- il y a 7 semaines
Ce vendredi 3 avril, Anna Boata, directrice de la recherche macroéconomique d'Allianz Trade, Emmanuel Lechypre, éditorialiste BFM Business, Sébastien Korchia, directeur général et directeur des investissements de Cogefi Gestion, et Eric Lewin, stratégiste actions chez Bourse Direct, étaient les invités de la semaine de Marc dans l'émission C'est Votre Argent présentée par Marc Fiorentino. C'est Votre Argent est à voir ou écouter le vendredi sur BFM Business.
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00:02BFM Business présente
00:05C'est votre argent
00:08Marc Fiorentino
00:10Oui je sais, je sais, il est difficile d'échapper aux vacarmes anxiogènes en ce moment,
00:15mais moi j'ai trois bonnes nouvelles, j'en ai même une quatrième, vous allez voir, mais c'est une
00:19surprise.
00:19J'ai trois bonnes nouvelles, c'est votre argent, c'est votre week-end, c'est une émission exceptionnelle.
00:24Pourquoi exceptionnelle vous allez me demander ?
00:26Parce qu'on va commenter les événements qui ont marqué cette nouvelle semaine de guerre sur l'économie, la finance,
00:31les marchés, votre argent.
00:32Une émission spéciale, guerre en Iran, encore une au sommaire aujourd'hui, le mot de la semaine, croissance mondiale.
00:38La question macro, inflation, stagflation, déflation, le chiffre de la semaine, 0,9%, c'est les prévisions de croissance en
00:44France pour 2026.
00:45Comment l'économie française résiste-t-elle ou pas à la guerre en Iran ?
00:50Deuxième partie de l'émission, quels ont été les événements en bourse qui vous ont le plus marqué ?
00:56Cette semaine, quelles perspectives pour la bourse ?
00:59La question d'argent, quel placement de la semaine, le top ou le flop ?
01:02Le top 3 des gérants pour 2026 ?
01:04Les actions à acheter ou vendre ?
01:05Je vais vite parce qu'Emmanuel Le Chiffre dit que mes introductions sont toujours trop longues.
01:08Mais vous le savez, maintenant, pour une émission exceptionnelle, il faut des invités exceptionnels.
01:12J'ai donc le plaisir de vous présenter nos Jedi de l'économie et de la finance de guerre.
01:16Là, je ne peux pas faire plus vite, Emmanuel.
01:17Elle nous explique avec talent et simplicité tous les processus complexes de l'économie.
01:22Anna Boita, toujours un plaisir de vous avoir, directrice de la recherche macroéconomique d'Allianz Trade.
01:27Gérer les portefeuilles d'action, c'est son métier.
01:30Sébastien Corchia, vous êtes directeur général de Cogéfi Gestion.
01:33Bonjour.
01:34Il connaît les valeurs moyennes de la cote aussi bien que les palaces 5 étoiles et que les prix des
01:39berloutis.
01:40Erlich Lewin, stratégiste à action chez Bourse Direct.
01:45C'est vrai ce que je dis, vous connaissez tous les prix des berloutis.
01:48Oui, je me suis spécialisé, j'ai un doctorat en luxologie, bien sûr.
01:51Vous devriez faire un petit podcast sur le sujet.
01:54Oui, j'ai proposé, mais ça n'a pas été accepté par BFM encore, sans doute un jour.
01:58Alors, pour mon prochain invité, est-ce que je peux avoir une petite musique exceptionnelle ?
02:04Oh ! Mon Dieu !
02:07Pour un événement exceptionnel, bon anniversaire à l'économiste préféré des Français, Emmanuel Lechy.
02:13Et pas n'importe quel anniversaire, 30 ans !
02:1530 ans, ça se fête, Emmanuel !
02:17Vous doublez la mise et puis vous y êtes, quoi.
02:20Alors, ça fait quoi ?
02:21C'est une super journée, génial, ça va être un super week-end.
02:25Est-ce qu'il a eu des cadeaux ?
02:26Pas encore, ça va commencer ce soir.
02:29Pour nous, le cadeau, c'est de vous avoir.
02:31C'est gentil.
02:33Et est-ce que vous avez félicité Éric ?
02:35Parce qu'il connaît aussi très bien les finances locales.
02:37Éric, il vient d'être réélu lors des élections municipales.
02:41Merci, au moins il est sympa.
02:42Voilà !
02:42Rapporteur du budget de la ville de Neuilly.
02:44Ben quand même !
02:46Rapporteur du budget ?
02:47Ben ouais !
02:47C'est pas mal, ça !
02:48C'est pas mal.
02:48Allez, on passe tout de suite au mot de la semaine.
02:50Le mot de la semaine, c'est croissance mondiale.
02:53Cinq semaines de conflit, des prévisions de croissance mondiale qui sont revues à la baisse,
02:57alors que la croissance dans certaines zones économiques avait déjà du mal à se maintenir.
03:01A-t-on déjà une vision claire, Anna, de l'impact du conflit sur l'économie ?
03:07Qui sont les pays les plus touchés, qui sont les plus épargnés ?
03:10Ben l'impact clair, c'est qu'effectivement on a un choc énergétique qui passe par la hausse des prix
03:16du pétrole, la hausse des prix du gaz.
03:18Bon, la bonne nouvelle, c'est qu'on n'a pas doublé encore.
03:20On a frôlé le doublement, que ce soit sur le pétrole, que ce soit sur le gaz.
03:24Si on regarde d'euros pour les États-Unis, bien sûr, en Asie, c'est une autre histoire.
03:28Et en fait, du coup, on a une inflation qui est plus élevée.
03:32Après, ce qui est important, c'est de comprendre qu'on a plusieurs types de chocs.
03:35On a le choc de prix qui est en cours, mais pour combien de temps ?
03:38Parce que c'est ça la question.
03:39Et là, en fait, si on arrive après fin avril, on peut parler d'un choc d'offres.
03:45Donc c'est là où les choses peuvent s'engrainer dans...
03:47Pour l'instant, aujourd'hui, par exemple, vous, quand vous regardez tous vos modèles,
03:51vous avez déjà revu à la baisse la croissance ?
03:54On a revu à la baisse.
03:54On a publié cette semaine notre dernier article.
03:56Alors allez-y, donnez-nous vos chiffres.
03:57Pour le monde, en fait, on a révisé à la baisse de 0,5 points.
04:01Donc on est à 2,6%.
04:03De 0,5 points pour le monde ?
04:05Oui, mais il faut aussi se dire qu'on a révisé de 0,5 d'un point plus haut.
04:09Donc ça veut dire qu'entre décembre et fin février,
04:12on était en train déjà de préparer et de mouliner le modèle.
04:15On voulait réviser à la hausse.
04:16Vous êtes à 2,6 sur le monde ?
04:17Oui, 2,6.
04:18Et on voulait réviser à la hausse de 2,9 à 3,1.
04:21Donc vous voyez, en fait, on descend, mais d'un niveau plus haut.
04:24Non, mais même par rapport à 2,9, 2,6, c'est pas...
04:27Et en fait, les zones qu'on a révisées le plus, on a révisées les États-Unis.
04:31Ah non, non, en croissance mondiale, c'est énorme.
04:33Mais non, attendez, par rapport à ce qu'on a connu dans le passé, ça va, il ne faut pas
04:36s'affoler.
04:37En fait, il faut...
04:37Non, mais en deux mois, révisé de 0,5...
04:39Parce qu'on a un choc.
04:41D'accord, mais de là à réviser, c'est que deux mois pour l'instant.
04:44On a cinq semaines de guerre.
04:45En fait, ce qu'il faut se dire, c'est qu'il faut le garder après la fin.
04:48Donc imaginons qu'on a une sorte d'accord.
04:50Cet accord, il va être probablement fragile.
04:52Et en fait, on a eu une sorte d'histoire on-off pour les détroits d'Ormus.
04:57Mais on n'aura pas le off-on immédiat.
04:59Donc en fait, il faut aussi prendre en compte ce qui se passe sur la période de l'été.
05:03Donc nous, on pense qu'effectivement, la régularisation du trafic sur le détroit sera très progressive.
05:08Puisqu'en fait, on sait très bien et on le voit très bien, il y a quelques bateaux qui passent
05:12plus facilement que d'autres.
05:13Donc ce sont plus des pays émergents qui seront servis avant l'Europe et les États-Unis,
05:17dont les prix ne vont pas revenir tout de suite.
05:19Les prix du pétrole, par exemple, à 70.
05:21Donc on va rester sur deux trimestres déjà d'impact de cette guerre.
05:26Donc effectivement, il faut aussi se dire que derrière tout ça, il y a des perturbations sur les chaînes de
05:30valeur.
05:31Pour l'instant, elles ne sont pas encore aussi hautes.
05:33Pourquoi ? Parce qu'on est en train de vivre sur nos stocks.
05:36Mais nos stocks, ils vont s'écouler au bout d'un moment.
05:39Et zone par zone ? Vous avez révisé ça ?
05:41Zone par zone. Donc on a révisé les États-Unis.
05:43On est à 2,1 aujourd'hui.
05:44Donc ça veut dire qu'on a une croissance qui est flat par rapport à l'année dernière,
05:48parce qu'on voulait réviser à 2,6.
