspirer aussi
21:28des expérimentations
21:29et pour moi
21:30les conditions de réussite
21:30Vous en citez plein dans votre livre
21:31quand même.
21:31Comment ?
21:32Vous en citez plein quand même.
21:33Oui, j'ai essayé d'anonymiser
21:34un petit peu aussi
21:35pour l'État, etc.
21:36Mais il y a beaucoup d'exemples
21:38et qui aboutissent
21:40à des vraies améliorations.
21:41Oui, parce que
21:41pour moi c'est quand
21:42plusieurs conditions sont réunies
21:43quand vous avez des dirigeants
21:45de terrain
21:45qui sont effectivement
21:46qui ont une vision
21:47et qui savent
21:48où ils veulent aller
21:49et qui définissent
21:50ses priorités
21:50quand vous avez une démarche
21:52qui associe
21:53on n'en a pas encore parlé
21:54mais pour moi
21:54qui associe les agents
21:56et si possible
21:57les citoyens
21:57également à la définition
22:00à la remise à plat, etc.
22:01Moi je suis vraiment
22:02un militant
22:02si je dois être un militant
22:03c'est de la co-construction
22:04et de l'ouverture
22:05vers les agents et les citoyens
22:06et puis évidemment
22:07une évaluation des travaux
22:09qui sont faites.
22:09Mais je dois vous dire
22:10pour terminer
22:11que là encore
22:11j'ai perdu beaucoup
22:12d'appels d'offres
22:13parce qu'on m'a dit
22:13que j'étais trop
22:14dans la co-construction
22:15et qu'on aimait plutôt
22:17les audits
22:18vite fait bien fait
22:18et évidemment
22:19moi je ne suis pas
22:19dans cette audience.
22:22Pourquoi vous dites
22:22qu'il faut en finir
22:23avec la décentralisation ?
22:25Dites-le-vous !
22:26En finir avec
22:27la décentralisation
22:28ce n'est pas en finir
22:28avec les collectivités territoriales
22:30c'est en finir
22:31avec cette idée
22:32que par
22:34en mimant
22:35la démocratie représentative
22:36qu'on connaît
22:37au niveau national
22:37à une échelle territoriale
22:39ça ferait forcément
22:40plus de proximité
22:41et plus de démocratie
22:42alors qu'au final
22:43les premiers
22:44à ne pas s'y retrouver
22:45dans le millefeuille
22:46et l'empilement
22:47des strates territoriales
22:48c'est les élus
22:48eux-mêmes
22:49n'y comprennent rien.
22:51Je pense que
22:52on a toujours été
22:53enfin je suis
22:54on a toujours été
22:55beaucoup plus
22:57imaginatif que ça
22:58quand on a pensé
22:59la démocratie
22:59dans les services publics
23:00après 1789
23:02on met en place
23:03des jurys d'assises
23:04on tire au sort
23:04des citoyens et des citoyens
23:05des citoyens seulement
23:07d'ailleurs à l'époque
23:07on leur donne
23:08un sacré pouvoir
23:09celui de juger
23:10des crimes
23:10les plus graves
23:11c'est une forme
23:12de démocratie
23:12très innovante
23:13après 45
23:14quand on généralise
23:15la sécurité sociale
23:16on crée une démocratie
23:18par des élections
23:19auxquelles se présentent
23:20les syndicats
23:20et les mutuels
23:21une démocratie sociale
23:22c'est aussi extrêmement innovant
23:23les collectivités territoriales
23:25c'est une forme
23:26parmi d'autres
23:26on mime la démocratie
23:28à un niveau territorial
23:30ou la démocratie représentative
23:31on la reproduit
23:32plutôt
23:33et c'est une forme
23:34mais parmi d'autres
23:35l'enjeu
23:36d'enfinir avec la décentralisation
23:38c'est de donner vraiment
23:39du pouvoir
23:40et de penser le pouvoir
23:41et on peut le faire
23:42de plein de manières
23:43juste un exemple
23:44si au commissariat
23:45de Saint-Denis
23:46en bas de chez moi
23:46on tire au sort
23:48des habitants
23:49de tous les quartiers
23:50du démos
23:51et on leur donne
23:52le pouvoir
23:53d'évaluer le commissaire
23:55je pense qu'on n'aura pas
23:56exactement la même politique
23:57de sécurité publique
23:57autant j'aime pas votre phrase
23:59de l'argent il y en a
24:00autant j'ai été
24:01très excité
24:02par cette phrase
24:03vous dites
24:04il faut dévoiler
24:04le potentiel révolutionnaire
24:06du service public
24:07le service public
24:09c'est pas l'état
24:10il y a du service public
24:11géré par
24:12des coopératives
24:13des associations
24:14des fois des entreprises
24:16le service public
24:17c'est cette sortie
24:18des besoins essentiels
24:19du marché
24:19et ça je crois
24:20que c'est absolument
24:21clé et surtout
24:22au 21ème siècle
24:23on est dans un moment
24:25où depuis 50 ans
24:26décennie après décennie
24:27la croissance s'étiole
24:28pour la relancer
24:29on comprime
24:30les services publics
24:31et on appuie
24:32sur l'accélérateur
24:33pour brûler plus
24:34de pétrole
24:35et produire plus
24:36de déchets
24:36cette logique là
24:37cette logique
24:38d'accumulation
24:39ce mur
24:40dans lequel nous emmène
24:41l'absence de croissance
24:43et le fait
24:44de la relancer
24:44à tout prix
24:44c'est le mur
24:46dans lequel nous emmène
24:47quoi ?
