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Ce samedi 14 février, Pascal Perrineau, politologue et professeur des Universités à Sciences Po ; Alexandre Mancino, avocat d'affaires et président du Cercle Orion ; Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Stéphane Seigneurin, fondateur et PDG de Sharvy et Frédéric Simottel, éditorialiste à BFM Businesss, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:01BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:08Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:13la littérature économique.
00:14Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l
00:19'émission.
00:19Et puis vous retrouverez nos critiques attitrés, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux, pour leurs coups de cœur et leurs coups
00:24de gueule.
00:25Nos rubriques sur les statistiques et les études de la semaine.
00:31N'oubliez pas tous nos comptes sur les réseaux sociaux, librairies de l'écho, sur tous les réseaux sociaux,
00:37histoire de retrouver les références précises de tous les livres dont on parle dans l'émission.
00:42Et tout de suite, place aux auteurs.
00:48On se plonge aujourd'hui dans la librairie de l'écho sur les blocages, les peurs,
00:53les lâchetés qui bloquent la vie politique et économique en France
00:57et qui amènent la défiance vis-à-vis de la classe politique à des niveaux records.
01:03Alors comment en est-on arrivé là ?
01:05Comment expliquer que les Français soient si durs avec leurs élus,
01:09alors que ces élus font tout pour leur épargner les efforts pourtant indispensables au redressement de la France ?
01:16Quelle piste de réconciliation ?
01:18Réponse avec nos deux invités.
01:20Pascal Perrineau, bonjour.
01:21Bonjour.
01:21Pascal, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, chercheur associé au Cevipof
01:25et vous publiez avec Anne Muxel un inventaire des peurs françaises chez Odile Jacob.
01:31Et puis on va donner la parole à la nouvelle génération qui a envie de s'engager dans l'action
01:37publique.
01:38Avec vous, Alexandre Mancino, vous êtes avocat, président du Cercle Orion
01:42et vous publiez « Redonner sa grandeur à la politique » aux éditions Temporis.
01:47On va voir comment on peut essayer de, finalement, de recoller les morceaux entre les Français et leurs élus.
01:53Pascal Perrineau, je commence avec vous.
01:57Il n'y a que la France qui n'avait pas vraiment étudié jusqu'à maintenant quelles étaient les peurs
02:04qui nous traversaient individuellement et collectivement.
02:07En effet, lorsqu'on s'est intéressé avec Anne Muxel à recenser les peurs des Français,
02:14on a constaté à notre grande surprise qu'il n'y avait pas d'enquête générale sur les peurs des
02:20Français
02:20alors qu'il y a pas mal de choses sur les peurs des Anglais, les peurs des Italiens, les peurs
02:26des Américains.
02:26Il y avait comme ça des enquêtes sur telle ou telle peur, telle ou telle phobie, les peurs écologiques, il
02:32y avait des choses.
02:33Mais là, on a entamé, après avoir trouvé des financements, on a entamé une enquête sur un gros échantillon de
02:40Français,
02:413000 Français interviewés fin 2023 et fin 2024, une enquête sur toutes les peurs.
02:47Des peurs individuelles aux peurs collectives, des peurs intimes aux peurs publiques, des peurs sociales, économiques aux peurs politiques,
02:57afin de recenser toutes ces peurs, de les mesurer et de voir comment elles s'articulent entre elles.
03:01Alors, la peur, évidemment, est aussi vieille que le genre humain.
03:06Et vous le dites très bien, d'ailleurs, dans votre introduction, chaque époque a eu ces grandes peurs.
03:12Est-ce qu'on peut brosser comme ça, à grands traits, une histoire de nos peurs ?
03:17Oui. La peur est aussi vieille que l'humanité.
03:20Bien sûr, et de temps en temps, il faut avoir peur, afin d'essayer d'éviter tel ou tel danger.
03:26Cette peur, donc, a toujours habité la condition humaine, mais pendant des siècles, elle a reçu son sens,
03:33elle a été calmée, cette peur, par la religion.
03:37C'était la religion qui encadrait, qui donnait du sens aux peurs, et qui expliquait à une humanité apeurée, souffrante,
03:47eh bien, que dans un au-delà, on aurait accès à un monde meilleur.
03:51Ça a duré, au fond, jusqu'au XIXe siècle.
03:53Au XIXe siècle, c'est le début du déclin du religieux, et on rentre dans une période où c'est
03:58la science qui va rassurer.
04:00Les figures de pasteurs, de Marie Curie, et on dit, voilà, rassurez-vous,
04:05où la science et les techniques vont pouvoir répondre à vos angoisses, à vos inquiétudes, à vos peurs,
04:11et en particulier sur le terrain de la maladie.
04:14Et cette croyance dans la science a donné du sens aux inquiétudes, et elle est calmée,
04:20ça a duré jusqu'à la fin du XXe siècle, jusqu'aux années 70.
04:24Et là, il s'est opéré quelque chose, on ne s'en est pas aperçu tout de suite.
04:27C'est que, peu à peu, la science et la technique, qui étaient des choses positives, vont devenir des choses
04:33négatives.
04:34On commence à réfléchir aux dégâts du progrès, aux limites de la croissance.
04:39Et la science, qui était une réponse, devient une raison de s'inquiéter.
04:43Regardez où on en est aujourd'hui.
04:45La peur de l'intelligence artificielle, la peur du nucléaire, de multiples peurs se sont développées.
04:53Donc, plus de principe régulateur.
04:55Alors, il y a eu l'État, après la Seconde Guerre mondiale, l'État-providence, en effet, dit,
04:59« Ne vous inquiétez pas, on prend en charge le risque vieillesse, le risque maladie, le risque chômage, etc. »
05:06Mais, depuis, allez, 20 ans, l'État-providence est rentré en crise extrêmement profonde,
05:11et cet État n'est plus considéré, on le voit bien dans les enquêtes, ce que vous disiez,
05:16n'est plus considéré comme protecteur.
05:18Donc, il n'y a plus aucune protection contre la peur.
05:20Donc, la peur, pardon, la peur éclate.
05:24La peur se dissémine sans qu'aucune instance n'arrive à lui donner du sens.
05:29C'est redoutable.
05:29Mais alors, ce qui est paradoxal, Pascal Perrineau, c'est que jamais la vie n'a été aussi protégée.
05:38Il n'y a pas un pays où, finalement, la trajectoire de vie des citoyens est plus sécurisée qu'en
05:45France.
05:46Notre éducation est prise en charge, notre santé est prise en charge.
05:50C'est l'un des pays où on a le moins de risque de se retrouver au chômage.
05:53Et pourtant, c'est un des pays où on a le plus peur.
05:56Et alors, j'adore la citation que vous faites de l'anthropologue Marc Auger.
06:00Vous dites, en fait, jamais, il dit, jamais la vie n'a été aussi protégée.
06:05Jamais on a eu aussi peur pour notre vie.
06:08La peur de la vie a remplacé la peur de la mort.
06:10Tout à fait.
06:11C'est la peur des lendemains, la peur de la vie, la peur de l'érosion,
06:16par exemple, des conditions de vie pour nos enfants.
06:20Moi, ça me frappe.
06:21Quand vous êtes dans des familles françaises, on sort de la période de Noël
06:25jusque dans mon groupe familial et dans mon groupe d'amis.
06:28On est autour d'une table.
06:29De quoi parle-t-on ?
06:30Chacun parle de ses peurs.
06:32Oh là là, la peur de l'intelligence artificielle, la peur du chômage, la peur de la fin du monde
06:39écologique
06:40dans les années qui viennent.
06:41Vous savez que dans notre enquête, on a ce chiffre, mais qui, moi, personnellement, m'a scotché.
06:4740% des Français, exactement 39% des Français, sont persuadés que dans les décennies à venir,
06:53ça sera la fin du monde.
06:55Excusez-moi, du peu.
06:56Et chez les jeunes, c'est plus de 50%.
06:58Donc, comment voulez-vous rentrer de manière confiante dans l'avenir
07:02si vous êtes porteur d'un tel catastrophisme, d'une telle dystopie ?
07:07Oui, mais ça, Pascal Perrineau, et d'ailleurs, c'est également,
07:11on y reviendra avec vous, Alexandre Mancino,
07:13parce que c'est aussi un des points de départ de votre livre,
07:16c'est cette idée qu'on vit la fin d'un monde, quelque part,
07:22et qu'on est peut-être dans cette période gramscienne,
07:25ces fameux clairs obscurs, vous voyez,
07:27entre le monde ancien qui n'est pas encore mort,
07:30le monde nouveau qui émergeait,
07:31et Gramsci disait, c'est pendant ces périodes qu'émergent les monstres.
07:34C'est peut-être pendant ces périodes qu'émergent les peurs les plus terribles.
07:37Exactement.
07:38Parce que, de la fin d'un monde à la fin du monde,
07:41vous voyez, il y en a qui franchissent le pas.
07:44Et en effet, ces peurs, elles nourrissent quoi ?
07:47Elles nourrissent beaucoup de nostalgie.
07:48Et les gens se réfugient,
07:50comme ils n'arrivent pas à se réfugier dans l'avenir,
07:52qui reste extrêmement obscur, qui reste plein de menaces,
07:55ils se réfugient dans le passé.
07:56Il y a une nostalgie du retour en arrière.
07:59Oui, mais ce qui est dangereux, Pascal Perrineau,
08:01c'est que c'est souvent la nostalgie d'un passé qui n'a pas vraiment existé.
08:03Mais bien sûr, qui n'a pas existé.
08:04Mais bien sûr, vous avez tout à fait raison.
08:07En effet, que la France...
08:08Cette fameuse France qu'on regrette, etc.