05:50En zone euro, on a révisé de 1,3 à 0,8.
05:54Et on était à 1,1 en fin d'année.
05:56Non mais franchement, je suis super étonné.
05:57Après, il faut toujours se dire, c'est quoi la sensibilité ?
06:00On sait qu'aujourd'hui, l'économie mondiale est quand même moins intensif en énergie.
06:03Donc la bonne nouvelle, c'est la désindustrialisation finalement.
06:07Mais derrière tout ça, il y a quand même des modèles qui montrent que
06:09la transmission au prix et à l'inflation est quand même assez rapide.
06:14Donc pour 10% d'augmentation du prix du pétrole, du gaz, de l'énergie,
06:17c'est quand même 0,2 point de plus d'inflation.
06:20Mais là, vous dites 0,5 ?
06:210,5 de croissance en moins ?
06:23Et 0,1 sur la croissance.
06:24Oui, mais là, vous dites 0,5 ?
06:26Oui, parce que c'est 0,1 sur la croissance.
06:27Donc on a quand même eu 60% d'augmentation des prix de l'énergie.
06:31Et je pense que finalement, le endgame dans tout ça,
06:34c'est qu'est-ce qu'on va décider en tant que pouvoir public de faire.
06:37Puisqu'en fait, si on laisse finalement les prix évoluer
06:41et la demande s'ajuster en fonction des prix,
06:43du coup, on va finir avec un choc de prix temporaire
06:46et une croissance plus faible.
06:47Mais si en revanche, on revient sur les boucliers tarifaires,
06:51là, c'est une autre histoire.
06:52On va en parler.
06:53Les marchés, justement, ont envoyé un signal sur les boucliers
06:55avec des taux d'intérêt en hausse.
06:57Ils ont dit très clairement, on ne veut pas de boucliers tarifaires.
07:00Emmanuel, vous dites 0,5, ce n'est pas important.
07:02Mais au niveau mondial, c'est énorme.
07:04Je comprends pas que vous puissiez dire ça.
07:05D'abord, je pense qu'il faut quand même resituer
07:07un peu historiquement la perspective.
07:10Là, on parle d'une révision de croissance
07:12à la limite maximum 0,5 point.
07:15On va rester quand même sur une croissance supérieure à 2%.
07:17Je vous rappelle que dans le passé...
07:18Un mondial, 2,6%, mais c'est très bas, Emmanuel.
07:21Mais Marc, dans le passé, à chaque fois qu'on avait eu
07:23des grands chocs énergétiques, on avait des vraies récessions.
07:26Là, vous vous faites peur pour une perte de croissance.
07:28J'ai très peur, là.
07:29Il y a 5 points.
07:30Mais je vois, ça se lit sur le visage.
07:32Franchement, regardez.
07:34Et franchement, on va encore avoir 2% de croissance.
07:37Donc, Anna, elle a raison.
07:39Il faut rappeler que dans un euro de PIB,
07:40aujourd'hui, il y a 4 fois moins de pétrole
07:42qu'il y a 30 ans pour plein de raisons,
07:44parce qu'on a diversifié.
07:45Justement, c'est pour ça que les 0,5 méthodes.
07:47Mais non, mais c'est franchement...
07:48Oui, non, mais d'accord, mais c'est pas...
07:50Voilà.
07:51Et donc, moi, je pense que, OK,
07:53on a un petit choc sur la croissance,
07:55sur l'inflation.
07:56Alors, moi, il se trouve que...
07:57Non, on va en parler après.
07:58C'est le thème d'après.
07:59Vous n'avez pas vu le déroulé,
08:00mais c'est pas grave, mais c'est le thème d'après.
08:01Non, mais parce qu'Anna,
08:01elle a parlé aussi de l'inflation.
08:02Oui, mais elle n'aurait pas dû.
08:03Donc, bon, voilà.
08:05On ne peut pas parler croissance et inflation.
08:07Non, parce que c'est extrêmement important.
08:08Alors, par contre, c'est vrai
08:09qu'il y a quand même une forte différence mondiale.
08:12C'est-à-dire que moi, j'étais...
08:13Par exemple, les propos du patron
08:15de l'Agence internationale de l'énergie,
08:17qui sont quand même apocalypses,
08:18vous ne pouvez pas les comprendre
08:19si vous ne comprenez pas
08:21qu'ils s'adressent surtout aux pays émergents.
08:22C'est ça.
08:22Et là, pour le coup, c'est des pays
08:24qui ne savent pas ce que c'est
08:25que des chocs énergétiques extrêmement violents.
08:27Je rappelle que dans les années 70,
08:29l'Asie, c'est 10% de la consommation mondiale de pétrole.
08:33En gros, il n'y a que le Japon et la Corée
08:34qui consomment un peu de pétrole.
08:35Il n'y a pas d'industrie.
08:36Donc, oui, pour ces pays-là,
08:37et c'est pour ça que je pense
08:38que l'impact sur la croissance mondiale,
08:40il est fort, c'est à cause de ces pays-là.
08:42Mais nous, bon, c'est embêtant, Marc,
08:45mais ça n'est pas une catastrophe.
08:46Il ne faut pas que je m'affole.
08:47Non, voilà, c'était mon message.
08:49Ne vous affolez pas.
08:50Je pense qu'il faut s'affoler
08:52si ce conflit n'a pas de fin visible
08:55avant le mois de juin.
08:55Moi, je crois Donald Trump,
08:56mais Donald Trump a dit deux, trois semaines.
08:58Les États-Unis, le Wall Street Journal...
09:01Comme il a tout dit.
09:02Le Wall Street Journal disait jeudi
09:04que les États-Unis résistaient très bien
09:07à ce choc de croissance
09:08parce que, notamment,
09:09ils étaient totalement indépendants
09:11d'un point de vue énergétique,
09:12notamment en matière de pétrole.
09:13Et vous, vous dites non,
09:14on révise notre croissance.
09:16Après, ce n'est pas juste le choc de l'offre
09:18parce qu'ils sont exportateurs nets.
09:20C'est aussi le choc d'inflation.
09:21Et là, ils ne sont pas épargnés.
09:22Ils sont tout aussi exposés que nous.
09:24Et après, il ne faut pas oublier...
09:25Plus même sur l'essence.
09:26Plus même.
09:26Ils ont plus suivi la hausse de l'essence
09:28que l'Europe parce qu'il y a moins de taxes
09:29aux États-Unis.
09:30Donc, l'effet de levier est beaucoup plus important.
09:31Et après, il faut aussi se dire
09:33quels sont les autres secteurs
09:35qui sont touchés par cette crise.
09:37Parce qu'on parle beaucoup de pétrole et de gaz,
09:38mais aussi, on a l'hélium,
09:40on a les engrais.
09:42Et donc, du coup, tout ça,
09:43en fait, finalement,
09:44les États-Unis, aujourd'hui,
09:45ont des stocks entre 2 à 4 mois.
09:47Donc, on gagne du temps
09:48parce qu'on a ces stocks.
09:49Mais après, il va falloir les refaire.
09:50Et si on n'arrête pas la crise,
09:52ça veut dire qu'on refait nos stocks
09:53à des prix beaucoup plus élevés.
09:55Donc, on est quand même bien touchés
09:57au niveau mondial par ce choc de prix.
09:59Moi, je suis affolé.
10:01Sébastien ?
10:02Effectivement, on peut s'attendre
10:03quand même à un fort ralentissement
10:05de la croissance mondiale.
10:06C'est très déséquilibré.
10:07C'est effectivement les pays émergents
10:08et ceux d'Asie.
10:09Il faut faire attention
10:10à la carte du monde
10:11parce que vous prenez, par exemple,
10:12le Brésil.
10:13Il est exportateur d'énergie,
10:15exportateur de matières premières écoles.
10:16Lui, il n'est pas en propriété,
10:17même pas mal.
10:18Et vous allez en Asie,
10:19vous allez aux Philippines.
10:21Dans 30 jours,
10:21ils n'ont plus d'essence.
10:22Vous allez au Bangladesh et autres.
10:24On demande aux gens
10:25de ne pas travailler.
10:26Thaïlande,
10:27de ne pas travailler,
10:27mais ils sont obligés
10:28de travailler tous les jours
10:28pour gagner 2 ou 3 dollars.
10:31Et eux, ils sont touchés
10:32vraiment tout de suite.
10:34Alors, ce qui est embêtant,
10:36en fait,
10:37c'est qu'on ne sait pas
10:39la donnée qu'on n'a pas tous.
10:41C'est la durée du conflit.
10:42C'est si, on l'a.
10:43Moi, je crois Donald.
10:44Si vous l'avez.
10:45Moi, Donald l'a dit.
10:46Toujours est-il que les bateaux,
10:48les derniers bateaux
10:49qui sont partis, en fait,
10:51avant la guerre,
10:52arrivent aujourd'hui.
10:53Et ceux-là,
10:53ils étaient avec les prix d'hier.
10:55Donc, c'est vraiment maintenant
10:56que l'inflation va arriver
10:58dans le portefeuille
10:59et qu'on va vraiment pouvoir voir.
11:00D'ailleurs,
11:00quand on interroge les entreprises,
11:02au jour d'aujourd'hui,
11:03elles ne savent pas.
