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  • il y a 7 mois
Ce samedi 10 janvier, Stéphane Amarsy, PDG de The Next Mind, Jérôme Beranger, PDG de GoodAlgo, Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Gilles Bonnenfant, président d'Eurogroup Company, et Adrien-Guillaume Padovan, journaliste BFM Business, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de la littérature économique.
00:15Alors évidemment pas d'émission sur les livres sans auteur, ils seront nos invités dans la première partie de l'émission.
00:22Et puis vous retrouverez ensuite nos critiques attitrés, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux pour leur coup de cœur et leur coup de gueule.
00:27Notre batterie d'études plus ébouriffantes les unes que les autres, le coup de cœur de la rédaction bien sûr.
00:36N'oubliez pas évidemment tous nos comptes sur les réseaux sociaux, la librairie de l'écho, partout, LinkedIn, Facebook, X, Youtube pour avoir les références précises des ouvrages qu'on évoque dans l'émission.
00:49Et tout de suite, place aux auteurs.
00:50Nous croulons sous la littérature concernant l'intelligence artificielle.
01:01C'est vrai qu'ils posent souvent plus de questions d'ailleurs qu'elles n'apportent de réponses.
01:06Alors nous n'allons pas nous perdre en conjecture sur les éternelles questions, l'impact de l'IA sur la croissance, sur l'emploi, sur la productivité.
01:14Mais on va plutôt s'attacher à soulever les paradoxes qui d'ores et déjà nous sont imposés par l'intelligence artificielle.
01:25Et puis on va essayer d'avancer aussi concrètement avec des praticiens, des spécialistes pour voir quelle est la bonne façon d'apprivoiser ce nouveau monde.
01:33Et on le fait avec des auteurs en plus qui ont choisi des modes d'expression eux aussi extrêmement originaux, assez uniques pour traiter ce sujet technologique.
01:44A savoir, je ne sais pas comment ça s'appelle, ça s'appelle Métamorphose, il va nous dire de quoi il s'agit exactement.
01:52Et puis la BD aussi qui est un canal très intéressant.
01:57Nos deux invités ce sont Stéphane Amarcy bien sûr d'abord.
02:00Stéphane bonjour.
02:01Bonjour Emmanuel.
02:02Stéphane vous êtes le président fondateur de la société de conseil Next Mind et vous publiez, alors est-ce que c'est une collection, est-ce que c'est une revue, est-ce que c'est un livre ?
02:12Moi je considère que c'est une revue avec des articles, des illustrations.
02:18Vous en publiez deux par an.
02:19Exactement.
02:20Donc ça s'appelle Métamorphose et ce sont des séries de réflexions autour de l'intelligence artificielle à la fois théorique, à la fois pratique.
02:29Et puis vous publiez aussi, parce que votre souci c'est la pédagogie, une petite BD, un manga qui s'appelle Aillon,
02:37où ce sont quatre jeunes finalement qui s'aventurent dans des mondes à traverser, dans des combats pour réparer les fractures liées à l'intelligence artificielle.
02:50Voilà, et notre deuxième invité que nous aurons en visioconférence tout à l'heure, c'est Jérôme Béranger qui lui est cofondateur et directeur général de Goudalgo,
03:04qui est expert IA et éthique pour l'Institut Europe IA et qui publie le journal de Mev avec Mathieu Perrotin aux éditions de Bouec supérieure.
03:13C'est un magnifique objet, un magnifique livre et qui alors lui aussi est extrêmement dense et qui nous entraîne de façon extrêmement pertinente dans cet univers de l'intelligence artificielle.
03:25Stéphane Amarcy, vous le dites dans le préambule de vos revues, nous ne connaissons pas les futurs.
03:32Alors vous, vous avez même élaboré 10 millions de trajectoires différentes du monde qui nous attend.
03:38Exactement, parce qu'aujourd'hui c'est excessivement complexe de prévoir quelque chose.
03:41Par définition, on se trompe parce qu'on parle du passé pour prévoir le futur sans considérer des ruptures, des changements majeurs.
03:48Je donne l'exemple du Venezuela hier, avant-hier, qui avait pensé ça ?
03:53Évidemment, ça a une influence sur le futur.
03:55Donc l'idée pour moi, ce n'est absolument pas de déterminer un futur, c'est d'évaluer tout ce qui peut se passer,
04:01de comprendre quels sont les nœuds qui vont influencer tel ou tel futur et d'accepter cette insécurité de savoir,
04:09de plonger dedans et de s'adapter à ceci.
04:12Et dans le cadre de l'intelligence artificielle, je me suis dit, faisons ce travail-là.
04:16Et je suis arrivé à 10 millions de futurs possibles que j'ai étudiés, générés,
04:20et qu'après j'ai réagrégés pour que c'est plus de sens pratique.
04:23Mais je veux dire, est-ce qu'on peut borner ces 10 millions de scénarios possibles ?
04:27Les deux scénarios extrêmes, c'est quoi par exemple, s'il fallait les expliquer un peu ?
04:33Alors très simple, le scénario extrême qu'on peut voir, c'est qu'il n'y a plus suffisamment d'énergie,
04:38plus suffisamment de matière, on rejette l'intelligence artificielle,
04:41à niveau légal, on ne l'accepte plus et tout s'arrête.
04:44Ça c'est un scénario extrême, très peu probable, mais il existe.
04:48L'autre scénario, c'est que l'IAS libère complètement,
04:51qu'elle devienne une nouvelle entité dans la géopolitique et pourquoi pas qu'elle prenne le pouvoir.
04:57On peut aller à ce scénario-là également.
04:59Et entre ces deux extrêmes, il y a à peu près tous les scénarios possibles et imaginables,
05:03dont des liens, des ramifications avec les États, avec l'éducation,
05:07une hybridation de l'IA avec la société, plus ou moins prégnante, plus ou moins forte.
05:13Alors, vous dites néanmoins, c'est pas parce qu'on ne sait pas ce qui nous attend qu'il ne faut rien faire.
05:20Vous avez une phrase qui est souvent, qui est presque votre mantra, j'ai envie de dire,
05:24c'est « il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il ne s'occupe de nous ».
05:27C'est mon mantra, exactement.
05:29Alors, mais par quel bout on prend le problème quand on ne sait pas finalement où ce changement nous emmène ?
05:36Eh bien, votre question est légitime.
05:38Quand on ne sait pas, la première des choses, c'est d'ouvrir les yeux,
05:40de regarder ce qui est en train de se passer, de comprendre les enjeux,
05:43de comprendre les interactions, ne serait-ce qu'au niveau géopolitique,
05:48au niveau de l'entreprise, au niveau de l'éducation, au niveau d'une personne comme vous et moi,
05:52de comprendre les enjeux, de façon à pouvoir devenir acteur.
05:56Comme je dis souvent, ça ne me dérange pas qu'on aille dans le futur qu'on est en train d'aller,
05:59si on le décide.
06:00Aujourd'hui, ne sachant pas, il nous est imposé ce futur.
06:04Et tout mon travail, c'est d'expliquer ces enjeux pour qu'on se réapproprie nos futurs.
06:08Est-ce que vous avez quand même quelques certitudes autour de l'intelligence artificielle,
06:12de ce qu'elle va nous apporter, de son impact, des menaces qu'elle représente ?
06:17Est-ce que vous avez une forme de lucidité ?
06:19Puisque vous, c'est votre métier, justement, d'essayer de conseiller les entreprises qui veulent mettre en place IA.
06:25Est-ce que vous avez une forme de lucidité que nous n'avons pas,
06:27qui vous permet quand même d'entrevoir certaines réalités ?
06:31Alors, j'ai des tendances, une certitude, je n'ai pas de certitude sur le long terme, j'ai des tendances.
06:36Je vous dis très clairement, une entreprise qui ne regarde pas le sujet de l'intelligence artificielle
06:40va se trouver en décalage.
06:42Ce qu'il faut savoir, c'est que l'usage de l'IA par les entreprises aujourd'hui
06:45est très en retard par rapport aux possibilités réelles.
06:48Il y a un décalage très fort, ce qui est plutôt une bonne nouvelle
06:50parce que ça fait un tampon par rapport à la vitesse de transformation.
06:54Mais par contre, les entreprises qui naissent dans ces écosystèmes-là,
06:58qui sont déjà nativement prêtes à utiliser l'intelligence artificielle,
07:01ont un avantage compétitif très important.
07:05La plupart des entreprises que je vois et qu'on accompagne
07:07sont focalisées sur la productivité, productivité, productivité.
07:11Et pour moi, c'est nécessaire mais non suffisant,
07:13parce que si tout le marché fait de la productivité,
07:15ça ne donnera pas un différentiel de compétition demain,
07:18dans un an, deux ans, trois ans.
07:20Et donc, tout l'enjeu de l'IA aujourd'hui,
07:21c'est de s'intéresser tout de suite à quelle nouvelle création de valeur je peux faire
07:26pour pouvoir fabriquer quelque chose de différent.
07:28Oui, mais en même temps, vous écrivez que, justement,
07:30c'est une erreur d'aller trop vite vers la rupture.
07:34C'est-à-dire, quand on est une entreprise,
07:35de vouloir aller trop vite vers la rupture.
07:37Et vous dites, justement, il faut faire 80-20.
07:39Le bon équilibre, c'est de faire 80% de productivité et 20% de créativité.
07:44Exactement, parce qu'on ne peut pas tout casser comme ça en claquant des doigts.
07:47D'où ce travail nécessaire de faire de la productivité
07:50et, si vous voulez, le travail de rupture qui doit arriver et qui va concerner 20%.
07:55J'aime bien présenter les choses comme ça.
07:56Quand vous voulez mettre l'IA dans une entreprise,
07:59il y a trois temporalités à regarder.
08:00À travailler au quotidien, il y a trois temporalités.
08:03Il y a celle du quotidien qui est essentiellement de la productivité
08:05et qu'il faut libérer, il faut absolument que tout le monde y aille,
08:08donner les moyens à tout le monde d'y aller
08:10dans des façons sécurisées avec un savoir-faire et douane.
08:13Vous avez une vision à trois à six mois
08:15qui est de préparer la montée en puissance, justement,
08:18de ce travail au quotidien
08:20pour pouvoir industrialiser, aller beaucoup plus loin.
08:23Et au niveau d'un cercle plus restreint,
08:26c'est de travailler avec une vision à trois ans tout le temps.
08:28Pourquoi ? Parce que l'entreprise en trois ans,
08:31sa structuration, son organisation,
08:32les ressources, les compétences,
08:34ces marchés seront absolument différents
08:37de ceux d'aujourd'hui.