24:47le fait que nos besoins
24:48essentiels
24:49soient aujourd'hui
24:50gérés par le marché
24:51les sortir du marché
24:52de cette logique
24:53d'accumulation
24:54et en faire
24:55des besoins essentiels
24:57produits
24:57garantis
24:58par un service public
24:59je crois que c'est
25:00une réponse massive
25:02au défi
25:03du 21ème siècle
25:04c'est de reposer
25:05la question démocratique
25:06de
25:06qu'est-ce qui est essentiel
25:09dans nos vies
25:09qu'est-ce qu'on veut
25:10gérer en commun
25:10et comment est-ce qu'on le gère
25:12démocratiquement
25:13en ça
25:13le service public
25:14je crois
25:14est révolutionnaire
25:16chers amis
25:16il y a quand même
25:17un game changer
25:17dans tout ça
25:18c'est l'intelligence artificielle
25:20la technologie
25:21comment on utilise
25:22ce levier
25:23qui est quand même
25:24en train
25:25de créer
25:28des changements profonds
25:29dans le fonctionnement
25:30des entreprises
25:30qui va avoir
25:31des effets massifs
25:32sur les métiers
25:33sur la productivité
25:34comment on peut utiliser
25:35ce levier
25:35pour justement
25:36aller vers
25:37plus de
25:38de
25:39de
25:39en tout cas
25:40des services publics
25:41mieux en adéquation
25:42avec les besoins
25:42des citoyens
25:43on pourrait penser
25:44d'abord
25:45de ce que je constate
25:46dans les accompagnements
25:47que je peux faire
25:47effectivement
25:48que les sujets sont
25:50un peu dans les balbutiements
25:51encore
25:51dans l'environnement
25:53effectivement public
25:54il y a un certain
25:54d'initiatives
25:55qui sont prises
25:55il y a beaucoup
25:56d'effets de communication
25:57de mode etc
25:58on n'est pas encore
25:59rentré complètement
26:00de mon sens
26:00de ma fenêtre
26:01en tout cas
26:02sur des sujets de fond
26:03moi j'y vois
26:04une opportunité
26:05intéressante
26:06ne serait-ce que
26:06pour faciliter
26:07la prise de décision
26:08pour faciliter
26:09les allocations de moyens
26:10qu'on peut avoir
26:11quand on a effectivement
26:11des projets
26:12et puis surtout
26:12pour faire gagner
26:13peut-être
26:13du temps
26:14ou en tout cas
26:15de diminuer
26:16un certain nombre
26:16de tâches
26:17à un certain nombre
26:17de métiers
26:18donc il y a des collectivités
26:19qui ont commencé
26:19déjà à réfléchir
26:20à leur métier
26:21pour aller plus
26:22au contact
26:22des agents
26:25dans les faits
26:27on n'a pas encore
26:27pu observer
26:28effectivement
26:28ces résultats
26:29et je pense
26:30qu'on n'est qu'au début
26:32de cette révolution
26:34si je puis dire
26:34Arnaud Bontan
26:35très vite
26:35et on va conclure
26:36là-dessus
26:37parce que c'est quand même
26:37important
26:38vous faites un détour
26:38un petit peu
26:39par le monde
26:40et votre observation
26:42appartient notamment
26:42de l'expérience américaine
26:43vous dites
26:44le totalitarisme
26:45avant c'était
26:46l'État
26:46au service
26:47de la dictature
26:48la dictature
26:49assise
26:50sur les services
26:50de l'État
26:51aujourd'hui
26:51les totalitarismes
26:52se bâtissent
26:53contre les services
26:54publics
26:54et contre l'État
26:56en effet
26:56contre l'État
26:57je ne sais pas
26:57ils se servent
26:58de l'État
26:58pour attaquer
26:59le service public
27:00les médias publics
27:01la recherche publique
27:02les services
27:03de protection
27:03de l'environnement
27:04l'éducation
27:05aujourd'hui
27:06tout se passe
27:07avec les totalitarismes
27:08les nouvelles extrêmes droites
27:09qui arrivent au pouvoir
27:10comme si le potentiel
27:12de démocratie
27:13que revêtaient
27:15les services publics
27:15leur devenait de plus en plus
27:16insupportable
27:17donc elles s'y attaquent
27:19comme s'ils avaient mieux
27:20compris que nous
27:20la force
27:22qui était en germe
27:24dans le service public
27:24c'était important
27:25qu'on conclue là-dessus
27:27sujet inépuisable
27:28avec beaucoup
27:29beaucoup d'éléments
27:30donc dans vos deux livres
27:31messieurs
27:32Arnaud Bontemps
27:32services publics
27:33ou barbarie
27:34aux éditions
27:34La Découverte
27:35Jean-Pierre Mongrand
27:36pour un big bang
27:37des services publics
27:38c'est aux éditions
27:40Management
27:40et Société
27:42on se retrouve tout de suite
27:43pour la deuxième partie
27:44de l'émission
27:48BFM Business
27:50La librairie de l'écho
27:52Emmanuel Lechypre
27:54On se retrouve pour la deuxième partie
27:56de cette librairie de l'écho
27:58avec nos critiques attitrées
28:01à ma gauche
28:02Christian Chavagneux
28:02éditorialiste à
28:03alternativeéconomique.fr
28:05et grand animateur
28:06des pages livres
28:07dans Alternative Économique
28:08le magazine
28:09à ma droite
28:10Jean-Marc Daniel
28:11professeur émérite
28:12à l'ESCP
28:13Business School
28:14président
28:15de la Société
28:16d'économie politique
28:17dont il est aussi
28:18évidemment
28:18le critique
28:19Mesdames et Messieurs
28:20vous avez là
28:20deux des plus grands lecteurs
28:22de livres d'économie
28:22de ce pays
28:24qui ont choisi
28:25de rendre hommage
28:26finalement à un économiste
28:27important
28:28qui a marqué
28:30la deuxième partie
28:31du XXe siècle
28:32John Kenneth Galbraith
28:34ça fait 20 ans
28:36qu'il est mort
28:37John Kenneth Galbraith
28:39et c'est l'occasion aussi
28:40de la republication
28:41d'un de ses grands livres
28:42alors vous allez commencer
28:43par ce livre
28:44Messieurs
28:45l'argent
28:46qui est republié
28:47chez Folio
28:48histoire
28:49puis vous en direz
28:50un peu plus finalement
28:52sur John Kenneth Galbraith
28:54qui veut commencer
28:55Jean-Marc Daniel
28:55qui était d'abord
28:56cet économiste
28:58alors juste une précision
29:00la version que nous avons choisie
29:02est aux belles lettres
29:02effectivement il y en a une version
29:04chez Folio
29:05mais la version qui vient
29:05d'être republiée
29:06est aux belles lettres
29:07mais on le trouve aussi
29:08chez Folio
29:08il n'y a pas de problème
29:09donc qui est l'auteur
29:11donc c'est un
29:12il est né au début
29:13du XXe siècle
29:14il est canadien
29:16il va faire des études
29:16aux Etats-Unis
29:17en Californie
29:18et il va
29:19alors qu'il a 26-27 ans
29:20il va s'impliquer
29:22personnellement
29:22dans le New Deal
29:24il va rejoindre
29:24les équipes de Roosevelt
29:25il est passionné, fasciné
29:27par à la fois
29:28l'esprit qui règne
29:29dans l'entourage de Roosevelt
29:31et puis par les réalisations concrètes
29:32et simultanément
29:34à cette action politique
29:35il rejoint sur le plan intellectuel
29:37le keynésianisme
29:38et les écrits de Keynes
29:39donc après
29:40il va avoir
29:42une vie
29:42qui va se partager
29:43entre le monde universitaire
29:44il n'est pas un des
29:45il ne publie pas
29:47des multitudes d'articles
29:48dans les revues
29:48il publie davantage des livres
29:49il s'adresse plutôt
29:50au grand public
29:51il est assez actif
29:52sur le plan politique
29:52il rejoint d'ailleurs
29:54là aussi
29:54les équipes de John Kennedy
29:56et quand Kennedy est élu
29:57il le nomme
29:58non pas dans son équipe
29:59de conseil économique
30:00mais il le nomme
30:00ambassadeur des Etats-Unis
30:02en Inde
30:02où il va avoir
30:03une action assez remarquable
30:05notamment l'Inde
30:06à l'époque
30:06est très proche
30:07de l'Union soviétique
30:08il va un peu
30:09amorcer un rapprochement
30:10on est en pleine guerre froide
30:11entre l'Inde
30:12et les Etats-Unis
30:14et puis ensuite
30:15il va se retirer
30:17progressivement
30:18en publiant
30:19un certain nombre
30:19de livres
30:20et de ces livres
30:21qui sont assez critiques
30:22notamment sur la
30:23la présidence Reagan
30:24sur le plan intellectuel
30:25c'est vraiment
30:26à la fois
30:27un keynésien
30:29très fidèle
30:30à l'organisation
30:30mais un keynésien
30:31qui sait être critique
30:32c'est-à-dire
30:33il sait voir
30:33et reconnaître
30:34les limites du modèle
30:35alors ce livre
30:36l'argent
30:37Christian Chavagneau
30:38de quoi s'agit-il ?