11:04Elles ne savent pas du tout.
11:06C'est intéressant.
11:06Non, moi, c'est Eric.
11:08Il m'appelle Eric qui m'appelle.
11:09Non, mais alors, les secteurs...
11:10Moi, au lieu de parler macroéconomie,
11:11parce que moi, je voulais...
11:12Oui, vous connaissez rien.
11:13Non, mais je m'en fous.
11:14Ça ne m'intéresse pas du tout,
11:14la macro,
11:15parce que que ce soit 2,8 ou 2,7,
11:16ça ne m'intéresse pas.
11:17C'est énorme, 2,6.
11:18Non, mais d'accord.
11:19Mais c'est les secteurs
11:20qui sont touchés de plus en plus.
11:21Quels sont les secteurs ?
11:22Le luxe est très compliqué.
11:2310% de leur chiffre à faire
11:24au Moyen-Orient en moyenne.
11:25L'aéronautique, c'est compliqué.
11:26Et on voit les grands groupes industriels
11:27où ça devient compliqué.
11:28Donc, quand vous écoutez Saint-Gobain,
11:30ils commencent à se dire
11:31qu'attention,
11:32il y a un vrai ralentissement.
11:33Donc, moi, je préfère regarder
11:33la vue sectorielle
11:34qui me dit oui,
11:35il y a un vrai ralentissement.
11:37Allez, on passe tout de suite
11:38à la question macro,
11:39puisque vous vouliez en parler 2 ans.
11:41Après, on n'en parlera pas,
11:42notamment dans les marchés.
11:43Mais j'ai une question pour vous,
11:45mes amis.
11:46Inflation, stagflation ou déflation ?
11:48C'est à peu près le débat
11:49qu'on a en ce moment un peu partout.
11:51Alors, il y a Jean-Marc, Daniel et moi
11:53qui parlons de déflation.
11:54Tout le monde parle d'inflation,
11:55de stagflation.
11:56Anna, vous parlez de quoi ?
11:58De stagflation,
11:59puisqu'en fait,
11:59on a un choc de prix
12:00qui est là en ce moment.
12:01On a déjà commencé à avoir
12:03les chiffres de mars d'inflation.
12:04Et on a eu quand même
12:05des chiffres qui étaient
12:07en forte hausse
12:08de 0,8, 0,09 points
12:10dans certains pays d'Europe.
12:11Hausse des prix,
12:12mais pas inflation.
12:14Tout est là.
12:15Parce qu'en fait,
12:16parce que nous,
12:17dans nos prévisions,
12:18attention,
12:18on a révisé 2026,
12:20mais 2027,
12:21il y a un effet de rebond.
12:22Puisqu'en fait,
12:22on a quand même
12:23un scénario central
12:24qui dit qu'on ne va pas aller
12:25au-delà de l'été.
12:26Donc, ça veut dire qu'en fait,
12:27en deuxième moitié de cette année,
12:29on va avoir un ralentissement des prix,
12:31donc moins d'inflation
12:32et donc un rebond sur la croissance.
12:34Donc, je pense que tout est là.
12:36Et après déflation,
12:37peut-être,
12:38pourquoi pas ?
12:39Parce qu'en fait,
12:39on a quand même 35%
12:41de probabilité
12:42pour un scénario à la baisse
12:43qui est quoi ?
12:44En fait,
12:44un conflit qui s'éternise
12:46jusqu'à la fin de l'année.
12:47Et si on a un conflit
12:48qui s'éternise,
12:49il nous a déjà dit
12:50beaucoup de choses.
12:51Non, mais il dit toujours
12:52la même chose.
12:52Je ne sais pas pourquoi
12:53tout le monde dit
12:54qu'il dit les choses
12:54à son contraire.
12:55Moi, je pense qu'il faut
12:56l'écouter, bien sûr,
12:57mais il faut aussi voir
12:58les choses dans son ensemble.
12:59dans la guerre,
12:59puis après,
12:59il a bombardé
13:00les infrastructures
13:00quand même, Marc.
13:01Il a toujours dit
13:02une guerre courte
13:04entre 4 et 8 semaines.
13:06On est dans le tempo
13:07pour l'instant.
13:08Et là, il dit
13:08encore 2 à 3 semaines.
13:09Il parle de négociation
13:09avec les Iraniens,
13:10les Iraniens démentent.
13:11Vous ne pouvez pas dire ça
13:12quand même.
13:12Mais vous ne savez pas
13:13ce qui se passe derrière.
13:14Vous savez, vous,
13:15ce qui se passe derrière.
13:15Vous connaissez,
13:16vous, les négociations.
13:18Regardez les marchés,
13:18c'est pour ça qu'il y a
13:19une volatilité de malades.
13:20Justement, vous ne servez à rien.
13:21Les marchés, vous montez,
13:22et vous baissez,
13:22vous ne savez même pas
13:23quoi faire.
13:23Donc, pourquoi faire l'émission ?
13:24Inflation, stagflation, déflation.
13:26Alors, pour rejoindre
13:30Réconcilier, Macro et Micro,
13:32alors, sur le fond,
13:32c'est un mini-choc stagflationniste.
13:37Une stagflationnounette,
13:38si vous voulez.
13:40Une stagflationnette,
13:41elle est mignonne.
13:41Oui, parce qu'il y a effectivement...
13:43Non, mais pour le coup,
13:44pour faire plaisir à Eric,
13:45moi, j'ai fait la tournée
13:46un peu des industriels
13:48cette semaine,
13:49un peu dans plusieurs secteurs.
13:50En gros, le message
13:51est assez simple.
13:52C'est qu'il commence seulement
13:53à voir ces entreprises
13:55de B2B,
13:56donc qui fabriquent aussi
13:57pour le reste de l'industrie,
14:00elles commencent à voir
14:01des coûts, effectivement,
14:03de leur approvisionnement
14:04qui augmentent.
14:05Et ce qu'ils disent,
14:06la synthèse qu'on peut faire,
14:07c'est que pour le moment,
14:08ils considèrent que le choc
14:09qu'on va subir
14:10est deux fois moins violent
14:11que le choc qu'on a subi
14:12en 2022.
14:13C'est-à-dire que ce qu'on va subir...
14:14Rappelons quand même
14:14que le prix du gaz
14:15est sept fois inférieur
14:17au prix du gaz...
14:19Oui, et il était à 300.
14:20Et il est monté à 300.
14:23Là, on est monté à 61.
14:25Et on a rebaissé.
14:26On est à 50.
14:27On est maintenant en dessous de 50.
14:28Donc ça, c'est aussi une bonne nouvelle.
14:30Et puis rappelez-vous
14:30qu'en France notamment,
14:32il n'y aura pas non plus
14:32l'effet d'entraînement,
14:33la courroie de transmission
14:34à l'électricité.
14:35Donc c'est quand même aussi
14:36tout ça des bonnes nouvelles.
14:38Donc oui, un petit...
14:39Moi, je pense qu'on n'aura
14:41pas tant de chocs que ça
14:42sur la croissance.
14:44On aura un choc
14:44un petit peu plus important
14:45peut-être sur les prix.
14:46Attendez, ça va nous emmener à...
14:47Allez, si ça nous emmène
14:49à 2,5-3%.
14:50Donc c'est pour ça
14:50que je vous trouve quand même
14:51un peu fébrile.
14:53Si vous commencez à avoir peur
14:54dès qu'on arrive à 3% d'inflation,
14:56on voit qu'on était à 10.
14:57Mais j'essaie de faire
14:58de mettre de l'animation.
14:59Et puis n'oubliez pas
15:00que dans le passé,
15:00si ça s'est mal passé,
15:01c'est qu'il y a eu aussi
15:02des erreurs de politique économique
15:04assez incroyables
15:05du côté des banques centrales,
15:06du côté des gouvernements.
15:07Et là, ça ne se passera pas
15:08non plus comme ça.
15:09Mais pourquoi vous dites ça ?
15:10Ils sont en train de nous expliquer
15:11qu'ils vont monter les taux.
15:12Non mais attendez...
15:12Non, c'est pas clair.
15:14La BCE ?
15:14C'est pas clair.
15:15La BCE ?
15:15La BCE nous dit
15:17je vais monter les taux.
15:18Non, on nous a vaguement dit
15:20le prochain mouvement
15:21qui n'est pas imminent,
15:22ce sera sans doute
15:23un mouvement à la hausse.
15:25C'est en juin et septembre.
15:25Il y a deux anticipations
15:27alors que la FED n'a rien dit.
15:30La FED est plus inquiète.
15:31Attendez, pas tous ensemble.
15:32Il y avait aussi
15:33cinq ou sept anticipations
15:35à la baisse à une époque
15:36et on n'en a pas vu là que d'une.
15:38Donc de toute façon,
15:39c'est fait aussi pour ancrer,
15:41c'est le mot qui est utilisé
15:42généralement,
15:42les anticipations d'inflation
15:44en disant
15:44n'imaginez pas que
15:45parce que nous interviendrons
15:47le cas échéant,
15:48on ne sera pas obligé
15:48d'intervenir.
15:49En tout cas, pour l'instant,
15:50c'est ni stagflation
15:52ni récession.
