Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Ce vendredi 10 avril, Sébastien Lalevée, directeur général de Montpensier Arbevel, Jean-François Robin, responsable mondial de la recherche de Natixis CIB, Frédéric Rozier, gérant chez Mirabaud France, et Hervé Goulletquer, conseiller économique senior chez Accuracy, se sont penchés sur les impacts de la guerre en Iran sur l'économie mondiale et comment investir au vu du contexte actuel dans la semaine de Marc dans l'émission C'est Votre Argent présentée par Marc Fiorentino. C'est Votre Argent est à voir ou écouter le vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:02BFM Business présente
00:06C'est votre argent
00:08Marc Fiorentino
00:09Et pourtant j'ai essayé de l'échauffer sur Trump
00:11et je sais pas, j'ai pas réussi à...
00:13Et bon, ils ont été anti-Trump, évidemment
00:16qui n'est pas anti-Trump en France, mais
00:17c'était pas radical, je pensais que...
00:20Sébastien, je pensais que vous alliez être plus chaud là-dessus sur ce sujet-là.
00:24Pas qu'en France, Marc, aux Etats-Unis
00:25tu sens quand même que le vent a tourné
00:28et qu'il y a plein de gens qui s'excitent contre lui
00:30de toute façon, de plus en plus vocale.
00:31Avant les élections aussi, avant qu'il soit élu.
00:34Allez, on passe tout de suite au marché
00:37cette semaine.
00:40Spectaculaire, tu le disais
00:42tout à l'heure Sébastien, on a eu
00:43une journée de mercredi, vous l'avez tous eu
00:47presque 5%
00:48de hausse sur les marchés
00:50européens et les marchés asiatiques, plus de 3%
00:52de hausse sur les marchés américains.
00:54On voit les indices de la semaine,
00:567% de hausse sur
00:57le Nikkei.
00:59Bon, ça fait du bien de voir du vert quand même.
01:00Puis ça fait du bien de voir du vert
01:02avec Shankai en baisse, ça me fait plaisir.
01:04Et allez, 2026, on est pas mal, on est pas mal.
01:07Bon, on était dans le rouge la semaine dernière, tout le monde se plaignait.
01:10Ça va, je sais, c'est pas énorme, mais c'est quand même pas mal.
01:13C'est quoi l'événement qui vous a le plus marqué cette semaine sur les marchés, Frédéric ?
01:17Le rebond de certaines valeurs, il y a des thématiques assez intéressantes.
01:21Par exemple ?
01:22Les croisiéristes, tout ce qui était à l'arrêt,
01:25l'aviation, c'est des bons...
01:27Ça a repris combien, ça ?
01:28Des 10, des 15 ?
01:29Des 15, 20%.
01:31Donc, voilà, c'était...
01:32Tous les secteurs, et c'est intéressant, on en parlera tout à l'heure,
01:35mais tous les secteurs qui ont été pris un peu dans la masse,
01:38de la fermeture, quasiment la situation du Covid.
01:41On a eu l'impact du Covid sur certains secteurs,
01:44le transport, transport maritime,
01:46bref, et donc là, c'était ce qu'il y a de plus violent.
01:48Et c'est vrai que, je suis d'accord,
01:50c'est un mouvement qu'on a eu sur 24 heures,
01:54puis, tout de suite, on a rebasculé encore la journée de...
01:58Mais pas beaucoup.
01:59Pas beaucoup, on revient sur les mêmes...
02:00Non, après, ce qu'a dit Sébastien, c'était très intéressant,
02:02on est revenu sur les fondamentaux.
02:04Oui, mais ce qui est intéressant, c'est un peu comme une mâchoire de crocodile le marché.
02:07C'est-à-dire que, sur le S&P,
02:10il y a des secteurs, et notamment la chimie,
02:12il y a des performances à 60-70%,
02:14notamment ce qui est lié à des dérivés pétrochimiques.
02:18Et à l'inverse, tout ce qui est IT, logiciel,
02:21c'est moins 50, moins 60%.
