- il y a 4 jours
Ce samedi 24 janvier, Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Julien Damon, professeur associé à Sciences Po et à HEC, Jean-Marc Daniel, professeur émerite à l'ESCP, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Charles-Henri Colombier, directeur du pôle conjoncture et perspectives de Rexecode, et Nathan Cocquempot, journaliste BFM Business, étaient les invités dans l'émission La librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:00BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de la littérature économique.
00:15Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l'émission.
00:21Et puis vous retrouverez nos critiques attitrés, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux, pour leurs coups de cœur et leurs coups de gueule.
00:27Et puis nos rubriques, le coup de cœur de la rédaction, notre patrie hebdomadaire d'études et de chiffres toutes plus stimulantes les unes que les autres.
00:38N'oubliez pas évidemment tous nos comptes sur les réseaux sociaux, Instagram, X, Facebook, LinkedIn, YouTube, librairie de l'écho,
00:45pour retrouver les références précises des livres dont on parle dans l'émission.
00:50Et tout de suite, place aux auteurs.
00:51C'est le modèle économique et social français qui va être décortiqué dans cette librairie de l'écho.
01:01Ses forces, ses faiblesses, son efficacité, son originalité, pour poser évidemment la question de son évolution et de son avenir.
01:09Alors ce travail de chirurgie méticuleux, il va être exécuté par nos deux invités.
01:17Patrick Artus, bonjour.
01:18Bonjour Emmanuel.
01:19Patrick, vous êtes conseiller économique d'Ossia, mais membre du Cercle des économistes.
01:22Et vous publiez avec votre complice Marie-Paul Virard, La France réinventée, chez Odile Jacob.
01:29Alors, je me permets quand même une petite remarque, Patrick, c'est que j'aime bien toujours voir dans la version qu'on reçoit au mois de juin,
01:36le titre de travail du livre, et puis celui qui résulte au final, et celui qui sort à la fin.
01:41Là, ça s'appelle, votre livre, donc, chez Odile Jacob, La France réinventée.
01:45Le titre initial, c'était Nous pouvons sauver le modèle social français.
01:49Un peu plus explicite.
01:51Oui, enfin bon, c'est un débat avec l'éditeur.
01:55Ça veut dire la même chose, en gros gros.
01:59Ça veut dire la même chose, effectivement.
02:00Mais ça ne parle pas que du modèle social, ça parle aussi du modèle économique, du modèle d'éducation.
02:06Exactement, exactement, on va y revenir.
02:07Julien Damont, vous êtes enseignant à l'école des Ponts et à Sciences Po.
02:11On vous connaît bien dans la librairie de l'écho.
02:13Vous êtes conseiller scientifique de l'École nationale supérieure de sécurité sociale.
02:18Et vous publiez Petite éloge de la Sécu, c'est aux presses de Sciences Po.
02:23On commence avec vous, Patrick Artus.
02:25Vous avez un diagnostic de départ qui est quand même assez préoccupant.
02:29Vous dites, jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe et la France n'ont été non seulement affaiblis,
02:34mais pris dans une spirale de déclin.
02:39Il y a un déclin qui concerne tous les éléments de l'économie et de l'activité.
02:47Il y a un déclin démographique, il faut commencer par ça.
02:51Il y a un déclin de la qualité du système éducatif.
02:53Il y a un déclin de l'investissement technologique et du niveau technologique du pays.
03:02Il y a un déclin, quand on regarde la recherche-développement des entreprises,
03:08on voit que les entreprises n'investissent pas assez en recherche-développement.
03:11Donc c'est un déclin qui concerne à peu près tout, la démographie, le niveau technologique.
03:16Et alors, en conséquence de ces différents déclins, la productivité de l'Europe stagne depuis 2017,
03:24la productivité de la France recule depuis 2019.
03:28En plus, on a une croissance qui est assez bizarre.
03:34Je ne sais pas si on réalise que la population en âge de travailler recule en Europe et en France.
03:39La productivité stagne en Europe et recule en France.
03:42Donc la croissance ne peut venir que de la hausse du taux d'emploi,
03:46c'est-à-dire de la hausse de la proportion de la population qui a un travail.
03:51Et cette hausse du taux d'emploi, elle devrait concerner les jeunes.
03:54Et beaucoup de pays européens et la France ont ce problème de mauvaise qualité du système éducatif
04:00qui bloque le taux d'emploi des jeunes à un niveau très bas.
04:02et devrait concerner les plus de 60 ans.
04:06Et on voit en France qu'il y a un refus global et assez général de travailler plus tard dans sa vie.
04:13Et donc, on voit venir une situation où, avec le recul d'une population en âge de travailler,
04:19une stagnation qui va arriver du taux d'emploi et l'absence de gains de productivité,
04:23il y aura zéro de croissance.
04:24Qu'est-ce qu'il y a de spécifiquement français dans les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui ?
04:32Parce qu'on ne peut pas dire que les trajectoires soient quand même les mêmes entre différents pays européens.
04:37Oui, mais quand même, les problèmes de fond sont les mêmes.
04:40Le problème du système éducatif, c'est partout.
04:42Y compris maintenant en Allemagne, à nouveau.
04:45Le problème de taille insuffisante du secteur du numérique, c'est partout.
04:53Alors, il y a des différences qui tiennent à la politique d'immigration.
04:57En Espagne et en Italie, il y a eu beaucoup d'immigration.
05:00En France et en Allemagne, il y a plus de freins à l'immigration.
05:05Il y a des différences qui tiennent au poids du tourisme dans l'économie.
05:08Mais fondamentalement, toute l'Europe a ce même problème,
05:11qui est une économie qui est piégée en milieu de gamme.
05:16C'est une économie qui était brillante quand les secteurs de pointe,
05:21c'était l'automobile, la sidérurgie, etc.
05:23Mais maintenant, l'Europe n'a pas fait le virage de l'économie numérique.
05:29Alors, qu'est-ce qui peut changer la donne ?
05:32Qu'est-ce qui peut déclencher un sursaut ?
05:35Qu'est-ce qui peut enrayer cette spirale dépressive ?
05:40Alors, vous citez cette phrase de Peggy, qui est magnifique.
05:42Vous dites, aujourd'hui n'est pas le lendemain d'hier, c'est la veille de demain.
05:45Je crois que les priorités, c'est quoi ?
05:51C'est, un, le système éducatif.
05:55Avec la faiblesse des connaissances scientifiques,
05:59la faiblesse des niveaux en maths, en sciences, des jeunes européens,
06:03ce n'est pas que les jeunes français,
06:05il est extraordinairement difficile de réindustrialiser,
06:08de développer le numérique, de monter en garde.
06:09Mais Patrick, est-ce que les jeunes américains,
06:10ils sont plus brillants et mieux éduqués que les jeunes français ?
06:13Alors non, ils sont aussi mal éduqués que les jeunes français,
06:15simplement, les États-Unis, alors jusqu'à la période extrêmement récente,
06:19se basaient sur une énorme immigration,
06:21pour faire tourner leur économie,
06:23y compris une immigration de gens très qualifiés.
06:25Si vous regardez la structure de l'immigration,
06:28mais d'ailleurs c'est la même chose en France qu'aux États-Unis,
06:30il y a des immigrés très peu qualifiés,
06:33mais il y a des immigrés très qualifiés.
06:34Et en moyenne, les immigrés sont plus qualifiés,
06:37sont nettement plus qualifiés aux États-Unis que les natifs,
06:39et sont plus qualifiés en France que les natifs.
06:41Vous savez que 55% des licornes dans la Silicon Valley
06:45ont été créés par des immigrés.
06:47Donc les immigrés dynamisent le tissu économique.
06:52Alors justement, vous revenez quand même sur ce phénomène
06:56absolument spectaculaire de creusement de l'écart de performance
07:00entre les États-Unis et l'Europe.
07:02Et vous dites, finalement, il y a 25 ans,
07:05on avait à peu près des rythmes de croissance comparables,
07:09et on avait des niveaux de développement à peu près comparables.
07:13En l'espace de 20 ans,
07:16on a creusé un écart absolument spectaculaire.
07:20On s'est laissé distancer par les États-Unis.
07:22C'est complètement fou.
07:23C'est la stratégie de milieu de gamme.
07:26Regardez, l'Allemagne, c'est encore plus vrai en Allemagne qu'en France.
07:29L'Allemagne a eu la priorité jusqu'à une période très récente,
07:33et peut-être même encore aujourd'hui,
07:34de sauver son industrie automobile traditionnelle.
07:37Alors que les États-Unis investissaient dans le numérique,
07:40maintenant dans l'intelligence artificielle.
07:42Si vous regardez par l'intelligence artificielle,
07:44c'est assez révélateur.
07:46Il y a plus de 60% des emplois liés à l'intelligence artificielle
07:51sont aux États-Unis,
07:53et simplement 6 ou 7% en Europe.
07:55Donc l'Europe n'a pas pris le virage d'Internet.
07:57Elle ne prend pas le virage de l'intelligence artificielle.
08:00Donc il y a une incapacité de l'Europe
08:02à adopter rapidement les nouvelles technologies,
08:04alors que les États-Unis adoptent extrêmement rapidement
08:06les nouvelles technologies.
08:08Il n'y a que 10% des entreprises européennes
08:10qui utilisent quotidiennement l'IA,
08:13alors que c'est beaucoup plus aux États-Unis et en Chine.
08:16Donc il y a...
08:17Mais je crois que le problème d'éducation
08:20et de faible culture scientifique
08:23est quand même très clé.
08:25Et à nouveau, aux États-Unis,
08:28on a fait venir des immigrés
08:30avec une très forte culture scientifique.
08:32Qu'est-ce qu'on peut aller chercher
08:33dans le modèle américain
08:35sans évidemment le transposer complètement,
08:38parce qu'il y a des tas d'aspects du modèle américain
08:39aussi qu'on ne veut pas en Europe ?
08:41Alors je crois que...
08:42Enfin, on ne peut pas transposer le modèle américain.
08:44Le modèle américain, c'est l'efficacité
08:47et tout pour l'actionnaire.