08:11Que la France était belle dans les années 50.
08:13Moi, je suis un enfant des années 50.
08:16Je vous assure que la vie, j'étais un enfant heureux,
08:19mais la vie était dure dans les années 50.
08:22Elle était très dure.
08:24Il n'y avait pas les conditions sanitaires, les conditions alimentaires.
08:28On mourait à 70 ans, on était un vieil homme.
08:31Donc, il n'y avait pas du tout, en effet,
08:33les conditions favorables que nous connaissons aujourd'hui.
08:37– Notre société est fragilisée aussi par l'individualisation croissante.
08:42Et vous dites l'individualisation de nos sociétés,
08:45c'est un facteur propice à la diffusion des peurs.
08:48– Bien sûr.
08:48Parce que quand vous appartenez,
08:50l'individu est inséré dans des groupes d'appartenance,
08:53dans des communautés pérennes, durables,
08:56et bien là aussi, il y a une réassurance.
08:58On peut, quand le groupe familial est fort,
09:01quand le groupe professionnel est fort,
09:04on peut trouver, quand le groupe religieux est fort,
09:05on peut trouver des mécanismes de lutte contre les peurs.
09:09En revanche, quand on est une société d'individus,
09:12ce que toutes nos sociétés sont devenues,
09:14ces individus sont extrêmement seuls.
09:16On mesure le sentiment de solitude,
09:18dans la société française, c'est vertigineux,
09:20et très fort en particulier chez les jeunes.
09:23La solitude sociale,
09:24et les hommes et les femmes sont à la recherche de groupes d'appartenance.
09:28Mais personne ne leur en fournit de groupes convaincants.
09:32Et la politique, qui pourrait être, au moins appartenée à la nation,
09:38appartenée à la communauté civique, à la communauté des citoyens,
09:41ça ne convainc plus.
09:43Parce que la politique ne rassure plus,
09:45mais non seulement elle ne rassure plus, mais elle inquiète.
09:47Il y a un phénomène de presque de haine de la politique qui s'est développée,
09:52qui laisse les individus de plus en plus isolés,
09:55avec eux-mêmes,
09:56et avec ce qu'un sociologue de cette société individualiste, Alain Ehrenberg,
10:01appelle, si vous voulez, la fatigue d'être soi-même.
10:06Cette société dépressive, cette société qu'a peur,
10:09c'est aussi une société dans laquelle les individus,
10:13renvoyés sans cesse à eux-mêmes, sont épuisés.
10:16Que nous dit la carte de France des peurs ?
10:20Alors, la carte de France des peurs,
10:21on n'a pas pu véritablement la tracer.
10:24Vous arrivez à faire des typologies quand même.
10:26On arrive à faire des typologies.
10:28Alors, on distingue quatre types de populations.
10:30Il y a à peu près 40% de Français.
10:32Ce qui est essentiel pour eux, c'est les peurs politiques.
10:34C'est ce dont je parle.
10:36La politique ne rassure plus, elle fait peur.
10:38Et on a peur de quoi ?
10:39On a peur de la fin de la démocratie.
10:41On a peur du régime autoritaire.
10:43On a peur du coup d'État.
10:45On a peur du fascisme, etc.
10:48Ça, il y a des peurs extrêmement fortes.
10:50Et ça, ça touche plutôt des gens qui sont relativement aisés,
10:54qui ont un niveau de diplôme relativement élevé.
10:58Et ça touche plutôt des électeurs de gauche et des électeurs du centre.
11:01Et puis, il y a un deuxième groupe.
11:03C'est les conservateurs inquiets, apeurés.
11:06Alors là, c'est différent.
11:08C'est une population plus féminine,
11:10plus hétéroclite en termes de statut social.
11:14et qui est taraudée par des peurs à la fois individuelles, sociales et politiques.
11:22C'est un mixte de peurs.
11:23Ce sont des gens qui ont l'impression qu'un mode de vie est en train de se défaire
11:29et qui sont très mal à l'aise devant, si vous voulez,
11:32cette érosion de leur mode de vie habituel.
11:35Ça, on les retrouve beaucoup dans l'électorat de la droite.
11:39Et puis, il y a un troisième groupe qui est extrêmement intéressant
11:42qu'on appelle les insécures culturelles.
11:44Alors là, c'est très intéressant.
11:45Ils ont assez peu de peurs politiques.
11:47Simplement, ils ne veulent pas le désordre.
11:48Ils ne veulent pas l'anarchie.
11:50Ils ont peur de l'émeute.
11:51Ils ont peur de la révolution, etc.
11:52Mais leur peur, c'est des peurs identitaires.
11:56Ils ont, c'est des gens qui souffrent de la mondialisation
12:00et du statut qu'ils considèrent comme étant un statut devenu marginal
12:04de la France dans cette mondialisation.
12:06Ils souffrent sur le terrain culturel.
12:09C'est ce que jadis un professeur de sciences politiques maintenant disparu,
12:13Laurent Bouvet, appelait l'insécurité culturelle.
12:16Ce sont des gens dans lesquels l'insécurité,
12:18ce n'est pas tellement l'insécurité de la rue, vous voyez.
12:20C'est l'insécurité dans un mode de vie
12:24qui est en train de disparaître
12:25et qu'on est obligé de profondément recomposer
12:28pour s'adapter au monde tel qu'il est.
12:30Et puis, il y a ceux qui n'ont pas peur du tout.
12:31Mais ça, c'est une infime minorité.
12:33C'est 8% des Français.
12:35Voilà, les optimistes forcenés.
12:38Cette peur, quelle place elle prend dans la construction du vote ?
12:43Alors, c'est important. Pourquoi ?
12:45Parce que jadis, le vote, il était piloté par des choix idéologiques.
12:49On était socialiste, on était communiste, on était gaulliste, on était démocrate, chrétien.
12:52Tout ça, aujourd'hui, s'est évanoui.
12:56On a vu les limites de toutes ces idéologies.
13:00Le vote s'est désidéologisé.
13:03Et le vote est devenu de plus en plus qu'un collègue américain, Marcus,
13:06appelle un vote du citoyen sentimental.
13:08Le vote passe de plus en plus par des affects, des sentiments.
13:12Et la peur, c'est un affect fondamental.
13:16Et donc, la peur peut servir, en effet, à piloter son choix électoral.
13:21On le voit très bien avec ce qu'on en parle dans notre livre,
13:25ce qu'un Italien appelle les ventriloques de la peur.
13:29Il dit qu'il y a de plus en plus, dans la société, dans le terrain politique,
13:33mais sur d'autres terrains, des gens qui sont des entrepreneurs de peur.
13:36Ils font de la peur un ressort de leur campagne politique.
13:43On va dénoncer les riches, les gros, les étrangers, les immigrés, etc.
13:49Donc, on fonctionne avec la logique très ancienne biblique du bouc émissaire.
13:54Et ces entrepreneurs de peur disent, rassurez-vous,
13:58quand nous serons au pouvoir, on pourra calmer vos peurs
14:01parce qu'on viendra à bout de tous ces boucs émissaires.
14:05Écoutez d'un côté Marine Le Pen ou Jordan Bardella
14:09et écoutez de l'autre Jean-Luc Mélenchon.
14:12C'est sur ce terrain qu'il joue.
14:14Mais derrière les peurs, il y a forcément désespoir.
14:17C'est le dernier chapitre de votre livre.
14:19Ce dernier chapitre, alors ce qui est très intéressant,
14:21la société française n'est pas la société de tous les désespoirs.
14:24Pas du tout.
14:25Les Français gardent des espoirs individuels forts.
14:29Ils ont l'impression tous qu'ils sentiront,
14:32qu'ils pourront bricoler individuellement pour s'en tirer.
14:35Heureusement qu'il y a ce ressort.
14:37On n'est pas dans une société de tous les abandons.
14:40Et on le voit, je vous en parlais tout à l'heure,
14:42quand on rencontre des chefs d'entreprise,
14:43ce que je fais beaucoup en ce moment dans les différents départements,
14:46on voit cette énergie.
14:48Mais ce qui manque, en revanche,
14:50c'est dès qu'on interroge les Français sur les espoirs collectifs,
14:53alors là, c'est Waterloo, Morneplein.
14:54Ils considèrent que collectivement, il n'y a aucune porte de sortie.
14:57Et le grand défi, je terminerai par là, pour 2027,
15:01c'est de trouver une force politique, un homme ou une femme,
15:05capable de transformer cette richesse incroyable des espoirs individuels
15:09en espoirs collectifs.
15:11Alors, justement, Alexandre Mancino,
15:15déjà, repartons effectivement du point de départ de votre livre,
15:21qui est un peu le même.
15:22Vous dites, on est à la fin d'un cycle,
15:24et on a devant nous des défis absolument considérables,
15:27comme on n'en a jamais dû en relever autant en même temps.
15:31Qu'est-ce qui va nous permettre de reconstruire,
15:35finalement, une proposition d'avenir politique pour la France ?
15:41À travers ce livre, j'ai commencé par dresser un peu le diagnostic
15:45de ce qui va et de ce qui ne va pas.
15:47Et vous avez raison, je pense qu'on est dans un point de bascule
15:50absolument sans précédent.
15:51Ma génération n'a jamais connu, en réalité,
15:54ce qui est en train de se passer dans ce pays,
15:56où la politique, jadis porteuse d'espérance,
16:02ne fait plus rêver, on le voit encore cette semaine,
16:04dans les différentes enquêtes,
16:06notamment du Cévi-Poeuf de Sciences Po,
16:09le politique qui hier portait...
16:11Il dit qu'il n'y a pas un pays dans lequel les élites politiques nationales
16:17sont aussi discréditées qu'en France.