02:23L'écart de performance qu'on a eu en un trimestre est juste phénoménal.
02:27C'est intéressant, parce que c'est vrai que,
02:29quand on vous écoute,
02:30quelqu'un qui ne connaît pas les marchés,
02:32qui arrive, je lui montre ce tableau,
02:35et il est parti en vacances pendant trois mois,
02:38dans un endroit où on ne reçoit pas de missiles,
02:40et il se dit, bon, il était coupé du monde,
02:43et il dit, bon, il ne s'est rien passé, les gars,
02:44bon, c'est bien, je suis parti, il n'y a rien.
02:46Et vous dites, non, d'abord,
02:47on sait qu'il s'est passé plein de choses sur les indices,
02:49mais derrière les indices,
02:50en fait, les indices, c'est un peu un écran de fumée.
02:52Derrière, il y a une dispersion qui est phénoménale.
02:55Toute la baisse, en tout cas,
02:56une partie de la baisse a été entraînée par les logiciels,
03:00les dérivés logiciels aux États-Unis,
03:02et tous les dérivés, alors pétrole,
03:04bien sûr, les producteurs de pétrole,
03:05tout ce qui est raffinage, tout ce qui est pétrochimie,
03:08c'est des hausses incroyables depuis le début de l'année.
03:11L'événement qui t'a marqué cette semaine, c'était quoi ?
03:14Moi, j'étais sur le...
03:17justement, sur le fait qu'assez rapidement,
03:20on est revenu aux fondamentaux d'avant l'Iran.
03:25D'avant la guerre en Iran.
03:26Et c'est fondamental.
03:27Le principal fondamental,
03:29les principaux fondamentaux, pardon,
03:30c'est l'IA, quoi.
03:32Exactement.
03:32Je voudrais juste donner quelques chiffres
03:33pour que les gens aient vraiment en tête de ça.
03:35en tropique, donc, qui fait Claude,
03:36qui est aujourd'hui un peu le leader,
03:38surtout en B2B, donc en business.
03:40ChatGPT est très connu auprès du grand public,
03:43mais pour les entreprises, c'est Claude.
03:44Claude, c'était 1 milliard de revenus annualisés fin 2024,
03:499 milliards fin 2025,
03:5214 milliards fin janvier, en annualisé,
03:5519 milliards fin février,
03:5830 milliards fin avril.
04:01Le SaaS, globalement, c'est 300 milliards de chiffre d'affaires.
04:05Et c'était 50 milliards de plus en 2025.
04:07Sur ces 50 milliards, il y en a 8 qui viennent d'Anthropic.
04:09Donc, c'est 15%.
04:10En fait, en réalité, les budgets IT des boîtes ne bougent pas,
04:13mais l'allocation à travers cela
04:16est en train de changer dramatiquement.
04:17Quand vous dites qu'ils ne bougent pas,
04:19je ne suis pas sûr qu'ils ne bougent pas.
04:20Je pense qu'ils baissent,
04:21parce que Claude coûte moins cher qu'un éditeur de SaaS.
04:23Après, c'est l'autre sujet.
04:24Qu'un éditeur de logiciels.
04:26Exactement.
04:27Donc, en fait, mais globalement, en Crète,
04:30on ne voit pas tellement les budgets,
04:31mais à l'intérieur, ça bouge dramatiquement.
04:33Donc, concrètement, il y a HPI, c'était Solo qui avait dit
04:36l'informatique, je la vois partout, sauf dans les stats.
04:39Là, on la voit.
04:40Là, elle y a, on la voit très clairement.
04:42Et je termine là-dessus.
04:43Pour l'utiliser chez Montpensier Arbevel,
04:46en tout cas, essayer de l'implémenter,
04:47il faut une architecture informatique extrêmement précise.
04:51Il faut vraiment investir,
04:53et ça prend du temps de mettre la donnée.
04:55Et ça, en Europe, on verra.
04:58Les boîtes ne seront pas capables de le faire
04:59avant 12, 18, 24 mois.