08:50Et donc un partage des revenus
08:51qui est de plus en plus défavorable aux salariés.
08:53Donc on ne veut pas ce modèle américain.
08:55Je crois qu'il faut regarder...
08:57Sauf qu'en Europe, le partage des revenus,
08:58il est hyper favorable aux salariés.
09:00Il est neutre.
09:02C'est-à-dire que les salaires réels
09:03augmentent comme la productivité.
09:05Donc c'est un partage des revenus neutre.
09:07Mais il y a des pays européens
09:08qui ont le dynamisme de l'économie américaine
09:11et qui ont un système social extrêmement généreux,
09:17un système de pension,
09:19un système de protection maladie.
09:20Mais là, vous allez me refaire le coup des pays d'Europe du Nord.
09:23Oui, mais pourquoi pas ?
09:24Enfin, je veux dire, regardez la Suède
09:28avec la réforme de l'État
09:30et la réforme qu'on appelle des agences en Suède.
09:33Regardez le Danemark avec la flex-sécurité.
09:37Je crois qu'il y a...
09:38On peut apprendre beaucoup des pays d'Europe du Nord.
09:40C'est des pays d'abord qui font énormément
09:42de recherche-développement.
09:43Plus de 4% du PIB, c'est plus qu'aux États-Unis.
09:45Évidemment, ils ont de grandes entreprises technologiques
09:49de niveau mondial.
09:50Regardez, au Danemark, en Suède, etc.
09:53Et ils ont fait les réformes du système social
09:56qui a maintenu la générosité du système social
09:59en le rendant moins coûteux en Argentinien.
10:01Mais il y a quand même une objection, Patrick.
10:04Alors moi, c'est un sujet qui me passionne.
10:06Je ne sais pas que répond l'Académie à ce sujet.
10:08C'est qu'est-ce que ce qui est possible
10:11dans des petits pays,
10:12grosso modo, pas plus de 10 millions d'habitants,
10:16est-ce que c'est transposable dans les grands pays ?
10:19Je ne crois pas que ce soit un problème de taille.
10:20Je pense que c'est un problème de...
10:23C'est des pays où il y a la culture du compromis
10:26et la culture de la négociation.
10:28Si vous prenez la réforme des retraites en Suède,
10:31ça a été négocié pendant 5 ans.
10:33Et en France, on croit qu'on fait tomber
10:34une réforme du ciel en quelques mois.
10:36Non, une réforme du ciel ne tombe pas du ciel.
10:37Il faut discuter avec les partenaires sociaux,
10:40avec les citoyens, avec les partis politiques, etc.
10:44Ça met beaucoup de temps.
10:45Et à la fin, on a une réforme qui est consensuelle.
10:48Ils ont fait la réforme des retraites.
10:50Donc, ils ont mis une part de capitalisation.
10:52Et d'ailleurs, ce qui joue un rôle très, très positif
10:55sur les économies qui ont des fonds de pension
10:57et qui ont créé des fonds de pension
10:58dans les années 1990,
11:00parce que les fonds de pension investissent
11:02beaucoup plus en capital risque.
11:04Et il y a une autre cause
11:06de la stagnation européenne,
11:07c'est la grande faiblesse du capital risque
11:10dans les pays d'Europe du Sud.
11:11Mais ça, c'est quand même un paradoxe,
11:12dans la mesure où on a quand même une épargne
11:14qui est considérable.
11:16Oui, mais on a une épargne considérable
11:17qui va en dépôt bancaire et en assurance vie.
11:20Et ce n'est pas tellement un problème
11:22de comportement des épargnants.
11:23Les épargnants ont de l'aversion pour le risque,
11:25mais c'est un problème de réglementation.
11:28L'Europe a une réglementation qui est systématiquement favorable
11:31aux consommateurs et défavorable aux producteurs.
11:34C'est vrai pour les règles de la concurrence,
11:35c'est vrai pour les ratios prudentiels des banques
11:38et des assureurs.
11:39Et donc, on a orienté l'épargne vers des emplois
11:44extrêmement peu risqués,
11:46alors qu'aux États-Unis, c'est les fonds de pension
11:48qui investissent énormément dans le capital risque.
11:51– Alors, vous soulignez bien évidemment
11:53l'absence totale de coordination entre pays européens.
11:57Alors bon, tous les rapports,
11:58Draghi, l'État, Noyer, etc.,
12:00ont souligné ça.
12:04Je vais vous poser la question à la Thatcher
12:06quand elle disait « ne me dites pas ce que je dois faire,
12:08je le sais déjà, dites-moi plutôt comment ».
12:10C'est-à-dire que comment on enclenche
12:12finalement une forme de spirale vertueuse
12:14jusqu'où il faudra aller dans le déclin
12:16pour qu'enfin, finalement, on aille vers
12:18ces harmonisations européennes,
12:20– Je crois qu'il y a un fonds de nationalisme en Europe.
12:25Regardez Next Generation EU,
12:27ce gros fonds européen
12:29qui avait 800 milliards d'euros,
12:31on a dépensé un peu plus de la moitié.
12:34C'était une très bonne idée,
12:35sauf que c'était complètement perverti
12:36parce qu'on a décliné Next Generation EU
12:39pays par pays et pas sujet par sujet.
12:42On aurait dû dire « ben voilà,
12:44on va financer l'éolien et le Danemark
12:47qui est en avance sur l'éolien,
12:48on va financer le numérique et le sud de l'Allemagne
12:52ou l'Espagne. »
12:54Et au lieu de financer des sujets,
12:56des industries,
12:57on a éclaté ce fonds en micro-fonds
13:01qui adressait tous les sujets dans tous les pays.
13:04Et donc, c'est un problème de gouvernance de l'Europe.
13:09C'est une gouvernance nationaliste.
13:11Chaque pays veut tirer le maximum d'avantages
13:13et il n'y a jamais d'effet de masse.
13:15Et c'est ce que disent tous les rapports.
13:17C'est vrai sur la finance.
13:18On a des marchés financiers éclatés.
13:21C'est vrai sur la politique industrielle.
13:22Il n'y a pas de politique industrielle européenne.
13:24C'est vrai sur le militaire.
13:25Il n'y a pas d'industrie de l'armement européenne.
13:27Parce qu'on a une logique qui est
13:29de tirer les avantages nationaux
13:32les plus grands de l'Europe
13:33sans jamais coordonner les politiques.
13:35Alors, il y a un point qui m'a interpellé
13:37et vous le citez à deux reprises dans le livre.
13:39Vous reprenez les travaux des trois prix Nobel
13:41Assemo Glu, Johnson, Robinson.
13:44Vous dites, eux, ont montré que
13:47la démocratie fabrique la croissance.
13:52Or, j'observe et je me dis,
13:53mais attendez, finalement,
13:55le grand phénomène de ces 20 dernières années,
13:58c'est qu'on a découvert que
13:59le capitalisme,
14:01la croissance,
14:03s'accommodait très bien
14:04des régimes autoritaires aussi.
14:05Et en fait, il n'y a plus aucun système économique
14:07qui vaut à part le capitalisme.
14:10Mais sauf qu'il s'accommode très bien
14:13des régimes totalitaires.
14:14Donc, ce lien démocratie-croissance,
14:16est-ce que ça fonctionne encore ?
14:18Moi, nous le croyons.
14:20C'est des choses de long terme.
14:23Est-ce que la Chine va garder une croissance forte ?
14:26Alors, la Chine, c'est un pays...
14:28Bon, c'est un pays bizarre,
14:29parce que c'est un pays capitaliste,
14:31autoritaire, enfin démocratique.
14:33Mais est-ce que la Chine va garder une croissance forte ?
14:36Quand on voit la situation des jeunes Chinois,
14:38le découragement des jeunes Chinois,
14:40on peut avoir quelques doutes.
14:42Et moi, je crois que dans le long terme,
14:45la démocratie qui mobilise tout le monde,
14:47il n'y a pas...
14:49Mais c'est la démocratie
14:52et le fait qu'il n'y a pas une classe
14:55qui mobilise la richesse.
14:57Je suis très inquiet aussi sur les États-Unis.
15:00Sur les États-Unis,
15:01il y a une telle concentration de la richesse
15:02qu'il est à peu près certain
15:04que les États-Unis vont décliner.
15:06Alors, Julien Damont,
15:07donc Patrick Artus, dans son livre,
15:10dit, voilà, regardons ce qu'on peut aller chercher
15:11aux États-Unis.
15:13Et on va commencer par là.
15:14Vous avez une comparaison intéressante
15:16entre la Sécu française et la Sécu américaine,
15:19alors que la nôtre fête ses 80 ans,
15:20la Sécu américaine fête ses 90 ans.
15:24Est-ce qu'il y a des points communs
15:25entre les deux systèmes ?
15:26Alors, il y a un point commun,
15:28c'est qu'on fête tous les 10 ans
15:29l'anniversaire de la Sécurité sociale.
15:32Les Français sont assez nationalistes
15:34sur leur Sécu.
15:36Ils pensent que leur modèle
15:37peut servir de modèle aux autres,
15:39même s'ils ont conscience
15:40de ces incontestables difficultés.
15:41Quand on dit, oui,
15:44Cocorico, 80e anniversaire
15:45de la Sécu,
15:46on oublie qu'il y a d'autres modèles
15:47et qu'il y a des modèles plus anciens.
15:49Et le système américain
15:50est en effet né il y a...
15:52En quoi il est différent
15:53du système français ?
15:54D'abord parce que les Français,
15:55quand ils entendent le mot Sécu,
15:56sont plutôt contents.
15:57Les Américains aussi, d'ailleurs.
15:59Mais ils pensent à leur carte
16:00de Sécurité sociale,
16:01ils pensent à l'assurance maladie.
16:02Aux États-Unis,
16:03le système de Sécurité sociale,
16:04le système baptisé
16:05Social Security,
16:07habilement traduit
16:08en Sécurité sociale,
16:10c'est d'abord un système
16:10de retraite de base
16:11et d'assurance chômage.