08:38Donc, si vous travaillez qu'au quotidien
08:39ou même qu'à trois à six mois,
08:41vous vous trouvez en décalage.
08:42Donc, ça veut dire quoi ?
08:43Que vous, votre nouveau long terme, c'est trois ans ?
08:45Oui, clairement.
08:46Aujourd'hui, c'est trois ans.
08:47Ah oui ?
08:48Moi, je pensais que c'était cinq à dix ans.
08:50Non, cinq à dix ans, on ne sait pas.
08:52On ne sait absolument pas.
08:53Travailler à trois ans, moi, je sais le faire.
08:55Travailler à cinq à dix ans,
08:56aujourd'hui, je ne sais pas le faire.
08:58Alors, c'est quoi les erreurs les plus fréquentes
09:01que font les entreprises
09:03qui veulent justement se mettre
09:05à utiliser l'intelligence artificielle ?
09:08L'erreur la plus fréquente pour l'entreprise
09:09et pour nous, en tant que citoyens,
09:11c'est de croire qu'elle est humaine
09:12et qu'il suffit de lui demander quelque chose
09:14pour qu'elle le fasse.
09:15Une IA, c'est un système de probabilité.
09:17Elle ne fait qu'une chose,
09:18c'est vous donner la réponse la plus probable.
09:21Donc, si, par exemple, je vous dis,
09:22je dis une IA,
09:23est-ce que tu peux continuer ma phrase
09:24« il était une fois »,
09:25qu'est-ce qu'elle va donner ?
09:26Un prince ou une princesse ?
09:27Parce que c'est le plus probable.
09:29Et donc, ce qu'il faut comprendre,
09:29c'est que comme on a l'impression qu'elle est humaine,
09:31on a tendance à lui parler comme un humain.
09:33On a l'impression qu'elle est humaine,
09:34on fait tout pour nous donner l'impression qu'elle est humaine.
09:36Certes, ça s'appelle du marketing.
09:38Et justement, c'est à nous de lutter contre ça
09:40et de bien faire attention.
09:41Et donc, je vous donne un exemple très concret.
09:42Si vous avez un problème
09:43et que vous demandez à l'IA
09:44« continuez mon problème, propose-moi une solution »,
09:46c'est un usage qui n'a pas de valeur
09:48parce qu'elle vous donne juste la solution la plus probable.
09:50Si vous lui dites
09:51« donne-moi cinq solutions différentes »
09:53et que vous reconstruisez votre solution
09:55à travers des cinq,
09:55ça, ça devient intéressant.
09:56De la même manière,
09:57vous voulez une nouvelle idée,
09:58si vous demandez à l'IA
09:59« est-ce que tu peux me donner deux, trois idées ? »
10:02Ça ne vaut pas grand-chose.
10:03Vous vous limitez à un humain.
10:04Un humain, on lui demande deux, trois idées
10:05dans l'espoir d'en avoir une idée.
10:07À l'IA, vous allez lui demander
10:08100, 200, 300 tout de suite.
10:10Et faites marcher à l'intérieur
10:12pour trouver des idées
10:13qui sont vraiment différenciantes.
10:15Et juste en vous expliquant ça,
10:16on comprend que la principale limite
10:18dans l'usage de l'IA,
10:19souvent, c'est notre carcan.
10:20C'est là-dedans que ça se passe.
10:21On s'enferme dans ce qu'on pense
10:22que c'est le cas possible pour nous.
10:24Ça, c'est plutôt individuel,
10:25que ce soit nous comme individualité
10:27ou bien même individus dans l'entreprise.
10:29Exactement.
10:30Mais globalement,
10:32dans l'entreprise,
10:34donner une cohérence à tout ça,
10:36à une utilisation globale
10:38de l'intelligence artificielle,
10:40quand les entreprises,
10:41quand les patrons viennent vous voir,
10:43que ce soit les PME, etc.
10:45Comment on commence ?
10:46Par quel bout on commence ?
10:48Alors, ça dépend de la taille de l'entreprise.
10:49Déjà, je vais prendre une entreprise moyenne.
10:50L'enjeu majeur,
10:52c'est de commencer par travailler la vision,
10:55la compréhension
10:56et un alignement du staff dirigeant.
10:59Ça, c'est la première des choses.
11:01De façon à ce que tout le monde
11:02ait la même information,
11:02tout le monde ait le même désir.
11:04Une fois qu'on a fait ça,
11:04on va descendre en acculturation
11:06dans l'entreprise.
11:08Par contre, au niveau de par quoi on commence,
11:10eh bien, moi, j'ai tendance à dire
11:12libérons les possibilités,
11:13puisque c'est ceux qui travaillent au quotidien
11:14qui vont avoir les bonnes idées
11:15pour le niveau 1 dont je parlais tout à l'heure,
11:17du quotidien.
11:19Après, il y a une vision à long terme,
11:20qu'il faut travailler,
11:21et la vision à 3-6 mois.
11:23C'est vraiment ces trois-là.
11:24Mais le préalable,
11:25c'est la connaissance,
11:26la compréhension,
11:26l'alignement.
11:27S'il n'y a pas ça,
11:28c'est catastrophique,
11:29parce que des idées fumeuses,
11:32il y en a des tonnes tous les jours,
11:34est-ce qu'elle c'est faisable,
11:35c'est pas faisable,
11:35est-ce que les employés
11:37vont pouvoir s'y mettre
11:38ou pas s'y mettre ?
11:39Évidemment, ça n'a pas de sens
11:40et c'est déceptif,
11:40ça ne va pas fonctionner.
11:42D'où cet double fonctionnement
11:44qui est de descendre en compréhension
11:46et de monter en termes
11:48de par quoi on commence ?
11:49Alors, il y a quand même
11:50un certain nombre de pièges
11:52intellectuels,
11:54appelons ça des paradoxes,
11:55appelons ça des idées reçues,
11:58et vous en soulevez plusieurs,
11:59justement,
12:00dans votre série de publications,
12:02la Métamorphose.
12:03Alors moi, il y en a une
12:04qui m'a particulièrement interpellé.
12:06On se dit,
12:07l'IA, c'est de l'innovation pure,
12:09on est en plein dans la rupture technologique,
12:11et pourtant,
12:11l'IA met à mal
12:13le principe de destruction créatrice
12:15de Schumpeter.
12:16Pourquoi ?
12:17Alors, le principe
12:18de destruction créatrice
12:19de valeur de Schumpeter,
12:20c'est simplement,
12:21en résumé,
12:22de dire que toute destruction technologique
12:23va détruire, en effet,
12:25des emplois
12:26et va recréer de nouveaux emplois,
12:28et ces nouveaux emplois
12:28vont se substituer,
12:29vont se substituer en nombre,
12:30en tout cas,
12:31aux anciens.
12:33Aujourd'hui,
12:33avec l'intelligence artificielle,
12:35moi, je dis non,
12:35je n'y crois plus à ça,
12:37pour une raison simple,
12:38c'est qu'aujourd'hui,
12:39l'IA,
12:39elle vient cannibaliser
12:41ou challenger,
12:42en tout cas,
12:43à minima,
12:44quel métier ?
12:45Des métiers qui sont totalement liés
12:46à du travail intellectuel.
12:48Je vais parler de mathématiciens,
12:50de data scientist,
12:50de développeurs informatiques,
12:52d'avocats,
12:52de juridiques,
12:53de comptats,
12:55de marketing,
12:56du conseil.
12:57Tous ces métiers-là sont impactés.
12:59Mais très bien,
12:59quand vous entendez
13:00qu'Accenture dit
13:01qu'on ne recrute plus de jeunes,
13:03de juniors,
13:04pourquoi ils disent ça ?
13:05Parce qu'ils considèrent
13:06que l'IA fait très bien
13:07le travail à la place des juniors.
13:09Mais ça, pour moi,
13:10c'est une vision court-termiste.
13:11Parce que si je recrute plus de jeunes,
13:13vous n'auriez plus de seniors.
13:13Il n'y aura plus de seniors,
13:14premièrement.
13:15Et comment je fais bouger
13:16les seniors
13:17avec le mouvement de population,
13:19les nouveaux usages,
13:20la nouvelle culture ou autre ?
13:22Je m'enferme dans ce choix-là.
13:24Et donc, vous voyez,
13:24il y a une orientation
13:25qui est de plus en plus forte,
13:26comme ça.
13:27Aux États-Unis,
13:27vous avez eu,
13:28en 2025,
13:2920% de baisse
13:30de la demande
13:31de développeurs informatiques.
13:3220%.
13:33En Europe,
13:33c'était 5% cette année.
13:35Les 20%,
13:35ils sont attendus
13:36pour l'année prochaine.
13:37Mais qu'est-ce qui se passe ?
13:38Il y a un an,
13:39on disait que c'était
13:39le métier phare,
13:40c'est d'apprendre
13:41à coder à tout le monde.
13:43Ben non,
13:44c'est pas ça le métier phare.
13:46C'est fini ?
13:46Non, c'est fini.
13:46Alors,
13:47à beaucoup de reprises aussi
13:49dans vos métamorphoses,
13:52vous dites,
13:53le vrai problème,
13:55c'est que,
13:55justement,
13:56on ne regarde pas
13:57les bons sujets.
13:59C'est-à-dire qu'on se focalise
13:59sur des sujets secondaires
14:00et on passe à côté
14:02des sujets fondamentaux.
14:03C'est quoi les sujets
14:04sur lesquels on se focalise
14:05trop
14:06et les sujets
14:07qu'on oublie de regarder
14:09et qui sont pourtant fondamentaux ?
14:11Eh bien,
14:11on se focalise totalement
14:12sur la productivité,
14:15la différenciation de compétition
14:16à court terme ou autre,
14:17sans considérer
14:18la profondeur
14:19de l'évolution.
14:21Je fais le parallèle
14:22avec ce que je disais
14:22tout à l'heure.
14:23Si on dit qu'au fur et à mesure,
14:25vous voyez,
14:25certains acteurs
14:26de l'IA
14:27disent que d'ici 5 à 6 ans,
14:29on n'aura plus besoin
14:29de développeurs informatiques.
14:315 à 6 ans.
14:32C'est une vitesse de transformation
14:33qui est complètement folle.
14:35Et aujourd'hui,
14:36on dit,
14:36c'est génial d'utiliser ces IA
14:38parce qu'on gagne un temps fou
14:39pour développer informatiquement.