30:39j'ajoute juste un petit mot
30:41sur ce qu'a dit
30:41Jean-Marc
30:42il est à l'université
30:44Harvard quand même
30:44il n'est pas dans une petite
30:46fac aux Etats-Unis
30:47Kennedy lui a proposé
30:48d'être son chef
30:50des conseillers économiques
30:52mais il a vu
30:53en étant sur le devant
30:54de la scène
30:54qu'on se prenait quand même
30:55pas mal de bave dans la figure
30:56il a dit je préfère
30:57un poste moins exposé
30:58aux Etats-Unis
30:59c'est pour ça qu'il a refusé
31:00encore un économiste courageux
31:02il a proposé
31:04l'un de ses amis ennemis
31:06qui était Paul Samuelson
31:07pour être proche de Kennedy
31:09les relations
31:10entre Samuelson
31:11et Galbraith
31:12c'est absolument
31:13fabuleux
31:14ils se critiquent
31:15tous les deux
31:15et en même temps
31:16ils s'apprécient beaucoup
31:17tous les deux
31:17Galbraith dit qu'il faut lire Samuelson
31:19Samuelson dit
31:19qu'il faut lire Galbraith
31:20j'ai quand même noté
31:22une citation
31:23parce que
31:24Samuelson dit
31:25Galbraith
31:26c'est l'économiste
31:26des non-économistes
31:27c'est-à-dire
31:27c'est des gens
31:28qui ne comprennent rien
31:29l'économiste
31:29ils aiment bien lire
31:30pourquoi ?
31:30parce qu'en fait
31:31Galbraith a été chroniqueur
31:32à fortune
31:33et il a une plume
31:34il sait écrire
31:35et donc évidemment
31:36il s'adresse au grand public
31:37mais la meilleure citation
31:38que je trouve
31:38de Samuelson sur Galbraith
31:39c'est
31:39on se souviendra
31:40et on lira Galbraith
31:41quand la plupart d'entre nous
31:43les lauréats du prix
31:44de la banque de Suède
31:45seront enfouis
31:45dans les notes de bas de page
31:47poussiéreuses
31:47de bibliothèques poussiéreuses
31:49donc vraiment
31:49voilà
31:50on lira
31:51et de fait
31:51on ne lit plus beaucoup
31:52Paul Samuelson aujourd'hui
31:53on lit encore Galbraith
31:54ce livre-là
31:55à mon sens
31:56il est intéressant
31:57mais ce n'est pas le meilleur
31:58on commence par une histoire
31:59de la monnaie
32:00une histoire des banques
32:01c'est assez traditionnel
32:02il n'y a pas grand chose
32:03d'original
32:04mais après ça bascule
32:05dans une histoire
32:05de la création
32:06de la réserve fédérale
32:07aux Etats-Unis
32:07donc la banque centrale américaine
32:09puis sur les batailles
32:10de politique économique
32:11entre Keynes
32:12et les monétaristes
32:13on va dire
32:13et puis les débats
32:14des années 70
32:15tout début des années 80
32:16et là ça prend une dimension
32:18un petit peu plus intéressante
32:19et on voit que
32:20oui bien sûr
32:21il y a une filiation keynésienne
32:22chez Galbraith
32:23qui est évidente
32:24et en même temps
32:25il vient de l'institutionnalisme
32:27américain
32:28donc Sorstein Weblen
32:29qui n'est pas très connu en France
32:30mais c'est quand même
32:30un de ses grands inspirateurs
32:32et Marx aussi
32:32il a beaucoup lu Marx
32:33donc c'est vraiment
32:34un économiste non conformiste
32:36comme on dira aujourd'hui
32:37mais il va puiser
32:39chez plusieurs grands auteurs
32:41et puis surtout
32:41sa grande idée
32:42c'est que
32:43l'acteur qui domine
32:44le monde économique
32:45aujourd'hui
32:46c'est l'entreprise
32:46donc il faut comprendre
32:47le monde de l'entreprise
32:48comment elle est organisée
32:49la fameuse technostructure
32:50il y a des croyances collectives
32:52chez les économistes
32:53le pouvoir
32:54c'est quelque chose
32:55d'intéressant
32:56d'important
32:56pour comprendre l'économie
32:57alors que les économistes
32:58ne s'y intéressent pas
32:58c'est le cadrage général
33:00un peu du bouquin
33:01de Galbraith
33:02Jean-Marc Daniel
33:02ce livre
33:03l'argent
33:04vous le resituez comment vous
33:05dans l'oeuvre de Galbraith
33:06sur laquelle on va revenir après
33:07oui oui
33:08non non
33:08je pense que c'est un livre important
33:09et peut-être plus important
33:11que ce que vient de dire Christian
33:11parce qu'il y a véritablement
33:12à la fois une vision historique
33:14qui se centre assez vite
33:15sur les Etats-Unis
33:16au début
33:16il part
33:17antiquité
33:18Crésus
33:18et puis il nous explique
33:20la banque
33:21c'est l'Italie
33:21la banque centrale
33:23c'est l'Angleterre
33:23mais la monnaie
33:25ce sont les Etats-Unis
33:26avec quelquefois
33:29des anecdotes
33:29et puis des récits
33:30qui sont des récits
33:31très bien menés
33:32il a une plume très alerte
33:33effectivement
33:34on rejoint ce que disait Samuel Son
33:35c'est très agréable
33:36du lire du Galbraith
33:37et c'est assez bien traduit
33:38en plus
33:40les gens se sont efforçés
33:41de donner
33:41de reprendre le style
33:43de Galbraith
33:43il y a tout un passage
33:45sur les rapports
33:46la façon dont ont été financées
33:48les guerres américaines
33:49la guerre contre
33:50le Royaume-Uni
33:51de 1812
33:51avec Albert Galatin
33:53qui était le secrétaire
33:53au trésor de l'époque
33:54et puis
33:55Salmon Chase
33:56qui est le secrétaire
33:57au trésor de Lincoln
33:58dont il fait un portrait
33:59assassin
33:59parce qu'en plus
34:00il est extrêmement
34:02impliqué personnellement
34:03dans la façon