05:01Je ne sais rien d'où 18, 24 mois, ça va très vite.
05:03Mais le plein effet de l'IA dans les entreprises,
05:06et sa productivité,
05:07ce n'est pas avant deux ans.
05:08Donc, en fait, le marché,
05:10c'est là où les gens sont un peu perdus,
05:11c'est que le marché anticipe tout ça.
05:13Donc, vous avez des boîtes de logiciels
05:14qui viennent de perdre 50% de valeur,
05:17alors que leurs augments...
05:17Et des boîtes de logiciels
05:18qui étaient les chouchous de la cote,
05:20il y a six mois.
05:21On ne parle pas de Stellantis,
05:22on ne parle pas d'Arcelor,
05:24on ne parle pas de...
05:24Là, c'est pire que ça.
05:25C'est-à-dire que ça a baissé énormément
05:27au premier trimestre,
05:27mais les prévisions de résultats en 2026
05:30sont supérieures aujourd'hui
05:32à ce qu'elles étaient il y a trois mois.
05:33Donc, ce n'est jamais arrivé.
05:34Donc, en fait, pourquoi ?
05:35Parce que le marché te dit,
05:36la valeur terminale de cette société,
05:39elle a fondamentalement baissé.
05:40Donc, pour les gens,
05:41c'est assez perturbant.
05:42Les leaders comme Adobe,
05:45Salesforce et autres,
05:46c'est moins 50% de baisses.
05:48Et c'est des stars.
05:49Ce que je veux dire,
05:50c'est que ce n'est pas des boîtes ringardes,
05:52c'est vraiment des stars.
05:53Le pire, c'est que c'est des sociétés
05:55qui intègrent l'IA.
05:56Ce n'est pas des sociétés
05:57qui sont en dehors de ça.
05:58C'est des sociétés
05:59qui pleinement intègrent l'IA
06:00dans leurs solutions.
06:01Le FR de l'Adovier
06:02est passé de 40 à 10.
06:0410.
06:04Avec un taux de croissance.
06:05Après, le 40 était absurde.
06:07Oui, mais avec un taux de croissance.
06:08Jean-François,
06:09comment vous intégrez tout ça ?
06:10À la fois,
06:11l'impact de l'IA sur l'économie,
06:12parce qu'on voit
06:13qu'il y a quand même
06:13un phénomène de destruction,
06:15de destruction de valeur.
06:16OK, il y a Anthropique
06:18qui fait 30 milliards
06:19en base annuelle,
06:20mais ils ont détruit
06:21je ne sais pas combien
06:22en capitalisation autour d'eux.
06:24Et il y a l'aspect
06:25où elle s'effecte
06:26effet richesse des marchés
06:28qui a quand même tiré
06:28la croissance américaine
06:29l'année dernière.
06:30Comment vous intégrerez ça
06:31dans vos modèles ?
06:32Ce qui est très intéressant,
06:33ce qu'il dit,
06:33je suis d'accord
06:34avec tout ce qui a été dit,
06:35effectivement, Salesforce,
06:36il va sûrement participer
06:37justement de la mise en place
06:38de l'architecture de l'IA
06:39dans les boîtes.
06:40Je ne suis pas sûr
06:41que ces gens-là
06:41vont être des perdants à la fin.
06:42Si on réserve juste
06:43en termes macroéconomiques,
06:44effectivement,
06:44Robert Solow,
06:45en 1987,
06:45il a le prix Nobel
06:46quand il dit
06:47on voit des ordinateurs partout
06:48sauf dans les statistiques
06:49parce qu'évidemment,
06:49la productivité ne cesse de baisser.
06:51Cinq ans après avoir eu
06:52le prix Nobel,
06:52on voit la productivité
06:53qui remonte.
06:54Et je pense qu'aujourd'hui,
06:55on ne voit pas
06:56l'effet de l'IA
06:56dans la productivité.
06:57On ne la voit pas encore
06:58dans les statistiques.
06:59On ne la voit pas
06:59dans les chiffres de l'emploi américain.