16:19Mais complètement, alors que la tradition très jacobine française
16:27a fait qu'historiquement, l'État est au centre de la société,
16:31le politique est censé justement tirer un pays vers le haut,
16:35être la locomotive, je dirais, de toute une société
16:38qui s'inscrit sur du long terme,
16:40qui a une vision, qui a une vraie vision pour l'intérêt du pays,
16:45qui a une vraie vision de l'intérêt général,
16:47et qui s'inscrit sur du temps long.
16:49Aujourd'hui, j'ai le sentiment,
16:52et c'était tout le fil conducteur du livre,
16:54que nous vivons la fin d'un cycle,
16:56la fin d'un paradigme,
16:58comme il y en a en réalité peu eu dans l'histoire moderne.
17:01Je remonte à 89-90,
17:05chute du mur de Berlin,
17:07mai 68,
17:08et j'analyse notamment la notion du paradigme,
17:12du paradigme historique,
17:13la grande transformation de Polanyi au début du XXe siècle,
17:17qui nous disait que le tout marché du début du XXe
17:21aurait amené justement au tout État sur les deux guerres mondiales.
17:26J'ai le sentiment qu'aujourd'hui,
17:27on est à la fin de quelque chose.
17:28Alors, je reste sur le volet national,
17:30en analysant un peu les causes de ce que j'analyse
17:33comme étant être les causes de l'échec du politique
17:36depuis tant et tant d'aînés.
17:37On pourra y revenir,
17:39mais bien sûr que ceci s'inscrit dans un contexte plus large aussi international.
17:43On ne va pas y revenir,
17:43parce que c'est très bien documenté dans votre livre,
17:46et puis vous reprenez effectivement pas mal de thématiques connues
17:50sur l'inefficacité de l'État, etc.
17:53Il y a quelques points.
17:54Alors d'abord, il y a un point qui, moi, me paraît un levier d'action important
17:58que Pascal Perrineau a déjà évoqué,
18:01si vous dites, on a commis deux erreurs phénoménales
18:05dans l'organisation de notre vie politique,
18:08c'est un peu le quinquennat et beaucoup le non-cumul des mandats.
18:13Et vous dites, cette rupture du lien entre le territoire et l'élu national,
18:19ça a été catastrophique.
18:20Il faut remettre ce lien.
18:22Disons qu'il y a ce que j'appelle dans mon livre
18:25une nouvelle éthique de l'engagement
18:26et un nouveau contrat social entre le peuple et ses élites politiques
18:30pour précisément remettre de la confiance
18:31et redonner à la politique ses lettres de noblesse.
18:34Parmi les causes de l'échec du politique
18:37que j'ai analysé dans la première partie,
18:39il y a ce que j'ai appelé le déracinement,
18:41pour faire écho à Simone Veil et à l'enracinement,
18:45à cette mystique aussi,
18:46Peggy, à la mystique politique,
18:50qui aujourd'hui n'est absolument plus.
18:53Donc effectivement, vous avez raison.
18:54Je crois que cette centralisation à outrance mériterait d'être,
18:58je crois que j'ai essayé d'esquisser un certain nombre de solutions,
19:02parmi lesquelles un énième acte de décentralisation
19:05beaucoup plus efficient,
19:06beaucoup plus proche des citoyens.
19:09Alors effectivement, il y a le quinquennat,
19:12l'alignement des élections présidentielles et législatives,
19:18on en voit le résultat.
19:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a une absence de vitalité,
19:22on n'a absolument plus de souffle
19:24et on le voit aujourd'hui avec le quinquennat actuel.
19:27Et puis sur ce que vous disiez sur les territoires,
19:30en effet, cette suppression du non-cumul des mandats,
19:35alors s'inscrivait dans une logique qui pouvait être positive à l'époque,
19:37mais aujourd'hui, on voit ce désalignement précisément
19:41et cette déconnexion que les Français d'ailleurs perçoivent
19:43vis-à-vis de leurs élites
19:44qui n'ont plus du tout d'ancrage territorial dans les provinces.
19:50Moi, ce qui m'intéresse, c'est justement de voir comment,
19:53finalement, on balise le chemin de la réconciliation
19:56entre les Français et leurs élites.
20:00Et vous avez une approche qui est une approche,
20:05finalement, d'une espèce de culture du résultat
20:08où on regagne petit à petit la confiance dans les élus
20:13à travers la possibilité de mesurer concrètement
20:16la réalisation des promesses qu'ils nous ont faites.
20:19Oui, alors je crois que la première chose,
20:20c'est de parvenir à un diagnostic partagé.
20:22Pardonnez-moi d'y revenir, mais je pense que c'est absolument capital.
20:25Ce n'est pas être pessimiste que de nommer les vrais problèmes
20:28et que de nommer les causes qui ont amené, justement,
20:30et se déclare pensées.
20:31Mais vous savez ce que disait Margaret Thatcher.
20:32Elle disait, ne me dites pas ce que je dois faire, je le sais déjà.
20:35Elle disait, dites-moi comment faire.
20:37Alors comment faire, eh bien ça, c'est tout l'objet de la deuxième partie.
20:40Je crois que cette nouvelle éthique de l'engagement
20:41me semble absolument capitale.
20:43Et je crois qu'il faut repartir
20:46à travers un nouveau pacte social
20:48entre les élites et nos concitoyens.
20:53Alors comment faire concrètement ?
20:54Vous avez raison.
20:55Je crois qu'une conciliation entre la démocratie représentative
20:59qui est en crise,
21:00aujourd'hui on le voit,
21:01on le voit,
21:02alors ça n'est pas uniquement circonscrit à la France,
21:05mais néanmoins cette démocratie représentative est en crise.
21:08Je crois qu'il faut la réinventer,
21:09la réinventer par des leviers,
21:11la réinventer par de l'innovation démocratique.
21:13Et je vais notamment sur le terrain de la participation citoyenne.
21:16Alors on a vu ce que ça a pu donner,
21:18sous l'ère Macron,
21:19avec le grand débat national,
21:20avec un certain nombre de gadgets,
21:22en tout cas perçus comme tels,
21:24sur ces dernières années.
21:25Alors certes, ça n'est certainement pas l'alpha et l'oméga
21:28pour réconcilier les Français avec la politique,
21:31mais je crois que ça peut quand même faire partie
21:33d'un certain nombre de pratiques
21:36pour faire en sorte de remettre le citoyen au cœur
21:40des processus décisionnels,
21:41les impliquer davantage à travers un certain nombre
21:43de processus participatifs et délibératifs à la décision.
21:47Et puis surtout, vous avez raison,
21:53mettre sur la table une vraie logique,
21:56une vraie responsabilité de résultat,
21:58avec ce que j'appelle un esprit d'évaluation des politiques publiques
22:04qui doit être absolument beaucoup plus efficient
22:06qu'il ne l'est aujourd'hui.
22:07Cette logorée législative actuellement,
22:09en réalité, est une vraie problématique,
22:12puisque l'esprit des lois,
22:13qui est pourtant consubstantiel,
22:15je dirais,
22:17à l'art d'administrer la cité,
22:19la gouvernance publique,
22:20aujourd'hui, on ne voit plus pourquoi
22:21on légifère sur tel ou tel problème.
22:23Un problème, une loi,
22:25sauf qu'aujourd'hui,
22:26les Français ne savent absolument plus,
22:28si vous voulez,
22:29à quoi sert telle ou telle loi,
22:32telle ou telle politique publique.
22:34Comment est-ce qu'on peut,
22:35et c'est là un peu tout le paradoxe,
22:37c'est-à-dire d'essayer d'obtenir des résultats
22:41assez concrets qui vont permettre,
22:43finalement, de renouer la confiance
22:45entre les citoyens et les élus,
22:47mais comment retrouver en même temps
22:50le sens du temps long
22:53et le sens de l'intérêt général,
22:56dans un monde de plus en plus individualisé ?
22:58Comment on fait pour,
23:00ce qui revient à dire aux gens,
23:02voilà, il y a un moment
23:03où il va falloir accepter
23:04de faire des efforts
23:05pour que, collectivement, demain,
23:07tout le monde a le mieux.
23:08Ce qu'on fait,
23:09tous les pays qui nous entourent,
23:10quasiment,
23:11avec le bonheur qu'on connaît aujourd'hui,
23:13je pense à l'Espagne,
23:13je pense au Portugal,
23:15je crois qu'il faut faire table rase,
23:17déjà,
23:17et nous interroger collectivement
23:19sur ce qu'on attend de la politique
23:21et sur ce qu'on attend du politique.
23:24Ce nouveau contrat social,
23:25ce nouveau pacte social
23:26que je décris dans mon livre,
23:29repose sur un certain nombre de choses.
23:31D'une part,
23:32une obligation de résultat,
23:33quand même,
23:34avec un certain nombre
23:36de choses à mettre sur la table,
23:39d'étapes, évidemment,
23:40pour légiférer,
23:41pour mettre en place
23:42les politiques publiques,
23:44mais les Français doivent voir
23:47les résultats des politiques
23:48qu'on leur propose.
23:49Aujourd'hui,
23:49il faut se constater
23:50que ce n'est plus le cas,
23:51donc je crois qu'il faut absolument
23:52s'interroger
23:53sur ce qu'on attend du politique.
23:56La politique,
23:56c'est rendre possible
23:59ce qui est nécessaire.
24:02Je commence d'ailleurs
24:02par ça dans mon livre.
24:04Or, aujourd'hui,
24:05encore une fois,
24:06ça n'est plus le cas.
24:07Donc,
24:07interrogeons-nous
24:07sur les raisons de cette défiance
24:09et sur les raisons
24:11du dysfonctionnement
24:12auquel on est confronté.