34:04dont il décrit
34:04les événements
34:05ce que j'ai trouvé
34:06intéressant dans ce livre
34:07c'est qu'effectivement
34:08ce que dit l'éditeur
34:09c'est qu'il a pris
34:09la toute dernière version
34:11qui date du milieu
34:12des années 90
34:12et donc la partie
34:14de conclusion
34:15est une partie
34:15qui s'appuie
34:16sur l'actualité
34:17et notamment
34:17sur ce qui s'est passé
34:18sur Reagan
34:19et donc il dit
34:20il y a quatre erreurs
34:21que les économistes
34:22doivent éviter
34:22et j'ai trouvé ça
34:23assez bien
34:23alors ces quatre erreurs
34:25c'est de faire confiance
34:25aux conjoncturistes
34:26et aux prévisionnistes
34:27parce qu'ils se trompent
34:28tout le temps
34:29et en fait
34:29ils donnent plutôt
34:30une vision du monde
34:31telle qu'ils le rêvent
34:32plutôt que telle qu'il est
34:33la deuxième erreur
34:35c'est effectivement
34:35de croire que
34:36le keynésianisme
34:37d'avoir une vision
34:38un peu hydraulique
34:39entre guillemets
34:40du keynésianisme
34:41où il suffit
34:41d'augmenter les dépenses
34:42et il suffit
34:42d'essayer les impôts
34:44or il dit
34:44c'est beaucoup plus compliqué
34:45qu'on ne le croit
34:46et notamment
34:46quand on a augmenté
34:47les dépenses
34:47c'est plus compliqué
34:49de revenir en arrière
34:50la troisième erreur
34:51c'est de ne pas voir
34:52qu'un des éléments clés
34:54qui déterminent l'économie
34:55c'est encore
34:55l'existence de monopoles
34:56alors il parle
34:56des monopoles syndicaux
34:58il dit les entreprises
34:59Christian l'a dit
35:00c'est un théoricien aussi
35:01de l'entreprise
35:02de la technostructure
35:03et donc il dit
35:04un des enjeux
35:05c'est effectivement
35:06de ne pas voir
35:07dans l'entreprise
35:07le bien absolu
35:08et de voir
35:09qu'elle est
35:10à la recherche du monopole
35:11que les syndicats
35:12sont à la recherche du monopole
35:13et que c'est ça
35:14qui nuit à l'économie
35:15et puis alors
35:15la quatrième thème
35:16ce qui je trouve aussi
35:18là aussi assez pertinent
35:18c'est d'ailleurs
35:19on a transformé
35:20la politique monétaire
35:21en espèce de panacée
35:23donc il écrit ça
35:24à la période
35:24où Greenspan
35:25si vous avez compris
35:26ce que je lui ai dit
35:26c'est que je me suis mal exprimé
35:28il y a une espèce
35:28de transformation
35:29de Greenspan en gourou
35:30et il dit
35:31écoutez
35:31il faut réfléchir quand même
35:32à ce que représente la monnaie
35:33tout le but du livre
35:35que je viens d'écrire
35:35c'est de vous expliquer
35:36ce à quoi ça sert
35:38et les limites
35:38de la politique monétaire
35:39et cette conclusion
35:40je la trouve
35:41très datée
35:42années 90
35:43et pourtant
35:43totalement pertinente
35:44je trouve que
35:45ces quatre éléments
35:46n'ont pas vieilli
35:46par rapport à ce que
35:47on aurait pu dire
35:48dans les années 60 ou 70
35:49du coup le bouquin
35:50est rempli d'aphorismes
35:51pour aller dans le sens
35:53de Jean-Marc
35:53je l'ai quand même noté
35:54allez-y
35:54régaler nous
35:55comme d'habitude
35:56les prévisions
35:56des experts financiers
35:57furent de peu d'utilité
35:58pour envisager l'avenir
35:59bon ça c'est vraiment
36:00c'est vraiment un classique
36:01la tendance des économistes
36:03à trouver une vertu
36:04à tout ce qui agrée
36:05aux gens aisés
36:05et respectables
36:06est évident
36:08les économistes
36:09économisent les idées
36:10la plupart se servent
36:11toute leur vie
36:11celles qu'ils ont acquises
36:12dans leur jeunesse
36:13je vois ça quand même pas mal
36:14et puis la dernière sur Keynes
36:16que vraiment j'adore
36:16les collègues de Keynes
36:18le tenaient depuis longtemps
36:19en suspicion
36:19pour la clarté de son style
36:20et de sa pensée
36:21qui vont souvent de pair
36:22la théorie générale
36:23racheta sa réputation universitaire
36:25c'est un livre profondément
36:26obscur
36:27mal écrit
36:27et trop vite publié
36:28voilà comme ça
36:29c'est réglé
36:29et le bouquin
36:30est rempli d'aphorismes
36:31comme ça
36:32on prend beaucoup de plaisir
36:33à lire Galbraith
36:33il a eu une formation
36:34de journaliste économique
36:35et il s'en sert dans ses bouquins
36:37bon Christian
36:37qu'est-ce qu'il faut lire d'autre
36:39de Galbraith finalement
36:40moi le premier livre
36:42que j'ai lu de Galbraith
36:43c'est la crise de 29
36:44donc son récit
36:45de la crise de 29
36:46c'est très profondément
36:48économique
36:49financier
36:49il y a une vraie analyse
36:50de la montée de la spéculation
36:52et en même temps
36:53c'est comme dans l'argent
36:54c'est des portraits
36:55des gens
36:56des anecdotes
36:57des histoires
36:58c'est vraiment un pédagogue
36:59de l'économie
36:59l'autre livre
37:00que j'aime bien moi
37:01c'est l'économie en perspective
37:03là c'est toute une histoire
37:04c'est comme l'argent
37:05on repart des débuts
37:06de la pensée économique
37:07jusqu'à pratiquement aujourd'hui
37:09la fin des années 90
37:10et c'est une histoire critique
37:11de l'histoire de la pensée économique
37:13donc là
37:14les aphorismes de critique
37:15des économistes
37:16là il y en a plein