14:41Mais est-ce qu'on prépare
14:42la vision d'après ?
14:44Est-ce qu'au niveau
14:44de l'enseignement,
14:45on prépare la vision
14:46de ce qu'est-ce que c'est
14:47qu'un être humain
14:48dans 5 ans,
14:48dans 10 ans ?
14:49Parce que les enfants
14:50qui ont 8, 9 ans, 10 ans,
14:52eux,
14:52ils seront pleins là-dedans.
14:53Est-ce qu'on les prépare
14:54à ce monde-là aujourd'hui ?
14:55Absolument pas.
14:56Le vrai problème,
14:57c'est...
14:57Est-ce que l'éducation,
14:58ce n'est pas le sujet
14:58sur lequel on est le plus
14:59en retard ?
15:01Alors, moi, je pense
15:02que le sujet de l'éducation,
15:04ce n'est pas d'avoir
15:05un enseignement technologique
15:06parce que ça va tellement vite
15:07que de toute façon,
15:07le temps qu'on forme
15:09les professeurs ou autres,
15:10les élèves l'utilisent
15:1110 fois plus qu'eux.
15:12Le sujet, c'est d'apprendre
15:14à être profondément humain
15:15dans ce monde de technologie.
15:18C'est comme ça
15:18que je vois les choses.
15:20Au début, j'avais une vision inverse.
15:22J'ai revu ma copie.
15:23J'ai enseigné pendant plus de 20 ans
15:24en Master 2
15:25dans différents endroits.
15:27Et j'étais dans cette croyance-là
15:28et j'ai compris aujourd'hui
15:29que non, c'est l'inverse qu'il faut.
15:31Alors, autre paradoxe aussi,
15:33vous dites,
15:33on vit finalement dans un monde
15:35qui va être de plus en plus transparent,
15:37de moins en moins,
15:38il y aura de moins en moins
15:39d'intimité,
15:40on va même pénétrer nos cerveaux.
15:42Et pourtant, c'est un monde
15:43qui sera de moins en moins
15:44un monde de vérité
15:45et de plus en plus
15:46un monde de faux-semblants,
15:47de mensonges,
15:48dans lequel on ne sera plus sûr
15:50d'aucune vérité.
15:52Exactement, parce que l'IA,
15:53elle donne la solution
15:54la plus probable,
15:55encore une fois,
15:56on peut orienter les données
15:58pour qu'elles aient
15:58une probabilité diverse
15:59et variée,
16:00c'est ce qu'on appelle
16:00l'éthique de l'intelligence artificielle.
16:02Il faut comprendre
16:03que de ce fait,
16:04l'IA est capable
16:06de faire du prosélytisme
16:07pour telle religion,
16:09tel mouvement politique,
16:10telle croyance,
16:12qu'elle relaie activement
16:14les fake news ou autres.
16:15Je donne un exemple,
16:16mais Grock d'Elon Musk
16:17va vérifier dans X
16:18si c'est vrai.
16:20Vous comprenez bien
16:21qu'il y a un petit sujet
16:21quand même sur la vérité.
16:23Demain, imaginez que
16:24les platistes,
16:26pour prendre cet exemple-là,
16:27sortent leur AI.
16:28Évidemment, elle va tout faire
16:29pour persuader les gens
16:30que la Terre est plate.
16:32Donc, on est dans ce monde-là,
16:33il faut le comprendre,
16:35il faut être acteur de ça,
16:37et c'est pour ça que l'éducation
16:38est la clé de ce sujet-là,
16:40et il faut être critique
16:41plus que jamais
16:42pour faire extrêmement attention
16:43à tout ce que peuvent nous donner
16:44les intelligences artificielles.
16:45Merci, Stéphane Amarcy.
16:48Allez, on retrouve
16:48Jérôme Béranger.
16:50Jérôme Béranger,
16:52le journal de Mev,
16:54une aventure au cœur de l'IA.
16:56C'est aux éditions
16:57de Bouek Supérieure.
16:59Jérôme Béranger,
17:00on l'avait reçu
17:00dans la librairie de l'écho,
17:02déjà pour son livre précédent,
17:04« L'IA consciente n'est plus une utopie ».
17:06On voit ce qu'il en est.
17:07Alors, Jérôme Béranger,
17:13après cet ovni de publication
17:16que sont les métamorphoses
17:18de Stéphane Amarcy,
17:18alors vous aussi,
17:19vous publiez un objet
17:22difficilement identifiable,
17:24donc je rappelle,
17:25ça s'appelle
17:25le journal de Mev,
17:27une aventure au cœur de l'IA.
17:29Je le montre.
17:31Comment vous définiriez
17:32cet objet littéraire ?
17:33Est-ce que c'est un roman ?
17:35Est-ce que c'est une BD ?
17:37C'est quoi exactement cet objet ?
17:42C'est quelque chose
17:44assez atypique,
17:45c'est-à-dire que c'est un peu
17:45un mélange des deux.
17:47C'est-à-dire que c'est à la fois
17:48un livre et à la fois
17:50une bande dessinée illustrée.
17:53Je le résumerai en direct
17:54en disant que c'est
17:56un livre illustré.
17:58À la fois, il y a du texte
18:00et chaque partie de texte
18:02est illustrée par un schéma
18:04et des dessins avec des bulles,
18:07etc.
18:07pour rendre
18:08le message
18:10ou l'histoire
18:12plus ludique,
18:13plus pédagogique
18:14et interactive.
18:16Qu'est-ce que vous avez voulu montrer ?
18:20Qui est ce personnage de Meb ?
18:23Alors, on va la découvrir
18:24au fil de l'histoire,
18:26mais finalement,
18:27c'est quoi ce personnage ?
18:28Qu'est-ce que vous avez voulu
18:29incarner à travers cette jeune fille ?
18:32Alors, Meb, c'est une adolescente
18:34très brillante qui a à peu près 15-16 ans
18:37et qui finalement fait tout un chemin initiatique
18:41en écrivant son journal intime
18:43qui est écrit en 2038.
18:46Et au fur et à mesure
18:47qu'elle découvre l'histoire de l'humanité
18:50avec les différentes révolutions industrielles,
18:53elle se découvre elle-même au fur et à mesure.
18:56et elle comprend,
18:58on rentre vraiment dans les arcanes de l'IA,
19:01à la fois fascinant, passionnant,
19:03et toutes les interactions
19:04qu'on peut avoir avec l'homme
19:07et avec la machine,
19:08et les conséquences,
19:09les enjeux,
19:10les risques
19:10que tout cela peut avoir
19:12au fur et à mesure,
19:13en fait,
19:14qu'elle prend conscience
19:15et connaissance de la technologie.
19:17Est-ce qu'elle incarne
19:19ce que sera pour vous demain
19:22le rapprochement de l'IA et de l'humain ?
19:26C'est-à-dire comment l'intelligence artificielle
19:28va s'humaniser
19:29et comment l'humain va-t-il se digitaliser ?
19:34C'est exactement,
19:35on est vraiment à la contrée des chemins,
19:38c'est-à-dire que Meb, en fait,
19:41c'est l'incarnation de l'organique
19:44et de l'inorganique.
19:46Finalement, par contre,
19:47avec une pensée,
19:48une éducation qui est très bienveillante,
19:50avec cette humanité
19:52qu'on peut considérer
19:53comme une humanité digitale,
19:55elle prend conscience, en fait,
19:56des enjeux, des risques,
19:58des limites,
19:59des bénéfices aussi autour de l'IA
20:00et comment, finalement,
20:02une entité consciente,
20:04qui soit organique,
20:05voire inorganique après,
20:07peuvent interagir ensemble
20:09et cohabiter ensemble.
20:12Sauf que Jérôme Béranger,
20:13c'est un petit peu
20:14cette jeune fille,
20:16c'est un petit peu
20:17l'idéal
20:19de la fusion,
20:21de la collaboration
20:22entre l'IA
20:23et l'humain.
20:25La probabilité
20:26qu'on aboutisse,
20:27finalement,
20:28à ce résultat
20:29et à ce personnage
20:31et ce monde merveilleux,
20:33quelle est la probabilité
20:34qu'on arrive
20:34à ce monde-là,
20:35aujourd'hui ?
20:35Après, moi,
20:38je ne peux que développer
20:40des tendances,
20:41mais ce qui est vrai,
20:42c'est que…
20:42Je vais poser la question
20:43autrement.
20:44À quelles conditions
20:45on peut y arriver ?
20:47Je pense qu'on peut y arriver
20:49si, déjà,
20:50avant qu'on arrive
20:51à des IA dites fortes
20:53ou douées
20:53d'une conscience artificielle,
20:56on a déjà,
20:56on instaure déjà,
20:57au fur et à mesure,
20:58déjà,
20:59pour les IA faibles,
21:00des cadres
21:01et des organisations,
21:03des mécanismes,
21:04des approches éthiques
21:06autour, justement,
21:08de ces machines
21:08et de la cohabitation
21:09entre l'homme
21:10et la machine
21:10pour, justement,
21:12anticiper
21:13le jour
21:14où ces machines
21:15vont prendre
21:16de plus en plus
21:16de l'autonomie
21:17et de la puissance,
21:19forcément.
21:20Mais si on ne fait même pas
21:21ce premier pas,
21:22finalement,
21:23c'est sûr qu'on ne se donne
21:23aucune chance
21:24pour arriver
21:25à un moment donné
21:26à une cohabitation,
21:28voire une symbiose
21:30je ne sais pas,
21:31en tout cas,
21:31mais déjà,
21:32se développer
21:34et s'équiper
21:35d'un cadre international
21:37au niveau de l'éthique,
21:40de la morale,
21:40du juridique,
21:41bien sûr,
21:42mais se donner
21:43toutes les chances,
21:44en fait,
21:44pour arriver
21:45à ce que
21:46certains experts
21:47disent,
21:48cette singularité
21:49technologique,
21:51voire cette singularité
21:52informationnelle.
21:53Jérôme Béranger,
21:54ce qui est saisissant
21:55dans votre livre,
21:55c'est qu'en fait,
21:56il soulève
21:57presque beaucoup plus
21:59de questions
22:00éthiques
22:00que de questions
22:01techniques
22:02et technologiques.
22:04Tout à fait.
22:05Si vous voulez,
22:05dans une de mes casquettes
22:07de chercheur,
22:08je suis aussi
22:09CEO de la société
22:11Goodalgo
22:12et vous voulez,
22:13si vous voulez,
22:14j'ai autant travaillé
22:15dans l'accompagnement
22:17des intelligences artificielles
22:18pour les entreprises
22:19et on s'aperçoit
22:21au fur et à mesure
22:21que je n'ai jamais
22:22autant parlé
22:23humain
22:24et organisationnel
22:25que je parle
22:26sur de l'intelligence
22:28artificielle.