24:14Et essayons,
24:15à travers, justement,
24:16un certain nombre
24:16d'une gouvernance
24:19davantage participative,
24:20à travers plus de proximité
24:22dans les territoires,
24:23à travers de l'enracinement,
24:25à travers,
24:26je dirais,
24:27une logique de temps long
24:29qui doit de nouveau
24:30être mise sur la table
24:33pour reconstruire quelque chose.
24:34En vous lisant,
24:35puisque vous faites référence
24:36à De Gaulle,
24:37en disant
24:37ces derniers cantos,
24:39etc.,
24:39et puis,
24:40en regardant,
24:40encore une fois,
24:41l'enquête que le Cévi-Pof
24:42a publiée cette semaine,
24:43les héros de la modernisation
24:45et du redressement
24:46de la France,
24:47finalement,
24:47on les connaît.
24:49C'est-à-dire que c'est,
24:50un,
24:51les chefs d'entreprise,
24:52et deux,
24:53les élus locaux
24:53qui ne sont pas du tout
24:56mangés à la même sauce
24:57dans l'enquête du Cévi-Pof
24:58que les élus nationaux.
25:00Et donc,
25:00on se dit,
25:00finalement,
25:02notre homme providentiel,
25:03quelque part,
25:04il pourrait prendre
25:05ce double visage
25:06sur le terrain
25:08de l'élu local
25:09et du chef d'entreprise.
25:11Mais bien sûr,
25:12sauf qu'aujourd'hui,
25:12quand on voit,
25:13et j'ai eu l'occasion
25:14de commenter,
25:15le budget
25:16qui a été voté,
25:18ou le budget
25:20pour la sécurité sociale
25:21qui a été voté
25:22il y a quelque temps,
25:22on voit très bien
25:23qu'au lieu d'aller,
25:25de s'inscrire
25:26dans le temps long
25:27et d'agir
25:28pour l'intérêt général,
25:30en réalité,
25:30on a l'impression
25:31de faire marche arrière.
25:32C'est-à-dire que
25:33toutes ces réformes,
25:33alors évidemment
25:34qu'on peut dire
25:36que cette dissolution ratée
25:37a été le début
25:38des déboires
25:39du second quinquennat.
25:41En réalité,
25:41ce n'est pas vrai
25:42parce que ce que vous dites là
25:43sur cet enracinement,
25:45sur l'attractivité
25:46du territoire,
25:47sur une fiscalité
25:48qui soit attractive
25:50vis-à-vis de nos entreprises
25:51et notamment nos PME,
25:52nos TPI,
25:53on voit aujourd'hui
25:54que malheureusement,
25:55à travers le budget
25:55qui vient d'être voté,
25:56on ne va pas du tout
25:57dans cette direction.
25:58Donc si vous voulez,
25:59on a un espèce
26:00de grand principe,
26:00c'est-à-dire qu'on sait très bien
26:01ce qui va et ce qui ne va pas.
26:02On sait très bien
26:03et notamment par rapport
26:04à nos voisins européens,
26:05par rapport à l'Allemagne
26:06qui n'a pas désindustrialisé
26:09autant qu'en France,
26:10qui a vraiment
26:11un ciment
26:12de PME,
26:13de TPE
26:15extrêmement innovante
26:16dans les territoires.
26:17On voit qu'aujourd'hui,
26:18en France,
26:19on prend le chemin inverse
26:21de ce qu'il faudrait faire.
26:23Donc à partir de là,
26:24je crois que
26:25vous avez évoqué l'espérance.
26:27L'espérance ne déçoit pas.
26:29Je crois que
26:29taire la vérité,
26:30c'est déjà mentir.
26:31Donc je crois que
26:31parvenir au diagnostic partagé
26:33dans un premier temps
26:34et puis se tourner vers l'avenir
26:36précisément
26:36pour revivifier
26:38et pour redonner
26:39justement cette grandeur
26:40et cette utilité
26:41à la politique.
26:42Merci beaucoup à tous les deux.
26:44Je rappelle vos deux livres.
26:45Donc Pascal Perrineau
26:47avec Anne Muxel,
26:49l'inventaire des peurs françaises.
26:51C'est chez Odile Jacob
26:52et puis Alexandre Mancino.
26:54Redonner sa grandeur
26:55à la politique
26:57et on l'a compris,
26:58ça partira du terrain.
27:00C'est aux éditions
27:02Temporis.
27:03On se retrouve tout de suite
27:04pour la deuxième partie
27:04de l'émission.
27:14On se retrouve pour la deuxième partie
27:16de cette librairie de l'écho.
27:18Nous la clôturerons
27:18comme de coutume
27:20avec notre coup de cœur
27:22et puis
27:22toutes nos études
27:24et nos statistiques
27:25de la semaine.
27:26Mais tout de suite,
27:26on retrouve
27:27nos critiques
27:28attitrés à ma gauche.
27:29Christian Chamagneux,
27:30éditorialiste
27:31à Alternative Economique.fr
27:33et grand animateur
27:34de la rubrique livre aussi
27:35dans Alternative Économique.
27:37Et puis Jean-Marc Daniel,
27:38professeur émérite
27:39à l'ESCP Business School,
27:42le président
27:43de la Société d'économie politique
27:45dont il est aussi
27:47le critique littéraire
27:50attitré bien sûr,
27:52Jean-Marc.
27:53Cette semaine,
27:54allez,
27:54on pourrait dire
27:55que ce duel des critiques
27:57est consacré
27:59au pape
28:00de la grande distribution
28:01puisque vous avez choisi
28:02deux livres.
28:03Le livre de Margot Mullier
28:07sur Gérard Mullier,
28:08le fondateur
28:09de l'Empire Auchan,
28:10c'est chez Grasset.
28:11Et puis le livre
28:12de Jérôme Parzy,
28:13Casino,
28:14faites vos jeux,
28:15rien ne va plus.
28:16Et là, évidemment,
28:17c'est de Jean-Charles Nahouri
28:17qu'il sera question.
28:19On commence peut-être
28:19à aller par
28:20la famille Mullier ?
28:22Oui, absolument.
28:23Jean-Marc Daniel.
28:24Le livre est écrit
28:25par la petite fille
28:26du fondateur de Auchan.
28:27d'Auchan,
28:28d'ailleurs,
28:29c'est écrit sans H.
28:30Donc,
28:31elle a demandé
28:33à son grand-père
28:34de la recevoir régulièrement.
28:36Donc,
28:37le livre est structuré
28:38autour de ses rencontres.
28:39Donc,
28:39chaque chapitre
28:40commence par un petit échange
28:41et par la description
28:42de la façon
28:43dont il reçoit sa petite-fille.
28:45Donc,
28:46on est dans les années 2020
28:47et il est né en 1931.
28:49Donc,
28:50il a déjà
28:50une certaine expérience
28:52et un certain âge.
28:52Et donc,
28:53elle va raconter à la fois
28:54sa vie,
28:55elle va raconter
28:55la vie de l'entreprise
28:57et puis,
28:58elle va le faire
28:59de façon
28:59pas exclusivement chronologique,
29:01c'est-à-dire
29:02par grand thème.
29:03On commence avec
29:04la jeunesse
29:05de Gérard Mullier
29:06et puis,
29:07on va jusqu'à son départ
29:09plus ou moins forcé
29:10parce qu'il n'est pas parti
29:11de gaieté de cœur
29:13et elle raconte
29:14à la fois
29:15sa personne,
29:16ses idées,
29:17son ambiance familiale
29:18parce que c'est aussi
29:18la description
29:19d'un milieu familial,
29:21d'un milieu très marqué
29:22à la fois par le catholicisme
29:23et par l'attachement
29:24géographique
29:25à la région lilloise.
29:26Auchan,
29:27d'ailleurs,
29:28c'est un quartier de Roubaix,
29:30c'est le quartier
29:31des Auchan,
29:32à Roubaix,
29:32où a été installé
29:33le premier magasin.
29:35Alors,
29:36c'est un livre,
29:37vous savez,
29:37les libraires mettent
29:38quelquefois coup de cœur
29:39dans certains livres.
29:40Moi,
29:40si j'avais à le mettre
29:42en rayon dans une librairie,
29:43je mettrais coup de cœur
29:44parce que c'est écrit
29:44de façon très agréable.
29:46La dimension humaine
29:46est incontestable,
29:48c'est-à-dire les rapports
29:49qu'elle entretient avec son...
29:50Jean-Marc,
29:50on ne va pas se mentir,
29:51quand le livre est fait
29:52par la petite fille
29:53sur son grand-père,
29:54on se doute bien
29:55que ce n'est pas
29:56d'un esprit critique
29:58à titre.
29:59Qu'est-ce qui vous a plu
30:00dans ce livre ?
30:00Non, je ne sais pas.
30:01Oui, oui, oui.
30:06C'est une deuxième passe
30:06dans laquelle s'est embarquée
30:08l'entreprise.
30:08Elle souligne aussi
30:09le fonctionnement,
30:10elle explique le fonctionnement
30:11de cette entreprise familiale.
30:12Donc, il y a la FM,
30:16l'association familiale Muliez.
30:17Et donc, effectivement,
30:18la règle du jeu,
30:19c'est qu'à 65 ans,
30:20on quitte le pouvoir
30:21et lui,
30:22il a réussi à négocier
30:23jusqu'à 75 ans,
30:24mais à 75 ans,
30:25il a fallu partir.
30:26Et puis, il y a des anecdotes.
30:27Alors, dans les anecdotes,
30:28il y en a quelques-unes
30:29qui sont assez, je dirais,
30:31assez marrantes.