37:18mais c'est une histoire
37:19c'est un livre assez épais
37:20vraiment intelligent
37:21pour moi c'est un de ses meilleurs livres
37:23Jean-Marc Daniel
37:23alors moi je complèterai par deux livres
37:24d'abord son livre
37:25qui a été considéré
37:26très longtemps
37:26comme le livre de référence
37:27le nouvel état industriel
37:29bien sûr
37:29qui est justement
37:31cette idée
37:31que l'entreprise
37:33cherche à échapper
37:34à la concurrence
37:34et que finalement
37:35il y a une sorte
37:36de convergence
37:36sur le plan
37:37des idées
37:38et des techniques
37:39de management
37:39entre l'union soviétique
37:41il écrit ça
37:41à la fin des années 50
37:42au début des années 60
37:43entre l'union soviétique
37:44où après la période
37:46du délire staliné
37:47on est venu
37:47à une forme de rationalité
37:50planificatrice
37:50et les grands monopoles
37:52qui sont en train
37:53de se mettre en place
37:53aux Etats-Unis
37:54et donc cette idée
37:55du passage du pouvoir
37:57vers la technostructure
37:59vers les managers
37:59vers les gens
38:00qui ne sont pas forcément
38:01ni des membres
38:02du parti communiste
38:03ni des innovateurs
38:06et des entrepreneurs
38:07est assez bien vu
38:08et assez bien mené
38:08et puis alors
38:09il y a une série d'essais
38:10qui ont été publiés
38:11au seuil
38:12sous le titre
38:13économie hétérodoxe
38:14où il y a plusieurs textes
38:15que je trouve
38:16assez agréables à lire
38:17c'est un gros volume
38:19mais c'est plusieurs
38:20c'est six essais
38:20et donc chacun
38:21a sa logique
38:22et sa cohérence
38:23et donc alors là
38:24c'est toute la verve
38:25de Galbraith
38:27il se donne un cœur joie
38:28il y a une histoire
38:28de la pensée économique
38:29il y a une
38:30et puis effectivement
38:32il y a une description
38:33des enjeux de l'économie
38:34c'est une façon
38:35de redécouvrir Galbraith
38:37sur tout un tas de domaines
38:38sur lesquels
38:39il a publié
38:40est-ce qu'il a un héritier
38:41aujourd'hui ?
38:42son fils
38:42vraiment son fils
38:43James Kenneth Galbraith
38:44son fils
38:45qu'on a reçu
38:46dans la librairie de l'écho
38:48francophile
38:49bourré d'humour
38:50et bonne économie
38:50c'est un des premiers
38:51à travailler sur les questions
38:52d'inégalité
38:53bien avant
38:53à Kitson et Piketty
38:56et qui aujourd'hui
38:57passe très souvent en France
38:58d'ailleurs
38:58il sera à Paris
38:59au mois de mai
39:00on l'avait reçu
39:02il y a deux ans
39:03oui oui
39:03le fils se veut
39:05autant canadien
39:06américain
39:06européen
39:07il rappelle que son père
39:08était canadien
39:09quand même
39:09il n'était pas
39:12américain
39:13au sens
39:14trop importe
39:15et bien
39:16vous savez quoi
39:17messieurs
39:18vous nous avez donné
39:19envie
39:19de lire
39:21ou de relire
39:22John Kenneth Galbraith
39:24allez
39:25c'est l'heure
39:26de retrouver
39:27notre étude
39:28de la semaine
39:30BFM Business
39:31la librairie de l'écho
39:33l'étude de la semaine
39:37c'est ce passionnant travail
39:39conduit par
39:40le BCG
39:41Anderson Institute
39:43alors
39:44les études
39:45sur les effets
39:45de l'intelligence artificielle
39:47sur le travail
39:47on en a plein
39:48mais celle-ci
39:49s'appuie sur une modélisation
39:50économique inédite
39:52pour mesurer
39:53précisément
39:53l'impact de l'IA
39:54sur les emplois
39:56Nicolas de Bellefond
39:56bonjour
39:58bonjour
39:58Nicolas vous êtes
39:59le responsable
40:00de l'IA
40:00pour BCG
40:01dans le monde
40:03ce qui est rassurant
40:05Nicolas dans cette étude
40:07c'est que
40:07selon vous
40:09l'IA
40:09n'est pas
40:10une machine
40:12à détruire
40:12massivement
40:13des emplois
40:14dans tous les secteurs
40:15non effectivement
40:16et en fait
40:18ce que regarde
40:19l'étude
40:20c'est à quel point
40:21l'IA
40:22vient
40:23d'abord
40:24effectivement
40:24automatiser
40:25ou pas
40:26certaines tâches
40:28versus
40:29augmenter
40:31le quotidien
40:32mais sans
40:32automatiser
40:33et puis à quel point
40:34en fait
40:35en automatisant
40:36ou en augmentant
40:37elle abaisse
40:39le coût du travail
40:40ce qui permet en fait
40:41de répondre à plus de demandes
40:42et donc ça ne vient pas
40:43détruire
40:44de l'emploi
40:46mais au contraire
40:46ça crée
40:47quelque part
40:48plus
40:49plus d'activités
40:50et au final
40:51ça montre
40:52que
40:53la très grande
40:54majorité
40:55des emplois
40:56sont soit
40:57peu impactés
40:58pour 57%
40:59d'entre eux
41:00soit
41:00quand ils sont
41:01impactés
41:01sont transformés
41:03mais pas
41:04détruits
41:05et en réalité
41:06il n'y a que
41:06dans l'étude
41:07qui se concentre
41:08sur le marché américain
41:0912%
41:09des emplois
41:11qui sont vraiment
41:12à risque
41:12d'être
41:15profondément
41:15réduits
41:16en nombre
41:18alors vous l'avez dit
41:19il y a 57%
41:20des métiers
41:20qui finalement
41:21bon
41:22seraient un peu
41:22impactés
41:23mais un peu
41:24en continu
41:25avec une IA
41:26bon qui améliore
41:27les conditions de travail
41:28mais qui transforme
41:29pas vraiment
41:29le métier
41:31et puis
41:32vous dites
41:32il y a quand même
41:34dans 19%