16:12Et s'il est différent,
16:14le gros système de protection sociale,
16:16c'est parce qu'en matière
16:17d'assurance maladie,
16:18les États-Unis sont très particuliers.
16:20C'est ceux qui dépensent
16:21le plus dans leur assurance maladie,
16:22avec un effet étrange
16:23qui est que leur espérance
16:26de vie baisse.
16:27Tandis qu'en France,
16:28oui, nous avons un système
16:29de Sécurité sociale
16:30au sens d'assurance maladie universelle.
16:33Tout le monde est à peu près
16:33pris en charge de façon correcte.
16:35Comment, Julien,
16:36on définit le périmètre
16:37de la Sécurité sociale,
16:39son rôle, sa philosophie ?
16:41Ah oui, alors d'abord,
16:42le périmètre, c'est un beau sujet,
16:43parce qu'en français,
16:44en tout cas,
16:45dans le débat public français
16:46ou dans le débat au bistro
16:47ou en famille,
16:48Sécurité sociale,
16:49on pense toujours...
16:50À l'assurance maladie.
16:50On pense à l'assurance maladie,
16:52on pense à la carte de vital,
16:53on pense au numéro
16:54de Sécurité sociale.
16:55Donc au sens restreint,
16:56la Sécurité sociale à la française,
16:58son périmètre,
16:58c'est l'assurance maladie,
16:59incomparable
17:00avec le système américain,
17:01bien sûr.
17:02Au sens institutionnel,
17:03juridique,
17:04la Sécurité sociale,
17:05c'est ce qui est né en 1945,
17:07c'est une institution
17:08dans laquelle
17:09cinq risques aujourd'hui
17:11sont organisés,
17:13cinq risques sociaux.
17:14C'est donc l'assurance maladie,
17:16c'est les retraites,
17:16en français plus précis,
17:17les retraites de base,
17:19c'est la politique familiale,
17:21c'est les accidents du travail,
17:22premier risque historique,
17:23puis désormais,
17:24c'est ce qu'on baptise autonomie,
17:25c'est-à-dire la prise en charge
17:26des personnes âgées
17:27et la prise en charge
17:28des personnes handicapées.
17:29Mais au sens le plus large,
17:30au sens de comparaison internationale,
17:32quand on parle de sécurité sociale,
17:33ça veut dire protection sociale.
17:35D'ailleurs, même,
17:35il peut y avoir des synonymies
17:37entre sécurité sociale
17:38et modèle social,
17:39si on intègre dans le modèle social
17:41l'éducation, entre autres.
17:43Comment expliquez-vous
17:44que cette sécurité sociale,
17:46née des ordonnances de 1945,
17:49soit à ce point sacralisée aujourd'hui ?
17:52Alors, d'abord,
17:54elle est vraiment sacralisée,
17:55c'est-à-dire qu'on a toujours
17:56une idée selon laquelle
17:58les Français adorent,
17:59et on le raconte,
17:59mais c'est vrai,
18:00c'est-à-dire que si on regarde
18:01ce qu'ils pensent
18:02de façon barométrique,
18:03ils ont toujours soutenu
18:04leur sécurité sociale,
18:06quoi qu'ils mettent
18:06derrière l'expression.
18:08Ils ont quand même conscience
18:08très majoritairement
18:09que ça coûte cher,
18:10mais ils considèrent très majoritairement
18:11que le système,
18:12en tout cas,
18:13ils le jugent satisfaisant.
18:15Alors,
18:15derrière ça,
18:17il y a le fait que
18:18le projet de 1945
18:19a quand même globalement réussi,
18:21même s'il rencontre
18:22d'incontestables difficultés
18:23et économiquement est confronté
18:25au déclin
18:25qui était évoqué tout à l'heure.
18:27les incontestables réussites
18:28du système,
18:29c'est que sur 8 décennies,
18:31il y a eu 20 ans
18:32d'espérance de vie en plus.
18:34Je le dis tout de suite,
18:34ce n'est pas la sécu
18:35qui a fait le programme médical,
18:36c'est le programme médical
18:37qui a permis
18:38la progression
18:38de l'espérance de vie,
18:39mais ce qui a permis
18:40l'espérance de vie
18:43qui progresse en moyenne,
18:44c'est une sécurité sociale
18:45qui permet à tout le monde
18:46d'y avoir accès.
18:47Elle a inventé
18:48un nouvel âge de la vie aussi,
18:49la sécurité sociale à la française.
18:50C'est elle
18:51qui a inventé les retraites.
18:52Jusqu'en 1945,
18:53les vieux,
18:54dans leur grande majorité,
18:55mourraient dans la misère.
18:56Enfin, j'exagère,
18:57en forçant le trait,
18:57en tout cas,
18:58en 1945,
18:59les pauvres,
18:59c'était d'abord les vieux.
19:00Maintenant,
19:01c'est le contraire.
19:01Les vieux,
19:02les retraités,
19:03sont avec des niveaux de vie
19:04en moyenne
19:05au moins équivalents
19:06à ceux des actifs.
19:08Le nouvel âge de la vie
19:09qu'on a inventé,
19:09c'est les congés payés permanents
19:12que deviennent
19:13pendant 20-25 ans
19:14le temps de la retraite.
19:15Et globalement,
19:17l'objectif du plan
19:17de sécurité sociale,
19:19c'était de lutter
19:20contre la hantise
19:21du lendemain.
19:22Et même si aujourd'hui,
19:23il y a de la précarité.
19:23Vous dites que le plus gros acquis
19:25de la sécurité sociale,
19:26c'est quand même
19:26ce sentiment de sécurité
19:28que ça a généré
19:30chez les Français.
19:31C'est-à-dire qu'il n'y a pas
19:31un pays
19:31où les accidents de la vie
19:34sont aussi bien
19:35pris en charge, en fait.
19:36Oui.
19:36Globalement,
19:37il y a des pays
19:37dans lesquels c'est comparable
19:38et pas avec le même système.
19:40Mais le sentiment
19:41selon lequel
19:42on sera bien pris en charge,
19:44tout en souhaitant
19:45davantage de protection,
19:48tout en n'ayant pas
19:48forcément conscience
19:49du mur dans lequel on est
19:50quand il s'agit
19:51de son financement,
19:52c'est quelque chose
19:52de très prononcé.
19:53Il y a quand même
19:53eu beaucoup de critiques,
19:55finalement.
19:55On les oublie.
19:56Vous citez du Pérou,
19:57finalement.
19:58Ah bah oui.
19:59Et franchement,
20:01le système de 45,
20:04beaucoup disent,
20:06on lui voue,
20:06un culte excessif.
20:08Il y a un culte
20:08tout à fait excessif.
20:10Alors,
20:10il y a la critique libérale
20:11ancienne,
20:12dès le 19e siècle,
20:13plus antique encore,
20:15contre l'assurance obligatoire.
20:16Oui, c'est ça,
20:17on m'oblige à m'assurer.
20:18Maintenant,
20:18c'est une critique doctrinale
20:20très importante.
20:21Et deuxième chose,
20:22il y a la critique
20:23des grands experts
20:24de la sécurité sociale
20:24de 1945.
20:26La critique du moment
20:27de 1945.
20:28Vous évoquez
20:29Jean-Jacques Dupérou,
20:30qui était professeur de droit,
20:31des grands pontes
20:32de tout ce domaine.
20:34Il dit,
20:341945,
20:35c'est une escroquerie.
20:36C'est une escroquerie.
20:37Et on peut le comprendre
20:38immédiatement
20:38du point de vue des retraites.
20:39On fixe l'âge de départ
20:40à la retraite
20:41à 65 ans.
20:43Quand l'espérance de vie
20:43est inférieure à 65 ans.
20:45Qu'est-ce que ça veut dire ?
20:46Ça veut dire que l'espérance de vie
20:47des catégories les plus aisées
20:48de la population
20:49sont un peu supérieures.
20:50Avec les catégories
20:51ouvrières de la population,
20:53on n'atteigne pas 65 ans.
20:54Donc,
20:54les cotisations des ouvriers
20:55financent les retraites
20:56des plus aisées.
20:57Alors,
20:58ce n'est pas ça qui est écrit.
20:58On ne va pas faire financer
20:59les pauvres,
21:01les retraites des riches
21:02par les pauvres.
21:02Mais c'est ce qui se passait.
21:03Vraiment ce qui se passait.
21:04Deuxième chose,
21:05en matière de financement,
21:07de cotisation,
21:08on crée des cotisations
21:09obligatoires,
21:10mais ceci n'est plus intégré,
21:12ce qui est la cotisation,
21:13n'est plus intégré
21:14dans la base taxable
21:15par l'impôt sur le revenu
21:16qui se déploie beaucoup
21:17à cette période.
21:19Donc,
21:19il y a plein de congruités
21:20de 1945.
21:22Le système,
21:22en 1945,
21:23c'est un système
21:24qui fait la part belle
21:24aux médecins libéraux.
21:26À la rigueur,
21:27pourquoi pas ?
21:27Mais qui explique encore
21:28bien des tensions
21:29dans le modèle
21:30dont nous héritons.
21:31Donc,
21:31en 1945,
21:32oui,
21:32certains sont en train de dire
21:33« Ouah,
21:33les mannes de
21:341945,
21:35le Conseil national
21:36de la résistance
21:36qui parle de la sécurité sociale
21:38en deux lignes seulement,
21:39c'est un peu mythifié. »
21:41Alors,
21:42est-ce que
21:42notre système
21:44de sécurité sociale
21:45aujourd'hui,
21:45compte tenu
21:46du fait
21:47qu'on ne travaille pas assez,
21:50qui coûte
21:50de plus en plus cher,
21:52est-ce qu'on peut considérer
21:54que
21:54ce système
21:56est devenu
21:58trop luxueux
21:59pour la France,
22:00entre guillemets,
22:00ou bien,
22:01est-ce qu'on peut considérer
22:02que les faiblesses
22:03dont il souffre
22:04aujourd'hui sont surtout
22:05des faiblesses
22:06liées à son inefficacité,
22:08au gaspillage,
22:08etc.,
22:09et que finalement,
22:10on pourrait en garder
22:11l'esprit
22:12plutôt que de nous faire croire
22:13que ce qui nous attend,
22:14c'est soit le modèle britannique,
22:15soit le modèle américain.