15:54C'est une croissance
15:55qu'on attend un petit peu
15:57en baisse,
15:57mais ça reste une croissance
15:58donc ce n'est pas
15:58de la stagflation.
16:00Et c'est une inflation,
16:01une inflation,
16:02c'est une hausse
16:03généralisée des prix.
16:04Pour l'instant,
16:04elle est localisée.
16:06Si ça s'étend,
16:06bien sûr,
16:07il y aura l'inflation.
16:08Pour l'instant,
16:08c'est une petite poussée
16:10inflationniste.
16:10Le danger,
16:11c'est qu'elle se généralise
16:12parce que le pétrole
16:13se retrouve d'une manière
16:14ou d'une autre
16:14un peu partout,
16:15des sacs poubelles
16:16jusqu'au papier,
16:19jusqu'en gré,
16:22de grandes tensions
16:23sur les taux longs,
16:24ça a un peu monté.
16:25Ah non,
16:25je ne suis pas de l'or,
16:26on est monté quasiment
16:27à 3.
16:29Alors expliquez-moi
16:29comment vous pouvez
16:30défendre la thèse
16:31de la déflation
16:32et constater que les taux
16:33à long terme montent.
16:34Il n'y a plus...
16:35Je veux dire,
16:35la déflation,
16:36ça n'a plus de sens
16:37aujourd'hui dans...
16:38Moi, je défends
16:39la thèse de la déflation
16:40avec mon ami Jean-Marc Daniel.
16:41Jean-Marc Daniel et vous,
16:43il faut bien que vous compreniez
16:44une chose,
16:44c'est que la déflation
16:45n'a plus qu'un sens possible
16:46aujourd'hui,
16:47c'est la déflation
16:48par la dette,
16:48c'est la déflation
16:49par le crédit.
16:49C'est Irving Fischer,
16:511933,
16:52voilà.
16:52La déflation au sens
16:53où les prix de détail,
16:55où les prix à la production
16:57baissent de façon négative.
16:57Croissance zéro,
16:59désinflation,
16:59voire déflation.
17:01Et je vous rappelle simplement
17:02que...
17:043,8,
17:05c'est une très mauvaise nouvelle.
17:06Non, mais il est fébril,
17:06il est fébril.
17:07Mais non,
17:07mais c'est un peu baissé de vie,
17:08c'est pas la grande tension
17:09sur les taux
17:10qu'on a connu dans les années.
17:10Juste petit mot supplémentaire
17:12important,
17:13vous avez reconnu la musique
17:14de Céline Dion.
17:159 millions de personnes
17:16se sont inscrites à la loterie
17:17pour avoir des places
17:18pour les concerts de Céline Dion.
17:19C'est quand même important.
17:20Nous, on est invités en VIP
17:21avec Emmanuel V.
17:21Moi aussi.
17:22Allez, on passe tout de suite
17:23au chiffre de la semaine.
17:24Le chiffre de la semaine,
17:25je voulais qu'on fasse
17:25un petit focus
17:27sur la situation en France.
17:30Voilà, Charles Trenet maintenant.
17:32Ah oui ?
17:32D'où ce France ?
17:34Bien sûr,
17:34les éternels.
17:36Un retournable.
17:37Ça fait partie
17:38du patrimoine national.
17:39Non, mais un peu de musique jeune.
17:40Mais j'en mets de la musique jeune.
17:41Vous voulez quoi, Gims ?
17:43Non, mais une musique...
17:45Est-ce que notre économie française
17:48est particulièrement exposée
17:50à la guerre en Iran ?
17:50Anna Boata,
17:51c'est à vous de répondre.
17:53Non, on n'est pas particulièrement
17:54exposée à la guerre en Iran
17:55parce qu'on a déjà eu
17:56le choc de 2022
17:57et depuis,
17:57on a diversifié
17:58nos sources à l'importation.
17:59Donc, si on prend le gaz,
18:00on est dépendant
18:01à 5% du Qatar
18:02et si on prend le pétrole,
18:04on est peut-être
18:05dépendant à 10%.
18:05Donc, même pas mal.
18:06De toute façon,
18:06on a des réserves.
18:07Mais ça, c'est le choc de l'offre.
18:08On est dépendant
18:09par le choc de prix.
18:10Mais la bonne nouvelle,
18:11c'est qu'il faut se rappeler
18:12où était l'inflation française
18:13avant la guerre.
18:14On était à 0,4.
18:15On avait vraiment touché
18:16à un très, très bas point.
18:19Et donc là, effectivement,
18:19on a révisé à la hausse
18:20à 1,9.
18:21Mais si vous voulez,
18:22le reste de la zone euro
18:23frôle avec les 3% cette année.
18:25Et donc, la croissance,
18:26oui, à la place de faire 1,1
18:28qui était déjà
18:29à un niveau plutôt résilient,
18:31on sera à 0,8, 0,9 peut-être.
18:34Et pour moi, en fait,
18:35ce qu'il faut comprendre aussi,
18:36c'est qu'on a quand même
18:37un choc qui commence à...
18:39Un choc.
18:40On a quand même
18:40une baisse de la confiance.
18:41Donc ça, pour moi,
18:42c'est le canal le plus important
18:43en-delà du prix
18:45et de l'offre
18:46de matières premières
18:47au sens large
18:48parce que même
18:48sur les engrais
18:49ou sur le hélium,
18:50c'est 3% de dépendance.
18:52Et donc là, en fait,
18:53qu'est-ce qu'il faut se dire ?
18:54Est-ce que les ménages
18:55vont commencer
18:56à épargner davantage ?
18:57On ne sait pas.
18:58Mais en tout cas,
18:58on sait qu'on a
19:01vraiment beaucoup de départs.
19:02On est bourrés de caches.
19:04Donc c'est pour ça
19:04qu'il ne faut peut-être pas
19:06faire des boucliers tarifaires
19:07parce qu'on a de quoi faire.
19:09Et ensuite, après,
19:10on a les marges
19:10des entreprises
19:11puisqu'en fait,
19:12aujourd'hui,
19:13quand on regarde
19:13les défaillances
19:14des entreprises en France,
19:15on est quand même
19:1540% au-dessus
19:16au niveau d'avant 2019.
19:18Donc là,
19:19le risque du crédit,
19:20parce qu'on en parle
19:20des canaux financiers,
19:21là, le risque du crédit
19:22va commencer à augmenter
19:23puisque si, encore il faut,
19:24on est dans un scénario
19:25où tout ça se prolonge
19:27à l'automne,
19:28ben oui,
19:28c'est en fait,
19:29c'est un choc
19:29de profitabilité
19:30pour des entreprises
19:31qui, de toute façon,
19:32génèrent de la profitabilité
19:33par des gains
19:34de productivité.
19:35Donc, pour moi,
19:37ça, c'est important.
19:38Emmanuel,
19:38vous êtes inquiet
19:39sur la France
19:39ou pas du tout ?
19:40Vous dites,
19:40de toute façon,
19:41on est à un médioc
19:41qu'on ne peut pas
19:42tomber plus bas ?
19:42Plutôt moins
19:43qu'effectivement
19:44pour d'autres pays européens.
19:47La situation énergétique,
19:49Anna l'a très bien rappelé,
19:50on est beaucoup moins vulnérable
19:52qu'en 2022
19:53où la moitié du parc nucléaire
19:56ne fonctionnait pas,
19:57où on n'avait pas d'eau
19:57dans les barrages.
19:58Là, je veux dire,
19:59on est quand même
19:59beaucoup mieux achalandés.
20:01Et puis,
20:01on se rend compte
20:02que les choix stratégiques
20:03qu'on a fait depuis 50 ans,
20:04il y en a qui payent.
20:05Et on paye finalement
20:07l'incurie,
20:08le manque de vision,
20:10les erreurs stratégiques multiples
20:12de notre voisin
20:13et soi-disant partenaire allemand.
20:15Et aujourd'hui,
20:16c'est le pays
20:17qui prend le plus cher
20:18parce qu'il s'est tellement trompé
20:20depuis 30 ans
20:21sur tous les sujets,
20:22c'est quand même l'Allemagne.
20:24C'est quand même l'Allemagne.
20:25Il s'est trompé
20:25sur le plan énergétique,
20:26il s'est trompé
20:27sur le plan industriel,
20:28etc.
20:28Migratoire ?
20:29Absolument.
20:30Et donc,
20:31non, non, franchement,
20:32je suis plus inquiet
20:33pour l'Europe
20:33dans son ensemble
20:35que pour la France.
20:35Que disent les entreprises françaises,
20:37les dirigeants d'entreprises
20:38que vous vous prévoyez ?
20:39elles peuvent modérément parler
20:41parce qu'elles vont publier bientôt
20:42et donc,
20:42elles sont obligées,
20:44elles ont un devoir.
20:45Mais quand vous les rencontrez,
20:46vous les sentez inquiets ?
20:47Elles ne savent pas,
20:49déjà,
20:49les grosses,
20:50parce que finalement,
20:51ça arrive sur une fin de trimestre
20:52et donc,
20:53quelque part,
20:54et ça va se projeter
20:55sur un ou deux trimestres,
20:56donc elles vous expliquent
20:57qu'elles pourront avoir une vue
20:59plutôt sur septembre
21:00que là,
21:00ou mars,
21:01où elles sont comme tout le monde.