22:29Les problématiques
22:30sont à 80%
22:31plus de l'organisationnel,
22:33de la maturité,
22:34de la reculturation,
22:36des usages
22:37que finalement
22:39de la technologie
22:39pure et dure.
22:41Et on le voit bien
22:41finalement
22:42que les questionnements
22:44qu'on se pose,
22:45c'est vraiment
22:45des questionnements
22:46d'ordre sociétal,
22:48sociologique,
22:49d'usage,
22:50d'éducation,
22:50se posent des vraies questions
22:52et c'est pour ça
22:52que j'ai voulu
22:53co-écrit
22:55avec Mathieu Perrotin
22:57justement
22:57qui a fait
22:58l'aspect graphiste.
23:01Cet ouvrage-là...
23:02Jérôme,
23:03ça veut dire
23:03que notre avenir
23:04il est plus
23:05entre les mains
23:05des philosophes
23:06que dans les mains
23:07des ingénieurs ?
23:09Alors je pense
23:10que ça va être
23:11un accompagnement
23:13des deux disciplines
23:14mais ce qui est vrai
23:16c'est qu'on s'aperçoit
23:17qu'il y a
23:18un vrai retour
23:19de valorisation
23:20des profils
23:21de sciences humaines
23:22et sociales
23:23et que ça soit
23:24autour de la sociologie,
23:25de la philosophie,
23:26de l'éthique
23:27de plus en plus
23:28que tous les grands groupes
23:29du CAC 40
23:30sont en train
23:30de s'équiper
23:31d'une organisation
23:33et de différents
23:35digital et ethics officers
23:36etc.
23:37pour justement
23:38accompagner
23:39de manière morale,
23:40humaine,
23:41juridique
23:42ces nouvelles technologies.
23:43Ça c'est sûr.
23:44Comment Jérôme
23:45on va réussir
23:46à bâtir
23:47des consensus
23:48sur ce que doit être
23:49l'éthique
23:50de l'intelligence artificielle
23:52quand vous avez
23:53des sociétés
23:55dans le monde,
23:56des sociétés
23:56et des civilisations,
23:58des cultures
23:58dans le monde
23:59qui ont des échelles
24:00de valeurs
24:01complètement différentes ?
24:04C'est là tout le grand défi,
24:06c'est-à-dire qu'on le voit bien
24:07que ce soit l'éthique
24:09appliquée en France
24:10et déjà aujourd'hui
24:12n'est pas la même
24:13que celle qu'on a appliquée
24:14hier
24:15ou qu'on va appliquer demain
24:16parce que c'est très impacté
24:18et influencé
24:18par la géopolitique
24:19du territoire,
24:20de l'histoire,
24:21de la socio-économie
24:23etc.
24:24Et ça,
24:25c'est la pensée
24:26en mouvance
24:27autour de l'éthique.
24:28Mais l'éthique
24:29en France
24:29n'est pas la même
24:30aussi qu'en Espagne,
24:31qu'en Allemagne,
24:32même si on peut trouver
24:33un consensus
24:34au niveau européen,
24:35c'est sûr,
24:35mais quand vous allez
24:36et vous pensez sûrement
24:39aux États-Unis,
24:40à la Chine,
24:40à la Russie,
24:41là,
24:42ça va être encore plus compliqué
24:43de trouver un consensus.
24:45On arrive à trouver
24:46des espèces de moratoires
24:47autour des armes
24:49dites autonomes,
24:51mais c'est vrai
24:53qu'à l'instar
24:54que ce qu'on avait fait
24:55par rapport au nucléaire,
24:57il va falloir se doter
24:59d'une organisation internationale
25:01où il y a un cadre mondial
25:04autour de l'IA,
25:05pas forcément autour
25:06de l'IA faible,
25:08je pense,
25:09mais quand arrivera
25:10l'émergence
25:11ou l'avènement,
25:12je ne sais pas,
25:13peut-être dans plusieurs décennies,
25:14100 ans, 200 ans,
25:15je ne sais pas,
25:16mais ça arrivera,
25:17ça va dans le sens
25:18de l'histoire,
25:19et bien des IA
25:20totalement autonome.
25:22Mais Jérôme,
25:23Jérôme,
25:25d'ores et déjà,
25:26dans quel piège,
25:28dans quelle tentation
25:29faut-il éviter
25:31de tomber ?
25:35Je pense que déjà,
25:37ce qui est important,
25:38c'est de trouver
25:39un équilibre
25:40entre ce qui est
25:42la loi du marché,
25:45faire un encadrement juridique
25:47trop contraignant aussi,
25:48parce que ça peut aussi
25:49aller à l'encontre
25:51de l'évolution
25:51de la technologie,
25:53notamment sur le sol européen
25:54par rapport
25:55à la Chine
25:56ou aux États-Unis,
25:58mais on le voit
26:00que ce qui est très important
26:01et la tentation
26:02qu'il faut faire
26:02et qu'il faut vraiment
26:03se développer,
26:05c'est autour
26:05de l'éducation
26:07et même
26:08de l'école,
26:09de l'enseignement supérieur
26:10et même national,
26:12parce que là,
26:13on le voit bien,
26:13on parlait de l'enjeu,
26:15il est dans
26:15les nouvelles générations,
26:16et donc du coup,
26:18il y a tout un corps
26:19de métier
26:20à développer
26:20autour de ça.
26:22Merci beaucoup
26:23Jérôme Béranger,
26:24je rappelle que vous êtes
26:25le co-auteur
26:25avec Mathieu Perrotin
26:27de ce premier revenu
26:29littéraire
26:29de notre émission
26:30qui s'appelle
26:30Le journal de Mev,
26:32une aventure au cœur
26:32de l'IA,
26:33c'est aux éditions
26:33de Bouec supérieur
26:35et puis autre revenu
26:36de publication,
26:38ce sont les métamorphoses
26:39à l'ère de l'intelligence
26:40artificielle
26:41de Stéphane Amarcy
26:43avec des thématiques
26:45comme
26:45« Devons-nous accepter
26:46ou redouter
26:46que l'IA nous ressemble ? »
26:48« L'intelligence artificielle
26:49tient-elle déjà
26:50notre monde en main ? »
26:51ou « Comment l'IA
26:52affecte nos vies,
26:53nos choix
26:54et notre avenir collectif ? »
26:56Merci à tous les deux,
26:58on se retrouve tout de suite
26:58pour la deuxième partie
26:59de l'émission.
27:00On se retrouve pour la deuxième partie
27:09de cette librairie de l'écho
27:11avec nos critiques
27:11attitrées à ma gauche
27:13Christian Chavagneau
27:14éditorialiste à
27:15alternativeéconomique.fr
27:18et critiques attitrées
27:19de Alternative Économique
27:21le magazine
27:22et puis à ma droite
27:23Jean-Marc Daniel
27:24président de la société
27:27d'économie politique
27:28dont il est aussi
27:29le critique
27:30professeur émérite
27:31à l'ESCP Business School.
27:34Messieurs,
27:35on commence avec
27:36le choix de Christian
27:37qui est un choix de la science
27:39qui est aussi un choix du cœur.
27:41C'est quand même
27:42un ouvrage assez incroyable
27:44puisque pour faire simple
27:45Christian,
27:46c'est une thèse
27:47qui a été écrite
27:49par Denis Clerc,
27:50le fondateur
27:51d'Alternative Économique
27:52et que ce sacré Denis Clerc
27:54a présenté quand même
27:55à l'âge de...
27:5682 ans.
27:57Voilà.
27:58Voilà, c'est donc
27:59un livre issu
27:59d'une thèse
28:00d'un doctorat en économie
28:01qui a été soutenu
28:03l'année dernière
28:04au printemps
28:05et donc de la thèse
28:06on a sorti ce livre
28:08comme vous l'avez dit
28:09Denis Clerc, 82 ans
28:10qui a réussi à devenir
28:11un doctorat en économie.
28:12Il avait présenté
28:13une première thèse
28:14en 1968
28:14mais comme il a pris
28:15le parti des étudiants
28:16en 68
28:17et qu'il a dénoncé
28:17les mandarins
28:18son directeur de thèse
28:19a dit
28:20je me reconnais dans les mandarins
28:21donc il l'a mis à la porte.
28:22C'est pour ça qu'il a gardé
28:24cette idée de faire une thèse
28:25bien plus tard
28:25et donc on se retrouve
28:26avec ces économistes
28:27non conformistes
28:28du 19ème siècle
28:29puisque c'est le thème
28:30de la thèse.
28:31Est-ce que c'était déjà
28:32le thème de sa thèse
28:33de 1970 ?
28:33Non, pas du tout.
28:34Non, non, pas du tout.
28:35Donc là on se replonge
28:37dans des auteurs oubliés
28:38de l'histoire de la pensée économique.
28:39Alors certains sont quand même connus,
28:40il y en a dix
28:41mais certains sont connus.
28:42Sismondi est connu,
28:43Louis Blanc,
28:44si vous vous intéressez
28:45au mouvement coopératif
28:46Philippe Buchès,
28:47si vous vous intéressez
28:48à l'histoire de la pensée économique,
28:49Charles Dupont-White
28:50c'est quand même quelqu'un
28:51qui ressort régulièrement,
28:52Flora Tristan
28:53mais peut-être que
28:54quand on les connaît
28:54on ne les a pas lus.
28:55Mais alors qui connaît
28:56Henri Feugret ?
28:57Qui connaît Auguste Hoth ?
28:58Qui a lu Pierre Leroux ?
29:00François Vidal ?
29:00On se retrouve avec des auteurs,
29:02une exégèse
29:02de penseurs de l'économie
29:05et surtout du social
29:06qui ont complètement disparu
29:08de l'histoire de la pensée économique
29:09et que Denis Clerc
29:10remet un petit peu
29:11à l'ordre du jour.