22:16Oui,
22:16je pense que l'avenir,
22:17c'est quand même
22:18le modèle français.
22:18ce n'est pas que ce sera
22:20un avenir glorieux
22:21qui correspondra
22:22à une trajectoire
22:23de progression,
22:24d'amélioration,
22:25des garanties,
22:25des couvertures,
22:26etc.,
22:27etc.
22:29La question générale,
22:30c'est qu'en effet,
22:31nous ne travaillons pas assez
22:32pour financer un système
22:34dont le principe
22:36est qu'il soit financé
22:37par le travail.
22:38Il y a les plus jeunes
22:39qui commencent trop tard
22:41à travailler,
22:42moi je pense qu'il faudrait
22:42qu'ils fassent moins d'études,
22:43par exemple,
22:44et que leurs études
22:45soient plus efficaces,
22:46et puis il y a surtout
22:47les plus âgés.
22:48Le gros du dossier,
22:49c'est quand même
22:49les retraites.
22:50Enfin,
22:50enfonçons bien le clou.
22:52La moitié des dépenses
22:53de protection sociale,
22:54ce sont des dépenses
22:55de retraite.
22:5660% des dépenses publiques,
22:58ce sont des dépenses
22:59de protection sociale.
23:00Donc,
23:01les retraites,
23:02c'est plus du quart
23:03des dépenses publiques.
23:05Si on n'y touche pas
23:06massivement,
23:07on n'avale pas
23:08cette progression
23:09de l'espérance de vie.
23:10Enfin,
23:10on crée
23:11une sécurité sociale
23:12en 1945
23:13avec une espérance de vie
23:15qui est inférieure
23:16à 65 ans.
23:17Et la grande erreur,
23:19à mon petit point de vue,
23:20c'est qu'en 1981,
23:22à la fois pour faire plaisir
23:22électoralement
23:23et pour lutter
23:24de façon erronée
23:25contre le chômage,
23:26on passe de 65 ans
23:27à 60 ans.
23:28Donc,
23:28ce que je suis en train
23:28de vous dire là,
23:29c'est que si on ne travaille
23:30pas davantage,
23:31plus tard,
23:32et un tout petit peu plus tôt,
23:33de toutes les façons,
23:34le système n'est vraiment
23:35pas soutenable.
23:36Est-ce qu'on aura
23:37une sécurité sociale
23:38dans 10 ans ?
23:39La réponse est absolument oui,
23:40puis mieux encore,
23:41on vérifiera
23:42dans 20 ans,
23:43dans 30 ans,
23:43dans 40 ans.
23:44Elle n'aura pas exactement
23:46et c'est même heureux
23:47et nécessaire.
23:48Mais souvent,
23:49on dit ça,
23:49ben oui,
23:49il n'y aura plus rien,
23:50les retraites,
23:50il n'y aura plus rien.
23:51Non,
23:51elles auront bougé,
23:52elles se seront transformées,
23:53il y aura toujours
23:54des tensions,
23:55peut-être,
23:55d'ailleurs,
23:56plutôt que peut-être,
23:57certainement,
23:58un rien désindexé,
23:59non pas par rapport
24:01à l'inflation
24:02ou au salaire,
24:03mais par rapport
24:03au niveau de vie médian,
24:05là,
24:05donc de toutes les manières,
24:06il y aura quelque chose
24:07qui sera peut-être
24:08un petit peu moins généreux.
24:09Est-ce que ce n'est pas,
24:09finalement,
24:11même si l'esprit demeure,
24:12est-ce que ce n'est pas,
24:13finalement,
24:14la collecte des ressources
24:16qui va évoluer
24:17et la gouvernance
24:19qui vont évoluer ?
24:19Oui,
24:20il y a deux gros sujets,
24:21financement
24:21et puis,
24:21il y a pour ça,
24:22paritarisme.
24:23L'idée force de 1945,
24:24c'était la démocratie sociale,
24:25ça c'était joli,
24:26c'était même sympathique
24:27et puis,
24:27on peut le comprendre,
24:28c'est que les usagers,
24:30les assurés,
24:31soient à la tête des caisses
24:33qui gèrent leurs fonds.
24:35Pourquoi pas ?
24:35Ça,
24:35ça a complètement planté
24:36et tout le monde est d'accord.
24:38Alors,
24:38si on prend morceau par morceau
24:40de la protection sociale,
24:41oui,
24:41pour les retraites complémentaires,
24:43les partenaires sociaux
24:44gèrent plutôt bien.
24:46Dans d'autres contextes,
24:47ils ont,
24:48oui,
24:48des sièges croupions
24:49pour faire semblant
24:50de leur donner
24:51un brin de pouvoir.
24:53Mais ceci ne s'explique pas
24:54seulement par des couloirs
24:56administratifs,
24:57c'est simplement
24:57qu'on a une protection sociale
24:58qui s'est étendue
24:59à tout le monde
24:59et qui,
25:00à ce titre,
25:01ne doit plus être gérée
25:02uniquement par ceux
25:03qui gèrent
25:05la sphère de travail.
25:06Donc,
25:07que l'État soit davantage présent
25:08est quelque chose
25:08de tout à fait compréhensible.
25:10Ça amène à la deuxième réponse,
25:11sur le financement.
25:12La bascule progressive,
25:14historique,
25:15c'est qu'on passe
25:15de cotisations sociales,
25:16qui finançaient l'essentiel
25:17de la sécurité sociale
25:18à des impôts,
25:20sous diverses modalités,
25:22principalement,
25:22ces trois lettres
25:23que tout le monde connaît
25:24par cœur,
25:24c'est-à-dire
25:25la CSG,
25:27qui,
25:27comme tout impôt,
25:28a des vertus
25:28et des défauts,
25:29mais qui correspond
25:29à la modernité,
25:32même,
25:32devrait-on dire,
25:32du système.
25:33non pas tant pour seulement
25:35tenter de couvrir
25:35des déficits,
25:37des déséquilibres
25:37extrêmement préoccupants,
25:39mais parce que ce qui a été
25:39une des réussites
25:40du modèle de 1945,
25:42c'est de s'étendre
25:42à tout le monde,
25:43certes,
25:43de façon très dispersée
25:45et avec un équilibre économique
25:47plus que discutable,
25:48même contestable.
25:49Merci beaucoup
25:51à tous les deux.
25:52Voilà pour,
25:53finalement,
25:54cette radioscopie
25:57du modèle français.
25:59Donc,
26:00c'est compliqué,
26:01mais,
26:02quand même,
26:03ce modèle français,
26:04il a des bonnes chances
26:06de s'en sortir.
26:07Patrick Artus,
26:07Marie-Paul Virard,
26:08la France réinventée
26:10pour un nouveau modèle social
26:11français et européen.
26:13Et Julien Damont,
26:15petite éloge de la Sécu,
26:16votre livre est
26:17au presse de Sciences Po,
26:18le livre de Patrick Artus
26:20et chez Odile Jacob.
26:22Allez,
26:22on se retrouve tout de suite
26:23pour la deuxième partie
26:24de l'émission.
26:32On se retrouve
26:35pour la deuxième partie
26:36de cette librairie de l'écho.
26:38Nous la clôturons
26:38comme de coutume,
26:40maintenant,
26:41avec notre coup de cœur
26:41de la rédaction
26:42et puis la batterie
26:44de statistiques
26:45et d'études
26:46qu'on aime bien
26:47vous faire partager
26:48chaque semaine.
26:49Mais tout de suite,
26:50on retrouve nos critiques
26:51attitrées.
26:52À ma gauche,
26:52Christian Chavagneux,
26:53éditorialiste
26:54à alternativeéconomique.fr
26:56et grand animateur
26:57de la rubrique livre
26:58dans Alternative Économique,
27:00le magazine.
27:01Et puis à ma droite,
27:02le vénérable
27:02Jean-Marc Daniel,
27:04président de la Société
27:05d'économie politique,
27:06grand animateur
27:08aussi de la rubrique
27:09critique.
27:10critique,
27:11c'est toujours
27:11un des grands moments
27:12de ces dîners
27:13de la société
27:14d'économie politique.
27:17J'ai dit que vous étiez
27:18professeur émérite
27:19à l'ESCP Business School.
27:21Non, mais ça...
27:21Ah ben voilà,
27:22je me disais,
27:22ou alors je deviens
27:23complètement gâteux.
27:24Ou voilà.
27:25On démarre avec votre choix.
27:27Tiens, Jean-Marc,
27:28pour le coup,
27:28vous nous emmenez
27:29au Groenland
27:29avec le livre
27:30d'Elisabeth Buchanan.
27:32Alors,
27:32tu veux acheter
27:33le Groenland ?
27:35C'est aux éditions
27:36Saint-Simon.
27:36Oui, donc Elisabeth Buchanan,
27:39c'est une géographe
27:41économiste
27:42d'origine australienne
27:43qui s'est spécialisée
27:44dans le Groenland.
27:45Elle dit d'ailleurs
27:45que c'est un effet de niche
27:47parce qu'il y a très peu
27:47de gens qui s'intéressent
27:48au Groenland.
27:50Et donc,
27:50son livre est
27:51une histoire,
27:52surtout une histoire
27:54d'ailleurs,
27:54de ce territoire
27:56qui est rattaché
27:58au Danemark
27:58sans être membre
28:00du Danemark
28:00en tant que tel.
28:01D'ailleurs,
28:01elle rappelle qu'en 1985,
28:03alors que le Danemark
28:04est membre
28:04de la communauté
28:05économique européenne
28:06à l'époque,
28:07l'Union européenne.
28:08Il quitte
28:08l'Union européenne
28:11avant le Brexit.
28:12Il y a eu
28:12un Groenland-Skit.