21:01Donc, incertitude plutôt.
21:02Elles ne savent pas.
21:03Par contre,
21:04ce que je voudrais dire quand même
21:04sur la France,
21:06oui, effectivement,
21:06on a un bon mix énergétique,
21:08mais il n'empêche quand même
21:09que quand vous avez une voiture,
21:11mine de rien,
21:12le pouvoir d'achat
21:13du conducteur en France
21:15va être impacté
21:16par cette hausse de l'essence,
21:17parce qu'on a du pétrole,
21:18mais le prix,
21:19il s'applique quand même
21:20à tout le monde.
21:21Et puis,
21:21ça,
21:21c'est les effets directs,
21:22mais les effets indirects,
21:23c'est ceux de nos partenaires.
21:24Quand nos voisins,
21:25eux,
21:25sont moins bien équipés
21:27en termes de mix énergétique,
21:29ils ont un problème
21:30et dans le commerce intra-européen,
21:32on va quand même
21:34en souffrir.
21:35Et puis,
21:35prenons d'autres pays
21:36ou le monde entier,
21:37prenons le luxe par exemple,
21:38prenons même les voyages
21:39et le tourisme en France,
21:41vu le prix des billets d'avion,
21:42on le voit,
21:43si nous,
21:43on a envie d'aller à l'extérieur,
21:44on le voit pour ceux
21:45qui voudraient venir visiter la France.
21:47Bref,
21:47il y a une tonne
21:48d'effets directs.
21:49Sur la première classe émirail,
21:50il n'y a pas eu d'augmentation
21:51pour Eric Léowid ?
21:51Il n'y a pas eu de vol émirail
21:52sur Dubaï.
21:54Eric,
21:55les PME étaient déjà
21:56très inquiètes,
21:57notamment dans l'informatique
21:58avec l'intelligence artificielle
21:59qui allait les disrupter,
22:00mais là,
22:00toutes les petites PME
22:01il y a de l'inquiétude,
22:03mais évidemment,
22:03vous avez la hausse de l'énergie
22:04sur des boîtes
22:05qui sont franco-françaises.
22:07Mais Emmanuel dit
22:07qu'il ne faut pas paniquer.
22:08Non mais,
22:08il n'y a pas de quoi paniquer.
22:10Mais quand vous voyez
22:10des chefs d'entreprise,
22:11ils vous disent
22:11c'est beaucoup plus compliqué
22:12mes carnets de commandes,
22:13je n'ai plus tellement envie d'investir,
22:14on sent que la consommation
22:15des ménages patine,
22:16on ne peut pas dire
22:17qu'on soit dans une situation
22:18merveilleuse en France.
22:19Donc il y a de l'inquiétude
22:19chez les chefs d'entreprise
22:21des PME,
22:21c'est pour ça que
22:23l'indice CAC Small
22:24n'a pas du tout progressé
22:25à la même performance
22:27que le CAC 40,
22:27il n'y a plus de surperformance
22:28parce qu'il y a quand même
22:29une certaine inquiétude
22:30qui commence à poindre.
22:31Mais vous dites
22:32principalement sur les petites boîtes.
22:33Ah oui, les petites boîtes,
22:33c'est tellement évident.
22:34Anna,
22:35vous voulez rajouter quelque chose ?
22:36Oui, nous,
22:37quand on parle aux entreprises
22:38chez Alliance Trade,
22:39ce qu'on comprend,
22:40c'est que tout d'abord,
22:41c'est une maîtrise des coûts
22:42qu'il faut faire.
22:48Donc il y a des entreprises
22:49qui mettent en place
22:51des mesures de protection
22:52de leurs coûts.
22:53Donc ça aura un impact
22:53sur la croissance ?
22:55Forcément,
22:55mais c'est les effets
22:56de second tour
22:56et ça ne se verra pas tout de suite.
22:58Et puis derrière,
22:59je pense qu'effectivement,
23:00il y a les inquiétudes
23:01par rapport à tout ce qui est
23:03importation
23:04puisqu'en fait,
23:04il ne faut quand même pas
23:05se tromper.
23:06On avait déjà,
23:07avant la guerre,
23:0740% du commerce mondial
23:09qui était sous une forme
23:10de friction
23:11parce qu'en fait,
23:12on avait le canal du Suez
23:13et la mer Rouge
23:14qui ne fonctionnaient pas bien.
23:15On faisait le détour
23:15par le cap de la bonne espérance.
23:17Donc ça a augmenté
23:18de toute façon
23:18le temps de livraison,
23:20le coût,
23:20là maintenant,
23:21dans un environnement
23:22où le coût du pétrole
23:23est beaucoup plus élevé.
23:24Donc ça veut dire
23:25qu'effectivement,
23:26là,
23:26les entreprises,
23:27celles qui peuvent,
23:29vont davantage diversifier
23:30et essayer d'avoir
23:32des stocks de précaution.
23:33Et je pense que celles
23:34qui sont,
23:34en tout cas,
23:35ce qu'on voit nous,
23:36celles qui sont mieux
23:37positionnées aujourd'hui,
23:38sont celles qui ont fait
23:39finalement ce risk management
23:41d'avoir ces stocks
23:41de précaution
23:42et donc éviter
23:43ces effets boules de neige
23:44sur la hausse
23:45des prix entrants.
23:46Et je pense que pour moi,
23:47ça,
23:47c'est vraiment une stratégie
23:49qu'on a vue se développer
23:50depuis 2020
23:51et qui va continuer.
23:52Emmanuel,
23:53vous entendez l'inquiétude
23:53quand même des entreprises ?
23:55Non mais sur les PME,
23:56je suis d'accord
23:57avec ce que dit Eric
24:00et notamment
24:01parce qu'il va y avoir
24:03pour beaucoup d'entreprises
24:05des difficultés
24:06à réprogérer
24:08et à imposer
24:10finalement des hausses de prix.
24:11Mais,
24:12je rappelle quand même
24:14qu'il y a aussi
24:15beaucoup d'entreprises
24:16qui,
24:17à la faveur
24:18de la baisse
24:20des coûts de production
24:21de ces deux ou trois
24:22dernières années,
24:23n'avaient pas vraiment
24:24diminué leur prix
24:25et avaient quand même
24:26gardé quelques marges.
24:28Donc,
24:28oui,
24:29effectivement,
24:29il y a des situations
24:30où ça peut être problématique.
24:32Peut-être qu'il y aura
24:33effectivement un peu
24:34de dépôts de bilan
24:35et dans certains secteurs
24:36plus touchés que d'autres.
24:37Mais encore une fois,
24:38macroéconomiquement,
24:39il n'y a pas de raison
24:40de paniquer
24:41comme vous le faites.
24:41Arrêtez de paniquer,
24:43quoi.
24:43Allez,
24:43on se retrouve
24:43en deuxième partie
24:44de l'émission
24:44pour se détendre un peu
24:45et on va parler
24:46des marchés,
24:47de la bourse
24:47et des placements.
25:01Et on se retrouve
25:01en deuxième partie
25:02de l'émission
25:03avec Anna Boata,
25:05avec Sébastien Corcia,
25:06Éric Leouine.
25:07Est-ce qu'on peut avoir
25:08une musique
25:08pour notre invité spécial ?
25:09Allez !
25:12Oui,
25:13je vous fais bourmer.
25:14Alors,
25:15la cravate,
25:15on fait tout tourner.
25:16Emmanuel,
25:17qu'est-ce qu'on fait
25:17pour fêter votre anniversaire ?
25:18Tout le monde ouvre.
25:19Je fais un week-end
25:22de fête.
25:24Où ça ?
25:25On n'a pas été invité.
25:26Non,
25:26parce que je compte
25:28faire un énorme truc
25:29avec tous les...
25:30Enfin,
25:30mon rêve,
25:30ce serait d'avoir
25:31tous les gens
25:31que je connais.
25:32Un énorme truc.
25:33Mais ça,
25:33la réalité,
25:35c'est que je m'y mette.
25:36Il faut que je trouve
25:36un truc.
25:37D'accord,
25:37on n'aura rien du tout.
25:39On a compris.
25:42Forcément.
25:43On n'aura rien du tout.
25:44Forcément.
25:45Avec un petit saucisson.
25:46Allez,
25:46on passe tout de suite
25:48au marché
25:48et une musique spéciale
25:50pour Eric Lewin.
25:55Un cordy,
25:55maintenant,
25:56mais c'est...
25:56Mais oui,
25:57tata,
25:57yo-yo,
25:58sur les marchés,
25:59vous avez compris.
26:00Vous étiez dans le couloir,
26:01vous m'avez dit,
26:02ah là là,
26:02il y a du yo-yo
26:03sur le marché.
26:04Bon,
26:04alors,
26:04qu'est-ce qu'est-ce qu'est-ce que...
26:18le CAC est en baisse de 2%,
26:20le S&P 3%,
26:21le Nasdaq 6%.
26:23D'abord,
26:24qu'est-ce qui vous a le plus frappé
26:25sur les marchés ?
26:26C'est la volatilité
26:27qui est permanente là
26:29à l'intérieur d'une séance.