07:01Les chiffres de l'emploi américain
07:01qu'on voit aujourd'hui,
07:02ils ne sont pas encore,
07:03à mon avis,
07:03à mes yeux,
07:04du tout impactés
07:05à leur pleine mesure
07:06de ce qui va arriver.
07:07Et à mon avis,
07:07ça sera beaucoup plus puissant que ça.
07:08Il y a eu beaucoup de licenciements
07:09depuis trois mois.
07:10Il y avait le no hiring
07:11et maintenant,
07:12il y a le no hiring.
07:13Bloc 4000 personnes.
07:14Ah oui, je suis d'accord.
07:15Tu as des boîtes.
07:17Un chiffre d'affaires équivalent
07:18et profit équivalent.
07:21Je parle des IA natives
07:23et des digitales natives.
07:25C'est-à-dire,
07:26pas les gros à la SAP,
07:27pas ces gens-là.
07:27Moi, je te parle de gens
07:30qui réfléchissent
07:31cette révolution
07:32et qui sont véritablement
07:33en train de la mettre en place.
07:34Moi, je pense que c'est devant nous.
07:36Je suis d'accord
07:36avec qu'il y a des faits,
07:37mais typiquement,
07:37Amazon, etc.,
07:38c'est des gens qui avaient dit
07:39en fait, oui,
07:40c'est des licenciements
07:41parce que c'est des gens
07:41qui avaient conservé des gens
07:42post-Covid,
07:43en disant,
07:43il faut absolument
07:43qu'on conserve notre workforce
07:45et en fait, finalement,
07:45il y a des espèces d'effets retards.
07:47Mais je suis d'accord
07:48que typiquement,
07:49il y a l'étude de Stanford
07:49qui dit qu'il y a 15%
07:50de codeurs de moins,
07:51effectivement,
07:51il y a plein de boîtes
07:53qui donnaient 20 consultants
07:55et qui maintenant
07:55n'en ont plus besoin que d'un.
07:56On va le voir.
07:57Mais je pense que c'est
07:57dans le futur,
07:58on va voir ça aujourd'hui.
07:59Les chiffres de l'emploi américain,
08:00ils sont beaucoup plus impactés
08:01et je dirais difficiles à lire
08:03du fait des chiffres
08:03de l'immigration
08:04plutôt que de l'IA.
08:05Et à un moment donné,
08:05ça, c'est devant nous.
08:06Ça, c'est vraiment devant nous
08:07en termes macroéconomiques.
08:08Après, honnêtement,
08:09c'est toujours pareil.
08:10L'impact macroéconomique,
08:12évidemment, ça gagne.
08:13En tropique,
08:13c'est forcément un des gagnants
08:15parce qu'ils vendent des pelles.
08:17La question,
08:17je suis là où je ne suis pas
08:18trop d'accord
08:19avec ce qui a été dit là,
08:20c'est que je ne suis pas
08:21du tout persuadé
08:21que les Européens
08:22vont être beaucoup plus lents
08:23que les Américains
08:23à mettre en place
08:24des trucs de l'IA
08:25puisque ce que dit Microsoft Lab,
08:26c'est que sur les 5 premiers
08:28utilisateurs de l'IA
08:29au quotidien...
08:30On n'utilise,
08:31mais on ne produit rien.
08:32Oui, mais ce n'est pas grave.
08:33Dans la productivité,
08:33c'est ça qui va compter.
08:34C'est vrai.
08:34Aujourd'hui,
08:35ce qui va faire,
08:35ce qui va faire rebondir
08:36le commerce mondial
08:37quand j'entends les chiffres
08:38des résultats,
08:39c'est que l'année dernière,
08:40qu'est-ce que vous avez ?
08:41Vous avez 40% d'augmentation
08:42de hausse des exportations
08:43de la Corée du Sud
08:44aux Etats-Unis
08:44parce que les Etats-Unis,
08:45plus ils investissent,
08:46plus ils importent des puces
08:48qui ne produisent pas eux.