28:14Et donc,
28:15elle nous rappelle
28:17que ce territoire
28:17d'abord est présenté
28:19de façon beaucoup plus large
28:21que ce qu'il n'est réellement
28:22par les cartes habituelles
28:23parce que les projections
28:25mercator
28:25donnent l'impression
28:26que c'est immense
28:27alors que c'est un territoire
28:28qui fait à peine
28:29un peu plus de quatre fois
28:30le territoire de la France.
28:31Que c'est un territoire
28:32dont on considère
28:33qu'il est très proche
28:34de l'Europe,
28:35qu'il est des enjeux
28:36pour les États-Unis,
28:37mais le pays le plus proche
28:38c'est le Canada
28:39qui est à 26 kilomètres
28:40du Groenland.
28:41Elle rappelle que c'est un pays
28:43qui est très peu peuplé,
28:4457 000 personnes.
28:46Et ces gens
28:47sont des descendants
28:48d'Inuites qui sont arrivés
28:51essentiellement du Canada,
28:54d'Alaska,
28:55et qu'avant il y avait eu
28:56une présence,
28:57donc ils sont arrivés
28:57au 13e siècle,
28:58avant il y avait une présence
28:59viking, norvégienne,
29:01qui a disparu
29:02au 14e siècle,
29:0215e siècle,
29:04sans qu'on sache
29:04véritablement ce qui est arrivé.
29:06Et puis de nouveau,
29:07les Danois sont repartis
29:08au 18e siècle,
29:09donc cette population
29:10est Inuit,
29:12mais à 90% luthérienne,
29:13avec un problème
29:16pour finir sur l'histoire,
29:17qui est les vicissitudes
29:18de l'histoire danoise,
29:20c'est-à-dire que le Danemark
29:21qui était l'allié historique
29:22de Napoléon en 1814
29:24a perdu la Norvège,
29:25alors que la Norvège
29:26était plutôt la référence
29:28pour les Groenlandais.
29:29Et puis en 1940,
29:31le Danemark a été annexé
29:33par l'Allemagne,
29:34ce qui fait que le Groenland,
29:36mais aussi l'Islande
29:37qui était attachée au Danemark,
29:38n'avait plus véritablement
29:39de rapport par rapport
29:41au gouvernement central.
29:43Alors après, elle dit,
29:44à partir de là,
29:45le Groenland est dans l'actualité
29:47parce que Donald Trump
29:48veut absolument annexer
29:49le Groenland.
29:51Les Américains sont déjà présents,
29:53depuis 1951,
29:54dans le cadre d'un accord
29:55avec l'OTAN,
29:56il y a des bases américaines,
29:57et elle fait un certain
30:00nombre de scénarios,
30:01dont le scénario le plus probable,
30:02dit-elle,
30:03c'est le statu quo,
30:04c'est-à-dire que les gens
30:05vont continuer à s'agiter,
30:06il va y avoir une excitation
30:07essentiellement verbale,
30:09des menaces,
30:10mais on voit mal
30:10l'armée américaine
30:11annexait un territoire
30:12dont le roi est quand même
30:13le roi du Danemark.
30:16Et on la voit mal,
30:17sachant que le Danemark
30:18est membre de l'OTAN.
30:20Et en outre,
30:21les enjeux,
30:23elle explique bien
30:23que les enjeux climatiques,
30:25l'ouverture d'une nouvelle voie maritime
30:26n'est pas aussi garantie que ça,
30:28parce que, certes,
30:29la mer devient navigable,
30:31mais il y a beaucoup
30:32d'icebergs qui circulent,
30:33et elle est navigable,
30:34mais dangereuse,
30:35et donc cela pose problème.
30:36quant à l'accès aux ressources minières,
30:39c'est incontestable,
30:39mais une compagnie minière
30:41n'a pas besoin
30:42de connaître le statut
30:45du territoire.
30:46Elle arrive,
30:47elle creuse,
30:47et puis,
30:47donc,
30:48le livre est à la fois
30:50passionnant
30:51par l'information
30:52qu'on requiert
30:53et par la modestie
30:55du propos tenu.
30:56Elle ne le dit pas,
30:57écoutez,
30:57je vais vous dire
30:58de façon définitive,
30:59c'est là que ça va se passer,
31:00si vous vous intéressez
31:01par le Groenland,
31:01vous êtes complètement
31:02à côté de l'actualité.
31:03Elle dit non.
31:04C'est le Groenland.
31:07Christian Chavagneux,
31:08cette petite visite
31:09du Danemark.
31:10Du Danemark.
31:11Du Groenland.
31:13Je n'ai pas grand-chose
31:13à en dire,
31:14parce que Jean-Marc
31:15a à peu près résumé
31:16tout ce qu'il y a
31:16dans le livre.
31:18C'est surtout un livre
31:19qui s'intéresse
31:19à la dimension politique,
31:21en fait.
31:22c'est une ancienne
31:23colonie danoise.
31:24Est-ce que le Groenland
31:25va pouvoir s'autonomiser
31:27un petit peu plus
31:28du Danemark,
31:28prendre un peu plus
31:29d'indépendance ou pas,
31:30tout en étant lié,
31:31sans couper vraiment ?
31:32Les aspects économiques
31:33en fait sont très très peu
31:34développés dans le bouquin.
31:36On sait qu'il y a
31:36du pétrole et du gaz.
31:38Alors vraiment,
31:39l'info économique du bouquin,
31:40c'est que si vous voulez
31:41exploiter le pétrole là-bas,
31:43il faut pour être rentable
31:43que le pétrole soit à peu près
31:45à 170 dollars le baril.
31:46Donc ce n'est pas pour demain matin.
31:48On sait qu'il y a des minerais,
31:49mais quels minerais,
31:49on ne sait pas trop.
31:50Est-ce qu'ils sont exploitables ?
31:51On ne sait pas trop.
31:52Donc la dimension politique,
31:53historique,
31:54Jean-Marc a tout dit en fait.
31:55Je ne vais pas dire
31:56ne lisez pas le livre
31:57parce que Jean-Marc a tout dit
31:57ce qu'il y a dedans,
31:58mais c'est à peu près ça.
31:59C'est un tout petit bouquin.
32:00Évidemment,
32:00si vous n'avez jamais rien lu
32:03sur le Groenland,
32:05forcément,
32:06ce qui est tout à fait possible,
32:08ce qui était mon cas,
32:09forcément,
32:09vous apprenez des choses.
32:10Mais il y a vraiment
32:11un tout petit bouquin
32:12et la dimension économique
32:13est très peu présente.
32:13Allez,
32:14du coup,
32:15on s'intéresse
32:15à votre livre,
32:16Christian Chavagneux,
32:17le livre de Brian Huguère-Cousin,
32:20Les Charognards.
32:22C'est aux éditions du Seuil.
32:23Qui sont ces Charognards,
32:24Christian ?
32:25Alors,
32:25il y a deux auteurs.
32:27Ce sont deux journalistes
32:29de médiacité
32:30qui ont fait une enquête
32:32journalistique.
32:34Il s'appelle Mathieu Slis.
32:35Pardon.
32:35Voilà.
32:36Donc,
32:36deux journalistes enquêteurs
32:39du média,
32:40médiacité en ligne
32:41et qui ont regardé de près
32:43le marché français
32:44des pompes funèbres.
32:45Donc,
32:45en gros,
32:45c'est 3 milliards d'euros,
32:474 000 entreprises,
32:48sauf qu'il y a deux acteurs clés
32:50extrêmement forts
32:51qui sont OGF
32:52avec une marque
32:52qui est les pompes funèbres générales
32:54et puis Funcap
32:56avec la marque Roque et Claire.
32:57En fait,
32:57c'est les deux gros acteurs dominants
32:59dont les actionnaires principaux
33:00sont des fonds d'investissement.
33:01Et là,
33:02l'enquête vise à montrer
33:03qu'un mort,
33:05c'est d'abord
33:05un produit marchand
33:06qui doit ramener
33:07le plus d'argent possible.
33:08Donc,
33:09le bouquin va passer en revue
33:10toutes les techniques,
33:11j'ai envie de dire,
33:12par lesquelles
33:12ces deux gros mastodontes
33:14vont essayer de récupérer
33:15de l'argent.
33:16Vous avez les chambres funéraires,
33:17c'est entre quelqu'un,
33:18entre le moment
33:18où la personne meurt
33:19ou elle est enterrée,
33:20les amis,
33:21la famille
33:21peuvent venir
33:22aux chambres funéraires,
33:23passer à la caisse.
33:24Les contrats d'assurance obsègue,
33:26vous n'allez pas laisser
33:27payer vos enfants,
33:28donnez donc de l'argent
33:29petit à petit
33:29tant que vous êtes vivant,
33:30comme ça,
33:30il y aura un capital,
33:31ça fait rentrer de l'argent.
33:32Les formalités administratives,
33:34vous avez autre chose à penser
33:35en ce que vous.
33:35Et le bouquin
33:37tente à nous dire
33:37que ces grands mastodontes
33:40profitent du fait
33:41qu'on est émotionnellement
33:42un petit peu perturbés
33:43pour nous caser
33:45plus de choses.
33:46Moi,
33:46une chose que j'ai vraiment apprise,
33:48c'est que les crématoriums,
33:50normalement,
33:50sont gérés par les mairies,
33:51mais sont gérés
33:52en délégation de services publics
33:54par les pompes funèbres,
33:55notamment par ces deux gros acteurs
33:56avec des taux de marge
33:57supérieurs à 30%.
33:58Pour un service public,
34:00des taux de marge
34:00supérieurs à 30%,
34:01c'est quand même un peu beaucoup.
34:02Et les deux auteurs nous disent
34:04bah écoutez,
34:05en partie ça va
34:06pour ces fonds d'investissement,
34:07mais en partie ça va
34:08pour les mairies,
34:08ils se partagent un peu le gâteau.
34:10Le gâteau c'est quoi ?
34:10C'est des prix extrêmement élevés
34:12qui sont payés par nous,
34:14enfin par les consommateurs.
34:15Donc il y a aussi
34:16toute une partie du livre
34:17sur les conditions de travail.