29:12Donc il nous dit
29:12ces penseurs
29:13c'était des penseurs
29:14non conformistes
29:15c'est-à-dire
29:15contre les penseurs libéraux
29:17économistes libéraux
29:18qui ont dominé
29:20la pensée économique
29:21au XIXe siècle
29:22pas la pratique
29:22des politiques économiques
29:23mais en tout cas
29:24la pensée économique
29:25au XIXe siècle
29:26et il nous dit
29:27il critiquait
29:28le capitalisme
29:29de l'époque
29:29pauvreté
29:31conditions de travail
29:32conditions de logement
29:32complètement détestables
29:34crise régulière
29:35crise de surproduction
29:37la concurrence
29:40qui mène au monopole
29:41bref
29:41tout un ensemble
29:42toute une partie
29:43qui est consacrée
29:43à la critique
29:44de l'économie libérale
29:45qui est proposée
29:46et puis
29:46ce qui est le plus fabuleux
29:47en fait
29:48dans le livre
29:48c'est la partie suivante
29:50ils proposaient des solutions
29:52à côté de leur diagnostic
29:53ils proposaient des solutions
29:53et les solutions
29:54qu'ils proposaient
29:55c'est en fait
29:56la sécurité sociale
29:57la protection sociale
29:58le salaire minimum
29:59tout ce qui va être mis en oeuvre
30:01tout ce qui va être commencé
30:02à mettre en oeuvre
30:0250 ans
30:0360 ans plus tard
30:03un siècle plus tard
30:04est déjà inscrit
30:06intellectuellement
30:07dans les solutions
30:08que proposent
30:09ces auteurs
30:09ces auteurs
30:10qui ont été mis de côté
30:11c'est aussi un élément
30:12intéressant je trouve
30:13du livre
30:13Denis Clare nous dit
30:14il y a plusieurs raisons
30:15pour lesquels ils ont été oubliés
30:16d'une part parce que
30:17les libéraux ont voulu
30:18les mettre complètement de côté
30:19les chasser de notre histoire
30:21de la pensée économique
30:22mais aussi parce qu'entre eux
30:23ils n'étaient pas d'accord
30:24autant les libéraux
30:25avaient leur amical
30:26notamment la société
30:27d'économie politique
30:28où ils se regroupaient tous
30:29mais en face
30:29il n'y avait pas d'amical
30:30des économistes non conformistes
30:31on ne peut pas parler
30:33d'école de pensée
30:33non c'est pas du tout
30:34une école de pensée
30:35chacun était de son côté
30:36il y en a qui faisaient
30:38confiance à l'état
30:38d'autres qui ne faisaient pas
30:39confiance à l'état
30:40certains prenaient la révolution
30:41d'autres disaient
30:42non c'est la social-démocratie
30:43donc ils n'étaient pas d'accord
30:44entre eux
30:44et puis une grande partie
30:45étaient des opposants
30:46à Napoléon III
30:46évidemment quand Napoléon III
30:48avait eu au pouvoir
30:48ils ont été obligés
30:49de partir
30:50juste un dernier point
30:52ils ont quand même eu
30:53deux héritiers
30:53Valras
30:54lui aussi non conformiste
30:56qui a été obligé de partir
30:57s'installer en Suisse
30:58pour pouvoir être prof
30:59parce que lui aussi
30:59il est mis de côté
31:00Charles Gide
31:01et lui aussi
31:01en créant la revue
31:02d'économie politique
31:03il dit
31:04on a des textes
31:05de Paul-Leroy-Baulieu
31:06nous dit Denis Clerc
31:07Paul-Leroy-Baulieu
31:08un des leaders
31:08de la pensée libérale
31:09disant
31:10personne ne cite jamais
31:11la revue d'économie politique
31:12donc hier
31:13malheureusement
31:13comme aujourd'hui
31:14les économistes dominants
31:15veulent toujours effacer
31:16ceux qui ne pensent pas
31:18correctement
31:19selon leur point de vue
31:19je suis mais curieux
31:21d'avoir l'avis
31:22de Jean-Marc Daniel
31:23c'est curieux
31:24j'ai pas fait cette lecture
31:25du livre
31:25parce que je crois pas
31:26qu'ils disent effectivement
31:27qu'ils aient été
31:28systématiquement chassés
31:29ce qui me frappe
31:30c'est qu'effectivement
31:30en plus il fait l'éloge
31:31de Charles Gide
31:32il dit d'ailleurs
31:33que Charles Gide
31:34n'était pas un vrai libéral
31:35que Charles Gide
31:35qui d'ailleurs leur a rendu hommage
31:36dans son livre
31:37Histoire de la pensée économique
31:38et qui est un monument
31:40qui est encore utilisé
31:42il dit
31:42c'est Charles Gide
31:43qui a écrit le chapitre
31:43qui est consacré
31:44à ses économistes
31:45et moi ce qui m'a frappé
31:46c'est qu'effectivement
31:47ils ne sont pas tellement
31:48contre la pensée libérale
31:50ils sont contre
31:51Jean-Baptiste C
31:52c'est-à-dire que
31:52leur tête de turc
31:55le personnage
31:55à qui ils en veulent
31:56c'est Jean-Baptiste C
31:57autour d'un certain nombre
31:58de concepts
31:58notamment celui de la concurrence
32:00la concurrence nationale
32:01et internationale
32:02donc ils sont pour
32:02le protectionnisme
32:03et tout ça
32:03ce que dit bien d'ailleurs
32:05Denis Clerc
32:06c'est qu'il a choisi
32:07d'ailleurs sur la base
32:08des travaux de Charles Gide
32:09parce qu'il y a une pensée
32:11qui est une pensée
32:11très très abondante
32:12il y a d'autres écrivains
32:13il y avait une pensée chrétienne
32:15aussi dont il ne parle pas
32:16de Villeneuve de Bargemont
32:18qui était effectivement
32:19qui écrit une économie
32:20politique chrétienne
32:20dont il ne parle pas
32:21il dit
32:21je me suis calé effectivement
32:23sur Charles Gide
32:24et en fait pour moi
32:25ce qui est important
32:25dans ce livre
32:26c'est Charles Gide
32:27il y a trois personnages clés
32:28dans ce livre
32:29effectivement il y a Charles Gide
32:31il y a Valras
32:32effectivement dont il explique
32:33il est le théoricien
32:37du marché
32:40de l'équilibre général
32:41Valrasien
32:42mais il est aussi
32:43le théoricien
32:43d'une approche scientifique
32:45il dit bien
32:45qu'à un moment donné
32:46il y en a assez
32:47des gens qui prennent
32:48des positions totalement tranchées
32:49et péremptoires
32:50il faut démontrer
32:51ce que vous avancez
32:52il faut être beaucoup plus ouvert
32:53dans ce que vous dites
32:53mais une fois que vous avez
32:54énoncé un certain nombre de choses
32:56il faut le démontrer
32:57et le troisième personnage
32:58donc effectivement
32:59c'est Jean-Baptiste C
33:00parce que c'est lui
33:01qui finalement surnage de tout ça
33:02et pourquoi
33:03et là Christian l'a bien dit
33:04en fait au travers
33:05de leur solution
33:06il n'y a pas grand chose
33:08le salaire minimum
33:09qui existait il y a très longtemps
33:10la question s'est posée
33:11de savoir si on fait
33:12un salaire minimum
33:13dès la révolution française
33:14et de même
33:15la sécurité sociale
33:16il le dit bien d'ailleurs
33:18dans le livre
33:18il y a toute une référence aussi
33:20aux travaux de la révolution française
33:22au comité
33:22contre la pauvreté
33:23de 1791
33:24donc c'est des gens
33:25qui ont été oubliés
33:26parce qu'ils étaient
33:26très oubliables
33:27à mon avis
33:28il n'y a pas grand chose
33:29si ce n'est effectivement
33:31ces autres personnages
33:33qui sont à côté
33:33alors je signale aussi
33:34il y a un chapitre
33:35qui m'a paru un peu
33:36non pas incongru
33:37mais pas directement
33:38dans le sujet
33:39qui est une critique systématique
33:40de Napoléon III
33:41je pense que Denis Clerc
33:42s'est fait plaisir
33:43parce que c'est très à la mode
33:44maintenant de dire
33:45du bien de Napoléon III
33:46de dire que
33:47sur le plan politique
33:49il a été assez mauvais
33:50sur le plan militaire
33:51il a été catastrophique
33:52mais sur le plan économique
33:53il a été fabuleux
33:54et donc Denis Clerc
33:55je crois se fait le plaisir
33:56de démonter
33:57de la politique économique
33:58du second empire
33:59mais ce n'est pas immédiatement
34:00sur le sujet
34:01la dernière chose
34:02que je dirais
34:02c'est qu'il s'arrête
34:03en 1860
34:04et donc
34:05c'est vraiment des gens
34:06tu as été marqué
34:07par la révolution de 1848
34:08il y a eu autre chose
34:10après quand même
34:10il y a des gens
34:11tu as effacé 1848
34:12alors du coup
34:13Jean-Marc
34:14on n'a pas beaucoup de temps
34:15pour parler de votre choix
34:16ce qu'attend l'Afrique
34:18le livre de Benoît Chevalier
34:20c'est aux éditions de l'aube
34:21désolé pour cette transition brutale
34:22il y a encore beaucoup à dire
34:23sur le livre de Denis Clerc
34:24oui oui alors très rapidement
34:25d'abord la première chose
34:27j'ai été surpris du titre
34:28moi je l'aurais appelé
34:29non pas ce qu'attend l'Afrique
34:31mais ce qui attend l'Afrique
34:33c'est-à-dire
34:33que va vivre l'Afrique
34:34c'est-à-dire non pas
34:35quelles sont les attentes de l'Afrique
34:37parce qu'il décrit l'Afrique
34:38effectivement
34:38de façon assez pédagogique
34:40de façon assez systématique
34:41en rappelant
34:42les grands enjeux
34:43donc évidemment
34:43l'enjeu démographique
34:44l'Afrique il dit bien
34:46d'ailleurs que l'Afrique
34:46c'est à la fois de la jeunesse
34:47mais c'est un problème
34:48c'est une jeunesse
34:49qu'on n'arrive pas à former
34:50c'est-à-dire que c'est un atout
34:52cette jeunesse
34:52parce que c'est
34:53des réserves de travail
34:55des réserves de dynamisme
34:56mais c'est aussi un problème
34:58parce que c'est des bouches à nourrir
34:59d'ailleurs il cite
34:59chaque chapitre
35:00commence par un petit proverbe africain
35:03sauf un où c'est une citation
35:05de Théodore Roosevelt
35:06mais sinon c'est des problèmes africains
35:08pas des problèmes
35:09des proverbes africains
35:10pardon
35:11et donc il dit bien
35:12c'est à la fois des bouches à nourrir
35:13mais c'est aussi des mains
35:14mais il faut former les mains
35:15et qu'un des gros problèmes de l'Afrique
35:16ça va être de former ses mains
35:19alors il met en avant
35:20le réserve
35:20voire que ça soit constitué
35:21en matière de matière première
35:23les enjeux géopolitiques
35:25ce qui m'a frappé
35:26pour conclure
35:26c'est deux éléments
35:27la première c'est que
35:28il y a quand même trois pays
35:30qui font la course en tête en Afrique
35:31qui sont l'Egypte, le Nigeria
35:33et l'Afrique du Sud
35:34pour des raisons à la fois économiques
35:35et démographiques
35:36et qui sont des pays
35:37il le dit bien
35:38quand même d'héritage britannique
35:40c'est-à-dire que la colonisation britannique
35:41qui a marqué quand même ce continent
35:43a plus favorisé l'émergence
35:47de ces anciennes colonies
35:48que la colonisation française
35:49néanmoins il dit bien que la Côte d'Ivoire
35:52est un pays qui est en train de s'en sortir
35:53que la Côte d'Ivoire et l'Angola
35:55sont des pays sur lesquels il va falloir miser
35:56et la deuxième chose qui m'a frappé
35:58c'est qu'effectivement
35:59il essaie de dire
36:01qu'on a une vision de l'Afrique
36:02qui est soit afro-pessimiste
36:04soit afro-optimiste
36:05on est extrêmement entier
36:07et on a une vision
36:08qui est de moins en moins documentée
36:10ce qu'il déplore
36:11c'est le fait qu'il y a de moins en moins
36:12d'économistes
36:13de chercheurs
36:14qui s'intéressent à l'Afrique
36:15alors que c'est un des enjeux majeurs du moment
36:17Christian Chavagneux
36:18j'étais assez déçu par le livre
36:20pourquoi ?