08:49Donc à la fin,
08:49le commerce mondial
08:50va rebondir,
08:50mais je ne suis pas sûr
08:51que les Etats-Unis,
08:52en utilisateur final,
08:53seront beaucoup, beaucoup meilleurs
08:54au reste du monde.
08:54Vous vouliez réagir ?
08:55Moi, je voudrais dire deux choses.
08:57Je pense tout de même
08:57que ce qu'on voit
08:58sur les indices,
09:00ça envoie un message,
09:01c'est-à-dire
09:02qu'il y a une résistance
09:03de l'économie
09:04et des marchés au choc.
09:05On l'a eu l'année dernière
09:07avec les droits de douane
09:08de Trump.
09:09On s'est affolé d'abord
09:10et puis après,
09:11ça a rebondi
09:12et au final,
09:13on n'a pas eu de surprise
09:14sur la croissance.
09:15J'ai quand même l'impression
09:16que les marchés aujourd'hui
09:18nous refont un peu
09:19le coup de l'année dernière
09:20en se disant
09:21qu'il y a une résistance
09:22au choc
09:22qui est bien meilleure.
09:23Deuxièmement,
09:24en fait,
09:25sur la productivité
09:25aux Etats-Unis,
09:26ça commence à se voir.
09:27On a eu une accélération
09:29de la productivité
09:30et on pourrait même dire
09:31qu'il y a un parallèle
09:32entre le choc
09:33qu'on a eu
09:33avec l'informatique
09:34dans les années 80,
09:37avec Internet
09:38dans les années 2000.
09:39Mais il y a une différence.
09:40Alors, c'est que le début,
09:41il ne faut pas trop extrapoler.
09:43Mais en fait,
09:43dans les deux chocs précédents,
09:45on avait un accompagnement
09:47de l'accélération
09:47de la productivité
09:48par des créations d'emplois
09:50qui restaient fortes.
09:51On n'a pas du tout.
09:51Et aujourd'hui,
09:52on n'a pas de création d'emplois
09:53et on a une productivité
09:55qui s'améliore.
09:55Donc, ça ne se ressemble pas.
09:57Pour la première fois
09:58de l'histoire américaine,
10:00tu as une population active
10:01qui baisse.
10:02Et donc, ça a l'effet
10:02sur la productivité
10:03qui me semble beaucoup plus fort
10:04que les 13 000 codeurs de moins.
10:06Juste, pour vous,
10:07la bourse, elle va où, Frédéric ?
10:09Vous êtes plutôt posité
10:10le reste de l'année ?
10:11C'est toujours le reste.
10:14Le scénario de stagflation,
10:16aujourd'hui,
10:16c'est une chance sur deux quasiment.
10:17Donc, si on est en stagflation,
10:20je dirais qu'on a vu plus haut
10:21et qu'il était derrière nous.
10:23Si on bascule du bon côté,
10:26oui, mais attention,
10:27en termes de valorisation et tout ça,
10:29on est déjà assez haut
10:30et le trend me laisse peu de potentiel.
10:32Je pense qu'on a...
10:33Avec des opportunités peut-être sectorielles
10:35dont vous allez nous parler tout à l'heure.
10:36Des gros, des gros expectations sectorielles.
10:37Sébastien, le marché en général,
10:39vous n'aimez pas trop parler des indices,
10:40mais vous pensez quand même que on est...
10:42Non, mais en fait,
10:43là, ce qui est rassurant
10:44pour ceux qui nous écoutent
10:46et nous regardent,
10:46c'est qu'en fait,
10:47on est dans des marchés
10:48qui sont globalement détestés
10:50par les acteurs.
10:51dans le sens où
10:53le positionnement des acteurs
10:56et des gens sont très sous-investis,
10:57en réalité.
11:00On l'a vu sur pas mal de thématiques
11:02où en fait,
11:03les gens n'y croient pas.
11:04Et pendant la période février-mars,
11:06il y a eu beaucoup de gens
11:07qui ont désinvesti.