34:18Quand on travaille
34:18dans les pompes funèbres,
34:19des gens mal formés,
34:21peu formés,
34:22mal payés,
34:23à qui on dit
34:24tu fais pas de sentiments,
34:25t'es là pour faire
34:26du chiffre d'affaires.
34:27Et beaucoup craquent en fait.
34:28On a beaucoup de témoignages
34:28de gens qui émotionnellement
34:29ont du mal à tenir ce métier.
34:31Et puis des petites choses
34:32comme des inversions de corps
34:34ou bien le corbillard
34:38qui arrive avec trois heures d'hortard
34:39ou bien qui n'arrive pas du tout
34:40au moment de la cérémonie.
34:42Ou alors vous avez aussi
34:43à un moment donné
34:44on s'aperçoit que le cercueil
34:45est trop petit.
34:45Et là je vous laisse imaginer
34:46quelles sont les solutions
34:47qu'on peut trouver
34:48quand le cercueil se révèle trop petit
34:50pour la personne concernée.
34:51En fait, au fond,
34:53au-delà de l'enquête,
34:54ce que je trouve intéressant
34:55c'est qu'il y a 30 ans
34:56c'est un marché
34:57qui a été libéralisé.
34:58C'est un marché
34:59qui était très opaque
35:00et avec des prix très élevés
35:01et la libéralisation
35:02qu'est-ce qu'elle a fait ?
35:03Le marché est toujours
35:04très opaque
35:04et il y a une course au profit
35:06qui fait qu'aujourd'hui
35:08les consommateurs
35:09entre guillemets
35:09les clients des pompes funèbres
35:10n'en profitent pas.
35:11C'est une libéralisation
35:12qui a échoué.
35:13Mais est-ce que les gens
35:13font vraiment jouer
35:15la concurrence
35:16entre guillemets
35:17dans ces moments-là ?
35:18Où est-ce qu'on va finalement
35:19celui qui est plus près ?
35:19On va à celui qui est près
35:20de l'hôpital
35:20exactement
35:21ou de la maison, tout à fait.
35:23Jean-Marc Daniel,
35:23quel regard portez-vous
35:25sur cet univers
35:26des pompes funèbres ?
35:27J'ai été assez déçu
35:28par ce livre
35:29parce qu'effectivement
35:29c'est un univers
35:30à la fois auquel
35:31tout individu
35:32va être à un moment donné
35:33confronté.
35:35On a toujours des décès
35:36dans sa famille
35:37et puis à la fin des fins
35:38on est client indirect.
35:42Mais qu'une seule fois.
35:44Mais qu'une seule fois.
35:44Oui absolument.
35:45Et on n'est pas
35:46immédiatement
35:47en première ligne
35:47même s'il n'est quand même
35:48en première ligne
35:49si je puis m'exprimerai ainsi.
35:50Et donc en fait
35:52le livre est caricatural
35:53il prend des anecdotes
35:54pour en faire des généralités
35:55effectivement
35:56il y a un chapitre
35:57sur les inversions
35:58de cercueils
35:59mais le gars qui témoigne
36:01dit c'est arrivé
36:01de temps en temps
36:02dans la précipitation
36:04on avait deux cercueils
36:05on ne savait pas à la fin
36:06d'ailleurs on n'est même pas sûr
36:07qu'on a inversé les cercueils
36:08on a mis un dans une table
36:11sans qu'on sache
36:13qu'il y avait à l'intérieur.
36:14De même
36:14à un moment donné
36:16ils disent
36:16écoutez
36:17la concurrence
36:20ça ne marche pas
36:21et puis ils citent
36:22la cour des comptes
36:23et la cour des comptes
36:23dit
36:23le problème
36:24c'est pas que la concurrence
36:25ne marche pas
36:25c'est qu'elle n'a pas été
36:26effective la concurrence
36:27c'est-à-dire qu'on a posé
36:29le principe
36:29et puis à la fin
36:30il n'y a plus que deux acteurs
36:31et effectivement
36:32ce que j'ai découvert
36:33c'est que ces deux acteurs
36:33étaient des propriétés
36:36d'actionnaires
36:36qui sont des fonds de placement
36:37qui ont fait un raisonnement
36:39assez simple
36:39c'est que c'est un marché
36:40qui est un marché
36:41qui a vocation
36:44à être en expansion
36:44et assez prévisible
36:46et donc
36:47avec les boomers
36:50qui arrivent
36:51c'est assez prévisible
36:53et donc
36:54les actionnaires de ça
36:57c'est
36:57les pompes
36:59funèbres générales
37:01c'est
37:01l'actionnaire canadien
37:03qui est
37:04un opérateur
37:06dans ce secteur-là
37:07et alors
37:08ils ont rencontré
37:09les PDG
37:09des deux grands opérateurs
37:11et
37:12il y en a un des deux
37:13qui en particulier
37:14quand il les interroge
37:16en disant
37:16vous avez fait énormément
37:17d'argent grâce à la Covid
37:18ils disent non
37:19ça a anticipé
37:19nos bénéfices
37:22mais après
37:23j'ai dit
37:24après on a eu un trou
37:25donc effectivement
37:27il y a
37:28ça aurait pu être
37:30une étude sur un secteur
37:32qui est un secteur
37:32effectivement
37:33un secteur 3 milliards
37:34de chiffres d'affaires
37:35l'a rappelé Christian
37:36c'est un secteur
37:37sur lequel il y avait
37:38une volonté
37:38de mise en concurrence
37:40qui n'a pas fonctionné
37:41et la Cour des Comptes
37:42le dit bien
37:42elle dit le problème
37:43c'est pas que
37:44c'est devenu privé
37:45le problème c'est que
37:46l'intention du législateur
37:47quand il a ouvert
37:48la concurrence
37:49n'a pas conduit
37:50à ce qu'il attendait
37:51c'est-à-dire
37:52il n'y a pas de véritable concurrence
37:53et donc le problème
37:53c'est essayer
37:55de faire respecter
37:56effectivement
37:56les lois de la concurrence
37:58de casser les monopoles
37:59et tout ça
37:59il y a un personnage
38:01le seul moment
38:02un peu positif
38:02que j'ai vu
38:03c'est qu'à deux ou trois reprises
38:04il parle du
38:04de l'Undertaker
38:06de Lucky Luke
38:07du personnage
38:09des
38:09les pompes funèbres
38:11dans Lucky Luke
38:11vous savez
38:12chaque fois que Lucky Luke
38:13le Toumar
38:14qui a son vautour
38:17qui l'accompagne
38:18et que chaque fois
38:19qu'il va y avoir un duel
38:20que Lucky Luke apparaît
38:21il arrive avec son maître
38:22pour mesurer
38:23le cercle potentiel
38:24et donc
38:25ils disent
38:26le comptement
38:28c'est un peu ce personnage
38:29ce personnage
38:30que l'on crée
38:31tout ça
38:31mais qui fondamentalement
38:32est assez sympathique
38:33et ils accusent
38:34les pompes funèbres
38:34de jouer là-dessus
38:35merci messieurs
38:37allez
38:38on retrouve
38:39notre étude
38:40de la semaine
38:41BFM Business
38:43la librairie de l'écho
38:45l'étude de la semaine
38:46l'étude de la semaine
38:50c'est celle
38:51de l'institut
38:52Rex & Code
38:54qui concerne
38:55l'hyper compétitivité
38:57de la Chine
38:57menace durable
38:58pour l'industrie
38:59en Europe
39:00point d'interrogation
39:01j'ai souhaité
39:02vous interroger
39:04Charles-Henri
39:04Colombier
39:06parce que
39:07on a tous
39:08été quand même
39:08saisis d'effroi
39:10par la phrase
39:11du patron
39:12de BPI France
39:12Nicolas Dufourque
39:13qui nous a dit
39:15si l'Europe
39:16ne se protège pas
39:16face au tsunami chinois
39:18ces PME
39:20vont disparaître
39:21en gros
39:21de la Pologne
39:22à la Bretagne
39:23est-ce que
39:24la situation
39:25est vraiment
39:26aussi préoccupante
39:27que ça ?
39:29Bonjour
39:30merci pour votre invitation
39:31alors c'est vrai
39:32qu'on a utilisé
39:33le terme
39:33d'hyper compétitivité
39:34parce qu'on a
39:35le sentiment
39:36d'une sorte
39:37de rouleau compresseur
39:38qui ne s'arrête pas
39:39et en fait
39:39on a voulu
39:40étudier
39:41une sorte
39:43de paradoxe apparent
39:44que les économies
39:45émergentes
39:45et notamment la Chine
39:46aient une compétitivité
39:48prix largement meilleure
39:49que la nôtre
39:49en soi
39:50c'est pas une nouvelle
39:51c'est pas une surprise
39:52en revanche
39:53le mécanisme normal
39:55est un mécanisme
39:56où l'écart
39:57de compétitivité
39:57prix va
39:58en se réduisant
39:59à mesure que
40:00le niveau de vie
40:01des économies
40:02comme la Chine
40:03progresse
40:03or c'est pas du tout
40:05ce qu'on observe
40:05en réalité
40:06depuis 5 ans
40:08les prix à la production
40:10de l'industrie
40:11en Chine
40:11n'ont quasiment pas bougé
40:12là où ils ont augmenté
40:14d'à peu près
40:1425%
40:15dans la zone euro
40:16donc en réalité
40:17à rebours
40:18de ce mécanisme
40:19classique
40:20on a une réaccélération
40:22des gains de compétitivité
40:23prix de la Chine
40:24ce qui évidemment
40:25est assez préoccupant
40:26sur quoi repose
40:28cette hyper compétitivité
40:30chinoise
40:30alors on a identifié
40:32une série de facteurs
40:348 facteurs
40:34qui sont de 2 types
40:36des facteurs
40:38qui sont liés
40:39aux coûts de production
40:40eux-mêmes
40:41et des facteurs
40:41qui sont liés
40:42à des politiques
40:43macroéconomiques
40:44qui sont mises en oeuvre
40:45par le gouvernement chinois
40:46et au sein
40:47des facteurs
40:48qui sont liés
40:49aux coûts de production
40:50il y a bien évidemment
40:51le coût du travail
40:52le coût de l'énergie
40:53les coûts logistiques
40:55et les marges
40:56des entreprises
40:57mais au sein
40:57du coût du travail
40:58ce qui est assez surprenant
41:00c'est que la progression
41:01des salaires en Chine
41:02ralentit très fortement
41:03on est désormais
41:04sur des rythmes
41:05de progression des salaires
41:06qui sont entre 2 et 3%
41:07donc finalement
41:08qui sont assez proches
41:09des niveaux de progression
41:10des salaires
41:11que l'on observe
41:11en France et en Europe
41:13et par ailleurs
41:14compte tenu
41:15de la vague
41:15d'investissements
41:16industriels massifs
41:17notamment en automatisation
41:19qui a eu lieu
41:19ces dernières années
41:20les gains de productivité
41:22de l'industrie chinoise
41:23sont beaucoup plus élevés
41:24que les gains de productivité
41:25de l'industrie européenne
41:26et française
41:27et donc
41:28les coûts salariaux unitaires
41:30qui sont la métrique
41:31qui compte
41:32pour comparer
41:33la dynamique
41:33des coûts
41:34du travail
41:35dans l'industrie
41:35les coûts salariaux unitaires
41:37augmentent moins vite
41:38en Chine
41:39que ce n'est le cas
41:40en France et en Europe
41:41Quel rôle
41:42les politiques publiques
41:43jouent finalement
41:44dans ce renforcement
41:46de la compétitivité chinoise ?