30:32Il y a un repas
30:32avec un futur cadre
30:33de l'entreprise
30:35où on lui demande
30:36de venir à Lille,
30:37il arrive de Paris.
30:38Donc, il imagine
30:39que le dîner
30:39va être très solennel.
30:41Il tombe sur une vie familiale
30:42assez...
30:43Gérard Muliez en gueule
30:44son fils
30:45parce qu'il trouve
30:46qu'il a des chaussures
30:46qui coûtent trop cher.
30:47Et au moment où la femme
30:49de Gérard Muliez
30:49apporte le gigot,
30:50elle fait tomber le gigot.
30:51Donc, il faut éponger
30:54le jus et tout ça.
30:55Et à la fin des fins,
30:56arrive le véritable drame,
30:57c'est que le chien
30:58est en train de mourir.
30:59Et donc, le cadre
31:00qui raconte ça après
31:01à cet homme de charme
31:02dit, je n'imaginais pas
31:03qu'à d'aller me faire embaucher
31:04pour un plein emploi
31:05de direction chez...
31:05Je finirai ma nuit
31:07chez un vétérinaire.
31:08Et donc, il y a
31:09tout un tas de petites anecdotes
31:10comme ça.
31:10Je retire deux choses.
31:12La première,
31:12c'est qu'effectivement,
31:14justement,
31:15il a beaucoup...
31:16Il s'est beaucoup inspiré
31:17d'autres.
31:17Gérard, elle dit bien,
31:19il est allé aux Etats-Unis,
31:21il a vu comment ça fonctionnait.
31:22Il a regardé ses concurrents,
31:23il a vu comment ça fonctionnait.
31:24Et la deuxième chose,
31:25c'est effectivement
31:27cet attachement,
31:27mais alors viscéral,
31:29à un certain nombre
31:29de valeurs,
31:31des valeurs incarnées
31:31par le catholicisme
31:32et qui font que
31:33cet attachement
31:34qui fait que
31:34ce n'est pas un patron
31:36totalement représentatif
31:37de ce que peut être
31:38le monde patronal.
31:39Christian Chavagneux,
31:40avez-vous aimé ce livre ?
31:41Oui, oui, oui.
31:41C'est un livre intéressant,
31:42mais très insuffisant.
31:43Vous avez déjà dit pourquoi,
31:44Emmanuel.
31:44Un livre intéressant
31:45parce qu'effectivement,
31:46on est rarement au contact
31:47vraiment personnel
31:48d'un grand capitaliste français.
31:50C'est quand même
31:50l'Empire qu'il a créé,
31:51c'est quand même quelque chose.
31:52C'est une famille assez opaque,
31:52quand même.
31:53C'est une famille complètement opaque.
31:54Mais là, du coup,
31:55on voit qu'il est issu
31:57lui-même d'une famille
31:57d'entrepreneurs
31:58où l'ambition de la réussite
31:59est quand même bien ancrée.
32:01On voit que les parents
32:01lui ont dit
32:02il faut réussir
32:02et en plus,
32:03tu seras entrepreneur.
32:04Ce n'est pas dans
32:04toutes les familles comme ça.
32:05On s'aperçoit
32:06qu'il rationalise
32:08ses esprits animaux
32:09en faisant de l'astrologie,
32:10de la numérologie.
32:11Ah, je vais vous embaucher,
32:12vous êtes né quand ?
32:13Tac, tac, tac.
32:14Votre chiffre, c'est 5,
32:15ça va, je peux vous prendre.
32:16C'est quand même
32:17assez bizarre.
32:19Un gars complètement formé
32:20sur le tas.
32:20On apprend que le premier
32:21Rochamp a failli se planter
32:23donc ça se trouve
32:24Gérard Mulier
32:24n'aurait pu être rien du tout
32:25dans l'économie française
32:26mais on apprend
32:27effectivement
32:28l'association familiale
32:30Mulier
32:30qui regroupe
32:30tous les descendants
32:31des parents,
32:33des grands-parents
32:34de Gérard Mulier
32:36c'est tous dans tout
32:37et ça c'est important
32:38tous dans tout
32:38c'est-à-dire que
32:39tous les descendants
32:39sont actionnaires
32:40à part égale
32:41de toutes les entreprises
32:42parce que c'est Auchan,
32:43c'est Decathlon,
32:44c'est Kiabi,
32:44c'est toute la famille
32:46à contribuer
32:47et c'est important
32:48parce que ça veut dire
32:49est-ce que c'est un groupe
32:50ou est-ce que c'est pas un groupe
32:51parce qu'en ce moment
32:51il y a un procès
32:52pour savoir si c'est un groupe
32:53ou pas
32:54si c'est un groupe
32:54ça veut dire que
32:55vous avez des difficultés
32:56chez Auchan
32:56vous voulez virer des gens
32:58il faut les recaser
32:58chez Decathlon
32:59parce que ça marche bien
33:00chez Decathlon
33:00si c'est pas un groupe
33:01vous n'avez pas d'obligation
33:02et donc est-ce que c'est
33:03un groupe ou pas
33:03les syndicats ont dit
33:05nous on pense que c'est un groupe
33:06et là on sort quand même
33:07un peu d'idées
33:07dans le sens
33:08c'est plutôt un groupe
33:09bon alors ce sera à la justice
33:10de décider si c'est ça ou pas
33:12mais il n'y a rien
33:13effectivement
33:14c'est quand même pas très critique
33:15cette cascade
33:16l'association familiale Mulier
33:17c'est une cascade
33:19de holding
33:19on sait pas trop
33:20il y en a qui passent
33:21par le Luxembourg
33:22pourquoi ?
33:22on sait juste à la fin
33:23que Gérard Mulier
33:24pense que l'ISF
33:24c'était une folie
33:25donc il doit pas être
33:26très très pro-impôt
33:27pourquoi est-ce qu'il passe
33:28par le Luxembourg ?
33:29c'est complètement opaque
33:30et ça reste complètement opaque
33:31à la fin
33:31et puis on nous dit
33:32à un moment donné
33:33il a fallu s'endetter
33:34vraiment beaucoup
33:35pour acheter
33:37un des concurrents
33:38où est-ce qu'on en est
33:39de cette dette ?
33:39est-ce qu'elle est repayée ?
33:41est-ce qu'elle a augmenté ou pas ?
33:43et puis bien sûr
33:43ce magasin
33:44et cette famille
33:45ne peut réussir
33:46que si tout le monde
33:46consomme de plus en plus
33:48et tout et n'importe quoi
33:49donc c'est quand même
33:49pas très très écolo
33:50et ça bien évidemment
33:51toutes ces critiques
33:52on ne les trouvera pas
33:52dans le livre
33:54alors vous avez choisi
33:55vous Christian
33:56le livre de Jérôme Parzy
33:59sur Casino
33:59cette fois-ci
34:00Casino
34:01faites vos jeux
34:02rien ne va plus
34:04Jean-Charles Nauri
34:05très présent dans le livre
34:06évidemment
34:06bien évidemment
34:07donc c'est très rare
34:09que je mette en avant
34:09des livres publiés
34:10à compte d'auteur
34:11et celui-là
34:12franchement
34:12je pense qu'il valait la peine
34:13Jérôme Parzy
34:14c'est un financier
34:15qui a acheté des actions Casino
34:16il a tout perdu
34:17donc on se dit
34:17qu'est-ce qui s'est passé ?