11:08C'est pour ça qu'aujourd'hui,
11:09et c'est Goldman
11:10qui est un indicateur
11:11facile à comprendre,
11:12qui est l'indicateur euphorie, panique.
11:15Ça fait assez longtemps
11:16qu'on est en peur et en panique,
11:17en fait.
11:18Et un vrai krach
11:19n'arrive pas
11:20quand les gens sont sous-investis.
11:20Donc vous êtes plutôt positif
11:21sur les marchés ?
11:22Et on peur.
11:23Moi, je partage
11:24l'incertitude macroéconomique,
11:27mais les indicateurs
11:28purement boursiers
11:29et financiers
11:31ne sont pas inquiétants
11:32parce que nous ne sommes pas
11:33dans une période
11:34d'euphorie
11:35et de surpositionnement
11:37des uns et des autres.
11:38Alors justement,
11:39dans ce contexte-là,
11:40c'est quoi pour vous
11:41le placement de la semaine,
11:42Frédéric Rosier ?
11:44Je pense qu'il y a eu
11:45une baisse de l'armement.
11:47Donc je pense
11:48que les budgets armement
11:49vont repartir.
11:50Il faut reconstituer
11:51les stocks aussi
11:52d'armement.
11:53Donc le secteur...
11:54C'est quand même
11:54contre-intuitif
11:55qu'en période de guerre,
11:56il y ait eu une baisse
11:57du secteur de l'armement.
11:57Oui, alors attention
11:59parce que par exemple
11:59pour les secteurs européens,
12:01je pense notamment
12:02à des généralistes
12:03comme Airbus, Safran,
12:04c'est que 30% de l'activité,
12:05Safran, c'est la motorisation.
12:07Et l'aérien,
12:08quand vous avez Qatar Airways,
12:10Emirates,
12:11toutes ces compagnies,
12:12on va voir comment
12:12on sort après la crise,
12:13on va voir si les commandes
12:15qui ont été passées
12:15vont être honorées
12:16et donc cette partie
12:17qui est liée à l'aérien
12:18va être sous pression.
12:19Mais c'est vrai que des acteurs
12:20comme Thales et autres
12:22vont profiter...
12:23Pour vous, c'est ça.
12:24Il faut revenir sur la défense.
12:25Je pense que c'est le moment
12:26de profiter de cette faiblesse
12:27qui était, à mon avis, temporaire.
12:29Placement de la semaine
12:29pour vous, Sébastien ?
12:30Pour ça, il y a vraiment eu
12:32une baisse du bilan
12:34notamment des hedge funds
12:35pendant la période
12:36et ça s'est fait en vendant
12:37ce qui avait marché.
12:38Bien sûr, comme l'or.
12:40Comme l'or, comme la défense.
12:41Donc une des raisons
12:42pour lesquelles la défense a baissé,
12:43c'est globalement
12:44les secteurs qui avaient bien marché.
12:45Je comprends.
12:46Il y a eu cet aspect-là.
12:47Non, moi, le placement
12:49de l'idée de la semaine,
12:51moi je reviens
12:52sur les fondamentaux,
12:53c'est-à-dire la défense,
12:55l'énergie et le CAPEX.
12:58Le CAPEX sur...
12:59C'est quoi le CAPEX ?
13:00C'est-à-dire ?
13:00C'est les investissements,
13:01tout ce qui tourne
13:02autour de l'électrification
13:04et des pelles et des pioches
13:06de l'IA.
13:07Donc il y a quelques secteurs
13:08qui vont continuer
13:09à en bénéficier.
13:10Et à l'inverse,
13:11tout ce qui touche
13:11à la consommation,
13:14au luxe,
13:15ces secteurs-là,
13:16je n'ai pas envie
13:17d'y toucher
13:18parce que nous sommes
13:19dans une nouvelle période.
13:20On n'en pas parlé,
13:21mais aux États-Unis,
13:22une des raisons
13:23pour lesquelles
13:23les gens s'enrichissaient
13:24tout le temps,
13:24c'était la hausse des marchés
13:25et on a vu...