36:20parce que l'auteur a présenté
36:22comme un insider
36:22c'est pas quelqu'un
36:23qui écrit de l'Afrique
36:24depuis la France
36:24c'est quelqu'un qui a travaillé
36:25qui travaille
36:26qui fait du business en Afrique
36:27donc on pouvait attendre
36:28quelque chose d'un peu plus conséquent
36:30et on se retrouve avec l'Afrique
36:32ce continent d'opportunités
36:34qui sont autant de défis
36:35enfin ce genre de propos généraux
36:36jusqu'à la richesse de l'Afrique
36:38c'est son authenticité
36:41il nous parle de l'âme de l'Afrique
36:43de l'âme achanti
36:44de l'âme peule
36:45de l'âme africanaire
36:46et comme on parle d'Afrique du Sud
36:47Madiba
36:48le surnom de Nelson Mandela
36:50devient Mandiba
36:52enfin bon
36:53il y a vraiment plein de généralités
36:55alors de temps en temps
36:56l'auteur rentre quand même
36:57dans des sujets économiques
36:58il nous dit
36:59il faut sortir de la servitude monétaire
37:00ça c'est un propos complètement fort
37:02comment ?
37:03pourquoi ?
37:04alors l'auteur nous dit
37:05j'ai demandé à Tchadjipiti
37:06j'ai demandé à 3 langages
37:103 IA
37:11de dire ce qu'ils en pensaient
37:12alors j'espère que les auteurs
37:13vont utiliser l'IA
37:14pour écrire leurs livres
37:15mais pas qu'ils vont faire des commentaires
37:16sur les commentaires des IA
37:17sur les sujets dont ils parlent
37:18parce que là
37:18sinon vraiment la qualité des bouquins
37:20va se dégrader
37:20il nous dit
37:21il faut une zone de libre-change
37:23à l'Afrique
37:24oui c'est très bien ce projet
37:25ah bon ?
37:25pourquoi ?
37:26ça va attirer les investisseurs
37:27les investisseurs de qui ?
37:28quelqu'un qui est un généraliste
37:30qui ne connaît rien
37:31il nous dit ça
37:31ok
37:32mais là quelqu'un qui est un insider
37:33qui nous dit
37:34les investisseurs étrangers vont arriver
37:35mais de quel pays ?
37:36dans quel secteur ?
37:37combien ?
37:38un des problèmes de l'Afrique
37:39on le sait
37:40c'est la transformation des matières premières
37:41on exporte des matières premières
37:42on les transforme pas
37:43mais si si en Côte d'Ivoire
37:44on commence
37:45on va transformer le cacao
37:46en chocolat
37:47super
37:47moi c'est ça que je veux savoir
37:49qui est venu ?
37:50pourquoi ?
37:50comment ça se fait
37:51qu'ils ne l'ont pas fait
37:51au cours des 50 dernières années ?
37:53qu'ils le font maintenant ?
37:54avec quel capitaux ?
37:55pour faire quoi ?
37:56bon à chaque fois
37:56qu'on rentre dans un discours économique
37:58un peu plus sérieux
37:59ça reste vraiment très très léger
38:00j'étais très déçu
38:01parce que c'est un insider
38:03j'attendais beaucoup plus
38:04de quelqu'un qui travaille
38:05qui voyage en Afrique
38:06et on reste à un grand niveau
38:07de généralité
38:08c'est dit
38:09allez
38:09on se retrouve maintenant
38:11pour la présentation
38:13de notre étude de la semaine
38:14BFM Business
38:16la librairie de l'écho
38:18l'étude de la semaine
38:19l'étude de la semaine
38:23c'est le baromètre
38:25des dirigeants français
38:27que nous réalisons
38:28à BFM Business
38:28chaque année
38:29avec Eurogroupe Consulting
38:31et c'est le président
38:34d'Eurogroupe Compagnie
38:35qui est là
38:35pour nous présenter
38:36les résultats de ce baromètre
38:37Gilles Bonenfant
38:38bonjour
38:39bonjour Emmanuel
38:39bon Gilles
38:40ça fait 21 ans
38:41qu'on fait ce baromètre
38:42et là
38:42il y a une tendance
38:43qui se dégage
38:45depuis 2 ans
38:45et qui s'est renforcée
38:46dans ce baromètre
38:47de début 2026
38:48jamais
38:50les dirigeants français
38:51n'ont été aussi
38:52sceptiques
38:53on va dire
38:54sur leur perspective
38:54d'activité et développement
38:55en France
38:56et ils n'ont jamais été
38:57aussi ambitieux
38:58et optimistes
38:59sur leur perspective
39:00à l'étranger
39:01est-ce que cet écart
39:02qui se crée
39:03entre la France
39:03et l'étranger
39:04vous trouvez ça grave
39:06vous considérez
39:07que c'est juste
39:07un décalage
39:08ou est-ce que
39:09on est vraiment
39:10au bord du décrochage
39:11alors moi
39:12éternel optimiste
39:14je regarde ça
39:15de deux façons
39:15à la fois par rapport
39:16à l'enquête
39:16qu'en fait
39:17vous le révoluez
39:19on a 10 dirigeants
39:19qui ont répondu
39:20en France
39:20ou à l'étranger
39:21ça avec les conseillers
39:23du commerce
39:23de la France
39:24les chambres de commerce
39:25et puis j'ai un regard
39:26lié à nos clients
39:26en fait
39:27puisque je suis président
39:28d'un groupe de conseil
39:29on voit l'activité
39:30économique
39:31comment elle est
39:31alors moi je ne vois pas
39:32le décrochage
39:33de la même façon
39:33que vous
39:34c'est-à-dire que
39:35en fait depuis
39:36il y a deux ans
39:36il y a eu un très gros décrochage
39:38on voit dans les quatre
39:39grands indicateurs
39:40qu'on suit
39:40activité, investissement
39:42effectif et rentabilité
39:43il y a eu une chute
39:45très prononcée
39:46que ce soit
39:46l'international
39:47ou en France
39:47il est clair
39:48que cette année
39:49il y a une remontée
39:50significative
39:51des dirigeants français
39:53à l'étranger
39:53et il y a une forme
39:54de stagnation
39:55c'est-à-dire que
39:56les dirigeants français
39:57en France
39:58malheureusement
39:58restent
39:59parce qu'on a très gros
39:59les dirigeants français
40:00mais y compris
40:01ceux qui travaillent
40:01dans des filiales étrangères
40:03dans une autre atmosphère
40:06exactement
40:07ou qui sont eux-mêmes
40:08patrons d'une ETI
40:09à l'étranger
40:09et c'est vrai
40:10qu'on est en dessous
40:12de la ligne de flottaison
40:13de la zone zéro
40:14puisque c'est un solde
40:16d'opinion
40:16pour les dirigeants français
40:17en France
40:18mais ça ne s'effondre pas
40:20ça reste dans cette sabité
40:21donc il y a eu
40:22une descente
40:23il y a deux ans
40:23conjointe
40:24et puis là
40:25il y a une remontée
40:26plus significative
40:26bien évidemment
40:27à l'international
40:27qu'en France
40:28alors moi je lis ça
40:29d'une autre façon
40:30je lis qu'on a un contexte
40:31géopolitique
40:31géoéconomique
40:32qui est celui
40:33qu'on est en train
40:33d'évoquer
40:34on a un contexte hexagonal
40:36qui a bénéficié
40:37d'un élan énorme
40:39on l'avait souligné
40:40dès 2017
40:41où là il y avait
40:42un optimisme
40:43et tous les indicateurs
40:44partaient à la hausse
40:45et puis objectivement
40:45depuis 2022
40:46sur notre hexagone
40:47on voit
40:48ou une chute
40:49ou un tassement
40:50dans la conquête
40:51à l'étranger
40:51on voit quand même
40:53que la France
40:53désespère un peu
40:54nos dirigeants
40:55il y a des pays
40:56qui commencent à
40:57alors l'Amérique
40:58fascine toujours autant
40:59mais un peu moins
41:00et puis il y a quand même
41:01l'Afrique aussi
41:02fascine un peu moins
41:04par contre il y a des pays
41:05comme l'Italie
41:06ou bien la région
41:07du Moyen-Orient
41:08du Golfe
41:08qui sont des pays
41:10qui attirent à nouveau
41:11nos partenaires
41:11il y a deux regards là-dessus
41:12d'abord
41:13c'est le deuxième
41:15plus important
41:16priorité
41:18la deuxième
41:18après l'économie
41:19la rentabilité
41:20c'est le développement
41:21à l'international
41:22c'est-à-dire qu'on prend
41:2320 points par rapport
41:23à l'année dernière
41:2456% des dirigeants
41:25dit développement
41:26à l'international
41:26le développement international
41:27c'est pas que de l'export
41:28c'est aussi de l'installation
41:30après on a sondé
41:31sur c'est quoi
41:32les zones du monde
41:32qui vous semblent
41:33les plus perfecteurs
41:34alors l'Europe
41:34y compris la France
41:36c'est une zone porteuse
41:37et puis après
41:38il y a l'ASEAN
41:39et le Moyen-Orient
41:41puis aller un peu
41:42plus loin dans le questionnement
41:43ça faisait
41:43c'est lié
41:44à ce que vous évoquez
41:45c'est-à-dire
41:46quels sont les pays
41:47qui ont créé
41:49les conditions
41:49selon vous
41:50de souveraineté
41:51ou de protection
41:52ou d'accompagnement
41:53ou d'attractivité
41:54et donc les Etats-Unis
41:55vous l'évoquez
41:56les dernières 46%
41:57des réponses
41:58étaient sur les Etats-Unis
41:58cette année 23%
42:00et l'Italie
42:01qui était à 3 ou 5%
42:03passe à 15%
42:04donc on voit
42:05des certains rééquilibrages
42:06la Chine vient
42:07en troisième position
42:08et là
42:08je suis un peu
42:10suspicieux
42:11de cette réponse-là
42:12ou un doute
42:13parce qu'aller s'installer
42:14en Chine
42:14c'est quand même