26:30Quand vous dites
26:30la volatilité,
26:31c'est l'agitation.
26:31Vous pouvez vous retrouver
26:32avec moins 2,
26:32plus 2 en séance.
26:34Moi, jamais...
26:34Oui,
26:34mais sur la semaine,
26:35finalement ?
26:35Sur la semaine,
26:36oui,
26:36mais même depuis le début
26:37du conflit en Iran.
26:39Finalement,
26:39si on avait dit
26:39qu'avec un tel conflit
26:40et qu'un pétrole
26:41qui gagnerait 40%,
26:42on ne baisserait que 5%,
26:43il y aurait bien peu de gens
26:44qui auraient...
26:45Comment vous l'expliquez ?
26:46Parce que les gens se disent
26:47que finalement,
26:48le conflit risque
26:49d'être quand même court
26:50et que ça ne sera pas
26:50une explosion mondiale,
26:51il n'y a pas de risque
26:52de guerre mondiale
26:52et que c'est limité au pétrole
26:54et comme il y a moins
26:55de dépendance pétrolière
26:56dans le monde,
26:56il y a moins d'inquiétude.
26:57Même sur les taux longs,
26:58vous en parliez,
26:59il y a une petite tension
27:00sur les taux longs
27:00sur le 10 ans américain.
27:02Franchement,
27:02ce n'est pas extraordinaire.
27:05Emmanuel va me dire
27:06que je panique.
27:06Non, mais franchement,
27:07quand j'ai vu les taux
27:09déraper au-dessus
27:10de 3,8% en France,
27:12rapprocher des 4%,
27:13vous ne pouvez pas me dire
27:14que c'est un non-événement ?
27:15Non, ce n'est pas un non-événement.
27:16Non, non, franchement.
27:17Mais ce n'est pas la folie.
27:18Regardez les taux.
27:19Ce n'est pas la folie,
27:19mais attendez,
27:20on a 3460 milliards de dettes,
27:23on a un déficit
27:23de 5,1%.
27:24Mais Marc,
27:25vous savez très bien
27:26que chaque fois
27:26qu'il y a un emprunt obligataire,
27:29il est sursouscrit
27:29par tous les investisseurs
27:30du monde entier.
27:31mais on va payer plus cher.
27:32Mais on sait très bien
27:34que la charge d'intérêt
27:35représentera 120 milliards
27:36en 2030,
27:36en plus 60 aujourd'hui.
27:37On sait tout ça.
27:38Donc ce que je veux dire,
27:39c'est qu'il n'y a pas de panique
27:40quand même sur les marchés obligataires.
27:41Et comme il n'y a pas de panique
27:42sur les marchés obligataires,
27:43finalement,
27:43les marchés actions
27:44se tiennent plutôt bien.
27:45Je ne suis pas d'accord avec vous
27:46sur les actions.
27:47Je suis d'accord avec vous.
27:48Sur les marchés obligataires,
27:49je ne dirais pas
27:49qu'il n'y a pas de panique.
27:50Il y a une vraie tension
27:52sur les taux.
27:53On voit les fonds de dette
27:54qui commencent à paniquer.
27:56Non, mais ça,
27:58même sur les fonds obligataires
27:59à échéance,
28:00qui étaient des fonds
28:01qu'on présentait
28:02comme des trucs assez sûrs,
28:04on a des performances
28:05sur le mois
28:05qui sont de moins de 3%.
28:07On est à combien
28:07sur le 10 ans américain ?
28:08On est à 4,30.
28:09On était à combien
28:09avant le début du conflit ?
28:10On était à 4,15.
28:11Et on est monté à 4,50.
28:12Et quand on est monté
28:13à 4,50,
28:14quand on est monté à 4,50,
28:15qu'est-ce qu'il a dit Trump ?
28:16La guerre va bientôt s'arrêter
28:17parce qu'il a bien compris
28:18que si les taux
28:18l'ont continué à monter...
28:20Les taux 10 ans allemands
28:20au-dessus de 3%,
28:22je rappelle qu'on était
28:27dans le cycle économique.
28:29Juste un mot
28:29et après je laisse
28:30mon ami Sébastien répondre.
28:31En fait, certes,
28:32les marchés n'ont pas
28:33beaucoup baissé,
28:33mais il y a certains secteurs
28:34qui souffrent beaucoup.
28:35Le luxe est entre
28:36moins 20 et moins 30.
28:37L'automobile,
28:38c'est aussi catastrophique.
28:39Les banques,
28:40c'est entre moins 5 et moins 10.
28:41Donc à l'intérieur,
28:42vous avez des secteurs
28:43qui se portent mal
28:43et des secteurs
28:44qui se portent bien.
28:45Total énergie,
28:45plus haut historique,
28:4625% de hausse
28:47depuis le début de l'année.
28:48Sébastien,
28:48quel est l'événement
28:50que vous a le plus marqué
28:51sur les marchés cette semaine ?
28:52C'est les taux,
28:52mais avec une relation
28:54peut-être un petit peu
28:54plus fine,
28:55taux-pétrole.
28:56Je m'explique.
28:57C'est-à-dire qu'en fait,
28:58on a vu cette semaine,
28:59parce que la semaine
29:00a été bonne,
29:01mais le mois de mars
29:02a été particulièrement mauvais.
29:04C'est un des plus mauvais mois
29:06des six dernières années.
29:08Et en fait,
29:08ce qu'on avait observé
29:09pendant ce mois de mars,
29:11c'était une hausse
29:11des cours du pétrole
29:13qui générait une hausse
29:14des taux courts
29:16et des taux longs
29:16parce qu'on se disait
29:17finalement stagflation
29:19et donc hausse des taux longs.
29:21Cette semaine,
29:22particulièrement,
29:22aussi bien en Europe
29:23qu'aux États-Unis,
29:24on a continué de voir
29:25une tension,
29:26notamment sur la fin de semaine
29:27du pétrole,
29:28mais les taux longs
29:30se sont un peu calmés.
29:31Et alors,
29:32comment on peut l'expliquer ?
29:34Les marchés
29:35qui commencent en fait
29:36à changer de lecture
29:38tout doucement,
29:39à confirmer,
29:40en se disant
29:41ne serions-nous pas
29:42en train,
29:43si ça dure,
29:44de passer d'une situation
29:45de stagflation éventuelle
29:48à une situation
29:48après,
29:49si ça dure,
29:50de récession.
29:51Et si on rentre
29:52alors en récession,
29:54les taux baisseront
29:55aussi bien les courts
29:56que les longs.
29:57Et ça,
29:57c'est un début
29:58d'observation
29:59et c'est cette petite baisse
30:01que vous citez
30:02des taux longs
30:03qui a fait
30:04qu'aux États-Unis,
30:05les marchés ont un peu
30:06rebondi
30:07en se disant
30:07la récession,
30:08c'est peut-être mieux
30:08que la stagflation.
30:09Moi, je suis assez d'accord
30:10avec ça,
30:10sauf que nos deux économistes
30:12nous disent
30:13que les visions éventuelles
30:15de récession,
30:16c'est...
30:16Oui, mais ça,
30:16c'est les économistes
30:18et la lecture de marché.
30:19C'est ce que vous dites.
30:19Non, la récession
30:21est née dans le scénario
30:22à 35%
30:23qui est d'un conflit prolongé.
30:26Vous dites que si le conflit
30:28s'arrête dans deux ou trois semaines,
30:30il n'y a pas de risque.
30:30Non, si le conflit
30:31s'arrête d'ici mai
30:32et qu'on a une ouverture
30:33progressive du Détroit,
30:34non, on a une croissance moindre,
30:36une inflation plus élevée,
30:37mais temporairement.
30:38Mais si le conflit dure
30:39jusqu'à l'automne,
30:40oui, là,
30:41on peut avoir
30:41une récession technique
30:43en Europe.
30:45Emmanuel,
30:45ce que dit Sébastien
30:46que les marchés anticipent déjà,
30:47en tout cas se disent
30:48que peut-être qu'il y aura
30:49récession
30:49et donc les taux longs
30:51qu'on recommence à baisser,
30:53ça vous paraît absurde ?
30:55Non, moi,
30:55je pense que c'est excessif
30:56encore une fois.
30:58Est-ce que vous vous rappelez
30:59de la date
31:00de la dernière récession ?
31:01En 2008, non ?
31:02Est-ce que vous vous rappelez ?
31:03Alors, attention.
31:04Hors crise.
31:06Oui, hors crise.
31:07C'est 93.
31:07En 2022,
31:08c'était une récession technique.
31:09En 2008,
31:09c'était une récession
31:10avec les Sopra.
31:11On n'a pas eu
31:12de croissance négative,
31:13même en 2022.
31:14Non, mais parce qu'on a fait
31:14des bouclies.
31:15Oui, alors c'est vrai,
31:16mais globalement,
31:17on n'a pas eu ça.
31:17Non, mais il y a une raison
31:19fondamentale à ça.
31:19En 2008, il y avait
31:20du chiffre légal.
31:20N'oubliez,
31:22oui, mais c'était parce
31:23qu'on avait cette crise financière.
31:24Oui, mais quand même.