34:18c'est un livre
34:19sans envolée lyrique
34:20c'est une succession de faits
34:21c'est un petit livre
34:22succession de faits
34:23il n'y a pas de commentaire
34:25juste les faits
34:26on remonte à la fin du 19ème
34:28le fameux Geoffroy Guichard
34:29qui a fondé Casino
34:30qui a donné son nom
34:31au stade des verbes
34:33on passe un petit peu
34:34de temps sur l'histoire
34:35et bien évidemment
34:35ça commence à devenir intéressant
34:36quand Jean-Charles Nauri arrive
34:38avec ses investissements
34:39dans les années 2010
34:40c'est PDG à partir de 2005
34:41là
34:41ce qui est décrit
34:42c'est la stratégie opérationnelle
34:44on va s'élargir
34:46devenir de plus en plus gros
34:47à l'étranger
34:47notamment au Brésil
34:48en France
34:49on va racheter Monoprix
34:50Franprix
34:51Lidl
34:51et puis après
34:52on va faire du numérique
34:53on va racheter ses discounts
34:54mais tout ça est organisé
34:55avec le fameux système
34:56que les financiers connaissent bien
34:57les poulies bretonnes
34:58c'est-à-dire là aussi
34:59une cascade de holdings
35:01vous arrivez avec 100
35:02vous empruntez 400
35:03vous créez une holding
35:04dont vous êtes propriétaire
35:05qui s'endette
35:06qui est propriétaire
35:07et à la fin
35:07avec vos 100
35:08vous arrivez à être propriétaire
35:09de Casino
35:10qui est un truc complètement énorme
35:11et qui n'arrête pas
35:11de se développer
35:12bien évidemment
35:13la question c'est
35:14est-ce que la grosse société
35:15que vous allez finir par acheter
35:16dégage assez de dividendes
35:18pour rembourser
35:19la cascade de holdings
35:20et rembourser les dettes
35:21et là bien évidemment
35:21non
35:22toute cette ingénierie financière
35:23va s'écrouler
35:24en 2024
35:25c'est Daniel Kretinsky
35:26qui reprend Casino
35:28la fin du livre
35:29nous rappelle
35:30qu'il y a une histoire
35:31un petit peu tortueuse
35:33où Jean-Charles Nauri
35:35aurait peut-être
35:36peut-être pas
35:37utilisé quelqu'un
35:38pour manipuler les cours
35:40pour donner des informations
35:41trompeuses
35:41et la fin du livre
35:42nous dit
35:42on aura le résultat
35:44de la justice
35:45début 2026
35:46et de fait
35:46on a eu le résultat
35:47Jean-Charles Nauri
35:48condamné à 4 ans de prison
35:49mais il a fait appel
35:50donc on va attendre
35:51l'appréciation juridique
35:52pour savoir
35:53comment on peut le qualifier
35:54mais l'appréciation économique
35:55du livre
35:56elle est claire
35:56c'est un modèle
35:57d'ingénierie financière
35:58qui a complètement échoué
36:00c'est étonnant
36:01parce que c'est deux livres
36:02en fait
36:02aux approches
36:04complètement
36:04autonomiques
36:05c'est-à-dire
36:05d'un côté
36:06bon là
36:06côté un peu familial
36:08sympa
36:08mais pas très
36:09business financier
36:11et puis là
36:11l'analyse clinique
36:12Jean-Marc
36:13oui oui
36:13les personnages qui apparaissent
36:15il n'y a jamais aucun portrait
36:16au-delà de deux ou trois mots
36:17le seul portrait
36:18qui a c'est
36:19Geoffroy Gichard au début
36:21Naouri un peu quand même
36:22Naouri un peu
36:22oui alors Naouri un peu
36:23d'ailleurs
36:24la conclusion que je partage
36:26c'est de dire
36:26qu'on se demande
36:27ce qu'il est venu faire
36:27dans cette galère
36:28quand on a ce pédigré
36:29c'est-à-dire
36:30un gars brillantissime
36:31en mathématiques
36:32qui est reçu premier
36:33à l'école normale supérieure
36:34qui fait un doctorat de mathématiques
36:35qui est salué par tout le monde
36:36et qui se retrouve effectivement
36:37à faire ses bricolages
36:39et ses montages financiers
36:40de poulies bretonnes
36:41qui finalement
36:43il le dit bien
36:44il finit par être
36:45surendetté
36:46par ne plus avoir
36:46la maîtrise de ce qu'il fait
36:48en plus
36:48il s'associe systématiquement
36:49à des gens
36:50avec qui il finit
36:51par être en procès
36:51donc on croise
36:52tout un tas de gens
36:53mais ces gens
36:54c'est juste un nom
36:55on les voit apparaître
36:55donc c'est vraiment
36:57des gens qui sont
36:57extrêmement réduits
36:59à leur dimension financière
37:01à leur rapport
37:02avec Nauri
37:03donc on apprend
37:04effectivement à la fois
37:05beaucoup de choses
37:06et pas beaucoup de choses
37:06parce que finalement
37:07on l'a su
37:08ce qu'il y a d'intéressant
37:09c'est la façon
37:10dont il conduit son livre
37:11c'est assez bien mené
37:12à partir de
37:14donc c'est pas Casino
37:15à l'origine
37:15c'est Rallye
37:16qui est un groupe
37:19qui va initier le processus
37:21et comment il va être
37:23donc en Bisbee
37:24avec les galeries
37:24Lafayette
37:25autour de Monoprix
37:25avec son aventure
37:27en Amérique du Sud
37:29qui est plus ou moins
37:30bien équilibrée
37:31et donc
37:34à la fin
37:35on se dit
37:35et c'est ce qu'il dit
37:37lui-même
37:37quel gâchis
37:38mais encore une fois
37:39qu'est-ce qu'il est allé faire
37:40là-dedans
37:40Nauri
37:41il avait autre chose
37:42à faire dans la vie
37:43et il le dit
37:43d'essayer de s'embarquer
37:45dans des acrobaties financières
37:47qui n'étaient jamais
37:48que du surendettement
37:49et qui ne pouvaient être
37:50acceptables
37:50et accepter que si
37:51le truc finissait par générer
37:53tellement de profits
37:54que ça devenait totalement improbable
37:55qu'est-ce qu'il est allé faire
37:56dans cette galère
37:59c'est effectivement
38:01très étonnant
38:02quand on voit le portrait
38:03c'est tout à fait
38:04l'antinomie
38:05de Gérard Mulier
38:06qui est formé sur le tas
38:07qui va petit à petit
38:09grimpir les échelons
38:11et là
38:12le gars
38:12complètement
38:12j'en remarque
38:13l'anis
38:13élève brillantissime
38:15de nos plus belles écoles
38:16et qui finit
38:17avec 4 ans de prison
38:18parce que Gérard Mulier
38:18n'a même pas eu le bac
38:19il est collé
38:20non non
38:23bah écoutez
38:24c'était effectivement
38:27très intéressant
38:27ces deux profils
38:28totalement opposés
38:31qui connaissent
38:31quand même
38:32à un moment
38:32la réussite
38:33et puis effectivement
38:34après des temps
38:34plus difficiles
38:36allez
38:36c'est l'heure
38:37de notre
38:39étude
38:40de la semaine
38:48L'étude de la semaine
38:50c'est celle
38:51que va nous présenter
38:52Stéphane Seigneurin
38:54fondateur
38:54et PDG
38:55de Charvy
38:57une start-up
38:58spécialisée
39:00dans l'immobilier
39:00d'entreprise
39:01et alors
39:01qui sort ce chiffre
39:02qui nous a
39:03passionné
39:04interpellé
39:05à la librairie
39:06de l'écho
39:07Stéphane
39:0811 051
39:10euro
39:11hors taxe
39:12par an
39:12perdu
39:13pour chaque bureau
39:16inutilisé
39:16par les entreprises
39:18comment arrivez-vous
39:19à cette
39:20à cette somme
39:21faramineuse
39:22j'ai envie de dire
39:24oui effectivement
39:24en fait
39:25c'est une étude inédite
39:26la qu'on sort
39:26parce que nous
39:27on accompagne
39:27100 000 collaborateurs
39:29d'entreprises
39:29en France
39:30et à l'international
39:30et en fait
39:31on a étudié
39:33on est dans
39:33un espèce de paradoxe
39:34qui est incroyable
39:35en fait
39:35c'est que les entreprises
39:36n'ont jamais disposé
39:37d'autant d'espace
39:37parce que
39:38il y a eu
39:38le télétravail
39:39et donc
39:39etc
39:40et en fait
39:41on a analysé
39:41le coût
39:42en fait
39:42de ces espaces
39:43vides
39:43et ça
39:44on arrive à
39:4411 050 euros
39:45hors taxes
39:46par an
39:47en fait
39:47qui correspondent
39:48à des mètres carrés
39:48finalement
39:49qui sont inoccupés
39:50alors qu'en fait
39:51on a des tensions
39:51parce que les gens
39:52vont parfois
39:53tous au travail
39:54le même jour
39:54donc c'est
39:55des mètres carrés
39:56c'est en fait
39:57le loyer
39:58c'est les assurances
39:59c'est
40:00des taxes
40:01bien sûr
40:01qui sont le foncier
40:03puis l'exploitation
40:04de ces espaces
40:05parce qu'en fait
40:06en fait
40:06on est obligé
40:06de chauffer
40:07finalement
40:07tous les bâtiments
40:08tous les open space
40:09et les collaborateurs
40:10ne sont pas forcément
40:11présents au bureau
40:11et tout ça
40:12en fait
40:12ça a un impact
40:13en fait
40:14on a les services
40:15qui sont disponibles
40:16mais les espaces
40:17sont inoccupés
40:18et on arrive
40:18aujourd'hui
40:18à des taux d'occupation
40:19de seulement 35%
40:21en fait
40:21des bureaux en France
40:23ce qui est très faible
40:24finalement
40:24c'est en baisse
40:25par rapport à ce qu'on a pu
40:26constater
40:27dans le passé
40:28alors vous dites
40:2935%
40:30de taux d'occupation
40:31oui c'est quoi
40:32c'est à peu près
40:3210 points de baisse
40:33de taux d'occupation
40:35et pourtant
40:37avec près de
40:3860%
40:39des surfaces
40:41qui demeurent
40:43inexploitées
40:44c'est ça
40:44ouais c'est ça
40:45en fait avant le Covid
40:46on était aux alentours
40:47des 45%