41:49Oui alors
41:49on identifie
41:51à 3 facteurs principaux
41:52il y a
41:53ça ce n'est pas nouveau
41:54mais une politique
41:55de pilotage
41:55du taux de change
41:56qui est tout à fait
41:57problématique
41:58puisque le yuan
41:59est en réalité
42:00de fait
42:00ancré sur le dollar
42:02et donc
42:03ne se réapprécie pas
42:04il est largement
42:05sous-évalué
42:05par rapport
42:06au taux de change
42:07d'équilibre
42:07et puis on a
42:09des mesures
42:09de politique industrielle
42:11qui vont
42:12de la subvention
42:13et ça
42:14là aussi
42:15ce n'est pas nouveau
42:16c'est documenté
42:17par des travaux
42:18de la commission européenne
42:19mais plus largement
42:21une politique
42:21macro-industrielle
42:23qui a favorisé
42:24la mise en place
42:25de clusters industriels
42:26régionaux
42:26avec des effets
42:27d'échelle
42:28tout à fait
42:29importants
42:30et donc
42:32la politique économique
42:33suivie par le gouvernement
42:34chinois
42:34accompagne finalement
42:35cet avantage
42:36sur les coûts
42:38de production
42:38Sachant que
42:39avantage sur les coûts
42:41de production
42:41qui s'est quand même
42:43accompagné
42:43d'une montée
42:44en gamme
42:45absolument spectaculaire
42:46Oui absolument
42:48c'est ça qui est nouveau
42:49c'est qu'on a à la fois
42:50une compétitivité
42:51de prix
42:52mais une compétitivité
42:53hors prix désormais
42:54où sur toute une série
42:56de secteurs
42:57les produits chinois
42:58sont à la fois
42:59sur des niveaux de qualité
43:00qui se rapprochent
43:01voire dépassent
43:02les niveaux de qualité
43:03des produits européens
43:04mais avec des avantages
43:05coûts
43:05qui sont parfois
43:06de 30-40%
43:07il n'y a qu'à prendre
43:08l'exemple
43:09des pneumatiques
43:11qui avaient été évoquées
43:11lors d'une audition
43:12par la direction
43:14de Michelin
43:14qui estimait
43:15que dans ses propres
43:16unités de production
43:17finalement
43:18il y avait un écart
43:19quasiment du simple double
43:21entre les coûts de production
43:22d'usines en Chine
43:23et d'usines en France
43:24Merci beaucoup
43:25Charles-Henri Colombier
43:27de nous avoir éclairé
43:28sur les ressorts
43:29de cette hyper compétitivité
43:31chinoise
43:32c'était une étude
43:33de l'institut
43:34Rexecode
43:36Allez
43:36c'est l'heure
43:37de notre festival
43:39de chiffres
43:40et de statistiques
43:41BFM Business
43:44la librairie de l'écho
43:45des idées
43:47et des chiffres
43:47Et on commence
43:51avec Noël
43:52et oui
43:52c'est bientôt
43:53Noël
43:53alors évidemment
43:54on croule
43:55sous les études
43:56qui nous disent
43:57combien les français
43:58vont dépenser
43:58pour les cadeaux
43:59pour le repas
44:00je vous cite les chiffres
44:01par exemple
44:01de l'étude Cofidis
44:02qui nous dit
44:03que les français
44:04prévoient un budget
44:05moyen
44:05de 491 euros
44:07pour célébrer les fêtes
44:09c'est un peu moins
44:10qu'en 2024
44:11et c'est un niveau
44:12qui est au plus bas
44:14depuis 2017
44:15mais ce qui nous a
44:16amusé
44:17nous ici
44:18à la librairie de l'écho
44:19c'est un petit peu
44:19les études
44:21qui cassent
44:22un petit peu
44:22cette magie de Noël
44:24les études
44:25qu'on pourrait un peu
44:25qualifier de
44:26Père Noël
44:26est une ordure
44:27voyez
44:28alors on commence
44:28avec la première
44:29c'est un sondage
44:30Opinion Way
44:31pour Weekend Do
44:33qui nous dit
44:34que un français
44:35sur trois
44:36ne se souvient
44:37déjà plus
44:38des cadeaux
44:38qu'il a reçus
44:39à Noël dernier
44:41car finalement
44:41chaque année
44:42c'est à peu près
44:43le même scénario
44:44les paquets
44:45qui s'entassent
44:45les papiers
44:46et beaucoup
44:47de tous ces cadeaux
44:48finissent au placard
44:50à la poubelle
44:51le meilleur sort
44:53qui puisse leur être
44:54réservé
44:54c'est encore
44:54d'être revendu
44:55sur les sites
44:57d'occasion
44:58et puis alors
44:59l'autre étude
45:00qui nous a
45:01aussi interpellé
45:03et qu'on vous livre
45:04aujourd'hui
45:05c'est que près
45:05d'un français
45:06sur deux
45:0745%
45:08reconnaît
45:09dépenser
45:10de l'argent
45:10dans des cadeaux
45:11qui ne seront
45:11jamais utilisés
45:13par leur destinataire
45:14ça c'est un sondage
45:15Opinion Way
45:15pour Eti Cadeau
45:17donc effectivement
45:18la moitié des français
45:20considèrent que l'argent
45:21qu'ils dépensent à Noël
45:22est en partie
45:23dépensé
45:24en pure perte
45:25sentiment
45:26qui est plus fort
45:27chez les jeunes
45:28générations
45:29donc
45:30voilà
45:31pour les cadeaux
45:33de Noël
45:33l'alerte
45:34de la semaine
45:35c'est l'INSEE
45:38qui fait le point
45:39sur le développement
45:40des bornes de recharge
45:41pour voitures électriques
45:43l'INSEE nous dit
45:43qu'il y a
45:4430 000 stations
45:44de recharge électrique
45:46accessibles
45:47au public en France
45:47en tout
45:48126 000
45:49points de charge
45:50dont un quart
45:51sont à vitesse
45:52de charge rapide
45:53ou ultra rapide
45:55ça représente
45:56quand même
45:5669%
45:57de points de charge
45:58en plus
45:59depuis le printemps
46:002024
46:01alors oui
46:02il y a plus de bornes
46:03de recharge
46:04mais pas partout
46:04il y en a davantage
46:05dans les zones urbaines
46:07que dans les zones rurales
46:09et le maillage
46:10des stations
46:11de recharge
46:11est très dense
46:12notamment dans les zones
46:14d'activité économique
46:15et commerciale
46:16songez que ça concentre
46:17un tiers du total
46:19des bornes de recharge
46:20mais que ça se concentre
46:23sur 0,5%
46:24du territoire
46:25alors que
46:26ces territoires
46:27regroupent la moitié
46:27des salariés
46:29des entreprises
46:30françaises
46:30les communes touristiques
46:31aussi disposent
46:33en moyenne
46:33de 12 fois plus
46:34de points de charge
46:35que les communes
46:36non touristiques
46:37BFM Business
46:39la librairie de l'écho
46:41le coup de coeur
46:42de la rédaction
46:43et forcément
46:45il fallait que cet ouvrage
46:46soit un des coups de coeur
46:48de la rédaction
46:48de BFM Business
46:50et c'est Nathan Cocampo
46:52notre reporter
46:53à BFM Business
46:54un de nos reporters
46:55à BFM Business
46:56qui a l'honneur
46:58de présenter
46:58cet ouvrage
46:59qu'on attend des temps
47:00c'est le grand retour
47:01du plus célèbre
47:02des milliardaires
47:03Nathan
47:04qui fait son retour
47:05en BD
47:05Picsou
47:06et les bits coin coin
47:07et les bits coin coin
47:09c'est quand même
47:11des décennies
47:13qu'il a fallu
47:14attendre
47:15pour que Picsou
47:16finalement revienne
47:17avec en plus
47:18une version presque
47:19française
47:20c'est ça
47:20le plus riche des canards
47:21Walt Disney
47:22revient enfin
47:23dans nos rayons
47:23on se rend compte
47:24qu'il n'est justement
47:25plus le canard
47:26le plus riche du monde
47:27des canards de la tech
47:28ont fait fortune
47:29dans les nouvelles technologies
47:31évidemment
47:31ils l'ont supplanté
47:32ils ne supportent pas ça
47:33et investissent lui aussi
47:34donc dans les crypto-monnaies
47:36les fameux
47:37bitcoin coin
47:38voilà
47:38mais c'est un monde
47:39qu'il ne maîtrise pas
47:40il va se faire hacker
47:41par les raptous
47:42toujours les mêmes
47:43Picsou se retrouve ruiné
47:45sa piscine de dollars
47:46est totalement vidée
47:47mais heureusement
47:47ses petits neveux
47:48toujours là aussi
47:49Riri, Fifi, Loulou
47:50devenus influenceurs
47:52vont l'aider
47:52à retrouver sa fortune
47:53à investir lui aussi
47:55dans les crypto-monnaies
47:55et vont faire de lui
47:57une figure populaire
47:58une figure adulée
47:59sur les réseaux sociaux
47:59jusqu'à l'amener
48:01sur le tapis rouge
48:01le tapis rouge
48:02du festival de Cannes
48:03où il va présenter
48:04un film sur sa vie
48:05alors les raptous
48:06eux par contre
48:06ils sont à la page
48:07technologiquement
48:08contrairement à Picsou
48:09complètement