31:26Non, le point que je veux
31:27soulever, c'est qu'une des raisons
31:28pour lesquelles on n'aura
31:29pas de récession,
31:30c'est que n'oubliez jamais
31:31qu'on est dans des économies
31:32qui sont beaucoup moins
31:33cycliques qu'avant.
31:34C'est ça.
31:35Beaucoup moins cycliques.
31:36Je veux dire, avant,
31:37on avait toujours
31:38ces engrenages.
31:39Là, vous avez dit
31:40un truc intelligent.
31:41Inflation qui déclenchait
31:43des hausses de taux,
31:44qui, du coup,
31:45coupait le crédit,
31:46coupait la demande,
31:46les boîtes se retrouvaient,
31:47accroulaient sous les stocks,
31:48ça licenciait.
31:49On avait la récession
31:50et puis ça repartait.
31:52Aujourd'hui, c'est fini tout ça.
31:53On est en flux tendu.
31:55L'investissement,
31:56c'est plus des cycles
31:57puisque maintenant,
31:57vous investissez en continu.
31:59Vous n'achetez plus
32:00une machine tous les cinq ans.
32:01Vous changez en permanence
32:03votre matériel informatique.
32:05La consommation,
32:05sa cyclicité est considérablement
32:07réduite par le poids
32:09des dépenses contraintes.
32:10Donc, l'arbitrable
32:11est extrêmement faible.
32:12On est beaucoup moins dépendant
32:14des matières premières énergétiques.
32:16Et puis, l'inflation depuis...
32:17Alors oui, c'est toujours
32:18l'inflation qui fait les cycles,
32:19mais sur les marchés financiers.
32:22Et donc, l'inflation,
32:23elle est plus majoritairement
32:25dans Main Street.
32:26Donc, c'est ça le sujet.
32:28Bon, Sébastien,
32:28donc, Emmanuel,
32:29il faut déconnecter juste
32:30la lecture des économistes
32:32et la lecture des marchés
32:33qui, eux-mêmes,
32:35sont obligés de s'adapter
32:36à un discours de Trump
32:37et à une durée.
32:38Chaque semaine,
32:38ça s'incrémente
32:39et ils sont obligés
32:40de se dire
32:40bon, est-ce qu'on rentre
32:41dans la stagflation ?
32:42Est-ce que ça va aller
32:43à la récession ?
32:44Et sur l'Europe,
32:44parce qu'on peut distinguer
32:45les États-Unis de l'Europe,
32:46sur l'Europe,
32:47on a pu le voir
32:48notamment avec l'OAT
32:49versus, par exemple,
32:51l'Italie ou l'Espagne.
32:52L'OAT s'est reprise
32:54mieux que les autres dix ans
32:55parce qu'en fait,
32:56il n'y a pas eu
32:57ce boucle d'annonce
32:58de dépenses majeures
33:00pour l'instant.
33:00On ne peut plus dépenser là.
33:01On ne peut plus dépenser
33:02mais ça a rassuré les marchés.
33:03C'est le rapporteur du budget
33:04qui vous le dit.
33:05Même à Neuilly,
33:06il ne peut plus dépenser.
33:07il ne dépense plus.
33:08Et donc,
33:08c'est ça qui a fait
33:09un peu se détendre les marchés.
33:10Il y a un goulé d'extranglement
33:11sur les perles outils.
33:12Mais pour l'instant,
33:13tout peut changer
33:14la semaine prochaine.
33:15En tout cas,
33:15les taux sont à l'origine
33:17de cette meilleure performance
33:18cette semaine des marchés.
33:19Vous voyez qu'il est d'accord
33:20avec moi, là.
33:20Justement,
33:21puisqu'on parle de taux,
33:22transition,
33:23quel est le placement
33:24de la semaine pour vous ?
33:24Je ne demande pas à Éric
33:25parce que je sais
33:26ce qu'il vient de dire.
33:26Non, je ne vais pas dire
33:27les smokers.
33:27C'est Bastien Corcher.
33:29Alors, le placement
33:29de la semaine,
33:30moi, c'est un produit...
33:32Je vais vous exclure
33:33de cette partie.
33:33Vous savez que j'avais dit
33:34l'or la dernière fois.
33:35J'avais dit le pétrole
33:36qui a pris 40%
33:37de plus.
33:38C'est un placement
33:39que la banque JP Morgan
33:41propose à ses clients
33:42actuellement
33:43qui est un panier
33:45de protection
33:47contre la faillite
33:48des grandes sociétés
33:50de l'intelligence artificielle.
33:52Alors, quand je dis faillite,
33:53en fait, dans ce panier,
33:54ils mettent les CDS,
33:55vous savez,
33:55les protections
33:56contre les défauts de crédit
33:57de Google,
33:59de Amazon,
34:00de Oracle, etc.
34:00Comme si, du jour au lendemain,
34:02on était passé
34:03d'une situation
34:03où tout va bien
34:05à...
34:05Elles vont faire faillite.
34:06Elles vont toutes faire faillite.
34:07Alors, vous vous dites quand même
34:08que si on propose ça
34:09à des clients,
34:10c'est qu'il y a une demande.
34:11Sinon, on ne proposerait pas.
34:12Et je trouve ça quand même
34:13assez fou
34:14en l'espace de quelques semaines
34:15de passer d'une situation
34:17où tous ces établissements
34:19étaient pro-société,
34:21Max7, etc.,
34:22à dire,
34:23je vous propose
34:23un panier de protection
34:25contre leur faillite.
34:26Je trouvais ça assez fort.
34:28C'est une drôle d'ambiance.
34:29Mais vous,
34:29le placement que vous conseilleriez ?
34:31Alors,
34:32ce que je conseillerais,
34:33parce que je suis comme tout à chacun,
34:34j'ai quand même
34:35une grosse interrogation
34:36sur la durée.
34:37Et force est de constater quand même
34:39qu'il n'y a rien eu
34:40de véritablement refuge.
34:42L'or n'a pas été un refuge.
34:43Les obligations ne l'ont pas été,
34:45on vient de le dire,
34:45parce que leurs cours ont monté.
34:47Finalement,
34:48le dollar l'a été,
34:49le monétaire dollar l'a été,
34:51le monétaire euro.
34:52Par contre,
34:52ce que j'ai observé
34:53pour revenir un petit peu au taux,
34:54c'est que quand vous prenez
34:55les dettes des pays européens,
34:57très court terme,
34:58deux ans,
34:59trois ans,
34:59l'OAT,
35:00l'Espagne,
35:01le Bund,
35:02etc.,
35:02comme Madame Lagarde
35:03n'a pas arrêté de dire
35:04qu'elle remonterait les taux,
35:05eh bien,
35:05cette partie des courbes des taux
35:07a déjà anticipé ça.
35:08C'est-à-dire qu'en l'espace
35:09de trois semaines,
35:10vous êtes passé sur du deux ans
35:12de la France
35:13de 2,20 à 2,70.
35:15Donc,
35:15si vous voulez prendre
35:182,70%
35:19à deux ans
35:19sur l'État français,
35:21c'est l'occasion
35:22un peu rêvée quand même.
35:23Eric,
35:24le placement de la semaine
35:24pour vous.
35:25La dernière fois,
35:25vous étiez moqué de moi,
35:26j'avais dit
35:26que le pétrole allait monter
35:28et dans la semaine d'après,
35:29le pétrole allait être pris.
35:29Vous n'avez pas écouté,
35:30je me suis dit.
35:3040%.
35:31Non,
35:31mais moi,
35:31je reste sur les actions européennes.
35:32Il y a une décote de 30%
35:33des actions européennes
35:34par rapport aux actions américaines.
35:36Je pense qu'il faut avoir
35:37un portefeuille,
35:37des valeurs de défense,
35:38toujours des valeurs de pétrole,
35:39pas mal de cash
35:40parce que moi,
35:41je ne suis quand même pas allé
35:42sur la valorisation des marchés.
35:43Je le disais il y a un mois,
35:44je pense qu'on peut encore
35:45peut-être perdre 10%
35:46sur les marchés.
35:47D'accord.
35:47Donc,
35:47les idées de placer
35:49sur des taux cours.
35:49Sur des obligations corporate,
35:52ça me paraît une bonne idée.
35:53Allez,
35:54on passe tout de suite
35:54au top ou au flop
35:55de cette semaine.
35:57Je finirai par Emmanuel
35:58parce qu'il ne le prépare jamais
35:59donc il prend le temps
36:00d'y réfléchir
36:01pendant que vous vous êtes en train de parler.
36:02Vous pouvez m'interroger tout de suite.
36:03Allez,
36:03Emmanuel Lechypre.
36:05Moi,
36:05ce qui m'a interpellé
36:07cette semaine
36:08et pour faire écho
36:09aux interrogations
36:09que vous soulevez souvent
36:11sur l'intelligence artificielle,
36:12je ne sais pas si vous avez vu
36:13les indicateurs avancés américains,
36:15la divergence
36:18entre les courbes
36:19sur les perspectives d'emploi
36:20et les perspectives d'activité.
36:22L'écart,
36:22il est considérable.
36:24Il s'est creusé
36:25de façon spectaculaire
36:25et on se dit
36:26mais attendez,
36:26il y a des perspectives d'activité
36:28à la hausse
36:28et des perspectives d'emploi
36:30à la baisse
36:31et je n'ai pas pu m'empêcher
36:32de voir planer
36:34le spectre
36:34de l'intelligence artificielle
36:36dans cette divergence.