40:48donc c'était déjà
40:49pas extraordinaire
40:50en fait en vrai
40:51donc c'est assez structurel
40:52et puis
40:53finalement en fait
40:54bon ça a baissé
40:55pendant le Covid
40:55à 30%
40:56là ça a remonté un peu
40:57on est à 35%
40:59donc c'est pas encore
40:59extraordinaire
41:00et ça fait qu'on a
41:0160% aujourd'hui
41:03des espaces
41:03qui sont inoccupés
41:05que l'entreprise
41:06en fait n'arrive pas
41:07à exploiter
41:08et malgré ça
41:09en fait il y a des frictions
41:10parce qu'on a des collaborateurs
41:12auxquels des fois
41:12on demande de même
41:13revenir au bureau
41:14et en fait
41:14ils vont pas trouver d'espace
41:15pas avoir de place
41:16parce qu'ils viennent tous
41:17le lundi
41:17et puis mettons le jeudi
41:19et le vendredi
41:21à la veille du week-end
41:22en fait
41:22ces espaces sont vides
41:23et en fait
41:23c'est un problème
41:24d'orchestration
41:25finalement
41:25de l'utilisation
41:27de tous ces espaces
41:27il y a un gros gâchis
41:28finalement
41:29avec des espaces
41:30des mètres carrés
41:31inutilisés
41:31chauffés pour rien
41:32finalement
41:32Mais ce qui est fou
41:34Stéphane Seigneurien
41:35c'est que
41:36à la sortie
41:38du Covid
41:39beaucoup d'entreprises
41:40nourrissaient
41:41l'espoir
41:43finalement
41:43de cette
41:46baisse
41:46des mètres carrés
41:48dont allait avoir
41:49besoin une entreprise
41:50et en gros
41:50beaucoup d'entreprises
41:51s'imaginaient
41:52que leur coût
41:53allait assez nettement
41:55diminuer
41:56on se rappelle
41:57d'entreprises
41:57qui avaient dit
41:58même
41:58on va carrément
42:00supprimer
42:00notre siège social
42:02et donc
42:03il y avait eu
42:03ce folle espoir
42:04que les coûts
42:05finalement
42:06des bureaux
42:07allaient considérablement
42:08baisser
42:08or on s'aperçoit
42:09que ce n'est pas
42:10vraiment le cas
42:11Non ce n'est pas le cas
42:12en fait
42:13déjà on a un décalage
42:14entre la volonté
42:15si moi demain
42:16mes bureaux
42:17je dis
42:17je ne vais plus
42:18les utiliser
42:19en fait
42:19on est engagé
42:20en tant qu'entreprise
42:21sur un bail
42:22qui va être un bail
42:223-6-9
42:23donc on ne peut pas
42:25augmenter
42:25ou réduire
42:26les mètres carrés
42:27donc on a des entreprises
42:28qui font revenir
42:29à des collaborateurs
42:30qui n'ont pas assez de place
42:31et puis ça dépend des jours
42:32et puis le travail
42:33ce qu'on appelle
42:34le travail hybride
42:35c'est le fait
42:36de travailler
42:36soit au bureau
42:37puis au domicile
42:38ou au bureau
42:39au domicile
42:39et dans un tiers-lieu
42:41un espace de co-working
42:42par exemple
42:42en fait le travail hybride
42:44c'est 55% des collaborateurs
42:46mais on a quand même
42:4773% des collaborateurs
42:49qui vont au bureau
42:50quand même
42:51une partie du temps
42:52donc
42:53ces bureaux
42:54on en a quand même besoin
42:55mais c'est vrai
42:56qu'on n'arrive pas
42:56finalement à les libérer
42:57parce qu'on est engagé
42:58il y a un décalage
42:59comme ça
42:59on n'a pas de flexibilité
43:00entre
43:02ce bail
43:03et puis
43:03l'usage réel
43:04finalement
43:05qu'on fait
43:05des entreprises
43:07des locaux
43:08merci beaucoup
43:10Stéphane Seigneurien
43:11fondateur
43:11et PDG
43:12de Charvie
43:13qui nous livre donc
43:14cette étude
43:15aux résultats
43:15spectaculaires
43:16plus de 11 000 euros
43:18par an
43:18de perdu
43:18pour chaque bureau
43:20inutilisé
43:21dans les entreprises
43:22françaises
43:23merci beaucoup
43:24Stéphane Seigneurien
43:25bonne journée
43:25allez
43:26c'est l'heure
43:27de retrouver
43:29nos études
43:30et nos chiffres
43:31de la semaine
43:32aussi
43:34BFM Business
43:35la librairie de l'écho
43:37des idées
43:38et des chiffres
43:39et on commence
43:41avec ce travail
43:42annuel
43:42de l'INSEE
43:43mais où passe
43:44donc
43:44l'argent
43:45public ?
43:46voilà une question
43:47que se posent
43:48les français
43:48et bien
43:48l'INSEE
43:50répond
43:50avec les données
43:52relatives
43:53à l'année
43:542024
43:55avec des dépenses
43:56publiques
43:57qui augmentent
43:57de 4%
43:58qui représentent
43:5957%
44:00du PIB
44:02avec la part
44:03des dépenses
44:03de santé
44:04qui continuent
44:05de progresser
44:07et donc
44:07comment se répartissent
44:09finalement
44:09ces dépenses publiques
44:11par grands postes
44:12de très loin
44:13c'est la protection sociale
44:14qui est le premier
44:16poste de dépense
44:17693 milliards d'euros
44:20devant la santé
44:22261 milliards d'euros
44:23songez que santé
44:24plus protection sociale
44:26c'est presque
44:271000 milliards d'euros
44:28chaque année
44:29les aides à l'économie
44:30166 milliards d'euros
44:32l'enseignement
44:33149 milliards
44:34la défense
44:3654 milliards seulement
44:37donc même si c'est
44:38un budget en hausse
44:39c'est un budget
44:41qui reste faible
44:42par rapport
44:42à l'ensemble
44:43des dépenses publiques
44:44l'alerte
44:45de la semaine
44:47et c'est ce baromètre
44:50QBE
44:51sur la gestion
44:52des risques
44:53des entreprises
44:54QBE étant un spécialiste
44:56de l'assurance
44:58corporelle
44:59alors qu'est-ce qu'on apprend
45:01et bien on apprend
45:01que les PME
45:02et les ETI françaises
45:03n'ont jamais été
45:04aussi nombreuses
45:05à se dire
45:06mieux armées
45:07face aux risques
45:08une entreprise
45:10sur deux
45:10estime aujourd'hui
45:12mieux les gérer
45:13qu'en 2024
45:14dans un contexte
45:15pourtant marqué
45:16par l'instabilité
45:18politique
45:19la pression
45:20réglementaire
45:20et la montée
45:21des risques
45:22cyber
45:23qui continuent
45:24de peser
45:25sur les décisions
45:26et la compétitivité
45:28les risques
45:29sont effectivement
45:30aussi plus nombreux
45:31puisque presque
45:329 entreprises
45:34sur 10
45:35font face
45:35à au moins
45:36deux risques
45:37en parallèle
45:38le top 5
45:39des risques
45:40évoqués par les entreprises
45:41c'est la hausse des prix
45:42de l'énergie
45:43la hausse des prix
45:44des matières premières
45:45les évolutions législatives
45:47et réglementaires
45:47imprévues
45:48les cyberattaques
45:50et la gestion
45:51des ressources humaines
45:53indiquons enfin
45:54qu'en 2025
45:55plus d'une entreprise
45:56sur trois
45:56indique
45:57que l'instabilité
45:58politique
45:59et bien
46:00coûte
46:01en matière
46:02d'investissement
46:02en incitant
46:03à davantage
46:04de prudence
46:05prudence
46:05qui se traduit
46:06aussi de manière
46:07très concrète
46:08sur les recrutements
46:10puisque presque
46:1120%
46:12des entreprises
46:13ont gelé
46:13ou ralenti
46:14leur recrutement
46:15dans ce climat
46:16incertain
46:18BFM Business
46:19la librairie
46:20de l'écho
46:21le coup de coeur
46:22de la rédaction
46:24et c'est celui
46:25de notre
46:26grand Manitou
46:27de la tech
46:28sur BFM Business
46:30Frédéric Simotel
46:32qui était déjà
46:33un journaliste
46:34économique
46:35confirmé
46:36au moment
46:37où est sorti
46:38ce livre
46:38ce livre
46:39dont vous allez
46:40nous parler
46:42Frédéric
46:42j'ai fait
46:43danser
46:44un éléphant
46:45un éléphant
46:46bleu même
46:47puisqu'il s'agit
46:48d'IBM
46:49et son dresseur
46:50ou plutôt
46:51son redresseur
46:52c'est
46:52Lou Gersner
46:53le dirigeant
46:55historique
46:55d'IBM
46:55dans les années
46:5690-2000
46:57qui vient
46:57de disparaître
46:58oui c'était
46:59l'occasion
46:59de revenir
46:59sur ce livre
47:00paru en 2003
47:00et Lou Gersner
47:01est mort
47:02très récemment
47:02au moment de Noël
47:03à peu près
47:04à l'âge de 87 ans
47:05et oui
47:06il a dirigé
47:07IBM à l'époque
47:08où ce géant
47:10de l'informatique
47:10a vraiment
47:11failli disparaître
47:12il l'a dirigé
47:13entre 93 et 2002
47:14et il a
47:15complètement
47:16redressé
47:16l'entreprise
47:18et il en a donc
47:19fait un livre
47:19j'ai fait
47:20danser un éléphant
47:20alors l'histoire
47:21il arrive en 93
47:22IBM est vraiment
47:23une vieille dame
47:24âgée
47:24de plus de 80 ans
47:28qui a traversé
47:28deux guerres mondiales
47:29une révolution industrielle
47:31galopante
47:31qui se sent
47:32inébranlable
47:33persuadée
47:33de sa toute puissance
47:34même de son arrogance
47:35je vais en reparler
47:37dans les entreprises
47:38ils ont leurs grands ordinateurs
47:39les grands mainframes
47:40qui pilotent tout
47:40et d'ailleurs
47:42certains sont toujours
47:42en activité
47:43il faut le savoir
47:43IBM fabrique
47:44ses composants
47:45ses PC
47:45ses imprimantes
47:46ses serveurs
47:47qu'on soit
47:48ses logiciels d'entreprise
47:49c'est la référence
47:50sur le marché de l'emploi
47:51tous les gens vous croisez
47:51ils ont tous bossé
47:53à un moment ou à un autre
47:53chez IBM
47:54mais voilà
47:55on est au tout début
47:55des réseaux d'entreprise
47:57c'est en pleine révolution