13:26Les faits richesses.
13:27Les faits richesses,
13:27mais surtout,
13:28leur capacité à renégocier
13:30leur mortgage.
13:32Leurs taux,
13:32leurs emprunts...
13:33Et avec la hausse des taux,
13:35c'est plus compliqué.
13:36Donc avoir la capacité
13:37de se faire...
13:37Vous voulez dire,
13:38il y a moins de pouvoir d'achat ?
13:41En tout cas,
13:41il y aura moins d'effets
13:43d'aubaine
13:43liés à un immobilier
13:44qui monte tout le temps.
13:46Hervé,
13:48top ou flop cette semaine ?
13:49Ça va être un top.
13:51C'est Donald Trump.
13:52Alors,
13:53c'est un peu en relation.
13:55C'est en fait
13:55les investissements
13:57de portefeuille étranger
13:58aux États-Unis.
13:59Vous les lissez
14:00sur 12 mois.
14:01Le dernier chiffre
14:02en janvier,
14:021 500 milliards de dollars.
14:05C'est un top.
14:05Et habituellement,
14:07la façon
14:08dont est faite
14:10cette allocation d'actifs
14:11des investissements
14:12de portefeuille étranger
14:13aux États-Unis,
14:14c'est plein d'obligations
14:15et un peu d'actions.
14:17Et aujourd'hui,
14:17c'est 50% d'actions,
14:20il y a un petit 25%
14:22de crédits,
14:24d'obligations privées
14:25et le reste,
14:26ce sont des obligations d'État
14:27et avec une baisse
14:28des obligations d'État.
14:30Et alors,
14:30si on quitte
14:31le regard en flux
14:33pour le regarder
14:34en stock,
14:35sur les deux derniers mois,
14:36donc les mois de guerre,
14:38il y a eu
14:38une chute importante
14:40du portefeuille
14:41d'obligations d'État
14:43américaines
14:43détenues par les banques centrales
14:45et les francs souverains étrangers.
14:47C'est compensé par les...
14:48Voilà.
14:48Alors,
14:49on s'arrête en janvier
14:50pour les actions,
14:50donc il y a un trou noir,
14:52mais en fait,
14:52donc,
14:53on peut dire que le secteur privé
14:54américain
14:55attire et plébiscité,
14:57par contre,
14:58sur le secteur public,
15:00il y a plus de défiance
15:01et la défiance,
15:01c'est surtout
15:02les banques centrales étrangères.
15:03Frédéric,
15:04je vais vous chercher là,
15:05un petit peu.
15:06Allez.
15:06Le top,
15:07le 10 ans français.
15:08Allez.
15:09Parce que je trouve
15:09qu'on n'en parle pas assez,
15:10je sens que vous avez été...
15:12C'est 60 points de base
15:13contre l'Allemagne
15:14qu'on se rappelle
15:14de la situation
15:16d'incertitude budgétaire,
15:17c'est l'Italie
15:17qui a des taux
15:18qui repassent
15:19au-dessus de la France,
15:20la Grèce
15:20qui repasse au-dessus
15:21de la France.
15:22On a eu chaud aux fesses,
15:23quand même,
15:23on était au-dessus
15:23de 3,80 ans.
15:25Franchement,
15:26on s'est dit...
15:26C'est un top hebdomadaire,
15:27attention.
15:29C'est aussi le reflet
15:31de la situation française
15:33sur le moindre impact
15:34d'inflation
15:35qu'on aura en France.
15:36C'est les pressions budgétaires
15:38qu'on a en Italie,
15:39notamment avec les derniers votes
15:40et la pression
15:41sur l'allègement d'impôts.
15:42C'est la pression
15:43sur l'Allemagne,
15:44sur l'inflation,
15:45les dépenses à venir.
15:46Vous êtes sympa,
15:47c'est aussi le fait
15:48qu'on n'a pas de croissance
15:49et que comme on n'a pas
15:50de croissance,
15:51on n'a pas de croissance.