42:14énormément compliqué
42:15en revanche
42:16c'est un marché
42:16effectivement
42:17qui peut avoir
42:18un intérêt
42:19donc je le lis
42:20comme ça
42:21cette notion
42:22de développement
42:22à l'international
42:23poussée par des Français
42:25installés en France
42:26ou à l'étranger
42:26sur toute catégorie
42:27d'entreprise
42:28c'est quelque chose
42:29d'extrêmement positif
42:30en même temps
42:30il y a un paradoxe
42:32entre cette envie
42:33historique
42:34d'aller conquérir
42:36les marchés étrangers
42:36alors que l'environnement
42:38international
42:39n'a jamais été
42:39sans doute aussi compliqué
42:40depuis la chute
42:42du mur
42:42de Berlin
42:43et du coup
42:44on a l'impression
42:44que nos dirigeants
42:46se ressentent
42:47sur les priorités
42:48fondamentales
42:49compétitivité
42:50abaissement de la base
42:51de coûts de production
42:52et que les priorités
42:53de long terme
42:53elles sont un peu
42:55reléguées à l'arrière-plan
42:56et le plus spectaculaire
42:57c'est quand même
42:58tout ce qui est consacré
43:00à la transition écologique
43:01il y a deux sujets
43:02d'abord
43:02un
43:03je pense qu'on a pris du retard
43:04par rapport à d'autres pays
43:05européens
43:06sur la conquête internationale
43:07en particulier
43:07sur les ETI
43:08et les PME
43:08et tant mieux
43:09il y a un phénomène
43:10peut-être de correction
43:11deuxième élément
43:12on est dans des environnements
43:13qui sont de plus en plus
43:14court-termistes
43:15je veux dire
43:15le leadership de demain
43:16c'est sans lui
43:17qui est capable
43:17de s'adapter
43:18dans un brouillard
43:19un peu compliqué
43:19que celui qu'on est en train de vivre
43:21la phrase de l'année
43:22c'est tenir le cap
43:23la phrase de l'année
43:23c'est on doit y aller
43:24donc on voit bien
43:25après il y a
43:26dans la mesure des priorités
43:28dans la mesure des risques
43:29il y a deux éléments
43:30qui pour moi
43:31sont surprenants
43:32un qui est très inquiétant
43:34c'est tout ce qui est lié
43:34au cyber
43:35est quand même
43:36dans l'avant
43:37post-dernière position
43:38et on a vu
43:40au moment des fêtes
43:40un certain nombre de sujets
43:42et puis il y a le sujet
43:43écologique
43:43sur lequel finalement
43:44peut-être force de normes
43:46peut-être force
43:47d'écologie punitive
43:49on a mis ça
43:50dans un année relais
43:51alors qu'on a
43:52nos entreprises
43:52à travailler aussi
43:53ces sujets-là
43:54Merci beaucoup
43:56Gilles Bonenfant
43:56pour cette synthèse
43:58de notre étude
43:59de la semaine
43:59donc le baromètre
44:00des dirigeants français
44:01une exclusivité
44:03Eurogroup
44:03BFM Business
44:04La Tribune
44:05BFM Business
44:07La librairie de l'écho
44:09Des idées
44:10et des chiffres
44:11Et on commence
44:12avec cette étude
44:13de la fintech
44:14MyPost
44:15qui souligne
44:15l'attachement
44:16des français
44:17à la carte bancaire
44:1872%
44:19des utilisateurs
44:20la citent
44:21comme leur premier
44:22choix
44:23pour réaliser
44:24un paiement
44:2572%
44:26c'est 40%
44:27qui utilisent
44:28le paiement classique
44:29avec code PIN
44:3032%
44:30qui optent
44:31pour le
44:32sans contact
44:33mais si la carte
44:35domine
44:36le paiement
44:36mobile
44:37lui gagne
44:38quand même
44:39du terrain
44:39il est le premier
44:41choix
44:41pour 13%
44:42des consommateurs
44:43le digital
44:44est quand même
44:45dans une forme
44:46d'ascension
44:48et avec
44:49ce besoin croissant
44:50de sécurité
44:50c'est ça
44:51son principal atout
44:52disent les utilisateurs
44:53quant à
44:55finalement
44:56l'argent liquide
44:57et bien
44:5724%
44:59des français
44:59ont toujours
45:00de l'argent liquide
45:01sur eux
45:03la transition
45:03vers les moyens
45:04de paiement
45:04plus sûr
45:05est quand même
45:06bel et bien
45:07en train de se produire
45:08avec des comportements
45:09qui varient
45:09selon les régions
45:11les habitudes
45:12d'avoir du liquide
45:13par exemple
45:13sont plus fortes
45:14en Bretagne
45:15que dans les autres
45:16régions
45:17en Auvergne-Rhône-Alpes
45:17c'est la carte traditionnelle
45:19qui reste
45:19très majoritaire
45:2190%
45:23des français
45:24continuent à souhaiter
45:25un reçu
45:26après leur achat
45:27donc vous voyez
45:28il y a des changements
45:28mais ça prend du temps
45:30Le chiffre de la semaine
45:31c'est cette étude
45:34de Léo Caire
45:35l'assureur
45:36sur le prix
45:36des assurances
45:37en 2026
45:38alors 1
45:39première information
45:40bon les prix
45:40des assurances
45:41vont augmenter
45:42en 2026
45:43entre 2 et 5 fois
45:44plus vite
45:44que l'inflation
45:45on sera entre 6 et 7%
45:47pour l'assurance
45:48habitation
45:49et on sera autour
45:50de 5%
45:52pour les primes
45:53d'assurance auto
45:54mais c'est pas ça
45:55qui est le plus intéressant
45:56dans cette étude
45:57le plus intéressant
45:58ce sont les deux tendances
46:00qui se dessinent
46:011 l'analyse
46:02met en évidence
46:02une forte homogénéité
46:03des hausses
46:05puisque
46:05cette homogénéité
46:07s'explique avant tout
46:08par des raisons
46:09communes
46:10et globales
46:11à la hausse
46:12de ces coûts
46:12de l'assurance
46:13quelles que soient
46:14les régions
46:15l'inflation technique
46:16le coût des réparations
46:17par exemple
46:17pour l'automobile
46:18l'évolution climatique
46:20les revalorisations
46:21réglementaires
46:21et puis
46:22très intéressant aussi
46:24c'est le renversement
46:25du classement
46:26des villes
46:27les plus chères
46:27pour l'assurance
46:28habitation
46:28en 2025
46:30on avait encore
46:30les grandes métropoles
46:31en tête
46:31et bien
46:322026
46:32va émerger
46:33des villes
46:33moyennes
46:34comme Avignon
46:34Bourges
46:35La Rochelle
46:35ou Montauban
46:36plus chères
46:36notamment
46:37à cause
46:38des risques
46:38climatiques
46:39spécifiques
46:40BFM Business
46:43la librairie
46:44de l'écho
46:44le coup de cœur
46:45de la rédaction
46:46et le coup de cœur
46:49de la rédaction
46:49cette semaine
46:50c'est celui
46:51d'Adrien Guillaume
46:52Padovan
46:53bonjour Adrien Guillaume
46:54bonjour Emmanuel
46:54journaliste
46:55à BFM Business
46:57et vous
46:58vous êtes
46:59passionné
47:00pour cette
47:00géopolitique
47:01du soja
47:02d'Olivier Antoine
47:04un petit mot
47:05sur Olivier Antoine
47:06Olivier Antoine
47:06il est expert
47:07au club des Métères
47:08il est chercheur
47:09associé
47:09il a un cabinet de conseil
47:10il est vraiment spécialiste
47:12de tout ce qui est
47:12matières premières agricoles
47:13alors
47:14en gros
47:15il nous présente
47:16vraiment
47:17c'est ça qui est fascinant
47:18le soja
47:20c'est vraiment
47:20le nouvel or noir
47:21oui
47:22et ce qui est fort
47:23c'est qu'en fait
47:24on peut se dire
47:24après le roi pétrole
47:25l'or bleu pour l'eau
47:27l'or bian pour le lithium
47:28et bien maintenant
47:29place au roi soja
47:30c'est l'enjeu
47:31qui est posé
47:32dans ce livre
47:32publié chez Armand Colin
47:33il redonne enfin
47:35ses lettres de noblesse
47:36à une plante
47:36qu'on a longtemps
47:37un peu délaissé
47:38pourtant
47:38derrière cette graine
47:39toute simple
47:40c'est un pilier
47:40invisible de nos sociétés
47:42modernes
47:43Olivier Antoine
47:43il en fait la démonstration
47:44le soja
47:45c'est désormais
47:46au coeur
47:47des stratégies de puissance
47:48parce que
47:49au delà
47:49de la sauce soja
47:50du tofu
47:51qu'on connait tous
47:51c'est lui
47:52le vrai carburant
47:53de notre chaîne alimentaire
47:54parce que c'est la base
47:55de l'alimentation du bétail
47:56exactement
47:57toutes les bêtes
47:58le poisson
47:59les bêtes d'élevage
48:00qui finissent dans nos assiettes
48:02elles ont besoin du soja
48:03et c'est en cela
48:04qu'il est devenu
48:04le moteur le plus puissant
48:06de la mondialisation
48:06pour mesurer l'ampleur du phénomène
48:08Emmanuel en un chiffre
48:09rappelé dans le livre
48:10en 20 ans
48:11la production mondiale de soja
48:12elle a plus que doublé
48:13pour atteindre
48:13428 millions de tonnes
48:16c'est l'équivalent
48:17de plus de 6 fois
48:18la production mondiale
48:19totale de céréales
48:20en France
48:20dès lors
48:21analyser cette culture
48:22c'est décrypter
48:22les rapports de force
48:23sanitaire
48:24les rapports de force
48:25géopolitique
48:25et c'est ce que propose
48:26le livre
48:27avec une lecture originale
48:28en somme
48:29c'est un peu
48:29dis-moi quel est ton rapport
48:30au soja