41:35des métiers
41:37l'IA
41:38transforme vraiment
41:39les rôles
41:39avec soit
41:40des métiers
41:40amplifiés
41:41soit des métiers
41:42reconfigurés
41:42c'est à dire
41:44en fait
41:45on regarde
41:46les métiers
41:47
41:48en introduisant
41:49de l'IA
41:50on va pouvoir
41:50répondre
41:51à plus de demandes
41:53je vais vous donner
41:55un exemple
41:56qui est
41:56le développement
41:58informatique
41:59en fait
42:00un développeur informatique
42:02grâce à l'IA
42:02peut produire
42:03beaucoup plus
42:04donc c'est un métier
42:05qui est profondément
42:07augmenté
42:07par l'IA
42:08pas remplacé
42:09mais augmenté
42:10et en même temps
42:11aujourd'hui
42:12on a un besoin
42:12de développement
42:14qui est beaucoup plus grand
42:16donc en fait
42:17cette productivité
42:18elle permet de répondre
42:19à plus
42:21de demandes
42:21ce sont les métiers
42:22amplifiés
42:23et puis ensuite
42:23il y a les métiers
42:25redistribués
42:26où là en fait
42:26la demande
42:27est contrainte
42:29mais ce que ça fait
42:30c'est que
42:31on rééquilibre
42:33les tâches
42:34en fait
42:34on élimine
42:35des tâches
42:36qui sont peut-être
42:37plus rébarbatives
42:38plus répétitives
42:39pour se concentrer
42:39sur des tâches
42:40à plus forte valeur ajoutée
42:42alors
42:42nous par exemple
42:44on a travaillé
42:44avec les équipes marketing
42:45d'un très grand groupe
42:46de grande consommation
42:47on a vu ça totalement
42:49puisque
42:5040%
42:50du quotidien
42:52d'un marketeur
42:52c'était
42:53d'analyser des données
42:55produire des rapports
42:56tout ça
42:56peut être
42:58effectivement
42:59automatisé
43:00en partie
43:01par l'IA
43:01mais
43:02le rôle des marketeurs
43:04se reconcentrait
43:04sur la compréhension
43:05des consommateurs
43:06sur l'innovation
43:08et donc
43:09en fait
43:09ce sont des rôles
43:10qui ne sont pas du tout
43:11éliminés
43:11mais qui sont
43:13rééquilibrés
43:14entre les tâches
43:15à forte valeur ajoutée
43:16et les tâches
43:16à plus faible valeur ajoutée
43:18qui sont plutôt déléguées
43:18à l'IA
43:19alors il y a une catégorie
43:20de métiers
43:20pour terminer
43:22Nicolas
43:23qui effectivement
43:24est prise
43:25dans une forme
43:26de contradiction
43:28c'est par exemple
43:29les agents d'assurance
43:30les supports
43:31IT
43:31etc
43:32où d'un côté
43:34il y a une demande
43:35qui augmente
43:37mais aussi
43:38une forme
43:38de banalisation
43:39des tâches
43:40et en gros
43:41vous dites
43:41il y aura
43:42un besoin
43:43plus grand
43:43de seniors
43:45et un besoin
43:46plus faible
43:46de juniors
43:48comment vous pouvez
43:49avoir des seniors
43:50s'ils n'ont pas été
43:51juniors avant
43:52alors
43:53déjà effectivement
43:54il y a une catégorie
43:55de métiers
43:56où sont les tâches
43:58des juniors
43:59qui sont automatisées
44:01et les seniors
44:02entre guillemets
44:03sont un peu
44:04protégés
44:04c'est le cas
44:05aussi
44:06de certains métiers
44:07du conseil
44:08c'est le métier
44:09le métier
44:09de banquier
44:11d'affaires
44:11où en fait
44:12tout ce qui est
44:13analyse basique
44:14de rapports
44:15production
44:16d'analyse
44:18sur les sociétés
44:18etc
44:19peut être
44:19en grande partie
44:20automatisée
44:21et donc
44:21ce sont plutôt
44:21les niveaux d'entrée
44:23qui disparaissent
44:24mais on a encore
44:25besoin
44:26de seniors
44:27de jugements
44:28de perspectives
44:29et la demande
44:30de conseil
44:31est plutôt
44:31en augmentation
44:32qu'en diminution
44:34après il y a un vrai
44:34problème RH
44:35effectivement
44:35pour ce type de métier
44:36vous l'avez totalement souligné
44:38c'est comment est-ce qu'on forme
44:41les seniors de demain
44:43l'hypothèse
44:44c'est qu'il y aura
44:44moins de juniors
44:45mais il n'y en aura pas plus
44:46et donc
44:47en partie
44:48ce seront ceux-là
44:50qui deviendront
44:50les seniors de demain
44:52et puis
44:52il y aura aussi
44:55potentiellement plus
44:55de passerelles
44:56entre différents métiers
44:58pour développer
44:59les seniors de demain
45:00Merci beaucoup
45:01Nicolas de Belfond
45:02responsable de l'IA
45:03pour BCG
45:04de nous avoir
45:05donné les détails
45:06de cette étude
45:07que vous pouvez avoir
45:08en accès
45:09évidemment
45:09beaucoup plus
45:11complet
45:11sur effectivement
45:13l'impact de l'IA
45:14sur l'emploi
45:15Allez
45:15toujours plus de chiffres
45:16dans la librairie de l'écho
45:20BFM Business
45:21la librairie de l'écho
45:22des idées
45:23et des chiffres
45:26Coup de projecteur
45:27sur cette étude
45:28de HelloWatt
45:29sur l'évolution
45:30de nos factures
45:31de gaz
45:32depuis 2020
45:33entre 2020
45:34et 2026
45:35la facture de gaz
45:36d'un foyer
45:37de 4 personnes
45:38a doublé
45:39elle est passée
45:39de 630
45:41à 1260 euros
45:43par an
45:44pour une consommation
45:46moyenne
45:47mais ce qui est intéressant
45:49c'est qu'autour
45:50de cette moyenne
45:50les différences
45:51sont très importantes
45:52selon le type
45:54de chauffage
45:54si vous avez
45:55une pompe à chaleur
45:57on est passé
45:57de 559 euros
45:59à 684 euros
46:00par an
46:02si vous avez
46:02une chaudière à gaz