15:51On est d'accord,
15:52mais ça reste un top hebdomadaire,
15:54mais il faut souligner,
15:55c'est qu'aujourd'hui,
15:56les taux français
15:56sont moins élevés
15:57qu'il y a dit.
15:58Allez, je vous l'accorde.
16:00Jean-François,
16:01parce que je suis de bonne humeur.
16:02Je vais vous calmer,
16:03mais j'ai vraiment un flop
16:06parce que je trouve
16:07que ça met en exergue
16:08une énorme faiblesse
16:10européenne et française.
16:11C'est-à-dire qu'on s'aperçoit
16:12que 70% de notre mix énergétique,
16:14c'est du gaz et du pétrole,
16:15y compris la France.
16:1761% de l'énergie
16:18qu'on consomme en France,
16:19c'est du gaz et du pétrole.
16:21Et le nucléaire,
16:21alors je comprends.
16:22Mais le nucléaire,
16:23ça fait partie,
16:23c'est 65% de notre électricité.
16:25Mais l'électricité,
16:26ce n'est que 27%
16:27de notre mix énergétique.
16:28Donc les deux tiers
16:29de ce qu'on consomme,
16:30qui se balade en voiture électrique ici,
16:32qui se chauffe autrement
16:33qu'au gaz ?
16:34Les Français,
16:35il y a 11 millions de personnes
16:36qui se chauffent au gaz
16:36au lieu de se chauffer à l'électricité.
16:38On conduit
16:39et on produit beaucoup plus.
16:40Il n'y a que 24%
16:41de l'industrie
16:42qui est électrique.
16:43Mais ça s'arrange, ça ?
16:44Alors justement,
16:45c'est ça,
16:45vraiment le drame.
16:46Le super flop.
16:47On voit bien que super flop,
16:49c'est-à-dire
16:49de nouveau une crise énergétique
16:50et en fait,
16:51on n'importe plus de gaz
16:52de la Russie
16:52mais on les porte des Etats-Unis
16:53et on me parle
16:54de réindustrialisation.
16:55Le gaz qui arrive en France
16:56après avoir été regazéifié,
16:58après avoir traversé l'Atlantique
16:59avec des prix du fioul
17:00qui ont explosé,
17:01le prix du gaz
17:01qui arrive en France
17:02qu'on utilise,
17:02on ne produit zéro gaz
17:03quasiment en France
17:04parce qu'on a décidé
17:05de ne pas faire de biogaz
17:05que soi-disant ça s'emmogait.
17:07Le gaz qui arrive
17:08en France aujourd'hui,
17:09il est cinq fois plus cher
17:10que le gaz américain.
17:11Donc si vous faites
17:12votre énergie avec ça,
17:13évidemment,
17:13votre compétitivité prie
17:14est la plus grande.
17:14Moi, j'étais resté au nucléaire
17:16et qu'on était
17:16des champions énergétiques.
17:17Et ça, c'est génial le nucléaire
17:18mais par contre,
17:19on ne le consomme pas,
17:19c'est dommage.
17:20Sébastien, top ou flop ?
17:21Moi, le flop,
17:23c'est l'idée saugrenue
17:24à nouveau
17:24qu'il faudrait monter
17:25les taux centraux
17:27pour lutter contre l'inflation
17:28liée à la hausse du pétrole.
17:30Donc c'est le génie
17:31qui est trichet
17:32et qui a fait ça en 2008.
17:33Ça a été n'importe quoi.
17:34Et les mêmes causes
17:35produisant les mêmes effets,
17:37on veut refaire la même chose.
17:38J'essaie, Jean-Claude,
17:39le poète tranquille
17:39et les compagnards,
17:41Je suis tellement d'accord
17:42avec vous, Sébastien.
17:44On dit que la folie,
17:44c'est faire deux fois
17:45la même chose.
17:46On croit que l'outcome
17:46sera différent.
Commentaires

Recommandations

BFM
il y a 7 heures