48:09eux ils vont juste hacker
48:10ils vont essayer
48:11de venir complètement
48:12siphonner la fortune
48:14de Picsou
48:16ils vont se faire aider
48:17par un talentueux
48:19milliardaire de la tech
48:20justement
48:20qui peut faire un peu
48:21penser à un certain
48:22Elon Musk
48:23mais voilà
48:24on a pour la première fois
48:25une histoire
48:26qui parle de notre temps
48:27qui confie à des français
48:28c'est une première
48:29alors c'est ça
48:29qui sont les français
48:31qui sont les auteurs
48:32de cette BD
48:32alors Keramidas
48:33au dessin
48:34et Jules auteur
48:35de Lucky Luke
48:36au scénario
48:36donc pour vous dire
48:37Picsou est né en 1947
48:38on a eu énormément
48:39de Picsou magazines
48:40j'imagine que vous vous souvenez
48:41on partait dans le train
48:42avec le Picsou magazine
48:43moi j'étais plutôt
48:44Pif Gadget
48:44je vois bien
48:46il y avait deux écoles
48:46deux écoles
48:47moi j'étais plus Picsou
48:48il y a eu des milliers
48:49d'histoires
48:50mais jamais confié
48:51à des français
48:51comme ceux-là
48:53pour convaincre Walt Disney
48:53les deux français
48:54ont multiplié les jeux de mots
48:55multiplié tout ce qui est
48:57sous-entendu
48:57réflexion autour
48:58de notre société
48:59pour justement plaire aussi
49:00aux adultes
49:01j'ai pu rencontrer
49:02Jules
49:02le scénariste
49:03à Paris
49:03qui me disait
49:04que les bits
49:04en coin sortaient
49:05à un moment opportun
49:06entre le vote du budget
49:07du moment
49:08qui est un peu compliqué
49:09les dérapages de Trump
49:10ce monde où les intérêts
49:12des milliardaires prévalent
49:14dominent
49:14par rapport aux états
49:16et il me disait justement
49:17Picsou c'est un peu
49:18une petite fable
49:18sur notre époque
49:19concrètement
49:20vous avez pris du plaisir
49:22vous avez appris des choses
49:23le scénario est sympa
49:26c'est une BD
49:28qui est bien rythmée
49:29on va aller
49:30dans plusieurs scénarios
49:32d'histoire
49:33on va vraiment
49:34passer du festival de Cannes
49:35aux influenceurs
49:36aux crypto-monnaies
49:38bon après
49:38on retrouve les personnages
49:40qu'on aime bien
49:40Géo Trouve-Tout
49:41qui est à la pointe
49:41de la technologie
49:42Picsou qui est toujours
49:43autant radin
49:43autant en manque d'empathie
49:44mais on tombe un peu
49:46dans le cliché peut-être
49:47évidemment quand on connaît
49:48ce milieu
49:49on est dans les méchants
49:50milliardaires
49:50les méchants de crypto-monnaies
49:51mais on arrive tout de même
49:53à avoir un peu de positif
49:54avec les influenceurs
49:55la deuxième partie
49:56de la BD
49:56est-ce que c'est une BD
49:57de gauche ?
49:58plutôt
49:59complètement
49:59mais Jules est plutôt
50:01un auteur
50:01plutôt de gauche
50:02on va dire
50:03donc la deuxième partie
50:04de la BD
50:04montre aussi
50:05ce côté positif
50:06des influenceurs
50:06qui m'a plu moi
50:07le côté
50:07on peut se retrouver
50:09au festival de Cannes
50:10avec un film
50:11qu'on a produit soi-même
50:12qui n'est pas dominé
50:14par les mastodontes
50:14ça ça m'a plu
50:16le côté
50:16faisons nous-mêmes
50:18chez nous
50:18et voyons ce que ça donne
50:19et soyons plus créatifs
50:20et soyons plus créatifs
50:21complètement
50:22c'est pas spécialement
50:24pour adultes
50:25ou c'est quand même
50:26un peu plus pour adultes
50:27que les BD
50:28Picsou traditionnelles ?
50:29moi je le vois
50:29comme un Astérix
50:30un peu
50:30donc Astérix
50:31pour les enfants
50:33mais avec beaucoup
50:33de sous-entendus
50:34des personnages
50:35qui sont grimés
50:36de notre société
50:36qui au final
50:37plaient complètement aux adultes
50:38voilà déjà
50:39allez on commence
50:40la saison des fêtes
50:40ça fera partie
50:41des incontournables
50:42sous le sapin
50:43cette BD
50:45donc Picsou
50:46et les Bites
50:47coin coin
50:48merci beaucoup
50:49Nathan Coquempo
50:50d'être venu nous présenter
50:51ce livre
50:52allez c'est l'heure
50:53de nos ultimes choix
50:54Christian Chavagneux
51:04quelle est votre
51:04dernière sélection
51:05pour aujourd'hui ?
51:06ça veut dire que
51:06le grand historien français
51:07Fernand Braudel
51:08était sur la ligne Maginot
51:09il a été mobilisé
51:10en juin 40
51:11il est fait prisonnier
51:11il passe toute la guerre
51:12comme prisonnier
51:13d'abord à Mayence
51:15puis à Lubec
51:15et donc il va donner
51:16des conférences
51:17une vingtaine de conférences
51:18sur l'histoire
51:19à ses co-détenus
51:20et ces conférences
51:22ont été rassemblées
51:22en chapitre
51:23et ça fait un petit bouquin
51:24qui vient d'être publié
51:25donc c'est les conférences
51:25de la captivité
51:26de Fernand Braudel
51:26dans lequel en fait
51:27il définit ce que doit être
51:28la méthode historique
51:29non l'histoire
51:30c'est pas une succession
51:31de hasards incompréhensibles
51:33non l'histoire
51:33c'est pas une succession
51:34d'événements et de grands hommes
51:35quand vous regardez
51:36l'impact des grands hommes
51:36c'est pas grand chose
51:37tout ça c'est la surface
51:38l'histoire c'est quelque chose
51:39qui a des lois fondamentales
51:40il dit
51:41mais vraiment j'y crois
51:42il y a des lois fondamentales
51:44de long terme historique
51:44j'arrive pas à croire
51:45que le monde social
51:46n'est pas l'esprit de suite
51:47c'est une belle formule
51:54à un moment donné
51:54tous les grands succès
51:55tous les monstres d'histoire
51:57de culture
51:58qu'on aura après de sa part
51:59passionnant
52:00Jean-Marc Daniel
52:01alors moi j'ai choisi
52:02le livre d'un sénateur
52:03Vincent Delahaye
52:05qui s'appelle
52:05Des économies
52:06en veux-tu
52:06en voilà
52:06en pleine période
52:08de négociation
52:09il n'y a qu'à se baisser
52:09pour ramasser le pognon
52:10voilà alors
52:11c'est un livre
52:13qui quand même
52:14peut nous réconcilier
52:15avec la classe politique
52:16parce que
52:17le spectacle assez pitoyable
52:18qu'elle donne
52:18en ce moment
52:19peut paraître inquiétant
52:20et là
52:21alors il reprend des idées
52:22qu'on connaît
52:23un peu partout
52:24il faut regarder
52:27de plus près
52:27la dépense
52:28de l'état
52:29etc
52:29mais c'est assez bien construit
52:31et ça prouve
52:31qu'il y a quand même
52:32dans le monde politique
52:33des gens qui ont conscience
52:33de la réalité
52:34et qui lisent
52:35Agnès Verdier et Molinier
52:36et qui le résument
52:37en trois fois moins de pages
52:39que les bouquins
52:39d'Agnès Verdier et Molinier
52:40oui c'est
52:41un mélange de tout ça
52:44mais revient à la sauce politique
52:46et bien menée
52:47et bien présentée
52:47dans une jeune maison d'édition
52:49les éditions de Londres
52:50donc c'est un livre
52:51qui peut venir en complément
52:53des oeuvres complètes
52:53de l'Agnès Verdier et Molinier
52:54voilà
52:56bah écoutez moi
52:56c'est pas un livre
52:57que j'ai choisi
52:58mais je voulais quand même
52:59rendre hommage
53:00à cette vénérable institution
53:01la Documentation Française
53:03qui fête ses 80 ans
53:05cette année
53:06la Documentation Française
53:08c'est effectivement
53:10des revues
53:12alors les cahiers français
53:13les célèbres cahiers français
53:14question internationale
53:15ce sont des collections
53:16au total
53:17plus de 1400 titres
53:19au catalogue
53:19sur l'économie
53:21sur les institutions
53:21françaises et internationales
53:23sur les sujets
53:23de société
53:24c'est toujours rigoureux
53:25toujours sérieux
53:26voilà une arme
53:27efficace de lutte
53:29contre la désinformation
53:30voilà
53:31les 80 ans
53:32de la
53:33documentation française
53:36qui mérite bien
53:38qu'on lui rende
53:38un petit coup
53:39de chapeau
53:40voilà
53:40c'est la fin de cette
53:41librairie de l'égo
53:42on se retrouve la semaine prochaine
53:43et d'ici là
53:44bonne lecture
53:44c'est la fin de cette
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