46:03on est passé
46:04de 630
46:05à 1266 euros
46:07augmentation
46:08de plus de 100%
46:10contre 22%
46:12avec la pompe à chaleur
46:13augmentation
46:14de 22%
46:15aussi
46:15pour les radiateurs
46:16électriques
46:17mais c'est la facture
46:18de loin la plus élevée
46:19on est passé
46:20de 1600
46:21à 1947 euros
46:23et puis
46:24la chaudière
46:25à fioul
46:25on est aujourd'hui
46:26à 1370 euros
46:28donc c'est moins cher
46:28que l'électricité
46:29mais on était
46:30à 951
46:31plus 44%
46:33d'augmentation
46:35alors après
46:35qu'est-ce qui nous attend
46:36la facture des particuliers
46:38pourrait augmenter
46:39de 25 à 50%
46:40selon l'évolution
46:41du conflit
46:43au Moyen-Orient
46:44ça fait un surcoût
46:45de facture
46:46allant de 260
46:47à 525 euros
46:49avec des régions
46:50plus vulnérables
46:50que les autres
46:51la Moselle
46:51le Nord
46:52la Meurthe
46:52et Moselle
46:52le coût annuel
46:54des différents modes
46:55de chauffage
46:56si jamais
46:57les prix du gaz
46:58augmentent
46:59de 25%
47:01et bien c'est toujours
47:02la pompe à chaleur
47:03qui reste la plus attractive
47:041500 euros par an
47:06devant les radiateurs
47:072700 euros par an
47:08le chauffage au gaz
47:11à 2860 euros par an
47:13et puis
47:14la chaudière au fuel
47:16qui là
47:16reste la plus onéreuse
47:17à plus de 3000 euros par an
47:22BFM Business
47:23la librairie de l'écho
47:24le coup de coeur
47:25de la rédaction
47:28et c'est celui
47:30du roi de la tech
47:31à BFM Business
47:33Frédéric Simotel
47:35cher Frédéric
47:36Apple
47:36fête ses 50 ans
47:38un incroyable
47:40finalement
47:41une incroyable saga
47:42technologique
47:43avec des produits
47:44comme l'iPhone
47:45il n'y a pas une entreprise
47:46qui a autant changé nos vies
47:47qu'Apple
47:48non seulement au niveau
47:49de la technologie
47:50mais aussi de la société
47:51de notre mode de vie
47:52absolument
47:53alors plusieurs livres
47:54plusieurs documentaires
47:55vous avez choisi
47:56d'en retenir un
47:58ça s'appelle
47:58Apple
47:59The First 50 Years
48:01de David Pog
48:03alors ça n'existe
48:04pour le moment
48:04qu'en anglais
48:05mais franchement
48:06ça s'y très bien
48:06oui ça s'y très bien
48:07c'est assez bien écrit
48:09et même si vous avez
48:09un niveau moyen en anglais
48:10vous pouvez tout à fait
48:11parcourir ce livre
48:12donc David Pog
48:13c'est un des grands spécialistes
48:14d'Apple
48:14c'est un journaliste
48:15du New York Times
48:16qui a suivi pendant 15 ans
48:17Apple
48:18il a écrit plus de 120 livres
48:19sur la tech
48:19beaucoup sur les produits Apple
48:20en plus sur l'iPhone
48:21sur l'iPad
48:22etc
48:22et puis donc
48:23il met en lumière
48:24dans ce livre
48:24toute la culture
48:25un peu subversive d'Apple
48:26150 interviews
48:27alors évidemment
48:28dedans il y a Steve Wozniak
48:29il y a John Skelly
48:30qui avait évincé Steve Jobs
48:32il y a Johnny Hive
48:33l'un des plus grands designers
48:34de la maison
48:35des responsables designers
48:36des ingénieurs
48:37il y a plein de photos aussi
48:38et donc on revient
48:39sur cette histoire
48:401er avril 76
48:41ils sont trois
48:42Steve Jobs
48:43qui lui va s'occuper
48:44plutôt de la vision produit
48:46la commercialisation
48:46Steve Wozniak
48:47c'est lui le technicien
48:48de la bande
48:48et puis tiens
48:49un troisième
48:49dont on ne parle jamais
48:51Ronald Wayne
48:52qui avait un rôle administratif
48:53Ronald Wayne
48:53était un peu plus âgé
48:54mais Ronald Wayne
48:55pourquoi on n'en parle pas
48:56parce qu'au bout de 12 jours
48:57il a revendu ses actions
48:58en disant les gars
48:58c'est trop risqué
48:59moi je ne vais pas avec vous
49:01à l'époque
49:01il a revendu ça 800 dollars
49:03aujourd'hui
49:03ça vaudrait 400 milliards
49:05je ne sais pas
49:06ce qu'il fait depuis
49:06mais en tout cas
49:07il est passé à côté
49:08de quelque chose
49:10et donc c'est le premier ordinateur
49:12ce n'était pas un ordinateur
49:12en tant que tel
49:13c'était vraiment une carte mère
49:14et derrière
49:15il fallait être un peu geek
49:16il fallait aller acheter
49:16un boîtier, un écran, un clavier
49:18et puis donc l'histoire
49:20on défile tout ça
49:21l'ordinateur grand public
49:23le retour de Steve Jobs
49:24parce que Steve Jobs
49:24a été évincé
49:25il faut rappeler qu'il a été viré
49:26il a été viré par John Sculley
49:28puis rappelé
49:29et puis puis rappelé
49:305 ans plus tard
49:31l'écosystème numérique
49:32donc tout ce qui s'est mis en place
49:34autour de iPod, iTunes, etc
49:35le smartphone qui devient
49:37comme vous l'avez dit
49:37un élément de société
49:38de notre ordinateur principal
49:40et puis les plateformes
49:42aujourd'hui
49:42l'Apple Silicon
49:43et l'IA
49:44la question que tout le monde
49:45se pose Frédéric
49:45ça a été de dire
49:46finalement
49:47depuis que Steve Jobs
49:48n'est plus là
49:50la capacité d'innovation
49:51d'Apple
49:52l'innovation produit
49:53qu'est-ce que Apple
49:54a sorti de vraiment nouveau
49:55finalement
49:55depuis l'iPhone
49:57pas grand chose
49:58et donc on se dit
49:59c'est quoi la suite pour Apple ?