48:31et je te dirais
48:31quelle est ta place
48:32sur l'échiquier politique mondiale
48:33alors justement
48:34comment lui
48:35il décrypte
48:37finalement
48:38Olivier Antoine
48:39ses rapports de force
48:40à la lumière
48:41finalement
48:41de la production
48:43de soja
48:44la grande force
48:45tout d'abord
48:45c'est de prendre un produit
48:46qu'on trouve banal
48:47le soja
48:48et d'en faire un prisme
48:49justement pour comprendre
48:50notre époque
48:51le soja
48:51c'est donc une graine
48:52qui est en fait
48:53au carrefour
48:54de toutes les crises
48:55diplomatiques
48:55éthiques
48:56et écologiques
48:57le livre montre clairement
48:58que derrière les grands discours
48:59la puissance d'un état
49:01aujourd'hui
49:01elle dépend
49:02beaucoup de son contrôle
49:03sur les ressources alimentaires
49:04et le soja
49:05il crée une vraie
49:06dépendance protéique
49:07l'analyse d'Olivier Antoine
49:08elle met en lumière
49:09toutes les fragilités
49:10de notre autonomie alimentaire
49:12et c'est de se faire
49:13un indispensable
49:13ce livre
49:13pour appréhender
49:14tous les enjeux
49:15géopolitiques contemporains
49:16d'une autre façon
49:17en la matière
49:18la force du livre
49:19est d'analyser
49:19de manière éclatante
49:20ce qu'il appelle
49:21la diplomatie du soja
49:22en Amérique du Sud
49:23avec le Brésil
49:24et l'Argentine
49:25qui ne sont plus
49:26des fermes géantes
49:27ce sont des acteurs stratégiques
49:28qui construisent
49:29des corridors logistiques
49:31tournés vers l'Asie
49:33pour eux
49:33le soja
49:33c'est un levier d'influence
49:35pour exister face à l'Occident
49:36tout en restant
49:37c'est très paradoxal
49:38dépendant des firmes
49:39semencières américaines
49:40comme Bayer Mansoto
49:40et cette dynamique
49:41elle complète
49:42le face-à-face
49:43Chine-États-Unis
49:43qui structure notre siècle
49:45et là les Américains
49:46perdent du terrain
49:47sur le marché mondial du soja
49:48la Chine pour qui
49:49l'autonomie alimentaire
49:50est une doctrine absolue
49:51du parti communiste
49:52pour des raisons historiques
49:52avec la dictature de Mao
49:53notamment
49:54elle se révèle très fragile
49:55elle est très dépendante
49:56de l'extérieur
49:57pour nourrir sa population
49:58et l'Europe
49:59l'Europe
49:59elle joue la carte
50:00de la norme
50:01faute de produire suffisamment
50:02comme d'habitude
50:03comme trop souvent
50:04elle impose
50:05impuissance normative
50:06ces exigences éthiques
50:07et environnementales
50:08qui deviennent
50:09des standards mondiaux
50:10et le paradoxe ultime
50:11c'est que les producteurs du sud
50:12ils doivent s'y adapter
50:13pour accéder au marché européen
50:14et donc ça renforce
50:16les modèles agricoles
50:17sud-américains
50:18très vite
50:18des exemples historiques
50:20concrets finalement
50:20de cette géopolitique
50:21du soja
50:22tout à fait
50:23le premier exemple
50:24il y en a plusieurs dans le livre
50:25mais qui est très marquant
50:26c'est l'invasion de la Manchourie
50:28par le Japon
50:28donc cette région
50:29entre la Chine et la Russie
50:30l'un des facteurs
50:31ça a été le soja
50:32et indirectement
50:33c'est ce qui a déclenché
50:34si on fait un résumé
50:34à terme la seconde guerre mondiale
50:36autre exemple
50:36plus proche de nous
50:37c'est la guerre commerciale
50:38menée par Trump
50:39en 2018
50:40et puis en 2025
50:41avec des surtaxes
50:43énormes sur le soja
50:44la Chine
50:44elle a su riposter
50:45très habilement
50:46avec des surtaxes énormes
50:47c'était une façon
50:48pour Pékin
50:48très habile
50:49de faire pression
50:50sur l'électorat américain
50:51donc pour Olivier Antoine
50:52en fait
50:52c'est clair
50:53on est entré
50:53dans l'ère de la dépendance
50:55protéique
50:55Merci beaucoup
50:56Adrien Guillaume Padovan
50:58vous nous avez donné envie
51:00d'en savoir plus
51:02et d'aller plus loin
51:03dans la lecture
51:03de cette géopolitique
51:05du soja
51:06d'Olivier Antoine
51:08Merci
51:09Allez c'est l'heure
51:09de nos ultimes choix
51:10BFM Business
51:12La librairie de l'écho
51:14Les livres de la dernière minute
51:17Jean-Marc Daniel
51:19quelle est votre dernière sélection
51:21pour aujourd'hui ?
51:22Alors j'ai choisi un livre
51:22qui s'appelle
51:23Le pouvoir et l'ivresse
51:24l'auteur c'est Michel Crappé
51:25et donc c'est chez Odile Jacob
51:27et donc son titre
51:29résume assez bien
51:30son contenu
51:31c'est-à-dire
51:31Le pouvoir
51:32c'est comment l'histoire
51:33les hommes politiques
51:34les gens qui font l'histoire
51:35au sens large du terme
51:37sont influencés par l'alcool
51:39et donc ça commence
51:40avec Noé
51:41qui est effectivement
51:41dans la Bible
51:42dans la Bible
51:44Noé effectivement
51:45à un moment donné
51:46ça donne
51:47des libations
51:48assez coupables
51:49après il y a
51:50toutes les histoires
51:50autour des dieux
51:51de Dionysos
51:52c'est de Bacchus
51:52et puis ça se termine
51:53effectivement
51:54ça va jusqu'à Yeltsine
51:55il rappelle quand même
51:56que Adolphe Pinard
51:58qui a donné son nom
51:59à un boulevard
52:01il a même pour un boulevard
52:02sur lequel était situé
52:03l'INSEE
52:03sur lequel était situé l'INSEE
52:05et donc Adolphe Pinard
52:06était effectivement
52:07associé
52:08à la mise à disposition
52:09des soldats
52:10d'une boisson alcoolisée
52:11donc il montre bien
52:12que beaucoup d'événements
52:13en fait
52:13sont orientés
52:15par la consommation
52:18de l'alcool
52:18Christian Chavagneux
52:20alors moi je reste
52:20sur le pouvoir
52:21parce que cette semaine
52:22en fait
52:22est marquée par
52:24les 30 ans
52:25du décès de François Mitterrand
52:26et donc il y a
52:27un petit livre
52:28qui vient de sortir
52:28au PUF
52:29sur François Mitterrand
52:30qui est une petite biographie
52:32si vous avez vécu
52:33les années Mitterrand
52:34on n'apprendrait rien
52:34par contre
52:35la jeune génération
52:35c'est les deux auteurs
52:36sont nés à la fin
52:37des années 80
52:38et bien voilà
52:38une première introduction
52:39pour comprendre
52:40qui était ce personnage
52:41à multiples facettes
52:42qui était François Mitterrand
52:43vous pouvez aller regarder ça
52:45bien évidemment
52:45alors petite anecdote
52:46moi j'avais complètement oublié
52:48que François Mitterrand
52:49en sortant de la deuxième guerre mondiale
52:50avait été rédacteur en chef
52:51d'un magazine féminin
52:52pour pouvoir vivre
52:54ce qui est quand même
52:54assez original
52:55et les deux
52:57l'auteur et l'autrice
52:58insistent beaucoup
52:59sur le fait à juste titre
53:00que c'était un amoureux
53:01des livres et de l'écriture
53:02et je vous conseille
53:03d'aller regarder sur LCP
53:04un petit documentaire
53:05d'une cinquantaine de minutes
53:06qui est fait par
53:07Mazarin Pinjot
53:07sa fille donc
53:08et qui raconte
53:09le rapport de Mitterrand
53:10homo
53:10c'est assez touchant
53:12assez émouvant
53:12très bien fait
53:1350 minutes
53:14ça dure pas longtemps
53:14pour une autre façon
53:16de découvrir François Mitterrand
53:17passionnant
53:19et alors moi
53:19j'adore
53:20ces bouquins
53:21vous savez
53:21ces livres
53:23de management
53:24dont on vous dit
53:25que ce sont des best-sellers mondiaux
53:27que si
53:27vous ne lisez
53:28qu'un livre de stratégie
53:30lisez celui-ci
53:31c'est celui
53:32alors c'est vrai que c'est bon
53:33c'est quand même
53:34une des bibles
53:34en la matière
53:35une des références
53:36sur la littérature
53:38sur la stratégie
53:39c'est le livre de Richard Rommelt
53:40bonne stratégie
53:42mauvaise stratégie
53:42c'est sorti
53:43en 2011
53:45donc c'est un vieux livre
53:46mais c'est édition française
53:48définir
53:49et mettre en oeuvre
53:50une stratégie
53:51réussie
53:52c'est chez Arpa édition
53:54je ne vous en dis pas plus
53:55j'aime bien ce genre de livre
53:56voilà
53:57on parle de best-sellers mondiaux
53:59il en a vendu
53:59des millions d'exemplaires
54:00voilà
54:01la martingale
54:02elle est là
54:02messieurs dames
54:03en ce début d'année
54:042026
54:05voilà
54:06c'est la fin
54:06de cette première
54:08librairie de l'écho
54:09de l'année
54:09on vous présente évidemment
54:10tous nos meilleurs voeux
54:12à la semaine prochaine
54:13et d'ici là
54:14bonne lecture
54:15c'est un vieux livre
54:16d'ici là
54:17c'est un vieux livre
54:17d'ici là
54:18c'est un vieux livre
54:19d'ici là
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