36:37Mais vous savez
36:38que le mot d'or
36:39dans les grands groupes américains
36:40c'est « no hiring »,
36:41c'est-à-dire
36:42des objectifs de croissance
36:43de 10%
36:44et européens,
36:46des objectifs de croissance
36:47de 10%
36:47et même dans des pouvoirs
36:48de taille moyenne,
36:49c'est de dire
36:49vous débrouillez
36:50comme vous voulez,
36:51on veut faire 10% de croissance,
36:53par contre,
36:53au mieux,
36:54on fera zéro embauche
36:56et si ça se passe bien,
36:58on pourra faire partir des gens.
36:59Eric Lewin.
37:00Les 50 ans d'Apple,
37:02quelle réussite ?
37:033,6 milliards de capi quand même.
37:05Et les 80 ans de DR ?
37:073,600 milliards.
37:083,600 milliards.
37:09420 milliards de chiffre d'affaires,
37:11110 milliards de résultats nets,
37:12qu'est-ce qu'on peut dire de plus ?
37:1350 milliards de free cash flow,
37:14plus 6% en un an,
37:15plus 820% en 10 ans
37:17et dire qu'il avait créé ça
37:18dans un petit garage
37:20à Palo Alto
37:20en avril 1976,
37:22notre ami Steve Jobs.
37:23Et surtout,
37:24pour faire le lien
37:25avec ce que vient de dire Emmanuel,
37:26c'est surtout qu'on a l'impression
37:28qu'ils ont la bonne stratégie
37:30par rapport à l'IA.
37:31Mais ils n'ont pas de stratégie
37:32en IA finalement ?
37:32Non,
37:33mais justement,
37:33ils ne font pas
37:34ces investissements massifs
37:37dans l'infrastructure,
37:39mais ils profitent quand même,
37:40ils utilisent,
37:40ils font des partenariats.
37:41du fait qu'il y a quand même
37:422 milliards et demi
37:43d'actifs dans le monde.
37:45Ah oui,
37:45c'est un temps.
37:46D'ailleurs,
37:46qui n'a pas d'iPhone
37:47sur cette table ?
37:48Pour faire comprendre justement
37:49la différence entre la consommation
37:54et l'investissement,
37:55vous lui dites,
37:55regarde,
37:55en 2008,
37:56tu avais le choix
37:57entre acheter un iPhone
37:58à 500 euros
37:59ou acheter une action Apple
38:00pour 500 euros
38:01ou investir dans Apple
38:02pour 500 euros.
38:03Regardez combien il aurait
38:04aujourd'hui.
38:06Franchement,
38:07il n'y a pas photo.
38:07Sébastien Corchet,
38:08top ou flop ?
38:09Flop.
38:10L'indice des valeurs
38:12d'immobilier à Dubaï
38:15qui a perdu
38:16en l'espace d'un mois
38:19une trentaine de pourcents.
38:20Il a même fait un pic
38:21plus bas à moins 37.
38:23Alors attention,
38:24je ne parle pas
38:24de l'indice des prix
38:25de l'immobilier,
38:27mais l'indice
38:27des valeurs mobilières
38:31qui travaillent
38:32sur l'immobilier.
38:33Et il faut aussi regarder
38:34l'état de leurs dettes,
38:35de leurs obligations
38:36parce qu'elles ont
38:37des obligations cotées.
38:38Elles sont sous stress,
38:39elles se payent
38:40à peu près 80%
38:41soudainement
38:41de leurs valeurs.
38:42On sent quand même
38:43que l'immobilier à Dubaï
38:44qui était très levredgé
38:46va avoir un gros problème
38:47et qu'il y a un avant
38:48et qu'il y a un après.
38:49Donc parfait pour Eric
38:50qui voulait s'acheter
38:51un loft là-bas.
38:53C'est le moment.
38:53Un bout d'habit,
38:53je préfère moi.
38:54Sébastien,
38:54au-delà de ça,
38:55ce qui est fou,
38:56c'est de voir
38:56à quel point
38:58ces pays qui paraissaient sûrs
39:00sont en train
39:00de changer.
39:01Et regardez
39:02toutes les activités
39:02qui sont en train
39:03de se réorienter.
39:04Regardez la finance,
39:06regardez les flux
39:06des gens qui repartent
39:07vers Hong Kong,
39:08Singapour
39:08ou qui viennent à Monaco.
39:11C'est quand même
39:12la réactivité,
39:15la plasticité
39:15de cette économie mondiale.
39:17Avec un problème
39:19quand même,
39:19c'est que c'est un hub
39:20et que ce hub
39:22va désorganiser
39:23beaucoup de choses,
39:23y compris en matière
39:24de tourisme
39:25parce que tous les avions
39:26passaient par là maintenant.
39:27Anna, top ou flop ?
39:28J'espère que ça sera
39:29un top pour le tourisme
39:31européen
39:32de tout ça
39:33parce qu'en fait,
39:34il faut rappeler quand même
39:35que les Européens
39:35et les Américains
39:36le pic de réservation
39:37pour les vacances d'été.
39:39C'est en mars-avril
39:39donc on espère
39:40qu'ils ont tous
39:40booké un français
39:41et un Europe
39:42mais sinon,
39:43au-delà de ça...
39:44Pardon ?
39:45Et en Roumanie ?
39:46Et en Roumanie,
39:47oui, bien sûr.
39:48Par contre,
39:49il fait très chaud l'été
39:49donc il faut prévoir.
39:50Non mais attendez,
39:51il n'y a pas un pays
39:52plus incroyable
39:53que la Roumanie
39:54pour passer ses vacances.
39:55C'est exceptionnel.
39:56Je suis d'accord.
39:57Quand est-ce que tu es parti
39:58en Roumanie en vacances ?
39:58Il n'y a pas un pays
40:01plus sous-côté
40:02que la Roumanie.
40:04C'est exceptionnel.
40:05Mais moi, mon flop...
40:07Vous faites plaisir à Anna.
40:08Oui, mais Anna, top ou top ?
40:09Vous savez quoi ?
40:11J'emmènerais Eric Léouine
40:12à Verma-Vecké
40:13qui est une station balnéaire
40:15à la frontière
40:16avec la Bulgarie.
40:16Je connais ça, Emmanuel.
40:17Je m'attends sur la place
40:18à 50 centimes.
40:19Je peux vous dire...
40:19C'est quand même plus que ça, Eric.
40:22Mais effectivement,
40:23c'est...
40:24Top ou flop ?
40:25C'est un flop pour moi.
40:25Après ce quart d'or tourisme.
40:27C'est un flop pour moi
40:28parce que c'est pas loin
40:29de la Roumanie d'ailleurs,
40:30c'est l'Ukraine.
40:31En fait, on en parle peu
40:32mais en fait,
40:33on sait qu'aujourd'hui,
40:34les 90 milliards
40:35sont bloqués par l'Hongrie.
40:36Pas loin de la Roumanie aussi
40:38mais peut-être
40:39qu'on aura un changement.
40:40La Nouvelle-Pologne
40:40et de l'Europe de l'Est,
40:42un changement vers
40:43plus un Premier ministre
40:46en Hongrie pro-européen.
40:47C'est ce qui se profile
40:48le 12 avril.
40:49Donc ça peut devenir
40:50un top pour la Hongrie
40:51et pour l'Europe
40:52parce qu'en fait,
40:53là, on attend le maximum
40:54de ce qu'on peut faire.
40:55Et dans un environnement
40:57où quand même
40:57Donald Trump nous dit
40:58je ne vais pas oublier
41:00mes alliés de l'OTAN
41:01que vous ne m'avez pas aidé.
41:03Et donc là,
41:03en fait,
41:04il y a quand même
41:05de retour cette crainte
41:06que les États-Unis
41:07vont se retirer de l'OTAN.
41:09Bonne nouvelle,
41:09c'est que pour se retirer
41:10de l'OTAN,
41:11ils ont besoin
41:11de deux tiers du Congrès.
41:13Donc en plus,
41:14il va plus que probablement
41:16perdre sa majorité.
41:17Mais en tout cas,
41:18on rentre dans des effets
41:20de second tour géopolitique
41:23plus importants.
41:23Vous voyez ?
41:24De cette guerre
41:25qui a l'air limitée
41:26dans le temps.
41:26Heureusement que vous êtes là
41:27parce que vous avez le débat
41:28parce que les trois là,
41:29c'est vraiment un rat de terre.
41:31Nous, on est Dubaï,
41:31Brésil,
41:32Paris,
41:33Dubaï.
41:33Je recommande à Roumanie
41:34pour les vacances.
41:35Heureusement que vous êtes là.
41:37Je ne sais pas,
41:37en fait,
41:38j'aurais dû faire cette émission
41:39qu'avec vous en fait.
41:40Mais comme c'était
41:41l'anniversaire des Manuels,
41:44J'étais obligé
41:45de l'inviter.
41:47Ce serait la fameuse fête
41:49que vous ne voyez pas.
41:51La Roumanie,
41:52c'est une bonne idée.
41:52Toujours en Roumanie.
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