50:01et c'est ça qui est intéressant
50:02parce que le livre justement
50:03c'est les
50:03Apple
50:03les first 50 years
50:04donc c'est les 50 premières années
50:06donc on se dit
50:07on va se projeter
50:07en fait le livre
50:09il est à lire en deux lectures
50:10la première lecture
50:10c'est l'historique
50:11on nous raconte toutes les histoires
50:12et tout ça
50:13et derrière
50:13on essaie de lire
50:14entre les lignes un peu
50:15qu'est-ce qui fait l'ADN d'Apple
50:16et qui va continuer à se poursuivre
50:17le premier c'est
50:18le futur d'Apple
50:19ça va continuer
50:20par ses invariants
50:21Apple c'est
50:22une intégration hardware
50:23software service
50:24une obsession du design
50:25de la simplicité
50:26la techno doit être invisible
50:28un contrôle serré de l'écosystème
50:30vous savez
50:30on parle toujours de l'Apple Store
50:31avec tous ces gens-là
50:32et puis les lancements de produits
50:33qui créent vraiment
50:34des nouveaux usages
50:35le Mac
50:35l'iPod
50:36l'iPhone
50:36etc
50:36l'innovation
50:37chez Apple
50:38il faut comprendre
50:38qu'elle est cyclique
50:39elle n'est jamais linéaire
50:40c'est tout d'un coup
50:41il y a un nouveau produit
50:42un nouveau Mac
50:43un nouveau téléphone
50:44un iPhone
50:45et puis derrière
50:46on va optimiser
50:47on va améliorer tout ça
50:48après il y a le rôle
50:49de la culture interne
50:50chez Apple
50:50on discute beaucoup
50:51on s'engueule
50:54mais quand même
50:55malgré tout
50:55il y a une décision centralisée
50:56et le livre
50:57met aussi en lumière
50:58les limites actuelles
50:59les échecs
51:00et puis ce
51:00voilà en ce moment
51:01on est en plein
51:01dans un virage IA
51:02qui n'est pas vraiment pris
51:03on se pose beaucoup de questions
51:04plus que même la sous-section
51:05de Tim Cook
51:06et donc
51:07on se rend compte
51:08tout ça
51:08ça nous dit
51:08Apple gagne
51:09quand il change de catégorie
51:11c'est ça
51:12le perfectionnement
51:13c'est pas Apple
51:14un jour il s'est dit
51:15l'invention c'est Apple
51:16il faut changer l'ordinateur
51:17ils sont venus au Macintosh
51:18il faut changer la façon
51:19d'écouter de la musique
51:21c'est l'iPod
51:22c'est l'iTunes
51:22il faut changer la façon
51:23de la mobilité
51:25de communiquer
51:25c'est l'iPhone
51:26et donc aujourd'hui
51:27ça va être quoi le prochain
51:28est-ce que c'est la santé
51:29est-ce que c'est les énergies renouvelables
51:31voilà
51:31on attend de tout ça
51:33Apple évolue lentement en surface
51:34mais à l'intérieur
51:35c'est des révolutions profondes
51:36et c'est ce qu'on comprend
51:37à travers ce livre
51:39qui est assez intéressant
51:39je le rappelle
51:40Apple The First 50 Years
51:42de David Pogue
51:43voilà
51:43c'est une autre lecture
51:44de l'histoire d'Apple
51:45assez intéressante
51:46je vous conseille
51:47merci beaucoup
51:48cher Frédéric
51:50allez
51:50c'est l'heure de nos ultimes choix
51:53BFM Business
51:55la librairie de l'écho
51:57les livres de la dernière minute
52:00allez
52:00Christian Chavagneux
52:02quelle est votre
52:02dernière sélection
52:03pour aujourd'hui ?
52:04je reste dans le thème
52:05donc il y a un petit repère
52:07qui est sorti par
52:07la professeure d'économie
52:09Stéphanie Laguerroni
52:10qui s'appelle
52:10introduction à
52:11John Kenneth Galbraith
52:12voilà
52:12donc là vous aurez
52:13sa vie
52:14son oeuvre
52:14et surtout
52:15comme c'est une économiste
52:16qui l'a écrit
52:16vous aurez vraiment
52:17un beau descriptif
52:18très pédagogique
52:19très analytique
52:20de toutes les idées
52:21de Galbraith
52:23c'est vraiment
52:23la meilleure introduction
52:24pour moi
52:25à l'oeuvre de Galbraith
52:25magnifique
52:26hormis la lecture
52:27des livres de Galbraith
52:28oui bien sûr
52:28Marc Daniel
52:29je suis aussi
52:30dans la même logique
52:31que moi
52:31que je recommande
52:32c'est la lecture
52:33de ses mémoires
52:34ça s'appelle
52:34Une vie dans son siècle
52:36et donc
52:37alors là
52:38c'est véritablement
52:38un festival
52:39il raconte sa vie
52:40mais avec
52:42toutes les formules
52:42donc qu'est-ce qu'il va parler
52:43il n'y a pratiquement pas
52:45une par page
52:45c'est vraiment
52:47tout ce côté
52:47très british
52:48cet humour
52:49et on voit aussi
52:50que c'est quand même
52:50quelqu'un
52:51qui a eu des positions
52:53assez courageuses
52:53notamment sur la guerre
52:54du Vietnam
52:55c'est opposé
52:56à la dérive
52:57de l'administration démocrate
52:58alors qu'il était
52:59a priori très très favorable
53:00à cette administration
53:01donc c'est quelqu'un
53:02qui avait aussi
53:03une certaine colonne vertébrale
53:04sur le plan intellectuel
53:05et humain
53:06formidable
53:07écoutez
53:08vous
53:08nous avez donné
53:10encore plus envie
53:11de le lire
53:12allez
53:12moi je voulais
53:13vous parler
53:14de ce petit manuel
53:15d'économie impertinente
53:17réalisé par notre ami
53:18Gilles Raveau
53:19le professeur d'économie
53:21c'est pédagogique
53:22c'est brillant
53:22c'est du béton sur le fond
53:25c'est très ludique
53:25sur la forme
53:26un petit manuel
53:28donc
53:28qui nous explique
53:30tous les principes
53:31fondamentaux
53:32de l'économie
53:32mais dans une version
53:33très moderne
53:35avec un style
53:36qui procure
53:36un vrai plaisir
53:38de lecture
53:39ce qui n'est pas si fréquent
53:40pour un manuel
53:41c'est aux éditions
53:42first
53:43voilà c'est la fin
53:44de cette librairie
53:44on se retrouve
53:45la semaine prochaine
53:46et d'ici là
53:47bonne lecture
53:48Sous-titrage Société Radio-Canada
53:51Sous-titrage Société Radio-Canada
53:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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