47:58la micro-informatique
47:59on a Hewlett, Packard, Compact
48:00qui sont en train de
48:01ou le tout nouveau Dell
48:02qui arrive
48:02IBM a des coûts de production
48:04très importants
48:05une productivité
48:06qui s'érode
48:07des structures trop lourdes
48:08du management
48:09qui tue l'entreprise
48:10à petit feu
48:10elle est devenue arrogante
48:11par rapport à ses clients
48:12elle les écoute
48:13mais elle ne les entend pas
48:14300 000 salariés
48:15vous imaginez
48:16qui ne jurent que
48:16par les grands systèmes
48:17et puis tout ça
48:18dans des divisions
48:18qui vivent de façon autonome
48:20vous imaginez
48:20toute cette gabegie
48:22donc Big Blue souffre
48:24dans bon point
48:25et là
48:26à ce moment-là
48:27finalement
48:28tout le monde
48:29imaginait
48:30qu'un super patron
48:31de l'informatique
48:33allait arriver
48:34pour tout remettre
48:35à plat
48:35et pas du tout
48:36et pas du tout
48:37on pensait à John Sculley
48:38qui dirigeait Apple
48:38il y avait plein de noms
48:39qui circulaient
48:40et tout d'un coup
48:40on voit arriver
48:41Lugersner
48:41Lugersner
48:42le roi du biscuit
48:44alors il avait redressé
48:45American Express
48:45il y a quelques années
48:46et là il arrivait
48:47de Nabisco
48:48le roi du biscuit
48:49un des géants
48:49de l'agroalimentaire
48:51et puis
48:51en fait
48:53Nabisco
48:53c'était l'un des plus grands
48:54clients d'IBM
48:55donc c'est surtout ça
48:56qui a joué
48:56il a compris un petit peu
48:57comment ça pouvait se passer
48:58et donc c'est à partir de là
49:00où il raconte
49:00tout ce qu'il a fait
49:01j'ai fait danser un éléphant
49:02donc paru en 2003
49:03au cours des 100 premiers jours
49:04il a dit à tout le monde
49:05bon c'est alerte générale
49:06on se retrouche les manches
49:07du manager
49:08au l'ingénieur commercial
49:09il va falloir repartir au charbon
49:11c'est ce qui nous doit nous guider
49:13c'est le marché
49:13c'est la valeur rendue aux actionnaires
49:15plan social de 80 000 personnes
49:17les 13 divisions réintégrées
49:18avec évidemment
49:19un management centralisé
49:21des procédures simplifiées
49:22et puis surtout
49:22place à la vente
49:23de solutions
49:23toutes intégrées
49:24du PC
49:25au logiciel
49:26en passant par les services
49:27intégration
49:27et ça marche
49:28c'est lui
49:29c'est lui qui a le génie
49:30de créer IBM Global Services
49:31qui devient un des grands acteurs
49:33du service
49:33en deux ans
49:34les bénéfices sont de retour
49:35plus de 6 milliards de dollars
49:36et entre 93 et 2002
49:38l'époque où il a dirigé IBM
49:40mais à la valeur
49:41la capitalisation
49:42est passée de 29
49:43à 168 milliards de dollars
49:45ça fait sourire aujourd'hui
49:46quand on voit les géants
49:47mais bon
49:47c'était quand même
49:48une sacrée
49:49c'était la coqueluche
49:50de Wall Street
49:51il a réussi à faire danser
49:52cet éléphant
49:53et donc après
49:54il est parti chez Carlyle
49:55gestion d'actifs
49:57et il a laissé les mains
49:59à Sanpamizano
49:59qui a poursuivi
50:01avec un peu moins de succès
50:02il a vendu aux chinois
50:03Lenovo
50:04saluons quand même
50:05le talent de manager
50:07le talent de manager
50:08quand vous réussissez
50:09à la fois
50:09dans des secteurs
50:11aussi différents
50:11que la finance
50:12l'agroalimentaire
50:13et l'informatique
50:15c'est quand même
50:16que vous êtes
50:16un grand dirigeant
50:17et son livre
50:18je me suis renseigné
50:18son livre
50:19fait encore partie
50:21des best-sellers
50:22dans les grandes écoles
50:22de management
50:23pour dire
50:23comment on redresse
50:24tout ça
50:24avec des bonnes
50:27idées
50:27et puis surtout
50:28une vision
50:29parce que c'est ce qui manquait
50:30EVM aussi
50:30c'était là
50:31il y a de l'arrogance
50:31il y avait trop de procédures
50:32tout ça trop lourde
50:33mais c'est surtout
50:34une vision qu'il manquait
50:34merci beaucoup
50:36mon cher Frédéric
50:37allez c'est l'heure
50:38de nos ultimes choix
50:40BFM Business
50:42la librairie de l'écho
50:44les livres de la dernière minute
50:47Christian Chavagneux
50:48quelle est votre dernière sélection
50:49pour aujourd'hui ?
50:50une étude originale
50:52américaine
50:52qui porte sur la politique
50:54industrielle des Etats-Unis
50:55de 73 à 2022
50:56on dit
50:57c'est le retour
50:57de la politique industrielle
50:58non c'est pas du tout le retour
51:00il y a toujours eu
51:00de la politique industrielle
51:01aux Etats-Unis
51:02et le travail est original
51:04trois chercheurs ont regardé
51:06l'ensemble des lois
51:08publiées aux Etats-Unis
51:09l'ensemble des décrets
51:10présidentiels publiés
51:11de 73 à 2022
51:12avec l'IA
51:13ils ont fait des petits sondages
51:14pour voir si l'IA
51:15ne se plantait pas ou pas
51:1595% de réussite
51:17donc ils ont dit
51:17que c'était pas mal
51:18et on voit qu'il y a toujours
51:19de la politique industrielle
51:20américaine
51:21qu'il y a eu un pic
51:21fin des années 70
51:23c'est un deuxième pic
51:23avec Trump 1
51:25Joe Biden
51:26et donc ça s'arrête en 2022
51:28on n'a pas Trump 2
51:29mais que les décrets
51:30présidentiels passent
51:31essentiellement
51:32par des mesures protectionnistes
51:33donc Trump
51:34c'est complètement
51:34dans la logique historique
51:36avec plus de quantitatifs
51:37et sur la forme
51:38un petit peu différent
51:39mais ça c'est complètement
51:40dans la logique historique
51:41de la politique industrielle
51:42américaine
51:43passionnant
51:43Jean-Marc Daniel
51:44alors moi j'ai choisi
51:45le livre de Martial You
51:46qui est un journaliste
51:47qui est bien connu
51:48de la raison
51:49exactement
51:49qui a commencé
51:50je ne sais pas s'il a commencé
51:51mais qui a été à un moment donné
51:52ici à BFM
51:53et donc ça s'appelle
51:55Les Dindons
51:55chez Robert Laffont
51:56et les Dindons
51:57c'est Nicolas Kippé
51:58pour prendre une expression
51:59qui est devenu à la mode
52:00donc il regarde effectivement
52:01comment les classes moyennes
52:03sont progressivement
52:04de plus en plus mobilisées
52:05sur le plan économique
52:06comment elles sont
52:08elles paient
52:09alors pour qui
52:09elles paient donc
52:10évidemment pour les retraites
52:12elles paient aussi
52:13pour le fait que
52:13l'enseignement coûte
52:14de plus en plus cher
52:15et elles paient
52:16pour des services publics
52:18qui sont de moins en moins performants
52:19et donc
52:20il dit voilà
52:21Nicolas Kippé
52:22voilà ce qu'il paie vraiment
52:23et voilà pourquoi
52:23il commence à en avoir
52:25un peu ras-le-bol
52:26Nicolas
52:27Très bien
52:28et bien écoutez
52:28alors bon
52:30moi c'est presque un prétexte
52:31j'ai envie
52:32de vous dire
52:33que ces élections municipales
52:35qui arrivent
52:36mais il se trouve
52:37qu'on a reçu
52:39de bons livres
52:41sur Paris
52:43alors un qui pourrait
52:44effectivement
52:45être intéressant
52:46dans le cadre
52:47de la campagne
52:48des municipales
52:49qui va être sanglante
52:50dans la capitale
52:50à n'en pas douter
52:52c'est le livre
52:52de Jean-Claude Prager
52:54l'avenir de Paris
52:55l'impératif économique
52:56c'est aux éditions
52:57du Lisbleu
52:58Jean-Claude Prager
52:59il est économiste
53:00il a dirigé
53:01les études économiques
53:03à la société
53:03du Grand Paris
53:04donc il connaît plutôt
53:05bien la région capitale
53:07voilà
53:08le défi économique
53:09qui se présente
53:10devant Paris
53:11c'est absolument
53:12passionnant
53:12et puis alors
53:13bon là
53:13c'est plus
53:15Paris
53:15prétexte en fait
53:16à une étude
53:18sociologique
53:19ça s'appelle
53:19le capital
53:20d'une capitale
53:21200 ans
53:22de richesse
53:22et d'inégalité
53:23à Paris
53:24Gilles Postelvinet
53:25Jean-Laurent Rosenthal
53:27c'est aux éditions
53:28du Seuil
53:29la collection
53:30Eco-Histoire
53:31alors en fait
53:33il retrace
53:34finalement
53:35l'évolution
53:35de la richesse
53:37et des inégalités
53:38mais
53:39à partir de Paris
53:41puisque
53:41à Paris
53:42on dispose
53:42de données statistiques
53:45absolument
53:46remarquables
53:47qui permettent
53:47alors ça se passe
53:48à Paris
53:49mais on pourrait
53:49l'extrapoler
53:50Christian
53:50c'est un livre
53:51quand même
53:51un peu exigeant
53:52c'est un livre
53:53un peu exigeant
53:54à lire
53:54mais c'est du Piketty
53:56mais centré sur Paris
53:57exactement
53:58voilà
53:58ces deux livres
53:59si vous voulez
54:00chauffer l'ambiance
54:01avant les élections
54:03municipales
54:03voilà
54:04c'est la fin
54:04de cette librairie
54:05de l'écho
54:06on se retrouve
54:07la semaine prochaine
54:07et d'ici là
54:08bonne lecture
54:09à l'échoire
54:09à l'échoire
54:11à l'échoire
54:11nous
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